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La ChroniqueAnalyse· N° 7719

FACT-CHECK : Les « millions » de Trump sont faux, StatCan compte 154 614 résidents temporaires de moins

Donald Trump a écrit le 23 septembre 2026 que le Canada « se détruit ». Selon lui, des « millions » de personnes y entrent sans contrôle.

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  1. Donald Trump a écrit le 23 septembre 2026 que le Canada « se détruit ». Selon lui, des « millions » de personnes y entrent sans contrôle.
  2. Des valises sur le trottoir
  3. Le 23 septembre, deux textes
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Des valises sur le trottoir

Le 23 septembre, deux textes

Donald Trump a écrit le 23 septembre 2026 que le Canada « se détruit ». Selon lui, des « millions » de personnes y entrent sans contrôle.

C'est faux sur le nombre. C'est faux sur le contrôle à l'entrée. Le reste se trie, pièce par pièce.

Le même jour, Statistique Canada publiait son propre compte. Pas en millions. À l'unité.

Au 1er juillet 2026, le pays comptait 41 798 407 personnes. Et 154 614 résidents non permanents de moins qu'un an plus tôt.

Il dit millions. StatCan dit moins 154 614.

Deux textes. Le même mercredi. Deux pays différents.

Moins 140 827 permis d'études

Derrière ce recul, il y a d'abord des étudiants. Les titulaires de permis d'études ont diminué de 140 827 en un an, selon l'agence.

Ceux qui avaient un permis d'études et un permis de travail ont reculé de 81 163.

On entend les roulettes d'une valise sur le trottoir. C'est la fin d'un bail. On la ferme en s'assoyant dessus. On laisse la clé sur le comptoir.

Le pays que décrit la publication déborde. Celui que compte l'agence se vide un peu.

Pas des foules qui entrent. Des chambres qui se vident.

Quatre phrases, aucune preuve

La publication, traduite

Voici l'affirmation, traduite, telle que la rapportent la Presse canadienne et CBC.

Le Canada « se détruit ». Il laisse entrer des « millions » de personnes. Elles arrivent « essentiellement sans contrôle ni vérification ».

Cela cause des problèmes. Ils seront « bientôt trop gros à gérer ». C'est une « prise de contrôle libérale qui finira très mal ».

Il ajoute que cette politique produit déjà un chômage élevé, rapporte la Presse canadienne.

Sans pièce jointe

L'agence de presse le note en une ligne. Trump n'a fourni aucune preuve.

Pas de source. Pas de tableau. Pas de date.

Une vérification ne juge pas le ton. Elle juge ce qui se compte. Ici, quatre affirmations se comptent : le nombre, le contrôle, le chômage, la destruction.

La « prise de contrôle libérale » vise un gouvernement élu. Elle relève de la politique intérieure canadienne. Pas de la statistique. Elle reste de côté.

Un président qui compte en millions. Une agence qui compte à l'unité. Et entre les deux…

Quatre phrases, zéro chiffre à l'appui.

Sous la barre des 400 000

Le même jour, cinq chiffres

Le même jour, Statistique Canada chiffrait la croissance : 189 425 personnes de plus en un an. Soit 0,5 %.

Le même jour, l'agence la qualifiait de plus faible hausse annuelle depuis 1944-1945.

Le même jour, elle comptait 368 224 nouveaux immigrants permanents en 2025-2026. Quatrième baisse annuelle de suite.

Le même jour, elle notait que ce nombre passe sous 400 000. Une première depuis 2021-2022. C'est conforme aux cibles abaissées du ministère de l'Immigration, précise-t-elle.

Le même jour, elle décrivait le recul des résidents non permanents comme le plus fort depuis 1971-1972. C'est le début des données comparables.

Cinq chiffres. Aucun en millions.

Le détail trimestriel va dans le même sens. Au deuxième trimestre de 2026, le pays a accueilli 99 148 immigrants. C'est 4,2 % de moins qu'un an plus tôt.

Moins 66 % d'arrivées temporaires

Un détail donne l'échelle. La croissance de 2025-2026 est plus faible que celle de 2020-2021, quand des restrictions frontalières freinaient la pandémie. À l'époque : 211 226 personnes.

La Presse canadienne ajoute une donnée du ministère. De janvier à juillet 2026, les arrivées de résidents temporaires ont été inférieures de 66 % à celles de la même période de 2024.

Ce texte dit une chose simple. La publication de Trump décrit un Canada qui a existé. Elle lui colle la date de 2026.

Sur les « millions », la note tombe.

Faux.

Des millions, non. Moins de deux cent mille, tout compris.

