REPORTAGE : Ukraine-Russie, été 2026 — l'attrition que Moscou perd mais refuse de reconnaître
Dans la direction de Kostyantynivka, dans le Donbass, les forces russes encaissent environ 53 pertes par jour pour des gains territoriaux limités à de petites infiltrations de groupes. Les forces ukrainiennes, de leur côté, y subissent environ 3 pertes par jour. Ce ratio de perte
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- REPORTAGE : Ukraine-Russie, été 2026 — l'attrition que Moscou perd mais refuse de reconnaître
- Introduction : Une guerre que la Russie ne peut pas gagner et ne veut pas perdre
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
REPORTAGE : Ukraine-Russie, été 2026 — l'attrition que Moscou perd mais refuse de reconnaître
Introduction : Une guerre que la Russie ne peut pas gagner et ne veut pas perdre
L'été 2026 sur le front ukrainien : les chiffres qui ne mentent pas
Dans la direction de Kostyantynivka, dans le Donbass, les forces russes encaissent environ 53 pertes par jour pour des gains territoriaux limités à de petites infiltrations de groupes. Les forces ukrainiennes, de leur côté, y subissent environ 3 pertes par jour. Ce ratio de pertes d'environ 18:1 en faveur de l'Ukraine n'est pas une victoire décisive — mais c'est une démonstration arithmétique brutale de la soutenabilité comparée des deux stratégies militaires. Ces chiffres proviennent de l'évaluation de l'Institute for the Study of War (ISW) du 23 juin 2026, l'une des analyses les plus rigoureuses et les plus sourcées sur l'état du conflit.
C'est dans ce contexte que le président Poutine et les responsables du Kremlin ont réitéré, selon le même rapport, l'engagement de la Russie à atteindre ses « objectifs de guerre originaux » — la capitulation complète de l'Ukraine. Ce décalage entre le discours public et la réalité du terrain est l'une des caractéristiques les plus saillantes de la guerre à l'été 2026. Moscou proclame sa victoire inévitable pendant que ses troupes meurent à un rythme dix-huit fois supérieur à celui de leurs adversaires dans certains secteurs. Ce n'est pas de la stratégie. C'est de la propagande.
Ce que l'Ukraine frappe, et pourquoi cela compte
Dans la nuit du 22 au 23 juin 2026, les forces ukrainiennes ont frappé plus de 60 cibles russes en Crimée en une seule nuit. Les cibles identifiées incluaient trois drones de reconnaissance Orion, un radar Nebo-U, des réservoirs de carburant à la centrale thermique de Kerch, un système Pantsir-S1, un lanceur S-300, un canon ZU-23, un poste électrique — et le pont ferroviaire au-dessus du canal de Crimée du Nord près de Rozdolne, détruit. La même nuit, plus de 60 cibles supplémentaires ont été frappées. Les lignes de communication logistiques russes en Crimée se fragmentent sous ces frappes répétées, créant des pénuries d'approvisionnement qui commencent à affecter l'effort de guerre russe dans la péninsule.
Cette campagne de frappes profondes n'est pas symbolique — elle est stratégique. La Crimée, présentée par le Kremlin comme « retournée à la mère patrie » et inviolable, se retrouve à court de carburant, sans électricité dans plusieurs districts, avec ses axes ferroviaires ciblés et son pont de Chonhar partiellement détruit. Le ministre de la Défense ukrainien Mykhailo Fedorov a déclaré que l'Ukraine « isole » effectivement la Crimée, qui pourrait devenir une île logistique. Dans un pays exportateur de pétrole, avoir des régions à court de carburant à cause des frappes ukrainiennes est une catastrophe stratégique de premier ordre.
La crise de carburant russe : un effet stratégique ukrainien documenté
Huit grandes raffineries russes frappées en mai 2026
En mai 2026, les forces ukrainiennes ont frappé huit des dix plus grandes raffineries russes. Ce chiffre n'est pas une estimation — il est documenté par des analystes d'images satellites et des rapports industriels. Le résultat : la production pétrolière russe a chuté de 13 % par rapport aux niveaux précédents, le pire résultat depuis le début de l'invasion en 2022. La Russie, troisième producteur mondial de pétrole, a dû envisager d'importer du carburant par voie maritime pour gérer une pénurie d'essence dans un pays exportateur de pétrole. Ce paradoxe est la mesure la plus concrète de l'efficacité de la stratégie ukrainienne de frappes économiques profondes.
