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La ChroniqueEnquête· N° 7758

DOSSIER : Oleshky mange ses herbes, l'occupant russe laisse la ville sans convoi depuis le 26 mai

Les habitants d'Oleshky, ville occupée par l'armée russe depuis le 24 février 2022, ont vécu cet été des légumes de leurs potagers, et ces réserves sont épuisées, selon les récits recueillis par la BBC.

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  1. Les habitants d'Oleshky, ville occupée par l'armée russe depuis le 24 février 2022, ont vécu cet été des légumes de leurs potagers, et ces réserves sont épuisées, selon les récits recueillis par la BBC.
  2. Les habitants d'Oleshky, ville occupée par l'armée russe depuis le 24 février 2022 , ont vécu cet été des légumes de leurs potagers, et ces réserves sont épuisées, selon les récits recueillis par la BBC.
  3. Quelques pieds de pommes de terre.
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Des tomates et du miel

L'été des potagers

Les habitants d'Oleshky, ville occupée par l'armée russe depuis le 24 février 2022, ont vécu cet été des légumes de leurs potagers, et ces réserves sont épuisées, selon les récits recueillis par la BBC.

Un potager. Des rangs de tomates. Quelques pieds de pommes de terre. Une clôture en bois, un arrosoir, la terre de la rive gauche du Dnipro.

C'est la carte postale. Elle a tenu tout l'été.

Une résidente, qui parle à la BBC sous un nom d'emprunt, décrit son unique repas. Du pain simple. Parfois une tomate, ou un peu de miel. Du thé.

« Je mange une fois par jour, seulement le souper », dit-elle.

Une fois. Le soir. Pas plus.

Le potager comme unité

Ce dossier se mesure au potager. Ce qu'il a donné en juillet. Ce qu'il donne à la fin de septembre.

Car quand les légumes sont finis, rapporte la BBC, beaucoup d'habitants se mettent à cuire les mauvaises herbes du jardin.

Le même carré de terre. Une autre récolte.

L'été nourrit un potager, pas une ville fermée.

À moins de 4 km de Kherson

La rive gauche

Oleshky se trouve sur la rive est du Dnipro, à moins de quatre kilomètres de Kherson, écrit le Kyiv Independent. Kherson est libérée. Oleshky, non.

Le fleuve fait la ligne de front. D'un côté, l'armée ukrainienne. De l'autre, les forces russes qui occupent la ville.

Avant l'invasion à grande échelle, Oleshky comptait environ 24 000 habitants, selon la BBC.

Combien restent

Combien restent aujourd'hui ? Les chiffres divergent. L'administration militaire de Kherson parle d'environ 2 000 civils, dont près de 50 enfants. Le gouvernement ukrainien, cité par la BBC et CBC, estime qu'environ 6 000 personnes restent dans la ville et ses environs, dont quelque 200 enfants.

La différence tient peut-être au périmètre. Elle ne change pas le reste.

Le dernier magasin d'Oleshky a fermé en janvier 2026, selon la mission de l'ONU pour les droits humains en Ukraine. Le plus proche endroit où trouver des vivres est Radensk, à 23 km, selon la BBC.

Vingt-trois kilomètres à pied, aller et retour, sur des routes minées.

Il n'y a plus de magasin. Il n'y a plus de courant. Il n'y a plus d'eau au robinet. Il n'y a plus de gaz.

Il reste le potager.

Si près de Kherson, si loin d'un magasin.

Le 26 mai, le dernier camion

Ce que l'ONU notait en juin

Le 25 juin 2026, la mission de surveillance des droits humains de l'ONU en Ukraine publie un constat sur Oleshky et Hola Prystan.

Aucune livraison de nourriture depuis le 26 mai. Des ambulances qui ne se déplacent plus à domicile. Des blessés qu'on ne peut pas évacuer.

Depuis le début de 2026, écrit la mission, au moins 29 civils y ont perdu la vie et 54 ont été blessés. Les drones de courte portée sont la première cause de mort. Les mines, la deuxième.

Les tentatives qui suivent

Le 2 juin, un convoi humanitaire saute sur une mine, selon l'ONU. Un mort, trois blessés.

Le 1er septembre, une nouvelle tentative de ravitaillement est interrompue par une attaque de drones russes, selon le Kyiv Independent.

En plusieurs mois, environ 180 personnes seulement ont pu partir, par des arrangements informels, selon l'ONU. Quatre blessés hospitalisés attendaient une évacuation vers Skadovsk.

Cent quatre-vingts. Sur des milliers.

Après le 26 mai, plus rien n'est entré par la route. Quatre mois.

Depuis le 26 mai, rien n'entre par la route.

