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La ChroniqueÉditorial· N° 7780

ÉDITORIAL : Peskov annonce le « prix » que paiera l'Ukraine, armons son ciel avant le printemps de Poutine

Dmitri Peskov a prévenu le 28 septembre, depuis Moscou, que l'Ukraine allait « payer le prix des actions des derniers mois ».

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  1. Dmitri Peskov a prévenu le 28 septembre, depuis Moscou, que l'Ukraine allait « payer le prix des actions des derniers mois ».
  2. Une conférence de presse à Moscou
  3. Dmitri Peskov a prévenu le 28 septembre , depuis Moscou, que l'Ukraine allait « payer le prix des actions des derniers mois ».
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Le prix de lundi

Une conférence de presse à Moscou

Dmitri Peskov a prévenu le 28 septembre, depuis Moscou, que l'Ukraine allait « payer le prix des actions des derniers mois ».

Le porte-parole du Kremlin rappelait que Vladimir Poutine l'avait déjà dit. Les forces russes, ajoutait-il selon l'agence Anadolu, continuent de frapper les cibles qu'elles jugent appropriées.

Le prix. C'est le mot de ce texte. Un mot de comptable, dans la bouche d'un porte-parole.

Il n'a pas dit quel prix. Il n'a pas dit jusqu'à quand. Cela se produit en ce moment, a-t-il ajouté, selon l'Associated Press.

Payé le jour même

Le même lundi, en plein jour, des drones russes frappaient le centre de Kyiv et celui de Dnipro, rapporte Reuters.

Le prix annoncé lundi était déjà payé lundi.

Un prix se paie en choses qu'on touche. Une fenêtre qui cède sous la main. Un toit. Une porte d'immeuble qu'on pousse en courant.

Un prix se paie en nuits, aussi. En heures d'alerte qu'on n'ose plus compter.

Nous refusons de lire ce mot comme une formule. C'est un programme.

Un programme a des étapes. Il a des cibles. Il a une date butoir.

Le Kremlin dit prix, l'Ukraine dit lundi.

Le 25, Poutine avait prévenu

« Ce sont eux qui ont commencé »

Trois jours plus tôt, le 25 septembre, Poutine s'adressait aux journalistes russes, rapporte Reuters.

Moscou était prête à reprendre les négociations après les législatives, disait-il. Mais l'Ukraine avait frappé Moscou et touché des bureaux de vote, affirmait-il.

« Ce sont eux qui ont commencé », lançait-il.

Il fallait donc leur faire sentir les frappes de riposte russes. Toutes les propositions de règlement restaient pourtant « sur la table », assurait-il le même jour.

Après tout ce qu'ils ont fait, ajoutait-il, Moscou devra réfléchir à sa réponse. Selon lui, ce sont ces frappes qui poussent Kyiv à réclamer un cessez-le-feu.

Une menace. Une table. Une réponse à méditer.

Le mot prix circulait déjà. L'Ukraine devra payer le prix d'une riposte soutenue, disait Poutine, selon Reuters. Peskov n'a fait que le répéter.

Sur la table, sous les drones

Sur la table, les propositions. Sous les drones, les villes.

Nous ne lisons pas ces deux phrases séparément. Elles forment une seule méthode : parler de paix au micro, envoyer la facture par les airs.

Le 25, une menace. Le 28, une confirmation.

Entre les deux, Peskov n'a rien retiré. Il a précisé.

Table pour les caméras, drones pour les villes.

La théorie de l'hiver

Capituler avant le printemps

L'Institute for the Study of War a publié le 27 septembre sa lecture de cette méthode. Poutine miserait désormais sur une campagne de frappes combinées, missiles balistiques et drones à réaction, pour forcer l'Ukraine à capituler pendant l'hiver 2026-2027.

L'ISW estime que Poutine ne prévoit pas une campagne sans fin. Il chercherait à obtenir cette capitulation avant le printemps 2027.

Un blogueur militaire proche du Kremlin reconnaît que le front est « statique », note l'ISW. Il pousse Moscou à frapper plus fort et plus vite, tant que les ressources abondent.

Pourquoi ce virage ? Parce que les gains russes au sol sont proches de zéro depuis des mois, selon l'institut. Poutine réviserait sa théorie à cause des succès ukrainiens de 2026.

L'ISW ajoute que Poutine ne négociera probablement pas sérieusement avant que cette théorie ait fait son temps.

Le même blogueur prévient que le coût de cette campagne pourrait, à la longue, dépasser ses effets immédiats. Il juge aussi qu'élargir l'arsenal de frappe coûte moins cher qu'une seconde mobilisation, rapporte l'institut.

Un calendrier, pas une colère

Voilà ce que veut dire « prix ». Pas une colère. Un calendrier.