Plus d'un million, avant

De 2022 à 2024

Il faut maintenant écrire ce qui donne prise à Trump. Cela existe. Cela pèse.

De 2022 à 2024, le Canada a accueilli plus d'un million de nouveaux arrivants par année. Surtout des résidents temporaires, rapportent Canadian Affairs et le Financial Post.

Des chiffres fédéraux compilés par le directeur parlementaire du budget, cités par CBC, placent le sommet en 2023 : 789 000 nouveaux résidents temporaires.

2023, un sommet. 2025, une perte nette de 382 000 résidents temporaires, selon la même compilation.

Entre les deux, Ottawa a renoncé à viser 500 000 résidents permanents par an, rappelle la Presse canadienne. Il a fixé des cibles pour les étudiants étrangers et les travailleurs temporaires.

Et pourtant, le chiffre de Trump a deux ans. Il décrit la vague. Pas le reflux.

Anand le reconnaît

Le 23 septembre, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a répondu en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. « Mettons des faits sur la table », a-t-elle lancé, selon CBC.

Elle a défendu l'apport de l'immigration à la prospérité. Elle a aussi reconnu que les niveaux passés étaient trop élevés, rapporte CBC.

Le ministre de la Justice, Sean Fraser, a dirigé l'Immigration pendant une période de migration particulièrement forte. C'est lui qui juge aujourd'hui la description de Trump inexacte.

À l'automne 2025, 56 % des Canadiens estimaient que le pays accueille trop d'immigrants, note IRCC dans son plan des niveaux.

La vague a eu lieu. Les Canadiens l'ont vue.

Un million a existé, sous une autre date.

Empreintes, fichiers, trois agences

Les articles 34, 35 et 37

Deuxième affirmation : l'entrée « sans contrôle ni vérification ».

Le site du ministère de l'Immigration dit le contraire, relève la Presse canadienne. Visiteurs, travailleurs étrangers temporaires, étudiants, immigrants et réfugiés passent tous un contrôle de sécurité complet.

Une note d'IRCC préparée pour un comité sénatorial, datée du 9 février 2026, détaille la mécanique. Un agent formé évalue chaque demande.

Le contrôle vérifie les motifs d'interdiction des articles 34, 35 et 37 de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés. La sécurité. Les atteintes aux droits humains ou internationaux. La criminalité organisée.

Trois agences y travaillent avec IRCC, selon la même note. L'Agence des services frontaliers. Le Service canadien du renseignement de sécurité. La Gendarmerie royale.

La plupart des candidats à la résidence permanente doivent aussi fournir un certificat de police, ajoute la note.

Le doigt sur la vitre

Il y a les empreintes digitales. Un doigt sur la vitre froide du lecteur, puis le suivant. Elles sont comparées à des bases nationales et internationales, selon IRCC.

Il y a aussi les alliés. Quand un demandeur fournit ses données biométriques, IRCC peut recevoir des renseignements des partenaires du groupe Migration Five. Dont les États-Unis.

Washington fait donc partie du crible qu'il dit absent.

Le crible n'est pas étanche pour autant. CBC rappelle que des membres présumés du groupe criminel Bishnoi sont entrés au pays avec des permis d'études. Des intervenants réclament un examen plus serré des étudiants étrangers.

Le crible existe. Il passe aussi par Washington.

Ceux qui sont restés

Une révision plus large que d'habitude

Et pourtant, le mot « contrôle » n'est pas entièrement vide. Pas à l'entrée. À la sortie.

Le 23 septembre, Statistique Canada a appliqué deux nouveaux ajustements à son compte des résidents non permanents.

Le premier s'appuie sur des données d'entrées et de sorties de l'Agence des services frontaliers. Elles ont été acquises récemment. Le second tient compte des personnes qui restent pendant le traitement de leur prolongation de permis.

L'agence a donc révisé ses estimations depuis le 1er juillet 2021. Elle parle elle-même d'une mise à jour plus importante que d'habitude.

On comptait les entrées. On comptait les sorties à l'estime.

Canadian Affairs donne une idée de ce qui échappait au compte. Entre janvier 2023 et juillet 2025, près de 70 000 personnes entrées avec un visa d'études ou de travail ont demandé l'asile. Une demande d'asile peut prolonger un séjour de plusieurs années.

Moins 236 000, devenus plus 190 000

Le Globe and Mail a mis les deux comptes côte à côte. Selon l'ancien, la population avait perdu 236 000 personnes entre le milieu de 2025 et le 1er avril 2026. Selon le nouveau, elle en a gagné environ 190 000.

« Ils ont supposé que plus de gens partaient qu'en réalité », a résumé l'économiste Benjamin Tal, de la CIBC, au Financial Post.