Moscou a reconnu la pénurie

Une situation critique

Le Kremlin ne nie pas. Selon la BBC, il a reconnu la semaine dernière qu'Oleshky vivait « une situation critique », avec des problèmes d'approvisionnement en nourriture et en médicaments.

L'armée russe travaille à les régler, a-t-il ajouté. Et il a rejeté la faute sur Kyiv.

Quatre mois sans camion. Une pénurie reconnue. Une solution annoncée. Et pas un convoi.

Et pourtant, les routes de la rive gauche sont sous le contrôle de l'armée russe.

La puissance occupante

Le 25 septembre, à Strasbourg, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, se dit alarmé. Des civils, dont des enfants, sont piégés sans nourriture suffisante, sans médicaments, sans eau courante ni électricité. Ils courent un risque élevé de mourir, selon les informations qu'il cite.

Il rappelle une règle. En droit international humanitaire, la Russie, puissance occupante, a le devoir de fournir nourriture et soins, et de faciliter l'aide.

Alors nous prenons parti. Nous sommes du côté des habitants d'Oleshky. Contre la décision de l'occupant russe de laisser la ville sans convoi et sans couloir. Parce que depuis le 26 mai aucune nourriture n'y est entrée par la route, et que le droit désigne Moscou comme celui qui doit la nourrir.

Moscou constate la faim et garde la clé.

Quatre tonnes, cent points de chute

Le samedi 26 septembre

Le samedi 26 septembre, des drones ukrainiens décollent de la rive droite, par vagues, selon CBC.

Le lendemain, l'administration militaire de Kherson publie le bilan. Environ 4 000 kilos de vivres, largués sur 100 points de la ville.

Des boîtes de nourriture. De l'huile de cuisson. Cent boîtes pour cent points, selon une légende de photo de CBC.

Six unités pour un colis

L'administration énumère les unités engagées. Le 30e corps d'infanterie de marine. Le groupement tactique Hrim. La 34e brigade d'infanterie de marine. La 11e brigade de la Garde nationale. Le 34e régiment de la Garde nationale. Le 79e détachement de gardes-frontières.

L'opération était préparée depuis des semaines, selon des responsables cités par CBC. Avant de lancer les drones, les forces ukrainiennes ont tenté de nettoyer les quartiers des positions et des drones russes.

Des livraisons par drone ont lieu depuis mars, précise l'administration. Jamais à cette échelle.

Une boîte. Un point sur la carte. Des mains qui attendent en bas.

Cent points de chute, et le ciel pour seule route.

Ce que pèsent quatre tonnes

Deux kilos par personne

Il faut faire le calcul, même s'il dérange notre camp.

Quatre mille kilos pour 2 000 personnes, c'est deux kilos chacun. Pour 6 000, c'est moins de sept cents grammes.

Deux kilos, c'est un sac qu'on porte d'une main. Deux kilos, c'est quelques jours de pain. Deux kilos, c'est moins qu'une épicerie de semaine chez nous.

Le calcul est froid. Il est juste.

Oleksandr Tolokonnikov, adjoint à l'administration militaire de Kherson, l'a dit lui-même à CBC : « Cette aide donnera aux gens la possibilité de tenir là-bas jusqu'à un mois. » Et il a prévenu que la solution pourrait être de courte durée.

La vidéo de l'opération, diffusée par l'administration, est qualifiée de promotionnelle par CBC.

Le colis qui expose

Il y a pire. Le gouverneur Oleksandr Prokudin accuse les forces russes d'abattre les drones de ravitaillement, de confisquer ou de revendre les vivres, et de détenir les habitants qui reçoivent un colis.

Des bénévoles qui organisaient autrefois les évacuations ont dit craindre, selon le Kyiv Independent, que ces largages n'entraînent des contrôles russes et un cauchemar pour les gens.

C'est vrai. Et cela ne change pas ceci : ces quatre tonnes dépassent de loin les largages précédents, selon les responsables cités par CBC, et aucun camion n'est entré depuis le 26 mai.

Un colis n'est pas un couloir.

Les herbes du potager

Les recettes sur Telegram

Revenons au potager.

Selon la BBC, quelles mauvaises herbes peut-on manger, et comment les faire bouillir, sont devenues des sujets de discussion dans les groupes Telegram de la ville.

La responsable ukrainienne de l'administration d'Oleshky, qui travaille en exil à Mykolaïv, Tetiana Hasanenko, a transmis à CBC des messages d'habitants. Les gens s'échangent des conseils pour cuire l'herbe et les mauvaises herbes des jardins, dit-elle.

