ENQUÊTE : Après Maduro, les tentacules cubaines et russes au Venezuela résisteront-ils ?
Quand les forces spéciales américaines ont extrait Nicolas Maduro de Caracas au petit matin du 3 janvier 2026, beaucoup ont cru à une rupture nette, à un nouveau départ pour le Venezuela. Delcy Rodriguez, vice-présidente devenue présidente intérimaire, a pris le micro pour célébr

- Quand les forces spéciales américaines ont extrait Nicolas Maduro de Caracas au petit matin du 3 janvier 2026, beaucoup ont cru à une rupture nette, à un nouveau départ pour le Venezuela. Delcy Rodriguez, vice-présidente devenue présidente intérimaire, a pris le micro pour célébr
- Quand les forces spéciales américaines ont extrait Nicolas Maduro de Caracas au petit matin du 3 janvier 2026 , beaucoup ont cru à une rupture nette, à un nouveau départ pour le Venezuela .
- Delcy Rodriguez , vice-présidente devenue présidente intérimaire, a pris le micro pour célébrer ce qu'elle a appelé « la bonne voie » .
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction : Un vide de pouvoir qui n'est jamais vraiment vide
Le 3 janvier 2026, le monde a changé de visage
Quand les forces spéciales américaines ont extrait Nicolas Maduro de Caracas au petit matin du 3 janvier 2026, beaucoup ont cru à une rupture nette, à un nouveau départ pour le Venezuela. Delcy Rodriguez, vice-présidente devenue présidente intérimaire, a pris le micro pour célébrer ce qu'elle a appelé « la bonne voie ». Mais dans les coulisses, une question demeurait sans réponse : les réseaux d'influence tissés pendant deux décennies par Cuba et la Russie au sein de l'appareil d'État vénézuélien allaient-ils simplement disparaître avec leur homme ?
Cette enquête tente de mesurer la profondeur de cette empreinte, d'évaluer ce qui subsiste, et de comprendre pourquoi le changement de régime à Caracas ne signifie pas nécessairement la fin de l'influence de l'axe bolivarien dans la région.
Un appareil d'État infiltré jusqu'à la moelle
Selon une analyse publiée par Civitas Outlook en juin 2026, sur les 32 gardes qui défendaient Maduro lors du raid américain, la grande majorité étaient des Cubains, non des Vénézuéliens. Ce détail, anodin en apparence, révèle la profondeur de l'intégration : la sécurité personnelle du dictateur était assurée par des agents formés à La Havane, pas par l'armée nationale. Ce n'est pas une présence étrangère — c'est une ossature.
Depuis les années 2000, Cuba a fourni au Venezuela son infrastructure de renseignement intérieur, ses conseillers en contre-insurrection, ses médecins comme monnaie d'échange, ses officiers de sécurité comme gardiens du régime. En retour, Caracas livrait quelque 27 000 à 35 000 barils de pétrole par jour à La Havane, via une flotte fantôme de tankers opérant sous de faux pavillons.
Ce qui me frappe le plus dans cette histoire, c'est qu'on parle d'un arrangement quasi féodal : du pétrole contre de la sécurité. Maduro achetait sa survie à Cuba, et Cuba achetait son énergie à Maduro. Quand l'un tombe, l'autre saigne — mais aucun ne meurt instantanément.
La Russie et ses promesses vides : l'abandon stratégique
Moscou, maître du discours, impuissant dans les faits
En octobre 2025, Maduro avait envoyé une lettre urgente à Vladimir Poutine, remise en personne par un émissaire senior à Moscou. Il demandait la restauration de ses chasseurs Su-30MK2, des livraisons de systèmes de missiles, un soutien logistique. Rien n'est arrivé. Quand les forces américaines ont débarqué à Caracas, la réponse russe s'est limitée à des posts sur les réseaux sociaux et à un appel téléphonique de Sergueï Lavrov à la vice-présidente Rodriguez.
Le Traité de partenariat stratégique signé en mai 2025 entre la Russie et le Venezuela s'est révélé une coquille vide. Selon un rapport de RFU News, Moscou, épuisé par la guerre en Ukraine, économiquement étranglé, militairement surstretché, ne pouvait tout simplement pas projeter de puissance dans les Caraïbes. Les tankers russes de la flotte fantôme qui auraient pu constituer une bouée de sauvetage ont simplement… fait demi-tour.