Nous sommes du côté des Ukrainiens qui passeront cet hiver sous les drones à réaction. Nous sommes contre la campagne que le Kremlin appelle un « prix ». Parce que Peskov l'a annoncée le 28 septembre, et que l'ISW la décrit comme une stratégie pour forcer une capitulation avant le printemps 2027.

Notre adversaire n'est pas le peuple russe. C'est un calendrier signé à Moscou.

L'hiver comme arme, le printemps comme échéance.

Des drones plus rapides

Depuis la fin d'avril

La campagne repose sur un outil précis, écrit l'ISW : des drones à réaction de type Geran, bon marché, lancés en masse, qui percent les défenses.

Les forces russes ont commencé à en intensifier l'usage à la fin d'avril 2026, selon l'institut.

Le 26 septembre, Zelensky affirmait que l'Ukraine interceptait maintenant 55 % de ces drones : plus de 1 500 sur les 2 730 lancés en septembre, selon l'ISW.

Des intercepteurs en essai

L'Ukraine teste des drones intercepteurs en conditions de combat, a dit le 27 septembre Kyrylo Boudanov, chef du Bureau du président, cité par l'ISW. Leur usage massif pourrait commencer d'ici quelques mois.

Reste à savoir, écrit l'institut, si ce programme grandira assez vite pour gêner la campagne russe cet hiver.

Ces drones dépassent 400 à 450 km/h, rappelle RBC-Ukraine. La plupart des intercepteurs ne suivent pas.

Certains coupent même leur moteur et planent avant l'impact, prévient un conseiller de la présidence cité par l'ISW. Personne ne sait encore si c'est une tactique ou une panne.

Quelques mois. Un hiver. La course est là.

Cinquante-cinq sur cent. Le reste tombe quelque part.

Les intercepteurs seront-ils prêts pour les premiers grands froids ?

Et pourtant, c'est sur ce pari que repose le ciel de millions de gens.

Quarante-cinq drones sur cent passent encore.

Moscou, le 20 septembre

La frappe sur Kapotnya

L'argument de Moscou mérite d'être posé dans sa forme la plus dure.

Le 20 septembre, une vague de drones ukrainiens a frappé Moscou et sa région, rapporte le Kyiv Post. La raffinerie de Kapotnya a pris feu. Elle fournit environ 40 % du carburant de la capitale.

Le maire Sergueï Sobianine a parlé de l'attaque de drones la plus massive jamais lancée contre la capitale. Il disait que plus de 1 600 drones avaient été interceptés, dont environ 450 aux abords de Moscou. Le gouverneur de la région, Andreï Vorobiov, comptait au moins deux morts et six blessés.

La raffinerie traite environ 11 millions de tonnes de brut par an, selon le Kyiv Post. Une cible lourde. Une cible réelle.

Peskov ajoute que Moscou doit empêcher une « frappe écrasante » annoncée à Kyiv.

Voilà la riposte, plaiderait le Kremlin. Kyiv a commencé. Kyiv paie.

Avril avant septembre

Voici ce qui retourne l'argument. L'intensification des drones à réaction russes date de la fin d'avril, selon l'ISW. Près de cinq mois avant Kapotnya.

Avril. Mai. Juin. Juillet. Août. Puis Kapotnya.

Une riposte suit l'attaque. Celle-ci la précédait.

Et la théorie que décrit l'ISW ne vise pas une raffinerie. Elle vise une capitulation.

À quoi ressemble une riposte qui commence cinq mois plus tôt ?

Cinq mois d'avance, ce n'est pas une riposte.

Kyiv frappe aussi

Rostov, Iaroslavl, Moscou

Ce qui suit ne nous arrange pas. Nous l'écrivons.

Kyiv frappe la Russie, et frappe fort. Le 17 septembre, des drones ukrainiens ont touché l'aérodrome militaire de Rostov et la raffinerie de Iaroslavl, selon le Kyiv Post. Le 20, Moscou.

Il y a eu des morts dans la région de Moscou, deux au moins, selon leur gouverneur.

La campagne continue. Les raffineries de Perm et de Novochakhtinsk ont cessé de fonctionner après des frappes ukrainiennes des 25 et 26 septembre, selon un responsable ukrainien cité par l'ISW. Une usine d'optique militaire d'Azov a été touchée.

Ce sont des coups durs. Nous ne les cachons pas.

Le pari des intercepteurs

Autre fait gênant. Notre défense repose sur un pari. L'ISW ne sait pas si les intercepteurs ukrainiens arriveront à temps.

C'est vrai. Et cela ne change pas ceci : la théorie russe, selon l'ISW, parie que l'énergie et les infrastructures critiques de l'Ukraine ne tiendront pas l'hiver.

