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La ChroniqueReportage· N° 7756

RÉCIT : Moscou dit ne viser que le militaire, sa bombe frappe le deuxième étage d'un immeuble de Saltivka

À Kharkiv, les secouristes ont fouillé toute la matinée du 28 septembre le deuxième étage d'un immeuble de Saltivka, et le maire Ihor Terekhov a fini par écrire qu'ils n'avaient trouvé personne sous les décombres.

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  1. À Kharkiv, les secouristes ont fouillé toute la matinée du 28 septembre le deuxième étage d'un immeuble de Saltivka, et le maire Ihor Terekhov a fini par écrire qu'ils n'avaient trouvé personne sous les décombres.
  2. Personne sous les décombres
  3. Le mot est dans son message, publié un peu après 10 h.
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Personne sous les décombres

Lundi, un peu après 10 h

À Kharkiv, les secouristes ont fouillé toute la matinée du 28 septembre le deuxième étage d'un immeuble de Saltivka, et le maire Ihor Terekhov a fini par écrire qu'ils n'avaient trouvé personne sous les décombres.

Personne.

Le mot est dans son message, publié un peu après 10 h. Les recherches sont terminées. Les services municipaux et les secouristes de l'État continuent de dégager les débris de la nuit.

Plus tôt, devant les journalistes, le maire parlait autrement, selon Suspilne. L'entrée de l'immeuble était détruite. On déblayait le deuxième étage. A priori, personne dessous. On n'en était pas encore sûr.

Entre ces deux moments, quelques heures. Des heures où « personne » voulait encore dire « peut-être quelqu'un ».

Un mot. Deux syllabes. Une matinée pour l'écrire.

La cage qu'on fouille

Un immeuble de Saltivka ne se compte pas en adresses. Il se compte en cages d'escalier.

Une porte en bas. Des marches. Des paliers. Sur chaque palier, des portes. Derrière les portes, des gens qui dorment.

C'est l'unité de ce texte : la cage d'escalier. Celle qu'on descend en pleine nuit. Celle qu'on fouille ensuite, marche par marche.

Chaque fouille commence par un nom qu'on redoute d'entendre. Celle de Saltivka s'est arrêtée sur le seul mot que tout le monde espérait lire.

Personne dessous, et une entrée détruite au-dessus.

Peu après 4 h

Un immeuble de neuf étages

La nuit a cassé peu après 4 h. Les correspondants de Suspilne signalent une explosion à Kharkiv à 4 h 02.

Selon le parquet régional, les forces armées russes ont frappé vers cette heure-là un immeuble résidentiel de neuf étages, dans le district de Saltivskyi.

Le maire écrit d'abord que deux districts ont été touchés par des bombes aériennes guidées, Kyivskyi et Saltivskyi. Puis qu'une de ces bombes a frappé un immeuble d'habitation.

Saltivskyi est le district de Kharkiv qui concentre le plus de tours endommagées, selon Glavcom. Le quartier a l'habitude. Il n'a pas l'immunité.

Le deuxième, puis le troisième

Le gouverneur Oleh Synegubov précise l'impact. La frappe a touché le deuxième étage. Les deuxième et troisième étages sont détruits.

Deuxième étage. Quatre heures du matin.

Qui dort à cet étage-là, à cette heure-là ?

Il n'est pas nécessaire de connaître les noms pour savoir ce qu'on y fait.

À 4 h, on dort. À 4 h, on se retourne. À 4 h, on tire la couverture sur une épaule. Rien d'autre.

Dans le district de Kyivskyi, la même nuit, la munition est tombée près de maisons individuelles. Dix maisons endommagées, aucun blessé, selon le maire.

À 4 h, un deuxième étage ne sert qu'à dormir.

Huit, onze, quinze, vingt-deux

Le compte du maire

Le compte, lui, a pris la matinée.

Huit blessés, dont trois enfants, écrit d'abord le maire. Puis onze, dont cinq enfants. Puis quinze. Puis vingt-deux, un peu après 6 h.

À 10 h, 29 blessés, dont 10 enfants. Un peu avant 11 h, trente-cinq.

En début d'après-midi, le parquet régional publie son propre total : 43 blessés, dont 11 enfants.

Le parquet range parmi les blessés des réactions aiguës au stress. Il a raison de les compter.

Ceux qui descendent plus tard

Le compte ne monte pas parce que la bombe frappe encore. Il monte parce que les gens descendent.

Il y a celui qui découvre une coupure en retirant son chandail. Celle qui sent la douleur une fois dehors, sur le trottoir, pas avant. L'enfant qui tremble sans une égratignure, et qu'on assoit quand même dans l'ambulance.

Un compte qui grimpe pendant six heures n'est pas un compte qui ment. C'est un immeuble qui se vide, étage par étage.

