COMMENTAIRE : Trump promet d'alléger 30 milliards pour Pékin, le Canada reste à 50 %
Xi Jinping est rentré à Pékin le 26 septembre. Avec une trêve commerciale prolongée de deux mois. Et une promesse d'allègement tarifaire sur 30 milliards de dollars de marchandises.
- Xi Jinping est rentré à Pékin le 26 septembre. Avec une trêve commerciale prolongée de deux mois. Et une promesse d'allègement tarifaire sur 30 milliards de dollars de marchandises.
- Deux paniers de marchandises
- Ce que Xi rapporte à Pékin
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Deux paniers de marchandises
Ce que Xi rapporte à Pékin
Xi Jinping est rentré à Pékin le 26 septembre. Avec une trêve commerciale prolongée de deux mois. Et une promesse d'allègement tarifaire sur 30 milliards de dollars de marchandises.
Xi rentre avec une trêve. Xi rentre avec une promesse d'allègement. Xi rentre avec une commande de charbon américain. Xi rentre avec un canal de crise sur l'intelligence artificielle. Xi rentre avec deux autres rendez-vous avant Noël.
C'est le premier panier. Il est reparti par avion.
Ce que le Canada garde
Le second panier est resté au nord de la frontière.
Il contient des tarifs de 50 % sur une partie des produits canadiens depuis le 22 août. Des interdictions d'importation qui entrent en vigueur mardi. Un tarif de 10 % sur la plupart de nos biens.
Quelque part dans une usine de l'Ontario ou du Québec, quelqu'un a vu les images du tapis rouge à Washington. Puis il a vérifié l'horaire de son prochain quart. S'il y en a un.
Deux paniers. Une même semaine.
Un panier pour le rival, une facture pour le voisin.
Trente milliards dans les deux sens
La fiche de la Maison-Blanche
La Maison-Blanche l'écrit dans sa fiche d'information du 25 septembre. Le Conseil du commerce sino-américain s'est entendu sur des recommandations de traitement tarifaire plus favorable pour 30 milliards de dollars de biens non sensibles. Dans chaque direction.
Du côté des exportations américaines : produits agricoles, poissons et fruits de mer, bois et produits du bois, cosmétiques, appareils médicaux.
Du côté des importations : petits électroménagers, jouets, décorations des fêtes, sièges d'auto pour enfants.
Des jouets. Des décorations. Des sièges d'auto.
Ce Conseil du commerce avait été créé au sommet de Pékin, en mai 2026. Il fonctionne depuis cette semaine, selon la Maison-Blanche.
Une promesse, pas un décret
Ce sont des recommandations. La déclaration chinoise parle de continuer à travailler sur l'engagement de réduire ces tarifs, rapporte l'Associated Press.
Une promesse, donc. Pas encore un taux.
Une promesse vaut quelque chose. Surtout quand l'autre n'en reçoit aucune.
Un groupe de travail sur l'accès des produits agricoles au marché chinois est aussi lancé, selon la Maison-Blanche.
Mais la promesse est faite au rival que Washington cherchait à isoler depuis dix-huit mois, selon le Globe and Mail. Et refusée, pour l'instant, au voisin.
Trente milliards promis au rival, aucune promesse au voisin.
La trêve de Busan, prolongée
Jusqu'en janvier
La trêve date de Busan, en octobre 2025, rappelle la Deutsche Welle. Pékin suspendait ses contrôles sur les terres rares. Washington réduisait une partie de ses tarifs.
Elle devait expirer le 10 novembre. Selon le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, elle restera en vigueur jusqu'en janvier.
Deux mois de plus, confirme l'Associated Press.
Avant le sommet, Pékin voulait une trêve jusqu'à la fin du mandat de Trump, écrivait Policy. Washington préférait plus court. Ce sera deux mois, pour l'instant.
Le rival obtient la trêve
Le rival obtient la trêve, l'allié la facture.
Je suis du côté des travailleurs canadiens qui paient ces 50 %. Contre la politique commerciale de Donald Trump, qui prolonge la trêve avec Pékin et promet d'alléger 30 milliards d'échanges pendant que son voisin reste taxé. Parce que la même semaine, le rival a obtenu ce que l'allié n'obtient pas : du temps, et un geste.
Ce n'est pas une impression. C'est une liste.
Deux mois, c'est court. Pour un exportateur taxé à 50 %, c'est long.
Deux mois de répit pour Pékin, aucun pour Ottawa.
Charbon, IA et soldats
Dix millions de tonnes
La Chine importera au moins 10 millions de tonnes métriques de charbon américain en 2027, puis de nouveau en 2028, selon la Maison-Blanche.
Le charbon, c'est de l'emploi américain. Je ne le reproche pas à Trump.
