Aller au contenu
La ChroniqueReportage· N° 837

REPORTAGE : Trump et la Chine — ami le lundi, ennemi le vendredi, stratège le week-end

Le 25 juin 2026, jeudi, le ministère du Commerce chinois annonce que la Chine et les États-Unis ont accepté d'établir un conseil commercial bilatéral. Les équipes économiques des deux pays discuteront de coopération, y compris de réductions tarifaires réciproques. Le porte-parole

Lecture premium
MadMax
À retenir
  1. Le 25 juin 2026, jeudi, le ministère du Commerce chinois annonce que la Chine et les États-Unis ont accepté d'établir un conseil commercial bilatéral. Les équipes économiques des deux pays discuteront de coopération, y compris de réductions tarifaires réciproques. Le porte-parole
  2. Introduction : L'accord commercial du 25 juin et la menace de 100 % du 26 juin
  3. Deux nouvelles contradictoires en 24 heures
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Introduction : L'accord commercial du 25 juin et la menace de 100 % du 26 juin

Deux nouvelles contradictoires en 24 heures

Le 25 juin 2026, jeudi, le ministère du Commerce chinois annonce que la Chine et les États-Unis ont accepté d'établir un conseil commercial bilatéral. Les équipes économiques des deux pays discuteront de coopération, y compris de réductions tarifaires réciproques. Le porte-parole He Yadong parle de coopération « mutuellement bénéfique et gagnant-gagnant » dans les secteurs aéronautique et agricole. Les marchés respirent. La détente semble s'installer.

Le 26 juin 2026, vendredi — vingt-quatre heures plus tard — Donald Trump publie un message sur Truth Social menaçant d'imposer un tarif de 100 % sur les importations de tout pays qui impose une taxe sur les services numériques aux entreprises américaines. Les pays européens sont directement visés. Mais le signal est universel : toute politique fiscale perçue comme hostile aux géants technologiques américains sera immédiatement punie. Et Trump précise que ce tarif « supplantera les accords commerciaux conclus avec le pays, qu'ils soient mis en œuvre, signés ou non ».

L'imprévisibilité comme stratégie — ou comme chaos ?

Ces deux nouvelles en 24 heures posent une question fondamentale : l'incohérence apparente de la politique commerciale de Trump envers la Chine est-elle une stratégie délibérée, ou simplement du chaos ? La réponse honnête est : probablement les deux, dans des proportions qui varient selon les jours. Trump croit sincèrement au pouvoir de la pression maximale. Il pense que l'imprévisibilité lui donne un avantage dans les négociations — l'adversaire ne sait jamais ce qu'il va faire ensuite. Cette théorie n'est pas absurde. Elle a fonctionné dans certains contextes. Mais elle a des limites, et ces limites sont visibles dans la relation américano-chinoise de 2026.

La réalité documentée est la suivante. La Cour suprême a invalidé les tarifs IEEPA en février 2026. Trump a rétabli un tarif mondial de 10 % sous la Section 122. Ce tarif expire le 24 juillet 2026. L'USTR a proposé des tarifs de 12,5 % sur la Chine dans le cadre d'une enquête Section 301 sur le travail forcé. La Chine maintient un tarif général de 10 % sur les importations américaines. Et les deux pays viennent de créer un conseil commercial pour discuter de réductions réciproques. Cette superposition de mesures contradictoires — tarifs imposés, tarifs proposés, tarifs expirés, réductions négociées — constitue un patchwork inextricable dont les entreprises des deux côtés du Pacifique subissent quotidiennement les incertitudes.

Le conseil commercial USA-Chine : ce que l'accord du 25 juin signifie vraiment

Un mécanisme, pas un accord

La création d'un conseil commercial annoncée le 25 juin 2026 par le ministère du Commerce chinois est un progrès institutionnel — mais un progrès limité. Ce n'est pas un accord commercial. Ce n'est pas une réduction tarifaire effective. C'est la création d'un cadre dans lequel des discussions pourront avoir lieu. Les équipes économiques des deux pays se parleront. Elles exploreront des « réductions tarifaires réciproques ». Cela ne signifie pas qu'elles y parviendront.

La nuance est importante. Depuis novembre 2025, les États-Unis et la Chine ont réduit leurs tarifs mutuels — les États-Unis à 30 % et la Chine à 10 % — dans le cadre d'une fragile trêve commerciale. La création d'un conseil commercial en juin 2026 signale une volonté des deux parties de maintenir cette trêve et de l'approfondir potentiellement. Mais elle intervient dans un contexte de multiples pressions contradictoires : les enquêtes Section 301 de l'USTR, les propositions de tarifs sur le travail forcé, et la menace permanente de nouvelles mesures unilatérales.

