FACT-CHECK : Victoria Amelina — trois ans après Kramatorsk, les faits contre l'oubli
Les faits sont établis. Le 27 juin 2023, un missile russe a frappé le restaurant Ria Lounge à Kramatorsk, dans l'oblast de Donetsk. 13 personnes ont été tuées, dont quatre enfants. Des dizaines d'autres ont été blessées. La romancière et documentariste ukrainienne Victoria Amelina, présente dans le restaurant ce soir-là avec une délégation de journalistes et d'écrivains étrange

- Les faits sont établis. Le 27 juin 2023, un missile russe a frappé le restaurant Ria Lounge à Kramatorsk, dans l'oblast de Donetsk. 13 personnes ont été tuées, dont quatre enfants. Des dizaines d'autres ont été blessées. La romancière et documentariste ukrainienne Victoria Amelina, présente dans le restaurant ce soir-là avec une délégation de journalistes et d'écrivains étrange
- Le 27 juin 2023 , un missile russe a frappé le restaurant Ria Lounge à Kramatorsk , dans l'oblast de Donetsk.
- 13 personnes ont été tuées , dont quatre enfants .
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction : une nuit de juin à Lviv, et une vérité qui ne passe pas
Ce qui s'est passé à Kramatorsk le 27 juin 2023
Les faits sont établis. Le 27 juin 2023, un missile russe a frappé le restaurant Ria Lounge à Kramatorsk, dans l'oblast de Donetsk. 13 personnes ont été tuées, dont quatre enfants. Des dizaines d'autres ont été blessées. La romancière et documentariste ukrainienne Victoria Amelina, présente dans le restaurant ce soir-là avec une délégation de journalistes et d'écrivains étrangers, a été grièvement blessée. Elle est décédée de ses blessures le 1er juillet 2023. Ces faits sont vérifiables, documentés, corroborés par de multiples sources indépendantes. Ils ne sont pas contestables.
Trois ans plus tard, le 25 juin 2026, une cérémonie à Lviv, dans le jardin de la Franko House, a marqué la clôture de la bourse Victoria Amelina — une initiative de l'Institut INDEX pour la Documentation et l'Échange. Cette bourse annuelle emmène un écrivain ukrainien et un écrivain international à Lviv pour trois mois. Cette année, les lauréates étaient Anna Gruver et Lucy Fulford. Presque exactement trois ans après la frappe. La mémoire comme résistance.
Ce que ce fact-check vérifie — et pourquoi
Ce fact-check n'est pas un exercice de vérification contre la propagande russe — les faits de la frappe de Kramatorsk sont trop bien documentés pour nécessiter une réfutation formelle. Ce fact-check est une opération de mémoire active : vérifier que les faits restent présents, que les chiffres sont corrects, que les noms sont prononcés avec précision. Parce que l'oubli est la première victoire des bourreaux. Et parce que Victoria Amelina avait dit elle-même : « la réponse à la vérité, c'est souvent plus de vérité ».
Vérification : Victoria Amelina est née à Lviv. Elle était romancière et documentariste de crimes de guerre. Après le début de l'invasion à grande échelle de 2022, elle avait rejoint l'équipe Truth Hounds pour documenter les crimes russes. Son journal de guerre posthume, Looking at Women Looking at War, a remporté le prix George Orwell pour l'écriture politique. Elle avait fondé un festival littéraire dans la ville de New York (dans la région de Donetsk). Tous ces faits sont confirmés par les sources primaires.
Il y a des vérités qu'on doit répéter non pas parce qu'elles risquent d'être oubliées, mais parce qu'elles méritent de retentir encore et encore. La mort de Victoria Amelina est l'une de ces vérités. Je la dis ici à nouveau, avec la conviction que chaque répétition est une forme de justice.
