CHRONIQUE : De Lackawanna à Plattsburgh, New York paie les tarifs de Trump et la riposte d'Ottawa
Le dernier week-end d'août, à Oswego, sur la rive américaine du lac Ontario, un photographe du coin visait des bernaches du Canada depuis le parc Breitbeck, raconte le média étudiant The NewsHouse.
- Le dernier week-end d'août, à Oswego, sur la rive américaine du lac Ontario, un photographe du coin visait des bernaches du Canada depuis le parc Breitbeck, raconte le média étudiant The NewsHouse.
- Un dimanche au bord du lac
- Il y a les couchers de soleil qu'un autre résident dit parmi les plus beaux du monde.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Le phare d'Oswego
Un dimanche au bord du lac
Le dernier week-end d'août, à Oswego, sur la rive américaine du lac Ontario, un photographe du coin visait des bernaches du Canada depuis le parc Breitbeck, raconte le média étudiant The NewsHouse.
Il y a le phare. Il y a le port. Il y a les couchers de soleil qu'un autre résident dit parmi les plus beaux du monde.
Et il y a des barges qui arrivent à moitié vides.
La moitié d'une barge
Le port d'Oswego fait vivre plus de 2 200 emplois. Il génère environ 513 millions de dollars d'activité régionale, selon une étude de l'autorité portuaire citée par The NewsHouse. Il importe depuis longtemps de l'aluminium brut du Canada, en bonne partie pour l'usine Novelis.
Des barges qui apportaient 10 000 tonnes d'aluminium en déchargent souvent la moitié, a dit le directeur du port, Tom Drumm, au site syracuse.com. Tout l'aluminium qui arrive par bateau vient du Canada, a-t-il ajouté. Tout paie 50 %.
Sur un quai, un lingot d'aluminium a le froid du métal qu'on touche à mains nues. Il n'a pas de nationalité. Il a un tarif.
La moitié. Retenez cette mesure. Elle revient partout dans l'État.
Au bord du lac, le décor tient. La cargaison, non.
Mardi, à Buffalo
Northland
Le 22 septembre, le représentant Tim Kennedy a réuni élus et manufacturiers au centre de formation Northland, dans l'est de Buffalo.
Le lieu était choisi. Northland forme les ouvriers de la fabrication de pointe. La fabrication est la troisième industrie de la région de Buffalo-Niagara, avec des dizaines de milliers d'emplois, selon son bureau.
Il a parlé d'une taxe Trump sur les manufacturiers. Il a parlé d'un voisin, pas d'un ennemi. Il a parlé d'une guerre mesquine, qu'il faut arrêter.
Le Canada est notre plus proche allié, a-t-il dit. Pas notre ennemi.
Le chef du comté d'Érié, Mark Poloncarz, a été plus bref. Plus de deux cents ans d'alliance, dit-il. Des tarifs inutiles. Des familles qui paient.
Les chiffres du consulat
Son communiqué aligne des chiffres du consulat général du Canada à New York.
New York exporte chaque année au Canada 482 millions de dollars d'aluminium. Et 254 millions de fer et d'acier. Il en importe 1,1 milliard d'aluminium. Et 586 millions de cuivre.
Au premier semestre de 2026, le Canada a fourni environ 60 % de l'aluminium brut importé par les États-Unis, selon le même document.
Ce mardi-là, tous les élus au micro s'opposaient aux tarifs. Les chiffres, eux, n'ont pas de parti.
Des chiffres qui traversent, et une taxe à chaque passage.
Vingt-cinq à Lackawanna
Le tube d'acier
Il y avait aussi, ce mardi-là, un directeur d'usine.
Welded Tube USA fabrique des tuyaux d'acier à Lackawanna, rapporte Buffalo Toronto Public Media. L'entreprise achetait son acier à des aciéries canadiennes voisines.
Elle a déplacé une partie de sa production au Canada. Pour fuir la riposte. Puis elle a réduit son effectif local, a expliqué le directeur de l'usine, Steve Vanasky.
« Nous avons perdu environ 25 emplois », a-t-il dit.
Vers le nord
Vingt-cinq emplois ont traversé vers le nord.
Je suis du côté de ceux qui paient cette facture à New York. Contre la décision de Trump de traiter le Canada en adversaire commercial, par ses tarifs de 50 % du 22 août et ses interdictions signées le 8 septembre. Parce que la séquence ouverte par ses tarifs a déjà coûté 25 emplois à Lackawanna, selon le directeur d'usine entendu le 22 septembre.
La promesse était de ramener les usines. Celle-là est partie dans l'autre sens.
Vingt-cinq paies. Vingt-cinq casiers vidés.
On promettait de rapatrier. Lackawanna a exporté vingt-cinq postes.