La Chine joue l'attente — et elle est patiente

Depuis le début du second mandat de Trump, la stratégie chinoise est relativement lisible : ne pas provoquer une réponse américaine différente, maintenir les échanges commerciaux dans les secteurs mutuellement bénéfiques, et attendre que les contradictions internes de la politique tarifaire américaine se résolvent d'elles-mêmes. Lors d'une analyse citée par CNBC en janvier 2026, la stratège commerciale Deborah Elms décrivait la posture de Pékin ainsi : « Beijing observe... il n'est pas nécessaire de provoquer une réaction différente de Washington pour l'instant. »

Cette patience stratégique a payé : la décision de la Cour suprême d'invalider les tarifs IEEPA en février 2026 a représenté, selon Goldman Sachs, une réduction nette d'environ 5 % des tarifs américains moyens. Selon une analyse du Global Trade Alert, la Chine était l'un des principaux bénéficiaires du nouveau régime tarifaire sous la Section 122, avec une baisse de 7,1 points de pourcentage de ses taux tarifaires. La Chine a gagné des concessions importantes sans avoir à négocier formellement — simplement en laissant les tribunaux américains faire le travail.

La pression maximale : quand le levier se retourne contre son utilisateur

Les limites de la stratégie de pression permanente

La théorie de la pression maximale appliquée par Trump à la Chine repose sur une prémisse : si vous appliquez suffisamment de pression économique, l'adversaire finit par céder. Cette théorie a ses succès. Elle a conduit à la trêve commerciale de novembre 2025. Elle a forcé la Chine à s'asseoir à la table. Elle maintient une pression sur Pékin sur des questions de propriété intellectuelle, de subventions industrielles et d'accès aux marchés.

Mais la pression maximale permanente a des effets pervers documentés. Elle oblige les partenaires commerciaux — alliés et adversaires — à se préparer à un monde sans accès au marché américain. Elle accélère les efforts d'indépendance économique de la Chine, notamment dans les secteurs des semi-conducteurs et des technologies critiques. Elle pousse les nations intermédiaires à diversifier leurs partenariats commerciaux. Et elle crée une incertitude permanente qui pénalise les entreprises américaines autant que leurs concurrents étrangers.

La tentation du deal : Trump et Xi dans le même tableau

Trump et Xi Jinping se sont rencontrés en mai 2026, réitérant un objectif de dénucléarisation de la Corée du Nord et un accord de gestion du commerce. Les marchés ont réagi positivement. Cette rencontre a illustré une dynamique constante : Trump veut un deal avec Xi — un accord qu'il pourra présenter comme une victoire personnelle. Xi veut des concessions commerciales et une reconnaissance du statut de la Chine comme puissance égale. Ces deux objectifs sont potentiellement compatibles — et potentiellement incompatibles, selon les jours.

La création du conseil commercial le 25 juin 2026 s'inscrit dans cette logique de coopération potentielle. L'annonce du tarif de 100 % le lendemain rappelle que Trump garde toujours un levier dans sa manche. C'est une dialectique permanente entre coopération et menace qui définit la politique commerciale américaine envers la Chine — et envers pratiquement tous ses partenaires commerciaux.

Le conseil commercial et les réductions réciproques : une fenêtre étroite

Ce que le conseil peut accomplir — et à quelle vitesse

Le conseil commercial USA-Chine annoncé le 25 juin 2026 a un mandat précis : discuter de réductions tarifaires réciproques, explorer la coopération dans les secteurs aéronautique et agricole, et maintenir la communication entre les équipes économiques des deux pays. Ces objectifs sont réalistes mais modestes. Des réductions tarifaires réciproques dans des secteurs ciblés sont possibles — elles font partie des discussions depuis mai 2026, lorsque Trump et Xi évoquaient déjà des réductions sur 30 milliards de dollars d'importations dans le cadre d'un « commerce géré ».

Mais le calendrier est serré. Le tarif global de 10 % sous la Section 122 expire le 24 juillet 2026. L'USTR pourrait proposer de nouveaux tarifs sous la Section 301. Et Trump peut publier un message sur Truth Social à tout moment pour menacer de nouveaux tarifs. Le conseil commercial devra opérer dans cet environnement de volatilité permanente — et produire des résultats suffisamment concrets pour justifier son existence avant que la prochaine tempête tarifaire n'éclate.

