COMMENTAIRE : 28,3 milliards pour les armes — l'Europe a enfin compris ce que veut dire soutenir l'Ukraine
Le 25 juin 2026, lors de la Conférence pour la Reconstruction de l'Ukraine à Gdańsk, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé le premier déblocage de 3,2 milliards d'euros dans le cadre du nouvel Ukraine Support Loan (USL), un prêt total de 90 mill

- Le 25 juin 2026, lors de la Conférence pour la Reconstruction de l'Ukraine à Gdańsk, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé le premier déblocage de 3,2 milliards d'euros dans le cadre du nouvel Ukraine Support Loan (USL), un prêt total de 90 mill
- Le 25 juin 2026 , lors de la Conférence pour la Reconstruction de l'Ukraine à Gdańsk , la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé le premier déblocage de 3,2 milliards d'euros dans le cadre du nouvel Ukraine Support Loan (USL) , un prêt total de 90 milliards d'euros sur deux ans.
- La formule du commissaire responsable, citée par le site EU Perspectives , mérite d'être gravée dans le marbre : « Le USL n'est pas, selon la Commission, un instrument financier.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction : Un prêt qui est une arme, pas un instrument financier
Le 25 juin 2026 à Gdańsk : une annonce historique
Le 25 juin 2026, lors de la Conférence pour la Reconstruction de l'Ukraine à Gdańsk, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé le premier déblocage de 3,2 milliards d'euros dans le cadre du nouvel Ukraine Support Loan (USL), un prêt total de 90 milliards d'euros sur deux ans. La formule du commissaire responsable, citée par le site EU Perspectives, mérite d'être gravée dans le marbre : « Le USL n'est pas, selon la Commission, un instrument financier. C'est une arme. »
Cette phrase dit tout. Après des années d'ambiguïté, d'hésitations, de débats philosophiques sur la différence entre soutien défensif et offensif, l'Union européenne a finalement articulé ce que beaucoup savaient mais peu osaient dire : soutenir l'Ukraine militairement, c'est investir dans la sécurité de l'Europe entière. Et la structure même de ce prêt le confirme de manière éloquente.
La répartition qui dit tout : 28,3 contre 16,7
Sur les 45 milliards d'euros prévus pour 2026, la répartition est sans équivoque : 28,3 milliards — soit 63% du total — sont dédiés au soutien à la défense et à la capacité industrielle de défense de l'Ukraine. Les 16,7 milliards restants sont consacrés au soutien budgétaire macro-financier — maintien de l'État, services publics essentiels, stabilité financière. L'Europe ne fait pas que maintenir un pays en vie. Elle finance sa capacité de se battre.
Je me souviens des débats de 2022, quand certains gouvernements européens refusaient d'envoyer des chars en Ukraine au nom de la "non-escalade". Trois ans plus tard, l'Europe finance directement la production de drones ukrainiens. Le changement de posture est radical — et infiniment plus honnête intellectuellement.
Ce que 28,3 milliards pour la défense signifient concrètement
Des drones d'abord : la première livraison en mars
Le premier « programme de produits » financé sous le volet défense du USL a été centré sur les drones. Selon le commissaire Ruijters, ce programme a été reçu en mars 2026 — et il n'a pu être exécuté qu'avec des fournisseurs ukrainiens, car la production européenne n'était pas disponible en volume suffisant. Un premier remboursement couvrant environ 255 contrats a été soumis le 18 juin. Le paiement était attendu avant la fin juin 2026.
Ce détail est révélateur : l'Ukraine produit des drones que l'Europe finance, et ce faisant, l'Europe finance à la fois la défense ukrainienne et le développement d'une industrie de défense ukrainienne qui sera un pilier de la sécurité continentale pour les décennies à venir. C'est un investissement stratégique, pas seulement humanitaire.
