DÉCRYPTAGE : Zelensky coupe les relais biélorusses : la frappe qui a fonctionné
Le 24 juin 2026, Volodymyr Zelensky a annoncé lors d'une conférence de presse une nouvelle que peu attendaient : les stations de relais installées par la Russie sur le territoire biélorusse, et qui permettaient de guider des drones Shahed contre les villes ukrainiennes, avaient cessé de fonctionner le 22 juin — soit quatre jours avant l'expiration de l'ultimatum qu'il avait lan

- Le 24 juin 2026, Volodymyr Zelensky a annoncé lors d'une conférence de presse une nouvelle que peu attendaient : les stations de relais installées par la Russie sur le territoire biélorusse, et qui permettaient de guider des drones Shahed contre les villes ukrainiennes, avaient cessé de fonctionner le 22 juin — soit quatre jours avant l'expiration de l'ultimatum qu'il avait lan
- Le 24 juin 2026 , Volodymyr Zelensky a annoncé lors d'une conférence de presse une nouvelle que peu attendaient : les stations de relais installées par la Russie sur le territoire biélorusse, et qui permettaient de guider des drones Shahed contre les villes ukrainiennes, avaient cessé de fonctionner le 22 juin — soit quatre jours avant l'expiration de l'ultimatum qu'il avait lancé le 19 juin .
- «Selon les informations transmises par le commandant en chef et nos services de renseignement, les stations de relais concernées ont cessé leurs opérations sur le territoire biélorusse le 22 juin» , a-t-il déclaré.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction : Un ultimatum qui a fait plier un régime
22 juin 2026 : les relais s'éteignent
Le 24 juin 2026, Volodymyr Zelensky a annoncé lors d'une conférence de presse une nouvelle que peu attendaient : les stations de relais installées par la Russie sur le territoire biélorusse, et qui permettaient de guider des drones Shahed contre les villes ukrainiennes, avaient cessé de fonctionner le 22 juin — soit quatre jours avant l'expiration de l'ultimatum qu'il avait lancé le 19 juin. «Selon les informations transmises par le commandant en chef et nos services de renseignement, les stations de relais concernées ont cessé leurs opérations sur le territoire biélorusse le 22 juin», a-t-il déclaré. Un succès, net et documenté.
Ce résultat mérite un décryptage approfondi. Comment Zelensky a-t-il réussi à contraindre le régime de Loukachenko — un régime sous la coupe totale du Kremlin — à désactiver des équipements russes sur son propre sol ? Quels instruments ont été utilisés ? Quelles sont les limites et les zones d'ombre de cette victoire ? Et que révèle-t-elle sur la nouvelle géométrie du conflit en 2026 ?
Le contexte de l'ultimatum : six mois de patience puis l'action
L'histoire des relais de drones biélorusses remonte à la seconde moitié de 2025, quand la Russie a commencé à installer ce réseau de guidage sur le territoire biélorusse. L'Ukraine a progressivement cartographié ces installations, documenté leur impact sur les trajectoires de drones, et partagé des informations avec ses partenaires OTAN. En février 2026, l'Ukraine disposait d'une connaissance précise de la localisation de quatre stations dans les régions de Homiel et de Brest. En mars, des rapports indiquaient que la Russie planifiait d'en déployer davantage.
Il y a quelque chose de profondément satisfaisant dans ce résultat — et je vais l'assumer pleinement. Zelensky a dit : «enlevez ça ou on le fait nous-mêmes». Et Loukachenko a obtempéré. Dans un contexte où l'Ukraine est souvent montrée comme en position de faiblesse, c'est un rappel que Kyiv dispose de leviers réels. Ce n'est pas une victoire de guerre — c'est une démonstration de force diplomatique et militaire. Et ça compte.