Les projets russes sur pause : gelés mais pas enterrés
Ce que la propagande russe refuse d'admettre, les observateurs l'ont documenté : selon une analyste citée par Pravda.ru en juin 2026, « tous les programmes de coopération avec la Russie restent formellement en vigueur, mais en pratique, ils sont en suspens ». Les projets d'investissement russes au Venezuela sont gelés, pas annulés. Aucun contrat n'a été officiellement résilié.
Cette nuance est cruciale. Rodriguez n'a pas rompu avec Moscou — elle a mis entre parenthèses. Elle doit gérer les loyalistes de Maduro, les Chavistas qui contrôlent encore la majorité des gouverneurs et maires, et une armée dont les officiers supérieurs ont été formés à l'école de la doctrine bolivarienne. Les réseaux restent en veille, attendant une ouverture politique.
Moscou a trahi Maduro, mais Moscou n'a pas abandonné le Venezuela. Il y a une différence. La Russie joue sur le long terme, et les structures d'influence ne disparaissent pas parce qu'un homme a été arrêté. Elles attendent.
Cuba entre effondrement énergétique et restructuration forcée
Les vingt heures de coupure : le coût réel de la dépendance
Depuis le début de 2026, La Havane subit des coupures d'électricité allant jusqu'à vingt heures par jour. L'effondrement est direct : l'approvisionnement en pétrole vénézuélien, jadis vital, s'est tari. Les États-Unis ont saisi au moins sept tankers liés au commerce pétrolier vénézuélien depuis décembre 2025, représentant quelque 7 millions de barils. La France a intercepté un tanker en Méditerranée, l'Inde en a saisi trois autres. Le réseau se désintègre sous la pression coordonnée.
À découvrir

ANALYSE : Delcy Rodríguez sous pression, entre séisme et défiance populaire
Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela depuis l'arrestation de Nicolás Maduro en janvier 2026, traverse désormais l'épreuve la plus difficile de son mandat…

DÉCRYPTAGE : Delcy Rodríguez, présidente par intérim déjà rejetée par 63 %
Delcy Rodríguez occupe la présidence par intérim du Venezuela depuis l'éviction de Nicolás Maduro par une opération américaine survenue environ six mois avant les…

COMMENTAIRE : Maduro capturé, Cuba en ligne de mire — l'Amérique latine au bord du gouffre interventionniste
Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, à 2 h 01 heure locale, les forces spéciales américaines ont frappé Caracas.
Le 19 juin 2026, l'Assemblée nationale cubaine a approuvé à l'unanimité 176 mesures de privatisation — le plus grand changement économique depuis l'arrivée de Fidel Castro au pouvoir en 1959. Immobilier privé, banques privées, participations étrangères dans des entreprises d'État : Cuba plie sous la contrainte. Cette capitulation économique est le résultat direct de l'effondrement du circuit Venezuela-Cuba-Russie.
L'architecture du renseignement demeure intacte
Pourtant, l'appareil de renseignement cubain — sa véritable monnaie d'échange — n'a pas été démantelé. Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) a identifié que Cuba opère des bases SIGINT à 90 miles des côtes de la Floride, capable de surveiller les installations militaires américaines incluant Cap Canaveral. Ces capacités, construites avec l'aide de la Chine, ne se démantèlent pas sur décision du Congrès.
Le Département d'État américain a désigné en juin 2026 cinq entités cubaines supplémentaires sous l'Executive Order 14404, ciblant les secteurs financiers, miniers et sidérurgiques, notamment BANCO FINANCIERO INTERNACIONAL et EMPRESA SIDERURGICA JOSE MARTI, qui a récemment modernisé ses installations en collaboration avec des entités russes. La pression est forte, mais le réseau survit dans ses interstices.
L'intelligence ne meurt pas avec les régimes. Cuba a construit, pendant soixante ans, une des infrastructures de renseignement les plus efficaces du monde — au regard de ses moyens. Elle ne se rend pas parce que la climatisation est en panne à La Havane.
Delcy Rodriguez : l'équilibriste sur un volcan
Les exigences de Washington et les réalités de Caracas
L'administration Trump a posé ses conditions clairement : ouverture du secteur pétrolier aux entreprises américaines, coopération avec les agences de sécurité et de renseignement américaines, rupture avec les adversaires des États-Unis, libération des prisonniers politiques. Rodriguez a satisfait aux demandes économiques et diplomatiques — les sanctions pétrolières ont été partiellement levées, les relations diplomatiques rétablies. Mais sur les réformes politiques, elle temporise.
