DECRYPTAGE : La Fed dit non à Trump pour la cinquième fois de suite
Le 29 juillet 2026, le Comité fédéral de l'open market a voté par neuf voix contre trois le maintien du taux directeur dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 %, une cinquième réunion consécutive sans changement, selon le communiqué officiel de la Réserve fédérale. Cinq refus d'affilée. Le président Donald Trump réclame des taux plus bas depuis des mois, et la Fed vient de lui répondre non pour la cinquième fois. Une banque centrale qui refuse cinq fois de suite n'est pas indécise. Elle a choisi son camp : celui des chiffres, pas celui du calendrier politique.
- Le 29 juillet 2026, le Comité fédéral de l'open market a voté par neuf voix contre trois le maintien du taux directeur dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 %, une cinquième réunion consécutive sans changement, selon le communiqué officiel de la Réserve fédérale. Cinq refus d'affilée. Le président Donald Trump réclame des taux plus bas depuis des mois, et la Fed vient de lui répondre non pour la cinquième fois. Une banque centrale qui refuse cinq fois de suite n'est pas indécise. Elle a choisi son camp : celui des chiffres, pas celui du calendrier politique.
- Le 29 juillet 2026, le Comité fédéral de l'open market a voté par neuf voix contre trois le maintien du taux directeur dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 % , une cinquième réunion consécutive sans changement, selon le communiqué officiel de la Réserve fédérale .
- Le président Donald Trump réclame des taux plus bas depuis des mois, et la Fed vient de lui répondre non pour la cinquième fois.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction
Le 29 juillet 2026, le Comité fédéral de l'open market a voté par neuf voix contre trois le maintien du taux directeur dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 %, une cinquième réunion consécutive sans changement, selon le communiqué officiel de la Réserve fédérale. Cinq refus d'affilée. Le président Donald Trump réclame des taux plus bas depuis des mois, et la Fed vient de lui répondre non pour la cinquième fois. Une banque centrale qui refuse cinq fois de suite n'est pas indécise. Elle a choisi son camp : celui des chiffres, pas celui du calendrier politique.
Ce vote arrive dans un contexte où l'inflation, mesurée par l'indice des prix à la consommation, s'établissait à 3,5 % sur un an en juin 2026, encore loin de la cible de 2 % du Comité, selon une note du Bureau of Labor Statistics. Le communiqué du FOMC du 29 juillet relève explicitement que l'inflation « reste élevée par rapport à l'objectif de 2 % du Comité », en partie à cause de chocs d'offre liés au conflit au Moyen-Orient, selon la Réserve fédérale elle-même.
Ce texte est une analyse, pas un reportage depuis Washington. Elle s'appuie sur le communiqué officiel du FOMC, sur les données du BLS et du Bureau of Economic Analysis, ainsi que sur des articles de CNBC et de Fortune consacrés à la pression politique exercée sur la Fed. Chaque chiffre est attribué à sa source ; chaque déclaration prêtée à Trump ou à ses opposants est présentée comme telle, jamais comme un fait établi de façon indépendante.
Le vote du 29 juillet, anatomie d'un désaccord interne
Neuf contre trois, un écart qui se creuse
Le FOMC a maintenu sa fourchette de taux à 3,50 %-3,75 % par neuf voix contre trois, selon le communiqué officiel de la Réserve fédérale du 29 juillet 2026. Trois membres ont voté contre. Ce n'est pas rien. Un vote unanime aurait envoyé un message de certitude. Un vote à neuf contre trois envoie un message de tension non résolue.
Les trois dissidents — Beth M. Hammack, Neel Kashkari et Lorie K. Logan — préféraient une hausse de 0,25 point de pourcentage, et non une baisse, selon le même communiqué. Le camp minoritaire ne réclame donc pas ce que Trump réclame. Il pousse dans la direction opposée à celle de la Maison-Blanche, ce qui complique toute lecture binaire de ce vote comme un simple bras de fer entre la Fed et le président.
Cinq réunions, un statu quo qui devient un signal
C'est la cinquième réunion consécutive sans changement de taux, selon la Réserve fédérale. Un statu quo répété cinq fois n'est plus une pause. C'est une politique. Cette répétition mérite d'être lue comme un choix délibéré du Comité de ne pas céder à la pression, quelle qu'en soit la source, tant que les données sur l'inflation et l'emploi ne justifient pas, à ses yeux, un mouvement dans un sens ou dans l'autre.
