ENQUÊTE : l'écart entre les 70 milliards promis et ce qui arrive vraiment
Au sommet d'Ankara, tenu les 7 et 8 juillet 2026, les 32 alliés de l'OTAN se sont engagés à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine pour l'année 2026, et au moins autant pour 2027, selon les…
- Au sommet d'Ankara, tenu les 7 et 8 juillet 2026, les 32 alliés de l'OTAN se sont engagés à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine pour l'année 2026, et au moins autant pour 2027, selon les…
- Au sommet d' Ankara , tenu les 7 et 8 juillet 2026 , les 32 alliés de l' OTAN se sont engagés à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l' Ukraine pour l'année 2026, et au moins autant pour 2027, selon les informations publiées sur le site officiel de l'Alliance.
- Ce chiffre, répété dans de nombreux comptes rendus médiatiques, a été présenté comme une preuve de la solidité renouvelée du soutien occidental à Kyiv face à l'invasion russe entamée en 2022.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction
Au sommet d'Ankara, tenu les 7 et 8 juillet 2026, les 32 alliés de l'OTAN se sont engagés à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine pour l'année 2026, et au moins autant pour 2027, selon les informations publiées sur le site officiel de l'Alliance. Ce chiffre, répété dans de nombreux comptes rendus médiatiques, a été présenté comme une preuve de la solidité renouvelée du soutien occidental à Kyiv face à l'invasion russe entamée en 2022.
Cette enquête cherche à établir ce que ce chiffre représente réellement une fois décomposé, à identifier les zones d'ombre sur son financement effectif, et à documenter l'écart, déjà signalé par plusieurs analystes spécialisés, entre les montants annoncés et les sommes réellement décaissées à ce jour. Elle s'appuie principalement sur les données de l'OTAN et sur une analyse détaillée de RBC-Ukraine publiée le 19 juillet 2026. Un chiffre de sommet se mesure toujours deux fois : une fois à l'annonce, applaudie, et une fois au décaissement, rarement filmée avec la même attention.
Ce que contient réellement le chiffre de 70 milliards d'euros
Une part substantielle vient d'un mécanisme déjà existant
Sur les 70 milliards d'euros annoncés, une part de 30 milliards d'euros provient d'une facilité de crédit existante de l'Union européenne, et non d'un nouvel engagement financier créé spécifiquement pour cette occasion, selon SouthFront. Cette précision technique change substantiellement l'interprétation du chiffre total : moins de la moitié représenterait un effort réellement nouveau engagé au sommet d'Ankara.
Un chiffre rond et impressionnant cache parfois une addition moins spectaculaire qu'elle ne le paraît au premier regard. Cette enquête considère qu'il est essentiel de distinguer les fonds véritablement nouveaux des fonds déjà budgétés ailleurs, simplement regroupés sous une bannière commune pour l'effet d'annonce.
La contribution distincte des alliés européens et du Canada
Indépendamment du fonds européen mentionné, les alliés européens et le Canada ont investi 258 milliards de dollars supplémentaires en défense sur les exercices 2025 et 2026 combinés, selon le Brussels Times du 16 juillet 2026. Ce chiffre, plus large que celui de l'aide directe à l'Ukraine, inclut des dépenses de réarmement domestique des pays membres, une distinction importante que certains résumés médiatiques ont parfois omis de préciser.
Cette confusion possible entre dépenses de défense domestique et aide militaire directement destinée à l'Ukraine constitue l'une des premières zones de flou identifiées par cette enquête, avec des conséquences réelles sur la manière dont le public occidental interprète l'ampleur de l'effort collectif.
Le rythme réel des livraisons face au calendrier annoncé
Le chiffre alarmant des 10 milliards d'euros livrés à la fin avril
Selon RBC-Ukraine, à la fin du mois d'avril 2026, seuls environ 10 milliards d'euros avaient réellement été livrés sur l'ensemble des engagements annoncés pour l'année, un rythme qui, si maintenu, empêcherait l'atteinte de l'objectif initial de 70 milliards d'euros d'ici la fin de l'année civile 2026.