La raffinerie de Moscou dans le district de Kapotnya, qui fournit jusqu'à 40 % du carburant de la région capitale et traite plus de 11,6 millions de tonnes de pétrole brut par an, a été frappée les 16 et 18 juin 2026. Elle est peu susceptible de reprendre sa production avant 2027 selon des sources industrielles citées par Reuters. Des régions aussi lointaines que le Kamtchatka et Novosibirsk s'attendent à des pénuries de carburant d'ici la fin du mois de juin ou début juillet. Le vice-premier ministre russe Alexander Novak a qualifié la situation de « difficile mais gérable » — une formulation dont la deuxième partie ressemble plus à de l'espoir qu'à de la réalité.
L'effet sur la logistique militaire russe en Crimée et au Donbass
L'impact des frappes ukrainiennes sur la logistique militaire russe est documenté de façon granulaire dans le rapport ISW du 23 juin 2026. Dans la direction de Hulyaipole, les approvisionnements russes depuis la Crimée ont été « significativement réduits » à cause des frappes sur les lignes de communication, y compris le pont de Chonhar. Les soldats russes doivent maintenant marcher à pied sur 50 kilomètres pour acheminer des fournitures jusqu'à la ligne de front. Les drones de reconnaissance russes dans cette direction ont chuté de deux tiers. À Kinburn Spit, les approvisionnements en munitions, nourriture et carburant ont « effectivement cessé » et des unités russes ont dû être évacuées.
Ces détails opérationnels sont importants. Ils montrent que la stratégie ukrainienne de ciblage des lignes de communication logistiques russes produit des effets concrets et mesurables sur la capacité russe à maintenir la pression offensive. Un soldat qui marche 50 kilomètres pour amener des munitions ne frappe pas. Un Pantsir détruit en Crimée ne peut pas défendre les bases russes. Un radar Nebo-U neutralisé laisse des angles morts dans la défense aérienne russe. L'accumulation de ces dégradations tactiques, même si chacune prise isolément n'est pas décisive, crée une pression systémique sur la capacité militaire russe.
Poutine réitère ses objectifs impossibles pendant que son armée saigne
La rhétorique de la capitulation complète de l'Ukraine
Pendant que son armée encaisse des pertes massives à Kostyantynivka, pendant que ses raffineries brûlent, pendant que la Crimée se retrouve à court de carburant, Vladimir Poutine réitère son engagement à atteindre les « objectifs de guerre originaux de la Russie » — la capitulation complète de l'Ukraine. Sergueï Lavrov maintient un ordre d'évacuation des ambassades étrangères de Kyiv en vigueur et menace des frappes russes de « grande ampleur ». Ce langage est celui de la victoire prochaine. Il n'est pas corroboré par la réalité du terrain.
Cette dissonance entre discours et réalité a une fonction : maintenir la cohésion de la population russe et des élites autour d'un récit de guerre victorieuse. La propagande russe est conçue pour un public domestique, pas pour les analystes étrangers. Mais cette fonction même révèle la vulnérabilité du Kremlin : il a besoin de mentir parce que la vérité est inacceptable. Un régime sûr de sa victoire n'a pas besoin de maintenir en permanence un « ordre d'évacuation » des ambassades d'une ville qu'il prétend être sur le point de « libérer ».
Le problème démographique russe : des pénuries de personnel documentées depuis 2022
L'un des défis structurels de la Russie dans cette guerre est démographique. Les pénuries de personnel sont décrites par l'ISW comme « systémiques depuis mai 2022 ». Pour tenter de combler ces manques, le Kremlin multiplie les primes de recrutement : le gouverneur de l'oblast de Leningrad a annoncé un paiement unique de 250 000 roubles (3 356 dollars) pour les recrues des groupes d'appui-feu mobiles, et une prime de 100 000 roubles (1 342 dollars) par drone ukrainien intercepté. Ces chiffres révèlent à la fois le désespoir du recrutement russe et la valeur que Moscou accorde à la neutralisation des capacités de drones ukrainiens.
