Aller au contenu
La ChroniqueEnquête· N° 7684

DOSSIER : Six missiles vers Taïf, le pacte de La Mecque convoque des généraux, pas sa clause

Voici ce qui sortira de Riyad. On peut déjà l'écrire. Des mots sur la coordination. Des mots sur la solidarité. Des mots sur les structures. Des mots sur la dissuasion. Des mots sur l'avenir du pacte.

Lecture premium
MadMax
À retenir
  1. Voici ce qui sortira de Riyad. On peut déjà l'écrire. Des mots sur la coordination. Des mots sur la solidarité. Des mots sur les structures. Des mots sur la dissuasion. Des mots sur l'avenir du pacte.
  2. Voici ce qui sortira de Riyad.
  3. Des mots sur la coordination.
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Ce qui sortira de Riyad

Des mots, pas la phrase

Voici ce qui sortira de Riyad. On peut déjà l'écrire.

Des mots sur la coordination. Des mots sur la solidarité. Des mots sur les structures. Des mots sur la dissuasion. Des mots sur l'avenir du pacte.

Pas la phrase.

Tout indique que la réunion ne produira pas celle que le pacte de La Mecque tient en réserve : une attaque contre l'un est une attaque contre tous.

La preuve est dans les déclarations des alliés qui arrivent. On y vient.

Ceux qui ne prennent pas l'avion

Pendant que trois chefs d'état-major convergent vers Riyad, plus de 130 000 Yéménites ont déjà pris la route depuis le début de septembre. C'est le compte du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Ils ne prennent pas l'avion. Ils partent à pied, en camion, en bateau vers Djibouti.

Un sac. Des papiers dans un sac en plastique. Un enfant sur la hanche.

Pour eux, la clause n'est pas une question de droit.

Une réunion d'état-major n'a jamais ramené personne chez soi.

Six missiles, jeudi

Taïf et Yanbu

Jeudi, selon The National, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite a intercepté six missiles balistiques. Les Houthis les avaient lancés vers Taïf et Yanbu.

Les Houthis, eux, revendiquent des frappes. Une cible « sensible » à Riyad. Des installations de Saudi Aramco à Yanbu. C'est ce que rapporte Al Jazeera.

Taïf est voisine de La Mecque. Yanbu est un port pétrolier de la mer Rouge.

La France avant les alliés

La France annonce qu'elle déploiera des soldats, des radars et des systèmes de défense pour protéger Yanbu. Al Jazeera et The National le rapportent.

Un allié hors pacte envoie des radars. Les alliés du pacte envoient des généraux en réunion.

The National relève aussi des attaques récentes contre l'oléoduc Est-Ouest saoudien.

Ce n'est pas un missile isolé. C'est une campagne.

Six missiles suffisent à convoquer. Pas encore à invoquer.

La clause du 7 août

Une attaque contre l'un

Le 7 août, à La Mecque, l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan signent l'accord de défense commune.

Le communiqué conjoint de l'agence de presse saoudienne en donne le cœur. Renforcer la dissuasion collective contre toute agression. Et considérer toute attaque armée contre l'un des trois États comme une attaque contre les trois.

The New Arab détaille le reste du champ. Formation militaire. Industries de défense. Dissuasion collective.

C'est une phrase lourde. Elle engage deux armées étrangères dans la défense d'un royaume.

Le communiqué ne dit pas qui constate l'attaque. Il ne dit pas dans quel délai on répond. Il ne dit pas avec quelles forces.

Une clause sans mode d'emploi laisse à chacun le soin de décider quand elle s'applique.

Une puissance nucléaire dans le texte

L'un des trois signataires est le Pakistan. Une puissance nucléaire.

C'est ce qui fait de ce pacte autre chose qu'une alliance de voisins. C'est aussi ce qui rend son premier test si délicat.

Une clause d'assistance qui lie un État doté de l'arme atomique ne se déclenche pas comme un exercice.

Elle ne se déclenche peut-être pas du tout.

La clause pèse lourd. C'est pour cela qu'on la laisse au tiroir.

Istanbul, le 31 août

Le comité et son secrétariat

Le 31 août, à Istanbul, le pacte tient la première réunion de son comité politique et de défense. Ministres des Affaires étrangères. Ministres de la Défense. Chefs d'état-major.

Le communiqué conjoint, publié par le ministère turc des Affaires étrangères, annonce un secrétariat en Arabie saoudite. Un secrétaire général le dirigera. Le Pakistan le tiendra les trois premières années.

The New Arab précise le nom du premier titulaire. Un général pakistanais à la retraite, Nauman Mahmood. Le siège sera à Riyad. Le poste tournera tous les trois ans.

