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La ChroniqueReportage· N° 1049

REPORTAGE : Taïwan dans l'étau : exercices, incursions et nerfs à vif

L'un des constats les plus alarmants d'une analyse du Modern Diplomacy Research Center publiée le 24 juin 2026 porte sur l'évolution du temps de réponse dont disposerait Taïwan en cas d'attaque chinoise. Avec l'intensification des opérations aériennes et navales de l'APL autour de l'île, la zone tampon effective dont disposait Taïwan pour détecter et anticiper une offensive s'e

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  1. L'un des constats les plus alarmants d'une analyse du Modern Diplomacy Research Center publiée le 24 juin 2026 porte sur l'évolution du temps de réponse dont disposerait Taïwan en cas d'attaque chinoise. Avec l'intensification des opérations aériennes et navales de l'APL autour de l'île, la zone tampon effective dont disposait Taïwan pour détecter et anticiper une offensive s'e
  2. L'un des constats les plus alarmants d'une analyse du Modern Diplomacy Research Center publiée le 24 juin 2026 porte sur l'évolution du temps de réponse dont disposerait Taïwan en cas d'attaque chinoise.
  3. Avec l'intensification des opérations aériennes et navales de l' APL autour de l'île, la zone tampon effective dont disposait Taïwan pour détecter et anticiper une offensive s'est considérablement réduite.
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Le temps de réponse réduit : la nouvelle urgence défensive de Taïwan

Des heures, pas des jours : le nouveau calcul défensif

L'un des constats les plus alarmants d'une analyse du Modern Diplomacy Research Center publiée le 24 juin 2026 porte sur l'évolution du temps de réponse dont disposerait Taïwan en cas d'attaque chinoise. Avec l'intensification des opérations aériennes et navales de l'APL autour de l'île, la zone tampon effective dont disposait Taïwan pour détecter et anticiper une offensive s'est considérablement réduite. Les analystes estiment que dans certains scénarios, Taïwan pourrait n'avoir que quelques heures — et non plus plusieurs jours — pour détecter le début d'une véritable offensive et activer ses forces de défense.

C'est précisément ce constat qui a redessiné les exercices de préparation au combat immédiat de juin 2026. L'objectif n'est plus de répéter des manœuvres défensives théoriques. C'est de simuler la transition état de paix → état de combat dans les conditions les plus compressées qui soient. Des brigades entières doivent passer de garnisons pacifiques à des positions de combat déployées en quelques heures, avec toute la logistique que cela implique — carburant, munitions, communications sécurisées, commandement décentralisé. La leçon ukrainienne est claire : les premières heures sont décisives. Si les forces ukrainiennes n'avaient pas pu maintenir leurs positions initiales dans les 72 premières heures, Kyiv aurait pu tomber.

Taïwan qui apprend de l'Ukraine comment résister — c'est l'un des exemples les plus saisissants de la façon dont cette guerre change les équilibres mondiaux. Une île menacée par la Chine observe une nation menacée par la Russie et en tire des leçons opérationnelles concrètes. Si la communauté internationale voulait vraiment soutenir ces deux démocraties, elle financerait et faciliterait systématiquement ce transfert de connaissances défensives.

La montée en puissance navale de la Chine : chiffres et trajectoires

La PLAN, première marine mondiale par nombre de navires

Pour comprendre pourquoi les exercices de Taïwan sont si urgents, il faut regarder la trajectoire de la Marine populaire de libération (PLAN). Selon les données du Pentagone, la PLAN est devenue — par nombre de navires — la première marine mondiale, avec plus de 370 navires de combat, dépassant la US Navy. Ce n'est pas encore une supériorité qualitative dans tous les domaines. Mais c'est une réalité quantitative que les stratèges américains et taïwanais ne peuvent ignorer. Le déploiement de plus de 40 jours du porte-avions Liaoning — son plus long à ce jour — en mer de Chine méridionale et dans le Pacifique occidental n'est pas un exercice de routine. C'est une démonstration de capacité d'endurance opérationnelle.

Le Washington Times, le 25 juin 2026, citant des analystes militaires indépendants, a révélé que les patrouilles régulières des navires de la PLAN autour de Taïwan ne sont pas seulement des démonstrations de présence. Ce sont des répétitions de blocus. La géographie des patrouilles — leurs routes, leur durée, leur espacement — reproduit exactement les schémas qui seraient nécessaires pour établir un cordon maritime autour de l'île, coupant ses importations de pétrole, d'alimentation et d'armements. Un blocus de Taïwan ne nécessite pas nécessairement une invasion amphibie à grande échelle — infiniment plus coûteuse et risquée. Il nécessite la capacité de couper les lignes de communication maritimes de l'île pendant suffisamment longtemps pour créer une pression économique insupportable.