Neuf étages, deux détruits, onze enfants blessés.

Moscou dit militaire

La liste du 28 septembre

Le ministère russe de la Défense a publié lundi son propre récit de la nuit. L'Associated Press en résume le contenu.

Deux centres de données à Kyiv. Des stations-service dans la capitale. Un centre de tri de la poste Nova Poshta à Odessa. Un cargo en mer Noire, un autre dans le port de Tchornomorsk.

Des serveurs. Des pompes. Des colis. Des navires.

Moscou affirme ne viser que des sites liés au militaire, rappelle l'agence.

Samedi, Sergueï Lavrov avait prévenu l'Assemblée générale de l'ONU que Moscou poursuivrait sa campagne militaire « jusqu'au bout », rapporte Al Jazeera.

Kharkiv hors de la liste

Dans ce résumé, Kharkiv n'apparaît pas. Ni Saltivka. Ni le deuxième étage.

Et pourtant, Kharkiv a eu sa nuit.

Alors voici où je me tiens. Du côté de cette cage d'escalier de Saltivka. Contre la décision du commandement russe de frapper de nuit les quartiers d'habitation de Kharkiv. Parce que le 28 septembre, vers 4 h, une de ces frappes a détruit deux étages d'un immeuble de neuf et blessé 43 personnes, dont 11 enfants, selon le parquet régional.

Pas contre un peuple. Contre une décision, et contre ceux qui la signent « jusqu'au bout ».

Moscou publie sa liste. Saltivka compte ses blessés.

Des enfants de trois à quinze ans

Les âges, un par un

À 8 h 20, selon Suspilne, le parquet régional comptait neuf enfants parmi les blessés, de trois à quinze ans.

Le gouverneur Oleh Synegubov, lui, avait donné les âges un par un.

Il y a une fillette de trois ans.

Il y a une fille de sept ans.

Il y a un garçon de neuf ans.

Il y a deux garçons de dix ans.

Il y a une adolescente de quinze ans.

Ceux-là ont été soignés sur place, selon lui. Un garçon de huit ans et un enfant de douze ans ont été hospitalisés.

Le verre, puis la commotion

Ces deux-là ont été blessés par des éclats de verre, a précisé à Suspilne la porte-parole de l'administration régionale, Anna Hontar. Une fille de quatorze ans a subi une commotion. Hospitalisée, elle aussi.

Le verre. Dans un immeuble frappé la nuit, il finit le travail. Il traverse les chambres. Il entre dans les draps.

Aucun de ces enfants n'est mort. On l'écrit. On n'arrive pas à s'en réjouir tout à fait.

Le verre ne fait pas la différence entre les âges.

La veille, un mot

Dimanche soir, sur la chaîne du président

Dimanche soir, le 27 septembre, Volodymyr Zelensky publie un message sur sa chaîne officielle.

Depuis la veille, écrit-il, la Russie a lancé 277 drones d'attaque, dont 155 à réaction. À Kyiv seulement, deux jardins d'enfants et deux écoles ont été touchés. Un immeuble d'habitation aussi.

Puis cette phrase. Si la Russie préparait vraiment une désescalade, comme elle le dit notamment aux négociateurs américains, il n'y aurait pas « cette vague de terreur des Shahed ».

Le mot qu'on ne répète pas

Il en ajoute une plus dure. Partout dans le monde, écrit-il, un tel choix de cibles porterait un seul nom.

Je ne l'écrirai pas. Chacun l'a entendu.

Le président, lui, parle de terreur. Le mot est lourd. Il est le sien.

La Russie sait envoyer des signaux rassurants, poursuit le président, pour retarder les réponses fermes du monde.

Dimanche soir, des signaux. Lundi, 4 h, Saltivka.

Moins de huit heures séparent le message de la bombe. Deux étages d'un immeuble de neuf cessaient alors d'être habitables.

La veille, un mot. Le lendemain, deux étages.

Trois noms pour une arme

Bombe guidée, Bandérole ou UMPB-5

Il faut maintenant écrire ce qui dérange notre camp.

Personne, à Kharkiv, ne nomme l'arme de la même façon. Le maire et le gouverneur parlent d'une bombe aérienne guidée. Bohdan Hladkykh, directeur du département municipal des situations d'urgence, a dit à Suspilne que c'était une « Bandérole ». Le parquet évoque, en version préliminaire, une munition de type UMPB-5.

Le maire lui-même, devant les journalistes, disait qu'on vérifiait encore : bombe guidée ou Bandérole.

Trois services. Trois noms. Une seule façade.

Qui a raison sur le nom ?

Des chiffres qui bougent

Les chiffres bougent aussi. Trente-cinq blessés pour le maire avant 11 h. Quarante-trois pour le parquet en début d'après-midi. Ce sont les chiffres d'un pays en guerre, publiés par ses propres institutions. Je les rapporte comme les leurs.