Son conseiller clé, le ministre de l'Intérieur Diosdado Cabello — désigné comme « narco-terroriste » par le Département de Justice américain dans les mêmes actes d'accusation que Maduro — reste en place. Ce n'est pas un hasard. Cabello est le pivot entre le nouveau régime et les structures chavistardes, l'homme qui maintient la cohésion d'un appareil d'État dont Rodriguez a besoin pour gouverner, même si cet appareil est infiltré jusqu'au sommet par des loyaux de l'ancien ordre.
La question des élections et de la légitimité
L'opposante historique Dinorah Figuera, soutenue par Washington, est rentrée d'exil en juin 2026 pour entamer un dialogue avec le gouvernement intérimaire. Sa présence signale que Washington veut une transition démocratique, pas seulement un changement de gestionnaire. Mais les Chavistas contrôlent toujours la majorité des gouverneurs, des maires, du parlement. Les élections, si elles se tiennent, se joueront sur un terrain miné.
Le cabinet stratégique Stratfor note que Rodriguez a « consolidé le pouvoir et lancé une ouverture économique » mais que « les risques d'instabilité politique à long terme persisteront ». Cette instabilité est précisément le terreau dans lequel les réseaux cubains et russes espèrent prospérer à nouveau.
Rodriguez est prisonnière d'une contradiction fondamentale : elle doit plaire à Washington pour survivre, mais elle a besoin de l'appareil chavista pour gouverner. Et cet appareil ne lui appartient pas vraiment. Il est encore habité par les fantômes de Maduro.
La Chine, l'architecte silencieux
Soixante milliards investis, des intérêts à protéger
Derrière Cuba et la Russie, il y a la Chine. Pékin a prêté quelque 60 milliards de dollars au Venezuela sur une décennie. Elle a construit des systèmes de surveillance pour La Havane. Elle a converti le pétrole iranien en approvisionnement énergétique subventionné via la même flotte fantôme maintenant sous interdiction. La Chine, comme l'analyse RealClearWorld en juin 2026, était « l'architecte financier de toute la structure » — l'acteur qui finançait l'ensemble du réseau d'influence, absorbait les chocs et permettait à chaque nœud de résister à la pression américaine.
Ce financement chinois ne s'est pas évaporé avec Maduro. Les créances de Pékin sur Caracas sont réelles et substantielles. La Chine a intérêt à maintenir une présence économique et politique au Venezuela, quel que soit le régime. Rodriguez a d'ailleurs accueilli des investisseurs étrangers, mais la Chine reste un créancier dont il est difficile de se débarrasser.
Le port de Tuvalu, la mer de Chine : Pékin joue sur tous les tableaux
La stratégie chinoise en Amérique latine n'est pas limitée au Venezuela. Pékin contrôle désormais la distribution d'électricité à Lima et a construit le plus grand port de la région au Pérou. Ces présences ne sont pas des accidents — elles font partie d'une stratégie d'encerclement économique qui se poursuit indépendamment du sort de Maduro. Le mouvement bolivarien n'est qu'une des courroies de transmission de cette stratégie.
Ce que l'Occident a tendance à oublier, c'est que la Chine pense en décennies. Le changement de régime au Venezuela est une défaite tactique pour Pékin — pas une défaite stratégique. Les canaux d'influence, les crédits accordés, les infrastructures construites : tout cela reste en place, attendant un contexte politique plus favorable.
Sur le même sujet

ANALYSE : Delcy Rodríguez sous pression, entre séisme et défiance populaire
Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela depuis l'arrestation de Nicolás Maduro en janvier 2026, traverse désormais l'épreuve la plus difficile de son mandat…

DÉCRYPTAGE : Delcy Rodríguez, présidente par intérim déjà rejetée par 63 %
Delcy Rodríguez occupe la présidence par intérim du Venezuela depuis l'éviction de Nicolás Maduro par une opération américaine survenue environ six mois avant les…

COMMENTAIRE : Maduro capturé, Cuba en ligne de mire — l'Amérique latine au bord du gouffre interventionniste
Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, à 2 h 01 heure locale, les forces spéciales américaines ont frappé Caracas.