Des répétitions de blocus — c'est la chose la plus inquiétante que j'aie lue en préparant ce reportage. Un blocus n'est pas une guerre au sens traditionnel du terme. C'est une asphyxie lente. Et une asphyxie lente ne génère pas de casus belli clair pour les alliés de Taïwan. C'est délibéré. La Chine construit une boîte à outils de coercition qui reste toujours juste en dessous du seuil de réponse militaire directe.

AUKUS, QUAD et les nouvelles architectures de défense régionale

AUKUS et les sous-marins nucléaires australiens

La réponse à la montée en puissance chinoise dans l'Indo-Pacifique prend forme dans de nouvelles architectures de sécurité. L'accord AUKUS — entre l'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis — prévoit la livraison à Canberra de sous-marins à propulsion nucléaire, transformant radicalement les capacités navales australiennes dans la région. Ces sous-marins, silencieux et endurants, seraient des atouts majeurs dans tout scénario de défense de Taïwan ou de résistance à un blocus chinois. Le QUAD — partenariat stratégique entre les États-Unis, le Japon, l'Inde et l'Australie — représente une autre couche de la réponse régionale, avec ses exercices navals conjoints et ses échanges de renseignements.

La notification au Congrès américain d'une vente d'armes à Taïwan, confirmée par un haut diplomate américain le 26 juin 2026, est un signal positif. Mais Taïwan a besoin non seulement d'armes, mais de la capacité à les utiliser efficacement — ce qui requiert de la formation, de l'entraînement conjoint, et une coopération en matière de renseignement que les contraintes diplomatiques actuelles limitent encore. La doctrine de la «porc-épic stratégique» — se doter de défenses qui infligeraient des pertes inacceptables à tout assaillant — est la stratégie centrale de Taipei. Elle dépend d'un soutien occidental concret et soutenu pour être crédible.

La doctrine du «porc-épic stratégique» pour Taïwan — rendre l'invasion si coûteuse que Beijing calcule qu'elle n'en vaut pas la peine — est intellectuellement séduisante. Mais elle a une limite : elle dépend du fait que les dirigeants chinois sont des acteurs rationnels. Or, les régimes autoritaires, dans leurs décisions les plus catastrophiques, ne suivent pas toujours la logique coût-bénéfice. La dissuasion ne fonctionne jamais à 100%.

Introduction : L'île qui s'entraîne comme si demain était le jour J

Cinq jours d'exercices, une île entière en état d'alerte

Du 22 au 26 juin 2026, Taïwan a mené ses exercices de préparation au combat immédiat — cinq jours intenses où les forces armées ont simulé une transition ultra-rapide du temps de paix au temps de guerre. Des véhicules blindés ont patrouillé les nœuds de transport autour de Taoyuan, la ville du nord de l'île qui abrite l'aéroport international le plus fréquenté du pays. Des forces spéciales ont répété des opérations défensives autour des infrastructures portuaires. Tout cela, pendant que les avions de l'Armée populaire de libération (APL) continuaient leurs sorties quotidiennes autour de l'île.

Ce n'est pas de la paranoïa. C'est de la réalité militaire calibrée. Le ministère de la Défense nationale taïwanais l'a dit explicitement : dans un contexte d'opérations aériennes et navales chinoises quasi quotidiennes, Taïwan aura moins de temps pour réagir à une crise réelle. Les exercices ne sont plus des manœuvres de parade — ils simulent des scénarios où l'APL pourrait transformer une activité de zone grise habituelle en opération militaire d'envergure en l'espace de quelques heures.

Le contexte immédiat : une série d'incursions en escalade

Ces exercices ne se sont pas produits dans un vacuum. Dans les jours précédant et suivant leur lancement, les données du ministère de la Défense nationale taïwanais ont enregistré des niveaux d'activité militaire chinoise significativement élevés. Le 25 juin 2026, 14 sorties d'avions de l'APL ont été détectées autour du territoire taïwanais, dont 10 qui ont franchi la ligne médiane et pénétré dans les parties nord et sud-ouest de la zone d'identification de défense aérienne (ADIZ). Le 4 juin, un pic avait été enregistré : 32 sorties d'avions de l'APL, avec 25 sur 32 qui avaient franchi la ligne médiane.

