ANALYSE : Carroll vs. Trump — la Cour suprême reporte pour la 15e fois un verdict à 5 millions $
Quinze. Quinze fois depuis février 2026, la Cour suprême des États-Unis a retiré de son calendrier l'examen de l'appel de Donald Trump contre le verdict de 5 millions de dollars rendu par un jury new-yorkais dans l'affaire E. Jean Carroll — celle qui a conclu à un abus sexuel et à une diffamation contre la chroniqueuse américaine. La dernière déprogrammation en date remonte au
- Quinze. Quinze fois depuis février 2026, la Cour suprême des États-Unis a retiré de son calendrier l'examen de l'appel de Donald Trump contre le verdict de 5 millions de dollars rendu par un jury new-yorkais dans l'affaire E. Jean Carroll — celle qui a conclu à un abus sexuel et à une diffamation contre la chroniqueuse américaine. La dernière déprogrammation en date remonte au
- Trump — la Cour suprême reporte pour la 15e fois un verdict à 5 millions $
- Introduction : quinze reports, une seule question — la Cour suprême joue-t-elle la montre ?
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
ANALYSE : Carroll vs. Trump — la Cour suprême reporte pour la 15e fois un verdict à 5 millions $
Introduction : quinze reports, une seule question — la Cour suprême joue-t-elle la montre ?
Un chiffre qui dit tout
Quinze. Quinze fois depuis février 2026, la Cour suprême des États-Unis a retiré de son calendrier l'examen de l'appel de Donald Trump contre le verdict de 5 millions de dollars rendu par un jury new-yorkais dans l'affaire E. Jean Carroll — celle qui a conclu à un abus sexuel et à une diffamation contre la chroniqueuse américaine. La dernière déprogrammation en date remonte au 23 juin 2026, sans explication publique de la part du tribunal.
Ce n'est pas un accident de procédure. Ce n'est pas non plus un calendrier surchargé. C'est un rythme qui, à force de se répéter, dessine une trajectoire que les observateurs les plus prudents ne peuvent plus ignorer. Pendant que la Cour suprême reporte, Trump accumule des intérêts sur plus de 100 millions de dollars de dettes judiciaires envers Carroll — et ces intérêts, eux, ne font pas de pause.
Le contexte de l'affaire en trois actes
Tout commence dans les années 1990, dans la cabine d'essayage d'un grand magasin de Manhattan. E. Jean Carroll affirme que Trump l'y a agressée sexuellement. Ce dernier a toujours nié. En 2022, une nouvelle loi de l'État de New York permettant aux victimes d'agressions passées d'intenter des recours civils ouvre la voie à un procès. En 2023, un jury fédéral rend un premier verdict : 5 millions de dollars pour abus sexuel et diffamation. Un second jury prononce ultérieurement un verdict de 83,3 millions de dollars supplémentaires pour diffamation aggravée.
En 2024, la 2e Cour d'appel fédérale confirme le premier verdict. En juin 2025, Trump échoue à obtenir un réexamen par l'ensemble des juges d'appel. Il se tourne alors vers la Cour suprême — et c'est là que commence le marathon des reports.
Le mécanisme des reports : procédure normale ou traitement de faveur ?
Ce que dit la procédure standard
À la Cour suprême, une affaire peut être « rescheduled » — c'est-à-dire retirée puis réinscrite au calendrier des conférences privées des juges — pour des raisons diverses : attente d'un dossier complet, délibération sur une pétition connexe, ou simple gestion de charge de travail. La Cour ne commente généralement pas ces décisions, ce qui les rend opaques par nature.
À titre de comparaison, un dossier portant sur l'autorité fédérale dans les réserves autochtones a été reprogrammé 17 fois l'année dernière — ce qui montre que les reports multiples ne sont pas, en soi, extraordinaires. Mais l'identité du requérant, en l'espèce le président des États-Unis en exercice, ajoute une dimension politique que les procédures formelles ne peuvent pas évacuer.
Le bénéfice concret pour Trump
Chaque semaine de report est une semaine où Trump n'a pas à payer. Les intérêts légaux s'accumulent sur les deux verdicts combinés, portant la dette totale estimée à plus de 100 millions de dollars selon les calculs publiés en juin 2026. Si la Cour décide finalement d'examiner les deux affaires Carroll ensemble — l'équipe Trump a annoncé le 2 juin 2026 son intention de porter le verdict de 83,3 millions devant la Cour suprême — une décision finale pourrait être repoussée jusqu'à l'automne 2026 ou au-delà.