Pékin ne panique pas. Pékin recalcule. C'est sa nature et c'est ce qui le rend plus dangereux que Moscou, qui, lui, panique régulièrement avant de se rétracter dans l'impuissance.
L'axe bolivarien : une structure, pas un homme
Cuba, tête pensante d'un mouvement décapité mais vivant
Ce que les observateurs du monde entier doivent comprendre, c'est que le mouvement bolivarien n'était pas Maduro. Maduro était son exécutant. Sa tête pensante, selon les analystes de Civitas Outlook, c'est Cuba — non pas nécessairement comme opérateur direct, mais comme concepteur et gardien de l'idéologie, détenteur du plus avancé appareil de renseignement de la région, coordinateur des flux d'argent via des mécanismes de blanchiment sophistiqués.
Le mouvement s'est étendu à la Bolivie, à l'Équateur, au Nicaragua, avec des tentacules en Colombie, au Chili, au Pérou. Les gouverneurs chavistas qui tiennent encore le Venezuela sont ses relais locaux. Les groupes armés irréguliers — les colectivos — qui ont longtemps servi de force de frappe paramilitaire au régime n'ont pas déposé les armes avec l'arrestation de leur protecteur.
Les colectivos : le bras armé incontrôlable
Ces milices loyalistes constituent peut-être le risque le plus immédiat pour la stabilité du gouvernement Rodriguez. Elles contrôlent des quartiers entiers de Caracas et d'autres villes vénézuéliennes. Elles tirent leur légitimité de l'idéologie bolivarienne et de la protection que le régime Maduro leur a accordée pendant des années — impunité judiciaire, liberté de mouvement, ressources économiques parallèles.
Rodriguez peut négocier avec les officiers de l'armée. Elle peut coopter les gouverneurs. Mais les colectivos ne répondent qu'à la logique de la rue et à celle de leurs financeurs — dont certains ont des liens documentés avec les réseaux cubains de formation à la contre-insurrection. Tant qu'ils existent, le Venezuela reste une société sous tension, et les réseaux d'influence étrangers conservent un levier d'action.
Je ne sais pas si Rodriguez peut survivre politiquement à long terme. Ce que je sais, c'est que la question n'est pas seulement militaire ou diplomatique — elle est structurelle. Un État dont les institutions ont été colonisées pendant vingt ans par des acteurs étrangers ne se régénère pas en six mois.
Les séismes comme révélateur politique
La catastrophe naturelle, test de gouvernance pour le régime intérimaire
Le Venezuela a été frappé par des séismes significatifs en juin 2026. Delcy Rodriguez a déclaré l'état d'urgence. Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a annoncé l'envoi d'équipes de recherche et de sauvetage depuis la Virginie et Los Angeles. El Salvador a dépêché 300 secouristes. La communauté internationale s'est mobilisée — mais c'est bien Washington qui a pris le leadership, un leadership que d'autres observateurs qualifient de « tutelle douce ».
Ces séismes révèlent à nu l'état des institutions vénézuéliennes : après vingt ans de chavisme, les services publics sont en lambeaux. L'État n'a pas la capacité de répondre seul à une catastrophe naturelle de cette ampleur. Cette dépendance vis-à-vis de l'aide extérieure américaine est en elle-même un facteur de déstabilisation pour les réseaux cubains et russes — mais aussi pour la légitimité propre de Rodriguez.
L'aide américaine comme instrument de transition
L'administration Trump ne cache pas ses intentions. Elle veut un Venezuela ouvert au capital américain, coopératif sur le renseignement, et coupé de ses alliés sino-russo-cubains. L'aide humanitaire post-séisme est un outil supplémentaire pour consolider cette orientation. Mais chaque dollar américain investi dans la reconstruction du Venezuela est aussi un dollar qui rend la tâche plus difficile pour les réseaux d'influence rivaux de regagner du terrain.
Ce bras de fer se joue sur le temps long. Pékin, Moscou et La Havane ne peuvent pas contrecarrer directement la présence américaine au Venezuela en ce moment. Ils peuvent seulement attendre, maintenir leurs réseaux en veille, et espérer qu'une crise future — économique, politique, sociale — rende à nouveau leur offre attractive. Ce n'est pas une certitude. Mais c'est une possibilité que l'Occident ne peut pas se permettre d'ignorer.