Cette même analyse de RBC-Ukraine projette qu'au rythme constaté, les alliés pourraient ne fournir qu'environ 30 milliards d'euros d'ici la fin de l'année, soit moins de la moitié du montant annoncé à Ankara, un écart que cette enquête juge suffisamment significatif pour mériter une attention soutenue. Entre l'annonce et le décaissement, il existe un espace où les bonnes intentions se dissolvent souvent dans la lenteur administrative de vingt-huit bureaucraties distinctes.
Les causes structurelles de ce décalage
Plusieurs causes structurelles expliquent ce décalage entre promesse et livraison : la nécessité pour chaque pays membre de faire approuver ses contributions par son propre parlement national, les délais de production industrielle des équipements promis, et les négociations bilatérales complexes sur la nature exacte de l'aide, entre matériel létal, formation et soutien logistique.
Aucune de ces causes ne constitue, en elle-même, une preuve de mauvaise foi de la part des gouvernements concernés : elles reflètent plutôt la complexité inhérente à la coordination de trente-deux appareils bureaucratiques distincts autour d'un objectif commun ambitieux.
La répartition inégale de l'effort entre pays membres
L'Allemagne et le Royaume-Uni en tête des contributions nationales
Selon le Kiel Institute, cité par RBC-Ukraine, l'Allemagne a alloué 11,5 milliards d'euros dans son budget 2026 pour le soutien à l'Ukraine, tandis que le Royaume-Uni a engagé environ 4,4 milliards d'euros pour la même période. Ces deux pays figurent parmi les contributeurs les plus significatifs du continent européen, aux côtés d'autres alliés dont l'effort proportionnel reste plus modeste.
Cette hiérarchie des contributions nationales révèle une répartition de l'effort qui reste inégale au sein même de l'Alliance, certains pays membres investissant une part beaucoup plus importante de leur budget national que d'autres, une réalité rarement mise en avant dans les communiqués officiels qui privilégient le chiffre agrégé de 70 milliards d'euros.
La Norvège et son engagement proportionnellement élevé
La Norvège, pays dont la population reste modeste comparée à celle de l'Allemagne ou du Royaume-Uni, a réservé 7,6 milliards d'euros pour le soutien à l'Ukraine, dont 80 % destinés spécifiquement à l'achat d'armes, selon RBC-Ukraine. Cette proportion élevée consacrée aux armements, plutôt qu'à d'autres formes de soutien, distingue l'approche norvégienne de celle de plusieurs autres alliés qui répartissent davantage leur aide entre matériel et soutien financier ou humanitaire. Un petit pays qui consacre l'essentiel de son aide aux armes ne fait pas moins qu'un grand pays qui disperse la sienne entre plusieurs priorités ; il fait simplement un choix plus tranchant.
Cette enquête note que la contribution norvégienne, bien que numériquement inférieure à celle de l'Allemagne, représente une part significativement plus élevée du produit intérieur brut national, un indicateur souvent absent des comparaisons simplistes entre pays contributeurs.
Le forum industriel et les nouveaux contrats signés à Ankara
Plus de 50 milliards de dollars de contrats industriels
En marge du sommet, un forum industriel a permis la signature de plus de 50 milliards de dollars de nouveaux contrats de défense, selon le Brussels Times. Ces contrats concernent la production d'équipements militaires par des entreprises occidentales, une dimension économique qui distingue le sommet d'Ankara des précédents rassemblements de l'Alliance sur le dossier ukrainien.
Cette dimension industrielle, bien que distincte de l'aide militaire directe à l'Ukraine, contribue indirectement à la capacité de production future des alliés, un facteur qui pourrait accélérer, à moyen terme, le rythme des livraisons effectives si ces contrats se traduisent rapidement en capacités de fabrication accrues.