Les contrats à terme sur les fonds fédéraux affichaient, selon des données de marché rapportées début août 2026 par TechStock², une probabilité de 64 % d'un relèvement des taux en septembre — et non d'une baisse, ce qui va à l'encontre de ce que Trump réclame publiquement. Les marchés, eux, ne parient pas sur un geste de complaisance politique.
Kevin Warsh, l'homme de Trump qui dit non à Trump
Une nomination présidentielle, une indépendance revendiquée
Kevin Warsh, nommé par Trump et confirmé président du FOMC le 22 mai 2026, a affirmé vouloir prendre ses décisions « indépendamment » de la pression politique, selon un article de CNBC. Trump a lui-même choisi cet homme. Warsh vote contre les attentes de celui qui l'a nommé.
Cette tension illustre une réalité institutionnelle américaine que Trump conteste depuis des années : la présidence du FOMC ne se traduit pas automatiquement par une obéissance aux volontés de la Maison-Blanche. Selon Fortune, Trump a déclaré début juillet 2026 vouloir des taux plus bas et a critiqué la composition du conseil de la Fed, cherchant à en modifier l'équilibre. Nommer un allié ne garantit pas un vote favorable. La Fed a été conçue précisément pour résister à ce genre de calcul.
Powell reste, l'enquête plane
L'ex-président de la Fed Jerome Powell demeure gouverneur, son mandat courant jusqu'en 2028, malgré la fin de sa présidence en mai 2026, selon Fortune. Selon des sources anonymes citées par ce même média, une enquête pénale du ministère de la Justice concernant la rénovation du siège de la Fed impliquant Powell serait toujours en cours — une information non confirmée de façon indépendante à ce stade, qui doit être présentée avec toute la prudence que commande une enquête non close et une personne non inculpée publiquement.
Aucune source consultée ne permet d'affirmer que Powell fait l'objet d'accusations formelles. La présomption d'innocence s'applique pleinement à toute personne visée par une enquête non conclue, et ce texte ne présente cette information que comme une allégation rapportée, pas comme un fait établi.
Pourquoi Trump veut des taux plus bas maintenant
Un déficit qui grossit, une dette qui pèse
La dette nationale américaine s'établissait à 39,64 trillions de dollars au 25 juillet 2026, selon des données du Département du Trésor relayées par Yahoo Finance, avec des intérêts sur la dette fédérale ayant atteint 857 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l'exercice 2026. Chaque point de pourcentage de taux directeur en moins allège cette facture d'intérêts. Trump a un intérêt budgétaire direct dans une baisse.
Le déficit fédéral cumulé sur les neuf premiers mois de l'exercice fiscal 2026 atteignait 1,4 trillion de dollars, soit 35 milliards de plus qu'à la même période en 2025, selon le Congressional Budget Office cité par le Committee for a Responsible Federal Budget. Vouloir des taux plus bas quand on porte une dette pareille n'est pas absurde. Ce qui l'est, c'est de le demander à l'institution conçue pour résister précisément à ce genre de demande.
Des responsables républicains regardent déjà vers le plafond de la dette
Des responsables républicains du Congrès envisageraient, selon Politico, de relever à nouveau le plafond de la dette, actuellement fixé à 41,1 trillions de dollars, via une loi de réconciliation budgétaire avant les élections de mi-mandat de novembre 2026, afin d'éviter une négociation bipartisane risquée. Ces intentions reposent sur des sources anonymes et n'ont pas été confirmées publiquement par le Trésor ou la Maison-Blanche à la date de rédaction, une limite que ce texte signale explicitement plutôt que de la gommer.
Un plafond relevé sans négociation bipartisane éviterait un blocage politique spectaculaire. Il ne réglerait rien sur le fond : une dette qui continue de croître plus vite que les recettes fiscales ne s'efface pas par un vote de procédure.
