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La ChroniqueCommentaire· N° 7757

COMMENTAIRE : Moscou frappe Kyivstar trois fois en septembre, et vise le téléphone qui prévient

Kyivstar, le premier opérateur mobile d'Ukraine, a été frappé trois fois en septembre : le bureau de son équipe d'ingénieurs à Kyiv le 11, un bâtiment abritant ses équipements dans la région de Kyiv le 17, puis son siège social le 27, selon le média spécialisé AIN.

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  1. Kyivstar, le premier opérateur mobile d'Ukraine, a été frappé trois fois en septembre : le bureau de son équipe d'ingénieurs à Kyiv le 11, un bâtiment abritant ses équipements dans la région de Kyiv le 17, puis son siège social le 27, selon le média spécialisé AIN.
  2. Trois adresses d'un même opérateur
  3. Kyivstar , le premier opérateur mobile d'Ukraine, a été frappé trois fois en septembre : le bureau de son équipe d'ingénieurs à Kyiv le 11 , un bâtiment abritant ses équipements dans la région de Kyiv le 17 , puis son siège social le 27 , selon le média spécialisé AIN.
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Le 11, le 17, le 27

Trois adresses d'un même opérateur

Kyivstar, le premier opérateur mobile d'Ukraine, a été frappé trois fois en septembre : le bureau de son équipe d'ingénieurs à Kyiv le 11, un bâtiment abritant ses équipements dans la région de Kyiv le 17, puis son siège social le 27, selon le média spécialisé AIN.

Le 11, un bureau d'ingénieurs.

Le 17, une salle d'équipements.

Le 27, le siège.

La liste est courte. Elle monte d'un étage à chaque fois.

Un bureau, une salle, un siège. Tout indique que ce n'est pas un hasard de trajectoire.

Le téléphone dans la poche

Au bout de cette liste, il y a un objet que tout le monde a sur soi. Un téléphone. Et sur l'écran, une notification.

C'est l'unité de ce texte : l'alerte qui s'allume dans le noir. Celle qui dit de descendre à l'abri. Celle qu'on attend sans l'attendre.

La nuit, dans une chambre de Kyiv, c'est elle qui réveille. Pas l'explosion. L'écran, d'abord.

Un écran qui s'allume. Un pouce qui déverrouille. Une carte rouge. On se lève.

Avant la sirène, il y a le réseau.

Le siège, dimanche

Un drone à réaction

Le dimanche 27 septembre, la Russie frappe le siège de Kyivstar à Kyiv, rapporte l'agence Reuters. Une photo de l'agence montre la fumée au-dessus du bâtiment, après une frappe de drone russe à réaction.

L'entreprise dit qu'il n'y a pas de victimes.

« Tous les employés sont en sécurité », écrit son service de presse, cité par Ukrainska Pravda. L'entreprise évalue les dégâts et coordonne la suite.

Selon AIN, les spécialistes de l'entreprise évaluent les conséquences et coordonnent les mesures pour stabiliser le travail.

Stabiliser. Le mot d'une entreprise qui a appris à travailler sous les drones.

Seize jours

Trois frappes en seize jours sur le même opérateur.

Ce n'est plus une coïncidence de trajectoire. C'est une adresse que Moscou revient chercher, et qu'il revendique.

Le même jour, le ministère russe de la Défense affirme avoir frappé un centre de données de Vodafone Ukraine, le deuxième opérateur du pays, selon Reuters. Vodafone Ukraine n'a pas répondu à l'agence.

Seize jours, trois adresses, un seul abonné visé : tout le monde.

Ce que Moscou revendique

Des centres de données au service de l'armée

Le ministère russe ne cache pas la cible. Il dit l'avoir choisie.

Revendiquer, c'est assumer. Le ministère assume la cible. Il n'apporte pas la preuve.

Le ministère affirme avoir bombardé un centre de données de Kyivstar à Kyiv, selon Al Jazeera. Le ministère affirme avoir frappé un autre centre, celui d'Omega Telecom. Le ministère affirme que ces entreprises fournissaient des services à l'armée ukrainienne.

Le 23 septembre déjà, il revendiquait deux centres de données de Kyiv, New-Telco et United DC, en affirmant qu'ils servaient le ministère ukrainien de la Défense et les services de sécurité, écrit le Kyiv Independent. Ces affirmations n'ont pas pu être vérifiées de façon indépendante.

La décision

Voici donc mon parti. Je suis du côté des abonnés de Kyivstar, et de tous ceux qui attendent une alerte sur leur téléphone. Contre la décision du commandement russe de frapper, un à un, les opérateurs qui relient Kyiv au reste du pays. Parce que le 27 septembre, un drone a frappé le siège du premier opérateur mobile d'Ukraine, pour la troisième fois ce mois-ci.