Les besoins documentés, le gap reconnu
La Commission a été transparente sur les limites de cet effort : il existe « un gap significatif entre ce dont l'Ukraine a besoin et ce que l'industrie peut livrer à court terme. » Les besoins sont clairs — drones, contre-drones, missiles, défense aérienne, munitions à longue portée, frappes en profondeur. Les producteurs européens ne peuvent pas tout fournir immédiatement. La Commission s'est réservée le droit d'aller chercher des produits hors de l'UE, via l'OTAN et des « pays partageant les mêmes valeurs », si l'Ukraine ne reçoit pas les offres nécessaires en temps et à l'échelle.
Le Président ukrainien Volodymyr Zelensky a signé une loi amendant le budget 2026 pour intégrer ce prêt, augmentant les dépenses de sécurité et de défense de 1,56 trillion de hryvnias. Les dépenses de défense totales pour 2026 atteindront un niveau record de 4,4 trillions de hryvnias — dont 2,3 trillions pour l'achat d'armes et d'équipement militaire.
Zelensky mérite qu'on reconnaisse son courage non seulement militaire, mais aussi administratif. Maintenir un État fonctionnel, des finances publiques crédibles, des réformes en cours — tout en étant en guerre — est un exploit que beaucoup de gouvernements en temps de paix seraient incapables de réaliser.
Le double verrou sur les actifs russes gelés
Un mécanisme juridique inédit
L'un des aspects les plus innovants du USL est son mécanisme de remboursement. En vertu d'une décision du Conseil européen de décembre 2025 et d'un nouveau règlement adopté sous l'Article 122.1, le remboursement par l'Ukraine est conditionnel : l'Ukraine ne remboursera le prêt qu'après avoir reçu des réparations de la Russie. En attendant, les quelque 260 milliards d'euros d'actifs russes gelés dans les dépôts européens restent immobilisés — et l'UE se réserve le droit de les utiliser pour rembourser le prêt.
C'est ce que la Commission appelle un « double verrou ». Cette formulation est importante sur le plan juridique et politique : elle ancre l'immobilisation des actifs dans les dommages causés par la Russie à l'UE elle-même — et non seulement à l'Ukraine — ce qui renforce la base légale de la mesure face aux contestations potentielles.
Ce que cela signifie pour Moscou
Pour la Russie, ce mécanisme est un message clair : chaque euro dépensé par l'Europe pour financer la défense ukrainienne est prélevé, in fine, sur les actifs russes. Le coût de la guerre est donc doublement à la charge de Moscou : les destructions infligées à l'Ukraine d'un côté, les actifs gelés mobilisables pour financer la reconstruction de l'autre. Poutine a construit une guerre qu'il pensait gagner en quelques jours — et il se retrouve à financer involontairement la résistance de l'adversaire qu'il voulait écraser.
Il est vrai que Moscou a catégoriquement exclu de payer des réparations. Mais l'exclusion rhétorique ne supprime pas la mécanique financière. Si les actifs russes sont effectivement mobilisés pour rembourser le prêt, la Russie n'aura pas son mot à dire — les comptes sont dans les juridictions européennes.
Il y a quelque chose de profondément juste dans ce mécanisme : Poutine finance, à son corps défendant, la résistance ukrainienne. Ce n'est pas de la vengeance — c'est de la responsabilité. La Russie a causé des dommages colossaux. Il est normal qu'elle en paie une partie de la facture.