Kyiv vise des raffineries et des usines d'armement. Kyiv vise des réservoirs qui alimentent une armée. Moscou vise l'endurance d'un pays entier.

Une raffinerie arrêtée prive une armée de carburant. Une chaufferie frappée prive une famille de chaleur.

Une guerre contre des réservoirs n'est pas une guerre contre des chaufferies.

Kyiv vise des réservoirs, Moscou vise un hiver.

Le contrôle des armements, hier

Ce que Peskov veut de Washington

Le même lundi, Peskov parlait d'autre chose. Les négociations sur le contrôle des armements avec les États-Unis doivent reprendre « hier », disait-il selon Anadolu.

Le cadre des traités est « complètement nu », ajoutait-il. Il faudra de longues négociations d'experts.

Et la Chine ? Pékin ne juge sa participation ni nécessaire ni possible, rappelait Peskov, son arsenal nucléaire n'étant pas comparable à ceux de la Russie et des États-Unis.

Deux langues, un même jour

À Washington, on propose une table. À Kyiv, on envoie une facture.

Nous voyons la méthode. Avec les forts, des traités. Avec l'Ukraine, un prix.

Et pourtant, le même porte-parole reconnaît que Pékin, première menace de notre temps, reste loin de toute table nucléaire.

Le Kremlin sait donc négocier. Il choisit avec qui.

Nous ne rejetons pas le contrôle des armements. Nous rejetons la double comptabilité. Un traité d'un côté. Un prix de l'autre.

Le Kremlin veut du temps avec Washington. Il n'en laisse aucun à Kyiv.

Avec les forts des traités, avec l'Ukraine un prix.

Le prix a des noms

Lundi, à Kyiv et à Synelnykove

Lundi, le prix n'était pas abstrait.

À Kyiv, Nataliia Boukalo, assistante à l'Académie nationale des sciences, est morte pendant la pause de midi, selon Ukrainska Pravda et Suspilne.

À Synelnykove, trois personnes sont mortes dans une succursale de logistique, dont deux adolescents, selon ZN.ua.

Un nom. Deux adolescents. Un lundi.

Nous les nommons parce que le porte-parole ne l'a pas fait.

Ce que la facture tait

Une facture ne porte pas de noms. Une facture ne porte qu'un total.

Peskov n'a pas donné de total. Il a donné un mot.

Un nom se prononce à voix basse. Un mot du Kremlin se répète dans tous les fils de nouvelles.

Nous l'avouons : à force, on s'habitue à lire ces lignes. C'est cette habitude que la campagne russe achète.

Des morts avec des noms, un prix sans total.

Deux mille deux cents drones

Une semaine de chiffres

Sur la semaine précédente, Zelensky comptait plus de 2 200 drones d'attaque, 1 650 bombes planantes et 38 missiles, la plupart balistiques, selon l'ISW.

Dans la nuit du 26 au 27 septembre, 170 drones, dont 76 à réaction, selon l'armée de l'air ukrainienne citée par l'ISW. 147 abattus.

Des impacts sur des infrastructures logistiques, civiles, énergétiques et médicales, dans huit régions.

Deux mille deux cents. Mille six cent cinquante. Trente-huit. Des chiffres de belligérant, que nous rapportons comme tels.

Huit régions. Une seule nuit.

Chaque nuit, un décompte. Chaque matin, une liste de lieux touchés.

Kherson, à hauteur d'homme

À Kherson, l'ISW décrit des forces russes qui visent délibérément des civils avec des drones. Une femme et deux autres civils ont été frappés, selon des images géolocalisées publiées les 26 et 27 septembre.

Un fabricant ukrainien de drones, Pegasus ARMS, a dû suspendre sa production après des tirs balistiques, rapporte l'institut.

Autrement dit, le prix se paie aussi en ateliers.

Chaque chiffre de la semaine a un lieu.

Vingt-sept milliards

Ce que Kyiv demande à l'Europe

Le même lundi, le ministre ukrainien de la Défense, Ievhen Khmara, s'adressait aux ministres de la Défense de l'Union européenne.

Il leur a demandé de financer les intercepteurs contre les drones à réaction, pour qu'ils arrivent vite et en nombre, selon son ministère. Il demande aussi des missiles Patriot tirés des stocks européens, à échanger contre des livraisons prévues plus tard.

Près du tiers du besoin supplémentaire de défense de l'Ukraine, 27 milliards de dollars, est un paiement d'avance pour des drones livrés au début de 2027, précise le ministère.

L'argent doit arriver dès cet automne, pour que les fabricants aient le temps d'acheter les composants, selon RBC-Ukraine.

Kyiv ne demande pas tout. La solde des soldats et les versements, 7 milliards de dollars, seront couverts par ses propres ressources, écrit le ministère. Le gouvernement coupe dans toutes les dépenses qui ne relèvent pas de la défense.

