REPORTAGE : À Soumy, les bombes du Kremlin brisent le refuge des enfants victimes de violence
Au Barnahus de Soumy, le conseil régional avait prévu des jouets, des bonbons et du thé à son ouverture, en décembre 2023; le dimanche 27 septembre, des bombes guidées russes en ont brisé les fenêtres et les portes, selon le commissaire aux droits de la personne, Dmytro Lubinets.
- Au Barnahus de Soumy, le conseil régional avait prévu des jouets, des bonbons et du thé à son ouverture, en décembre 2023; le dimanche 27 septembre, des bombes guidées russes en ont brisé les fenêtres et les portes, selon le commissaire aux droits de la personne, Dmytro Lubinets.
- Des jouets, des bonbons, du thé
- Au Barnahus de Soumy, le conseil régional avait prévu des jouets, des bonbons et du thé à son ouverture, en décembre 2023 ; le dimanche 27 septembre , des bombes guidées russes en ont brisé les fenêtres et les portes, selon le commissaire aux droits de la personne, Dmytro Lubinets.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Des jouets, des bonbons, du thé
Décembre 2023
Au Barnahus de Soumy, le conseil régional avait prévu des jouets, des bonbons et du thé à son ouverture, en décembre 2023; le dimanche 27 septembre, des bombes guidées russes en ont brisé les fenêtres et les portes, selon le commissaire aux droits de la personne, Dmytro Lubinets.
Des jouets. Des bonbons. Du thé.
C'est l'inventaire d'une salle d'accueil pour enfants. Rien de rare. Rien de coûteux. Juste ce qu'il faut pour qu'un enfant accepte de s'asseoir.
C'est l'objet de ce texte : un jouet posé sur une étagère, dans une pièce où un enfant vient dire la violence qu'il a subie.
Dimanche 27 septembre
Dimanche, selon Lubinets, les fenêtres ont éclaté. Les portes aussi. Le matériel et l'inventaire ont été endommagés.
L'inventaire. Le mot administratif pour ce qu'il y avait sur les étagères.
On ne sait pas ce qu'il reste des jouets. Aucun message officiel ne le dit.
Un jouet dans une salle d'audition, ça sert à tenir quelque chose dans les mains pendant qu'on parle. Une peluche qu'on serre. Une voiture qu'on fait rouler sur la table. Le bruit de roues minuscules pendant que l'adulte attend la phrase suivante.
C'est ce geste-là qui était sur les étagères.
Là où l'on servait du thé, le verre est tombé.
Une salle pour parler
Le dixième en Ukraine
Soumy est devenue en décembre 2023 la dixième région d'Ukraine à ouvrir un tel centre, selon le conseil régional.
Le modèle s'appelle Barnahus. Il vient d'Islande, où il a été conçu il y a une vingtaine d'années, selon le Service social national d'Ukraine.
Le principe tient en une ligne. Réunir en un seul lieu les services sociaux, médicaux et judiciaires. Pour que l'enfant déjà blessé ne soit pas blessé de nouveau par les démarches.
Un seul lieu. Une seule porte à pousser.
Le centre reçoit les enfants victimes de violence, et ceux qui en ont été témoins, selon le conseil régional.
Un enfant qui a reçu les coups. Un enfant qui les a vus. Un enfant qui les a entendus à travers un mur. Un enfant qui a vu la guerre de trop près. Un enfant qui ne dit plus rien.
Tous passent par la même porte.
Des pièces pour souffler
Le centre de Soumy comptait des salles de décompression psychologique, une salle de travail individuel avec l'enfant, une salle de repos, une cuisine.
Une salle de repos. Dans une ville où les bombes guidées tombent en plein après-midi.
À l'ouverture, le chef du conseil régional, Viktor Fedorchenko, disait que les enfants doivent être protégés en toutes circonstances, surtout pendant la guerre. Après presque deux ans d'invasion à grande échelle, ajoutait-il, les crimes violents dont des enfants sont témoins ou victimes se multiplient.
La région comptait alors plus de 156 000 enfants. Environ 800 par an y subissent des violences, selon le conseil.
Tout sous un même toit, pour qu'un enfant souffre moins.
Trois bombes vers 15 h
Le centre de Soumy
Dimanche, vers 15 h, des bombes aériennes guidées russes frappent Soumy, selon le maire par intérim, Artem Kobzar, cité par Interfax-Ukraine.
Le gouverneur Oleh Hryhorov en compte trois. L'une tombe près du bâtiment du centre de soutien aux familles et aux enfants. Le bâtiment est endommagé.
Le ministre de la Politique sociale, Denys Uliutin, précise ce qui a été touché. Le centre régional de soutien social aux enfants et aux familles. Et le Barnahus. En plein centre de Soumy.