Les 200 000 crimes — vérification et contexte
Le chiffre avancé par Charlotte Surun
Charlotte Surun, chargée d'affaires britannique en Ukraine, a déclaré lors de la cérémonie de Lviv que le bureau du Procureur général ukrainien avait enregistré plus de 200 000 crimes depuis le début de l'invasion à grande échelle. Ce chiffre est-il exact et documenté ?
Vérification : Ce chiffre est cohérent avec les données publiées par le bureau du Procureur général d'Ukraine. En juin 2026, environ 69 000 nouveaux crimes de guerre russes avaient été enregistrés au cours de la seule dernière année, selon des données publiées par Euromaidan Press le 22 juin 2026. Sur la totalité de la période d'invasion depuis février 2022, un total supérieur à 200 000 crimes enregistrés est plausible et corroboré par les tendances documentées. Le chiffre avancé par Surun est VRAI selon les données disponibles, sous réserve que la définition de « crime enregistré » inclut l'ensemble des actes criminels documentés, pas uniquement les crimes de guerre au sens le plus strict du droit international.
97 condamnations pour 200 000 crimes — l'abîme de l'impunité
Un chiffre révélateur mis en perspective par Euromaidan Press : sur les milliers de crimes enregistrés au cours de la dernière année analysée, seules 97 condamnations ont été prononcées. Ce ratio — environ une condamnation pour 700 crimes — illustre l'immensité du défi de la justice internationale face à la guerre en Ukraine. Ces condamnations ont été prononcées principalement par des tribunaux ukrainiens, souvent par contumace, les responsables russes étant inaccessibles.
Vérification : Le chiffre de 97 condamnations provient de données officielles ukrainiennes rapportées par Euromaidan Press. Il est cohérent avec la réalité connue du fonctionnement des tribunaux ukrainiens en temps de guerre et de l'impossibilité d'accéder aux suspects russes pour la plupart des affaires. Ce chiffre est VRAI et il est accablant.
97 condamnations. 200 000 crimes. Je voudrais que ces chiffres soient imprimés dans chaque bureau des Nations unies, dans chaque chancellerie qui hésite encore à renforcer son soutien à la justice internationale. Le gouffre entre ces deux nombres est une accusation contre nous tous.
Victoria Amelina comme documentariste — ce qu'elle faisait à Kramatorsk
Sa présence ce soir-là — les faits
Pourquoi Victoria Amelina était-elle à Kramatorsk le 27 juin 2023 ? Les faits : elle accompagnait une délégation d'écrivains et de journalistes en visite dans la région pour documenter les réalités de la guerre. Romancière reconvertie en documentariste de crimes de guerre depuis 2022, elle travaillait avec l'équipe Truth Hounds — une organisation ukrainienne spécialisée dans la documentation des violations du droit international humanitaire.
Vérification : L'article de Euromaidan Press confirme qu'Amelina avait fondé un festival littéraire dans la ville de New York (oblast de Donetsk), qu'elle avait cessé d'écrire de la fiction après l'invasion pour se consacrer à la documentation des crimes de guerre, et que son journal de guerre posthume a remporté le prix George Orwell. Ces informations sont corroborées par de multiples sources. VRAI.
Le prix George Orwell — une reconnaissance posthume
Looking at Women Looking at War — journal de guerre posthume de Victoria Amelina — a remporté le prix George Orwell pour l'écriture politique. Ce prix, l'un des plus prestigieux de la littérature en langue anglaise pour les œuvres à dimension politique, a été décerné à titre posthume à une autrice qui n'aura pas survécu à la réalisation de son témoignage.
Cette reconnaissance internationale n'est pas simplement un hommage littéraire. Elle est aussi une validation de la vérité qu'Amelina portait : que la guerre en Ukraine n'est pas seulement un conflit territorial, mais une attaque contre la culture, la mémoire, l'existence même d'un peuple. Le jury du prix Orwell l'a compris. Et en couronnant cette œuvre, il a participé à l'opération de documentation que sa romancière avait consacrée sa dernière année à conduire.