Les deux pays ont aussi créé un Conseil de l'investissement. Ils poursuivent le travail sur les terres rares, avec l'objectif de ramener les livraisons à des niveaux appropriés.
Un canal pour l'intelligence artificielle
Un dialogue sur la « super intelligence » est lancé. Le prochain échange aura lieu d'ici novembre. Un canal bilatéral traitera les incidents, écrit la Maison-Blanche.
Pékin annonce un protocole d'entente sur les communications de crise entre les deux armées, rapporte l'Associated Press. Aucune percée majeure, ajoute l'agence. Des mécanismes de travail, surtout.
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Trump comptait accueillir Xi lui-même à la base Andrews, un honneur rare, écrivait Policy le 20 septembre. La dernière exception remontait à Barack Obama recevant le pape François, en 2015.
Trump a qualifié le sommet de rencontre d'« amitié, de force et de succès », selon la Deutsche Welle.
Du charbon vendu. Des canaux ouverts. Des soldats qui se parlent.
Xi est reparti le samedi, selon l'agence Chine nouvelle, citée par l'Associated Press.
Amitié, force, succès. Trois mots pour le rival. Aucun pour le voisin, cette semaine-là.
Le rival repart avec des canaux, le voisin avec des annexes.
Vingt-sept milliards à 50 %
Le panier du nord
Voici le second panier, pièce par pièce.
Depuis le 22 août, un tarif de 50 % frappe 27,6 milliards de dollars de marchandises canadiennes, écrivait le ministère des Finances le 25 août.
Le Service de recherche du Congrès dresse l'inventaire au 15 septembre. Il y a 10 % sur la plupart des biens canadiens. Il y a 50 % sur l'acier, l'aluminium et le cuivre. Il y a 25 % sur les véhicules et les pièces, avec une exemption partielle pour ce qui respecte l'ACEUM. Et des tarifs sur le bois d'œuvre et les produits du bois.
Dix. Vingt-cinq. Cinquante.
Cela fait beaucoup de pourcentages pour un voisin.
En 2025, environ 15 % des importations américaines en provenance du Canada ont payé des droits, soit quelque 56 milliards de dollars, selon le même rapport. La plupart des biens entraient encore en franchise, probablement grâce à l'ACEUM, précise le rapport.
Mardi, des interdictions
Depuis le 15 septembre, la plupart des tarifs de 50 % s'ajoutent à ceux imposés au nom de la sécurité nationale. Et le 29 septembre, des interdictions d'importation entrent en vigueur, précise le même document.
En 2025, les droits perçus sur les importations canadiennes ont atteint environ 10 milliards de dollars américains, contre 0,4 milliard en 2024, selon le Service de recherche du Congrès.
Vingt-cinq fois plus en un an. Pour un allié.
Le panier du nord s'alourdit chaque mois.
Le voisin qui chauffe la maison
Soixante-quatre pour cent du pétrole
Qui est ce voisin taxé ?
Le Canada est le premier fournisseur d'énergie des États-Unis, écrit le Service de recherche du Congrès. Pétrole brut. Gaz naturel. Électricité.
En 2025, il fournissait 64 % du pétrole brut importé par les États-Unis, contre 41 % en 2015.
Il était aussi le deuxième partenaire commercial des États-Unis, biens et services confondus, selon le même rapport. Les États-Unis restent le premier investisseur étranger au Canada, avec 488 milliards de dollars.
Soixante-douze pour cent des exportations
En 2025, le Canada a envoyé aux États-Unis 72 % de ses exportations de biens, selon les données de Statistique Canada citées par le rapport.
Le rival obtient un allègement sur ses jouets. Le rival obtient une trêve. Le voisin obtient une interdiction sur son whisky.
Le rival vend des décorations. Le voisin chauffe les maisons et fait rouler les camions.
Le voisin fournit. Le voisin paie. Le rival encaisse.
Celui qui chauffe la maison paie la facture.
Pékin a riposté, lui aussi
L'argument de Washington
Voici l'argument le plus fort de la Maison-Blanche. Il faut l'entendre jusqu'au bout.
Le Canada a riposté. Le 8 septembre, Ottawa a imposé ses contre-tarifs sur des produits américains. Pékin, lui, a fait des gestes : du charbon, des contrôles sur deux précurseurs du fentanyl, des arrestations, selon la fiche de la Maison-Blanche.
On récompense qui coopère. On punit qui riposte. C'est la logique annoncée.
Les terres rares de l'an dernier
Et pourtant, Pékin a riposté plus fort que le Canada.
La Chine a imposé l'an dernier des contrôles à l'exportation sur les terres rares, en réponse aux tarifs américains, rappelle l'Associated Press. Des livraisons coupées vers les États-Unis et d'autres pays.