Je n'aime pas écrire qu'une statistique s'est trompée. C'est pourtant ce qu'elle dit d'elle-même. En toutes lettres.

Le compte à l'unité que j'opposais aux millions a bougé. D'environ 300 000 personnes par rapport au trimestre précédent, selon une note de Rachel Battaglia, économiste à RBC, citée par le Financial Post.

Combien sont restés sans qu'on les compte ?

On contrôlait l'entrée. On devinait la sortie.

6,7 % pour une cible de 5 %

L'engagement du discours du Trône

La deuxième gêne vient des cibles d'Ottawa elles-mêmes.

Au 1er juillet 2026, le Canada comptait 2 779 774 résidents non permanents, selon Statistique Canada. Soit 6,7 % de sa population. Le sommet remonte au 1er octobre 2024 : 7,2 %.

Dans le discours du Trône, le gouvernement s'est engagé à ramener cette part sous 5 % d'ici la fin de 2027. IRCC le rappelle dans son plan des niveaux 2026-2028.

La révision complique la promesse. La part baisse moins vite qu'on le pensait. La cible sera difficile à atteindre, écrivent Daren King et Matthieu Arseneau, économistes à la Banque Nationale, cités par le Globe and Mail.

Il y a aussi l'asile. En août 2026, environ 259 000 demandes attendaient à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, contre 70 000 à la fin de 2022, rapporte Canadian Affairs.

Le chiffre commence pourtant à tourner. Au deuxième trimestre, les demandeurs d'asile, personnes protégées et groupes apparentés ont reculé de 7 015, à 530 090. C'est leur première baisse trimestrielle depuis le 1er janvier 2022, selon Statistique Canada.

380 000, plus les mesures ponctuelles

Le plan prévoit 380 000 admissions de résidents permanents par année, de 2026 à 2028.

Le plan prévoit 385 000 arrivées de résidents temporaires en 2026. Puis 370 000 en 2027 et en 2028.

Le plan prévoit aussi deux mesures ponctuelles. Environ 115 000 personnes protégées déjà au Canada passeront à la résidence permanente en 2026 et 2027, en plus des cibles. Jusqu'à 33 000 titulaires de permis de travail suivront le même chemin.

C'est de l'immigration planifiée. C'est aussi davantage que le chiffre affiché.

La cible recule moins vite que la promesse.

6,4 % contre 4,1 %

Plus de deux points d'écart

Troisième affirmation : le chômage.

Sur l'écart, Trump a raison. Le taux de chômage canadien était de 6,4 % en août. Le taux américain, de 4,1 %, rapporte la Presse canadienne.

Le 4 septembre, Statistique Canada ajoutait que l'emploi avait reculé de 42 000 en août. Chez les 15 à 24 ans, le chômage atteignait 12,9 %.

Plus d'un jeune actif sur huit cherche un emploi. Sans en trouver.

Le salaire horaire moyen, lui, n'a progressé que de 2,0 % sur un an. La hausse la plus lente depuis novembre 2017, selon l'agence.

La cause, absente

Et pourtant, le lien de cause n'est pas démontré. Trump l'affirme. Il ne le montre pas.

Le même relevé du 4 septembre signale un taux stable en août. Il venait de baisser trois mois de suite, de mai à juillet. Au même moment, les arrivées temporaires fondaient de deux tiers par rapport à 2024.

Si les arrivées fabriquaient le chômage, que fait le chômage quand elles fondent ?

Le chômage canadien a des causes. La publication n'en nomme qu'une. Sans preuve.

L'écart est vrai. Le lien reste à prouver.

Les vingt ans qui partent

Moins 154 973

Il y a un chiffre que la publication ne regarde pas.

En un an, le Canada compte 154 973 personnes de moins dans la vingtaine, selon Statistique Canada. Moins 63 838 chez les 20 à 24 ans. Moins 91 135 chez les 25 à 29 ans.

Partis.

L'agence fait le lien elle-même. Cette baisse concorde avec celle des titulaires de permis d'études. Les étudiants étrangers sont surtout de jeunes adultes.

Ceux que la publication désigne ont souvent ce visage. Une carte étudiante. Une chambre partagée. Un billet d'avion aller simple.

Un pays qui vieillit

Le pays vieillit de nouveau, écrit l'agence. L'âge médian atteint 40,9 ans. Les 65 ans et plus forment 20 % de la population.

Pendant les grandes vagues, l'âge médian avait baissé. Les arrivants étaient jeunes. Ils repartent jeunes.

Quelque part, des parents attendent l'appel du dimanche. Ici, une colocation publie une annonce. Une chaise reste vide au premier cours.