Pas contre un peuple. Contre une liste de cibles, signée par un ministère.

Moscou nomme l'armée. Le réseau porte d'abord des civils.

L'alerte passe par là

Ce que dit Sybiha

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a répondu à Moscou après les frappes du 23 septembre, selon le Kyiv Independent.

La Russie vise les grands centres de données pour perturber la circulation de l'information, dit-il. Or les alertes rapides aux missiles et aux drones sont essentielles. « Elles sauvent des vies. »

C'est une infrastructure civile critique, ajoute-t-il. Pas une cible militaire. Elle est indispensable au fonctionnement de la vie quotidienne.

Il accuse Moscou, faute d'atteindre ses objectifs sur le champ de bataille, de chercher d'autres moyens de déstabiliser la vie en Ukraine et d'y semer la peur.

Un seul argument

Je n'en retiens qu'un, parce qu'il suffit.

Un opérateur mobile, en guerre, ce n'est pas seulement des appels et des vidéos. C'est le canal par lequel une ville apprend qu'il faut descendre à l'abri.

Frapper l'opérateur, c'est viser le temps entre l'alerte et l'impact. Ce temps-là se compte en secondes. Parfois en minutes. Jamais en heures.

Le même dimanche, Zelensky compte 277 drones d'attaque lancés depuis la veille, dont 155 à réaction. Un drone à réaction va plus vite. Il laisse moins de temps.

Moins de temps pour voler. Moins de temps pour prévenir. Moins de temps pour descendre à l'abri.

Une alerte qui arrive trente secondes trop tard n'est plus une alerte. C'est un souvenir.

Couper l'alerte, c'est allonger la distance jusqu'à l'abri.

Cent mille foyers

Le 23 septembre

Kyivstar n'est pas seul.

Après l'attaque du 23 septembre, environ 100 000 foyers de Kyiv et de sa région ont eu des problèmes d'internet, selon le ministère ukrainien de la Transformation numérique. Ses spécialistes évaluaient les dégâts et réparaient le réseau.

Le 24 septembre, les pannes continuent, écrit le Kyiv Independent.

Une liste d'opérateurs

Il y a UTELS, dont un centre de données est privé de courant.

Il y a Pavutyna, dont un centre est touché.

Il y a Crazy Network, dont un échange central de trafic est endommagé, avec des perturbations jusque dans les régions de Vinnytsia et de Khmelnytskyi.

Il y a Etherlink, qui doit déplacer le cœur de son réseau.

Il y a MiroHost, dont le centre de données en Ukraine est détruit.

Il y a CityHost, qui perd du matériel.

Anatolii Frolenkov, du point d'échange internet 1-IX, parle au Kyiv Independent du début d'une nouvelle phase : « Depuis septembre, ils ont commencé à le démanteler systématiquement. »

Six noms d'entreprises en deux jours. Pour l'abonné, un seul symptôme : l'écran qui tourne sans charger.

Une roue qui tourne. Un message qui ne part pas. Un appel qui coupe.

Cent mille fois.

Cent mille foyers, et autant de téléphones muets.

Trois opérateurs en un week-end

Vodafone, Omega, Kyivstar

Mettez les revendications bout à bout.

Un centre de données de Vodafone Ukraine, selon le ministère russe cité par Reuters. Un centre d'Omega Telecom et un centre de Kyivstar, selon le même ministère cité par Al Jazeera. Le siège de Kyivstar, selon l'entreprise elle-même.

Le média AIN, le 28 septembre, fait aussi état d'un nœud d'Omega Telecom détruit lors des attaques des 27 et 28 septembre.

La carte des abonnés

Un opérateur, pour un Ukrainien, ce n'est pas une marque. C'est le numéro de sa mère. Le groupe de discussion de l'immeuble. L'application qui sonne quand un missile décolle.

Trois opérateurs en un week-end, c'est une bonne partie du pays qui se demande, en regardant ses barres de réseau, si le sien sera le prochain.

Vodafone Ukraine n'a pas répondu. Kyivstar a parlé de ses employés. Omega Telecom, dans ce dossier, n'a pas de déclaration.

Moscou ne frappe pas un réseau. Il frappe l'idée qu'un réseau tient.

Dans chaque poche, la même inquiétude.

New-Telco et United DC

L'argument du ministère, en entier

La défense de Moscou mérite d'être posée dans sa forme la plus forte.

Une armée moderne passe par les réseaux civils. Des soldats ont des téléphones. Des services de l'État stockent leurs données dans des centres privés. Un centre de données qui sert un ministère de la Défense devient, dirait le ministère russe, un objectif militaire. Et Kyiv ne publie pas la liste des clients de ses serveurs.