Personne à l'intérieur
Au moment de l'impact, aucun visiteur ne se trouvait dans le bâtiment, dit le gouverneur. Aucun enfant, dit le ministre.
C'était un dimanche. Les salles étaient vides.
Et pourtant, dehors, la ville ne l'était pas.
Deux personnes meurent près du centre. Une femme âgée. Une adolescente de 16 ans. Cinq autres sont blessées, dont un enfant de 12 ans, selon le maire par intérim. Tous reçoivent des soins, dit le gouverneur.
Trois bombes. Une seule adresse nommée par les autorités : celle des enfants.
Trois bombes, et la salle des enfants détruite.
Le ministère russe et Soumy
Des sites liés au militaire
Le ministère russe de la Défense affirme ne viser que des sites liés au militaire. L'Associated Press le rappelle le lendemain, en rendant compte d'une nouvelle nuit de frappes.
Ce dimanche-là, le ministère revendique des centres de données à Kyiv, selon l'agence. Il affirme qu'ils fournissaient internet aux forces armées ukrainiennes.
De Soumy, dans ce que l'agence rapporte, pas un mot.
Pas de Barnahus. Pas de centre social. Pas une ligne pour une adolescente de 16 ans.
Un dimanche, en plein centre
Voici donc de quel côté je suis. Du côté des enfants que ce Barnahus accueillait, et de ceux qui les y recevaient. Contre la décision du commandement russe de larguer des bombes guidées sur le centre de Soumy un dimanche après-midi. Parce que le 27 septembre, trois de ces bombes ont coûté la vie à une adolescente de 16 ans et à une femme âgée, et détruit un lieu créé pour les enfants victimes de violence.
Contre une décision. Jamais contre un peuple.
Moscou parle de cibles. Soumy parle de portes.
La veille, des jardins d'enfants
Le 26 septembre
Soumy n'a pas découvert les bombes guidées ce dimanche.
La veille, le samedi 26 septembre, des frappes russes sur la ville font deux morts et 23 blessés, dont quatre enfants, selon le gouverneur cité par le Kyiv Independent.
Les frappes ont touché plusieurs endroits de la communauté de Soumy, dit le gouverneur. Des immeubles d'habitation, des bâtiments administratifs, plus de vingt véhicules sont endommagés. Et des jardins d'enfants.
Quatorze ans, huit ans, onze mois
Trois enfants sont hospitalisés, écrit le Kyiv Independent. Une fille de quatorze ans. Une fille de huit ans. Un bébé de onze mois.
Onze mois. L'âge où l'on se tient à peine debout, en s'accrochant au bord d'une table.
Samedi, les jardins d'enfants. Dimanche, le centre pour enfants.
Deux jours de suite, le même mot revient dans les bilans de Soumy. Enfants.
Ce samedi-là, selon le Kyiv Independent, l'armée russe lance aussi 173 drones de type Shahed contre l'Ukraine, dont 50 à réaction. La défense en arrête 134.
Deux jours, deux lieux d'enfance, une même ville.
Le même dimanche, ailleurs
Kyiv, deux écoles et deux jardins d'enfants
Soumy n'est pas seule, ce dimanche-là.
À Kyiv, écrit le président Zelensky le soir même, des drones russes à réaction ont touché deux jardins d'enfants et deux écoles. Il compte, depuis la veille, 277 drones lancés contre l'Ukraine.
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Lubinets le résume en une ligne : la Russie attaque Soumy, Kyiv, la région de Kyiv.
Huit morts dans le pays
Ce dimanche, huit personnes meurent sous les frappes russes à travers l'Ukraine, selon le décompte d'Al Jazeera. Trois dans la région de Zaporijjia. Un homme à Kyiv. Une personne dans la région d'Odessa. Les autres à Soumy.
Des écoles à Kyiv. Des jardins d'enfants à Soumy la veille. Un Barnahus le dimanche.
La carte d'un week-end de guerre finit par ressembler à un annuaire des lieux d'enfance.
Écoles, garderies, refuge : l'enfance fait la liste.
Deux morts ou trois
Le gouverneur et le ministre
Il faut écrire ici ce qui ne sert pas notre récit.
Les chiffres ne concordent pas.
Deux morts pour le gouverneur de Soumy. Deux morts pour l'Associated Press, qui le cite. Trois pour le ministre de l'Intérieur, Ivan Vyhivskyi, selon Al Jazeera, qui reprend l'AFP.
Les noms ne concordent pas non plus. Centre de soutien aux familles et aux enfants, pour le gouverneur. Centre régional et Barnahus, pour le ministre de la Politique sociale. Bâtiment de la maison régionale de l'enfant, pour le président Zelensky, dans son message du dimanche soir.
