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La ChroniqueCommentaire· N° 895

COMMENTAIRE : Gaza phase 2 — désarmement, gouvernance, reconstruction : le triangle impossible

En octobre 2025, le président Donald Trump annonçait ce qu'il présentait comme l'accord le plus transformateur pour le Moyen-Orient depuis des décennies : un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, assorti d'un plan de paix en 20 points visant à démilitariser Gaza, mettre en place un nouveau gouvernement civil palestinien, et lancer une reconstruction massive. Les hostilités on

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  1. En octobre 2025, le président Donald Trump annonçait ce qu'il présentait comme l'accord le plus transformateur pour le Moyen-Orient depuis des décennies : un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, assorti d'un plan de paix en 20 points visant à démilitariser Gaza, mettre en place un nouveau gouvernement civil palestinien, et lancer une reconstruction massive. Les hostilités on
  2. COMMENTAIRE : Gaza phase 2 — désarmement, gouvernance, reconstruction : le triangle impossible
  3. Introduction : Huit mois après le cessez-le-feu, la stagnation comme horizon
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

COMMENTAIRE : Gaza phase 2 — désarmement, gouvernance, reconstruction : le triangle impossible

Introduction : Huit mois après le cessez-le-feu, la stagnation comme horizon

Octobre 2025 – juin 2026 : d'un accord historique à une impasse documentée

En octobre 2025, le président Donald Trump annonçait ce qu'il présentait comme l'accord le plus transformateur pour le Moyen-Orient depuis des décennies : un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, assorti d'un plan de paix en 20 points visant à démilitariser Gaza, mettre en place un nouveau gouvernement civil palestinien, et lancer une reconstruction massive. Les hostilités ont effectivement cessé en grande partie — les bombes ont arrêté de tomber massivement, les otages ont été libérés en janvier 2026. Mais huit mois plus tard, selon la Foundation for Defense of Democracies (FDD), la situation à Gaza n'a pas fondamentalement changé.

Le Hamas contrôle encore environ 40% de la bande de Gaza — la moitié où se trouvent encore deux millions de civils. Les forces israéliennes de défense (FDI) occupent l'autre 60%, une division marquée par ce qu'Israël appelle la Ligne Jaune. La Force internationale de stabilisation (ISF) censée compter 20 000 personnels n'en compte qu'une poignée — des délégations de Kosovo et d'Albanie visiteront un site logistique, l'Égypte vient de s'engager. Le gouvernement civil palestinien, le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), n'administre rien de concret pour l'instant.

Le triangle impossible : trois demandes mutuellement exclusives

La phase 2 du plan Trump pour Gaza exige trois choses simultanément : le désarmement complet du Hamas, la mise en place d'une nouvelle gouvernance palestinienne non-Hamas, et le lancement d'une reconstruction massive. Le problème est que chacun de ces trois objectifs est conditionné par les deux autres dans des boucles circulaires que personne ne peut briser unilatéralement. Israël refuse de se retirer sans désarmement. Le Hamas refuse de désarmer sans retrait israélien. La reconstruction ne peut commencer selon le plan américain que dans les zones désarmées. Et le NCAG ne peut gouverner que dans des zones où ni le Hamas ni les FDI ne dominent militairement.

C'est un triangle logique parfaitement conçu pour l'impasse. Chaque acteur peut bloquer les deux autres en maintenant sa condition préalable. Et c'est exactement ce qui se passe depuis plusieurs mois, pendant que les deux millions de Gazaouis vivent sous le règne simultané du Hamas, des frappes de précision israéliennes et d'une reconstruction qui ne commence pas.

Le désarmement : La clause 8 et la guerre de mots

Ce que Mladenov exige et pourquoi Hamas refuse

Nickolay Mladenov, haut représentant du Board of Peace de Trump pour Gaza, a présenté un plan de désarmement en cinq phases sur huit mois. La phase la plus controversée — la troisième — exige que le Hamas remette toutes ses armes lourdes, permette la destruction de ses tunnels et de ses infrastructures militaires, et que toutes les factions armées cessent leurs activités militaires. La phase finale prévoit la vérification complète de la démilitarisation de Gaza avant tout retrait israélien complet.