À découvrir

ENQUÊTE : Gdańsk 2026 — 3,2 milliards débloqués et 160 accords signés pour reconstruire l'Ukraine
Les 25 et 26 juin 2026, la ville de Gdańsk a accueilli la 5e Conférence sur le rétablissement de l'Ukraine (URC 2026), coorganisée par…

RÉCIT : Gdańsk 2026 — dix milliards de promesses pour une Ukraine en reconstruction
Les 25 et 26 juin 2026, la ville portuaire de Gdańsk — où, en 1980, les grèves du chantier naval Lénine avaient enclenché la…

LETTRE OUVERTE : À l'Europe qui verse enfin ses 3,2 milliards — l'Ukraine vous en demande davantage
Le 25 juin 2026, lors de la Conférence de reconstruction de l'Ukraine à Gdańsk, l'Union européenne a versé la première tranche d'un
La conditionnalité des réformes : l'Ukraine qui se transforme en combattant
32 mesures de réforme pour débloquer les tranches budgétaires
Le volet soutien budgétaire du USL n'est pas un chèque en blanc. Il est conditionné à 32 mesures de réforme que l'Ukraine doit mettre en œuvre, axées sur les finances publiques : élargissement de l'assiette fiscale, amélioration de la qualité des dépenses, renforcement des systèmes de gestion financière. L'Ukraine a déjà démontré sa bonne volonté : elle a étendu sa taxe militaire, élaboré une législation sur les revenus des plateformes numériques, et s'est engagée à supprimer les exemptions de TVA sur les colis importés de faible valeur.
Ces réformes ont une double valeur : elles améliorent la gouvernance ukrainienne pour l'après-guerre, et elles montrent à l'opinion publique européenne — souvent sceptique — que l'argent ne disparaît pas dans un trou noir, mais est soumis à des mécanismes rigoureux de vérification, avec des équipes d'audit spécialisées au sein de la DG DEFIS de la Commission.
L'adhésion à l'UE : la carotte et la condition
Le 15 juin 2026, l'UE a ouvert le premier cluster de négociations d'adhésion avec l'Ukraine, couvrant les « fondamentaux » — état de droit, démocratie, droits fondamentaux. C'est un signal puissant : l'Europe ne soutient pas seulement l'Ukraine dans sa guerre défensive. Elle l'accueille dans sa famille politique et institutionnelle. Ce processus crée des incitations supplémentaires à la réforme et ancre le destin ukrainien dans le projet européen, irréversiblement.
Pour Poutine, c'est le scénario le plus redouté : non seulement l'Ukraine résiste militairement, mais elle s'intègre juridiquement, économiquement et politiquement à l'Occident. Le projet impérial russe — réabsorber l'Ukraine dans la sphère d'influence de Moscou — est en train d'être définitivement enterré, pierre par pierre, dans les réglementations bruxelloises.
Je le dis clairement : l'adhésion de l'Ukraine à l'UE est une cause que je défends sans ambiguïté. Non pas parce que c'est simple — ce sera long, coûteux, politiquement difficile. Mais parce que l'Ukraine a gagné sa place dans la famille européenne au prix du sang. Refuser de lui ouvrir la porte serait une trahison.
Ce que ce prêt dit de l'Europe politique
La mutation profonde d'une institution longtemps hésitante
Il y a encore trois ans, l'idée que l'Union européenne financerait directement des drones de combat et des munitions à longue portée aurait semblé hallucinante à beaucoup d'observateurs. Les traités européens n'étaient pas conçus pour cela. La culture institutionnelle de Bruxelles était celle de la puissance normative, pas militaire. La guerre en Ukraine a brisé ce modèle.
Ce que le USL représente, au-delà des chiffres, c'est une mutation profonde de l'identité européenne. L'Europe accepte désormais qu'elle est un acteur de sécurité — pas seulement un marché, pas seulement un ensemble de règles et de normes, mais une puissance qui doit être capable de projeter sa volonté et de protéger ses intérêts et ses valeurs. C'est un changement culturel aussi important que politique.
Le coût par citoyen : une donnée politique explosive
Le prêt représente environ 200 euros par citoyen européen. C'est la donnée politique la plus délicate de toute cette opération. Dans un contexte d'inflation, de pression budgétaire et de fatigue de guerre dans certaines sociétés européennes, ce chiffre peut être utilisé par les oppositions populistes pour alimenter le scepticisme envers le soutien à l'Ukraine.
