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La ChroniqueAnalyse· N° 1977

FACT-CHECK : Régiment 425 Skelia — 25 soldats morts hors combat, enquête ouverte

Je ne suis pas médecin légiste. Mais je sais lire un rapport d'autopsie suffisamment pour comprendre que des fractures costales multiples chez un homme de 32 ans ne s'expliquent pas par une grippe pul

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À retenir
  1. Je ne suis pas médecin légiste. Mais je sais lire un rapport d'autopsie suffisamment pour comprendre que des fractures costales multiples chez un homme de 32 ans ne s'expliquent pas par une grippe pul
  2. Introduction : Quand les recrues meurent avant d'aller au front
  3. Un scandale qui sort de l'ombre
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Introduction : Quand les recrues meurent avant d'aller au front

Un scandale qui sort de l'ombre

Le 24 juin 2026, le Bureau des enquêtes de l'État ukrainien (SBI) a ouvert une procédure pénale contre le colonel Yurii Harkavyi, commandant du 425e régiment d'assaut Skelia — l'un des plus grands régiments d'assaut de l'armée ukrainienne. L'accusation : 25 recrues sont mortes pendant l'entraînement, officiellement de pneumonie, entre l'automne 2025 et le printemps 2026. Mais les autopsies racontent une autre histoire.

Ce dossier a été mis au jour par le média ukrainien Babel, dont la journaliste d'investigation Kateryna Lykhohliad a passé des semaines à compiler des témoignages, des documents médicaux et des rapports d'autopsie. La publication de son enquête a provoqué l'ouverture immédiate d'une procédure criminelle — et une réponse stupéfiante de l'intérieur même du régiment.

Ce que les autopsies révèlent

Les certificats de décès officiels indiquaient des causes naturelles — pneumonie bilatérale, défaillance cardio-respiratoire. Mais les rapports médico-légaux obtenus par Babel décrivaient autre chose : fractures multiples des côtes, traumatismes thoraciques contondants, ecchymoses sur le visage, le cou et les bras, et dans au moins un cas, des marques compatibles avec des menottes. Des blessures impossibles à attribuer à une pneumonie.

Les victimes ont un nom, un âge, une date

Volodymyr Tsukanov : mort deux semaines après sa mobilisation

Volodymyr Tsukanov, 32 ans, a été mobilisé le 15 janvier 2026. Il est mort le 11 février 2026 — soit 27 jours après son arrivée dans le régiment. Son rapport d'autopsie mentionne des fractures multiples des côtes et des traumatismes thoraciques incompatibles avec une pneumonie. Sa famille a signalé des blessures au moment de la levée du corps.

Vitalii Karat, 38 ans, est décédé le 14 mars 2026. Les conclusions médico-légales dans son cas sont similaires : traumatismes contondants au thorax, fractures. Dmytro Koval, 50 ans, mort le 21 mars 2026, présentait des ecchymoses sur le visage, le cou et les bras. Trois hommes. Trois autopsies. Trois mensonges officiels.

Au moins quatre noms documentés, vingt-cinq non expliqués

Le soldat Oleksandr Semenov a également été identifié dans l'enquête de Babel — il présentait des plaies à la tête et des marques compatibles avec des menottes au moment de son décès. Ces quatre cas ne sont pas des exceptions : ils sont les dossiers les mieux documentés parmi les 25 décès non-combat répertoriés par Babel au sein du même régiment.

L'enquête de Babel s'est appuyée sur plus de 30 témoins, dont une dizaine de soldats du Skelia encore en service. Ces témoins décrivent des conditions d'entraînement marquées par des punitions physiques systématiques, une culture de l'impunité et une chaîne de commandement qui écrasait toute plainte. L'accumulation de ces témoignages convergents donne au dossier une crédibilité difficile à contester.

Le colonel Harkavyi : un héros de l'Ukraine suspendu

Une carrière brillante rattrapée par l'enquête

Le colonel Yurii Harkavyi portait le titre de Héros de l'Ukraine — la plus haute distinction militaire du pays. Il commandait le 425e régiment Skelia, présenté comme l'une des unités d'assaut les plus efficaces sur le front est. Sa suspension après l'ouverture de la procédure pénale a provoqué un choc dans les cercles militaires ukrainiens.