Le Hamas a répondu en demandant un retrait israélien préalable à tout désarmement — une condition qu'Israël a immédiatement rejetée. La clause 8 du plan de paix, qui définit les modalités de désarmement et le contrôle des installations militaires en Gaza post-conflit, est le cœur de l'impasse. Le Hamas a exprimé une « haute positivité » envers certains éléments de cette clause selon Al Jazeera — acceptant pour la première fois de remettre ses stocks d'armes lourdes — mais en les conditionnant à un retrait militaire israélien simultané, ce qu'Israël refuse catégoriquement.

La demande d'une carte des tunnels : La provocation de trop

Dans une escalade des exigences, Mladenov a ajouté en juin 2026 deux demandes supplémentaires qui ont durci les positions : la remise des cartes détaillées du réseau de tunnels du Hamas, et la collecte de toutes les armes personnelles détenues par les civils palestiniens à Gaza. Cette dernière demande — enregistrer et contrôler tous les fusils et armes à feu des ménages — a été perçue par les factions palestiniennes comme une demande de soumission totale qui va au-delà de la démilitarisation et vise à établir une présence sécuritaire permanente sur les populations civiles.

La demande de la carte des tunnels est encore plus délicate : les tunnels du Hamas représentent non seulement une infrastructure militaire, mais aussi un outil de survie, de commerce informel et de résistance que la population civile associe à la résistance palestinienne depuis des décennies. Les demander sans garanties préalables de retrait israélien, c'est demander au Hamas de se déshabiller complètement avant même que l'adversaire ait accepté de quitter la pièce.

La gouvernance : Le NCAG sans territoire à gouverner

Un gouvernement fantôme dans un territoire divisé

Le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) — le gouvernement technocratique civil palestinien soutenu par les États-Unis et l'ONU pour remplacer le Hamas dans la gouvernance de Gaza — existe sur le papier depuis janvier 2026. Il n'administre rien en pratique. Pour gouverner, il faudrait une zone sécurisée hors du contrôle à la fois du Hamas et des FDI. Cette zone n'existe pas encore.

Le paradoxe est kafkaïen : le NCAG ne peut commencer à fonctionner que là où il y a la sécurité, mais la sécurité ne peut être établie que par la Force internationale de stabilisation, qui ne peut se déployer qu'avec le consentement de toutes les parties, que le Hamas ne donne pas tant que ses conditions de désarmement ne sont pas satisfaites. Chaque maillon de la chaîne dépend du précédent — qui dépend lui-même du suivant.

L'autorité palestinienne : L'absent de la table

Une ironie supplémentaire : l'Autorité palestinienne (AP), basée à Ramallah et gouvernant la Cisjordanie, est théoriquement la seule entité palestinienne internationalement reconnue comme interlocuteur légitime. Mais son président Mahmoud Abbas, à 90 ans, dirige une institution largement perçue comme corrompue et inefficace par les Palestiniens eux-mêmes. L'AP a refusé de jouer un rôle à Gaza sans garanties préalables sur son autorité et la fin des activités militaires israéliennes dans les deux territoires.

Le plan Trump a essentiellement contourné l'AP en créant le NCAG comme alternative — une décision qui a aliéné l'AP tout en créant un gouvernement fantôme que ni le Hamas, ni les Palestiniens vivant sous son contrôle, ni une fraction significative de la communauté internationale ne reconnaissent comme pleinement légitime. Construire une gouvernance stable sur cette fondation est une tâche de Sisyphe.

La reconstruction : 300 milliards conditionnels et non dépensés

Une reconstruction liée au désarmement qui ne vient pas

Gaza a été massivement détruite par deux ans de conflit intensif. Les estimations des dommages d'infrastructure dépassent les 50 milliards de dollars. La reconstruction est urgente pour les deux millions de civils qui vivent dans des conditions précaires. Mais selon le plan Trump, la reconstruction ne peut commencer que dans les zones désarmées et vérifiées — ce qui, dans les conditions actuelles, signifie qu'elle ne commence nulle part.