La Commission a anticipé cette critique : « Le financement du gap pour 2026 est couvert, les premiers déboursements sont en cours, et le règlement offre la flexibilité dont l'Ukraine a besoin. » Mais la transparence ne suffit pas seule à convaincre. Il faudra aussi montrer aux citoyens européens que cet investissement a un retour — en sécurité, en stabilité régionale, en un Ukraine qui sera un jour un partenaire économique et un allié stratégique solide.
200 euros par citoyen européen. C'est moins que ce que beaucoup d'Européens dépensent en énergie supplémentaire depuis que la Russie a envahi l'Ukraine et fait exploser les prix du gaz. Le vrai calcul économique de ce soutien est largement positif — mais personne ne le formule ainsi, et c'est une faute politique.
La conférence de Gdańsk : symbole et substance
Gdańsk, ville de la résistance, ville du choix
Le choix de Gdańsk pour la Conférence pour la Reconstruction de l'Ukraine 2026 n'était pas un hasard. C'est dans cette ville que s'est né le syndicat Solidarité, que s'est joué le début de la fin du communisme soviétique en Europe. Tenir une conférence de soutien à l'Ukraine dans cette ville, c'est inscrire ce soutien dans une continuité historique : l'Europe libre qui résiste à l'impérialisme de Moscou, aujourd'hui comme il y a quarante ans.
À Gdańsk, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a annoncé le premier déblocage de 3,2 milliards d'euros — le premier acte concret d'un mécanisme de soutien de 90 milliards. Elle a aussi co-signé des accords sous le Cadre d'Investissement Ukraine représentant plus de 1,1 milliard d'euros, portant les engagements totaux sous ce cadre à 8,5 milliards, censés mobiliser près de 26 milliards en investissements publics et privés. Ce n'est pas que symbolique — c'est du béton budgétaire.
Zelensky et ses réformes : la condition de la confiance
Volodymyr Zelensky a signé le 22 juin 2026 une loi amendant le budget d'État ukrainien de 2026 pour intégrer le prêt européen. Les dépenses de défense augmentent de 1,56 trillion de hryvnias — dont 1,397 trillion pour des achats d'armes et d'équipement militaire financés par le prêt européen. Cette transparence budgétaire — exposer publiquement comment l'argent sera utilisé — fait partie des conditions que la Commission exige pour maintenir le flux des décaissements.
L'Ukraine a également ouvert ses premières négociations d'adhésion à l'UE en juin 2026, couvrant le cluster « fondamentaux » — état de droit, gouvernance. Ce processus d'adhésion est lui-même une réforme — il impose à l'Ukraine de transformer ses institutions, de lutter contre la corruption, de moderniser sa justice. C'est un double investissement : dans la guerre présente et dans la paix future.
Zelensky gère simultanément une guerre, des réformes institutionnelles, des négociations d'adhésion à l'UE, et un système budgétaire sous pression. Je ne sais pas si j'aurais son sang-froid. Ce que je sais, c'est que son leadership — imparfait, contesté, mais présent — est l'une des raisons pour lesquelles l'Ukraine tient encore.
Les États membres et le débat sur la dette : qui paie vraiment ?
L'emprunt européen commun : un précédent qui fait peur à certains
Le Ukraine Support Loan repose sur un mécanisme d'emprunt commun : 24 États membres de l'UE se portent garants de l'emprunt européen, qui est ensuite rétrocédé à l'Ukraine sous forme de prêt. Les intérêts annuels pour ces États membres s'élèvent à environ 3 milliards d'euros par an. C'est un précédent : c'est la deuxième fois après le Next Generation EU que l'Union européenne emprunte en commun à une telle échelle.
Ce précédent inquiète certains États membres, notamment ceux aux finances publiques plus strictes — Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Finlande. Ces pays ont accepté le mécanisme pour l'Ukraine dans le contexte d'urgence géopolitique. Mais ils surveillent de près que ce mécanisme ne devienne pas la norme pour financer d'autres priorités budgétaires européennes. La tension entre mutualisation des risques et discipline budgétaire reste l'une des fissures fondamentales de la construction européenne.
