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La ChroniqueAnalyse· N° 7652

ANALYSE : Marcos négocie un forage avec Pékin malgré ses pêcheurs privés de mer — 3 000 milliards en jeu

C'est ce qui transite chaque année par la mer de Chine méridionale. Le pétrole du Golfe, les puces de Taïwan, le soya du Brésil, les conteneurs qui finissent dans nos garages et nos cuisines — tout passe par là, par ce couloir d'eau chaude que la Chine revendique presque en entier.

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  1. C'est ce qui transite chaque année par la mer de Chine méridionale. Le pétrole du Golfe, les puces de Taïwan, le soya du Brésil, les conteneurs qui finissent dans nos garages et nos cuisines — tout passe par là, par ce couloir d'eau chaude que la Chine revendique presque en entier.
  2. Trois mille milliards de dollars.
  3. C'est ce qui transite chaque année par la mer de Chine méridionale.
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Trois mille milliards de dollars.

C'est ce qui transite chaque année par la mer de Chine méridionale. Le pétrole du Golfe, les puces de Taïwan, le soya du Brésil, les conteneurs qui finissent dans nos garages et nos cuisines — tout passe par là, par ce couloir d'eau chaude que la Chine revendique presque en entier.

Retenez le chiffre, il reviendra : trois mille milliards.

Et le 14 août, devant les correspondants étrangers réunis à Manille, le président des Philippines a prononcé les mots que personne n'attendait de lui cet été-là.

Une « possibilité distincte ».

Ferdinand Marcos Jr parlait d'un forage conjoint de pétrole et de gaz. Avec la Chine. Dans cette même mer où, trois semaines plus tôt, des navires chinois arrosaient ses bateaux au canon à eau.

L'allié qui devrait contenir Pékin s'est mis à négocier avec lui.

La possibilité distincte

Reprenons ses mots exacts, parce que les mots exacts sont tout ce qui sépare une analyse d'un procès d'intention.

« Je peux voir la possibilité distincte qu'il y ait une telle exploration conjointe », a dit Marcos au déjeuner de la Foreign Correspondents Association of the Philippines. Les discussions durent depuis des années, a-t-il rappelé, mais elles ont « gagné en importance » depuis l'urgence énergétique nationale — ces semaines où l'approvisionnement en produits pétroliers s'est resserré, où les prix ont grimpé, où le quotidien des Philippins s'est mis à coûter plus cher.

Puis il a ajouté : « Nous avons avancé ».

Les pourparlers de haut niveau ont repris en mars. Ils portent, entre autres, sur le banc de Reed — Recto Bank pour les Philippins —, un plateau sous-marin que Manille considère comme sien et que Pékin considère comme sien aussi. Il reste à écrire les termes de référence : qui fore, qui encaisse, qui décide. Marcos refuse de donner un échéancier.

Il a dit autre chose, ce midi-là — et cette phrase-là mérite qu'on s'y arrête un instant.

« La Chine est encore l'un des plus grands investisseurs aux Philippines. »

Voilà l'ambivalence, nue, sans maquillage. Le pays qui conteste vos récifs finance vos routes. Le pays qui vise vos marins achète vos fruits. On voudrait que la géopolitique soit un choix entre un ami et un ennemi. Pour Manille, c'est un choix entre la facture et la ligne de front.

Vingt-cinq jours plus tôt, le canon

Posons les deux calendriers côte à côte. C'est là que cette histoire devient vertigineuse.

Le 20 juillet, lors d'un face-à-face en mer, la garde côtière chinoise frappe un marin de la marine philippine. À la tête. L'information vient du commandement philippin, elle est sèche, presque administrative.

Un homme. Une tête. Un uniforme allié.

Le 24 juillet, des navires chinois arrosent au canon à eau des bateaux du bureau philippin des pêches près du récif de Scarborough. Deuxième jour de suite. Troisième confrontation en une semaine. Une équipe de CNN se trouve à bord d'un des bateaux visés : les images montrent le jet qui balaie le pont, les embruns qui giflent, les hommes qui se cramponnent.

Et disons ce que faisaient ces bateaux-là, au moment précis où on les arrosait : ils livraient du carburant aux pêcheurs locaux. Pas des missiles. Pas des radars. Du carburant, pour que des barques puissent rentrer au port.

La veille encore, Pékin affirmait avoir « chassé » des navires philippins du secteur, comme on parle d'oiseaux sur un champ.

Pendant que les diplomates préparaient la reprise des pourparlers, les lances à eau étaient déjà en position.

Pendant que Manille rédigeait ses termes de référence, Pékin ajustait son tir.

Pendant que le président parlait d'exploration conjointe, ses marins comptaient leurs bleus.