L'emploi, l'autre pièce du puzzle que la Fed surveille
Un rapport de juin nettement sous les attentes
Le Bureau of Labor Statistics a publié le 2 juillet 2026 son rapport sur l'emploi de juin, indiquant une création de 57 000 emplois non agricoles, contre 110 000 à 113 000 attendus par les économistes, selon le BLS et Reuters. Moitié moins que prévu. Un signal que la Fed ne peut pas ignorer en votant sur les taux.
Le taux de chômage est descendu à 4,2 % en juin, contre 4,3 % en mai, en partie à cause d'un recul du taux de participation à la population active à 61,5 %, son plus bas niveau depuis mars 2021, selon le BLS et CNBC. Un chômage en baisse qui s'explique surtout par des gens qui quittent le marché du travail n'est pas une bonne nouvelle déguisée en bonne nouvelle.
Le rapport de juillet, attendu comme un verdict
Les créations d'emplois d'avril et mai 2026 ont été révisées à la baisse d'un total de 74 000 postes, et le taux de chômage élargi U-6 s'est établi à 7,9 % en juin 2026, contre 8,1 % un an plus tôt, selon des données citées par FT Portfolios et Zacks. Des révisions à la baisse répétées ne sont pas des accidents statistiques isolés. C'est un marché du travail qui ralentit plus vite que les premières estimations ne le laissaient croire.
Le rapport sur l'emploi de juillet 2026 n'était pas encore publié au 2 août 2026 ; les prévisionnistes de Morningstar attendaient, au 31 juillet, une création de 85 000 emplois et un taux de chômage à 4,3 % pour juillet — des chiffres non confirmés à la date de rédaction et attendus le 7 août 2026 selon le calendrier officiel du BLS.
Le PCE, la mesure que la Fed regarde vraiment
Une baisse mensuelle, un taux annuel encore élevé
L'indice PCE, la mesure d'inflation privilégiée par la Fed, a reculé de 0,1 % en juin 2026, portant le taux annuel à 3,7 % contre 4,1 % en mai, selon le Bureau of Economic Analysis. Le PCE « core », qui exclut l'alimentation et l'énergie, a progressé de 0,1 % sur le mois, à 3,3 % sur un an, selon la même source.
Un taux annuel qui recule reste un taux annuel encore loin de 2 %. C'est cette distance qui justifie, aux yeux de la majorité du Comité, le maintien du statu quo plutôt qu'une baisse réclamée depuis la Maison-Blanche. Trois points sept, ce n'est pas trois points sept mille. Mais ce n'est toujours pas deux.
Le CPI de juin, une baisse mensuelle inhabituelle
Le BLS a publié le 14 juillet 2026 l'indice des prix à la consommation de juin : recul mensuel de 0,4 %, portant le taux annuel à 3,5 % contre 4,2 % en mai — la plus forte baisse mensuelle depuis avril 2020, selon le BLS. L'inflation sous-jacente, hors alimentation et énergie, est restée stable en juin sur un mois, portant le taux annuel « core » à 2,6 %, contre 2,9 % en mai, selon la même note. Le prochain rapport CPI, portant sur juillet, est attendu le 12 août 2026, non encore publié à la date de rédaction.
Les marchés, indifférents au bras de fer politique
Une clôture de vendredi en hausse malgré tout
Le 31 juillet 2026, le S&P 500 a terminé à 7 489,72 points, en hausse de 0,7 % sur la séance et de 1,0 % sur la semaine ; le Dow Jones a clôturé à 52 485,03 points et le Nasdaq Composite à 25 373,85 points, selon une synthèse de marché de TechStock². Sur le mois de juillet dans son ensemble, le Nasdaq a néanmoins reculé de 3,2 %, selon la même source.
Apple a perdu 7,4 % le 31 juillet, effaçant environ 359 milliards de dollars de capitalisation malgré des résultats supérieurs aux attentes, tandis qu'Amazon a bondi de 15 % après des résultats jugés exceptionnels, selon un compte-rendu de clôture boursière et TechStock². Wall Street n'attend pas le feu vert de la Fed pour trancher entre gagnants et perdants. Elle a déjà voté, à sa façon, sur Apple et sur Amazon.