Le SBI a retenu contre lui les dispositions de l'article 426-1 du Code pénal ukrainien : abus de pouvoir par un officier militaire. C'est une qualification grave, qui peut mener à plusieurs années de détention. L'enquête est en cours ; à ce stade, le colonel n'a pas été formellement inculpé, mais sa suspension du commandement est effective depuis l'ouverture du dossier.

Une commission du Grand Quartier Général aussi en opération

Parallèlement à l'enquête du SBI, le Grand Quartier Général des Forces armées ukrainiennes a dépêché une commission d'enquête interne au sein du régiment. Cette démarche parallèle indique que les autorités militaires ukrainiennes prennent le dossier au sérieux — mais elle soulève aussi une question : pourquoi cette commission n'a-t-elle pas été déclenchée avant que Babel publie son enquête ?

La réponse implicite est brutale : sans la presse, aucune commission ne se serait déplacée. Les signaux d'alerte existaient depuis au moins l'automne 2025. Des familles avaient posé des questions. Des soldats avaient témoigné en interne. Rien n'avait bougé. C'est la publication d'un article de journal qui a finalement mis la machine judiciaire en mouvement.

La réponse du régiment : traiter la journaliste de « tueuse de médias »

Mykola Kharkhan et l'insulte en uniforme

Le 25 juin 2026, soit le lendemain de l'ouverture de l'enquête du SBI, le soldat Mykola Kharkhan, membre du 425e régiment Skelia, a publié un message sur les réseaux sociaux qualifiant la journaliste Kateryna Lykhohliad de « media killer » — tueuse de médias. L'attaque personnelle contre une journaliste d'investigation, formulée par un militaire en uniforme, a immédiatement été perçue comme une tentative d'intimidation.

Cette réaction révèle un réflexe institutionnel dangereux : lorsque les faits sont insoutenables, attaquer la messagère. Kateryna Lykhohliad n'a pas inventé les autopsies. Elle ne les a pas falsifiées. Elle les a lues et publiées. Que la première réaction officieuse du régiment soit de l'attaquer personnellement dit tout sur la culture qui y régnait.

Une coalition de médias demande des poursuites

Face à cette attaque, une coalition de médias indépendants ukrainiens a formellement demandé l'engagement de poursuites contre Mykola Kharkhan sous les dispositions de l'article 345-1 du Code pénal ukrainien — qui protège les journalistes contre les menaces et les actes d'intimidation. La demande collective souligne que cette attaque n'est pas un incident isolé : c'est une tentative de museler l'investigation journalistique en temps de guerre.

En Ukraine en guerre, la presse indépendante est déjà sous pression permanente. L'intimidation d'une journaliste par un soldat dont les camarades font l'objet d'une enquête criminelle représente une ligne franchie. La coalition exige que les autorités militaires et civiles traitent cet incident avec la même rigueur que l'enquête sur les décès.

Le 425e Skelia dans le paysage militaire ukrainien

5,1 % des plaintes adressées au Bureau du défenseur militaire

Les données disponibles donnent une mesure du problème. Le 425e régiment Skelia représentait à lui seul 5,1 % de l'ensemble des plaintes déposées auprès du Bureau du défenseur militaire ukrainien. Pour une seule unité parmi des centaines, ce chiffre est remarquable. Il suggère que les problèmes du Skelia n'étaient pas un secret bien gardé dans les cercles compétents — ils étaient visibles, mesurables, et pourtant n'avaient pas déclenché d'intervention.

Ce pourcentage est d'autant plus significatif que le Bureau du défenseur militaire est précisément conçu pour recevoir et traiter ce type de signaux. Le fait qu'une concentration aussi anormale de plaintes provenant d'une seule unité n'ait pas déclenché une enquête proactive avant la publication de Babel soulève des questions sérieuses sur le fonctionnement du système de surveillance interne.

Le Skelia, absent de la liste des 8 unités sanctionnées

En juin 2026, le commandant en chef des Forces armées ukrainiennes a pris une décision significative : retirer les droits de formation de base à huit unités militaires présentant des problèmes disciplinaires graves. Ces huit unités ont été publiquement identifiées. Le 425e régiment Skelia n'en faisait pas partie — malgré son taux de plaintes exceptionnel, malgré les décès, malgré les signaux accumulés.

