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La ChroniqueReportage· N° 7665

RÉCIT : Séoul savait que Zelensky parlerait des deux prisonniers, pas avec quels mots

Ce n'est pas une trahison. Ce n'est pas une fuite non plus. Zelensky a parlé à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, le mercredi 23 septembre 2026, à New York.

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  1. Ce n'est pas une trahison. Ce n'est pas une fuite non plus. Zelensky a parlé à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, le mercredi 23 septembre 2026, à New York.
  2. Ce n'est pas une trahison
  3. Ce n'est pas une trahison.
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Ce n'est pas une trahison

Mercredi, New York

Ce n'est pas une trahison.

Ce n'est pas une fuite non plus. Zelensky a parlé à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, le mercredi 23 septembre 2026, à New York.

Ce n'est pas un secret d'État livré en pâture. Aucun nom. Aucune date de transfert. Aucune route.

Ce n'est pas une rupture entre alliés. Le soutien de Séoul à l'Ukraine continue, dit la présidence sud-coréenne.

Ce n'est pas même une surprise. On le sait depuis vendredi.

Séoul savait. Il ignorait seulement les mots.

Le reproche et l'aveu viennent tous deux de Mexico, où Lee Jae-myung est en visite d'État. Entre les deux, quelques heures. Et une question de vocabulaire que deux alliés ont transformée, pendant une journée, en affaire d'État.

Quatorze mots

Dans le texte publié par la présidence ukrainienne, la phrase tient en quatorze mots anglais. Récemment, dit Zelensky, l'Ukraine a envoyé deux prisonniers de guerre nord-coréens en République de Corée.

Quatorze mots pour deux hommes. Deux hommes qui, dans certains entretiens avec des médias, semblaient souhaiter aller au Sud, selon l'Associated Press.

C'est l'unité de ce récit. La phrase. Celle qu'on prononce. Celle qu'on retient. Celle qu'on regrette.

Une phrase ne trahit pas. Elle expose.

Koursk, janvier 2025

Les premiers pris vivants

Tout commence dans la région russe de Koursk, en janvier 2025.

Les forces ukrainiennes y capturent deux soldats nord-coréens. C'est la première capture connue de soldats du régime de Pyongyang depuis leur déploiement, rappelle Al Jazeera.

Zelensky annonce la capture le même mois, écrit le Kyiv Post.

Janvier à Koursk. Le froid qui mord les doigts. Le bourdonnement des drones au-dessus des lignes.

Le Sud qui dit oui

Séoul réagit vite. Selon l'AP, le gouvernement sud-coréen demande alors à Kyiv de ne pas renvoyer les deux hommes au Nord, où ils risqueraient la persécution. Il se dit prêt à les accueillir s'ils le souhaitent.

Dans certains entretiens, les deux soldats semblent exprimer ce souhait. Aller au Sud.

Zelensky, lui, avait évoqué une autre voie. Il disait envisager de les rendre à Kim Jong Un contre des prisonniers ukrainiens détenus par la Russie, rapporte Al Jazeera.

Des organisations de défense des droits humains le pressent alors de les envoyer au Sud, en raison des punitions qu'ils risqueraient au Nord, selon la même source. Suivent des mois de consultations entre Kyiv et Séoul, écrit l'AP.

Deux portes. Une vers le Nord. Une vers le Sud.

Une capture, puis vingt mois pour choisir une porte.

Une monnaie

Quinze mille soldats

Les deux hommes ne sont pas arrivés à Koursk par hasard.

Le renseignement sud-coréen estimait en avril 2025 que le régime de Pyongyang avait envoyé environ 15 000 soldats en Russie depuis octobre 2024. Environ 2 000 y étaient morts, selon la même estimation, rapportée par l'AP.

En avril 2025, Pyongyang et Moscou confirment que leurs soldats ont combattu ensemble pour repousser l'incursion ukrainienne dans la région de Koursk.

Les deux régimes n'ont jamais dit combien de soldats nord-coréens avaient été déployés, note l'AP. Le chiffre vient de Séoul. Le silence vient de Pyongyang.

Ce que Kim reçoit

À l'ONU, Zelensky rappelle les images diffusées depuis Pyongyang, quand le régime honorait ses morts. Il demande pourquoi des Coréens devraient donner leur vie dans une guerre contre l'Ukraine.

Il répond lui-même. Kim Jong Un se sert de ses soldats comme d'une monnaie, dit-il. Et il reçoit quelque chose en échange.