Voilà la menace décrite le 23 septembre. Elle a l'âge des départs. Elle a une valise. Elle s'en va.

Ceux qu'il désigne sont ceux qui s'en vont.

0,5 % des deux côtés

Le chiffre du Census Bureau

Quatrième affirmation : le Canada « se détruit ».

Ce n'est pas un chiffre. C'est un jugement. Et pourtant, il se compare.

Selon CBC, la croissance canadienne de 0,5 % est à peu près celle que le Census Bureau mesure aux États-Unis.

Le Census Bureau l'a écrit le 27 janvier 2026. La population américaine a crû de 0,5 % entre le 1er juillet 2024 et le 1er juillet 2025. Elle atteignait 341,8 millions.

1,3 million au sud

Le même communiqué explique ce ralentissement par une baisse historique de la migration internationale nette. Elle est passée de 2,7 millions à 1,3 million.

Les deux périodes ne se recouvrent pas tout à fait. Elles disent quand même de quel côté de la frontière on comptait en millions.

Au nord, les trois grandes provinces d'accueil ralentissent le plus. L'Ontario a crû de 0,3 %, le Québec de 0,2 %, la Colombie-Britannique de 0,1 %, selon Statistique Canada.

Même rythme de croissance. Un seul pays accusé de se détruire.

Deux pays à 0,5 %, un seul sur le banc.

Une semaine de messages

Depuis la rupture des pourparlers

Il faut aussi regarder quand la publication tombe.

Depuis l'effondrement des négociations et une nouvelle ronde de tarifs, le président est accaparé par le Canada et ses dirigeants, écrit CBC.

Il y a eu l'Europe. La semaine précédente, Trump a jugé « risible » le rapprochement que Mark Carney propose avec l'Union européenne.

Il y a eu la potasse. Lundi, il a parlé d'acheter celle du Bélarus plutôt que celle du Canada. Puis il a reculé.

Il y a eu l'immigration. Mercredi, le Canada « se détruit ».

Il a aussi qualifié le Canada de « terrible partenaire commercial », rapporte CBC.

Le 23 septembre, un destinataire

Un sujet par jour. Un seul pays visé.

La publication servirait moins à décrire le Canada qu'à maintenir la pression sur lui. C'est une déduction tirée du calendrier. Pas un fait établi.

Elle arrive pendant que les tarifs de Washington restent profondément impopulaires aux États-Unis, écrit CBC.

Chaque jour son sujet, un seul destinataire.

Faux, faux, vrai, non prouvé

Le nombre et le contrôle

Voici la note, affirmation par affirmation.

Des millions en 2026 : FAUX. La croissance totale est de 189 425 personnes. Les résidents non permanents reculent.

Des millions en trois ans, de 2022 à 2024 : exact en ordre de grandeur. Le Canada accueillait alors plus d'un million de nouveaux arrivants par année.

Sans contrôle : faux à l'entrée. Chaque demande passe au crible. Flou à la sortie. Statistique Canada a dû corriger son compte.

Le chômage et la destruction

Un chômage plus élevé qu'aux États-Unis : vrai. 6,4 % contre 4,1 %.

Causé par l'immigration : non démontré.

Un pays qui « se détruit » : un jugement. Les chiffres de croissance ne le soutiennent pas.

Note d'ensemble : TROMPEUR. Un chiffre de la vague de 2023. Servi comme un constat de 2026.

Trompeur, parce que vrai il y a deux ans.

Le registre se corrige, le message non

Le 10 février 2027

La note pourrait bouger. Deux choses la feraient bouger.

Le 10 février 2027, Statistique Canada publiera les premiers chiffres du recensement de 2026. S'ils révélaient beaucoup plus de résidents temporaires que prévu, la part exacte de la publication grandirait.

Si les données de sortie de l'Agence des services frontaliers montraient d'autres départs supposés mais jamais faits, la cible de 5 % s'éloignerait.

Dans les deux cas, nos propres registres trancheront. Pas un message de mercredi.

Un registre. Pas une rumeur.

Notre part du compte

Répondrons-nous aux « millions » de Washington avec un compte qui vient de bouger de 300 000 personnes ?

Le démenti d'Ottawa tient. Il tiendra mieux avec un registre exact.

Statistique Canada a recompté en public. La publication du 23 septembre n'a rien recompté.

Il disait millions. Le pays recompte, à l'unité, ceux qui partent.

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). FACT-CHECK : Les « millions » de Trump sont faux, StatCan compte 154 614 résidents temporaires de moins. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/fact-check-les-millions-de-trump-sont-faux-statcan-compte-154-614-residents-temporaires

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Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

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