La même mer. Dans le même mois. Les deux mains du même État : une qui signe, une qui frappe.

Le récif confisqué

Scarborough n'est pas un récif parmi d'autres. C'est la blessure la plus ancienne de cette relation.

Depuis 2012, la Chine en contrôle l'accès de fait. Quatorze ans que les pêcheurs philippins doivent demander, contourner, renoncer. Quatorze ans que le triangle de corail où leurs pères jetaient leurs filets appartient, dans les faits, à des coques grises qui ne parlent pas leur langue.

Et cette année, Pékin a trouvé mieux que les coques grises : le vocabulaire de l'écologie.

Une « réserve naturelle nationale ». Voilà ce que la Chine a déclaré sur Huangyan Dao — son nom pour Scarborough. Des « mesures administratives » pour protéger le corail, comprenez : pour tenir le pêcheur philippin à distance, avec un argument vert par-dessus le canon à eau.

Washington n'a pas laissé passer. Le 10 août, le porte-parole du département d'État, Thomas Pigott, a rejeté ce qu'il a appelé des « prétextes environnementaux et juridiques douteux, appuyés par la coercition », et rappelé que la sentence arbitrale de 2016 reconnaît aux pêcheurs philippins l'accès à leur zone de pêche traditionnelle.

Quatre jours plus tard, à Pékin, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Guo Jiakun a répondu que Huangyan Dao « a toujours été le territoire de la Chine » et que les États-Unis « ne sont pas en position de pointer du doigt ».

Un récif de corail. Deux empires qui se répondent par porte-parole. Et entre les deux, des barques en bois qui rentrent vides.

Illégal, nul et non avenu

Lisez la déclaration chinoise du 31 juillet : le ton véritable de ce « dégel » s'y mesure ligne à ligne, sans effort d'interprétation.

Ce jour-là, Manille venait de tracer les lignes de base de la mer territoriale autour de Scarborough — un acte de droit interne, une manière de dire : ceci est chez nous, voici les coordonnées. La réponse du ministère chinois des Affaires étrangères tient en trois mots répétés comme un marteau : « illégal, nul et non avenu ».

La sentence de 2016 ? « Illégale, nulle et non avenue. »

La loi philippine sur les zones maritimes, votée par un parlement souverain dans un pays souverain ? « Illégale, nulle et non avenue », encore, au mot près.

Les lignes de base ? Pareil.

Et la phrase finale, sans ambiguïté aucune : si les Philippines continuent, « la Chine répondra résolument ».

Rappelons ce que vaut cette sentence que Pékin déchire en public. En 2016, une cour arbitrale constituée en vertu du droit de la mer a invalidé l'essentiel des revendications chinoises dans cette mer, dans une cause portée par Manille. Elle a dix ans cette année. Dix ans que la Chine perd sur le papier et gagne sur l'eau.

Le droit dit une chose, et les coques grises en font une autre, chaque matin.

C'est exactement dans cet écart que Marcos avance.

Entre la sentence et la mer, il essaie de faire tenir un contrat de forage.

L'homme qui rentre sans poisson

Oublions les porte-parole une minute. Descendons à hauteur d'eau.

Un pêcheur de la côte de Zambales — Masinloc, Subic, peu importe le port — se lève avant le soleil, comme son père avant lui. Le récif de Scarborough est à environ deux cents kilomètres de sa côte : loin pour un homme, dérisoire pour un droit maritime. C'est sa zone de pêche traditionnelle. Rien de tout cela ne sort de ma plume : c'est la sentence de 2016, noir sur blanc.

Il connaît le lagon, les passes, l'heure où le poisson monte vers la lumière.

Et il reconnaît de loin, désormais, la silhouette des vedettes chinoises, le bruit que fait un moteur qui accélère derrière vous.

S'il approche, on le refoule. S'il insiste, on l'arrose. Et depuis cet été, on peut lui opposer un règlement de réserve naturelle rédigé à quatre mille kilomètres de chez lui, dans une langue qu'il ne lit pas, pour protéger un corail que ses filets côtoient depuis des générations.

Sa journée de mer se décide dans des bureaux qu'il ne verra jamais.

Son poisson se négocie entre un communiqué et une lance à incendie.

Le bateau gris de son propre gouvernement qui venait lui porter du carburant s'est fait arroser à sa place. C'est peut-être l'image la plus exacte de toute cette affaire : même la solidarité, ici, navigue sous le jet.

Et quand son président parle de « possibilité distincte » avec le pays qui lui barre la route, il n'a pas le luxe de l'indignation. Cet homme a une famille. Le carburant coûte. L'électricité coûte. L'urgence énergétique qui pousse Manille vers le forage conjoint, c'est aussi sa facture à lui.