Le financement au-delà de 2026 : la vraie incertitude
La Commission a été honnête sur un point : « il y a une énorme incertitude sur les besoins au-delà de 2026 car ils dépendent très largement de la guerre. » Les 45 milliards de 2026 sont couverts. Les 45 milliards de 2027 dépendent d'une décision politique qui n'a pas encore été prise dans le détail. Si la guerre continue à la même intensité, si les besoins de défense restent aussi élevés, si les capacités industrielles européennes ne se développent pas suffisamment vite pour fournir ce que l'Ukraine demande — toutes ces variables rendent l'avenir incertain.
Ce n'est pas une raison de ne pas agir maintenant — c'est une raison d'agir maintenant tout en planifiant l'après. L'Europe qui a appris à penser à long terme sur le climat doit apprendre à penser à long terme sur la sécurité. Ces deux défis ont en commun d'exiger des investissements massifs aujourd'hui pour des bénéfices dont certains se matérialiseront dans une décennie.
L'incertitude au-delà de 2026 est réelle et je ne vais pas la minimiser. Mais je suis las de ceux qui utilisent cette incertitude comme argument pour ne rien faire maintenant. L'incertitude future ne neutralise pas l'urgence présente. L'Ukraine est en guerre aujourd'hui. Elle a besoin de soutien aujourd'hui. Demain, on verra.
La Russie face à ses actifs gelés : le poids de la responsabilité
260 milliards sous séquestre : la Russie finance sa propre défaite
Sur le même sujet

ENQUÊTE : Gdańsk 2026 — 3,2 milliards débloqués et 160 accords signés pour reconstruire l'Ukraine
Les 25 et 26 juin 2026, la ville de Gdańsk a accueilli la 5e Conférence sur le rétablissement de l'Ukraine (URC 2026), coorganisée par…

RÉCIT : Gdańsk 2026 — dix milliards de promesses pour une Ukraine en reconstruction
Les 25 et 26 juin 2026, la ville portuaire de Gdańsk — où, en 1980, les grèves du chantier naval Lénine avaient enclenché la…

LETTRE OUVERTE : À l'Europe qui verse enfin ses 3,2 milliards — l'Ukraine vous en demande davantage
Le 25 juin 2026, lors de la Conférence de reconstruction de l'Ukraine à Gdańsk, l'Union européenne a versé la première tranche d'un
L'une des innovations les plus audacieuses du Ukraine Support Loan est le mécanisme de remboursement adossé aux actifs russes gelés. Quelque 260 milliards d'euros d'actifs de la Banque centrale russe sont immobilisés dans les dépôts européens, principalement en Belgique (via Euroclear). Les revenus générés par ces actifs ont déjà été utilisés dans le cadre du mécanisme ERA (Extraordinary Revenues Acceleration) du G7. Selon RIA Novosti, le G7 a déjà transféré 45,5 milliards de dollars de prêts garantis par ces revenus.
Le « double verrou » juridique adopté par l'UE — qui ancre l'immobilisation des actifs dans les dommages causés à l'UE elle-même, pas seulement à l'Ukraine — est conçu pour résister aux contestations judiciaires russes. C'est une mesure juridiquement robuste, quoique jamais totalement à l'abri de procédures d'arbitrage international.
Ce que Poutine peut encore faire
La Russie a catégoriquement refusé de payer des réparations et a dénoncé le gel de ses actifs comme une « confiscation illégale. » Elle a tenté, sans succès, d'obtenir des décisions de justice dans des pays tiers invalidant ces mesures. Elle a aussi utilisé ses relais politiques en Europe — certains partis populistes et eurosceptiques — pour semer le doute sur la légalité et l'opportunité du mécanisme.