La Russie explore également l'utilisation de la Biélorussie comme base de recrutement potentielle. Le Kremlin pourrait tenter d'utiliser la population biélorusse pour compenser ses pénuries de main-d'œuvre, selon l'ISW. La Biélorussie est décrite comme « co-belligérante » dans ce conflit — son territoire sert de sanctuaire pour les frappes russes et de base logistique — mais ses propres citoyens n'ont pas encore été massivement intégrés dans l'effort de guerre russe. Si ce pas est franchi, il représentera une escalade significative dans la nature du conflit.
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Le financement européen et les livraisons d'armes : l'Ukraine mieux soutenue en 2026
Les engagements européens qui changent l'équation militaire
En 2026, l'Ukraine bénéficie d'un niveau de soutien financier et militaire occidental sans précédent depuis le début de la guerre. Les Pays-Bas ont signé un mémorandum de coopération incluant 250 millions d'euros pour la production de drones ukrainiens. Le Royaume-Uni prévoit de fournir plus de 150 000 drones fabriqués en Ukraine d'ici la fin de l'année. Des pays comme la Pologne, dont le budget de défense dépasse désormais 4 % du PIB, fournissent des équipements et du soutien logistique. L'architecture de soutien occidental à l'Ukraine s'est considérablement renforcée depuis le début du second mandat de Trump — peut-être précisément parce que les Européens ne peuvent plus compter sur Washington comme levier exclusif.
L'Ukraine a aussi renforcé ses propres capacités de production intérieure de munitions et de systèmes d'armes. La doctrine de « l'économie de guerre urgente » — itération rapide, standards flexibles, intégration des retours du combat en temps réel — a produit des résultats que les armées conventionnelles peinent à égaler en vitesse. Des missiles balistiques ukrainiens sont en développement avancé. Des intercepteurs guidés par IA commencent à être déployés. L'Ukraine de l'été 2026 est militairement plus forte qu'elle ne l'était à l'été 2025. Cette progression asymétrique est la clé de toute évaluation de la soutenabilité russe.
Les livraisons JDAM-ER et les frappes de précision
Le 23 juin 2026, une frappe ukrainienne avec un JDAM-ER guidé — une bombe américaine à guidage de précision adaptée aux avions ukrainiens — a ciblé une concentration de personnel russe au sud d'Udachne. Le même jour, un centre d'entraînement de drones russe « Dzerzhinsk » de la 4e brigade motorisée a été frappé près de Debaltseve. Ces frappes de précision sur des cibles militaires de haute valeur en profondeur du dispositif russe illustrent une capacité ukrainienne qui s'est considérablement développée : frapper précisément, loin de la ligne de contact, des cibles qui perturbent les opérations russes.
Cette capacité de frappes profondes et précises est l'un des développements les plus significatifs de la guerre à l'été 2026. Elle oblige la Russie à disperser ses équipements et ses forces d'entraînement loin de la ligne de contact, ce qui complique la coordination et rallonge les délais logistiques. Elle crée une pression permanente sur l'ensemble de la profondeur stratégique russe — des infrastructures pétrolières de Moscou aux centres d'entraînement du Donbass. L'Ukraine n'a pas les moyens de lancer une offensive terrestre massive. Elle a les moyens de rendre toute offensive russe insoutenable sur le long terme.
Les contre-offensives ukrainiennes et la Crimée comme théâtre décisif
La stratégie d'isolement de la Crimée
La stratégie ukrainienne à l'été 2026 semble s'articuler autour d'un axe central : isoler la Crimée de la logistique russe continentale. Le pont ferroviaire au-dessus du canal de Crimée du Nord a été détruit. Des équipements de réparation ferroviaire déployés pour le reconstruire ont été frappés à leur tour. Les approvisionnements russes vers la ligne de front à Hulyaipole depuis la Crimée ont été « significativement réduits ». Les frappes sur les infrastructures de carburant à Kerch ont créé des coupures d'électricité dans plusieurs districts. Si cette stratégie réussit à couper la Crimée des flux logistiques continentaux, les forces russes stationnées dans la péninsule seront confrontées à des défis d'approvisionnement croissants.