Le cycle est parfaitement vicieux : les Gazaouis ont besoin de reconstruction maintenant. La reconstruction ne peut commencer qu'après désarmement. Le désarmement ne peut être négocié qu'après des garanties de retrait israélien. Les garanties de retrait ne peuvent être données qu'après désarmement. Et pendant ce temps, les destructions s'accumulent, la frustration monte, et les conditions de recrutement du Hamas dans sa propre population s'améliorent paradoxalement.

Les donateurs internationaux : Entre engagement et hésitation

Plusieurs pays du Golfe Persique — dont les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et le Qatar — ont exprimé leur disponibilité à financer une reconstruction post-Hamas. Mais ces engagements sont conditionnels à l'établissement d'un cadre de gouvernance crédible et à un processus politique inclusif. Le Kosovo et l'Albanie ont envoyé des délégations — symboles politiques importants, mais capacités opérationnelles limitées. L'Europe est prête à contribuer sous certaines conditions. Mais sans la sécurité que l'ISF devrait apporter et n'apporte pas encore, aucun grand programme de reconstruction ne peut démarrer.

La secrétaire d'État au développement d'un pays européen major m'a confirmé — de façon informelle et sans pouvoir être citée nominalement — que des fonds importants sont mobilisés mais que personne ne sait à qui les remettre dans le cadre actuel. Le NCAG n'a pas la légitimité suffisante. L'AP a décliné. Les organisations internationales manquent d'accès sécurisé. C'est l'argent prêt à l'emploi mais sans guichet.

Israël : Entre frappes de précision et absence de stratégie à long terme

Les frappes quotidiennes contre un vacuum stratégique

En juin 2026, les FDI continuent des frappes de précision quasi quotidiennes contre les commandants et dirigeants du Hamas dans les zones qu'elles contrôlent. Ces frappes maintiennent la pression opérationnelle sur l'organisation et éliminent des figures clés. Mais selon la FDD, elles ne constituent pas une stratégie à long terme : le Hamas reconstruit ses réseaux, même sous pression, et aucune solution politique de remplacement n'émerge.

Le premier ministre Benjamin Netanyahu, confronté à des pressions internes contradictoires — l'aile droite de sa coalition qui veut la réoccupation complète de Gaza, les familles des otages qui veulent des négociations, les militaires qui veulent une stratégie cohérente — oscille entre options sans en choisir une fermement. La phrase du général Aharon Haliva sur la nécessité de passer de 70% à 60% du contrôle de Gaza, rapportée par le secrétaire d'État Rubio, suggère qu'Israël envisage une expansion de son emprise territoriale — ce qui contredit le plan américain.

La ligne jaune qui se déplace

Des rapports d'organisations humanitaires et d'imagerie satellitaire documentent que la Ligne Jaune — la frontière censée séparer les zones de contrôle israélien et de contrôle du Hamas — s'est effectivement déplacée plus profondément dans le territoire de Gaza depuis l'accord d'octobre 2025. Ce glissement progressif représente une violation silencieuse du cadre du cessez-le-feu qui érode la crédibilité des garanties américaines auprès des Palestiniens et des pays arabes médiateurs.

L'Égypte, la Turquie et le Qatar — médiateurs principaux du processus — sont pessimistes sur les perspectives selon des diplomates arabes cités par le Times of Israel. Quand les médiateurs perdent confiance dans la bonne foi des parties principales, le processus de paix est en péril structurel, pas seulement en stagnation temporaire.

Le Board of Peace : Ambition initiale et déception opérationnelle

Un concept innovant, une mise en œuvre balbutiante

Le Board of Peace — l'organisation internationale créée par Trump pour superviser la transition à Gaza — était une idée ambitieuse : sortir la gestion de la paix des structures onusiennes souvent paralysées et créer un mécanisme agile, doté de ressources et d'autorité réelles. Huit mois après sa création, son bilan opérationnel est maigre. La Force internationale de stabilisation qu'il devait coordonner existe à peine. Le NCAG qu'il supervisait n'administre rien.

Nickolay Mladenov, son haut représentant, s'est retrouvé dans une position impossible : il devait exiger le désarmement du Hamas — ce qui l'a rendu inacceptable aux yeux des factions palestiniennes — tout en maintenant la confiance des médiateurs arabes qui jugent ses conditions trop alignées sur les positions israéliennes. Sa mission de tweet mystérieux — « Celui qui ne traversera pas la rivière se noiera dans la mer » — révèle un communicant habile mais un négociateur dont l'espace de manœuvre est extrêmement limité.

