ANALYSE : Cinq des neuf courses qui décideront du Sénat longent le Canada, et les tarifs de Trump y pèsent
Des planches de bois canadien, empilées dans une cour à bois de Livonia, au Michigan. La photo date d'août. Le Los Angeles Times la publie le 25 septembre 2026, au-dessus d'un article sur le Sénat.
- Des planches de bois canadien, empilées dans une cour à bois de Livonia, au Michigan. La photo date d'août. Le Los Angeles Times la publie le 25 septembre 2026, au-dessus d'un article sur le Sénat.
- Du bois canadien à Livonia
- Des planches de bois canadien, empilées dans une cour à bois de Livonia, au Michigan.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Du bois canadien à Livonia
Une cour à bois, en août
Des planches de bois canadien, empilées dans une cour à bois de Livonia, au Michigan. La photo date d'août. Le Los Angeles Times la publie le 25 septembre 2026, au-dessus d'un article sur le Sénat.
On sent presque la résine. On entend le chariot élévateur reculer. On entend le bip. On entend le choc sourd de la palette qu'on pose.
Du bois. Une frontière. Et, à six semaines du scrutin, une question de sièges : il en faut quatre aux démocrates pour prendre le Sénat.
Quatre. Retenez ce nombre. C'est l'unité de ce texte.
Onze sur treize
Le 9 septembre, la firme Engagious réunit treize électeurs indécis du Michigan. Onze disent que la guerre commerciale fait du tort à leur État, rapporte le Los Angeles Times.
L'un d'eux résume : plus on taxe, plus ils taxent, et les prix finiront par monter pour tout le monde.
Ce n'est pas un sondage. C'est une table, des chaises, un micro. Mais c'est une phrase qu'on pourrait entendre, mot pour mot, de ce côté-ci de la frontière.
Le bois traverse la frontière. L'argument aussi.
Cinquante-trois contre quarante-sept
Le calcul du vice-président
Le Sénat compte 53 républicains et 47 démocrates, rappelle le Washington Post le 26 septembre.
Une égalité ne suffit pas aux démocrates. Le vice-président, républicain, départage les votes à 50 contre 50. Il leur faut donc 51 sièges.
Cinquante et un moins quarante-sept. Quatre.
Et ces quatre sièges doivent être gagnés sans en perdre un seul. Surtout pas au Michigan ni au New Hampshire, précise le Los Angeles Times.
Il leur faut le Michigan. Il leur faut le New Hampshire. Il leur faut la Géorgie, où siège Jon Ossoff. Il leur faut quatre sièges républicains. Il leur faut ne rien perdre en route.
C'est beaucoup. C'est désormais possible. Garder. Prendre. Tenir.
Garder, puis prendre
Garder tous ses sièges et en prendre quatre aux républicains paraissait autrefois hors de portée. Le Washington Post juge désormais l'objectif faisable.
Le journal attribue le changement à l'impopularité de Donald Trump et à la frustration des électeurs devant l'économie.
Garder, d'abord. Prendre, ensuite. Les deux verbes ne pèsent pas pareil : on garde là où l'on est chez soi, on prend chez l'adversaire.
Quatre sièges à prendre, zéro à perdre.
Cinq frontières sur neuf
Alaska, Ohio, Michigan, New Hampshire, Maine
Voici le fait que les cartes électorales américaines ne dessinent jamais.
Sur les 9 États les plus susceptibles de décider du contrôle du Sénat, 5 bordent le Canada, écrit le Los Angeles Times. L'Alaska. L'Ohio. Le Michigan. Le New Hampshire. Le Maine.
Deux autres, le Texas et l'Iowa, font un commerce considérable avec le Canada, selon le même journal.
Sept sur neuf, donc, où le Canada n'est pas un voisin abstrait. C'est un client. Un fournisseur. Une route. Un touriste.
Le Maine touche le Québec. Le New Hampshire aussi. Le Michigan regarde Windsor. L'Alaska touche le Yukon.
La frontière vote aussi
Ce texte dit que cette carte révèle ceci. La guerre commerciale que Donald Trump livre au Canada se paie désormais aussi aux États-Unis. Dans les urnes. Dans les États qui vivent de la frontière.
Je ne prends parti pour aucun des deux partis américains. Je prends parti pour la souveraineté du Canada contre une coercition tarifaire. Et je constate que cette coercition coûte à ceux qui la défendent, là où la frontière est la plus proche.
La frontière vote aussi.
Cinq frontières sur neuf courses. Le Canada est sur le bulletin.
Vingt milliards, puis les interdictions
Fin août, la rupture
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Il faut remettre les actes dans l'ordre.