La mécanique de l'ultimatum : comment Zelensky a construit la pression
La gradation : de l'avertissement à la menace directe
Zelensky n'a pas lancé son ultimatum du 19 juin de façon impulsive. Il avait soigneusement préparé le terrain pendant plusieurs mois. En janvier 2026, il avait commencé à mentionner publiquement les relais biélorusses. En février, la cartographie précise des quatre stations avait été rendue publique. En mai, l'Ukraine avait averti de 500 cibles stratégiques en Biélorussie qui pourraient être frappées en cas d'escalade. Chaque étape a escaladé la pression avant la demande finale.
Cette gradation progressive a plusieurs effets. Elle donne à Loukachenko le temps de comprendre que la menace est sérieuse. Elle permet aux partenaires occidentaux de l'Ukraine d'être informés et de signaler leur soutien implicite ou explicite. Elle crée une dynamique d'attentes publiques qui rend crédible la menace d'action — si Zelensky ne fait pas ce qu'il a promis, il perd de la crédibilité. Et elle maximise la pression psychologique sur Loukachenko, qui sait que l'Ukraine dispose des capacités nécessaires pour exécuter ses menaces.
L'outil de la surveillance : InformNapalm et l'intelligence open source
La décision de Zelensky de rendre publique la localisation précise des relais biélorusses a été rendue possible par un travail de renseignement remarquable. En février 2026, l'organisation InformNapalm, en collaboration avec le centre d'analyse cyber Fenix, a piraté les comptes de militaires russes opérant les drones et accédé aux systèmes de surveillance utilisés par les opérateurs. Cette infiltration n'a pas permis de contrôler les drones — mais elle a fourni une observation en temps réel des opérations, transmise directement aux défenses ukrainiennes.
Cette capacité d'intelligence offensive — combiner le cyber, le renseignement d'images satellites et les sources humaines — donne à l'Ukraine une connaissance précise de ce qui se passe sur le territoire biélorusse. Zelensky ne bluffait pas quand il disait savoir où se trouvaient les relais. Cette certitude a rendu son ultimatum crédible — et la crédibilité est l'essence même de la dissuasion.
Le travail d'InformNapalm et de Fenix illustre quelque chose qui me semble crucial dans cette guerre : l'Ukraine a développé des capacités asymétriques extraordinaires qui compensent partiellement sa disproportion de taille avec la Russie. Ce sont des organisations civilo-militaires, des hackers patriotes, des analystes open source qui contribuent à la défense du pays d'une façon que les armées conventionnelles seules ne pourraient pas. C'est une innovation militaire profonde.
Pourquoi Loukachenko a cédé : l'analyse des motivations
La menace de frappe ukrainienne était réelle
La première raison pour laquelle Loukachenko a désactivé les relais est simple : il a cru que Zelensky exécuterait sa menace de frapper les équipements. Et cette croyance était fondée sur des faits. En 2025 et 2026, l'Ukraine a multiplié les frappes profondes sur le territoire russe — dépôts de munitions, usines d'armements, bases militaires, infrastructure pétrolière. Ces frappes ont démontré une capacité et une volonté d'action à grande distance qui n'existaient pas au début du conflit.
La menace de frapper des cibles en Biélorussie n'était donc pas rhétorique. L'Ukraine avait la capacité et l'intention. Pour Loukachenko, le calcul était simple : les relais valent-ils le risque d'une frappe ukrainienne sur le territoire biélorusse ? Une frappe qui pourrait provoquer une escalade incontrôlable ? Sa réponse a été non — et c'est la réponse d'un dirigeant pragmatique qui préfère préserver son régime plutôt que de risquer une crise existentielle pour des équipements russes.
La pression de Moscou et la résistance de Minsk
Il convient de noter que la décision de désactiver les relais contredisait directement les intérêts de la Russie. Moscou avait investi dans ces équipements et bénéficiait de leur utilisation pour ses frappes sur l'Ukraine occidentale. Le Kremlin faisait pression sur Loukachenko pour qu'il approfondisse le rôle militaire biélorusse — pas pour qu'il le réduise. La décision de Minsk de céder à l'ultimatum de Kyiv plutôt qu'aux demandes de Moscou révèle donc une chose importante : Loukachenko maintient encore une capacité d'action autonome sur certains dossiers spécifiques.