Cette absence soulève une question directe : sur quels critères les huit unités ont-elles été choisies ? Pourquoi le Skelia, avec son bilan documenté, était-il en dehors de cette liste ? La décision du commandant en chef, prise apparemment sans inclure l'unité la plus emblématique de ces problèmes, renforce le sentiment que la chaîne de décision militaire n'était pas en possession de l'image complète — ou choisissait de ne pas la regarder.

Fact-check : que peut-on affirmer avec certitude ?

Ce qui est établi et documenté

Les faits établis dans ce dossier sont les suivants : le SBI a ouvert une procédure pénale le 24 juin 2026 ; le colonel Harkavyi a été suspendu ; au moins 25 décès non-combat ont été répertoriés dans le régiment entre automne 2025 et printemps 2026 ; les autopsies de Tsukanov, Karat, Koval et Semenov présentent des traumatismes physiques incompatibles avec les causes de décès officiellement indiquées ; plus de 30 témoins ont été entendus par Babel.

Ces éléments ne sont pas des allégations. Ils sont documentés dans des rapports médico-légaux, des actes judiciaires et des témoignages multiples convergents. L'enquête du SBI est en cours ; le verdict judiciaire final reste à venir. Mais la base factuelle de la procédure est solide et vérifiable.

Ce que l'enquête ne permet pas encore d'affirmer

En revanche, plusieurs questions restent ouvertes. L'identité précise des personnes physiquement responsables des traumatismes n'est pas encore établie judiciairement. La question de savoir si le colonel Harkavyi a lui-même participé aux violences ou s'il a simplement couvert une culture d'abus dans son unité n'a pas encore été tranchée. L'enquête du SBI est en cours ; il serait prématuré de le déclarer coupable avant la fin du processus judiciaire.

Ce que l'on peut affirmer sans ambiguïté, c'est que 25 hommes sont morts, que leurs autopsies contredisent les certificats officiels, et qu'une chaîne de commandement complète — du régiment jusqu'aux organes de surveillance — a laissé cette situation perdurer pendant des mois. C'est le cœur du scandale, indépendamment du verdict judiciaire final.

Pourquoi cette affaire dépasse le seul régiment Skelia

Un révélateur systémique en temps de guerre

L'affaire du 425e régiment Skelia n'est pas seulement l'histoire d'un commandant déviant. C'est un révélateur de la pression extrême que la guerre totale fait peser sur les institutions militaires ukrainiennes. Avec une mobilisation massive, des recrues qui arrivent par dizaines de milliers, des régiments qui grossissent rapidement, les mécanismes de contrôle interne sont sous tension. Certains commandants, investis d'une autorité absolue sur des hommes vulnérables, franchissent des lignes.

Le fait que cette affaire n'ait pas été stoppée en interne, que ce soit la presse qui ait dû la mettre au jour, indique un déficit de surveillance interne dont l'Ukraine doit tenir compte — non pas pour affaiblir son armée, mais pour la rendre plus forte, plus juste, et plus digne de la confiance que lui accordent les soldats et les familles qui lui confient leurs enfants.

La transparence comme arme de guerre longue

La démocratie ukrainienne s'est définie, depuis 2014, par sa capacité à se regarder en face même en temps de guerre. La liberté de la presse, l'indépendance du SBI, la réactivité des institutions judiciaires face à ce dossier — tout cela représente une force stratégique, pas une faiblesse. Un État qui protège ses journalistes et enquête sur ses propres commandants est un État qui mérite le soutien international qu'il demande.

La Russie de Poutine n'enquête pas sur ses propres régiments. Elle enterre ses morts en silence et emprisonne ses journalistes. La différence entre les deux pays ne réside pas seulement sur le champ de bataille — elle réside dans cette capacité à nommer les fautes et à les corriger. C'est pour cela que cette affaire compte au-delà des frontières ukrainiennes.

La protection des journalistes : une ligne rouge en temps de guerre

Quand l'armée s'attaque à la presse indépendante

L'intimidation de Kateryna Lykhohliad par un membre du 425e régiment Skelia n'est pas un incident isolé. En Ukraine en guerre, les journalistes d'investigation qui couvrent des dysfonctionnements militaires opèrent dans un espace de plus en plus tendu. La pression informelle — appels téléphoniques, messages menaçants, labels infamants sur les réseaux sociaux — précède souvent les tentatives de dissuasion plus formelles.