Trois institutions. Trois façons de nommer la même façade.
Un bâtiment vide
Et le bâtiment était vide. Aucun enfant n'y a été blessé.
L'adolescente de 16 ans n'est pas morte sous le toit du centre. Elle est morte dehors, en chemin.
Ce sont les chiffres et les mots d'un pays bombardé, publiés dans l'urgence par ses propres institutions. Je les rapporte avec leurs écarts.
C'est vrai. Et cela ne change pas ceci : trois bombes sont tombées sur le centre d'une ville, un dimanche, à l'heure des courses.
Les chiffres hésitent. Les fenêtres, non.
Seize ans, vers l'abri
Une course au magasin
Selon le média local Kordon.Media, cité par Ukrainska Pravda, l'adolescente était sortie faire une course au magasin.
Elle entend l'alerte. Des bombes guidées approchent de la ville.
Elle se met à courir vers l'abri le plus proche.
Elle n'y arrive pas à temps.
Un arbre tombe sur elle.
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Un arbre
Le ministre Uliutin écrit qu'elle passait simplement par là.
Passait par là. Seize ans.
Dans une ville bombardée, un abri se mesure en pas. Le bruit des bombes qui approchent se mesure en secondes. Entre les deux, une adolescente qui court.
Il y a le magasin. Il y a l'alerte. Il y a l'abri le plus proche. Il y a l'arbre.
Quatre lieux dans une seule rue. Le dernier ne figurait sur aucune carte des dangers.
Combien de pas lui manquaient ?
Le Barnahus avait été construit pour les enfants qui ont subi la violence. Dimanche, la violence n'a pas attendu qu'une enfant franchisse sa porte.
Seize ans.
Elle courait vers l'abri. L'arbre est tombé avant.
Une femme âgée, sans nom
La deuxième morte de dimanche
Il y a une autre morte, ce dimanche à Soumy.
Le gouverneur la désigne en deux mots : une femme âgée. L'Associated Press écrit : une femme.
Pas de nom. Pas d'âge exact. Pas de rue.
Qui, dans le bilan du soir, savait comment elle s'appelait ?
Une femme âgée, un dimanche après-midi, dans le centre d'une ville, c'est quelqu'un qui marche à son rythme. Quelqu'un pour qui l'abri le plus proche est toujours un peu plus loin que pour les autres.
Cinq blessés, dont un enfant de douze ans
Cinq personnes sont blessées. Parmi elles, un enfant de douze ans, selon le maire par intérim.
Un enfant blessé à Soumy un dimanche après-midi, c'est une coupure qu'on nettoie, un pansement, une nuit où il demande qu'on laisse la lumière du couloir allumée.
Le lendemain, les bilans parlent déjà d'autre chose. Kharkiv. Kyiv. Odessa.
Le gouverneur a un âge pour la première morte. Pour la seconde, il n'a qu'un adjectif.
Âgée, dit le bilan. C'est tout ce qu'il dit.
Imprécise, mais larguée
L'argument du ministère
La défense de Moscou existe. Il faut la poser dans sa forme la plus solide.
Une bombe planante n'est pas une arme de précision absolue. Soumy est une ville proche de la frontière russe, où transitent des soldats et du matériel, plaiderait le ministère. Il affirme ne viser que des sites liés au militaire. Le centre était vide. Personne n'y a été blessé.
Voilà ce qu'un porte-parole signerait. Il faut des faits pour y répondre.
Le centre-ville à 15 h
Voici ceux qui la renversent. Une arme qu'on sait imprécise, larguée sur le centre d'une ville à 15 h un dimanche, ne tombe pas par erreur au milieu des civils. Elle tombe là où on a décidé de la lâcher.
La veille, les frappes avaient touché plusieurs endroits de la ville, selon le gouverneur. Des jardins d'enfants parmi eux.
Et le ministère russe ne revendique rien à Soumy, dans ce que l'agence rapporte de ses communiqués. Une cible militaire atteinte se revendique.
Un centre vide ne rend pas la bombe innocente. Il rend seulement la journée moins lourde qu'elle aurait pu l'être. La même bombe, un mardi matin, aurait pu trouver des enfants dans les salles.
Tout indique que la précision n'est pas la question. Le choix l'est.
Une bombe imprécise reste une bombe choisie.
Le système de protection
Le mot du commissaire
Dmytro Lubinets, le commissaire du Parlement aux droits de la personne, a choisi un mot : système.
La Russie, écrit-il, frappe « le système même de protection des droits de la personne et de l'enfant ».
Il ajoute que ce n'est pas une destruction au hasard. Que même les lieux créés pour protéger les enfants tombent sous les frappes.