Chaque passage paie
Le métal qui va et vient
Il faut comprendre la mécanique de l'Ouest new-yorkais.
Les matériaux traversent la frontière plusieurs fois pendant la fabrication, écrit le bureau de Kennedy. Ils paient un tarif à chaque traversée.
Le métal traverse une première fois, brut. Le métal traverse une deuxième fois, laminé. Le métal traverse une troisième fois, transformé. Le métal traverse encore, assemblé. Le métal traverse, et le tarif tombe chaque fois.
Les tarifs sur l'acier, l'aluminium et le cuivre peuvent atteindre 50 % selon leur classement, rappelle le communiqué.
New York et le Canada échangent environ 38 milliards de dollars de biens, selon syracuse.com. Ce commerce soutient quelque 600 000 emplois des deux côtés.
Trente-huit milliards. Six cent mille emplois. Une frontière.
Qui avance l'argent
Le professeur Ryan Monarch, de l'Université Syracuse, a donné un ordre de grandeur à syracuse.com. Les entreprises américaines absorbent 85 cents de chaque dollar de tarif, dit-il.
Quatre-vingt-cinq cents. Sur un dollar.
La part refilée au consommateur est plus difficile à suivre.
Au bout, a dit Kennedy à la radio WBEN, ce sont les consommateurs qui paient.
Un moteur traverse. Il revient. Il retraverse. Le comptable, lui, ne traverse rien. Il additionne.
Trois passages, trois tarifs, une seule pièce.
Le devis impossible
GTI Fabrication
Un autre manufacturier parlait ce mardi-là. Il ne tenait pas le discours attendu.
Dan Yousett, de GTI Fabrication, trouve la question plus compliquée qu'un simple pour ou contre, rapporte Buffalo Toronto Public Media. Il nuance. Il calcule.
En théorie, dit-il, les tarifs pourraient ramener des affaires à Buffalo. À long terme.
À court terme, la valse des changements rend très difficile de soumettre un prix.
Le prix du jour de la commande
Comment savoir à quel prix soumissionner, demande-t-il, si l'on ignore ce que coûteront les matériaux le jour de la commande ?
La question n'a pas de réponse à Buffalo. Elle en a une à Washington. Elle change.
Le maire de Buffalo, Sean Ryan, a décrit la même attente à WBEN. Les entreprises qu'il rencontre attendent. Au point mort, dit-il. Elles ne savent pas s'il faut grandir ou rapetisser.
On ne bâtit pas un plan financier sur l'incertitude, a dit le contrôleur du comté d'Érié, Kevin Hardwick. Les manufacturiers non plus.
Personne ne le fait.
Un bureau d'estimateur, c'est une calculatrice qu'on n'ose plus faire sonner.
Le devis attend un prix que personne ne garantit.
La réponse de la Maison-Blanche
Réindustrialiser
Il faut entendre la défense de ces tarifs sous sa meilleure forme.
L'administration soutient qu'ils renforcent la fabrication américaine. Ils réduiraient la dépendance aux métaux étrangers, rappelle Buffalo Toronto Public Media. Les tarifs de l'article 232 reposent sur la sécurité nationale.
La Maison-Blanche avance ses chiffres dans sa fiche du 8 septembre. En août, pour le huitième mois consécutif, l'activité manufacturière américaine a progressé, écrit-elle. En juillet, elle a crû au rythme le plus rapide en plus de quatre ans.
Huit mois. C'est leur chiffre.
Une voix new-yorkaise
New York n'est pas unanime. Cette ligne a ses défenseurs à New York même. La représentante new-yorkaise Claudia Tenney a déposé en juillet un projet de loi pour tenir le Canada responsable des boycottages provinciaux de l'alcool américain, selon le Service de recherche du Congrès.
Et Yousett, on l'a lu, ne rejette pas l'idée. Il en doute à court terme.
Au Congrès aussi, des élus s'inquiètent de la hausse des coûts, note le même service. Le débat existe à Washington.
L'argument se tient. Il mérite une vérification sur le terrain.
Les usines promises se vérifient à la porte des usines.
À l'envers
Le tuyau qui part
La vérification a eu lieu à Lackawanna.
Une usine qui achetait de l'acier canadien a déplacé une partie de sa production au Canada. Vingt-cinq postes ont disparu du côté américain, selon son directeur.
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C'est l'inverse de la réindustrialisation promise.
L'aluminium qu'on ne remplace pas
Le Canada fournissait environ 60 % de l'aluminium brut importé au premier semestre, selon le bureau de Kennedy. Un tarif ne fait pas pousser une fonderie en un été.
Alors l'aluminium arrive quand même. Plus cher. En plus petites quantités, par train ou par camion, a expliqué un ancien directeur du port à syracuse.com.