La Chine dans la chaîne d'approvisionnement mondiale : une dépendance mutuelle que les tarifs ne résoudront pas

L'un des paradoxes de la guerre commerciale USA-Chine est que les deux économies sont profondément interdépendantes. Les États-Unis importent massivement des produits manufacturés chinois. La Chine importe des technologies, des semi-conducteurs, des produits agricoles et des services américains. Des tarifs élevés nuisent aux deux parties — ils redistribuent les coûts, ils ne les éliminent pas. Les entreprises américaines qui importent de Chine paient plus cher. Les entreprises chinoises perdent des marchés américains. Les consommateurs américains paient plus pour les produits. Et les deux gouvernements collectent des recettes douanières qui ne compensent pas les pertes économiques globales.

Le CFR soulignait dans une analyse de mai 2026 que les États-Unis maintiennent un excédent commercial de services avec la Chine de 33 milliards de dollars en 2024 — un chiffre que le débat focalisé sur les déficits de biens tend à ignorer. Cette réalité nuance l'image d'une relation commerciale uniquement défavorable aux États-Unis. La complexité économique de la relation sino-américaine dépasse largement ce que des tarifs unilatéraux peuvent régler.

L'imprévisibilité comme risque systémique

Les effets sur les alliés de Washington

La menace du 100 % annoncée le 26 juin — qui vise les taxes numériques européennes — illustre un problème structurel de la politique commerciale de Trump : elle frappe souvent ses alliés autant que ses adversaires. L'Union européenne venait de signer un accord commercial avec les États-Unis. Vingt-quatre heures plus tard, Trump menaçait de le « supplanter » si l'Europe imposait une taxe numérique. Cette volatilité érode la confiance des partenaires et complique les négociations commerciales futures — non seulement avec l'Europe, mais avec tous les pays qui voient que les accords signés ne sont pas garantis.

Pour les alliés asiatiques des États-Unis — Japon, Corée du Sud, Australie — cette imprévisibilité est particulièrement difficile à gérer. Ils dépendent des États-Unis pour leur sécurité mais commercent massivement avec la Chine. Une guerre commerciale permanente entre Washington et Pékin les force à choisir entre leurs intérêts économiques et leurs alliances sécuritaires — une tension que Trump semble peu préoccupé à résoudre.

Le vrai enjeu : qui façonnera les règles du commerce mondial du XXIe siècle ?

Derrière la séquence conseil commercial du jeudi / menace de 100 % du vendredi, il y a un enjeu beaucoup plus grand : quel pays ou quelle coalition façonnera les règles du commerce mondial pour les décennies à venir ? La Chine pousse activement ses propres standards dans les organisations internationales, développe des routes commerciales alternatives via les BRICS et l'initiative Ceinture et Route, et cherche à réduire sa dépendance au dollar. Les États-Unis défendent un ordre commercial centré sur leurs règles et leurs institutions. Cette bataille des standards commerciaux est plus importante que n'importe quel tarif individuel — et elle se joue sur une décennie, pas sur un tweet.

Trump intuitionne cet enjeu mais sa méthode — coups de pression, deals personnels, imprévisibilité — n'est pas adaptée à cette compétition structurelle de long terme. Gagner cette bataille nécessite de la cohérence, des coalitions maintenues dans le temps, et des institutions multilatérales robustes que Washington semble de moins en moins vouloir soutenir. La Chine joue sur le temps long. Les États-Unis jouent sur le prochain tweet.

La section 301 et les tarifs permanents sur la Chine : la vraie continuité

Ce que l'invalidation de l'IEEPA n'a pas changé

Pendant que les médias couvrent le spectacle de l'imprévisibilité trumpienne — conseil commercial le mardi, menace de 100 % le mercredi — une réalité structurelle reste en place : les tarifs fondés sur la Section 301, qui constituent le cœur du dispositif commercial américain contre la Chine, n'ont pas été touchés par les décisions judiciaires de 2026. Ces tarifs, établis depuis 2019 sur des centaines de milliards de dollars de produits chinois, à des taux allant de 7,5 % à 25 % selon les catégories, restent pleinement en vigueur. Ils constituent la fondation durable de la pression commerciale américaine sur Pékin.

Cette permanence est importante à comprendre. Quand Trump annonce un Conseil commercial USA-Chine le 25 juin 2026 et que les marchés s'enthousiasment pour une « détente », la réalité est que les tarifs Section 301 ne bougent pas. Ce qui est potentiellement discuté, ce sont des ajustements marginaux — des réductions réciproques dans des secteurs ciblés, des exemptions pour certaines catégories de produits. La structure de la pression commerciale américaine sur la Chine reste intacte quelle que soit la rhétorique de la semaine.

Le Conseil commercial USA-Chine annoncé le 25 juin : substance ou spectacle ?