Deux pommes de terre, deux gousses d'ail

Une femme, dont la belle-mère de 70 ans a quitté Oleshky à pied, a raconté à CBC ce qu'on trouvait parfois : « seulement deux pommes de terre et deux gousses d'ail ».

On troque, dit-elle. Des légumes contre des œufs.

Le potager de juillet donnait des tomates. Celui de septembre donne des feuilles qu'on lave à l'eau qu'on n'a pas.

La ville n'a plus ni électricité, ni gaz, ni eau depuis l'attaque contre le barrage de Kakhovka, il y a trois ans, selon la BBC.

Il y a la casserole. Il y a le feu qu'on allume dehors. Il y a l'odeur verte de ce qui cuit. Il y a la faim qui revient deux heures plus tard.

La faim ne fait pas de bruit. Elle fatigue. Elle rend les seaux plus lourds. Elle allonge les escaliers.

On n'a pas faim d'un coup. On a faim par étapes.

Et quand les herbes auront gelé ?

Les recettes d'herbes remplacent les listes d'épicerie.

Les morts qu'on n'enterre pas

Une autopsie impossible

Compter les morts d'Oleshky est difficile, écrit la BBC.

Selon des résidents, les autorités d'occupation interdisent d'enterrer ceux qui sont morts d'un drone ou d'une mine. Elles exigent une autopsie par un médecin russe. Il n'y en a pas à Oleshky.

La morgue de l'hôpital n'a plus de courant depuis l'hiver, selon une bénévole citée par la BBC.

Une liste de 1 200 noms

Cette bénévole, qui a fui la ville à l'été 2022, tient un tableau des morts, avec leurs noms et leurs dates de naissance. Elle dit en compter environ 1 200. La BBC précise ne pas pouvoir vérifier ce chiffre.

Combien sont-ils, exactement ?

Je rapporte ce chiffre comme le sien. L'ONU, elle, compte au moins 29 civils morts depuis janvier, sur une zone plus large. Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose.

Une cofondatrice de l'organisme Humanity parle, à la BBC, d'un outil de pression psychologique.

Un mort qu'on ne peut pas enterrer reste dans la ville. Il reste dans la rue qu'on emprunte, dans le silence d'une maison voisine. Il pèse sur ceux qui vivent encore.

Même les morts attendent un médecin qui ne vient pas.

Le 20 septembre, un sac de nourriture

La route de Radensk

Le 20 septembre, un mari et sa femme reviennent de Radensk.

Ils portent un sac de nourriture.

Ils n'arrivent pas chez eux avant le couvre-feu imposé par les autorités d'occupation, selon une résidente qui les connaissait.

Un drone les frappe. Ils meurent tous les deux.

Quatre sources

Quatre sources distinctes ont confirmé à la BBC la mort de deux civils qui transportaient de la nourriture ce jour-là.

Leurs noms ne sont pas publiés. La résidente craint d'être identifiée.

Vingt-trois kilomètres pour un sac. Vingt-trois kilomètres pour revenir avant le couvre-feu. Vingt-trois kilomètres de trop.

Un couvre-feu. Un drone.

Deux personnes qui sont allées chercher à manger, et qui ne sont pas rentrées.

Ils rapportaient un sac de nourriture. Ils ne sont pas rentrés.

Le droit de l'occupant

L'argument de Moscou

La défense du Kremlin existe, et elle a une forme solide.

Oleshky est sur la ligne de front. L'armée russe y a des positions. Les drones ukrainiens volent au-dessus de la ville, les obus tombent des deux côtés, et c'est Kyiv qui empêcherait le ravitaillement. D'ailleurs, le Kremlin dit que son armée travaille à régler les problèmes.

Voilà ce qu'un porte-parole signerait.

Ce qui le renverse

Le droit humanitaire, rappelé le 25 septembre par le Conseil de l'Europe, ne partage pas la faute en deux. Il confie la nourriture des civils à la puissance occupante.

Et les forces russes empêchent l'Ukraine et les organisations humanitaires internationales d'accéder aux territoires occupés, écrit le Kyiv Independent.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a parlé devant l'Assemblée générale de l'ONU d'un « blocus total » par les forces russes.

Un occupant qui dit travailler à régler une pénurie vieille de quatre mois, et qui ne laisse passer ni convoi ni organisation internationale, a fait un choix.

Le droit ne demande pas à l'occupant d'aimer ceux qu'il occupe. Il lui demande de les nourrir.

Le droit nomme le responsable. Moscou nomme Kyiv.

On le savait en juin

Les dates d'un dossier

Voici ce que le dossier contenait déjà, bien avant cette fin de septembre.

On le savait en janvier, quand le dernier magasin a fermé.