Quoi ? Le président ukrainien pointe des missiles balistiques améliorés et des drones bien plus capables. Les voisins du régime les ont sans doute remarqués, dit-il.

L'AP ajoute que Pyongyang a fourni à Moscou des obus et des missiles balistiques en grande quantité. Séoul, Washington et leurs partenaires craignent des transferts de technologie vers les programmes nucléaire et balistique du Nord.

Voilà le décor. Une décision de Pyongyang. Quinze mille hommes. Deux qui survivent à la capture.

Le régime paie en soldats. Il encaisse en missiles.

Vingt mois sans un mot

Mars, puis Ankara

Entre Kyiv et Séoul, le dossier avance sans bruit.

En mars 2026, selon Al Jazeera, les ministres des Affaires étrangères des deux pays s'engagent à coopérer sur ces prisonniers dans un cadre humanitaire.

En juillet 2026, à Ankara, Lee Jae-myung rencontre Zelensky. La porte-parole principale de la présidence sud-coréenne, Kang Yoo-jung, dit ensuite que les deux dirigeants veulent régler le statut des prisonniers selon le droit international et les principes humanitaires. En respectant la volonté des intéressés.

L'entente du silence

Un haut responsable de la présidence sud-coréenne le résume ainsi, selon le Korea JoongAng Daily : Séoul voulait traiter le dossier discrètement, et le plus vite possible.

Une entente mutuelle existait avec l'Ukraine. Pas de publicité. Un processus discret.

Séoul avait expliqué sa position à Kyiv, ajoute ce responsable : le transfert ne devait pas être rendu public. Le gouvernement sud-coréen, dit-il, a toujours voulu traiter ce dossier selon la libre volonté des individus, les lois nationales, le droit international et les principes humanitaires.

Ma lecture tient en une phrase. Cette querelle porte sur une formulation, pas sur une trahison, et le vrai prix de chaque mot tombe sur deux hommes sans nom et sur leurs familles restées au Nord.

Vingt mois de discrétion, puis une tribune.

Quatorze mots à la tribune

Le 23 septembre

Une salle de l'ONU, c'est un murmure de traductions dans les écouteurs. Des chaises qui grincent. Des délégations qui entrent et sortent.

Ce mercredi-là, Zelensky parle longtemps. Il parle de la guerre russe. Il parle de pertes. Il parle de drones. Il parle de Kim Jong Un, qui a envoyé ses troupes soutenir les points faibles de l'armée russe, dit-il.

Puis vient la phrase. Deux prisonniers envoyés en République de Corée.

Il ajoute que ces hommes ne se laissent pas facilement prendre vivants. L'un d'eux, dit-il, a tenté de mettre fin à ses jours au moment de sa capture, et s'est étonné d'avoir survécu.

À quoi sert la phrase

La phrase n'est pas lâchée au hasard. Elle sert un argument.

Zelensky dit que le régime du Nord enlève à ses soldats la liberté et le droit de choisir. Qu'il leur enfonce dans la tête qu'ils doivent mourir. Puis il demande à la salle si elle veut vraiment laisser à une telle force plus de temps pour apprendre la guerre.

La phrase arrive au milieu d'un passage sur la Russie et ses alliés, pas dans un chapitre sur la Corée. Elle suit les missiles. Elle précède la question.

Autrement dit, les deux prisonniers sont une preuve. Pas une confidence.

Zelensky ne donne aucun détail sur le transfert, relève l'AP. Ni date. Ni route.

Quatorze mots pour prouver. Aucun pour localiser.

Séoul confirme sans confirmer

Le ministère

À Séoul, le ministère des Affaires étrangères ne confirme pas directement, rapporte l'AP.

Il dit consulter Kyiv et d'autres parties pour régler le dossier dans le respect de la libre volonté des soldats, du droit international et des principes humanitaires.

Pas un mot sur le sort des soldats. Pas un mot sur la date ou la route du transfert. Pas un mot sur le contenu des consultations.

La raison est donnée en une ligne. Une question sensible, qui touche la sécurité des soldats et de leurs familles.

La présidence

Selon le responsable ukrainien cité par le Kyiv Post, le bureau de Lee confirme peu après le discours que le transfert a eu lieu, au terme d'un dialogue direct entre Kyiv et Séoul.

Le ministère ne dément rien non plus, note Al Jazeera. Il ne nie pas. Il ne précise pas.

Le ministère se tait sur les détails. La présidence confirme le fait.

Et pourtant, le fait était déjà dit. À la tribune. Devant le monde.

Le fait est public. Les détails restent au coffre.