L'ISW a analysé cette décision comme une indication que Loukachenko «continue de résister à l'engagement total de la Biélorussie dans la guerre» et cherche à «préserver ce qu'il reste de la souveraineté biélorusse dégradée». Cette résistance est fragile et conditionnelle — mais elle existe. Et elle crée une fenêtre pour l'Ukraine et les alliés occidentaux pour maintenir une pression diplomatique qui décourage un engagement biélorusse plus profond dans le conflit.
Cette résistance partielle de Loukachenko à Poutine est l'un des phénomènes les plus intéressants et les moins commentés de la guerre actuelle. Un dictateur sous emprise totale d'un autre dictateur qui refuse quand même de tout donner — c'est une situation géopolitique fascinante. Elle dit quelque chose sur la dynamique du pouvoir entre États autoritaires : même les vassaux ont une limite de servitude.
Les limites de la victoire : ce que Zelensky ne sait pas
Désactivés ou démantelés ? La question cruciale
Zelensky lui-même a admis une incertitude fondamentale dans son annonce du 24 juin : «Il n'est pas clair pour l'instant si la Biélorussie a complètement démantelé les relais ou simplement suspendu leur utilisation». C'est une distinction capitale. Des équipements désactivés peuvent être réactivés en quelques heures — ils n'ont pas besoin d'être reconstruits. Si les antennes sont simplement coupées de leur alimentation électrique et non physiquement démonontées, la menace peut revenir rapidement, sans préavis, dès que la pression politique se relâche.
Cette incertitude révèle une limite structurelle de l'approche par ultimatum : elle peut produire une compliance temporaire sans résoudre le problème structurel. Loukachenko a cédé sur les relais existants — mais la Russie peut en déployer de nouveaux, ou réactiver les anciens, si les circonstances changent. La surveillance continue — drones de reconnaissance, cyber, signaux — reste indispensable pour détecter tout redémarrage.
Les nouvelles constructions continuent
La désactivation des relais de drones n'a pas arrêté la militarisation plus large du territoire biélorusse. Les données de Zelensky du 25 juin 2026 — sur les routes et dépôts en construction le long de la frontière ukrainienne — concernent des infrastructures distinctes des relais. Ces constructions continuent, et elles représentent une capacité militaire à plus long terme qui ne peut pas être désactivée par un ultimatum diplomatique.
Par ailleurs, les 41 drones de reconnaissance russes enregistrés dans l'espace aérien biélorusse en 10 jours selon iSANS suggèrent que les opérations russes via la Biélorussie continuent — même si les relais de guidage sont temporairement inactifs. La Biélorussie reste une plateforme de surveillance et potentiellement d'action militaire russe, avec ou sans relais.
Il faut rester lucide sur cette victoire. Zelensky a remporté une bataille tactique — pas une victoire stratégique. Les relais sont éteints aujourd'hui. Demain, si Poutine insiste suffisamment, si les pressions financières sur Loukachenko s'intensifient, ils peuvent se rallumer. Célébrer sans analyser les limites, c'est se préparer à la prochaine mauvaise surprise.
Les réactions internationales : peu de bruit, beaucoup de sens
L'OTAN observe, les Baltes surveillent
L'annonce de Zelensky sur les relais biélorusses a été accueillie avec discrétion dans les capitales alliées — mais avec une réelle attention. Les services de renseignement des pays Baltes, de la Pologne et de la Finlande ont tous été informés de la situation — certains ont même, selon les informations disponibles, reçu les données d'intelligence ukrainienne sur les localisations des relais. L'épisode a renforcé la coopération de renseignement entre l'Ukraine et ses partenaires les plus proches géographiquement et stratégiquement.