Pour Carroll, dont les avocats ont confirmé qu'elle n'a encore rien reçu malgré les verdicts, ce calendrier n'est pas une abstraction procédurale. C'est une injustice concrète, quotidienne.
La dette de 100 millions et la stratégie de l'usure
Additionner les verdicts et les intérêts
Le premier verdict — 5 millions de dollars — date de mai 2023. Le second — 83,3 millions — de janvier 2024. Plus de deux ans de non-paiement sur des sommes aussi considérables génère des intérêts légaux substantiels. Des calculs publiés au printemps 2026 estiment que la dette totale, intérêts compris, dépasse désormais 100 millions de dollars. Trump, dont la fortune personnelle est évaluée en milliards, a les moyens théoriques de payer — mais utilise le système judiciaire comme un outil de report.
La stratégie n'est pas nouvelle. Trump a utilisé pendant des décennies les recours judiciaires et les délais procéduraux dans ses litiges commerciaux pour épuiser ses adversaires financièrement moins solides. Appliquer cette même logique à une victime de violences sexuelles — pardon, la loi interdit ce mot ; appelons cela une victime d'abus sexuel — est une autre forme de la même pression.
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Carroll face au mur de l'argent
Les avocats d'E. Jean Carroll ont bénéficié d'un financement extérieur, notamment de la part de Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, ce qui a permis de maintenir la pression judiciaire malgré les coûts considérables du litige. C'est précisément ce financement qui est au cœur de l'enquête criminelle ouverte par le DOJ de Trump en juin 2026 — une enquête que les critiques qualifient de représailles institutionnelles.
Sans ce soutien financier, la bataille judiciaire aurait pu s'essouffler bien avant d'arriver là où elle en est. Ce qui soulève une question plus profonde : que se passe-t-il lorsque l'adversaire dispose de ressources quasi illimitées — y compris les ressources de l'État ?
L'argument de Trump devant la Cour suprême
« Liberal Lawfare » — la défense par la rhétorique
En janvier 2026, les avocats de Trump ont soumis leurs arguments écrits à la Cour suprême. Leur ligne centrale : les accusations sont des « allégations vieilles de plusieurs décennies et sans fondement », et l'affaire constitue une forme de « Liberal Lawfare » — une guerre judiciaire d'inspiration politique. Ils contestent notamment la recevabilité des témoignages de deux autres femmes affirmant avoir subi des comportements similaires de la part de Trump, ainsi que la diffusion de la bande Access Hollywood au cours du procès.
En face, les avocats de Carroll ont soutenu que le juge fédéral Lewis Kaplan avait correctement géré les preuves, et que la Cour suprême n'avait aucune raison valable d'interférer avec un verdict confirmé deux fois en appel. L'arrêt de 2024 sur l'immunité présidentielle ne s'applique pas, selon eux, car les faits reprochés à Trump sont antérieurs à sa présidence.
La bande Access Hollywood et la jurisprudence des preuves
Le juge Kaplan avait justifié l'admission de la bande Access Hollywood — dans laquelle Trump se vante de pouvoir attraper les femmes par les parties génitales — en estimant qu'elle était pertinente pour établir la probabilité d'un contact non consenti. La 2e Cour d'appel, dans son arrêt unanime de 2024, avait validé ce raisonnement.
Trump et son équipe voient dans cette admission un biais anti-Trump. Les observateurs juridiques notent que les règles probatoires permettent effectivement l'introduction de comportements passés similaires dans des affaires d'agression sexuelle civile. Le droit est clair ; ce qui est contesté, c'est l'interprétation de son application au cas d'espèce.
Ce que ce dossier dit de la Cour suprême sous Trump II
Une Cour à 6-3 qui marche sur des œufs
La Cour suprême actuelle, avec sa majorité conservatrice de 6 juges contre 3, se trouve dans une position délicate sur les dossiers impliquant directement Trump. Trois des six juges conservateurs — Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett — ont été nommés par Trump himself. Un rejet clair de son appel les exposerait à des accusations de traîtrise dans la bulle MAGA. Une acceptation les exposerait à des accusations de partialité manifeste.
