BILLET : Hegseth jure une mission sans échec pour le vote, la Maison-Blanche veut rayer celle de la CISA
Pete Hegseth a qualifié la protection des élections américaines de « mission sans échec » dans une note rendue publique le 28 septembre 2026.
- Pete Hegseth a qualifié la protection des élections américaines de « mission sans échec » dans une note rendue publique le 28 septembre 2026.
- Deux fois la même formule
- Pete Hegseth a qualifié la protection des élections américaines de « mission sans échec » dans une note rendue publique le 28 septembre 2026 .
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Le greffier du comté
Deux fois la même formule
Pete Hegseth a qualifié la protection des élections américaines de « mission sans échec » dans une note rendue publique le 28 septembre 2026.
La formule n'est pas neuve. Le 26 août 2022, le général Paul Nakasone parlait déjà d'une mission « durable et sans échec » pour le Cyber Command et la NSA.
Même mission. Mêmes mots. Quatre ans d'écart.
Entre les deux, beaucoup de choses ont changé. Pas la formule.
Entre les deux phrases
Entre les deux phrases, il y a un greffier de comté.
Un bureau au sous-sol d'un hôtel de ville. Des listes électorales qu'on feuillette du pouce. Un clavier qui cliquette tard. Un téléphone fixe.
En avril, Aghogho Edevbie, numéro deux du secrétariat d'État du Michigan, a dit aux élus que des responsables électoraux locaux avaient perdu le contact avec le personnel de la CISA sur qui ils comptaient, rapporte Nextgov.
La CISA, c'est l'agence civile de cybersécurité. Celle qui répondait au téléphone.
Un comté. Un greffier. Un numéro. Voilà l'échelle du vote.
Depuis 2017, les infrastructures électorales comptent parmi les infrastructures essentielles du pays, rappelle le département de la Sécurité intérieure.
Deux fois sans échec, et un greffier entre les deux.
La note du 22 septembre
Une page, trois ordres
La note tient sur une page, précise The Hill. Hegseth l'a signée le 22 septembre.
Elle est adressée à 4 chefs. Celui du Cyber Command. Ceux de la NSA, de l'agence de renseignement de la défense et de l'agence de renseignement géospatial, selon Defense One.
Elle contient 3 ordres, rapporte Axios.
Prioriser les moyens de renseignement et de cyberdéfense pour empêcher des acteurs étrangers de se mêler des élections. Collecter du renseignement sur les menaces étrangères, dans le respect de la loi. Contrer les cybermenaces étrangères avec le département de la Sécurité intérieure.
Mobiliser chaque moyen
Hegseth demande de « mobiliser chaque moyen autorisé » contre l'influence étrangère malveillante, cite Defense One.
Le Pentagone promet d'« identifier, perturber et neutraliser » l'ingérence étrangère, selon CNN.
Des responsables disent à Axios que l'effort utilisera les capacités d'intelligence artificielle les plus avancées à ce jour.
Le porte-parole en chef du Pentagone, Sean Parnell, assure que les autorités fédérales, étatiques et locales travaillent au même pas que le Cyber Command.
La note s'appuie sur un décret de Donald Trump de 2025 sur l'intégrité des élections. Elle répond aussi à un discours de juillet où Trump accusait la Chine d'ingérence en 2020. Pékin a nié.
Page signée, trois ordres, aucun chiffre.
Un bon coup contre Moscou et Pékin
Je le dis d'abord
Je commence par ce qui est bon. Parce que c'est bon.
Défendre un scrutin contre les services de Moscou, de Pékin ou de Téhéran, c'est défendre l'Occident là où il est le plus fragile. Dans sa confiance.
Le New York Times a rapporté que des évaluations classifiées montrent la Russie en train de mener des opérations en ligne secrètes pour saper la confiance dans ces élections, selon Nextgov.
Contre cela, le Cyber Command est l'outil juste. Hegseth le met au travail. C'est un acte. Il est bon.
Les urnes restent civiles
Malgré les craintes des démocrates, nourries par le refus de Trump d'écarter l'envoi de militaires aux bureaux de vote, la note n'envoie personne aux urnes, précise Axios.
Elle vise l'étranger. Elle ne touche pas au dépouillement.
Et pourtant, une note n'est pas un dispositif.
Je le lis ainsi. Washington aiguise l'épée à l'étranger et amincit le bouclier au comté.
Sans échec à l'étranger, sans budget au comté.
Bon coup contre Moscou et Pékin, je le signe.
Ce que la page ne dit pas
Cinq absences
Defense One a lu la note jusqu'au bout.