Cette histoire reste illisible tant qu'on n'a pas admis ceci : la main que Marcos tend à Pékin, c'est en partie la main du pêcheur qui demande que la lumière reste allumée.

Ce que Manille ne cède pas

Ici, la tentation du verdict facile : capitulation. Résistons-lui, parce que les faits résistent.

Au même déjeuner du 14 août, Marcos a démonté pièce par pièce l'idée qu'un arrangement secret livrerait la souveraineté philippine. Les missions de ravitaillement vers le Sierra Madre — cet ancien navire échoué volontairement sur le banc Second Thomas, tenu par une poignée de soldats philippins — ne demandent la permission de personne, a-t-il martelé. Manille émet un simple avis de mouvement maritime, comme tout marin le fait, partout.

« Il n'y a aucun arrangement spécial qui impliquerait que nous devions demander une permission ou abandonner certains de nos droits. »

Rien n'a été affaibli, a-t-il insisté, ni la sentence, ni le droit de la mer, ni « l'exercice de nos droits souverains ». Et son ministère des Affaires étrangères a posé la borne qui compte : toute exploration conjointe devra se conformer à la Constitution philippine — laquelle réserve aux Philippins le contrôle de leurs ressources naturelles.

Un avis de passage n'est pas une permission. Une entente n'est pas un titre.

La distinction peut sembler byzantine. Elle n'a rien de décoratif : c'est exactement sur elle que Pékin travaille, déclaration après déclaration, pour transformer chaque geste de bonne volonté philippine en précédent de soumission.

Ce même jour, il a confirmé pour la première fois qu'une entente provisoire encadre déjà ces ravitaillements avec Pékin — un modus vivendi, pas un titre de propriété — et qu'il espère conclure le dossier du forage avant de quitter le pouvoir, au milieu de 2028. Un président pressé par son propre calendrier négocie rarement en position de force face à un empire qui compte en décennies.

Coopération économique n'est pas concession territoriale. Ce sont deux choses, et Marcos les distingue avec un soin d'avocat.

Accordons-lui cela. Manille négocie sans avoir cessé de patrouiller, et parle de forage sans avoir retiré une seule ligne de base. Et le même Marcos qui évoque un puits commun fait manœuvrer ses frégates avec les Américains et les Japonais dans ces mêmes eaux, le même mois.

Ce n'est pas une reddition.

C'est un pari.

Le pari du puits partagé

Le pari tient en une phrase : lier Pékin par l'intérêt, puisqu'on ne peut pas le repousser par la force.

Les Philippines n'ont ni les coques, ni les tonnages, ni le budget pour tenir tête seules à la deuxième flotte du monde. Elles ont un traité avec Washington, des sentences favorables, et des factures d'électricité qui montent. Le gaz du banc de Reed dort sous une eau contestée depuis des décennies ; personne n'y fore, personne n'en profite, et pendant ce temps le pays importe son énergie au prix fort.

Un puits partagé, se dit-on à Manille, vaut peut-être mieux qu'un droit stérile qui dort sous l'eau depuis des décennies.

L'histoire, pourtant, murmure sa mise en garde. Chaque tentative précédente d'exploration conjointe s'est échouée sur le même récif juridique : la Chine refuse de reconnaître que la zone appartient aux Philippines, les Philippines ne peuvent pas constitutionnellement prétendre le contraire. On peut rédiger tous les termes de référence du monde ; il faudra bien, un jour, écrire en toutes lettres à qui appartient le fond marin.

Et il y a plus troublant.

Un partenaire qui voudrait vraiment d'un contrat retiendrait ses canons à eau pendant la négociation. Pékin, lui, arrose et négocie en même temps — et ne voit là aucune contradiction. La pression navale n'est pas un accident de parcours dans la discussion.

Elle est la discussion.

Chaque jet de canon à eau est une clause que la Chine ajoute au contrat sans la signer.

Taipei, trois jours plus tard

Le 17 août, à mille kilomètres au nord, un autre dirigeant a donné sa réponse à la même question — comment vivre à côté de la Chine — et sa réponse tient en un budget.

Le président taïwanais Lai Ching-te a annoncé des dépenses de défense record, au-delà de trois pour cent du produit intérieur brut, qu'il a appelées un « investissement dans la paix ». Pas un mot sur un forage commun. Pas de possibilité distincte. Des radars, des missiles, des heures de vol.

Deux voisins de la même puissance. Deux paris opposés, à trois jours d'écart.

Taipei parie que la dissuasion achète la paix, et Manille parie que l'interdépendance l'achète à meilleur prix. L'histoire tranchera, comme toujours, et elle a rarement la politesse de trancher vite.