Reprogrammer indéfiniment est peut-être, cyniquement, la solution de facilité : ne pas trancher, laisser le temps passer, espérer que d'autres événements absorbent l'attention. Ce n'est pas de la jurisprudence — c'est de la politique judiciaire.
Le précédent et l'institution
Chaque report supplémentaire érode un peu plus la crédibilité de la Cour suprême comme arbitre impartial. Si l'institution la plus haute du système judiciaire américain semble incapable — ou réticente — à traiter une affaire parce que l'appelant est le président en exercice, que reste-t-il du principe d'égalité devant la loi ? Le message envoyé au reste du monde est troublant : en Amérique de Trump II, la justice peut être indéfiniment mise en attente par la puissance politique.
Des organisations de défense du droit des femmes et des associations de juristes suivent ce dossier avec une attention particulière. Pour elles, il ne s'agit pas seulement de Carroll et de Trump — il s'agit de savoir si les tribunaux américains peuvent encore protéger les plaignantes ordinaires contre des défendeurs extraordinairement puissants.
Les 83,3 millions du second verdict : l'autre montagne
La diffamation portée à l'extrême
Le second procès, conclu en janvier 2024, portait exclusivement sur la diffamation : Trump avait déclaré publiquement que Carroll mentait, qu'elle n'était « pas son type », et avait continué à la discréditer après une première condamnation. Le jury a estimé que ces attaques répétées méritaient une sanction exceptionnelle : 83,3 millions de dollars, dont une large part de dommages punitifs.
La 2e Cour d'appel a confirmé ce montant en 2025, qualifiant les faits d'« extraordinaires et atroces ». Trump a annoncé le 2 juin 2026 son intention de porter ce second verdict devant la Cour suprême, en demandant que les deux affaires Carroll soient examinées ensemble — une stratégie qui, si elle réussit, repoussera encore davantage toute perspective de paiement.
Stratégie de consolidation : attendre jusqu'à l'automne 2026 ?
Si la Cour suprême accepte la demande de consolidation des deux affaires Carroll, elle ne statuera probablement pas avant l'automne 2026, voire le début de la session 2026-2027. Ce scénario signifie que Carroll devra attendre encore au moins six mois supplémentaires — soit plus de trois ans après le premier verdict — pour savoir si la Cour daignera examiner son cas.
Dans l'intervalle, les intérêts continuent de s'accumuler, mais Carroll n'a pas encore vu un seul dollar. Ses avocats ont maintenu des garanties financières imposées à Trump dans le cadre des procédures d'appel, mais ces garanties ne sont pas de l'argent liquide — elles sont conditionnelles à l'issue finale des recours.
Les 100 millions de dettes accumulées : anatomie d'un non-paiement
Le calcul des intérêts légaux
Aux États-Unis, les verdicts civils non payés génèrent des intérêts légaux calculés selon les taux fédéraux ou étatiques selon les juridictions. Avec deux verdicts combinés dépassant 88 millions de dollars au moment de leur prononcé, et plus de deux ans d'accumulation pour le premier, plus d'un an pour le second, les estimations publiées au printemps 2026 portent la dette totale potentielle de Trump à plus de 100 millions de dollars.
Il faut cependant distinguer ce que Trump doit théoriquement et ce qui peut être exécuté concrètement. Tant que les appels sont pendants et que des garanties sont maintenues, l'exécution du jugement est suspendue. Ce mécanisme protecteur du droit d'appel est légitime en soi — mais son utilisation répétée dans une affaire marquée par autant de delays interroge.
Les fonds de caution et les garanties maintenues
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Dans le cadre des procédures d'appel, Trump a dû fournir des cautions ou constituer des garanties suffisantes pour couvrir les montants contestés. Des sociétés de caution ont été impliquées, générant leurs propres frais et complications. Le maintien de ces garanties pendant une période aussi longue représente un coût réel — mais nettement inférieur à ce que serait un paiement immédiat avec intérêts.
Pour les observateurs financiers, cette stratégie est cohérente avec le modus operandi historique de Trump en matière de litiges : utiliser chaque levier disponible pour retarder, et espérer une résolution favorable ou un épuisement de l'adversaire. La différence cette fois : l'adversaire est soutenue financièrement, déterminée, et son affaire est devenue un symbole politique bien au-delà de ses enjeux personnels.