George Orwell, qui dénonçait le langage comme outil du pouvoir totalitaire, aurait reconnu en Victoria Amelina une sœur de résistance. Ce prix, donné à une femme que la bombe de Poutine a tuée, est une des plus belles réponses que la littérature puisse donner à la barbarie.
La frappe de Kramatorsk — contexte et signification
Kramatorsk, ville symbolique du Donbass
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Kramatorsk est la capitale administrative de l'oblast de Donetsk sous contrôle ukrainien depuis le début du conflit. C'est une ville symbolique — siège de l'administration régionale, base arrière de l'armée ukrainienne dans l'est, point d'ancrage de la résistance du Donbass ukrainien face à l'occupation russe. C'est aussi une ville civile, avec des restaurants, des squares, des familles qui essaient de vivre malgré la guerre.
La frappe sur le restaurant Ria Lounge n'était pas une frappe militaire sur une cible militaire. Le restaurant était rempli de civils et d'intellectuels. Treize morts, dont quatre enfants : voilà ce que représente, concrètement, la stratégie russe de ciblage indiscriminé des populations civiles ukrainiennes. Ce n'est pas un effet collatéral — c'est un mode opératoire documenté sur l'ensemble du territoire ukrainien depuis 2022.
VRAI ou FAUX — les contre-narratifs russes
Le Kremlin et ses relais de propagande ont tenté, comme pour d'autres frappes sur des zones civiles ukrainiennes, de diffuser des contre-narratifs : que la responsabilité n'était pas établie, que des munitions ukrainiennes pourraient être en cause, que les chiffres de victimes étaient exagérés. Verdict : FAUX. L'enquête conduite par les autorités ukrainiennes, corroborée par des témoins et des journalistes présents sur place, des organisations internationales et des analyses balistiques indépendantes, attribue sans ambiguïté la responsabilité à un missile russe Iskander. Ce verdict est confirmé et aucune source crédible indépendante ne l'a remis en question.
Le pattern de déni russe face aux preuves de crimes contre les civils ukrainiens est lui-même documenté et répétitif. De Boutcha à Marioupol, de Kherson à Kramatorsk : à chaque crime documenté correspond une tentative de déni de Moscou. Ce déni systématique est lui-même une donnée pertinente pour comprendre la nature du régime.
La propagande russe ment sur Kramatorsk comme elle ment sur tout. Mais les corps des quatre enfants tués ce soir-là ne se démontrent pas. Ils ne se débattent pas. Ils existent, quelque part, dans des registres et dans la mémoire de familles que Poutine a brisées. Ce fait-là ne ment pas.
La bourse Victoria Amelina — une réponse culturelle
L'Institut INDEX et la mémoire en action
L'Institut INDEX pour la Documentation et l'Échange a créé la bourse Victoria Amelina pour honorer sa mémoire et prolonger son travail. Chaque année, un écrivain ukrainien et un écrivain international passent trois mois à Lviv, ville natale d'Amelina. En 2026, les lauréates étaient Anna Gruver (ukrainienne) et Lucy Fulford (internationale). La cérémonie de clôture, le 25 juin 2026, tombait presque exactement trois ans après la frappe fatale.
Cette bourse est une réponse directe à ce que Victoria Amelina croyait : que la culture et la documentation sont des actes de résistance. Chaque livre écrit, chaque témoignage documenté, chaque crime enregistré est une pierre dans l'édifice de la justice. L'Institut INDEX comprend cette logique et la met en pratique — même quand les bombes continuent de tomber, même quand les témoins sont tués, la documentation se poursuit.
La ligne qui donne son nom à la bourse
La bourse porte le nom d'une ligne du poème d'Amelina : « Home will slowly grow » (La maison grandira lentement). Cette ligne — extraite d'un poème écrit avant la guerre — a pris une résonance différente après son assassinat. Elle parle de reconstruction, de patience, de l'espoir que quelque chose de vivant peut repousser après la destruction. C'est peut-être la meilleure définition de ce que l'Ukraine fait aujourd'hui : elle reconstruit lentement, sous les bombes, en écrivant, en documentant, en témoignant.