La Crimée est symboliquement et militairement centrale dans les calculs de Poutine. En l'avoir annexée en 2014, il a lié son propre destin politique à la possession de ce territoire. Si l'Ukraine parvient à rendre la Crimée intenable — pas nécessairement par une reconquête terrestre, mais par une dégradation continue de sa viabilité logistique — l'impact psychologique et politique sur le régime russe sera considérable.
Les USV russes et la guerre navale émergente
La nuit du 22 au 23 juin 2026, les forces russes ont tenté d'attaquer la côte ukrainienne avec plusieurs véhicules de surface non habités (USV) équipés de systèmes Starlink. Ils ont été détectés et détruits en mer par les forces ukrainiennes. Cette initiative révèle deux réalités opposées : d'une part, la Russie développe elle aussi des capacités autonomes maritimes ; d'autre part, l'Ukraine maintient une supériorité opérationnelle dans la mer Noire qui lui permet de neutraliser ces tentatives. La guerre navale non habitée est une dimension émergente de ce conflit dont les analystes commencent seulement à mesurer les implications.
La mer Noire est devenue un théâtre d'opérations where l'Ukraine, malgré l'absence d'une marine de surface significative, a réussi à reprendre des couloirs de navigation et à forcer le retrait de la flotte russe de Mer Noire de ses bases principales en Crimée. C'est un succès stratégique considérable, obtenu principalement par des USV et des drones navals, qui illustre la capacité ukrainienne à innover dans des domaines où la Russie a l'avantage conventionnel apparent.
Les frappes sur la Crimée comme théâtre décisif de la guerre
Pourquoi la Crimée est la clé du conflit
Dans la nuit du 22 au 23 juin 2026, l'Ukraine a frappé simultanément plus de 60 cibles en Crimée, selon l'ISW. Ces frappes ciblaient des infrastructures militaires russes critiques : dépôts de carburant, systèmes de défense aérienne, installations portuaires à Sébastopol. Ce niveau d'opération n'est pas une démonstration — c'est l'application d'une doctrine stratégique claire : faire de la Crimée un territoire défensivement intenable pour la Russie. La logique est simple mais puissante : si la Russie ne peut pas utiliser la Crimée comme base arrière sécurisée, son positionnement militaire dans le sud de l'Ukraine devient structurellement vulnérable.
La Crimée est le centre de gravité logistique du théâtre méridional russe. C'est de là que partent les approvisionnements en munitions, carburant et matériel pour les forces russes déployées dans les oblasts de Kherson et de Zaporizhzhia. C'est là que la Flotte de la mer Noire — ou ce qu'il en reste après les frappes ukrainiennes successives depuis 2022 — trouve ses ports d'attache. Chaque frappe ukrainienne sur la Crimée est donc une attaque sur la chaîne logistique russe, pas seulement sur le symbole géopolitique qu'est la péninsule.
La Flotte de la mer Noire : de puissance régionale à flotte refuge
La Flotte de la mer Noire russe est l'une des victimes les plus documentées du conflit. Depuis 2022, l'Ukraine a coulé ou gravement endommagé plusieurs navires de guerre russes majeurs, dont le Moskva (croiseur amiral, coulé en avril 2022), plusieurs sous-marins, et des navires de débarquement. En juin 2026, la flotte opère en grande partie depuis des ports hors de portée des drones ukrainiens — Novorossiisk et des installations plus à l'est. La domination navale russe en mer Noire, qui semblait assurée en 2022, s'est effritée au point que l'Ukraine peut aujourd'hui exporter ses céréales par voie maritime sans permission russe.
Cette transformation de la dynamique navale en mer Noire est l'une des réussites stratégiques les moins commentées de l'Ukraine. Elle a été accomplie sans marine de surface significative, en utilisant des drones maritimes innovants fabriqués en Ukraine (notamment le drone naval Magura V5), des missiles anti-navires de fourniture alliée, et une connaissance du terrain acquise sur des décennies. C'est une autre illustration de la capacité ukrainienne à compenser des asymétries de capacité par de l'innovation doctrinale et technologique.