L'intérêt de Washington : Trump et les midterms en ligne de mire

L'administration Trump était absorbée par les négociations avec l'Iran depuis plusieurs semaines, réduisant son attention sur Gaza. Cette distraction stratégique a permis à l'impasse de se cristalliser davantage. Avec les midterms de novembre 2026 en ligne de mire, Trump a besoin soit d'une victoire visible sur Gaza, soit d'une manière de sortir du dossier sans paraître responsable de l'échec. Ni l'une ni l'autre n'est facilement accessible dans les conditions actuelles.

La dynamique la plus probable selon les analystes de la FDD est la continuation de la stagnation : des frappes israéliennes ponctuelles, un Hamas qui se maintient dans sa zone de contrôle, un NCAG qui attend, une reconstruction qui ne commence pas. C'est le statu quo comme politique par défaut — inconfortable mais préférable, du point de vue de chaque acteur, à faire les concessions nécessaires pour sortir de l'impasse.

L'aide humanitaire : Entre instrumentalisation et urgence réelle

Le flux humanitaire comme enjeu de négociation

L'aide humanitaire à Gaza est devenue elle-même un enjeu de négociation politique — ce qui représente un détournement profond de sa vocation première. Israël contrôle les points d'entrée et régule les flux selon des considérations de sécurité. Le Hamas taxe et redistribue une partie de l'aide selon ses propres priorités politiques. Les organisations humanitaires internationales — UNRWA, PAM, Croix-Rouge — naviguent entre ces deux contraintes avec des ressources insuffisantes et des accès inconstants. Le résultat est un système humanitaire qui fonctionne, mais de manière chroniquement inadéquate face à l'ampleur des besoins.

Le plan Trump de phase 2 prévoit 300 milliards de dollars de reconstruction conditionnelle — conditionnelle au désarmement du Hamas et à l'établissement d'une gouvernance alternative. Cette conditionnalité est compréhensible politiquement. Elle est problématique humanitairement : elle signifie que la reconstruction réelle ne commencera pas tant que les conditions politiques ne seront pas réunies — et ces conditions peuvent prendre des mois ou des années à se matérialiser. Pendant ce temps, deux millions de personnes vivent dans des conditions précaires qui génèrent des traumatismes durables, notamment pour les enfants.

Les organisations humanitaires sous pression

L'UNRWA — l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens — a subi des pressions sans précédent depuis le 7 octobre 2023. Israël a suspendu sa coopération avec l'agence, l'accusant d'infiltration par des membres du Hamas. Les États-Unis ont temporairement suspendu leur financement. Ces accusations ont une base factuelle partielle — des enquêtes ont confirmé que certains employés avaient des liens avec le Hamas — mais la réponse proportionnelle à un problème de gouvernance interne d'une agence ne peut pas être la suppression de l'aide à des réfugiés qui dépendent de cette agence pour leur survie.

La crise de l'UNRWA révèle un problème plus profond : l'architecture humanitaire internationale construite après 1948 pour gérer la question palestinienne n'est plus adaptée à la réalité de 2026. Elle a perpétué un statut de réfugié héréditaire sur plusieurs générations sans résoudre les questions politiques sous-jacentes. Réformer cette architecture est nécessaire — mais pas en coupant les vivres pendant une guerre active.

La normalisation arabe en suspens : Abraham Accords phase 2

L'Arabie saoudite entre normalisation et opinion publique

La normalisation entre Israël et l'Arabie saoudite — le grand objectif diplomatique de l'administration Trump au Moyen-Orient — est directement conditionnée au règlement de la question gazaouie. Riyad ne peut pas signer un accord de normalisation avec Tel Aviv tant que des images de destructions à Gaza circulent dans les médias arabes et alimentent une opinion publique qui soutient massivement la cause palestinienne. Le Roi Salman et le Prince héritier Mohammed ben Salmane comprennent l'opportunité économique et stratégique que représente la normalisation. Ils comprennent aussi les risques politiques internes d'un accord signé dans un contexte de conflit actif.