Le risque que ces contrats profitent davantage à l'industrie qu'à l'Ukraine
Cette enquête identifie un risque structurel dans cette dimension industrielle : les contrats signés au forum d'Ankara pourraient bénéficier principalement à la croissance et à la rentabilité des entreprises de défense occidentales, sans garantie que la totalité des équipements produits soit effectivement destinée à l'Ukraine plutôt qu'au réarmement domestique des pays membres eux-mêmes. Un contrat de défense signé n'est jamais automatiquement un char qui roule vers le front ; entre les deux se glisse souvent la logique, plus prosaïque, du carnet de commandes industriel.
Cette distinction entre bénéfice industriel occidental et bénéfice militaire direct pour l'Ukraine constitue une nuance essentielle que les communiqués officiels du sommet n'ont pas systématiquement clarifiée, selon l'analyse de cette enquête.
Les déclarations officielles de l'OTAN face à ces zones d'ombre
Un discours qui présente le chiffre comme un plancher
La secrétaire générale adjointe de l'OTAN a déclaré, selon le Brussels Times, que le montant de 70 milliards d'euros constitue « un plancher, pas un plafond » de l'engagement des alliés, une formulation qui laisse ouverte la possibilité d'un dépassement de cet objectif dans les mois suivants. Cette déclaration, bien qu'encourageante sur le principe, ne s'accompagne pas d'un calendrier précis ni de garanties contractuelles vérifiables sur le rythme futur des décaissements.
Cette enquête relève que ce type de formulation optimiste, fréquent dans les communications institutionnelles de l'Alliance, doit être mis en balance avec les données concrètes de décaissement documentées par des analystes indépendants comme ceux du Kiel Institute, plutôt que d'être pris pour argent comptant sans vérification croisée.
L'absence de mécanisme de sanction en cas de non-respect
Aucune source consultée pour cette enquête ne mentionne l'existence d'un mécanisme de sanction ou de pénalité applicable aux pays membres qui n'atteindraient pas leur part proportionnelle de l'objectif de 70 milliards d'euros. Une promesse sans conséquence en cas de non-respect reste une promesse ; elle n'en devient jamais un contrat que l'on peut faire appliquer.
Cette absence de mécanisme contraignant explique en partie, selon plusieurs analystes cités indirectement dans la presse spécialisée, la difficulté persistante de l'Alliance à transformer ses engagements collectifs en calendriers de livraison strictement respectés par chacun de ses membres.
La comparaison avec les précédents engagements de l'OTAN depuis 2022
Une tendance récurrente à l'écart entre annonce et réalisation
Cette enquête a identifié, dans les rapports antérieurs sur le soutien occidental à l'Ukraine depuis 2022, une tendance récurrente similaire : les sommets successifs de l'OTAN ont régulièrement produit des annonces chiffrées ambitieuses, suivies de rythmes de décaissement plus lents que ce que les communiqués officiels laissaient initialement présager.
Cette récurrence, documentée sur plusieurs années consécutives, suggère un schéma structurel plutôt qu'un incident isolé propre au sommet d'Ankara 2026, ce qui renforce la pertinence d'une enquête approfondie sur les causes systémiques de cet écart persistant. Un schéma qui se répète trois fois n'est plus un accident de calendrier ; c'est devenu, de fait, une caractéristique structurelle de la mécanique institutionnelle occidentale.
Les leçons tirées par certains analystes occidentaux
Certains analystes en défense, cités dans la presse spécialisée, recommandent désormais de traiter les annonces chiffrées de sommets de l'OTAN comme des objectifs politiques indicatifs plutôt que comme des engagements budgétaires fermes, une recommandation méthodologique que cette enquête juge cohérente avec les données observées sur le rythme réel des décaissements en 2026.
Les conséquences concrètes pour les capacités ukrainiennes sur le terrain
Un écart qui affecte directement la planification militaire de Kyiv
Pour les forces ukrainiennes, cet écart entre promesse et livraison n'est pas une simple question comptable : il affecte directement la capacité de planification militaire à moyen terme, notamment pour le renouvellement des stocks de munitions et le maintien des systèmes de défense antiaérienne face aux frappes russes continues documentées depuis le début de l'invasion. Un budget qui arrive en retard ne se traduit jamais par une bataille perdue en différé ; il se traduit, plus concrètement, par une nuit où une ville reste moins protégée qu'elle ne devrait l'être.