Les mots qui manquent

Le communiqué parle d'industrie de défense. De technologies communes. De production. Il parle de désescalade, de retenue, de règlement pacifique des crises.

Il ne cite ni le Yémen ni les Houthis. Il ne reprend pas la clause d'assistance.

Ma lecture tient en une phrase. Ce pacte est d'abord une assurance, écrite pour dissuader. Son premier test montre qu'il n'est pas encore une armée prête à marcher.

Istanbul est venue trois semaines et demie après la signature. La réunion d'urgence arrive moins d'un mois après Istanbul. Le rythme est celui des comités.

Une clause qu'on n'invoque pas reste une promesse.

Le 7 août, une clause. Le 31 août, un secrétariat.

New York, puis Riyad

Jeudi, à la mission saoudienne

Jeudi, les chefs de la diplomatie des trois pays se retrouvent à New York. Ils se réunissent à la mission permanente saoudienne auprès de l'ONU, selon The National.

Le prince Faisal ben Farhane pour Riyad. Ishaq Dar pour Islamabad. Hakan Fidan pour Ankara.

Ils condamnent fermement les attaques visant La Mecque et les installations civiles et économiques saoudiennes, rapporte The New Arab.

Ils décident une réunion d'urgence des chefs d'état-major.

Leurs ministères avaient signé, le 31 août, un communiqué qui parlait de retenue. Trois semaines plus tard, ils parlent d'urgence. Le vocabulaire a bougé. La clause, pas encore.

Vendredi, les avions

Vendredi matin, le ministère turc de la Défense annonce le départ du général Selçuk Bayraktaroğlu, chef d'état-major, pour l'Arabie saoudite, selon Yeni Şafak.

Le maréchal pakistanais Asim Munir est attendu à Riyad, selon Al Jazeera.

Deux avions. Deux généraux. Une salle.

La mécanique du pacte fonctionne. Elle fonctionne en réunions.

En août, Recep Tayyip Erdoğan saluait un pas important dans la bonne direction, rappelle The New Arab. Un pas, justement.

On a convoqué les généraux. La clause, elle, reste assise.

Ce que disent Ankara et Islamabad

La parole turque

Hakan Fidan choisit ses mots. Notre accord comporte un engagement d'alliance, dit-il. Nous tenons parole. C'est ce que rapporte Al Jazeera.

Puis il précise. La Turquie pourrait répondre à des besoins militaires saoudiens dans certains domaines techniques.

Des domaines techniques. Pas des brigades.

La prudence pakistanaise

Ishaq Dar insiste sur l'examen des structures institutionnelles du pacte. Pas sur une action militaire immédiate, selon Al Jazeera.

Un général de brigade à la retraite, Tughral Yamin, rappelle à la chaîne les menaces qui pèsent sur l'armée pakistanaise. L'Afghanistan. L'Inde. Des groupes armés à l'intérieur.

Une armée qui garde deux frontières hésite à en ouvrir une troisième.

Aucun des deux ne dit non. Aucun des deux ne dit oui. Les deux disent : plus tard, autrement, ailleurs.

Et pourtant, le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, avait prévenu. L'alliance pourrait être activée si la guerre du Yémen débordait sur l'Arabie saoudite, rappelle The New Arab.

Elle a débordé. Six missiles.

Ankara offre de la technique. Islamabad offre des structures.

Avril 2015, le même Ishaq Dar

La résolution de neutralité

Il y a onze ans, Riyad avait déjà demandé.

Le 10 avril 2015, le Parlement pakistanais adopte une résolution à l'unanimité. Elle souhaite que le Pakistan reste neutre dans la guerre au Yémen. Al Jazeera le rapportait alors.

Qui avait présenté la résolution ? Le ministre des Finances de l'époque. Ishaq Dar.

Le même homme. Onze ans plus tard, chef de la diplomatie, il parle de structures institutionnelles.

Ce que Riyad demandait

En 2015, selon le ministre de la Défense Khawaja Asif, l'Arabie saoudite réclamait des avions de combat, des troupes au sol et des navires de guerre.

Le Parlement avait répondu par une neutralité. Et par une promesse : se tenir épaule contre épaule avec le royaume si son intégrité territoriale était atteinte, ou si les lieux saints de La Mecque et de Médine étaient menacés.

En 2026, des missiles visent Taïf, voisine de La Mecque. Les trois ministres condamnent des attaques visant La Mecque.

La promesse de 2015 et la clause de 2026 disent presque la même chose. Les deux attendent encore leur jour.

Les archives ne se répètent pas. Elles reviennent avec les mêmes noms.

Ce qu'on doit à la retenue

Six interceptions sans renfort

Ma lecture a une limite. Je la pose.