La note ne nomme aucun adversaire.
La note ne nomme aucune opération.
La note ne prévoit aucun effectif supplémentaire.
La note ne prévoit aucun financement.
La note ne fixe aucune échéance.
Cinq trous. Une signature.
Une mission sans calendrier
Une mission sans échec. Sans date.
Un officier y lira une orientation. Un greffier y cherchera un numéro de téléphone. Il n'y en a pas.
Ce n'est pas un défaut de rédaction. C'est le format d'une note. Le dispositif, lui, doit exister ailleurs.
Où ?
Rien de faux dans la page, rien de chiffré non plus.
Le groupe qu'on cherchait
La leçon de 2016
Le Cyber Command et la NSA ont un outil pour cela. Il s'appelle le groupe de sécurité électorale.
Il sert de carrefour aux deux maisons pour partager le renseignement et contre-attaquer les trolls de Russie, d'Iran et d'ailleurs, lors de chaque élection depuis 2020, rappelle CNN.
Il est né de la leçon de 2016, quand les agences américaines avaient été prises de court par l'opération d'influence russe.
Quelques semaines avant la présidentielle de 2024, des pirates du Cyber Command ont mené une opération secrète pour perturber des trolls russes, rapporte encore CNN.
Avril 2026
En avril 2026, le nouveau chef du Cyber Command et de la NSA, le général Joshua Rudd, a dit aux élus ne pas savoir si ce groupe avait été activé pour les élections de mi-mandat, selon CNN.
Et pourtant, à sa confirmation, il qualifiait ce travail de « fondamental », rapporte Axios.
Andrew Schoka, qui a travaillé au Cyber Command en 2020, explique à CNN que ce travail demande des mois de planification. Commencer maintenant, dit-il, limite l'effet sur l'adversaire avant le scrutin.
Le 28 septembre, Rudd a déclaré que le Cyber Command et la NSA contrent régulièrement les cyberacteurs étrangers malveillants, y compris ceux qui veulent s'ingérer dans le processus démocratique.
Le même jour, CNN écrit qu'on ignore quel rôle ce groupe jouera.
Le chef du groupe ne savait pas s'il existait.
Trois boucliers amincis
Au FBI et au renseignement
Pendant ce temps, d'autres portes se sont fermées.
La deuxième administration Trump a démantelé le groupe de travail du FBI sur l'influence étrangère, écrit Defense One.
Au bureau du directeur du renseignement national, une refonte a dispersé les responsabilités du centre sur l'influence étrangère malveillante. En mai, 2 fonctionnaires ont été chargés de coordonner le renseignement sur les menaces électorales, selon Nextgov.
Deux fonctionnaires. Pour cinquante États. Faites le calcul.
À la CISA
À la CISA, le soutien électoral a été réduit, ajoute Defense One.
CNN résume l'inquiétude de responsables actuels et anciens de la sécurité nationale. Selon eux, cette administration ne ferait pas de la défense électorale une priorité.
Trump a aussi continué à rejeter ou à contester le renseignement passé sur les efforts russes et chinois pour influencer les élections, écrit CNN.
Trois boucliers. Tous plus minces.
Trois boucliers amincis avant de sortir l'épée.
La ligne de la CISA
Le budget 2027
En avril 2026, le budget proposé par la Maison-Blanche pour 2027 prévoyait environ 700 millions de dollars de coupes dans les programmes de la CISA, rapportait Nextgov.
Le budget proposait d'éliminer entièrement le programme de sécurité électorale de l'agence.
Le budget proposait de supprimer les conseillers électoraux déployés dans le pays.
Le budget proposait de mettre fin au soutien de la CISA au centre de partage d'information sur les infrastructures électorales, le carrefour des alertes pour les responsables électoraux locaux.
Axios le résume d'une phrase. Trump a proposé de couper le budget de sécurité électorale de la CISA.
Le Congrès décidera
Le Congrès doit approuver ces changements. L'an dernier, il avait fortement réduit la portée des coupes demandées, rappelle Nextgov.
Le président républicain du comité de la Sécurité intérieure de la Chambre, Andrew Garbarino, dit soutenir fermement la mission de la CISA.
La défense des élections n'est pas une affaire de parti. Un républicain le dit. Je le note.
Proposer n'est pas voter. Mais proposer, c'est dire ce qu'on veut garder.
Ligne budgétaire rayée, et c'est celle du vote.
Chercher la fraude d'hier
Le regard tourné vers 2020
Pendant que la défense civile maigrit, d'autres efforts grossissent.