Jeudi, Mexico

Le message de Lee

Deux jours plus tôt, le 22 septembre, Lee Jae-myung parlait lui-même à la tribune de l'ONU, selon le Kyiv Post.

Le jeudi 24 septembre, il est en visite d'État au Mexique. Pendant cette visite, avec la présidente Claudia Sheinbaum, il lance un dialogue sur les chaînes d'approvisionnement, rapporte le Korea JoongAng Daily. Jeudi, il écrit sur X.

Il juge profondément regrettable que l'Ukraine ait rendu l'affaire publique. Il parle d'une violation de l'accord de confidentialité.

Le rapatriement de prisonniers nord-coréens, écrit-il, est une question très sensible pour la diplomatie, la sécurité nationale et l'équilibre de la péninsule.

Il dit ignorer les raisons qui ont poussé Kyiv à rompre l'accord.

La pression qu'il a refusée

Lee ajoute un aveu. Des appels à rendre le retour public venaient de son propre gouvernement et de l'opposition, rapporte le Kyiv Post.

Le Parti du pouvoir du peuple, principal parti d'opposition, exigeait des explications sur ce silence, selon le Seoul Economic Daily.

Lee reconnaît que la nouvelle aurait aidé sa cote de popularité. Il a refusé. Il qualifie cette tentation d'approche imprudente et cruelle.

Le mot cruel, dans son message, vise donc d'abord la vitrine qu'on lui proposait à Séoul, selon le Kyiv Post. Le regret, lui, vise Kyiv.

Ceux qui auraient claironné la nouvelle pour s'en attribuer le mérite, écrit-il, n'auraient pesé ni les relations intercoréennes, ni les vies, ni l'intérêt national.

Il a refusé le bénéfice. Il n'a pas choisi le moment.

Kyiv répond

Un responsable sans nom

La réponse ukrainienne arrive par la presse sud-coréenne.

Interrogé par des médias sud-coréens, un responsable de la présidence ukrainienne, non nommé, affirme que Kyiv avait informé Séoul à l'avance de l'intention de Zelensky, selon le Kyiv Post.

L'annonce, dit-il, constatait simplement que le rapatriement avait eu lieu. Sans dire comment. Sans dire quand.

Il ne parle pas de l'entente. Il parle du préavis. Ce n'est pas la même chose, et chacun le sait.

Le secret impossible

Il ajoute qu'il aurait été étrange de garder le secret. Le bureau de Lee avait lui-même confirmé le transfert peu après le discours, dit-il.

Kyiv dit : nous vous avions prévenus. Séoul dit : nous avions un accord.

Qui avait raison ?

Les deux phrases peuvent être vraies en même temps.

Je l'avoue. J'ai d'abord lu la colère de Lee comme une gifle à Kyiv. Je l'ai lue de travers.

Deux alliés, deux vérités, une seule phrase.

Ce que Séoul avait raison de craindre

La sécurité de deux familles

L'objection de Séoul est forte. Elle mérite sa forme entière.

Un transfert de ce genre engage la sécurité de deux hommes et celle de leurs familles, dit le ministère sud-coréen. Chaque détail rendu public pourrait servir à quelqu'un, au Nord.

Lee le dit autrement. Taire l'affaire était approprié à tous égards, écrit-il, vu les nombreux problèmes qu'une divulgation peut causer.

Zelensky est sorti de l'entente

Il faut le dire, parce que ça coûte à notre camp. La présidence sud-coréenne affirme que les propos de Zelensky ont quelque peu fait dévier les choses de l'entente préalable, selon le Korea JoongAng Daily.

Il y avait une entente de discrétion. Zelensky en est sorti. Prévenir n'est pas obtenir l'accord.

À Ankara, les deux présidents avaient promis de respecter la volonté des intéressés. Ce qu'ils voulaient, selon les entretiens cités par l'AP, c'était le Sud. Rien, dans le dossier, ne dit ce qu'ils pensaient d'une tribune.

Et c'est le même Zelensky qui avait évoqué, par le passé, de rendre les deux hommes à Kim contre des prisonniers ukrainiens, selon Al Jazeera.

Et pourtant, prévenir compte. La présidence sud-coréenne va l'admettre.

Kyiv a prévenu. Kyiv n'a pas obtenu l'accord.

L'aveu du vendredi

16 h 27 à Séoul

Le vendredi 25 septembre 2026, à 16 h 27, heure de Séoul, le Korea JoongAng Daily publie le compte rendu d'un point de presse tenu à Mexico. À New York, il est 3 h 27 du matin.