Pékin taxe aussi le gaz naturel liquéfié américain à 15 % depuis février 2025, écrivait Policy. Washington en demande la baisse.
Qui riposte avec des terres rares obtient une trêve. Qui riposte avec des contre-tarifs obtient une interdiction.
La riposte ne distingue donc pas le rival de l'allié. Le levier, si.
Le levier compte. La loyauté, non.
Le Canada est pourtant une source majeure de minéraux critiques pour les États-Unis, note le Service de recherche du Congrès. Il n'en a pas fait une arme.
Pékin avait des terres rares, Ottawa n'avait que sa parole.
Imiter Washington contre Pékin
Des accords qui exigent l'alignement
Le Globe and Mail le rappelle le 27 septembre. Washington a signé une vingtaine d'accords en un an. Plusieurs obligent le partenaire à reproduire les restrictions américaines contre un pays tiers, sans le nommer. Les experts savent de qui il s'agit.
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Ottawa se dirigeait, semble-t-il, vers un accord de ce type en août, avant que Mark Carney ne quitte la table, selon le journal.
La Maison-Blanche date la rupture du 21 août. Les 50 % sont tombés le lendemain.
Pour Emily Kilcrease, ancienne responsable américaine du commerce, il n'y a plus de carotte. Il y a « seulement le bâton ».
Un pied, une main
Wolfgang Alschner, professeur à l'Université d'Ottawa, résume l'administration Trump au Globe : elle « vous tire dans le pied d'un côté et vous tend la main de l'autre ».
On demande à l'allié de s'aligner contre Pékin. On demande à l'allié de reproduire les restrictions américaines. Puis on promet d'alléger 30 milliards pour Pékin.
Le journal note aussi que Trump a parfois offert des concessions à Pékin, comme un assouplissement des contrôles sur les semi-conducteurs.
Un pied. Une main. Un seul voisin.
Qui, à Washington, explique cette cohérence à un monteur de Windsor ?
S'aligner contre Pékin, pendant que Washington lui ouvre la porte.
Ce que Trump a bien fait
Deux bons coups
Je dois écrire ce qui dérange mon propre camp.
Un canal pour les incidents d'intelligence artificielle, et un travail sur les communications de crise entre armées, réduisent le risque d'un accident entre deux puissances nucléaires. Voilà un bon coup.
Trump refuse aussi de partager l'avance américaine en intelligence artificielle. Les États-Unis ne vont pas freiner, a-t-il dit, selon l'Associated Press. Face à Pékin, voilà un second bon coup.
Je les nomme bons parce qu'ils le sont. Ils sont réels. Ils sont datés. Ils ne soulagent personne à Windsor.
Nous aussi, nous vendons à Pékin
Et le Canada n'a pas de leçon de pureté à donner. En janvier, Ottawa a conclu sa propre entente avec Pékin.
Les exportations canadiennes vers la Chine ont bondi de 30,1 % au premier semestre de 2026, à un sommet de 21,74 milliards de dollars, surtout grâce à l'énergie, écrit Vina Nadjibulla dans Policy le 20 septembre.
C'est vrai, et cela ne change pas ceci : Ottawa ne demande pas à Washington de s'aligner sur sa politique chinoise. Washington, lui, l'exige de ses partenaires.
Deux bons coups contre Pékin, et un voisin oublié dans le calcul.
La semaine de l'allié
Mardi, 0 h 01
Pendant que Xi visitait les Archives nationales, le Canada comptait les jours avant mardi.
Mardi à 0 h 01, selon les proclamations de la Maison-Blanche, des interdictions d'importation visent l'alcool, le lactosérum, la mélasse et des motos canadiennes.
Pas de trêve. Pas de conseil conjoint. Pas de canal de crise.
Le compte à rebours ne s'arrête pas pour une visite d'État. Mardi arrive. Rien ne le retarde.
Le quart de nuit
Dans une usine qui exporte, la semaine se mesure autrement. Une commande qui ne vient pas. Un quart de nuit qu'on supprime. Une boîte à lunch qu'on referme plus tôt.
Le bruit d'une chaîne qui tourne au ralenti ne passe pas au journal télévisé.
Je l'avoue : cette semaine-là, j'ai eu honte de devoir comparer notre sort à celui de Pékin. On ne devrait jamais avoir à faire ce calcul entre alliés.
Un allié taxé. Un rival reçu.
La semaine du rival avait un tapis, celle de l'allié un compte à rebours.
Le homard et le bois
Un allègement qui expire
Il y a pire que la comparaison. Il y a la concurrence.
L'allègement chinois sur le tourteau de canola, les pois, le homard et le crabe canadiens expire à la fin de l'année, rappelle Policy.