Le ratio des pertes à Kostyantynivka : ce que disent les chiffres
53 pertes russes pour 3 ukrainiennes : un ratio que la Russie refuse de publier
L'un des indicateurs les plus révélateurs de l'état de la guerre à l'été 2026 est le ratio des pertes documenté par l'ISW autour de Kostyantynivka. Sur cette portion du front dans la région de Donetsk, les pertes russes s'élevaient selon l'évaluation de l'ISW du 23 juin 2026 à environ 53 pertes russes par jour, contre seulement 3 pertes ukrainiennes. C'est un ratio de 18 pour 1 — une asymétrie de pertes qui, si elle se maintient sur la durée, est stratégiquement insoutenable pour la Russie. Note des sources : ces estimations de l'ISW sont basées sur des renseignements de source ouverte, non des décomptes officiels vérifiés.
Il faut être rigoureux avec ces chiffres. Les données de l'ISW sont des estimations basées sur des renseignements de source ouverte, des témoignages et des images satellites — pas des décomptes officiels vérifiés. Les deux parties ont un intérêt à minimiser leurs propres pertes et à exagérer celles de l'adversaire. Le ratio réel pourrait être différent. Ce que ce chiffre indique avec une certitude raisonnable, c'est une tendance : les forces russes subissent des pertes proportionnellement beaucoup plus élevées sur certains secteurs du front, en raison de tactiques d'assaut coûteuses en infanterie contre des positions défensives ukrainiennes bien fortifiées. Cette tendance est cohérente avec d'autres sources indépendantes.
Les pertes russes accumulées : une bombe démographique à retardement
Les pertes humaines russes depuis le 24 février 2022 sont estimées, selon diverses sources occidentales, à plusieurs centaines de milliers de soldats tués ou blessés graves. Ces chiffres ne sont pas vérifiables de façon indépendante — ni la Russie ni l'Ukraine ne publient de données complètes. Mais plusieurs indicateurs confirment l'ampleur du problème : les augmentations répétées des primes d'enrôlement en Russie, les campagnes de recrutement dans les régions les plus pauvres, le recours systématique à des convicts, et les témoignages de familles russes dans les régions éloignées. La Russie saigne humainement — et Poutine compense par la quantité plutôt que la qualité.
Cette stratégie de l'attrition humaine brute a une limite démographique. La Russie a une population de 144 millions de personnes, dont une proportion décroissante d'hommes en âge de combattre. L'exode des hommes qui fuyaient la mobilisation en 2022 est documenté dans plusieurs études. Et les pertes actuelles ne sont pas compensées par le taux de natalité. Sur une guerre de plusieurs années, la contrainte démographique devient aussi stratégique que la contrainte matérielle.
Le financement européen et américain : l'Ukraine mieux soutenue en 2026 qu'en 2024
L'aide européenne : record en 2026
Un changement structurel majeur dans l'équation du conflit en 2026 : le financement européen à l'Ukraine a dépassé pour la première fois le financement américain en termes absolus. L'Union européenne et ses membres, collectivement, ont engagé des montants records d'aide militaire et financière à l'Ukraine pour 2026. Le Royaume-Uni a maintenu son niveau d'engagement élevé. La Pologne, qui partage une frontière avec l'Ukraine, reste l'un des contribuants les plus importants en proportion de son PIB. Pendant ce temps, l'aide américaine a été conditionnée par des débats au Congrès et par les ambiguïtés de la politique Trump.
Cette européanisation du soutien à l'Ukraine est un développement stratégique important. Elle réduit la dépendance ukrainienne aux décisions politiques imprévisibles de Washington — une vulnérabilité réelle depuis l'élection de Trump. Elle renforce aussi la résilience de l'effort de défense : si Washington réduisait son aide, l'Ukraine ne serait pas privée de ressources du jour au lendemain. Cette diversification des sources de soutien est l'un des résultats positifs de la persistance du conflit — ironiquement.