L'impasse à Gaza bloque donc non seulement la reconstruction palestinienne, mais aussi l'architecture diplomatique régionale la plus ambitieuse depuis les accords de Camp David. C'est une des raisons pour lesquelles la pression américaine pour une solution à Gaza est si forte — pas seulement pour des raisons humanitaires, mais parce que la normalisation saoudienne est un objectif stratégique majeur qui bénéficierait à la fois à Israël, aux États-Unis et à la stabilité régionale.

Les Émirats, Bahreïn et le Maroc : Les normalisés d'Abraham sous pression

Les pays arabes qui ont normalisé leurs relations avec Israël via les Accords d'Abraham de 2020 — Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc, Soudan — subissent des pressions internes significatives depuis le 7 octobre 2023. Les opinions publiques arabes, déjà sceptiques sur ces accords, ont durci leur position face aux images du conflit à Gaza. Les gouvernements concernés maintiennent formellement leurs relations diplomatiques avec Tel Aviv tout en limitant la visibilité de cette coopération. Ce retrait partiel dans l'espace public illustre la fragilité de normalisations qui n'ont pas été accompagnées d'un progrès substantiel sur la question palestinienne.

La leçon politique est claire : une normalisation arabe-israélienne durable nécessite un horizon crédible pour les Palestiniens — pas nécessairement un État immédiat, mais une trajectoire politique qui permette aux dirigeants arabes de défendre la normalisation devant leurs propres populations. Sans ce composant, les Accords d'Abraham resteront des accords d'élites sans enracinement populaire, vulnérables aux turbulences politiques futures.

Conclusion : L'urgence d'une sortie du triangle impossible

Ce qu'il faudrait pour débloquer la situation

Une sortie de l'impasse nécessiterait au minimum trois éléments : une garantie internationale crédible de la sécurité de la population palestinienne en échange du désarmement progressif du Hamas, un mécanisme de gouvernance inclusif qui ait une légitimité minimale auprès de la population gazaouie — et pas seulement auprès des chancelleries occidentales — et une reconstruction immédiate dans des zones clairement délimitées pour montrer aux Gazaouis que la paix apporte quelque chose de tangible.

Ces trois éléments existent en germe dans le plan Trump. Ce qui manque, c'est la volonté politique de toutes les parties de faire la première concession. Cette volonté politique est directement liée aux calculs d'intérêt à court terme de chaque acteur — et à cette heure, aucun acteur ne trouve plus avantageux de concéder que de tenir.

Le prix de la stagnation pour les civils

Pendant que les diplomates peinent à trouver une sortie du triangle impossible, les deux millions de civils gazaouis vivent sous le Hamas dans une zone où la reconstruction n'a pas commencé, l'alimentation reste précaire malgré l'amélioration de l'aide humanitaire, et les perspectives d'une vie normale sont abstraites. Ces personnes — qui n'ont voté ni pour le 7 octobre ni pour les frappes israéliennes — méritent mieux qu'un conflit de procédure entre puissances qui les traitent comme variables d'ajustement de leur rivalité géopolitique.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Mes biais sur le conflit israélo-palestinien

Je soutiens le droit d'Israël à exister et à se défendre — y compris militairement contre des organisations terroristes. Je soutiens également le droit du peuple palestinien à l'autodétermination et à vivre dans la dignité. Je considère que ces deux positions ne sont pas contradictoires. Je suis critique des actions du Hamas comme organisation terroriste, et simultanément critique des actions d'Israël quand elles semblent contredire la feuille de route américaine ou causer des souffrances civiles disproportionnées.

Limites de mon information

Je n'ai pas de sources directes à Gaza. Mon analyse repose sur des sources publiques vérifiées : FDD, Al Jazeera, Times of Israel, BBC, The National et le rapport du gouvernement britannique sur la situation à Gaza de juin 2026.

Sources

Sources primaires

Sources secondaires

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). COMMENTAIRE : Gaza phase 2 — désarmement, gouvernance, reconstruction : le triangle impossible. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/commentaire-gaza-phase-2-desarmement-gouvernance-reconstruction-le-triangle-impo

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