Or la liste américaine du 25 septembre vise, pour les exportations vers la Chine, les poissons et fruits de mer, le bois et les produits du bois.
Deux vendeurs, un acheteur
Le homard canadien pourrait donc croiser, sur le marché chinois, des fruits de mer américains mieux traités.
Le bois canadien, déjà taxé à l'entrée des États-Unis, pourrait trouver à Pékin un concurrent américain allégé.
Un marché. Deux vendeurs. Un seul favorisé.
Le homard n'a pas voté. Le bois non plus.
Mark Carney doit retourner en Chine en novembre, pour le sommet de l'APEC à Shenzhen, écrit Policy. Il y négociera après Washington.
Le voisin taxé chez l'un, concurrencé chez l'autre.
Shenzhen, puis Doral
Deux autres rencontres
Trump et Xi doivent se revoir deux fois d'ici la fin de l'année, rapporte la Deutsche Welle. À l'APEC de Shenzhen en novembre. Au G20 de décembre, prévu au club de golf de Trump à Doral, près de Miami.
Deux rencontres de plus. Deux occasions de prolonger.
La trêve court jusqu'en janvier. La suivante se prépare déjà.
Shenzhen en novembre. Doral en décembre. Janvier pour la trêve.
Le calendrier du voisin
Pour le Canada, la relation commerciale avec Washington reste en suspens, écrivait Policy avant le sommet.
Ce que Trump et Xi décideront, ajoutait la revue, façonnera le cadre des négociations canadiennes avec Pékin cet automne.
Deux calendriers. Un seul est rempli. Le voisin, lui, attend un appel.
Le rival a un agenda, le voisin une salle d'attente.
L'Europe fait le même compte
Un milliard par jour
Le Canada n'est pas seul à faire ce compte.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a jugé intenable un déficit commercial de l'Union avec la Chine d'un milliard d'euros par jour, rapporte Policy. Bruxelles donne jusqu'en octobre à son dialogue avec Pékin pour produire des progrès.
Un sommet Canada–Union européenne est prévu à la fin d'octobre. Ottawa et Bruxelles devraient y comparer leurs approches sur la surcapacité, les minéraux critiques et le filtrage des investissements, recommande Vina Nadjibulla.
Bruxelles compte. Ottawa compte. Washington promet.
Surcapacité industrielle, coercition économique, domination chinoise sur le raffinage des minéraux critiques : ces inquiétudes demeurent pour le Canada, écrit Vina Nadjibulla.
La résilience collective
Le 17 septembre, devant le Parlement européen, Mark Carney a parlé de souveraineté par l'accès aux capacités : énergie, défense, intelligence artificielle, minéraux critiques. L'objectif, a-t-il dit, n'est pas l'autosuffisance, mais la résilience collective.
Si Washington traite mieux le rival que l'allié, l'allié ira chercher d'autres alliés. Ce n'est pas une menace. C'est une conséquence.
Et pourtant, aucune alliance européenne ne remplacera le marché américain pour un monteur de Windsor.
Le voisin cherche d'autres voisins, faute d'être entendu.
Le panier de l'allié
Le compte final
Voici le compte, sans adjectif.
Pour Pékin : deux mois de trêve, 30 milliards promis à l'allègement, un conseil de l'investissement, un canal de crise.
Pour Ottawa : 50 % sur 27,6 milliards, 10 % sur la plupart des biens, des interdictions mardi.
Voilà la liste. Elle se lit en dix secondes. Deux lignes. Deux traitements.
Et pourtant, le premier est le rival stratégique de Washington, le second son voisin et son premier fournisseur d'énergie.
Une alliance à deux vitesses
Trump a raison de parler à Pékin. Il a tort de traiter le voisin plus durement que le rival.
Un allié se mesure aussi à ce qu'on lui épargne.
Que vaut, pour Ottawa, une alliance où le rival négocie une trêve et l'allié un tarif ?
Le premier panier est reparti par avion. Le second attend à la frontière.
Trente milliards promis au rival, cinquante pour cent laissés à l'allié.
Sources :
Sources Primaires :
- Maison-Blanche — fiche d'information sur la visite d'État de Xi Jinping, 25 septembre 2026
- Associated Press, PBS NewsHour — trêve prolongée et canal sur l'IA, 26 septembre 2026
- Service de recherche du Congrès — les tarifs américains sur le Canada, 16 septembre 2026
Sources Secondaires :
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). COMMENTAIRE : Trump promet d'alléger 30 milliards pour Pékin, le Canada reste à 50 %. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/commentaire-trump-promet-d-alleger-30-milliards-pour-pekin-le-canada-reste-a-50
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