Le même lundi, des drones ukrainiens ont frappé un dépôt pétrolier dans la région russe de Krasnodar, selon des sources locales citées par Al Jazeera. L'argument de la symétrie est à portée de main.

C'est vrai. Et cela ne change pas ceci : aucune de ces versions ne déplace le deuxième étage.

Un dépôt de carburant n'a pas de chambres d'enfants.

Trois noms pour l'arme, un seul pour l'étage.

Trente-deux personnes, une entrée

Ce que les secouristes ont sorti

Selon Bohdan Hladkykh, les secouristes du Service d'urgence de l'État ont sorti 32 personnes de l'entrée frappée.

Trente-deux. Par une seule cage d'escalier.

Tous les appartements de cette entrée sont endommagés, dit-il. Autour, 18 bâtiments ont été touchés, selon le maire.

C'est ici que la cage d'escalier change de sens. La nuit, elle mène aux lits. Ce matin-là, elle ne mène plus que dehors.

Le verre et la fumée

Une résidente de l'entrée a raconté à Suspilne ce qu'elle a entendu. Rien. Pas d'explosion. Seulement ceci : « Des éclats de verre sont tombés, et une colonne de fumée se dressait. »

Ses enfants dormaient dans une autre pièce. Elle et son mari se sont faufilés jusqu'à eux, les ont attrapés, et sont sortis.

Un voisin, dont les enfants vivent dans l'immeuble frappé, dit n'avoir pas entendu l'alerte. Seulement l'impact. Les fenêtres de l'appartement se sont ouvertes d'un coup. Les enfants n'ont pas trop eu peur, dit-il. C'est lui qui s'est mis à trembler.

Et pourtant, tout le monde est sorti vivant de cette cage.

On en sort comme on peut. La main contre le mur. Le verre qui craque sous les semelles. Un enfant contre soi, dans le noir.

Trente-deux. Une cage. Un seul chemin.

Trente-deux personnes sont sorties par une seule porte.

Une ville près du front

Le militaire, selon Moscou

La défense de Moscou mérite d'être posée en entier, et forte.

Kharkiv est une grande ville proche du front. Une armée en guerre y a forcément des hommes, des dépôts, des ateliers. Le ministère russe affirme ne frapper que des sites liés au militaire. Et personne n'est mort à Saltivka : la preuve, plaiderait un porte-parole, d'une munition précise.

C'est l'argument le plus solide qu'on puisse lui prêter. Il faut des preuves pour y répondre.

Le 9 août, déjà Saltivka

La première preuve est une absence. Dans le résumé que l'Associated Press fait de sa liste du jour, le ministère russe ne revendique pas Kharkiv. Une frappe précise sur un site militaire se revendique. Celle-ci n'a rien montré.

La deuxième tient en trois mots officiels. Immeuble résidentiel, pour le parquet. Deuxième étage, pour le gouverneur. Entrée détruite, pour le maire.

La troisième est une habitude. Selon Glavcom, une bombe guidée avait frappé une tour du même district le 9 août, avec des morts. Dans la nuit du 26 septembre, des drones visaient déjà Kyivskyi et Saltivskyi : quatre blessés.

Au moins trois nuits sur le même quartier en sept semaines. Tout indique qu'il ne s'agit pas d'une erreur de visée.

Qu'est-ce qu'une munition précise vient chercher au deuxième étage d'une tour, à 4 h ?

Près du front, on dort quand même au deuxième étage.

Oleksandr, treize ans

Katerynivka, le 21 septembre

Il y a pourtant quelqu'un qui manque, dans la région de Kharkiv, cette semaine-là.

Le 21 septembre, une frappe russe touche le village de Katerynivka, dans la communauté de Lozova. Une mère y meurt. Son fils, Oleksandr, est hospitalisé.

Il a environ 60 % du corps brûlé, dont 20 % de brûlures critiques et profondes, selon le maire de Lozova cité par Suspilne.

Une frappe. Une maison. Une mère. Un fils.

Les médecins se battent. Le village attend.

Le 27 septembre, à Lozova

Le 27 septembre, le maire de Lozova, Serhiy Zelenskyi, annonce sa mort. Oleksandr Tsiatska avait treize ans.

Les médecins ont lutté jusqu'au dernier souffle, écrit-il.

Selon la porte-parole du conseil municipal, citée par Suspilne, il laisse un père et deux sœurs.

Treize ans.

Voilà le fantôme de ce texte. Il n'était pas sous les décombres de Saltivka. Il était dans un lit d'hôpital, depuis le 21 septembre, pendant que Moscou promettait d'aller jusqu'au bout.

Soixante pour cent, et une mère partie la première.