Une dissuasion qui marche n'a pas besoin d'être invoquée. Les six missiles ont été interceptés. La coalition dirigée par Riyad s'est défendue sans les armées turque et pakistanaise.

Rien n'oblige à déclencher une clause pour prouver qu'elle existe.

Le communiqué d'Istanbul parlait de retenue. Ce n'était peut-être pas de la faiblesse. C'était peut-être une doctrine.

Le prix d'une invocation

Invoquer la clause, c'est faire entrer deux armées étrangères dans une guerre qui déplace déjà des dizaines de milliers de civils.

Chaque brigade de plus risque d'ajouter des déplacés aux déplacés. Au Yémen, l'opération du HCR n'est financée qu'à 18 % cette année.

Je l'avoue : je ne sais pas ce que valent ces signatures. Personne ne le sait avant le jour où il faut les honorer.

C'est vrai, et cela ne change pas ceci : une clause qu'on ne peut jamais invoquer finit par ne plus dissuader personne.

La retenue protège des civils. Elle use aussi une promesse.

Depuis 1967

Une présence ancienne

L'archive a une autre page, plus longue.

Le Pakistan stationne des troupes en Arabie saoudite depuis les années 1970. Il y forme des militaires saoudiens depuis 1967. Des milliers, rappelle Al Jazeera.

Des conseillers, des formateurs et des techniciens pakistanais y sont déjà, selon Al Jazeera. Ils connaissent les casernes, les pistes, les manuels.

En avril 2026, Islamabad a confirmé l'arrivée d'avions de combat et d'appui sur la base aérienne du Roi-Abdelaziz.

Présent, pas engagé

Le Pakistan est là pour former. Le Pakistan est là pour conseiller. Le Pakistan est là pour entretenir.

Il ne combat pas au Yémen.

C'est toute la différence entre une présence et une clause. La présence protège un royaume. La clause entraînerait une armée dans une guerre.

Depuis 1967, le Pakistan a toujours choisi la première.

Présent depuis un demi-siècle. Engagé, jamais encore.

Les Houthis, par leurs actes

Ce qu'ils ont fait en septembre

Le groupe Ansarallah, dit les Houthis, contrôle Sanaa et une grande partie du Yémen. The National le décrit comme soutenu par l'Iran.

Ce mois-ci, ses combattants ont avancé sur la côte ouest et pris le port de Mokha, selon ONU Info. Ils tiennent des positions sur la mer Rouge, près du détroit de Bab el-Mandeb, rapporte Al Jazeera. Environ 12 % du commerce mondial passe d'ordinaire par ce corridor.

Le département d'État américain a inscrit Ansarallah sur sa liste des organisations étrangères désignées le 4 mars 2025.

Ce qu'ils promettent

Un membre de leur bureau politique, Mohammed al-Bukhaiti, prévient la Turquie et le Pakistan. Ils feraient face à une « main de fer » s'ils entraient dans la guerre, selon Al Jazeera.

La menace vise précisément ce que le pacte promet.

Leurs missiles visent un port pétrolier. Leur menace vise deux armées. Leur avance, elle, atteint le détroit.

En vingt-quatre heures, selon Al Jazeera, 150 combattants sont morts au Yémen. 98 du côté des forces gouvernementales. 52 du côté houthi.

Un groupe qui tire vers Taïf teste une clause, pas seulement un radar.

Le Grand Mufti

La mobilisation par le sacré

À Riyad, une autre voix s'élève. Religieuse, celle-là.

Le Grand Mufti, le cheikh Saleh ben Fawzan, appelle les soldats à rester en permanence prêts à accomplir leur devoir, rapporte The National.

Protéger le royaume. Garder ses frontières. Repousser l'agression. Punir quiconque cherche à porter atteinte à ne serait-ce qu'un pouce de son territoire. Ce sont, selon lui, parmi les plus grands devoirs.

Ce que le sacré ajoute

Un appel religieux aux troupes n'est pas une clause de traité. C'est un climat.

Il parle aux soldats saoudiens. Il ne parle pas aux généraux turcs ni pakistanais.

Le Mufti ne cite pas le pacte. Il cite le devoir. Les deux textes ne se superposent pas.

Et pourtant, il change la température du test. Quand une guerre se dit en pouces de territoire sacré, la retenue devient plus difficile à défendre.

Le Mufti mobilise des soldats. Le pacte mobilise des comités.

Ceux qui paient

Le compte du HCR

Le 22 septembre, le HCR compte plus de 130 000 personnes chassées de chez elles depuis le début du mois.

Au moins 110 victimes civiles. 28 vies perdues.

Avant même l'escalade, 5,2 millions de Yéménites étaient déplacés à l'intérieur du pays. Plus de 22 millions ont besoin d'aide humanitaire.