Ces chiffres ne sont pas anodins. La ligne médiane du détroit de Taïwan est une démarcation informelle qui a servi pendant des décennies de ligne de friction acceptable entre les deux camps. Sa violation répétée n'est pas une erreur de navigation. C'est un message délibéré : la Chine ne reconnaît plus cette ligne comme une limite qu'elle doit respecter.

Je regarde ces chiffres d'incursions — 10 avions qui franchissent la ligne médiane en une seule journée — et je pense aux pilotes taïwanais qui décollent en urgence pour répondre, chaque jour, depuis des années. Cette guerre d'usure psychologique et opérationnelle sur les forces armées taïwanaises est délibérée. La Chine épuise les défenseurs avant même que les premiers coups de feu ne soient tirés. C'est une stratégie de pression continue qui mérite d'être reconnue pour ce qu'elle est : une préguerr.

La stratégie des «eaux côtières» à l'est de Taïwan

Un nouveau modèle d'affirmation maritime

L'Institut pour l'étude de la guerre (ISW) a publié le 26 juin 2026 une analyse cruciale sur l'évolution des tactiques chinoises. Depuis le 1er juin 2026, les gardes-côtes chinois (CGC) patrouillent quasi en continu dans les eaux à l'est de Taïwan — une zone historiquement moins contestée que le détroit. Le 16 au 18 juin, un navire de recherche des ressources naturelles chinoises, le Xiang Yang Hong 22, a conduit un «relevé environnemental marin» dans ces eaux sous escorte de gardes-côtes chinois.

L'ISW identifie clairement l'intention : la Chine cherche à normaliser sa présence dans les eaux à l'est de Taïwan pour établir le principe qu'elle considère cette zone comme ses «eaux côtières». Le compte de médias sociaux Yuyuan Tantian, affilié à la télévision d'État chinoise CCTV, a confirmé ce cadrage en termes explicites, évoquant un «modèle de gouvernance côtière» pour cette nouvelle activité — le même terme qui avait été utilisé pour décrire les patrouilles autour des îles Kinmen depuis 2024.

Le «modèle Kinmen» exporté à l'est

Le «modèle Kinmen» est une stratégie de fait accompli progressif. Depuis 2024, les gardes-côtes chinois ont établi une présence régulière dans les eaux restrictives entourant l'archipel des Kinmen, administré par Taïwan mais situé à quelques kilomètres des côtes continentales chinoises. Cette présence, initialement ponctuelle, est devenue une routine acceptée de facto. Beijing tente désormais d'appliquer la même logique à l'est de Taïwan — une zone stratégiquement bien plus importante car elle donne accès au Pacifique occidental.

Si la Chine réussit à «normaliser» sa présence à l'est de Taïwan, elle aura effectivement encerclé l'île par les trois directions cardinales maritimes. Cette normalisation progressive est plus dangereuse qu'un affrontement ouvert parce qu'elle ne déclenche pas les mécanismes d'alerte et de réponse des alliances de défense. Chaque étape individuelle semble «gérable»; c'est l'accumulation qui crée le fait accompli.

La stratégie du fait accompli progressif — une incursion à la fois, un navire à la fois, un «relevé environnemental» à la fois — est peut-être la tactique la plus insidieuse que Beijing emploie. Elle ne donne jamais à l'adversaire un casus belli clair. Elle érode la souveraineté taïwanaise en millimètres, pas en kilomètres. Et quand on se retourne après dix ans, on réalise que l'encerclement est presque complet. La question est de savoir si Washington, Tokyo et les capitales européennes le voient assez tôt.

Le DF-17 et la montée aux armements hypersoniques

À découvrir

La première image officielle d'un vecteur hypersonique

Le 22 juin 2026, le PLA Daily — la publication officielle de l'armée chinoise — a publié la première imagery officielle du missile balistique à portée intermédiaire DF-17 équipé du planeur hypersonique DF-ZF. Ce n'est pas un hasard de calendrier. Cette publication intervient au moment précis où Taïwan mène ses exercices de préparation au combat et où les tensions dans le détroit atteignent un nouveau niveau d'intensité.

Le DF-17 avec DF-ZF est conçu pour cibler les réseaux de défense aérienne ennemis. Sa trajectoire imprévisible, sa vitesse supérieure à Mach 5 et ses manœuvres de vol le rendent extrêmement difficile à intercepter avec les systèmes de défense aérienne actuels. Selon l'ISW, l'APL pourrait utiliser ces missiles pour neutraliser les défenses taïwanaises en première frappe, ouvrant la voie à des opérations aériennes et amphibies ultérieures. La publication de ces images n'est pas une transparence militaire — c'est un message de dissuasion adressé directement à Taipei et à Washington.

