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La ChroniqueCommentaire· N° 7739

COMMENTAIRE : Berlin veut du GNL canadien « bien sûr », mais son premier achat partira du Pacifique

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a répondu « bien sûr » dimanche, sur les ondes de CTV, quand on lui a demandé si l'Europe voulait davantage de gaz naturel liquéfié canadien.

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  1. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a répondu « bien sûr » dimanche, sur les ondes de CTV, quand on lui a demandé si l'Europe voulait davantage de gaz naturel liquéfié canadien.
  2. Le premier accord d'achat allemand signé pour ce gaz ne livrera rien avant le début des années 2030.
  3. Le calendrier dit plus tard.
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Un radiateur en octobre

Dimanche, à CTV

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a répondu « bien sûr » dimanche, sur les ondes de CTV, quand on lui a demandé si l'Europe voulait davantage de gaz naturel liquéfié canadien.

Le premier accord d'achat allemand signé pour ce gaz ne livrera rien avant le début des années 2030.

Le ministre dit oui. Le calendrier dit plus tard.

Deux vérités. Elles tiennent ensemble.

Oui. Plus tard. Ailleurs.

Un mot de deux syllabes. Un engagement de vingt ans.

Compter en hivers

À Berlin, en octobre, on remet le chauffage. Le cliquetis du radiateur qui se réveille. La main qu'on pose dessus pour vérifier.

Un ménage européen compte en hivers. Combien coûtera celui-ci. Combien le suivant.

D'ici le début des années 2030, il en passera quatre, cinq, peut-être six. Aucun ne sera chauffé au gaz canadien.

Berlin compte en hivers. Le contrat compte en années 2030.

Nos chaînes sont menacées

Ce que dit Wadephul

Le ministre a donné ses raisons. L'Europe doit diversifier ses sources, a-t-il expliqué à l'animatrice Vassy Kapelos. À cause de la guerre russe contre l'Ukraine. À cause de la menace sur le détroit d'Ormuz. À cause de Bab-el-Mandeb, plus récemment.

« Nos chaînes d'approvisionnement sont menacées », a-t-il dit.

L'Allemagne regarde vers l'Afrique, vers le Nigeria, a-t-il ajouté, mais aussi vers le Canada et les États-Unis.

Diversifier, c'est ne plus dépendre d'un seul robinet. Ni d'un seul détroit.

Le gaz et le vent

Le GNL entrera-t-il en conflit avec les renouvelables ? Non, a répondu le ministre. La transition prend encore du temps.

C'est franc. Berlin ne vend pas une fin du gaz. Berlin achète du temps.

Du temps. Pas du vent.

Malgré une demande européenne de gaz en recul de plus de 17 % par rapport à l'avant-crise, selon EU Perspectives, le mot de Wadephul est sans nuance : bien sûr.

Nos chaînes sont menacées, dit Berlin. Il cherche des maillons sûrs.

L'accord du 27 mai

Une ambassade à Berlin

Le 27 mai, à l'ambassade du Canada à Berlin, la société d'État allemande SEFE, Securing Energy for Europe, a signé un protocole d'accord avec Ksi Lisims LNG.

Le volume : un million de tonnes de GNL par an. La durée : jusqu'à 20 ans. Le début des livraisons : au début des années 2030.

L'accord reste conditionnel à un contrat définitif de vente et d'achat. C'est le premier partenariat de SEFE avec un fournisseur canadien, précise l'entreprise.

Le terminal flottant

Ksi Lisims est un projet de liquéfaction flottante sur la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique. Deux installations de 6 millions de tonnes chacune, alimentées par un gazoduc de 750 km, selon SEFE.

Ressources naturelles Canada parlait ce jour-là du premier accord européen sur le GNL. Le ministre Tim Hodgson y voyait ce que signifie être une superpuissance énergétique du XXIe siècle.

Le projet appartient en partie à la Nation nisga'a, précisait le ministère. Il pourrait produire jusqu'à 12 millions de tonnes par an, soit 22,4 milliards de mètres cubes, et attirer plus de 30 milliards de dollars.

Un million de tonnes, c'est la part allemande. Un douzième.

Signé. Conditionnel. Lointain.

C'est tout de même le premier achat européen de GNL canadien. Il faut le dire aussi : avant le 27 mai, il n'existait pas.

Un premier achat, signé à Berlin, pour un terminal du Pacifique.

Franco à bord

Trois mots de contrat

SEFE achète ce gaz franco à bord. Trois mots qui disent tout.

Franco à bord, l'acheteur prend la cargaison au terminal de chargement. Le gaz devient le sien en Colombie-Britannique. Ce qu'il en fait ensuite, c'est son affaire.