La matinée continue

Chevtchenkivskyi, puis Industrialnyi

Kharkiv n'a pas le temps de s'arrêter sur Saltivka.

Un peu après 7 h, le maire signale un drone qui a frappé le district de Chevtchenkivskyi. L'après-midi, une frappe sur une infrastructure du district Industrialnyi. Plus tard, un drone tombé dans Kyivskyi, sans conséquence.

Le maire écrit. Il corrige. Il recompte. Il écrit de nouveau.

Une ville près du front vit ainsi. On compte en quartiers. Saltivka à l'aube. Chevtchenkivskyi au déjeuner. Industrialnyi l'après-midi.

La semaine du président

Sur la semaine, Zelensky compte plus de 2 200 drones d'attaque, 1 630 bombes aériennes et 38 missiles lancés contre l'Ukraine, selon Al Jazeera.

Mille six cent trente bombes. Une seule a frappé le deuxième étage de Saltivka.

Et pourtant, c'est celle-là qu'il faut regarder. Un chiffre de semaine ne se loge dans aucun corps. Une bombe, si.

Kharkiv compte en quartiers, jamais en communiqués.

Zéro mort, une ligne

Le titre du lundi

Lundi, Al Jazeera titrait sur huit morts et des dizaines de blessés à travers l'Ukraine. Kharkiv venait dans le texte, avec son immeuble et ses enfants.

C'est ainsi qu'on fait les titres. Un mort pèse plus qu'un blessé. Personne ne l'a décidé. Tout le monde le pratique.

Zéro mort, c'est une ligne dans un fil. Zéro mort, c'est une photo de moins. Zéro mort, c'est un quartier qu'on oublie avant midi.

Un soulagement à surveiller

J'avoue ceci. En lisant « personne sous les décombres », j'ai ressenti du soulagement. Un vrai. Puis je me suis demandé à qui il servait.

Il sert à tourner la page. Il sert à ne plus demander pourquoi une munition frappe un deuxième étage à 4 h. Il sert à Moscou, qui n'aura pas de mort à expliquer.

Autrement dit, le soulagement a un usage. Il ne doit pas devenir un classement.

Zéro mort n'a jamais voulu dire zéro frappe.

Deux familles cherchent un toit

Une demande de relogement

Vers 9 h, Bohdan Hladkykh disait à Suspilne que deux familles avaient déjà demandé de l'aide pour être relogées.

Deux familles, avant même la fin des recherches.

Une des résidentes de l'entrée avait été évacuée de Kramatorsk vers Kharkiv avec sa famille, il y a un an et demi, selon Suspilne.

Kramatorsk, puis Saltivka

Évacuée une fois. Réveillée par le verre ensuite.

Une porte. Un palier. Une clé qui n'ouvre plus rien d'habitable.

Le front a une façon de rattraper ceux qu'on en a éloignés. Il ne marche pas. Il vole.

On connaît la suite ordinaire d'une nuit pareille. Les papiers dans un sac. Le carton sur la fenêtre. L'air froid qui passe par le cadre, la nuit suivante, parce que l'automne est commencé.

Deux familles avant midi. Et quand le froid s'installera dans les appartements sans vitres…

Deux familles de moins dans l'entrée, et l'hiver devant.

Un deuxième étage n'est pas militaire

Ce que la bombe a trouvé

Le ministère russe dit viser le militaire. Sa liste du jour, telle que l'Associated Press la résume, ne dit rien de Kharkiv.

La bombe de 4 h a trouvé un deuxième étage.

Elle a trouvé quarante-trois blessés. Elle a trouvé onze enfants. Elle a trouvé trente-deux personnes à faire sortir par une seule cage. Elle a trouvé deux familles à reloger.

Aucun site militaire revendiqué. Des lits.

Il n'existe pas d'autre version de ce deuxième étage.

La loi Lindsey Graham, écrit Zelensky, peut beaucoup changer si Washington l'applique en entier : l'avoir signée était un bon coup, l'appliquer en serait un second.

Une cage d'escalier à tenir

De quoi cette cage d'escalier de Saltivka a-t-elle besoin, de notre part, pour ne pas redevenir une cible le mois prochain ?

Lundi, les services municipaux et les secouristes dégageaient encore les débris, selon le maire.

Parmi les photos de Suspilne, il y a le chat d'une famille de l'entrée, après la frappe.

La cage d'escalier ne se compte plus en portes. Elle se compte en familles parties.

Militaire, dit Moscou. Neuf étages, onze enfants, répond Saltivka.

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). RÉCIT : Moscou dit ne viser que le militaire, sa bombe frappe le deuxième étage d'un immeuble de Saltivka. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/recit-moscou-dit-ne-viser-que-le-militaire-sa-bombe-frappe-le-deuxieme-etage

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