L'UE confirme l'entraînement de soldats russes par la Chine

Pendant ce temps, une révélation de Kaja Kallas, Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, ajoute une dimension explosive au tableau stratégique : l'UE a confirmé que la Chine a entraîné des militaires russes sur le déminage et les opérations de drones. Ces révélations, publiées dans la mise à jour Chine-Taïwan de l'ISW du 26 juin, suggèrent que Beijing ne se contente pas d'observer la guerre en Ukraine — elle participe activement à l'amélioration des capacités de combat russes, testant indirectement ses propres équipements et doctrines dans des conditions de guerre réelle.

Cette convergence entre la Russie et la Chine — une Russie qui fournit des ressources énergétiques et des expériences de combat, une Chine qui fournit de la technologie et des entraînements — constitue un axe autoritaire qui représente la menace géopolitique la plus grave pour l'ordre international libéral depuis la fin de la Guerre froide.

La Chine qui entraîne des soldats russes sur les drones et le déminage — des techniques précisément testées dans les tranchées ukrainiennes — est une information qui devrait résonner dans toutes les capitales occidentales. Ce n'est pas de la coopération commerciale. C'est un transfert de savoir-faire militaire d'une dictature vers une autre, au détriment direct des défenseurs ukrainiens et, indirectement, de la sécurité de Taïwan. L'axe Moscou-Beijing n'est plus une théorie géopolitique. C'est un fait opérationnel.

Les exercices Han Kuang et la modernisation de la défense taïwanaise

Vers une armée qui peut se déployer rapidement

Les exercices de préparation au combat de juin 2026 sont le prélude aux grands exercices annuels Han Kuang, prévus en août 2026. Mais leur design même marque une rupture avec le passé. Taïwan a décidé de passer des exercices de grande mise en scène aux entraînements opérationnels réalistes qui testent la transition rapide entre paix et guerre, les opérations interarmes, le commandement et contrôle, et la préparation logistique.

Sur le même sujet

Ce changement de philosophie militaire est une réponse directe aux observations des opérations russes en Ukraine et aux analyses de scénarios d'invasion chinoise. La leçon d'Ukraine est claire : les premières heures et les premiers jours d'une invasion sont décisifs. Les forces qui peuvent se déployer rapidement, maintenir leurs lignes de communication et coordonner leurs unités sous pression surpassent les armées plus nombreuses mais moins agiles. Taïwan tire les leçons de cette guerre en temps réel.

Le premier sous-marin domestique taïwanais

Symbole de cette montée en puissance, Taïwan a poursuivi en juin 2026 les essais en mer de son premier sous-marin construit localement. Sorti du port de Kaohsiung pour ses essais de plongée, le bâtiment représente un programme symboliquement crucial pour l'autonomie de défense taïwanaise. Pendant des décennies, Taïwan avait eu les plus grandes difficultés à acquérir des sous-marins à l'étranger — les fournisseurs potentiels craignant les réactions de Beijing. Construire le sien envoie un message double : Taipei peut se défendre sans dépendre entièrement de fournisseurs extérieurs, et le pays investit dans des capacités qui rendraient une invasion amphibie chinoise infiniment plus coûteuse.

Le budget de défense de Taïwan pour 2026, qui représente une hausse d'environ 20 % par rapport à 2025 et porterait la dépense militaire à environ 3,3 % du PIB selon les objectifs du président William Lai Ching-te, est cependant bloqué au Parlement par les partis d'opposition qui détiennent une majorité à la chambre. Cette impasse budgétaire, documentée par l'ISW, représente une vulnérabilité politique intérieure que Beijing exploite activement à travers des opérations d'influence ciblant les partis pro-dialogue.

Le blocage du budget de défense taïwanais par des partis d'opposition proches de Beijing — c'est la démocratie utilisée contre elle-même. La Chine n'a pas besoin d'envahir Taïwan si elle peut paralyser ses institutions délibératives de l'intérieur. C'est le même scénario qu'on voit en Europe avec des partis d'extrême droite financés par Moscou. La subversion démocratique est moins visible qu'un débarquement amphibie, mais elle peut être tout aussi efficace sur le long terme.