Voilà ce qu'un porte-parole signerait. Il faut des faits pour y répondre, pas des adjectifs.

Les faits qui répondent

Rien de ces affirmations n'a pu être vérifié, écrit le Kyiv Independent. Une revendication n'est pas une preuve.

Le 27 septembre, ce que Kyivstar dit avoir perdu, c'est son siège, un immeuble de bureaux. Le 11, c'était le bureau de ses ingénieurs.

Et le président Zelensky écrit, le soir du 27, que des installations de communication ont été touchées à Kyiv, avec deux jardins d'enfants et deux écoles. Il n'y voit aucun objectif militaire, seulement une tentative de briser les gens.

Un réseau dont dépendent l'alerte, l'hôpital et l'école ne devient pas une caserne parce qu'un soldat y a un forfait.

Un forfait de soldat ne fait pas d'une antenne une caserne.

Le réseau a tenu

Des pannes dispersées

Il faut écrire aussi ce qui dérange notre camp.

Le réseau n'est pas tombé. Le 17 septembre, après la frappe sur son bâtiment d'équipements, Kyivstar disait que les services aux abonnés n'étaient pas touchés, selon LB.ua.

Les frappes causent des pannes importantes mais dispersées, pas une coupure nationale, écrit le Kyiv Independent.

« Internet ne disparaîtra pas complètement », dit Frolenkov. Il y aura des pannes. Il y aura des lenteurs. Il y aura des opérateurs coupés quelques heures.

Ce que l'alarme ne doit pas dire

Le fondateur de MiroHost précise que 90 à 95 % de ses clients utilisent une infrastructure hors d'Ukraine, et n'ont rien senti, selon le Kyiv Independent.

C'est vrai. Et cela ne change pas ceci : un réseau qui tient à force de sauvegardes coûteuses reste un réseau qu'on attaque, et chaque sauvegarde détruite rapproche la panne qui compte.

Et pourtant, la tentation est grande d'écrire que l'Ukraine va s'éteindre. Elle ne s'éteint pas. Elle clignote.

Le réseau clignote. Il ne s'éteint pas.

Deux fois le même matin

Un centre de données, deux frappes

Le dimanche 27 septembre au matin, un centre de données de Kyiv est frappé deux fois, selon le président Zelensky cité par Reuters.

Deux enfants et un adulte sont blessés.

Deux fois. Le même bâtiment. Le même matin.

Qui se trouvait sur le trottoir entre la première et la seconde frappe ?

Le mot infrastructure

Deux jours plus tôt, le 25 septembre, après l'impact d'un drone sur un immeuble de bureaux de Solomianskyi où un centre de données de Datagroup a été endommagé, le maire Vitali Klitschko confirmait quatre morts, selon le Kyiv Post.

On dit « infrastructure ». Le mot ne saigne pas. Les gens autour, si.

Un centre de données, c'est un bâtiment dans une rue. Il y a un trottoir devant. Un arrêt d'autobus pas loin. Des fenêtres d'appartements en face.

Deux enfants blessés près d'un centre de données un dimanche matin. Personne ne leur a demandé chez quel opérateur ils étaient abonnés.

Le téléphone ne protège de rien. Il donne seulement quelques secondes. En guerre, quelques secondes, c'est un escalier.

Derrière chaque serveur, il y a une rue.

Le 2 juillet, un premier avertissement

Un centre clé, déjà

Rien de tout cela n'est arrivé sans prévenir.

Le 2 juillet, une attaque russe avait déjà endommagé un centre de données clé de Kyiv, perturbant plusieurs fournisseurs, rappelle le Kyiv Independent.

Puis l'été. Puis le 11 septembre. Puis le 17. Puis le 23 et le 24. Puis le 25. Puis le 27.

Le 23 septembre, un immeuble de bureaux de Solomianskyi, qui abritait un centre de données et des nœuds de communication desservant Kyiv, a été endommagé par un drone russe à réaction Geran-5, selon la légende d'une photo publiée par le Kyiv Independent.

Une cadence

Le 11 septembre, le jour de la première frappe contre Kyivstar, les attaques russes touchaient aussi les régions de Kyiv, de Kirovohrad, de Dnipro, d'Odessa, de Donetsk, de Kherson, de Kharkiv et de Mykolaïv, selon LB.ua.

Le réseau n'est pas une cible parmi d'autres. Il devient une cible qui revient.

Frolenkov le dit à sa manière : les attaques contre les communications ne sont pas nouvelles, mais l'escalade contre les centres de données et les nœuds marque un changement d'intensité.

Juillet prévenait. Septembre confirme.

Ce qui vient avec l'hiver

Le pire scénario

Je vois venir la suite, et je ne suis pas le seul.