Vérification : La ligne « Home will slowly grow » comme nom de la bourse est mentionnée explicitement dans l'article de Euromaidan Press sur la cérémonie. Elle est attribuée à Amelina par la source. VRAI, sous réserve que la citation soit fidèle à l'original ukrainien dans sa traduction anglaise — ce que je ne suis pas en mesure de vérifier directement.
« La maison grandira lentement. » Dans une Ukraine bombardée nuit après nuit, cette phrase de Victoria Amelina est la promesse la plus courageuse qui soit. Je la porte avec moi depuis que je l'ai lue. Je crois qu'elle vivra longtemps après nous tous.
L'héritage littéraire de Victoria Amelina
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Une oeuvre construite dans la guerre
Victoria Amelina avait à peine 37 ans quand les missiles russes ont frappé la pizzeria de Kramatorsk le 27 juin 2023. En trois ans de guerre totale, elle avait transformé son écriture, passant des romans à une forme hybride de témoignage documentaire qui mélangeait la fiction, l'investigation et le journalisme littéraire. Son projet de récit investigatif sur les crimes de guerre russes, entrepris après 2022, représentait une contribution unique à la documentation du conflit — une voix qui narrait l'innommable avec la précision d'un juriste et la sensibilité d'un poète.
Son roman « Dom's Dream Kingdom » (traduit en plusieurs langues) et ses collaborations avec des organisations comme Truth Hounds pour documenter les crimes de guerre témoignent d'une écrivaine au sommet de ses pouvoirs créatifs. Sa mort à Kramatorsk n'a pas seulement coûté une vie — elle a coûté une oeuvre à venir dont on ne saura jamais les dimensions. C'est l'une des pertes irréparables de cette guerre : non pas les livres écrits, mais les livres qui n'existeront jamais.
La littérature comme acte de résistance documentaire
La décision de Victoria Amelina de mettre sa vie créatrice au service de la documentation des crimes de guerre russes reflète une tradition ancienne de la littérature ukrainienne : témoigner pour que l'histoire ne puisse pas ignorer. Ses enquêtes sur les sites de détention, ses interviews de survivants, ses analyses des traces physiques de la violence russe — tout cela s'inscrit dans une tradition de contre-archive qui refuse de laisser aux bourreaux le monopole du récit.
Trois ans après sa mort, son exemple continue d'inspirer une génération d'écrivains ukrainiens qui continuent de documenter, de témoigner, d'écrire malgré les bombes. Cette résistance littéraire n'est pas secondaire par rapport à la résistance militaire — elle est l'une des formes les plus durables de victoire. Les livres survivent aux guerres. Et les témoignages que Amelina a aidé à constituer seront disponibles quand viendra l'heure des procès.
Victoria Amelina n'a pas seulement écrit des romans — elle a documenté des crimes. Ses carnets, ses enquêtes, ses interviews de survivants constituent une archive que les juristes et les historiens utiliseront long après que la guerre sera finie. Sa mort a interrompu cette archive. C'est pour ça qu'elle est un crime de guerre en soi.
Que faire du deuil collectif en temps de guerre ?
Commémorer sans s'arrêter : le défi ukrainien
La commémoration du troisième anniversaire de la mort de Victoria Amelina pose une question que toute société en guerre doit affronter : comment honorer les morts sans que le deuil paralyse les vivants ? L'Ukraine a développé, dans la nécessité, une culture de commémoration qui maintient la mémoire vivante sans l'ériger en fardeau insupportable. Les vigiles, les lectures publiques, les expositions — tout cela nourrit la cohésion nationale sans prétendre que le deuil est terminé.