Le gaz de Berlin partira du Pacifique.

Trois mots, et la destination cesse d'être une promesse. Elle devient une option.

La route appartient à l'acheteur.

L'échange de cargaisons

Le Canada n'a aucune infrastructure d'exportation de GNL sur l'Atlantique, rappelait OilPrice en juin. Pour rejoindre l'Europe depuis la côte ouest, un méthanier devrait passer par le canal de Panama.

D'où l'hypothèse la plus probable : l'échange. Les acheteurs allemands revendraient les cargaisons canadiennes en Asie et recevraient, en retour, du gaz de fournisseurs plus proches de l'Europe.

Ce texte dit que le « bien sûr » de Berlin achète d'abord une signature démocratique, pas un méthanier.

Franco à bord, le gaz canadien part où l'acheteur décide.

Soixante-cinq pour cent

Le 1er septembre

Maintenant, l'urgence.

Au 1er septembre, les réserves de gaz européennes étaient remplies à 65,4 %, rapporte EU Perspectives. Plus de 16 points sous la moyenne de cinq ans. Le niveau le plus bas à cette date depuis le début des relevés, en 2011.

Soixante-cinq. Le plus bas en quinze ans de relevés. Un an plus tôt, les réserves étaient pleines à 77,4 %.

Le prix du gaz a franchi 75 euros le mégawattheure, un sommet depuis le début de 2023.

Depuis avril, environ 40 milliards de mètres cubes sont entrés dans les réserves, seulement 59 % du volume nécessaire pour l'hiver, selon le même média.

Ce que l'hiver coûtera

Dans la zone euro, l'inflation a accéléré à 3,3 % en août. Les prix de l'énergie ont grimpé de 14,3 % sur un an, selon le même média.

Ce sont des chiffres de banque centrale. Ils finissent sur une facture de chauffage.

L'Union exige des réservoirs pleins à 90 % avant l'hiver, avec une souplesse jusqu'à 80 % cette année.

Les analystes cités par le média voient les réserves plafonner à 70 ou 75 % au début de la saison de chauffage.

L'écart ne se comblera pas avec un contrat des années 2030.

Le froid, lui, ne négocie pas.

Soixante-cinq pour cent, c'est un réservoir aux deux tiers pour affronter un hiver entier. Personne ne part en voyage avec ça.

L'hiver de 2026 ne connaît qu'un gaz : celui qui arrive.

Ormuz, puis la mer Rouge

Ce que le printemps a coupé

Pourquoi Berlin parle-t-il si vite ?

Le 4 mars, QatarEnergy déclarait la force majeure. La fermeture du détroit d'Ormuz a touché environ 20 % de l'offre mondiale de GNL, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie. Aucun méthanier chargé n'a franchi le détroit entre le 1er mars et le 24 avril.

À la sortie de l'hiver, les réserves européennes n'étaient plus remplies qu'à 28 %, notait la même agence en avril.

Près de huit semaines. Aucun méthanier chargé.

Un printemps sans méthanier qatari. C'est ce souvenir que Wadephul apporte à l'antenne.

Pendant ce temps, Washington autorisait des hausses d'exportation à Plaquemines et à Elba Island, et les États-Unis expédiaient 17,9 milliards de pieds cubes de GNL par jour en mars, selon la même agence. Le gaz américain, lui, n'attend pas les années 2030.

Des détroits, des risques

Ormuz. Puis Bab-el-Mandeb, cité par Wadephul. Deux passages étroits où l'Europe ne décide rien.

Un pays qui a vu ses réserves fondre au printemps ne choisit plus un fournisseur au prix seulement. Il le choisit à la carte.

Et pourtant, sur la carte, le Canada n'a ni détroit à franchir, ni régime à craindre. C'est tout ce que Berlin cherche.

Une carte sans détroit vaut plus cher qu'un rabais.

Kitimat, vingt-huit millions

Le terminal qui tourne

Un seul terminal. Le Pacifique.

Le Canada a déjà un grand terminal d'exportation. Un seul. LNG Canada, à Kitimat, en Colombie-Britannique, a expédié sa première cargaison en juin 2025.

Capacité actuelle : 14 millions de tonnes par an. La deuxième phase en ajouterait autant, pour environ 28 millions, rapportait le Terrace Standard le 24 septembre.

La décision finale d'investissement pourrait tomber dès octobre, selon Reuters, cité par le journal. Une annonce est attendue cette semaine, selon des sources de l'industrie citées par CTV.

Vers qui

Les acheteurs asiatiques recherchent une plus grande sécurité d'approvisionnement, écrit le Terrace Standard.