Ce que la Fed ne dit pas, et ce que ça révèle
Un communiqué qui pointe le Moyen-Orient, pas les tarifs
Le communiqué du FOMC attribue une part de la persistance de l'inflation à des « chocs d'offre liés au conflit au Moyen-Orient », sans mentionner explicitement les tarifs douaniers de l'administration Trump comme facteur inflationniste, selon le texte officiel de la Réserve fédérale. Ce silence est lui-même une donnée. Une institution qui évite de nommer un facteur politique sensible ne le fait jamais par hasard.
Aucune source consultée ne permet d'affirmer que ce choix de formulation constitue un évitement délibéré du sujet tarifaire par prudence institutionnelle ; il s'agit ici d'une observation sur ce que le texte officiel omet, pas d'une preuve d'intention cachée. Ce qu'un communiqué de banque centrale ne dit pas en révèle parfois autant que ce qu'il affirme.
Warsh entre deux loyautés
À découvrir
Kevin Warsh doit gérer une tension structurelle : il a été choisi par un président qui veut des taux plus bas, et il préside une institution dont le mandat légal exige l'indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif. Cette tension n'est pas nouvelle dans l'histoire de la Fed, mais elle prend un relief particulier quand le président nommé par Trump vote, à répétition, contre ce que Trump réclame publiquement.
Rien dans les sources disponibles n'indique que Warsh subirait des pressions directes et documentées de la Maison-Blanche sur ce vote spécifique du 29 juillet ; seule la déclaration générale de Trump début juillet sur sa volonté de taux plus bas est attestée par Fortune.
Le débat sur l'indépendance de la Fed, remis sur la table
Une composition du conseil déjà contestée
Selon Fortune, Trump et ses alliés cherchent à remodeler la composition du conseil de la Fed, une démarche qui touche également d'autres gouverneurs mentionnés dans cette couverture, comme Lisa Cook. Ces efforts restent, à ce stade, documentés par la presse économique plutôt que confirmés par des annonces officielles détaillées de la Maison-Blanche.
Une Fed dont la composition serait modifiée pour favoriser des votes plus accommodants changerait la donne pour les décisions futures. Ce n'est pas le cas aujourd'hui : le vote du 29 juillet montre une majorité qui résiste, malgré la présence de Warsh à sa tête.
Ce que l'histoire retiendra de ce cinquième refus
Cinq réunions, cinq statu quo, un écart persistant entre ce que réclame la Maison-Blanche et ce que vote le Comité. Une institution qui résiste cinq fois de suite à la même pression n'a plus besoin de le prouver une sixième fois pour convaincre. Le prochain test aura lieu à la réunion suivante, quand de nouvelles données sur l'emploi et l'inflation seront disponibles.
Aucun élément dans les sources consultées ne permet de prédire l'issue du prochain vote. Ce que l'on sait, c'est que le rapport sur l'emploi de juillet, attendu le 7 août 2026, et le CPI de juillet, attendu le 12 août, fourniront les données sur lesquelles ce prochain arbitrage reposera.
Les acteurs politiques, entre critique et silence
Une pression publique, mais pas une intervention directe documentée
Trump a critiqué la composition du conseil de la Fed et exprimé sa volonté de taux plus bas début juillet 2026, selon Fortune. Cette critique est documentée comme une déclaration publique, pas comme une preuve d'ingérence formelle dans le processus de vote du FOMC. Le conditionnel s'impose sur toute interprétation allant au-delà de ce que les sources établissent.
USA Today a assuré une couverture en direct de la décision du FOMC le 29 juillet, sans rapporter d'intervention directe de la Maison-Blanche pendant le vote lui-même. La pression publique et l'ingérence documentée ne sont pas la même chose. Confondre les deux serait aussi malhonnête que de les nier toutes les deux.
Le silence de la Maison-Blanche sur ce vote précis
Aucune déclaration officielle spécifique de la Maison-Blanche réagissant au vote du 29 juillet n'a été localisée dans les sources consultées pour cette analyse. Ce silence, après des mois de critiques publiques répétées de Trump envers la Fed, mérite d'être noté sans être sur-interprété.
Un président qui se tait après un cinquième refus n'a peut-être rien de nouveau à dire. Ou peut-être attend-il le rapport sur l'emploi du 7 août pour reprendre l'offensive.