Al Jazeera avance, le 25, plus de 230 000 déplacés depuis le 1er septembre. Le HCR, trois jours plus tôt, en comptait 130 000. Je retiens le chiffre le plus prudent. Il suffit.

La deuxième, la troisième fois

Le 11 septembre déjà, l'Organisation internationale pour les migrations comptait 46 000 déplacés en une semaine, et le chiffre montait d'heure en heure, selon ONU Info. Sa directrice générale, Amy Pope, disait que des familles fuyaient pour la deuxième ou la troisième fois.

Trois districts de Taïz s'étaient vidés. Ils ont fui Maqbanah. Ils ont fui Jabal Habashi. Ils ont fui Al Ma'afer.

Fuir une fois, c'est une nuit. Fuir trois fois, c'est une vie qui tient dans un sac.

Ce jour-là, le bureau humanitaire de l'ONU comptait déjà 14 civils morts ou blessés depuis le début du mois. Parmi eux, deux enfants. L'Organisation mondiale de la santé avait relevé 67 morts et 288 blessés entre le 6 et le 24 août, dans sept gouvernorats.

Les généraux se réunissent. Les déplacés attendent une tente.

Le pacte promet une défense. Les déplacés attendent un toit.

Djibouti, l'autre rive

La mer comme dernière route

Plus de 3 000 Yéménites ont traversé le golfe d'Aden vers Djibouti, selon le HCR. Des centaines ont accosté au Somaliland et au Puntland.

Traverser une mer pour fuir une guerre, c'est dire qu'aucune route à terre ne mène plus nulle part.

Pour un enfant qui monte dans une barque la nuit, le golfe d'Aden n'a pas de nom. Il a un bruit, celui de l'eau contre la coque.

Le HCR a déclenché une urgence de niveau 1 pour le Yémen, Djibouti et la Somalie.

Des réfugiés parmi les déplacés

Le Yémen accueillait déjà environ 65 000 réfugiés et demandeurs d'asile, surtout venus de Somalie et d'Éthiopie, selon le HCR. Des gens qui avaient fui vers le Yémen, et que la guerre rattrape.

Le HCR n'a reçu que 34 millions de dollars sur les 194 millions demandés pour le Yémen en 2026. Il lui faudrait 25 millions de plus, tout de suite, pour aider environ 231 000 personnes.

231 000. Le nombre ressemble à celui qu'avance Al Jazeera pour les déplacés. Ce n'est pas le même compte. L'un compte des gens partis. L'autre, des gens à aider.

Et pourtant, à Riyad, la réunion porte sur une clause militaire. Pas sur une tente.

La mer est devenue la route de ceux que la clause oublie.

Le test que Riyad n'a pas passé

Trois scénarios

Premier scénario, le plus probable selon les déclarations lues. La réunion produit de la coordination, de l'aide technique turque, des structures pakistanaises. La clause reste au tiroir.

Deuxième scénario. Les attaques houthies s'intensifient, et Riyad invoque formellement la clause. Le Pakistan et la Turquie devront alors dire ce que vaut leur signature.

Troisième scénario. Rien n'est invoqué, rien n'est refusé. Le pacte vit dans l'ambiguïté. C'est parfois ce que veulent ses signataires.

Chaque scénario a son indice. Un communiqué qui cite la clause mot pour mot. Des avions pakistanais qui changent de mission. Une unité turque qui embarque. Dans les pages lues ce vendredi, rien de cela.

Taïf, Yanbu, et la clause

Si des missiles lancés vers Taïf et Yanbu ne font pas une attaque contre l'un, qu'est-ce qui en fera une ?

La réponse ne viendra pas de Riyad cette semaine.

Elle viendra le jour où quelqu'un devra choisir entre une promesse et une guerre.

Six missiles, trois généraux, une clause restée dans sa reliure.

Recevoir les analyses géopolitiques

Conflits, puissances, alliances: le fil MadMax sans bruit inutile.

Citer cet article

Maxime Marquette (2026). DOSSIER : Six missiles vers Taïf, le pacte de La Mecque convoque des généraux, pas sa clause. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/dossier-six-missiles-vers-taif-le-pacte-de-la-mecque-convoque-des-generaux-pas-sa-clause

Cet article vous fait ressentir quoi ?
MM
Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

Maxime Marquette écrit l'essentiel des analyses et chroniques publiées sur MadMax — géopolitique, technologie et actualité, sans remplissage.

— L’Infolettre

Cette chronique t’a plu ? Reçois la prochaine.

Une chronique par semaine, directement dans ta boîte de réception. Sans bruit.

Commentaires

0 / 2000

Sois le premier à réagir.

Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.

Enquête2769 mots13 min de lecture