Et pourtant, la fiche de la Maison-Blanche parle de fabrication en expansion. Elle ne parle pas de Lackawanna.
Pas une ligne.
La courbe nationale monte. Le tuyau de Lackawanna, lui, a déménagé.
Nos contre-tarifs à Buffalo
La riposte canadienne
Je dois maintenant écrire ce qui dérange mon camp.
Welded Tube n'a pas d'abord fui les tarifs de Trump. Elle a fui les nôtres, selon son directeur, qui parle des tarifs de riposte canadiens. Ottawa en a ajouté le 8 septembre.
Nos contre-tarifs frappent l'acier et l'aluminium américains. Nos contre-tarifs frappent le matériel agricole et les électroménagers, précise le bureau de Kennedy. Nos contre-tarifs frappent l'électronique. Au total, 27,6 milliards de dollars de produits, à 15, 25 ou 50 %, rapporte Buffalo Toronto Public Media.
Notre boycottage à Plattsburgh
Et nos vacances ont un prix, elles aussi. Au gouffre Ausable, près de Plattsburgh, les annulations au camping voisin ont bondi de 400 %, surtout chez les Canadiens, rapporte Newsday.
Nous boycotter alors qu'on est là pour les aider à décrocher, c'est difficile à comprendre, dit le directeur Caleb Nappi.
C'est vrai, et cela ne change pas ceci : la séquence a commencé par les tarifs de Washington. Les Canadiens qui annulaient invoquaient les tensions, les tarifs de Trump et la faiblesse du huard, selon Nappi.
Les deux vérités tiennent.
Notre riposte frappe aussi Buffalo. Nous le savons, maintenant.
Plattsburgh, banlieue de Montréal
Une ville bilingue
Plattsburgh se présente comme la banlieue américaine de Montréal, dit Garry Douglas, de la chambre de commerce du North Country, à Newsday.
Le français s'entend dans les restaurants. La plupart des panneaux sont en deux langues. Les plaques du Québec sont partout, à la plage municipale comme à l'aéroport.
Des dizaines d'entreprises y sont des filiales de sociétés québécoises, dit Douglas. Le coût des matériaux a augmenté. La croissance a ralenti.
Les entreprises ne prennent pas de grandes décisions dans l'incertitude, dit-il.
Jon Thatcher a acheté le camping Shady Oaks en 2024. Il rêvait de sites de prêt-à-camper et d'un bar. Le prix des choses change sans cesse, dit-il à Newsday. Il ne sait plus ce qu'il pourra bâtir.
Un projet. Un devis. Un doute.
Ce que Douglas entend
Pour beaucoup de Canadiens, dit-il, ce ne sont pas les tarifs. Ce sont les propos de Trump sur l'annexion du Canada.
L'équivalent, dit Douglas, d'une trahison dans la famille.
Au café Irises, Carol McLean tient son commerce depuis 29 ans. L'été a été bon. L'hiver l'inquiète, dit-elle à Newsday. C'est la saison lente, et les coûts montent.
L'hiver, justement, arrive.
Plattsburgh parle deux langues et compte une seule perte.
Malone, la moitié d'un week-end
Mille, puis cinq cents
À Malone, à 15 milles de la frontière, la famille Monette tient un hôtel, des stations-service, des restaurants et une station de ski.
S'il venait 1 000 Canadiens un week-end et qu'il n'en vient plus que 500, cela fait 500 personnes de moins qui dépensent, résume Bruce Monette III à Newsday.
La moitié, encore.
La famille a réduit le personnel de la station de ski pendant la haute saison. Elle annonce ailleurs.
Il y a moins de Canadiens sur les pentes du North Country. Il y a moins de bateaux canadiens sur le lac Champlain. Il y a moins de forfaits hôtel et golf réservés dans les villes frontalières, rapporte Newsday.
Moins, partout.
La même famille
Monette dit ne pas voir les Canadiens comme des touristes étrangers. Une ligne sur une carte, plaisante-t-on là-bas. Nous sommes si proches que nous sommes les mêmes gens.
Au parc d'État de Cumberland Bay, sur le lac Champlain, les réservations canadiennes sont passées de 1 987 en 2024 à 955 l'an dernier, selon l'office des parcs cité par Newsday.
Moins de la moitié.
À l'échelle de l'État, près de 3,6 millions de voyageurs canadiens de moins sont entrés à New York en 2025, selon le contrôleur Thomas DiNapoli, cité par Newsday. Leurs dépenses sont passées de 1,71 à 1,23 milliard de dollars, selon les données touristiques de l'État.
Des millions de moins. Des rues moins pavées, prévient un professeur de Buffalo.