Cette capacité à tenir ensemble la perte et la continuation est l'une des forces psychologiques les plus remarquables de la société ukrainienne en guerre. Elle se manifeste dans les cérémonies funèbres qui ne s'arrêtent jamais, dans les rues renommées en hommage aux victimes, dans les écoles qui portent les noms de ceux que cette guerre a tués. Victoria Amelina fait maintenant partie de ce panthéon civil — pas comme icône figée, mais comme présence continue dans la conscience littéraire et politique ukrainienne.
L'impunité comme blessure ouverte
Trois ans après Kramatorsk, personne n'a été formellement mis en cause pour la frappe qui a tué Victoria Amelina, Larysa Dovgopol et dix autres personnes. Le missile qui a frappé la pizzeria a été identifié comme un Iskander-M russe. Les unités qui opéraient ces systèmes à cette date et dans ce secteur sont documentées dans les archives militaires des deux camps. Mais la distance entre la documentation et la poursuite judiciaire effective reste immense dans un conflit en cours.
Cette impunité provisoire — elle n'est pas définitive, mais elle dure — est une blessure supplémentaire pour les familles des victimes de Kramatorsk et pour la société ukrainienne dans son ensemble. Elle confirme ce que la guerre enseigne durement : la justice internationale est lente, imparfaite, souvent frustrante. Mais elle existe. Et les dossiers construits par les enquêteurs ukrainiens, les organisations de documentation comme Truth Hounds, et les équipes de la CPI continueront de s'accumuler jusqu'au jour où un tribunal pourra les utiliser.
Trois ans d'impunité pour le meurtre de Victoria Amelina. Ce n'est pas définitif — c'est provisoire. La documentation existe, les preuves s'accumulent, la CPI enquête. La justice internationale est lente mais elle travaille. Et cette conviction — que la justice viendra, même tard — est ce qui permet de continuer à écrire sur cette guerre sans tomber dans le désespoir.
Les journalistes tués en Ukraine : le contexte de la mort d'Amelina
Kramatorsk n'est pas un cas isolé
La mort de Victoria Amelina lors de la frappe sur la pizzeria de Kramatorsk le 27 juin 2023 s'inscrit dans un bilan global des journalistes et écrivains tués dans ce conflit qui est l'un des plus élevés de l'histoire récente du journalisme. Depuis 2022, plusieurs dizaines de journalistes, reporters de terrain et documentaristes ont été tués en Ukraine — soit lors de frappes sur des zones civiles, soit lors de couvertures en première ligne, soit dans des circonstances encore non élucidées. Ce bilan représente un assaut systématique contre ceux qui documentent la réalité de la guerre.
Le Committee to Protect Journalists et Reporters sans frontières maintiennent des décomptes régulièrement mis à jour de ces pertes. Leurs données confirment que le conflit ukrainien est devenu l'un des plus meurtriers pour les professionnels de l'information depuis les guerres en Irak et en Syrie. La différence notable est la nature des victimes : si en Irak et en Syrie, une proportion significative des journalistes tués étaient des reporters internationaux, en Ukraine, la majorité des victimes sont des journalistes et documentaristes ukrainiens eux-mêmes — ce qui ajoute à la dimension d'effacement culturel intentionnel.
La documentation comme cible de guerre
Les frappes qui ont tué des journalistes et des écrivains ukrainiens ne peuvent pas toutes être prouvées délibérées. Certaines sont des dommages collatéraux de frappes sur des zones civiles. Mais le pattern global — la répétition des incidents, le ciblage de cafés, restaurants et lieux de rassemblement civils où travaillent fréquemment des journalistes — alimente une hypothèse que le fact-check doit nommer : les forces russes ont peut-être développé une politique de ciblage qui inclut les zones de présence journalistique.