La coalition de médias indépendants qui a demandé des poursuites sous l'article 345-1 du Code pénal ukrainien a envoyé un signal important : la presse ukrainienne n'accepte pas d'être intimidée en silence. La réponse des autorités à cette demande — qu'elles agissent ou non — constituera un test direct de l'engagement de l'État ukrainien à protéger la liberté de la presse même quand elle gêne des intérêts militaires.

La presse libre comme atout stratégique pour l'Ukraine

Il existe une tension réelle entre la nécessité opérationnelle du secret militaire et la transparence démocratique. Cette tension est gérée différemment selon les démocraties. L'Ukraine, dans ce dossier, a montré que ses institutions — SBI, tribunaux, médias — peuvent fonctionner même sous pression de guerre. C'est une distinction fondamentale avec la Russie, où aucune institution comparable n'aurait permis la publication d'une telle enquête.

Pour les alliés occidentaux qui soutiennent l'Ukraine financièrement et militairement, la robustesse des institutions ukrainiennes de contrôle — presse libre, SBI actif, tribunaux indépendants — est une garantie que leur soutien va à un partenaire crédible. L'affaire Skelia, paradoxalement, renforce cette crédibilité : l'Ukraine enquête sur ses propres fautes, publiquement, en temps de guerre. C'est une force, pas une faiblesse.

Conclusion : 25 morts, une vérité qui ne peut pas être enterrée

L'enquête doit aller jusqu'au bout

Le SBI a ouvert le dossier. La commission du Grand Quartier Général est en place. Le colonel Harkavyi est suspendu. Ce sont des premières étapes nécessaires. Mais l'histoire du 425e régiment Skelia ne sera close que si l'enquête identifie toutes les responsabilités — pas seulement celle du commandant en bout de chaîne, mais celles de tous ceux qui ont laissé 25 hommes mourir de blessures contondantes en signant des certificats mentionnant la pneumonie.

Les 25 victimes avaient un nom, un âge, une famille qui attend. Volodymyr Tsukanov, 32 ans. Vitalii Karat, 38 ans. Dmytro Koval, 50 ans. Ils méritent une vérité complète, pas un rapport classé confidentiel. La justice ukrainienne a désormais un dossier solide entre les mains. Ce qu'elle en fera dira beaucoup sur la capacité du pays à tenir ses propres institutions responsables — même en pleine guerre.

La journaliste qui a révélé l'affaire mérite une protection, pas des insultes

Kateryna Lykhohliad et Babel ont fait leur travail : rassembler les preuves, protéger les sources, publier les faits. La réponse d'un soldat du régiment — l'appeler « tueuse de médias » — est une tentative d'intimidation qui doit être traitée comme telle par les autorités. Une Ukraine qui se bat pour sa liberté ne peut pas, dans le même mouvement, laisser des militaires réduire au silence les journalistes qui exposent les abus de pouvoir dans leurs rangs.

Ce dossier est un test. Pas seulement pour la justice ukrainienne. Pour la démocratie ukrainienne tout entière. Et je crois — sans naïveté, avec les yeux ouverts — que l'Ukraine est capable de le réussir.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Sources et méthode

Cet article s'appuie exclusivement sur des sources primaires vérifiées : l'enquête de Babel publiée le 23 juin 2026, les informations confirmées par le SBI, les données du Bureau du défenseur militaire ukrainien, et les rapports médico-légaux partiels rendus publics. Aucun témoignage direct n'a été fabriqué. Les noms des victimes proviennent du reportage original de Babel, seul média ayant accès aux documents.

Position éditoriale assumée

Ce texte est rédigé depuis une position pro-Ukraine et pro-démocratie. Il ne cherche pas à affaiblir l'armée ukrainienne — il affirme qu'une armée qui rend compte de ses abus est plus forte qu'une armée qui les cache. La Russie de Poutine est la principale menace à l'existence de l'Ukraine. Mais une démocratie en guerre se doit d'être cohérente avec ses propres valeurs : vérité, justice, protection des journalistes.

Sources

Sources primaires

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). FACT-CHECK : Régiment 425 Skelia — 25 soldats morts hors combat, enquête ouverte. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/fact-check-regiment-425-skelia-25-soldats-morts-hors-combat-enquete-ouverte

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MM
Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

Maxime Marquette écrit l'essentiel des analyses et chroniques publiées sur MadMax — géopolitique, technologie et actualité, sans remplissage.

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Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.

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