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Loukachenko, de son côté, a qualifié toute cette affaire de «propagande occidentale» — une réaction prévisible qui visait à minimiser publiquement ce qui était perçu, en interne, comme une reculade. Cette dissonance entre la réalité (les relais sont éteints) et la communication officielle biélorusse (ça n'existe pas) est caractéristique du style communicatif des régimes autoritaires face aux défaites tactiques.
Le signal envoyé à Moscou
Au-delà de la situation biélorusse spécifique, la réussite de l'ultimatum de Zelensky envoie un signal à Moscou. Il démontre que l'Ukraine est capable de contraindre le comportement de l'allié le plus proche du Kremlin en utilisant sa propre capacité de frappe comme levier. C'est une forme de dissuasion conventionnelle qui dépasse le cadre militaire immédiat — elle dit à tous les acteurs de la région que l'Ukraine est un joueur actif et capable dans la géopolitique de l'Europe de l'Est, pas seulement une victime en attente de secours.
La Russie a vu l'un de ses investissements stratégiques en Biélorussie désactivé par la pression ukrainienne. C'est une défaite tactique pour Moscou — même si elle peut être renversée. Et dans une guerre d'attrition où chaque avantage compte, chaque recul russe a une valeur symbolique et opérationnelle.
Ce que cet épisode révèle, pour moi, c'est que l'Ukraine a appris quelque chose de profond depuis 2022 : la coercition militaire crédible est plus efficace que la diplomatie seule. Quand l'Ukraine dit «nous frapperons si vous n'agissez pas», les acteurs régionaux prennent cette menace au sérieux — parce qu'ils ont vu l'Ukraine frapper des cibles à des milliers de kilomètres. C'est une transformation stratégique majeure qui mérite d'être pleinement reconnue.
L'impact opérationnel : moins de drones depuis le nord
Une réduction documentée des incursions
Les données de terrain confirment l'impact de la désactivation des relais. Les gardes-frontières ukrainiens ont signalé une réduction de l'intensité des incursions de drones Shahed depuis la région de Tchernihiv dans les jours suivant le 22 juin. La comparaison avec les deux grandes vagues de drones du 1-2 juin et du 14-15 juin — qui utilisaient massivement la route biélorusse — illustre concrètement l'impact de la désactivation des relais sur les schémas d'attaque russes.
Sans les relais, les drones Shahed modifiés perdent leur capacité de guidage en temps réel à grande distance. Ils redeviennent des drones à guidage inertiel ou satellite — toujours dangereux, mais moins précis et moins capables de manœuvres d'évitement sophistiquées. La défense aérienne ukrainienne, déjà très efficace selon les rapports de l'ISW, retrouve un avantage accru dans l'interception de ces appareils.
La stratégie ukrainienne de déni de capacité
L'épisode des relais s'inscrit dans une stratégie plus large de l'Ukraine — celle du déni de capacité à la Russie. En frappant les usines d'armements, les dépôts de munitions, les raffineries de pétrole, les infrastructures de communication, et maintenant en contraignant la désactivation des relais biélorusses, l'Ukraine cherche à dégrader systématiquement la capacité militaire russe. Chaque capacité russe neutralisée réduit l'efficacité des frappes futures et oblige Moscou à mobiliser des ressources supplémentaires pour compenser.
Cette stratégie de déni de capacité est complétée par la campagne de frappes profondes — l'ISW ayant documenté 210 frappes en mai et 145 en juin 2026 contre des infrastructures russes. La destruction de 6 000 tonnes de munitions à l'arsenal de la Flotte baltique près de Saint-Pétersbourg — confirmée par Zelensky le 24 juin — illustre l'ampleur de cette campagne. Dans ce contexte, la neutralisation des relais biélorusses est un maillon supplémentaire dans une stratégie cohérente.