Un terrain de camping vide a un bruit à lui. Pas de moteur de roulotte. Pas de français dans les allées. Le clapotis du lac, et c'est tout.
Et pourtant, les Monette le disent sans rancune. Ils aiment quand les Canadiens sont là.
Un week-end coupé en deux ne coupe pas une famille.
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Vergers, lait, vin
Le champ de cent acres
Plus à l'ouest, dans le comté de Niagara, Jim Bittner cultive des pommes depuis plus de 30 ans, rapporte syracuse.com.
Il voudrait planter un champ de cent acres. Il le loue plutôt à un producteur de grandes cultures. Cent acres sans pommiers.
L'incertitude, dit-il, rend l'investissement trop risqué. Il ne plantera pas sans savoir s'il pourra vendre.
Les aides fédérales l'ont aidé, dit-il. Pas assez.
Ce qui ne monte plus au nord
Selon le même média, les exportations laitières de New York vers le Canada ont reculé de 12 % au premier semestre de 2025, d'après le contrôleur de l'État. Les ventes de vin au Canada ont chuté de 91 % l'an dernier, selon la gouverneure Kathy Hochul.
Le lait ne monte plus. Le vin non plus.
La législature a voté un fonds de 30 millions de dollars pour les fermiers. Trente millions. Pour tout l'État.
Un champ laissé à d'autres cultures, c'est un verger qui n'existera pas dans dix ans.
Qui plantera le verger de 2036 ?
Ce qu'on ne plante pas aujourd'hui ne se récolte jamais.
Le 29 septembre, puis janvier
Ce qui vient
Le 29 septembre, les interdictions d'entrée signées par Trump le 8 septembre prendront effet, selon la Maison-Blanche. Dans deux jours.
En janvier, Washington menace de porter à 50 % les droits sur l'acier, les voitures et les camions canadiens. Une camionnette de 50 000 dollars pourrait en coûter 75 000, a illustré le professeur Art Wheaton, de Cornell, à syracuse.com.
Cinquante mille. Soixante-quinze mille.
La facture suivante est déjà écrite.
Le courant aussi traverse. New York tire environ 3 % de son électricité du Canada, et près de 10 % les jours de pointe, selon un professeur de Cornell cité par syracuse.com. L'Ontario a menacé de cesser ses ventes ou d'imposer une surtaxe.
Des routes qui ne reviennent pas
Le maire Ryan l'a dit mardi à Buffalo Toronto Public Media. Ce chemin n'avait pas de raison d'être, mais il est réversible, dit-il. Inversons-le avant que notre principal partenaire ouvre de nouvelles routes vers l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Sud.
Une fois ces routes établies, ajoute-t-il, ces clients et ces fournisseurs ne reviendront pas.
La gouverneure a lancé en août une promotion intitulée « NY Loves Canada ». New York et le Canada sont voisins par destin géographique, mais amis par choix, a-t-elle dit, selon Newsday.
Et pourtant, un slogan ne remplit pas une barge.
Réversible aujourd'hui. Peut-être plus demain.
Le lac, la facture
La moitié qui reste
Je reviens au phare d'Oswego.
La moitié d'une barge à Oswego. La moitié d'une clientèle de week-end à Malone. La moitié d'une récolte qui ne sera pas plantée à Niagara. Moins de la moitié des campeurs à Cumberland Bay. Vingt-cinq postes à Lackawanna, partis au complet.
Un verger qu'on ne plante pas, un camping qu'on ne remplit pas, une barge qu'on ne charge qu'à moitié…
Je l'avoue : j'ai longtemps compté seulement ce que nous perdions, nous. Les usines d'ici. Nos exportations. Nos emplois. En lisant Malone, j'ai compris que je comptais la moitié de la facture.
Le comptoir de Plattsburgh
Irons-nous à Plattsburgh cet hiver, sachant que la personne derrière le comptoir paie la même facture que nous ?
La décision est la nôtre. La facture, elle, a déjà traversé.
De Lackawanna à Plattsburgh, la facture traverse la frontière dans les deux sens.
Sources :
Sources Primaires :
- Bureau du représentant Tim Kennedy — tarifs et manufacturiers de l'Ouest new-yorkais, 22 septembre 2026
- Buffalo Toronto Public Media — Welded Tube, GTI et le maire Ryan à Northland, 22 septembre 2026
- Maison-Blanche — interdictions d'entrée et bilan manufacturier, 8 septembre 2026
Sources Secondaires :
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). CHRONIQUE : De Lackawanna à Plattsburgh, New York paie les tarifs de Trump et la riposte d'Ottawa. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/chronique-de-lackawanna-a-plattsburgh-new-york-paie-les-tarifs-de-trump-et-la-riposte
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