Tokyo, Séoul et Taipei cherchent ce que cherche Berlin. Ils sont simplement du bon côté du Pacifique.

Le Bureau des grands projets du gouvernement fédéral, lui, annonce des marchés en Asie et en Europe, et 33 milliards de dollars d'investissements privés attendus.

Le Bureau y voit la deuxième installation de GNL au monde par la taille. Et le budget de 2025 a allongé les licences d'exportation de GNL de 40 à 50 ans.

L'Europe est dans la phrase. L'Asie est dans le carnet de commandes.

Kitimat regarde l'Asie. Berlin regarde Kitimat.

Un sur vingt-huit

La proportion

Faisons l'échelle. Vous pouvez refaire le calcul.

Un million de tonnes pour SEFE. Vingt-huit millions à Kitimat si la deuxième phase se construit. Douze millions à Ksi Lisims, à pleine capacité.

Le contrat allemand, c'est environ 3,6 % de ce que Kitimat pourrait produire. Un peu plus de 8 % de Ksi Lisims.

Et Uniper

Uniper, autre énergéticien allemand, a signé une lettre d'intention préliminaire pour deux millions de tonnes par an à Ksi Lisims, selon OilPrice.

Trois millions de tonnes, en tout, si tout se concrétise. Le quart de Ksi Lisims.

Ce n'est pas rien. Ce n'est pas l'Europe au gaz canadien non plus.

Moins de 4 % de Kitimat : l'Allemagne est cliente, pas destination.

Cinq hivers

L'écart des calendriers

Voici le paradoxe, en calendrier.

L'Europe a besoin de gaz cet hiver. Ses réservoirs sont au plus bas depuis 2011. Ses ménages paient déjà.

Le Canada lui promet du gaz au début des années 2030. Franco à bord. Depuis le Pacifique.

Cet hiver : rien. Le suivant : rien.

Quatre hivers au moins. Autant de factures.

Entre les deux, il y aura des hivers. Des radiateurs qu'on baisse d'un cran. Des factures qu'on ouvre en retenant son souffle.

Le radiateur de 2030

Et pourtant, le « bien sûr » de Wadephul n'est pas naïf. Il ne parle pas de cet hiver. Il parle des hivers d'après, quand Ormuz se refermera peut-être encore.

Le radiateur de 2030 sera chauffé par ce qu'on aura signé en 2026.

C'est ce que Berlin fait. Il signe maintenant pour un froid qu'il ne voit pas encore.

On ne chauffe pas cet hiver avec un contrat. On chauffe le suivant.

L'argument de l'échange

La meilleure défense du contrat

Voici la réponse la plus forte à mon inquiétude, et elle mérite d'être dite entière.

Peu importe que la molécule canadienne touche l'Europe. Si SEFE revend sa cargaison en Asie et reçoit du gaz plus près de chez elle, l'Europe est servie. Les échanges offrent des coûts d'expédition plus bas, des trajets plus courts et plus de souplesse, écrit OilPrice.

Les cargaisons canadiennes iraient au Japon, en Corée du Sud ou à Taïwan, suggère OilPrice. L'Europe recevrait en retour du gaz des États-Unis, du Qatar, d'Algérie ou de Norvège.

Et la vraie valeur, poursuit l'analyse, c'est la sécurité contractuelle d'une démocratie stable.

L'argument tient. Il est solide.

Ce que l'argument avoue

C'est juste. Et c'est précisément ma lecture.

Si l'échange fonctionne, ce que l'Allemagne achète au Canada n'est pas du gaz. C'est une signature. Un fournisseur qui ne coupera pas le robinet pour punir, qui ne fermera pas un détroit, qui honorera vingt ans.

Le Qatar figure dans la liste. Le Qatar, ce printemps, était bloqué.

Encore faut-il que le gaz échangé existe. Quand un cinquième de l'offre mondiale reste bloqué, comme ce printemps, il n'y a plus grand-chose à échanger…

L'échange est une promesse de démocrate. Il faut du gaz derrière.

Deux gouvernements, deux phrases

Hier, pas d'argumentaire

Il n'y a pas si longtemps, le discours canadien était inverse.

Sous Justin Trudeau, le gouvernement soutenait qu'il n'existait pas d'argumentaire commercial pour exporter du GNL vers l'Europe, rappelle l'article de CTV. Le gouvernement de Mark Carney affirme le contraire.

Je n'arbitre pas entre les deux. Je constate que le marché a changé plus vite que les phrases.

Deux gouvernements. Deux phrases. Un même océan.