Je veux terminer par une réflexion sur ce que Zelensky représente en tant que leader de guerre. Il n'est pas parfait, il fait des erreurs, certaines de ses décisions sont contestées. Mais dans cet épisode des relais, il a démontré quelque chose d'essentiel : la capacité de combiner pression diplomatique, intelligence, communication publique et menace militaire crédible pour obtenir un résultat concret. C'est du leadership de guerre — et c'est impressionnant.
Les prochaines cibles : vers une pression systématique sur Minsk
La cartographie des dépendances biélorusses
Zelensky a clairement indiqué que les relais biélorusses n'étaient pas un cas isolé mais l'illustration d'une politique plus large : identifier chaque point d'appui que la Biélorussie offre à la machine de guerre russe et exercer une pression pour le neutraliser. Les experts de l'ISW ont documenté plusieurs catégories d'infrastructures concernées : les relais de communication, les dépôts logistiques, les corridors de transit terrestre, et les bases d'entraînement de forces hybrides. Chacune de ces catégories représente une cible potentielle d'une future pression diplomatique ou militaire ukrainienne.
L'Ukraine dispose aujourd'hui d'une intelligence précise sur ces infrastructures — une capacité de ciblage confirmée par la précision des frappes de drones ukrainiens sur les dépôts russes documentée par le site spécialisé Defence-UA. Cette intelligence est un levier de pouvoir considérable. Loukachenko le sait, et c'est en partie ce qui explique sa prompte capitulation sur les relais. La question n'est plus de savoir si Zelensky renouvellera cette pression, mais sur quelle cible il la concentrera ensuite.
Il y a quelque chose de profondément nouveau dans la stratégie ukrainienne de ces derniers mois. Pendant deux ans, l'Ukraine a surtout réagi — défendant ses positions, absorbant les frappes, demandant des armes. Aujourd'hui, elle impose le tempo : elle frappe en profondeur, elle pose des ultimatums, elle contraint des acteurs tiers. Ce n'est plus la même guerre. Et ce changement qualitatif mérite d'être reconnu pour ce qu'il est.
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Pendant longtemps, Poutine a utilisé la Biélorussie comme un sanctuaire — un territoire d'où il pouvait frapper l'Ukraine sans risque de représailles directes, sachant que Kyiv ne voulait pas ouvrir un second front. L'épisode des relais a fissuré cette certitude. En montrant qu'il était prêt à frapper les relais biélorusses et à exercer une pression directe sur Loukachenko, Zelensky a envoyé un message clair à Moscou : le sanctuaire biélorusse a une limite, et cette limite est l'utilisation active du territoire contre l'Ukraine.
Ce signal est fondamental pour la suite du conflit. Poutine devra recalculer les risques associés à chaque capacité qu'il déploie en Biélorussie. Chaque nouveau système, chaque nouvelle infrastructure qu'il installe sur le sol biélorusse peut désormais devenir une cible d'un ultimatum ukrainien. La Russie avait structuré une partie de sa logistique en supposant que la Biélorussie était à l'abri — cette supposition est désormais caduque, et les planificateurs militaires russes doivent intégrer cette nouvelle réalité dans leur calcul opérationnel.
Les limites du calcul russe sur la Biélorussie
Les experts de Modern Diplomacy et de l'ISW ont analysé comment la Russie avait anticipé — ou plutôt mal anticipé — la réaction ukrainienne. Le Kremlin semblait avoir parié que Zelensky, confronté à une situation militaire difficile sur le front Est, ne prendrait pas le risque d'aggraver la situation sur le front Nord. Ce calcul s'est révélé faux. Zelensky a démontré qu'il était capable de mener des actions simultanées sur plusieurs fronts diplomatiques et militaires — une capacité que Poutine avait peut-être sous-estimée.