Cette enquête ne peut pas établir de lien de causalité direct et vérifiable entre un retard de livraison spécifique et une conséquence militaire précise sur le terrain, faute de données suffisamment détaillées rendues publiques par l'état-major ukrainien sur ce type de corrélation.
La dépendance accrue envers les livraisons bilatérales directes
Face à la lenteur relative des mécanismes collectifs de l'OTAN, l'Ukraine continuerait de s'appuyer davantage sur des accords bilatéraux directs avec certains alliés, comme la licence de production de missiles Patriot accordée par les États-Unis, une tendance qui pourrait, à terme, fragmenter davantage la coordination collective de l'aide occidentale au profit d'arrangements bilatéraux plus rapides à négocier.
Les explications avancées par les gouvernements membres
Les contraintes budgétaires domestiques invoquées
Plusieurs gouvernements membres de l'OTAN invoquent des contraintes budgétaires domestiques pour expliquer le rythme plus lent que prévu de leurs décaissements, notamment des pressions inflationnistes internes et des priorités concurrentes en matière de dépenses sociales, selon des rapports parlementaires nationaux consultés indirectement par cette enquête.
Ces explications, bien que plausibles sur le plan économique général, ne sont pas systématiquement vérifiables de manière indépendante pour chaque pays membre, ce qui limite la capacité de cette enquête à confirmer ou infirmer leur validité complète dans chaque cas national spécifique.
La question de la volonté politique réelle derrière les chiffres
Au-delà des contraintes budgétaires invoquées, cette enquête soulève une question plus délicate : dans quelle mesure le rythme de décaissement reflète-t-il une volonté politique réellement soutenue, plutôt qu'un simple effet d'annonce destiné à rassurer l'opinion publique occidentale et à envoyer un signal de dissuasion à Moscou sans nécessairement engager des ressources immédiates à la hauteur du chiffre communiqué. Un chiffre annoncé au sommet fait la manchette du jour ; seul le chiffre effectivement décaissé, un an plus tard, dira si la volonté politique a survécu à l'épreuve du temps.
Ce que cette enquête ne peut pas établir avec certitude
Les limites méthodologiques de cette investigation
Cette enquête ne peut pas établir avec certitude la répartition exacte, pays par pays, de l'écart entre promesse et livraison, faute de données budgétaires détaillées et systématiquement comparables rendues publiques par chacun des trente-deux pays membres de l'Alliance selon un format harmonisé.
Cette limite méthodologique impose de traiter les chiffres agrégés cités dans cette enquête, notamment ceux du Kiel Institute et de RBC-Ukraine, comme des estimations sérieuses mais non exhaustives, plutôt que comme des données comptables définitives et intégralement vérifiées de manière indépendante.
La nécessité d'un suivi continu dans les mois suivants
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Cette enquête recommande un suivi continu de ces chiffres dans les mois suivant le sommet d'Ankara, notamment à travers les rapports trimestriels que certains instituts de recherche indépendants, comme le Kiel Institute, publient régulièrement sur le rythme réel de l'aide occidentale à l'Ukraine. Une enquête n'est jamais un point final ; elle est une photographie datée d'un dossier qui continuera de bouger longtemps après sa publication.
Le rôle des instituts de recherche indépendants dans ce débat
Le Kiel Institute comme référence de suivi
Le Kiel Institute, institut allemand spécialisé dans le suivi de l'aide occidentale à l'Ukraine depuis le début de l'invasion en 2022, publie régulièrement des données détaillées pays par pays, devenues une référence pour les journalistes et chercheurs souhaitant vérifier les annonces officielles des gouvernements membres de l'OTAN. Cette enquête s'appuie sur ces données précisément parce qu'elles offrent une contre-vérification indépendante des communiqués institutionnels.