Les livraisons d'armes en 2026 : systèmes de longue portée et munitions massives
Les livraisons d'armes à l'Ukraine en 2026 reflètent une évolution qualitative. En 2022-2023, les alliés fournissaient principalement de l'artillerie, des véhicules blindés et des systèmes de défense aérienne. En 2026, les livraisons incluent des missiles longue portée (Storm Shadow/SCALP britanniques et français, missiles ATACMS américains), des munitions guidées en grande quantité, et du soutien à l'industrie de défense ukrainienne elle-même — non seulement de l'équipement, mais de la technologie de production. L'Ukraine passe ainsi de client militaire à partenaire industriel de défense.
Cette transformation du modèle d'aide est stratégiquement significative. Donner de l'équipement crée une dépendance logistique. Aider à construire une industrie de défense crée une autonomie durable. Si l'Ukraine peut produire elle-même ses drones, ses munitions et certains de ses systèmes d'armes, elle est moins vulnérable aux fluctuations politiques de ses alliés. La politique industrielle de défense ukrainienne vise précisément cette autonomisation — et elle avance, comme la fumée de Kapotnya l'a montré.
Conclusion : La Russie saigne — et refuse de le dire
Une stratégie russe qui épuise sans victoire
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À l'été 2026, la stratégie russe est celle de l'épuisement : avancer lentement, accepter des pertes massives, espérer que la fatigue de guerre ukrainienne et le soutien occidental se tarissent avant que la Russie ne s'effondre. Cette stratégie a une logique — elle a failli fonctionner à plusieurs reprises depuis 2022. Mais en 2026, avec le soutien européen qui se renforce, les capacités de production ukrainiennes qui montent en puissance, et les frappes profondes qui dégradent l'infrastructure économique et logistique russe, l'équation est de moins en moins favorable à Moscou. Le ratio de pertes de 18:1 à Kostyantynivka n'est pas soutenable indéfiniment.
Ce que l'Ukraine doit faire pour convertir cette usure en victoire
L'Ukraine ne gagnera pas cette guerre par une grande offensive terrestre. Elle gagnera — si elle gagne — par l'accumulation de pressions insoutenables sur la capacité russe à maintenir la guerre : pertes humaines persistantes, infrastructure économique dégradée, logistique perturbée, coût financier de la guerre de plus en plus difficile à assumer face aux sanctions. C'est une stratégie de long terme, pas spectaculaire, mais mathématiquement solide si le soutien occidental reste stable. Ce « si » reste la variable critique de l'équation.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Mes sources et ma posture
Je suis Maxime Marquette. Ce reportage s'appuie principalement sur l'évaluation de l'ISW du 23 juin 2026, une source reconnue et rigoureuse mais dont les chiffres de pertes et les évaluations opérationnelles restent des estimations basées sur des sources ouvertes. Je suis pro-ukrainien — cette position oriente ma lecture des événements.
Ce que je ne peux pas vérifier
Les chiffres de pertes russes et ukrainiennes ne peuvent pas être vérifiés de façon indépendante. Les deux camps communiquent de façon stratégique. Les estimations de l'ISW sont les meilleures données publiques disponibles, mais elles comportent des marges d'incertitude significatives. Je signale également que les chiffres de production militaire ukrainienne que je cite proviennent de déclarations officielles et de sources industrielles, pas de vérifications indépendantes.
Sources
Sources primaires
ISW — Russian Offensive Campaign Assessment, June 23, 2026
Militarnyi — Moscow Refinery Unlikely To Resume Operations Until 2027 — 24 juin 2026
Kyiv Independent — Front update Ukraine — juin 2026
Sources secondaires
European Relations — European Leaders Push for Stronger Defence Unity — 25 juin 2026
Ukrainska Pravda — War updates — juin 2026
Defence of Ukraine — Military analysis — juin 2026
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). REPORTAGE : Ukraine-Russie, été 2026 — l'attrition que Moscou perd mais refuse de reconnaître. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/ukraine-russie-ete-2026-l-attrition-que-moscou-perd-mais-refuse-de-reconnaitre
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