Ce que ce vote change concrètement pour les ménages américains
Les taux d'emprunt restent ce qu'ils étaient
Pour les ménages et les entreprises américaines, ce statu quo signifie que le coût du crédit — hypothèques, prêts automobiles, cartes de crédit — reste ancré aux niveaux fixés depuis plusieurs mois. Aucune détente monétaire immédiate n'est venue alléger ce fardeau, malgré le ralentissement du marché de l'emploi documenté par les rapports de juin.
Les probabilités de marché pointant vers une hausse plutôt qu'une baisse en septembre, selon TechStock², suggèrent que les investisseurs eux-mêmes n'anticipent pas de geste favorable à Trump dans un avenir proche. Un crédit qui reste cher aujourd'hui pour un ménage américain ne devient pas moins cher parce qu'un président le souhaite à voix haute.
Le vrai enjeu se joue dans les données à venir
Le rapport sur l'emploi de juillet, le 7 août, et le CPI de juillet, le 12 août, constitueront les deux tests immédiats de la trajectoire réelle de l'économie américaine. Aucun communiqué de la Fed, aucune déclaration présidentielle ne pèsera autant que ces deux publications à venir. C'est là, et non dans les échanges publics entre Trump et Warsh, que se jouera la prochaine décision.
Cette échéance rapprochée signifie que le débat actuel n'est en rien clos : il est simplement suspendu, en attente de chiffres qui n'existent pas encore au moment de la rédaction de ce texte.
Sur le même sujet
L'inflation vue depuis le portefeuille, pas depuis le communiqué
Le fossé entre le taux affiché et le prix payé
Un taux d'inflation annuel de 3,5 % selon le CPI ou de 3,7 % selon le PCE reste, pour un ménage moyen, une abstraction statistique tant qu'elle n'est pas traduite en factures concrètes d'épicerie, de logement et de carburant. Les sources consultées pour cette analyse ne fournissent pas de décomposition par catégorie de dépenses pour juin 2026, une limite qu'il convient de signaler plutôt que de combler par estimation.
Ce que les chiffres officiels du BLS et du BEA permettent d'affirmer, c'est que l'inflation ralentit sans disparaître, et que ce ralentissement partiel ne suffit pas, aux yeux de la majorité du FOMC, à justifier un assouplissement monétaire immédiat. Un ralentissement n'est pas un soulagement. Les prix continuent de monter, simplement moins vite qu'avant.
Le rôle ambigu des tarifs douaniers dans cette équation
Le communiqué officiel de la Fed attribue la persistance de l'inflation aux chocs d'offre liés au Moyen-Orient, mais ne se prononce pas publiquement sur l'effet des tarifs douaniers entrés en vigueur le 25 juillet. Devant le Sénat le 22 juillet 2026, le représentant américain au Commerce Jamieson Greer a affirmé que les tarifs n'avaient pas fait augmenter les prix, selon The Guardian.
La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a répliqué en citant une estimation du Congressional Budget Office selon laquelle les familles américaines paieraient 1 700 dollars de plus en coûts liés aux tarifs depuis le retour de Trump au pouvoir, selon la même source. Cette estimation reste un calcul politique démocrate basé sur des données du CBO et du Trésor, non confirmé de façon indépendante par une agence fédérale neutre, une nuance que ce texte signale expressément.
Le précédent de mai, et ce qu'il annonçait déjà
Warsh confirmé en pleine tempête tarifaire
Kevin Warsh a été confirmé président du FOMC le 22 mai 2026, à un moment où l'administration Trump multipliait déjà les annonces tarifaires majeures, y compris le sommet de Beijing avec Xi Jinping qui s'était conclu quelques jours plus tôt, le 17 mai. Cette confirmation intervenait donc dans un contexte où la politique commerciale américaine était déjà au cœur des tensions économiques.
Le choix de Warsh, présenté par certains observateurs comme un pari sur sa loyauté présumée, n'a pas empêché la Fed de maintenir sa ligne d'indépendance lors des cinq réunions suivantes. Un pari politique qui ne rapporte pas ce qu'on en attendait reste un pari politique, pas une erreur de calcul dissimulable.