L'annonce du 25 juin 2026 d'un Conseil commercial USA-Chine visant à « discuter de réductions réciproques des tarifs douaniers » était présentée par les deux parties comme une avancée. Les médias d'État chinois, notamment CGTN, ont couvert l'annonce avec un optimisme contrôlé. Les marchés ont brièvement monté. Et le lendemain, Trump a publié ses menaces de 100 % sur les services numériques. Ce ballet est parfaitement caractéristique de la politique commerciale trumpienne : créer de l'espoir le lundi, créer de la peur le mardi, et laisser les deux parties dans une incertitude qui maximise le pouvoir de négociation américain.

La substance réelle du Conseil commercial reste à démontrer. Des fonctionnaires des deux pays s'assoiront autour d'une table et discuteront. Des propositions seront échangées. Peut-être que quelques accords sectoriels seront annoncés — sur l'agriculture, sur les terres rares, sur les semi-conducteurs dans certaines catégories. Mais la transformation structurelle de la relation commerciale USA-Chine — qui exigerait des concessions sur les subventions d'État chinoises, sur les transferts de technologie forcés, sur l'accès aux marchés publics — n'est pas à l'ordre du jour de ce Conseil commercial. Ce que Trump cherche, c'est un titre de victoire, pas un traité de fond.

La Chine face à Trump : comment Pékin gère l'imprévisibilité américaine

La stratégie de résistance patiente de Xi Jinping

Xi Jinping a adopté face à Trump une stratégie de résistance patiente qui contraste avec l'imprévisibilité américaine. Pékin ne réplique pas immédiatement à chaque menace. Il analyse, calcule, et répond de façon ciblée — souvent en visant des secteurs économiques américains politiquement sensibles (soja, maïs, automobiles) pour maximiser la pression sur les États électoralement stratégiques. Cette approche est méthodique et elle a prouvé son efficacité pour créer des frictions politiques internes aux États-Unis.

Face à la menace de 100 % sur les services numériques annoncée le 26 juin 2026, la réponse de Pékin sera probablement calibrée. Xi a intérêt à maintenir le Conseil commercial ouvert tout en refusant les conditions les plus draconiennes. Il a intérêt à présenter la Chine comme un partenaire commercial raisonnable au reste du monde — notamment à l'Europe, qui cherche à se diversifier de sa dépendance aux deux grandes puissances. Et il a intérêt à éviter une escalade qui fragiliserait une économie chinoise déjà sous pression interne (marché immobilier, chômage des jeunes, ralentissement de la croissance).

Les économies asiatiques prises en otage par l'imprévisibilité américaine

Ce sont les économies asiatiques intermédiaires qui souffrent le plus de l'imprévisibilité commerciale américaine. Le Vietnam, l'Indonésie, la Thaïlande ont tous bénéficié du réalignement des chaînes d'approvisionnement loin de la Chine depuis 2018. Des usines qui produisaient en Chine se sont relocalisées dans ces pays. Mais cette relocalisation est aujourd'hui menacée par la possibilité que Trump cible ces pays avec les mêmes tarifs massifs qu'il a utilisés contre la Chine — sous prétexte que certains de ces pays servent de relais pour des exportations chinoises vers les États-Unis.

Cette incertitude rend la planification économique à moyen terme pratiquement impossible pour ces économies. Une entreprise coréenne ou japonaise qui envisage d'investir au Vietnam pour approvisionner le marché américain ne peut pas savoir si les tarifs applicables dans douze mois seront de 10 % ou de 50 %. L'imprévisibilité de Trump n'est pas seulement un problème bilatéral USA-Chine : c'est un risque systémique pour l'ensemble du commerce mondial.

Ce que l'imprévisibilité de Trump fait à la crédibilité des accords américains

Quand le président d'une superpuissance est lui-même une variable aléatoire

L'effet le plus durable de la politique commerciale trumpienne n'est peut-être pas dans les tarifs eux-mêmes — c'est dans l'érosion de la confiance dans les accords américains. Quand le président des États-Unis peut, dans la même semaine, annoncer un Conseil commercial et menacer de 100 % de tarifs, les partenaires du monde entier intègrent une nouvelle prime d'incertitude dans leurs calculs. Les contrats à long terme avec des entreprises américaines sont renégociés avec des clauses de sortie plus larges. Les pays qui dépendent des exportations vers les États-Unis diversifient leurs marchés de destination. Et les alliés qui comptaient sur des accords commerciaux américains stables planifient des alternatives.