Sans ce type d'institut indépendant, la vérification journalistique des chiffres annoncés lors de sommets comme celui d'Ankara serait considérablement plus difficile, ce qui souligne l'importance de la recherche universitaire indépendante dans le suivi de ce dossier complexe.
Les limites propres à ces instituts de recherche
Ces instituts, malgré leur rigueur méthodologique reconnue, dépendent eux-mêmes des données rendues publiques par les gouvernements nationaux, ce qui signifie que leurs propres estimations peuvent être affectées par un manque de transparence à la source dans certains pays membres de l'OTAN. Un institut indépendant ne peut vérifier que ce que les gouvernements consentent à lui montrer ; sa rigueur ne compense jamais totalement une opacité imposée d'en haut.
Cette limite méthodologique, reconnue implicitement par ces instituts eux-mêmes dans leurs rapports, invite cette enquête à traiter leurs chiffres comme les meilleures estimations disponibles, plutôt que comme des données comptables absolues et incontestables.
Les précédents historiques de sommets de l'OTAN sur l'aide à l'Ukraine
Le sommet de Vilnius et ses promesses non entièrement tenues
Le précédent sommet marquant de l'OTAN consacré en partie au dossier ukrainien avait également produit des engagements chiffrés ambitieux, dont le rythme de réalisation complète avait été, selon plusieurs analyses rétrospectives publiées dans la presse spécialisée, plus lent que ce que les communiqués initiaux laissaient espérer aux observateurs ukrainiens et occidentaux.
Ce précédent, bien qu'il ne soit pas identique dans ses détails au sommet d'Ankara de 2026, établit un modèle récurrent qui renforce la pertinence de la vigilance journalistique appliquée par cette enquête au chiffre actuel de 70 milliards d'euros.
Ce que ce schéma répété signifie pour la crédibilité future de l'Alliance
La répétition de cet écart entre promesse et livraison, sommet après sommet, pose une question de crédibilité institutionnelle à long terme pour l'OTAN : si les annonces chiffrées ne se traduisent systématiquement qu'à hauteur d'une fraction du montant promis, l'effet dissuasif recherché envers Moscou pourrait s'éroder progressivement. Une alliance qui promet plus qu'elle ne livre, répété assez de fois, finit par enseigner à son adversaire à ne plus craindre ses annonces.
Cette enquête ne peut pas affirmer que ce risque s'est déjà matérialisé dans le comportement stratégique russe observable, mais elle le signale comme une conséquence plausible et documentable à surveiller dans les mois suivants.
Les conséquences diplomatiques d'un éventuel échec de l'objectif
Le risque d'une perception de faiblesse occidentale
Si l'objectif de 70 milliards d'euros n'est finalement atteint qu'à hauteur de 30 milliards d'euros comme le projette RBC-Ukraine, cet écart pourrait être interprété, dans certaines capitales non alliées, comme un signe de fragilité de la coalition occidentale soutenant l'Ukraine, indépendamment de la réalité des efforts individuels de chaque pays membre. La perception d'une promesse non tenue voyage souvent plus vite, et plus loin, que les explications budgétaires qui pourraient la justifier.
Cette enquête ne peut pas mesurer directement l'impact de cette perception sur les calculs stratégiques du Kremlin, mais elle note que la cohérence entre discours et action reste, historiquement, un facteur clé de la crédibilité dissuasive de toute alliance militaire.
L'opportunité de corriger la trajectoire avant la fin de l'année
Il reste, à ce stade de l'année 2026, une fenêtre théorique pour que les alliés de l'OTAN accélèrent significativement leurs décaissements avant la fin de l'exercice budgétaire, ce qui pourrait réduire, sans nécessairement combler intégralement, l'écart documenté par cette enquête entre les 10 milliards d'euros livrés à la fin avril et l'objectif initial de 70 milliards.
Cette enquête recommande de considérer les chiffres de fin d'année civile 2026 comme le véritable test de la crédibilité des engagements pris à Ankara, plutôt que de juger définitivement l'effort collectif sur la seule base des données partielles disponibles à la mi-année.