Un haut responsable de la présidence sud-coréenne y admet que la partie ukrainienne avait informé Séoul à l'avance et demandé sa compréhension.

Séoul savait, par les canaux diplomatiques, que le discours pourrait évoquer le rapatriement des prisonniers. Ce qui restait flou, dit-il, c'est la manière exacte dont ce serait formulé.

La formulation

Tout le différend tient là. Pas dans le fait. Dans la façon de le dire.

Les propos de Zelensky, ajoute le responsable, ont un peu éloigné les choses de l'entente préalable. Un peu. Le mot est le sien, et il pèse moins lourd que le regret profond écrit la veille sur X.

Le même responsable ajoute que les discussions du ministre des Affaires étrangères, Cho Hyun, avec Kyiv sur le soutien à l'Ukraine sont une autre affaire. Ce soutien a existé, dit-il. Il continuera.

Séoul savait. Il ignorait les mots. Il continue d'aider.

Une querelle de formulation, pas une querelle d'alliance.

Deux hommes, aucun nom

Ceux qui n'ont rien dit

Dans ce récit, tout le monde parle. Zelensky à l'ONU. Lee sur X. Un responsable ukrainien à la presse. Un responsable sud-coréen à Mexico.

Deux personnes ne parlent pas.

Ils n'ont pas choisi la tribune. Ils n'ont pas choisi le moment. Ils n'ont pas choisi les quatorze mots.

Qui leur a demandé ?

Ce qui reste au Nord

Le ministère sud-coréen refuse de dire leur sort, la date ou la route du transfert. Au nom de leur sécurité. Et de celle de leurs familles.

Leurs familles. Le mot est dans la déclaration. Il dit ce qu'il ne détaille pas.

On ne sait pas où ils dorment. C'est voulu. C'est même la seule protection que personne, à Kyiv comme à Séoul, ne conteste.

Au Nord, selon Zelensky, on apprend aux soldats qu'ils doivent mourir plutôt que d'être pris. Ces deux-là ne sont pas morts. Ils sont au Sud.

Quelque part au Nord, il y a une famille dont la sécurité tient désormais à ce que personne ne…

Tout le monde a parlé. Sauf eux.

Une phrase de trop

Ce que la phrase a coûté

Pour Kyiv, elle a gagné un argument devant l'ONU. Le régime de Pyongyang dresse ses soldats à mourir, et deux d'entre eux sont au Sud.

Pour Séoul, elle a coûté une entente de discrétion et quelques jours de gêne. Le soutien continue, dit la présidence.

Pour les deux hommes, personne ne peut encore le mesurer.

Zelensky voulait convaincre la salle de ne pas laisser plus de temps à une armée qui apprend la guerre en Ukraine. Lee voulait protéger une entente et deux vies. Chacun défendait quelque chose de vrai.

Ni Kyiv ni Séoul

Voilà mon verdict. Le coût de cette phrase n'est ni à Kyiv ni à Séoul. Il est déplacé vers deux hommes et leurs familles, qui n'ont signé aucune entente.

Une phrase peut prouver. Une phrase peut exposer. Une phrase peut faire les deux à la fois.

Et pourtant, le vrai signataire de ce dossier n'est ni Lee ni Zelensky. C'est le régime qui a envoyé quinze mille soldats servir de monnaie.

Deux présidents se disputent. Deux hommes portent le risque.

Deux noms qu'on ne dira pas

Ce qui a été dit

Quatorze mots ont été dits à New York. Un message a été écrit à Mexico. Un aveu a été fait le lendemain.

Aucun nom n'a été prononcé. Aucun ne doit l'être.

Le ministère sud-coréen a dit qu'il ne dirait rien de plus. La présidence ukrainienne n'a rien dit de plus. C'est peut-être la seule entente qui tienne encore entre les deux capitales, et c'est la bonne.

Le silence qu'on leur doit

Quand une démocratie accueille deux hommes qui ont demandé le Sud, combien de silence leur doit-elle, et combien de vérité doit-elle à ses propres citoyens ?

Lee a choisi le silence. Zelensky a choisi la phrase. Séoul savait qu'elle viendrait.

Les deux hommes, eux, sont au Sud.

Quatorze mots. Deux hommes. Aucun nom.

On savait les mots. On ne saura pas les noms.

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). RÉCIT : Séoul savait que Zelensky parlerait des deux prisonniers, pas avec quels mots. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/recit-seoul-savait-que-zelensky-parlerait-des-deux-prisonniers-pas-avec-quels-mots

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MM
Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

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Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.

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