D'importantes ressources ont été consacrées à chercher des cas de fraude dans les élections passées et dans les listes électorales, avec une partie du personnel de la Sécurité intérieure affectée à cette tâche, écrit Axios.
Le regard va vers 2020. En janvier, le FBI a saisi des machines de vote utilisées en 2020 dans le comté de Fulton, en Géorgie.
Le regard va vers 2024. Le département de la Justice a demandé à 30 bureaux électoraux d'État de conserver leurs dossiers de cette élection, dans le cadre d'un litige.
Le regard va vers les listes électorales, passées au peigne fin à la recherche de fraudes.
Le regard qui manque
Plus tôt cette année, Trump a dit au New York Times regretter de ne pas avoir ordonné à la Garde nationale de saisir des machines en 2020, rapporte Axios.
La note de Hegseth, elle, ne dirige personne vers les machines.
Mais un État a un nombre limité d'yeux. Ceux qu'on tourne vers hier ne regardent pas demain.
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Hier fouillé, demain laissé à découvert.
Le plan du 24 septembre
Dix conseillers régionaux
Voici ce qui dérange mon billet, et je le publie.
Le 24 septembre, deux jours après la note, le département de la Sécurité intérieure a publié le plan 2026 de sécurité des infrastructures électorales de la CISA.
Des services gratuits et volontaires. Partage de renseignements. Expertise technique. Balayage des vulnérabilités.
« La sécurité électorale, c'est la sécurité nationale », a dit le secrétaire Markwayne Mullin. Le plan sera mis en œuvre « intégralement », promet-il.
Le plan fait des 10 directeurs régionaux de la CISA des conseillers en sécurité électorale. Des séances d'information classifiées atteignent plus de 70 lieux sécurisés, selon Nextgov.
La plateforme de partage promise a servi pendant la Coupe du monde 2026, dit l'agence. Tous les responsables électoraux y auront accès sans frais.
Ce qu'il ne chiffre pas
C'est un vrai geste. Il ne change pas la question.
Le plan ne précise pas combien d'employés feront le travail.
Le plan ne rétablit pas les postes de conseillers électoraux dédiés.
Le plan ne nomme pas le centre de partage d'information électorale qui recevait jusqu'ici le soutien de la CISA.
Et il n'explique pas comment il s'accorde avec un budget qui propose d'éliminer le programme électoral, note Nextgov.
Dix directeurs, et aucun chiffre d'effectif.
Une autre note, en 2020
Les données brutes
Il faut se souvenir d'une autre note.
Après la défaite de 2020, des alliés de Trump ont fait circuler un texte. Il demandait au président d'utiliser les données brutes du renseignement électromagnétique du Pentagone et de la NSA pour enquêter sur une fraude électorale, selon le Washington Post cité par Axios.
Les responsables visés ont dit, à l'époque, ne pas l'avoir vu.
Six ans plus tard, le même président a déjà mobilisé des fonctionnaires fédéraux pour chercher des preuves de fraude, écrit Axios.
Dans le respect de la loi
La note de 2026 dit autre chose. La collecte se fera dans le respect de la loi, de la réglementation et des directives, cite Axios.
Defense One le souligne aussi. Le Cyber Command agira sous ses autorités existantes.
Cette précision n'est pas décorative. Elle trace la frontière entre surveiller l'étranger et surveiller ses propres électeurs.
Je la salue. Je la garderai sous les yeux jusqu'au scrutin.
Une ligne. Mais la bonne.
Vers l'étranger, et seulement vers l'étranger.
Le téléphone du Michigan
Ce que les élus locaux ont perdu
Revenons au greffier.
Il ne lit pas les notes du Pentagone. Il lit ses listes électorales. Il vérifie ses machines. Il attend une alerte.
En avril, au Michigan, on a dit aux élus que ce lien s'était rompu. Les personnes qu'on appelait n'étaient plus là.
The Record, cité par Nextgov, rapporte que l'administration ne publiera plus d'avertissements publics déclassifiés avant le scrutin. En 2024, les agences fédérales publiaient des mises à jour fréquentes.
L'épée et le bouclier
Le Cyber Command frappe loin, au-delà des frontières. La CISA parle au comté.
L'un est une épée. L'autre, un guichet. Les deux comptent.
L'une reçoit une note. L'autre reçoit une proposition de coupe.
Si un comté détecte une intrusion la veille du vote…
J'aimerais écrire que le soldat répondra au greffier. Rien dans la note ne le dit.
Le silence d'un téléphone ne fait pas de bruit. Il laisse seulement la pièce plus froide.
Sans échec au Pentagone, sans réponse au comté.