L'enquête criminelle du DOJ contre Carroll : représailles d'État ?
Une enquête au service d'une vendetta personnelle
En juin 2026, le Département de Justice de Trump a ouvert une enquête criminelle contre E. Jean Carroll, ciblant une prétendue fausse déclaration lors d'une déposition de 2022. Carroll avait alors affirmé ne pas avoir reçu de soutien financier extérieur pour son procès. Les procureurs allèguent que l'aide de Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, contredit cette déclaration. La 2e Cour d'appel avait auparavant rejeté des allégations similaires dans le cadre civil.
Cette enquête survient quelques jours après que Trump a annoncé son intention de porter le second verdict Carroll devant la Cour suprême. Le timing ne passe pas inaperçu : ouvrir une procédure criminelle contre une plaignante qui vous a vaincu deux fois devant jury, c'est utiliser les ressources de l'État à des fins personnelles — une ligne que les démocraties saines ne franchissent normalement pas.
La réponse de Carroll et de ses avocats
Carroll et son équipe juridique ont rejeté cette enquête comme une tentative d'intimidation. Ses avocats ont rappelé que le prétendu parjure sur le financement est une question qui relève tout au plus des règles de disclosure civile, pas d'une procédure criminelle fédérale. Dans le droit américain, les poursuites criminelles pour parjure dans des dépositions civiles sont extrêmement rares — et encore plus rares quand elles visent une plaignante dont l'adversaire dirige l'appareil de justice.
Pour les défenseurs des droits des femmes, cette enquête envoie un message glaçant à toute victime potentielle : aller en justice contre un homme puissant peut vous exposer à des représailles de l'État. C'est un effet dissuasif que les juristes constitutionnels qualifient de chilling effect — et il est particulièrement toxique pour l'intégrité du système judiciaire.
Conclusion : justice en suspens, démocratie en test
Ce que la 15e fois signifie vraiment
Quinze reports. Pas de date fixée. Pas d'explication. Donald Trump reste en poste, accroît son pouvoir, et l'affaire Carroll reste suspendue dans les limbes judiciaires comme un symbole de tout ce qui cloche dans la relation entre pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire aux États-Unis en 2026. Ce n'est pas une fin. C'est une attente — et chaque jour qui passe est une victoire de fait pour celui qui attend de payer.
La résistance de Carroll et ce qu'elle représente
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E. Jean Carroll, 80 ans, n'a pas abandonné. Elle continue de se battre, avec ses avocats, avec ses soutiens, contre un adversaire qui dispose de ressources institutionnelles et financières incomparablement supérieures. Son combat n'est plus seulement le sien — il est devenu celui de toutes les femmes qui tentent d'obtenir justice face à des hommes puissants qui utilisent le temps comme arme. La Cour suprême devra bien finir par se prononcer. Quand ? On ne sait pas. Mais Carroll, elle, attend.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Qui je suis et mes biais assumés
Je suis chroniqueur, pas juge. Je couvre les affaires judiciaires américaines depuis plusieurs années, avec une conviction profonde que le système judiciaire est le dernier rempart de la démocratie — et que sa dégradation sous pression politique est l'un des signaux d'alarme les plus graves d'une société. Je suis favorable à ce que les victimes soient protégées et que les verdicts soient exécutés. Je reconnais que cela colore ma lecture de ce dossier. Je l'assume.
Ce que je ne sais pas et ma méthode
Je n'ai pas accès aux délibérations privées de la Cour suprême ni aux motivations internes des juges. Je ne peux pas affirmer avec certitude que les reports sont motivés par des considérations politiques — c'est une hypothèse plausible, pas un fait établi. Mes informations proviennent des articles de CNN du 22 juin 2026, de Democracy Now du 23 juin 2026, de l'analyse de The Guardian du 6 juin 2026, et de SCOTUSblog. J'ai croisé ces sources pour ne retenir que les faits vérifiables.
Sources
Sources primaires
Sources secondaires
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). ANALYSE : Carroll vs. Trump — la Cour suprême reporte pour la 15e fois un verdict à 5 millions $. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/analyse-carroll-vs-trump-la-cour-supreme-reporte-pour-la-15e-fois-un-verdict-a-5
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Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.
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