On le savait le 5 mars, quand un drone a frappé une file d'attente pour la nourriture et fait deux morts, selon l'ONU.

On le savait début mai, quand un drone a blessé un ambulancier, puis qu'un second drone a coûté la vie au blessé et à un autre civil, selon l'ONU.

On le savait le 26 mai, jour du dernier ravitaillement par la route.

On le savait le 25 juin, quand l'ONU a publié son constat.

On le savait le 22 septembre, quand Sybiha a parlé à l'ONU.

Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas.

Trois ans plus tôt, l'eau

Oleshky a déjà été engloutie une fois. En juin 2023, après l'effondrement du barrage de Kakhovka, l'eau est montée jusqu'aux toits, rappelle la BBC. L'Ukraine et l'OTAN ont accusé la Russie d'avoir fait sauter le barrage. Moscou a accusé Kyiv.

L'eau, puis la faim. Le même accusé qui accuse l'autre.

On savait. On a laissé l'automne arriver.

Un bouclier de civils

Ce que dit Tolokonnikov

Pourquoi garder 2 000 à 6 000 civils dans une ville sans magasin ?

Oleksandr Tolokonnikov a sa réponse. Les forces russes ont installé canons, mortiers et mines dans et autour des quartiers d'habitation, dit-il au Kyiv Independent.

« Oleshky et ses habitants sont nécessaires aux troupes russes », affirme-t-il. Pour que l'armée ukrainienne ne puisse pas les attaquer activement.

Des canons. Des mortiers. Des mines. Et des gens autour.

C'est l'accusation d'un responsable ukrainien. Je la rapporte comme telle. Elle éclaire au moins pourquoi personne ne sort.

La route à pied

Au printemps, des bénévoles parvenaient encore à faire sortir des gens, au prix de voyages épuisants de plusieurs jours. Aujourd'hui, disent-ils, le risque rend l'évacuation impossible.

Ces dernières semaines, certains habitants partent à pied vers Radensk, seuls ou à deux, sur des routes minées par les forces russes, selon le Kyiv Independent.

Une belle-mère de 70 ans a marché six heures pour sortir, raconte sa bru à CBC.

Des civils devant des canons, et une route minée derrière.

Un pilote canadien et le silence

Cory Woods

Un Canadien apparaît dans ce dossier. Cory Woods a travaillé dans l'humanitaire en Ukraine avant de devenir pilote de drones intercepteurs, selon CBC.

Il se dit déçu que le sort d'Oleshky n'ait pas reçu plus d'attention dans le monde. Il faudrait au moins de la nourriture et de l'eau, dit-il. Au mieux, sortir les gens de là.

Le 20 septembre, devant l'hôtel de ville de Kyiv, un homme brandissait une pancarte, selon CBC. Elle demandait aux Américains de faire accepter à la Russie un couloir humanitaire.

Une pancarte en anglais, écrite pour être lue à Washington. Le reste du monde la lit par-dessus l'épaule.

Une semaine pour apprendre un nom

J'avoue ceci : il y a deux semaines, je n'aurais pas su placer Oleshky sur une carte.

J'ai appris son nom par ses herbes. C'est tard. C'est trop tard pour le couple de la route de Radensk.

Et pourtant, un nom appris tard vaut mieux qu'un nom jamais appris.

Oleshky n'a pas besoin de notre pitié, mais d'un couloir.

Octobre, puis le gel

Un mois, au mieux

Quatre tonnes de nourriture pour un mois, au mieux, selon Tolokonnikov.

Un mois. Pas un hiver.

Et pourtant, octobre arrive. Puis novembre. Le potager ne donnera plus rien, pas même des herbes.

Le premier gel ne négocie pas.

Le Conseil de l'Europe a demandé un cessez-le-feu local, un accès humanitaire sans entrave et l'évacuation sûre des civils. À la fin de septembre, aucun de ces trois points n'est rempli.

Ce qu'Ottawa peut porter

Ottawa n'a pas de soldats sur le Dnipro. Il a une voix. Il a des alliés qui en ont une aussi.

Qu'attendons-nous d'Ottawa, précisément, pour qu'un couloir s'ouvre vers Oleshky avant le premier gel ?

Le potager d'été est vide. Celui de l'hiver ne poussera pas.

Et dans les groupes Telegram de la ville, on échangera d'autres recettes, tant qu'il restera…

Plus un convoi depuis le 26 mai, et bientôt plus d'herbes.

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). DOSSIER : Oleshky mange ses herbes, l'occupant russe laisse la ville sans convoi depuis le 26 mai. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/dossier-oleshky-mange-ses-herbes-l-occupant-russe-laisse-la-ville-sans-convoi

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MM
Maxime Marquette
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