La Russie frappe les fondations, écrit-il encore. Le mot est juste. Un Barnahus ne tient pas une ligne de front. Il tient une chaîne : l'enfant, le travailleur social, le médecin, l'enquêteur, le juge.
Documenter, puis perdre la salle
En 2023, le Service social national d'Ukraine expliquait pourquoi ce modèle devenait pertinent dans le pays : la guerre à grande échelle, et la nécessité de documenter les crimes de guerre russes.
Un Barnahus accueille l'enfant. Il recueille aussi sa parole, avec les services judiciaires dans la même maison.
Frapper un tel lieu revient à frapper l'endroit où la parole d'un enfant devient une pièce de dossier.
Je n'ai pas la preuve d'une intention. J'ai la liste de ce qui a été touché.
Même un lieu de protection tombe sous les bombes.
Un dimanche ordinaire
Le magasin du coin
Je relis la phrase de Kordon.Media : elle était sortie faire une course.
Je pense à mes dimanches. Je pense au lait qu'on oublie. Je pense au pain qu'on va chercher en vitesse. Je pense à l'enfant qu'on envoie au dépanneur parce qu'il est assez grand, maintenant.
C'est cela qui me serre la gorge. Pas la bombe. La course.
Courir vers un abri
Je ne sais pas ce que c'est, courir vers un abri. Je ne prétendrai pas le savoir.
Je sais seulement qu'à Soumy, un dimanche à 15 h, une course au magasin comporte désormais une distance jusqu'à l'abri.
Et pourtant, la ville continue de vivre, d'acheter du pain, d'envoyer ses adolescents au magasin. Une ville qui cesse de vivre a déjà perdu plus que des fenêtres.
Un dimanche à 15 h, on fait des courses.
Les fenêtres du Barnahus
Portes, fenêtres, matériel
La liste des dégâts est courte, selon Lubinets. Des fenêtres. Des portes. Du matériel. De l'inventaire.
Tout cela se remplace. Des vitriers, des menuisiers, un budget.
La vraie mesure est le temps. Au rythme de 800 enfants victimes de violence par an que comptait le conseil régional en 2023, chaque semaine représente, en moyenne, une quinzaine d'enfants de plus dans la région.
Une quinzaine d'enfants par semaine. Et une salle de repos sans vitres, pendant que l'automne…
Ce qu'on ne sait pas des jouets
On ne sait pas ce qu'il reste des jouets. On ne sait pas si les bonbons sont encore là. On ne sait pas qui servira le thé la semaine prochaine, ni où.
En 2023, selon le Service social national, 183 enfants victimes de violence avaient reçu un soutien complet grâce à ce modèle en Ukraine. Chacun est entré par une porte comme celle-là.
Et pourtant, ce sont eux qui disaient à un enfant, en entrant, que la pièce était faite pour lui.
Le verre, on le balaie. La confiance d'un enfant qui a peur d'une porte, on la rebâtit plus lentement.
Huit cents enfants par an cherchent une porte ouverte.
Un refuge se rebâtit, pas seize ans
Ce que Soumy a perdu dimanche
Dimanche, à Soumy, trois bombes guidées russes sont tombées sur le centre de la ville.
Elles ont laissé deux morts, dont une adolescente de 16 ans qui courait vers un abri. Cinq blessés, dont un enfant. Un centre social endommagé. Un Barnahus détruit.
La veille, des jardins d'enfants.
Le ministère russe dit viser le militaire. Aucune de ces adresses n'a été revendiquée comme telle.
Le Barnahus de Soumy avait été ouvert pour qu'un enfant n'ait à pousser qu'une porte. Dimanche, cette porte a sauté.
La salle à rouvrir
Qui, chez nous, paiera les fenêtres du Barnahus de Soumy, et les semaines où des enfants n'auront nulle part où raconter ?
Les jouets se rachètent. Les portes se posent. Le thé se sert de nouveau.
Il restera, dans une famille de Soumy, une place que rien ne remplit.
Le refuge se reconstruira. Seize ans, jamais.
Sources :
Sources Primaires :
- Oleh Hryhorov, administration militaire régionale de Soumy — trois bombes guidées, deux morts dont une adolescente de 16 ans, 27 septembre 2026
- Dmytro Lubinets, commissaire aux droits de la personne — espace Barnahus détruit à Soumy, 27 septembre 2026
- Conseil régional de Soumy — ouverture du centre Barnahus, 26 décembre 2023
Sources Secondaires :
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). REPORTAGE : À Soumy, les bombes du Kremlin brisent le refuge des enfants victimes de violence. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/reportage-a-soumy-les-bombes-du-kremlin-brisent-le-refuge-des-enfants-victimes-de-violence
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