Russie, Chine, Iran
La menace nommée ailleurs
La menace existe. Elle a des noms.
En 2022, le bureau du directeur du renseignement national nommait la Russie, la Chine et l'Iran parmi les acteurs susceptibles de s'ingérer, rappelait le Pentagone.
En 2026, selon le New York Times cité par Nextgov, la Russie mène des opérations en ligne secrètes. Les évaluations n'ont pas trouvé de tentative de compromettre les machines de vote.
Ces adversaires opèrent sous le seuil du conflit armé, disait en 2022 le codirecteur militaire du groupe. Les perturber, c'était son travail.
Ce que Trump a fait des preuves
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En juillet, Trump a utilisé des documents déclassifiés sur des données d'électeurs américains détenues par la Chine pour relancer ses accusations sur 2020.
Un examen a conclu que ces documents n'établissaient pas que Pékin avait modifié des bulletins ou le résultat, rapporte Nextgov.
La note de Hegseth ne nomme ni Moscou, ni Pékin, ni Téhéran.
La prudence peut l'expliquer. Le silence, lui, laisse la place à toutes les lectures.
Moscou travaille déjà, la note ne le nomme pas.
Soixante-quinze jours contre cinq semaines
Août 2022
En 2022, sous Joe Biden, le Pentagone annonçait son dispositif à 75 jours du scrutin de mi-mandat.
Le groupe de sécurité électorale avait été remis sur pied au début de l'année. Il avait deux codirecteurs nommés, un général de brigade du Cyber Command et une cadre de la NSA.
Ses objectifs étaient écrits. Comprendre les adversaires. Partager avec les partenaires. Imposer des coûts aux acteurs étrangers.
On ne peut pas seulement observer nos adversaires, disait sa codirectrice de la NSA. Il faut agir.
Septembre 2026
En 2026, la note arrive à environ cinq semaines du scrutin, selon CNN.
Elle ne nomme aucun responsable du groupe. Elle ne dit pas s'il existe encore sous cette forme.
Un responsable cité par Axios assure que c'est ce que fait le Cyber Command tous les jours. Défendre le pays contre les cyberacteurs étrangers serait une mission permanente.
Et pourtant, une mission permanente n'a pas besoin d'être annoncée cinq semaines avant le vote.
Soixante-quinze jours, c'est une saison. Cinq semaines, c'est un sprint.
En 2022, soixante-quinze jours d'avance, en 2026, cinq semaines.
Ce que la note révèle
L'épée et le guichet
Voilà ce que ce billet retient.
La note révèle un déplacement. La défense du vote passe du guichet civil à l'épée militaire.
L'épée frappe loin, en secret. Le guichet répond au téléphone, en public, au comté.
Une démocratie a besoin des deux. Washington vient d'annoncer l'une et de proposer de couper l'autre.
Regardez la page
Regardez ce qu'on vous montre. Une page signée, à cinq semaines du vote.
Regardez ce qu'on ne vous montre pas. Un effectif, un budget, une date, un nom d'adversaire.
Un acte peut être juste et insuffisant à la fois. C'est le cas ici.
Je ne reproche pas à Hegseth d'avoir signé. Je reproche à son gouvernement de laisser croire qu'une signature suffit.
L'épée sort, le bouclier maigrit.
Une page ne répond pas au téléphone
Le jour du scrutin
La note est bonne. Le dispositif qu'elle suppose n'est pas visible.
Le plan civil existe. Son budget, lui, est promis à la coupe.
Entre les deux, un greffier attend une alerte qui viendra, ou non. La note, elle, restera dans un classeur.
Au bout du fil
Le jour du scrutin, le greffier de comté qui a perdu son contact à la CISA saura-t-il encore à qui téléphoner ?
Le Cyber Command sera au travail, quelque part.
Le téléphone du sous-sol, lui, sonnera dans une pièce vide, ou ne sonnera pas.
Une mission sans échec, et un comté sans voix au bout du fil.
Sources :
Sources Primaires :
- Axios — la note de Hegseth du 22 septembre et ses trois ordres, 28 septembre 2026
- Département de la Sécurité intérieure — plan 2026 de sécurité des infrastructures électorales, 24 septembre 2026
- DoD News (CHIPS) — Cyber Command et NSA défendent les élections de mi-mandat, 26 août 2022
Sources Secondaires :
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). BILLET : Hegseth jure une mission sans échec pour le vote, la Maison-Blanche veut rayer celle de la CISA. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/billet-hegseth-jure-une-mission-sans-echec-pour-le-vote-la-maison-blanche-veut-rayer
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Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.
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