Mais notons l'asymétrie, car elle dit tout : Taïwan peut se payer son pari. Vingt-trois millions d'habitants, une économie de pointe, les fonderies dont le monde entier dépend. Manille, elle, négocie avec ce qu'elle a — une position géographique, une sentence de papier, et l'espoir que l'appétit économique de Pékin soit plus fort que son appétit territorial.

Rien, dans les quatorze dernières années, ne prouve que cet espoir soit fondé.

Tout, depuis 2012, suggère le contraire.

Négocier sous le canon

Alors, que faut-il souhaiter ?

Pas l'échec des pourparlers — ce serait souhaiter du malheur à un allié qui cherche de la lumière pour ses maisons. Pas leur réussite aveugle non plus, car un contrat signé sous la contrainte porte le nom de sa contrainte.

Il faut souhaiter que Manille garde les yeux ouverts, et que nous les gardions avec elle.

Car cette mer n'est pas leur affaire locale. Trois mille milliards de dollars y transitent chaque année — nos téléphones, notre carburant, nos médicaments, la moitié invisible de nos vies. Ce qui se décide entre un récif confisqué et un banc de gaz contesté fixera le prix du passage pour tout le monde, y compris pour ceux qui n'ont jamais su placer Scarborough sur une carte.

Si l'exploration conjointe accouche d'un partenariat qui respecte la sentence de 2016, Marcos aura réussi ce que personne n'a réussi avant lui : faire payer Pékin pour une mer qu'il prétend posséder.

Si elle accouche d'un précédent — la première fois qu'un pays riverain met en coentreprise ce qu'un tribunal lui a reconnu en propre —, alors le droit de la mer aura perdu sa plus belle victoire par consentement de la victime.

On ne partage pas un puits avec la main qui tient le canon à eau. Essayons quand même. D'autres regarderont, et Pékin compte précisément sur le nombre de ceux qui regarderont ailleurs.

Car c'est ainsi que cette mer se perd depuis quatorze ans : pas d'un coup, pas dans un fracas — un récif à la fois, un règlement à la fois, une habitude à la fois. Nous n'avons jamais voté pour céder Scarborough. Nous avons — nous, précisément — juste cessé d'en parler.

Le marin frappé à la tête en juillet n'a pas eu droit à un communiqué de mille mots. Le pêcheur refoulé de Scarborough non plus.

Trois mille milliards.

Et nous, qui vivons de ce qui traverse cette mer sans jamais la regarder — saurons-nous dire à quel moment un pari courageux devient une leçon que Pékin fera réciter aux autres ?

Sources :

Sources Primaires :

Presidential Communications Office (Philippines) — Transcription officielle du Q&A du président Marcos au déjeuner de la FOCAP, 14 août 2026

Ministère des Affaires étrangères de la Chine — Déclaration sur les lignes de base philippines autour de Huangyan Dao, 31 juillet 2026

Département d'État américain — China's "Administrative Measures" at Scarborough Reef, déclaration du porte-parole Thomas Pigott, août 2026

Ministère des Affaires étrangères de la Chine — Point de presse du porte-parole Guo Jiakun, réponse sur Huangyan Dao et les États-Unis, 14 août 2026

Sources Secondaires :

Reuters — Marcos évoque une « possibilité distincte » d'exploration pétrolière et gazière conjointe avec la Chine, 14 août 2026

South China Morning Post — Les pourparlers pétroliers Manille-Pékin ont « avancé » malgré les différends en mer de Chine méridionale, 14 août 2026

CNN — À bord d'un navire philippin visé au canon à eau près de Scarborough, 24 juillet 2026

Reuters — Un marin de la marine philippine frappé à la tête lors d'un face-à-face avec la garde côtière chinoise, 20 juillet 2026

Reuters — Manille accuse la Chine d'avoir arrosé ses navires au canon à eau un deuxième jour de suite, 24 juillet 2026

Al Jazeera — Washington dénonce la « réserve naturelle » chinoise comme une manœuvre d'appropriation de la mer de Chine méridionale, 8 août 2026

The Diplomat — Exercices conjoints Philippines–États-Unis–Japon en mer de Chine méridionale, contrôle chinois de Scarborough depuis 2012, juillet 2026

Reuters — Le président taïwanais Lai présente un budget de défense record comme un « investissement dans la paix », 17 août 2026

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). ANALYSE : Marcos négocie un forage avec Pékin malgré ses pêcheurs privés de mer — 3 000 milliards en jeu. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/analyse-marcos-negocie-un-forage-avec-pekin-malgre-ses-pecheurs-prives-de-mer-3-000-millia

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MM
Maxime Marquette
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