En juillet, Donald Trump menace de nouveaux tarifs de 50 % sur certains produits canadiens. Les deux pays ouvrent des discussions. Elles s'effondrent à la fin d'août. Washington impose alors des tarifs sur environ 20 milliards de dollars de biens canadiens, rapporte le Los Angeles Times.
Ottawa riposte. Des tarifs sur environ 20 milliards de dollars de biens américains entrent en vigueur le 8 septembre, selon le même journal.
Parmi les produits visés par la riposte canadienne : le fer et l'acier de l'Ohio, selon CBC, cité par le Los Angeles Times. L'Ohio, justement, est l'une des cinq frontières.
Le lait et l'alcool, la semaine prochaine
Trump répond par des interdictions d'importation visant certains produits canadiens, dont des alcools et des produits laitiers. Elles doivent entrer en vigueur la semaine prochaine, écrit le Los Angeles Times.
Le mercredi 23 septembre, sur Truth Social, le président s'en prend encore au Canada. Il y dénonce, selon le journal, une « prise de contrôle libérale » qui finira très mal. Il affirme aussi, à tort, que le pays laisse entrer des « millions et des millions » d'immigrants.
Juillet, la menace. Août, la rupture. Septembre, la riposte. Octobre, les interdictions.
Un tarif. Une riposte. Une interdiction. Une insulte.
Chaque étape de la guerre commerciale tombe en pleine campagne.
Soixante-quatre pour cent des indépendants
Contre de nouveaux tarifs
Le Canada ne vote pas aux États-Unis. Les indépendants, si.
Selon un sondage Economist-YouGov cité par le Los Angeles Times, une majorité d'Américains s'opposent à une hausse des tarifs sur les produits canadiens, dont 64 % des indépendants.
Dans un sondage Ipsos de la fin d'août, seulement 14 % des indépendants se disent favorables à de nouveaux tarifs sur le Canada, selon la même source. Quatorze sur cent. C'est peu.
Soixante-huit au Michigan
Au Michigan, 68 % des électeurs indépendants désapprouvent les tarifs. Le chiffre vient d'un sondage du Washington Post et de la Schar School publié ce mois-ci, rapporte le Los Angeles Times.
Ce sont précisément les électeurs qu'un candidat ne peut pas perdre dans une course serrée.
Rusty Hills enseigne à l'Université du Michigan. Il a présidé le Parti républicain de l'État. Il le dit sans détour au journal : ça ne rend pas les choses plus faciles. Ça n'aide pas.
Un ancien président de parti. Pas un adversaire.
Un stratège républicain du Maine, Lance Dutson, parle d'une bûche de plus jetée sur le feu de l'abordabilité, selon le journal.
Le tarif se vote aussi chez ceux qui ne l'ont pas choisi.
Deux sièges à garder
Le Michigan, 49 contre 44
Le 24 septembre, le Siena Research Institute publie, avec le New York Times, trois sondages auprès d'électeurs probables.
Au Michigan, le démocrate Abdul El-Sayed devance le républicain Mike Rogers, 49 % contre 44 %.
Au New Hampshire, le démocrate Chris Pappas devance le républicain John Sununu, 50 % contre 45 %.
Deux États qu'on ne peut pas perdre
Don Levy, qui dirige l'institut, les appelle deux États que les démocrates doivent absolument conserver. Il y voit de minces avances de cinq points.
Minces. Cinq points. Deux fois. Cinq points, c'est la marge d'une mauvaise semaine.
Deux frontières, deux sièges déjà démocrates, deux avances fragiles. Aucun de ces deux États ne rapproche les démocrates des quatre sièges à prendre. Ils empêchent seulement de reculer.
Au Michigan, Mike Rogers dit être pour les « bons » tarifs qui aident l'État et contre les « mauvais » qui lui nuisent, rapporte le Los Angeles Times. Une ligne de crête.
Garder deux sièges, c'est déjà défendre deux frontières.
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L'Iowa, à huit points
Cinquante contre quarante-deux
En Iowa, le Marist Poll publie le 22 septembre un résultat net.
Le démocrate Josh Turek devance la républicaine Ashley Hinson, 50 % contre 42 %, chez les électeurs inscrits. Le sondage a interrogé 1 050 électeurs du 17 au 20 septembre, avec une marge d'erreur de plus ou moins 4,4 points.
Dans le même sondage, 58 % des électeurs de l'Iowa désapprouvent le travail de Donald Trump. Et 46 % disent que les finances de leur famille se sont dégradées depuis un an.
Une pluralité d'électeurs dit que son vote pour le Congrès sera surtout un vote contre le président, selon Marist. Au vote générique pour la Chambre, le démocrate mène de cinq points.