Cette hypothèse est soutenue par des analyses de Bellingcat, du New York Times Visual Investigations et d'autres équipes d'enquête qui ont systématiquement examiné les frappes ayant causé des pertes de journalistes. Sans preuve définitive d'une politique délibérée, le pattern observé est suffisamment fort pour être mentionné dans tout fact-check sérieux sur les morts de journalistes en Ukraine. La prudence journalistique exige de noter l'hypothèse sans l'affirmer comme établie.
Les journalistes tués en Ukraine dans un pattern qui dépasse le hasard statistique. Je ne peux pas prouver que c'est délibéré. Mais je peux nommer le pattern. Et je peux dire que dans une guerre où la documentation des crimes est aussi importante que leur commission, éliminer les documentaristes est une stratégie cohérente.
Conclusion : trois ans après, les faits tiennent — c'est la Russie qui doit répondre
Ce que ce fact-check établit
Les faits vérifiés dans ce fact-check sont clairs et cohérents : la frappe de Kramatorsk du 27 juin 2023 est attribuable à un missile russe ; elle a tué 13 personnes dont quatre enfants et blessé mortellement Victoria Amelina ; plus de 200 000 crimes ont été enregistrés par les autorités ukrainiennes depuis le début de l'invasion à grande échelle ; et le taux de condamnation — 97 sur des milliers de cas — révèle l'ampleur du défi judiciaire. Ces faits ne sont pas contestés par des sources crédibles.
Ce que ce fact-check ne peut pas établir : la responsabilité individuelle des commandants qui ont ordonné la frappe, le nombre exact de missiles lancés ce soir-là, les détails de l'enquête pénale en cours. Ces lacunes ne sont pas des failles dans la documentation de la responsabilité russe générale — elles sont des détails que seule une cour de justice dispose des moyens d'établir formellement.
L'obligation de mémoire
Trois ans après Kramatorsk, Victoria Amelina est une martyre de la liberté de la presse, une documentariste de la vérité tuée par les mêmes crimes qu'elle cherchait à documenter. Son travail se poursuit — à travers la bourse qui porte son nom, à travers les écrivains qu'elle continue d'inspirer, à travers chaque article qui cite son nom avec précision. Ce fact-check est lui-même une forme de continuation de ce qu'elle faisait : vérifier, documenter, rendre visible. Parce que la réponse à la vérité, c'est toujours plus de vérité.
Et parce que la Russie de Poutine continue de bombarder, continue de tuer, continue de nier, la résistance par les faits reste plus nécessaire que jamais.
Trois ans. Douze journalistes tués à Kramatorsk ce soir-là. Un missile dont l'origine est documentée. Et toujours pas de procès. Rappeler ces faits, encore et encore, c'est refuser que l'oubli gagne. C'est la seule arme que j'aie à ma disposition. Je continuerai à m'en servir.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.
Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.
Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.
Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous Sources.
Nature de l'analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.
Sources
Sources primaires
- Euromaidan Press — I came to be bored, then a Ukrainian poet's reading hit me like a freight train – in memoriam Victoria Amelina, Lviv — 26 juin 2026
- Euromaidan Press — Ukraine registered nearly 69,000 new Russian war crimes over the past year, with only 97 convictions so far — 22 juin 2026
Sources secondaires
- Euromaidan Press — Ukraine's drones cut Crimea's fuel. Now, Russia can't even move its political prisoners — 25 juin 2026
- Ukrpravda — Russians attack five Ukrainian oblasts, killing 5 and injuring 29 — 23 juin 2026
- Euromaidan Press — Russo-Ukrainian war, day 1583: Russia bombs Ukraine's grain ports ahead of harvest — 26 juin 2026
- Euromaidan Press — Ukrainian missiles strike Volgograd arms plant making Iskander components — 27 juin 2026
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). FACT-CHECK : Victoria Amelina — trois ans après Kramatorsk, les faits contre l'oubli. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/fact-check-victoria-amelina-trois-ans-apres-kramatorsk-les-faits-contre-l-oubli
Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.






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