Un engagement chinois signé avant la nomination de Warsh
Le sommet de Beijing entre Trump et Xi Jinping avait débouché, le 17 mai 2026, sur l'annonce par la Maison-Blanche d'un engagement chinois à acheter au moins 17 milliards de dollars de produits agricoles américains chaque année jusqu'en 2028, selon CNBC. La Chine a aussi accepté de traiter les pénuries de terres rares critiques essentielles aux semi-conducteurs, selon la même source, un point que le communiqué chinois du ministère du Commerce n'a pas confirmé dans les mêmes termes.
Cet accord agricole et minier reste distinct du dossier des taux directeurs, mais il illustre la même dynamique de fond : une administration qui négocie sur plusieurs fronts économiques simultanément, pendant qu'une institution monétaire censée rester à l'écart de ces calculs continue d'appliquer ses propres critères.
Une nouvelle salve tarifaire entrée en vigueur en pleine tension monétaire
Le 25 juillet 2026, une nouvelle vague de tarifs douaniers américains est entrée en vigueur contre 60 partenaires commerciaux, avec des droits fixés entre 10 % et 12,5 %, touchant 99,4 % des importations américaines, selon CNBC. Cette mesure, prise quatre jours avant le vote du FOMC, ajoute une variable supplémentaire à l'équation inflationniste que la Fed doit surveiller.
Rien dans le communiqué du 29 juillet ne relie explicitement cette nouvelle salve tarifaire à la décision de maintenir les taux inchangés ; établir un lien de causalité direct entre les deux événements dépasserait ce que les sources permettent d'affirmer avec certitude.
Ce que cinq refus disent de la suite
Un rapport de force qui ne s'inverse pas de lui-même
Cinq votes consécutifs dans la même direction ne garantissent pas un sixième identique, mais ils dessinent une trajectoire institutionnelle claire : la majorité du FOMC continue de privilégier la lutte contre l'inflation plutôt que la stimulation réclamée par la Maison-Blanche. Moscou et Pékin n'ont rien à voir avec ce dossier ; c'est une question strictement intérieure américaine, entre un exécutif et une institution monétaire censée lui résister.
La prochaine réunion du FOMC se tiendra après la publication du rapport sur l'emploi de juillet et avant celle du CPI de juillet, un calendrier qui place le Comité dans une position où il devra arbitrer avec des données encore incomplètes.
La question qui reste ouverte
Rien ne permet, à la date de rédaction, d'anticiper si un ralentissement plus marqué de l'emploi suffirait à faire basculer la majorité du Comité vers une baisse de taux lors de la prochaine réunion. Une Fed qui a dit non cinq fois peut encore dire oui une sixième — mais seulement si les chiffres, pas la pression, l'y poussent.
C'est cette incertitude, plus que n'importe quelle déclaration publique, qui définira les prochaines semaines de ce dossier.
Conclusion
Cinq votes, cinq refus, un écart persistant entre ce que veut la Maison-Blanche et ce que fait le Comité présidé par l'homme que Trump a lui-même nommé. Ce que ce cinquième non confirme, c'est qu'une nomination présidentielle ne garantit pas une obéissance monétaire, et que Kevin Warsh a, pour l'instant, choisi la ligne de la majorité du Comité plutôt que celle de la Maison-Blanche. Ce que ce vote ne confirme pas, c'est la direction du prochain geste : les marchés parient sur une hausse en septembre, pas sur la baisse que Trump réclame.
Ce qui reste à prouver, ce sont les chiffres du 7 et du 12 août : un marché de l'emploi qui continuerait de ralentir et une inflation qui continuerait de reculer pourraient, ensemble, changer le rapport de force au sein même du Comité. Jusque-là, la Fed a dit non cinq fois. Une sixième fois ne serait plus une surprise. Ce serait devenu une habitude institutionnelle.
Sources
Sources primaires
- Federal Reserve — Communiqué officiel du FOMC — 29 juillet 2026
- Bureau of Labor Statistics — Note officielle sur l'inflation de juin 2026 — 17 juillet 2026
- Bureau of Economic Analysis — Rapport « Personal Income and Outlays » — 30 juillet 2026
- Bureau of Labor Statistics — Rapport « Employment Situation — June 2026 » — 2 juillet 2026
Sources secondaires
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). DECRYPTAGE : La Fed dit non à Trump pour la cinquième fois de suite. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/decryptage-la-fed-dit-non-a-trump-pour-la-cinquieme-fois-de-suite
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