Voter Turek, parier Hinson
Et pourtant, le même sondage contient son propre démenti. Quel que soit leur choix, 59 % des électeurs pensent que Hinson l'emportera, contre 37 % pour Turek.
Huit points d'écart. Un pari inverse. On dit qu'on votera pour l'un. On parie sur l'autre.
Une avance de huit points dans un sondage n'est pas un siège. Marist le rappelle à sa manière : la foi dans la victoire républicaine tient encore.
Un sondage donne l'avance. L'Iowa garde son doute.
Collins tient le Maine
Quarante-neuf contre quarante-six
Il faut maintenant publier le fait qui dérange cette lecture. Il coûte à ce texte.
Dans le Maine, État frontalier, la républicaine sortante Susan Collins devance le démocrate Troy Jackson, 49 % contre 46 %, selon Siena. Le sondage a été réalisé avant de nouvelles allégations visant la sénatrice, précise Don Levy.
Trois points. Pour la républicaine. Si la guerre commerciale écrasait tout, Collins ne mènerait pas.
Le stratège républicain Jim Merrill, cité par le Los Angeles Times, rappelle que la région a une tradition d'indépendance. Lier un candidat à Trump y a souvent moins bien fonctionné qu'ailleurs.
Le sel de voirie et le ciment
Mais Collins a fait ce que la Maison-Blanche n'a pas fait : elle a pris ses distances avec les tarifs. Elle a mis la Maison-Blanche en garde, et obtenu ce mois-ci une exemption pour le sel de voirie et le ciment, rapporte le Los Angeles Times. Elle a dit à Politico que l'administration avait très largement sous-estimé l'effet des tarifs sur les gens du Maine.
Au New Hampshire, John Sununu juge qu'une guerre commerciale avec le Canada n'a aucun sens. Il se dit prêt à appuyer une loi qui encadrerait le pouvoir tarifaire du président, selon le même journal.
C'est vrai, des républicains frontaliers peuvent tenir. Et cela ne change pas ceci : ils tiennent en se séparant du président sur le Canada.
Collins mène en tournant le dos aux tarifs.
Le consommateur ne verra presque rien
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Voici l'objection la plus sérieuse, dans les mots de ceux qui la porteraient.
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Axios a rapporté le 28 septembre, selon des responsables américains, que…
Donald Trump affirme que le Canada « arnaque » les États-Unis depuis longtemps et que les tarifs aideront les fabricants américains, rapporte le Los Angeles Times.
Un économiste de la Tax Foundation, Alex Durante, va dans le même sens. Selon lui, ces tarifs ne changeront probablement pas grand-chose pour les consommateurs. Les coûts se concentrent dans quelques industries.
L'argument se tient. En partie. Si le prix ne bouge pas, pourquoi l'électeur bougerait-il ?
Six pour cent
Parce que le prix bouge là où il faut. Selon Durante lui-même, les coûts les plus lourds tombent sur l'automobile et la fabrication, les produits laitiers, les alcools et spiritueux.
Parce que le Michigan fabrique des voitures. Parce que le lait est justement visé par les interdictions.
Parce que le précédent existe. Les contre-tarifs canadiens de l'an dernier ont fait monter de 6 % le prix des biens visés. C'est la conclusion d'une étude du Journal of Monetary Economics, citée par le journal.
Parce que le doute suffit. L'impression que les tarifs font monter les prix peut détourner des électeurs déjà inquiets de l'inflation, dit encore Durante.
Et pourtant, la Maison-Blanche maintient le cap.
Le prix bouge peu. L'électeur, lui, bouge.
La carte s'élargit
Le Kansas et la Caroline du Sud
Le 23 septembre, le Cook Political Report déplace trois courses vers les démocrates, rapporte Axios. Le Kansas passe de « probablement républicain » à « penche républicain ». La Caroline du Sud, de « solidement républicain » à « probablement républicain ». En Géorgie, le siège du démocrate Jon Ossoff passe de « penche démocrate » à « probablement démocrate ».
Trois courses. Une seule direction. Selon Axios, 6 sièges républicains sont désormais classés par Cook en ballottage ou mieux pour les démocrates. Le mois dernier, Cook avait déjà déplacé les courses du Texas et de l'Iowa.
Axios cite le mécontentement des électeurs devant le prix de l'essence, le coût de la vie et la conduite de la guerre en Iran. Des courses serrées dans des bastions républicains pourraient forcer le parti à dépenser au-delà des champs de bataille habituels, ajoute le site.
Cinquante-huit virgule six
Le 14 septembre, le modèle de Nate Silver donnait aux démocrates 58,6 % de chances de prendre le Sénat. Huit jours plus tôt, c'était 50,6 %, rapporte Newsweek. Des sondages au Texas, en Ohio et au Michigan expliquent le mouvement.