Le premier ministre ukrainien, Serhiy Koretskyi, dit qu'il faut partir du pire scénario, rapporte AIN. Selon lui, la menace sur les centres de données durera jusqu'à la fin de la guerre. Pour les protéger, le gouvernement combinera abris souterrains, nuage informatique et sites à l'étranger.

Jusqu'à la fin de la guerre. Le mot n'a pas de date.

L'hiver et le silence

L'hiver, les coupures d'électricité guettent. Une antenne sans courant tient sur batterie, puis s'éteint.

Une ville sans réseau, en janvier, la nuit, quand le ciel…

Sans électricité, sans réseau, l'alerte ne passe plus que par la sirène de quartier. Et la sirène, on ne l'entend pas toujours depuis une chambre au fond d'un couloir.

Ce n'est pas une prédiction. C'est une addition : l'hiver, plus le réseau, plus les frappes.

Un abri souterrain pour les serveurs. Un nuage pour les données. Un site à l'étranger pour le cœur du réseau. Le gouvernement prépare les trois.

Et les abonnés ? Ils gardent leur téléphone chargé. Ils gardent une lampe près du lit. Ils gardent l'oreille tendue vers la rue.

L'hiver fera le reste, si le réseau cède.

Une notification à trois heures

La chambre au fond du couloir

Il y a, cette nuit, dans une tour de Kyiv, un téléphone posé sur une table de chevet.

Une alerte, c'est une vibration contre le bois. Une alerte, c'est une lumière bleue au plafond. Une alerte, c'est une famille dans l'escalier, un enfant dans les bras.

C'est tout ce que fait une alerte. C'est énorme.

Des parents dorment avec le téléphone sous l'oreiller. Des adolescents ont appris à reconnaître la vibration d'une alerte parmi toutes les autres. Des grands-parents gardent un chargeur branché près du lit, toute la nuit.

D'une ville sans sirène

J'écris d'une ville où mon téléphone ne m'annonce que des courriels.

J'avoue que je n'avais jamais pensé à l'opérateur comme à une ligne de défense. Je le payais chaque mois sans y penser, comme on paie l'eau.

À Kyiv, on le paie aussi. Et on compte sur lui pour se réveiller à temps.

Une lumière bleue au plafond, et une famille qui se lève.

Le prix des doubles

Dupliquer, disperser, exporter

Les opérateurs savent se défendre, dit Frolenkov. Dupliquer le matériel. Garder des routes de secours. Disperser l'infrastructure, jusqu'à l'étranger.

Mais cette stratégie coûte cher, ajoute-t-il, et beaucoup de fournisseurs n'ont pas assez de sauvegardes. Ils deviennent plus vulnérables quand leur matériel est détruit.

Ça coûte de dupliquer. Ça coûte de disperser. Ça coûte de tout reconstruire après chaque nuit.

Qui paie la batterie de secours d'une antenne de quartier ?

La 5G attendra

Kyivstar ne prévoit pas de lancement massif de la 5G en Ukraine avant la fin de la guerre, rapportait AIN en août.

Un pays qui reconstruit ses antennes sous les drones ne modernise pas. Il répare. Il double. Il cache.

La 5G, ailleurs, c'est de la vitesse. À Kyiv, la vitesse qui compte est celle d'une notification.

Et pourtant, il tient. Chaque nuit, les notifications arrivent.

Chaque serveur doublé est une facture de guerre de plus.

La ligne de front invisible

Ce que la liste annonce

Le 11, un bureau d'ingénieurs. Le 17, une salle d'équipements. Le 27, un siège. Entre les deux, cent mille foyers sans internet et un centre de données frappé deux fois.

Le ministère russe appelle cela des cibles militaires. Il n'en a démontré aucune de façon vérifiable.

Une liste. Des dates. Des adresses. Et une seule constante : chaque frappe éloigne un peu plus l'alerte de ceux qui l'attendent.

Et pourtant, la liste continue de s'allonger.

Chez nous, on parle beaucoup de missiles et d'intercepteurs. On parle peu d'antennes, de serveurs, de batteries de secours.

L'antenne et l'intercepteur

À quel moment une antenne de quartier deviendra-t-elle, pour Ottawa et ses alliés, une pièce du bouclier aérien de Kyiv ?

Un intercepteur arrête un drone. Une antenne réveille une famille.

Les deux font partie du même bouclier.

Trois frappes en seize jours, et le téléphone prévient quand même.

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). COMMENTAIRE : Moscou frappe Kyivstar trois fois en septembre, et vise le téléphone qui prévient. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/commentaire-moscou-frappe-kyivstar-trois-fois-en-septembre-et-vise-le-telephone-qui

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