La réaction internationale

Washington entre prudence et fermeté

L'administration américaine navigue dans une tension permanente entre ses relations économiques avec la Chine et ses engagements de défense vis-à-vis de Taïwan. Le 25 juin 2026, un haut diplomate américain a confirmé qu'une notification de vente d'armes à Taïwan au Congrès était en cours, tout en précisant qu'elle n'était «pas conditionnée» aux discussions en cours avec Beijing — démentant une suggestion du président Trump lui-même. Cette divergence publique entre le chef de l'exécutif et son département d'État sur la politique taïwanaise illustre les contradictions internes américaines qui font le bonheur de Beijing.

Le Pentagone, de son côté, a élargi sa liste des entreprises militaires chinoises pour inclure 65 nouvelles entités, dont des géants technologiques comme Alibaba et Tencent, effective au 30 juin 2026. La Chine a répliqué en imposant des contrôles à l'exportation ciblant 10 entreprises américaines. Cette guerre technologique et commerciale est le pendant économique de la pression militaire sur Taïwan.

UK, France et Allemagne alertent sur les mouvements du porte-avions chinois

Selon les sources de RECHERCHE_SOURCES.md, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont exprimé des préoccupations sur les mouvements du porte-avions chinois Liaoning, revenu à son port d'attache de Qingdao le 23 juin après un déploiement de plus de 40 jours en mer de Chine méridionale et dans le Pacifique occidental. Ce déploiement prolongé est le plus long jamais enregistré pour ce navire. Les capitales européennes, traditionnellement moins engagées sur les questions de sécurité indo-pacifique, commencent à regarder la montée en puissance navale chinoise avec une inquiétude croissante, en particulier dans le contexte de leur soutien à l'Ukraine contre une Russie que Beijing soutient discrètement.

Cette convergence des regards — Washington, Londres, Paris, Berlin — vers le Pacifique occidental n'est pas anodine. Elle signale que la communauté transatlantique commence à traiter la menace chinoise sur Taïwan non plus comme une question régionale asiatique, mais comme un enjeu de sécurité globale directement lié à l'ordre international qu'elle s'est engagée à défendre en Ukraine.

La France qui envoie des porte-avions en mer de Chine méridionale, l'Allemagne qui exprime des inquiétudes sur le Liaoning — il y a quelque chose de paradoxal dans le fait que des pays qui ont mis des décennies à admettre que la Russie était une menace se réveillent maintenant sur la Chine. Mais mieux vaut tard que jamais. Si l'Occident ne consolide pas une position ferme sur Taïwan maintenant, il risque de se retrouver dans la même situation qu'en 2021 face à l'Ukraine : rattrapé par des événements qu'il aurait pu prévoir.

Conclusion : Taïwan, laboratoire des guerres futures

L'île qui résiste et s'adapte

Taïwan est en train de devenir l'un des laboratoires militaires les plus importants du monde. Ses exercices de combat immédiat, ses programmes d'armement domestique, ses stratégies de réponse aux zones grises — tout cela est observé et analysé par les états-majors de Washington, Tokyo, Seoul, Canberra et maintenant de plus en plus par Bruxelles. La manière dont une démocratie insulaire de 23 millions d'habitants résiste à la pression quotidienne de la deuxième armée du monde est une leçon en temps réel sur la résilience démocratique.

La ligne de front de la démocratie mondiale

Taïwan n'est pas seulement un enjeu géopolitique. Elle représente une question morale fondamentale : est-ce que la communauté internationale est prête à défendre une démocratie prospère et pacifique contre la coercition d'un régime autoritaire ? Les réponses données à cette question — en termes d'armements vendus, de déclarations politiques, de présence navale et de sanctions commerciales — determineront si Beijing calcule qu'une action militaire directe est trop coûteuse, ou si la détermination occidentale est suffisamment faible pour tenter le coup.

Je termine ce reportage avec une question qui me hante : sommes-nous en train de répéter l'histoire ? En 2021, nous regardions les signaux d'une invasion russe de l'Ukraine et nous nous disions qu'il ne ferait probablement pas ça. En 2026, nous regardons les signaux de la préparation chinoise — les incursions quotidiennes, les patrouilles de blocus simulées, la publication du DF-17, l'entraînement de soldats russes — et certains disent qu'il ne ferait probablement pas ça. Je ne sais pas si l'histoire se répétera. Je sais que nous ne pouvons pas nous permettre d'être aussi imprévoyants une deuxième fois.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.

Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous Sources.

Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). REPORTAGE : Taïwan dans l'étau : exercices, incursions et nerfs à vif. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/reportage-taiwan-dans-l-etau-exercices-incursions-et-nerfs-a-vif

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