En Ohio, autre État frontalier, un sondage InsiderAdvantage place l'ancien sénateur démocrate Sherrod Brown devant le sénateur républicain Jon Husted, 47 % contre 42 %, selon Newsweek. Husted, lui, dit que le public aimerait comprendre la stratégie du président sur les tarifs, rapporte le Los Angeles Times.
Une probabilité n'est pas un résultat. Une probabilité n'est pas un vote. Cinquante-huit, c'est presque une pièce de monnaie.
La carte s'élargit. La pièce reste en l'air.
La vigne qu'on met en vente
Trente-cinq pour cent de moins
Il y a des chiffres qu'aucun sondeur ne publie. Le Los Angeles Times en signale un, en marge de son article.
En Californie, un vignoble familial de 3 500 acres est mis en vente. Ses exportations vers le Canada ont chuté de 35 % en un an, sous l'effet du boycottage canadien, selon le journal.
Trente-cinq pour cent. Une famille. Une terre à vendre. Un client perdu.
Ce n'est pas un État frontalier. C'est la preuve que la frontière passe aussi par les caves.
La frontière qu'on ne traverse plus
De l'autre côté, il y a nous.
Les Canadiens qui ont cessé d'aller aux États-Unis depuis l'an dernier menacent de tenir bon, rapporte le journal. En face, des publicités touristiques américaines leur répètent qu'on les aime.
Le chalet du Maine qu'on n'a pas loué cet été. La bouteille californienne qu'on a laissée sur la tablette. Le plein qu'on ne fait plus au Vermont. Beaucoup, ici, ont fait un geste sans croire qu'il pèserait.
Je l'avoue : je ne pensais pas qu'un boycottage de consommateurs finirait dans une analyse sénatoriale. Il y est.
Nos gestes de consommateurs ont franchi la frontière. Ils sont dans les sondages.
Ce que cinquante et un sièges changeraient
Encadrer le pouvoir tarifaire
Un Sénat ne signe pas les tarifs. Mais il peut voter des lois qui les encadrent. Encadrer. Pas abolir.
C'est ce que John Sununu, candidat républicain, dit qu'il appuierait, selon le Los Angeles Times.
Voilà l'enjeu canadien de ce scrutin américain. Pas une victoire de parti. Une majorité, quelle qu'en soit la couleur, qui accepterait de limiter le pouvoir d'un président de taxer seul un allié.
Une corde raide
Les candidats républicains marchent sur une corde raide, dit Rusty Hills au journal. Ils cherchent une marge de manœuvre sur la guerre, les prix et les tarifs sur le Canada. Ils ont besoin de chaque électeur indépendant.
En Alaska, le sénateur Dan Sullivan évite largement le sujet, pendant que les démocrates s'en servent contre lui, rapporte le journal.
Les démocrates, eux, s'emparent du dossier canadien pour lier les candidats républicains au président. Avec un succès variable selon les États, notent des analystes cités par le Los Angeles Times.
Et pourtant, l'élection a lieu le 3 novembre, rappelle Newsweek. Avant cette date, rien de tout cela n'est acquis.
Cinquante et un sièges peuvent encadrer un tarif. Encore faut-il les gagner.
Quatre sièges, cinq frontières
Le calcul, à la fin
Quatre sièges à prendre. Deux à garder au Michigan et au New Hampshire. Une avance en Iowa que les électeurs eux-mêmes ne croient pas. Une sénatrice républicaine qui mène dans le Maine en contestant les tarifs.
La lecture tient. La coercition tarifaire contre le Canada ne décide pas seule du Sénat. Elle pèse dans cinq des neuf courses qui le décideront.
Notre part
Sommes-nous prêts à accepter que notre prochaine détente commerciale dépende d'un vote au Michigan plutôt que d'une négociation à Ottawa ?
Les planches de Livonia, sur la photo d'août, n'ont pas d'opinion. Ceux qui les achètent, si.
Quatre sièges à prendre. Cinq courses le long de notre frontière.
Sources :
Sources Primaires :
- Siena Research Institute — sondages Maine, Michigan et New Hampshire, 24 septembre 2026
- Marist Poll — élections de mi-mandat en Iowa, 22 septembre 2026
- Los Angeles Times — la guerre commerciale avec le Canada dans les courses au Sénat, 25 septembre 2026
Sources Secondaires :
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). ANALYSE : Cinq des neuf courses qui décideront du Sénat longent le Canada, et les tarifs de Trump y pèsent. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/analyse-cinq-des-neuf-courses-qui-decideront-du-senat-longent-le-canada-et-les-tarifs
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