Cette érosion de confiance n'est pas réversible immédiatement après la fin de la présidence Trump. Elle s'ancre dans les modèles de risque des investisseurs, des gouvernements et des entreprises. Elle crée une prime de risque permanente sur tout ce qui est américain — un coût invisible mais réel pour l'économie et l'influence des États-Unis dans le monde. C'est peut-être l'héritage commercial le plus durable de cette présidence : non pas des tarifs spécifiques qui peuvent être annulés, mais une réputation d'imprévisibilité qui prendra des années à reconstruire.

Le dollar et le statut de monnaie de réserve : la prochaine frontière ?

Certains économistes commencent à poser une question plus radicale : est-ce que l'imprévisibilité commerciale américaine et les turbulences judiciaires autour des tarifs commencent à éroder, très marginalement, le statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale ? La réponse est : pas encore de façon significative. Le dollar reste dominant, soutenu par la profondeur des marchés financiers américains et par l'absence d'alternative crédible. Mais des pays comme la Chine, l'Inde et les BRICS accélèrent leurs efforts pour diversifier leurs réserves et développer des systèmes de paiement alternatifs au SWIFT.

Ce n'est pas un risque immédiat. C'est un risque de trajectoire — un effritement lent dont les effets ne seront pleinement visibles que dans une décennie. Mais dans une guerre commerciale où Trump utilise le dollar et l'accès au marché américain comme armes, chaque pays qui développe une alternative réduit marginalement la puissance de ces armes. L'imprévisibilité trumpienne, paradoxalement, accélère le mouvement de dédollarisation que ses adversaires cherchaient depuis des années.

Conclusion : L'imprévisibilité a un coût que personne ne calcule entièrement

Ce que la semaine du 25-26 juin révèle sur la politique commerciale de Trump

La séquence du 25-26 juin 2026 — conseil commercial annoncé un jeudi, menace de tarifs à 100 % le vendredi — est une capsule temporelle de la politique commerciale trumpienne : un pas vers la coopération, un saut vers la confrontation, dans le même souffle. C'est à la fois une stratégie de négociation et une source de désorganisation permanente pour les marchés, les entreprises et les partenaires commerciaux. Le coût de cette imprévisibilité — en décisions d'investissement reportées, en alliances commerciales fragilisées, en crédibilité institutionnelle érodée — est réel, même s'il est difficile à quantifier.

La Chine, elle, reste stable dans son ambition

Pendant ce temps, la Chine maintient une politique étrangère et commerciale cohérente, patiente et orientée vers le long terme. Elle accueille favorablement un conseil commercial. Elle résiste aux pressions sur son programme de développement industriel. Elle diversifie ses partenariats commerciaux. Et elle attend que les contradictions du système américain — judiciaires, législatives, présidentielles — se résolvent à son avantage. Cette asymétrie de patience entre Washington et Pékin est peut-être le facteur le plus déterminant pour l'avenir de la compétition sino-américaine.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Mes sources et ma méthode

Je suis Maxime Marquette. Ce reportage s'appuie sur des sources ouvertes : communiqués officiels, analyses de think tanks, presse spécialisée. Je n'ai pas accès aux délibérations internes de l'administration Trump sur sa politique commerciale envers la Chine. Mon analyse de la « stratégie délibérée vs chaos » est une interprétation éditoriale, pas une conclusion factuelle.

Limites assumées

Je suis sceptique face à l'imprévisibilité trumpienne comme stratégie efficace sur le long terme. Ce biais peut m'amener à sous-estimer les cas où cette imprévisibilité produit des résultats diplomatiques positifs. Je reconnais que l'administration Trump a obtenu certains résultats commerciaux avec la Chine — notamment la trêve de novembre 2025 — que d'autres approches n'avaient pas produits.

Sources

Sources primaires

Sources secondaires

Recevoir les analyses géopolitiques

Conflits, puissances, alliances: le fil MadMax sans bruit inutile.

Citer cet article

Maxime Marquette (2026). REPORTAGE : Trump et la Chine — ami le lundi, ennemi le vendredi, stratège le week-end. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/trump-et-la-chine-ami-le-lundi-ennemi-le-vendredi-stratege-le-week-end

Cet article vous fait ressentir quoi ?
MM
Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

Maxime Marquette écrit l'essentiel des analyses et chroniques publiées sur MadMax — géopolitique, technologie et actualité, sans remplissage.

L’Infolettre

Cette chronique t’a plu ? Reçois la prochaine.

Une chronique par semaine, directement dans ta boîte de réception. Sans bruit.

Commentaires

0 / 2000

Sois le premier à réagir.

Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.

Reportage1 lectures3467 mots21 min de lecture