Le point de vue des responsables militaires ukrainiens sur le terrain
Des demandes qui dépassent souvent les livraisons reçues
Les responsables militaires ukrainiens formulent régulièrement des demandes d'équipement qui dépassent, en volume, ce qui est effectivement livré par les alliés occidentaux au cours d'une période donnée, une tension documentée depuis le début de l'invasion russe en 2022 et qui n'est pas propre au cycle budgétaire actuel lié au sommet d'Ankara.
Cette tension structurelle entre besoins exprimés et capacités livrées constitue un élément de contexte essentiel pour comprendre pourquoi l'écart documenté par cette enquête entre 70 milliards d'euros promis et 10 milliards d'euros livrés à la fin avril suscite une inquiétude particulièrement vive du côté ukrainien.
L'absence de commentaire direct et vérifiable de Kyiv sur ce chiffre précis
Aucune déclaration officielle directe du gouvernement ukrainien sur l'écart spécifique entre les 70 milliards d'euros annoncés et les sommes réellement reçues n'apparaît dans les sources consultées pour cette enquête, ce qui invite à ne pas lui attribuer de critique qu'il n'a pas formulée publiquement sur ce point précis. Le silence diplomatique d'un bénéficiaire dépendant de ses bailleurs ne signifie jamais l'absence de frustration ; il signifie souvent, au contraire, la prudence imposée par la dépendance elle-même.
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Cette réserve méthodologique s'applique également à cette enquête elle-même, qui se garde d'attribuer à Kyiv une position officielle non documentée sur la question précise de l'écart budgétaire analysé ici.
Conclusion
Cette enquête a documenté un écart significatif et documenté entre les 70 milliards d'euros annoncés au sommet d'Ankara et les seulement 10 milliards d'euros effectivement livrés à la fin avril 2026, un décalage qui, selon la projection de RBC-Ukraine, pourrait limiter la livraison totale annuelle à environ 30 milliards d'euros si le rythme actuel se maintient sans accélération notable dans les mois suivants.
Cette enquête ne prétend pas que cet écart traduit une mauvaise foi généralisée des alliés occidentaux; elle documente plutôt une réalité bureaucratique et politique complexe, où l'annonce collective précède souvent, de plusieurs mois voire années, la traduction concrète en équipements livrés sur le terrain ukrainien. Entre le chiffre qui rassure une salle de sommet et le camion qui traverse une frontière, il existe une distance que seul le temps, et une vigilance journalistique continue, permettent de mesurer avec exactitude.
Signature
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette enquête est rédigée depuis une préférence d'angle assumée, pro-occidentale et pro-ukrainienne, qui guide le choix du sujet traité tout en maintenant une exigence critique envers les mécanismes institutionnels de l'OTAN eux-mêmes. Cette critique méthodologique ne constitue en aucun cas une remise en cause de la légitimité du soutien occidental à l'Ukraine, mais un examen rigoureux de son exécution concrète.
Méthodologie et sources
Cette enquête s'appuie principalement sur les données officielles de l'OTAN relatives au sommet d'Ankara, complétées par une analyse détaillée de RBC-Ukraine du 19 juillet 2026 citant le Kiel Institute, ainsi que par un rapport du Brussels Times du 16 juillet 2026 sur les contributions nationales et le forum industriel.
Nature de l'analyse
Ce texte distingue les chiffres officiels annoncés par l'Alliance, les données de décaissement effectif documentées par des instituts indépendants, et l'analyse critique du chroniqueur sur l'écart entre ces deux catégories, clairement identifiée par le ton et la formulation, sans accusation de mauvaise foi non étayée envers un gouvernement nommé.
Sources
Sources primaires
Sources secondaires
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). ENQUÊTE : l'écart entre les 70 milliards promis et ce qui arrive vraiment. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/enquete-l-ecart-entre-les-70-milliards-promis-et-ce-qui-arrive-vraiment
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