Ces manœuvres n'ont pas réussi à bloquer le prêt — qui a été approuvé par le Parlement européen et le Conseil, et dont le premier décaissement a eu lieu le 25 juin. Mais elles montrent que Poutine n'a pas renoncé à trouver des failles dans le mécanisme. La vigilance européenne sur l'intégrité de ce mécanisme — protection des actifs, réponse aux contestations juridiques, solidité politique interne — devra être maintenue sur la durée.
Il y a quelque chose de profondément satisfaisant, intellectuellement, dans le fait que la Russie finance malgré elle la résistance ukrainienne via ses actifs gelés. Poutine a déclenché une guerre pour soumettre l'Ukraine. Il se retrouve à payer pour son équipement militaire. La logique de la responsabilité a ses propres formes de justice.
Conclusion : L'Europe a choisi son camp — et c'est le bon
La paix ne se négocie pas depuis une position de faiblesse
Ce que le prêt de 45 milliards dit, fondamentalement, c'est que l'Europe a tiré la conclusion que beaucoup d'analystes répétaient depuis le début du conflit : la paix durable en Ukraine ne se construira pas par la capitulation ou la « diplomatie » qui exige de l'Ukraine de céder ses territoires. Elle se construira à partir d'une position de force ukrainienne — une position que l'Europe contribue activement à créer.
La rhétorique de Moscou sur l'« Occident qui finance la guerre, pas la paix » est aussi fausse qu'elle est cynique. L'Occident finance la résistance d'un pays agressé. Si la Russie veut la paix, elle n'a qu'à retirer ses troupes du territoire ukrainien. C'est aussi simple et aussi difficile que ça.
Un signal pour les autres démocraties : la solidarité a un prix, et il vaut la peine d'être payé
Au-delà de l'Ukraine, ce prêt historique envoie un signal à toutes les démocraties du monde : l'Europe est un partenaire fiable. Quand elle prend un engagement, elle le tient. Quand une démocratie est attaquée, elle se bat à ses côtés — financièrement, politiquement, et si nécessaire, militairement. C'est le message que Zelensky défend depuis le premier jour. C'est aussi le message que Pékin, Moscou et Pyongyang entendent, et qui les inquiète.
Ce commentaire se termine sur une certitude et une prière. La certitude : l'Europe a fait le bon choix en soutenant l'Ukraine militairement, financièrement, et politiquement. La prière : que ce soutien dure suffisamment longtemps pour que l'Ukraine puisse construire la paix qu'elle mérite — une paix de victoire, pas de capitulation.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.
Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.
Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.
Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous Sources.
Nature de l'analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.
Sources
Sources primaires
- EU Perspectives — A loan alone? Brussels steadfast on Ukraine commitment, MEPs hear — 23 juin 2026
- Commission européenne — Commission disburses the first €3.2 billion instalment to Ukraine — 25 juin 2026
- Ukrainska Pravda — Ukraine receives €3.2bn from EU — 25 juin 2026
Sources secondaires
- CommonSpace — EU releases first tranche of €90 billion loan package to Ukraine — 26 juin 2026
- Interfax Ukraine — Zelenskyy signs law amending 2026 state budget — 22 juin 2026
- Euronews — Ukraine gets €3.2 billion from EU support loan, von der Leyen says — 25 juin 2026
- Babel.ua — EU allocates first tranche of aid to Ukraine in the amount of €3.2 billion — 25 juin 2026
Recevoir les analyses géopolitiques
Conflits, puissances, alliances: le fil MadMax sans bruit inutile.
Citer cet article
Maxime Marquette (2026). COMMENTAIRE : 28,3 milliards pour les armes — l'Europe a enfin compris ce que veut dire soutenir l'Ukraine. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/28-3-milliards-pour-les-armes-l-europe-a-enfin-compris-ce-que-veut-dire-soutenir
Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.






Commentaires
Sois le premier à réagir.