Une promesse change de bouche. Elle reste une promesse tant qu'aucun navire n'a quitté le quai.

L'hydrogène en retard

Une autre promesse canado-allemande date de 2022 : l'Alliance canado-allemande pour l'hydrogène. Elle a accumulé les retards et raté son objectif initial d'exportations dès 2025, selon le même article.

2022 : l'hydrogène pour 2025. 2026 : le gaz pour les années 2030.

Les dates glissent. Les hivers, eux, arrivent à l'heure.

Deux accords, deux calendriers : l'hiver ne lit ni l'un ni l'autre.

L'Atlantique sans quai

La côte qui regarde l'Europe

Le Canada fait face à l'Europe par sa côte Est. Et pourtant, il n'y exporte pas de GNL.

En août 2025, à Berlin, le ministre Hodgson évoquait déjà des exportations vers l'Europe dans « aussi peu que cinq ans », et des ports possibles à Churchill et à Montréal, selon The Energy Mix. Un analyste d'ICIS disait alors ne voir aucun projet sur la côte atlantique en phase de démarrage ou d'investissement.

Plus d'un an a passé. Le premier contrat européen est signé sur le Pacifique.

Ce qu'on peut encore bâtir

Je ne dirai pas au Canada de construire un terminal à l'Est. C'est un choix de marché, de territoire et de climat, et il appartient à d'autres.

Je lui dirai autre chose. S'il vend une signature, qu'il le dise.

Il faudra que le Canada chiffre les échanges de cargaisons qu'il promet. Il faudra que le Canada garantisse des volumes même en temps de crise. Il faudra que le Canada tienne ses dates, lui qui a vu glisser celles de l'hydrogène.

Rien de cela ne demande un terminal de plus. Tout cela demande de la franchise.

La confiance, c'est un contrat qu'on respecte quand ça coûte.

Sans quai sur l'Atlantique, le Canada vend sa parole.

Ce que Berlin achète

Une assurance

Ramenons tout à une phrase, puis à cinq.

Berlin n'achète pas au Canada le gaz de cet hiver. Il achète une assurance pour les hivers où Ormuz, Bab-el-Mandeb ou le Kremlin fermeront encore quelque chose.

Ce que Berlin achète, c'est une signature démocratique. Ce que Berlin achète, c'est un fournisseur sans détroit. Ce que Berlin achète, c'est vingt ans de contrat. Ce que Berlin achète, c'est un gaz qu'il peut revendre ailleurs. Ce que Berlin achète, c'est la certitude qu'on ne lui coupera pas le robinet pour le punir.

Pas un méthanier. Une assurance.

Une assurance se paie. Elle se prouve aussi.

Et une assurance qui commence en 2030 couvre les hivers de 2030. Le Canada peut vendre de la confiance. Il ne peut pas vendre du temps.

C'est ce que révèle le « bien sûr » du 27 septembre. L'Europe ne choisit plus seulement le moins cher. Elle choisit celui qui ne la menacera pas.

Le prix de la confiance

Pour le Canada, c'est une chance rare. Et une dette.

Une chance, parce qu'on ne vend pas souvent sa fiabilité au prix du marché. Une dette, parce qu'une assurance qui ne paie pas le jour du sinistre ne se revend jamais.

Le Canada entre dans ce marché avec un seul terminal, sur l'autre océan.

Ce n'est pas une molécule que Berlin achète. C'est une parole.

La parole et le méthanier

Le quai de Kitimat

Cette semaine, peut-être, LNG Canada annoncera sa deuxième phase. Vingt-huit millions de tonnes, un jour, au bout de la côte ouest.

Des méthaniers partiront. Le froid des cuves, le grondement des pompes, un quai qui ne dort pas.

Le quai grondera. Berlin attendra.

Le mot franco est court. Il pèse vingt ans.

Je l'avoue : j'ai longtemps cru que « du gaz pour l'Europe » voulait dire un bateau pour l'Europe. Ce dossier m'a appris le mot franco.

Le prochain hiver

Quelle promesse voulons-nous qu'Ottawa fasse en notre nom à Berlin, s'il vend surtout sa parole et que le gaz part vers l'Asie ?

Une parole se tient ou se perd. Elle ne se reprend pas.

À Berlin, en octobre, les radiateurs se réveillent. Aucun n'attend le Pacifique.

Bien sûr, dit Berlin, et le premier gaz partira quand même du Pacifique.

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). COMMENTAIRE : Berlin veut du GNL canadien « bien sûr », mais son premier achat partira du Pacifique. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/commentaire-berlin-veut-du-gnl-canadien-bien-sur-mais-son-premier-achat-partira-du

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Maxime Marquette
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