Le ministre a aussi remercié l'Union pour un versement de 3 milliards d'euros au titre de son prêt. Kyiv paie sa part. Kyiv demande le reste à temps.

Déployer maintenant

Kaja Kallas a demandé le même jour aux pays de l'Union de puiser dans leurs stocks de missiles d'interception, rapporte Mezha. Tout le monde en a besoin, dit-elle, et les stocks ne suffisent pas.

Déployer maintenant, reconstituer plus tard.

Nous exigeons que nos gouvernements financent les intercepteurs avant l'hiver. Nous exigeons que les stocks de missiles d'interception servent maintenant. Nous exigeons que les fonds prévus pour 2027 arrivent en 2026, comme Kyiv le demande. Nous exigeons que le mot prix soit lu pour ce qu'il est : un calendrier. Nous exigeons que ce calendrier trouve un budget en face.

Payer l'automne pour ne pas payer le printemps.

Trois fois moins de missiles

Ce que Kyiv reçoit

Zelensky affirme que l'Ukraine a reçu cette année trois fois moins de missiles antibalistiques que l'an dernier, rapporte Mezha. Les partenaires invoquent la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Financial Times, cité par Mezha, Donald Trump a refusé de transférer 300 missiles Patriot à l'Ukraine, pour préserver les stocks américains pendant la guerre contre l'Iran.

Si ce refus se confirme, c'est un mauvais coup. Il laisse l'Ukraine plus seule devant les balistiques au moment où Moscou mise sur l'hiver.

En août, les partenaires ont livré un petit lot de missiles Patriot, disait Zelensky, selon le même média. Des systèmes Crotale sont arrivés. Des missiles pour les NASAMS aussi.

Un petit lot. Pas un bouclier.

Nous jugeons Trump acte par acte. Celui-ci, s'il est avéré, affaiblit l'Ukraine au pire moment.

Le bon coup qui reste possible

Trump peut encore faire mieux. Zelensky a annoncé le 25 septembre que Trump avait accordé à Kyiv le droit de produire ses propres missiles Patriot, selon le Kyiv Independent.

Une licence, si elle se concrétise, est un bon coup. Des missiles livrés cet automne en seraient un autre.

Un bon coup. Un mauvais coup, s'il se confirme. Un hiver qui n'attend ni l'un ni l'autre.

Une licence pour demain, un trou dans le ciel aujourd'hui.

Notre part du prix

Un budget contre un calendrier

Le Kremlin a un calendrier. Le printemps 2027, selon l'ISW. Nous devons lui opposer un budget.

Chaque intercepteur livré cet automne retire une ligne à la facture de l'hiver. Chaque intercepteur livré en mars arrive après la saison qui compte.

Et pourtant, nos capitales discutent encore du calendrier des prêts. Kyiv demande d'avancer à 2026 des fonds prévus pour 2027.

Un an d'écart sur un calendrier de prêt. Un hiver d'écart sur un calendrier de guerre.

Un budget se vote. Un calendrier se subit. Nous choisissons le vote.

Payer maintenant ou plus tard

Nous avouons une fatigue. Chaque automne, les mêmes demandes. Chaque hiver, une campagne de frappes qui s'intensifie, comme l'ISW le rappelle.

Le froid d'un appartement sans chauffage se sent d'abord aux mains. Puis aux pieds. Puis on ne le sent plus, on le subit.

Cette fatigue, la nôtre, serait la meilleure alliée du calendrier russe.

Et si l'hiver arrive avant les intercepteurs…

Calendrier russe, budget occidental.

Armer le ciel avant le printemps

Ce que Peskov a dit

Peskov a parlé de prix. Il a raison sur un point : quelqu'un paiera.

Les Ukrainiens paient déjà, en lundis comme celui du 28 septembre. Ils paient en nuits d'alerte. Ils paient en ateliers fermés. Ils paient en noms.

Reste la défense. Elle a un coût, elle aussi, et une échéance.

Le Kremlin a fixé la sienne. Kyiv a chiffré la sienne. Il manque la nôtre.

Le ciel de Kyiv

Quel jour nos gouvernements décideront-ils que le ciel de Kyiv, cet hiver, se défend aussi avec notre budget ?

L'ISW, lui, a déjà donné une date.

Le printemps.

Un prix annoncé lundi, un ciel à armer avant le printemps.

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). ÉDITORIAL : Peskov annonce le « prix » que paiera l'Ukraine, armons son ciel avant le printemps de Poutine. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/editorial-peskov-annonce-le-prix-que-paiera-l-ukraine-armons-son-ciel-avant-le-printemps

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MM
Maxime Marquette
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