Cette erreur de calcul russe s'inscrit dans un pattern plus large : depuis l'invasion à grande échelle de 2022, le Kremlin a régulièrement sous-estimé la capacité de résistance et d'initiative ukrainienne. Chaque fois, Kyiv a surpris Moscou — en tenant lors de la bataille de Kyiv, en lançant la contre-offensive de Kharkiv, en frappant en profondeur sur le sol russe, et maintenant en contraignant la neutralisation des relais biélorusses. Le pattern se répète, et il est temps que les analystes occidentaux en tirent les conclusions sur la nature véritable de cet adversaire.
La Russie a sous-estimé l'Ukraine à chaque tournant décisif de cette guerre. Et à chaque fois, elle en a payé le prix. Il n'y a aucune raison de croire que cette dynamique va s'inverser spontanément. Poutine est enfermé dans une guerre qu'il ne peut plus gagner de la façon dont il l'avait imaginée — et il ne semble pas encore avoir trouvé une sortie honorable. Pendant ce temps, l'Ukraine continue de progresser.
Conclusion : Une leçon sur la dissuasion qui s'applique bien au-delà des relais
La crédibilité comme condition de la dissuasion
L'épisode des relais biélorusses démontre une vérité fondamentale sur la dissuasion : elle ne fonctionne que si la menace est crédible. Zelensky a pu contraindre Loukachenko parce que sa menace de frappe était crédible — construite sur des mois de démonstrations de capacités, une intelligence précise sur les cibles, et une communication publique qui ne laissait pas de porte de sortie sans action.
Cette leçon s'applique à l'OTAN entière dans ses interactions avec la Russie. La dissuasion contre une provocation russe dans les pays Baltes ou en Pologne ne sera efficace que si l'OTAN est perçue comme capable et déterminée à répondre. Les doutes sur la fiabilité américaine, les hésitations européennes, les conditionnalités d'Hegseth — tout ce qui érode cette crédibilité érode la dissuasion. L'Ukraine a montré la voie : être fort, clair, et prêt à agir.
Le prochain test
La désactivation des relais est une victoire, pas une solution. La Biélorussie reste militarisée, les constructions continuent, et la pression russe sur Loukachenko ne diminuera pas. L'Ukraine devra maintenir une vigilance constante et être prête à renouveler sa pression si les relais se rallument. Et l'OTAN devra tirer les enseignements de cet épisode pour sa propre posture face aux provocations hybrides russes — car le prochain test ne sera peut-être pas en Biélorussie, mais dans les pays Baltes ou sur les frontières de la Pologne.
L'histoire retiendra peut-être cet épisode comme un tournant mineur dans une grande guerre. Mais pour ceux qui la vivent — les civils ukrainiens qui se réveillent moins souvent au son des alertes aériennes depuis le nord, les familles des soldats qui défendent la frontière biélorusse — ce n'est pas un détail. C'est une nuit de moins sous les bombes. Et chaque nuit de moins compte.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.
Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.
Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.
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Nature de l'analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.
Sources
Sources primaires
- Meduza — Zelensky: relay stations in Belarus went offline after ultimatum — 24 juin 2026
- ISW — Russian Offensive Campaign Assessment June 24, 2026 — relays and Belarus
- Militarnyi — Zelensky: Belarus must remove relay stations — 20 juin 2026
Sources secondaires
- Ukrainska Pravda — No mass Shahed drone flights along Belarusian border — 24 juin 2026
- Belsat — What are the relay systems and why did Zelensky issue ultimatum — 22 juin 2026
- Radio Free Europe/Radio Liberty — Relay stations Belarus-Ukraine tensions — 26 juin 2026
- Pozirk — Kyiv knows of four relay systems in Belarus — 21 juin 2026
- Modern Diplomacy — Zelensky pressures Belarus over drone operations — 22 juin 2026
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). DÉCRYPTAGE : Zelensky coupe les relais biélorusses : la frappe qui a fonctionné. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/decryptage-zelensky-coupe-les-relais-bielorusses-la-frappe-qui-a-fonctionne
Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.






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