L'aide humanitaire, c'est aussi de la politique étrangère. Trump le sait. Ses détracteurs aussi. Ce qui m'intéresse, c'est de savoir si les Vénézuéliens eux-mêmes en sont conscients — et s'ils ont vraiment le choix entre l'orbite américaine et l'orbite russo-cubaine, ou si cette prétendue liberté n'est qu'une illusion de plus.
L'avenir de la transition : incertitudes et risques réels
La question des prochaines élections
Delcy Rodriguez gouverne sur la base d'une légitimité fragile — celle que lui confère Washington, pas celle que lui conferaient les urnes vénézuéliennes. Une transition démocratique réelle impliquera tôt ou tard des élections libres. Or, comme le note Stratfor, « les risques d'instabilité politique à long terme persisteront. » Les Chavistas contrôlent encore la majorité des postes électoraux et l'appareil institutionnel. Les réseaux cubains ont une expérience de plusieurs décennies dans la manipulation des processus politiques. Si les élections ne sont pas organisées dans un cadre crédible et surveillé, le changement de régime restera une façade.
L'opposante Dinorah Figuera, soutenue par Washington pour promouvoir une agenda de transition démocratique, a rencontré en juin 2026 des représentants du gouvernement intérimaire. Ces discussions sont prometteuses — mais elles se heurtent à la réalité d'un pays où les institutions ont été colonisées par le chavisme et où les acteurs extérieurs — cubains, russes, chinois — ont intérêt à ce que la transition reste incomplète.
Les séismes et la gouvernance d'urgence
Les séismes qui ont frappé le Venezuela en juin 2026 ont révélé une autre dimension de la fragilité de l'État : une catastrophe naturelle de cette ampleur dans un pays aux institutions déjà affaiblies peut créer les conditions d'une déstabilisation politique. Les réseaux d'influence étrangers — notamment cubains — ont une longue expérience de l'exploitation des crises humanitaires pour reprendre de l'influence et noyauter les processus de reconstruction.
Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a annoncé rapidement le déploiement d'équipes de secours depuis les États-Unis, affirmant avoir parlé avec Rodriguez. Ce soutien américain immédiat et visible est politique autant qu'humanitaire : il signale à la population vénézuélienne que la nouvelle orientation internationale apporte des bénéfices tangibles, réduisant ainsi l'espace dans lequel les réseaux pro-Maduro pourraient exploiter la crise pour propager un narratif anti-américain.
Les crises humanitaires sont des laboratoires pour les réseaux d'influence. Cuba le sait depuis 1959. Moscou l'a appris de Cuba. Si Washington ne reste pas présent et visible lors de la reconstruction post-séisme vénézuélienne, d'autres acteurs combleront le vide — et pas nécessairement avec des intentions démocratiques.
Conclusion : La persistance des structures dans un monde en transition
Ce que Maduro a laissé derrière lui
La capture de Nicolas Maduro en janvier 2026 a été un événement extraordinaire — un changement de régime par opération militaire américaine en plein cœur de l'Amérique latine, quelque chose que personne n'aurait osé prédire dix ans plus tôt. Mais les réseaux qu'il a cultivés, en collaboration avec Cuba, la Russie et la Chine, ne se sont pas évaporés avec lui. Ils ont muté, se sont mis en veille, ont recalculé.
La vraie question n'est pas de savoir si ces réseaux existent encore — ils existent. La question est de savoir si le gouvernement Rodriguez, soutenu par Washington, parviendra à les démanteler assez vite et assez profondément pour qu'ils ne puissent plus jamais se reconstituer. L'histoire des transitions politiques dans les États fortement infiltrés par des acteurs étrangers n'est guère optimiste sur ce point.
Un dossier à suivre de très près
Le Venezuela de l'après-Maduro est un laboratoire politique fascinant et inquiétant. Il montre ce qu'il advient quand un État perd sa souveraineté réelle au profit d'acteurs extérieurs pendant deux décennies. La reconstruction sera longue, douloureuse, et semée d'embûches. Les réseaux cubains et russes ne seront pas les seuls obstacles — mais ils seront parmi les plus tenaces, précisément parce qu'ils ne sont pas visibles, qu'ils agissent dans l'ombre des institutions formelles et dans les replis de l'économie parallèle.
Je ne suis pas prophète, et je ne prétends pas savoir si le Venezuela finira par achever une vraie transition démocratique. Ce que je sais, c'est que les structures d'influence étrangères — cubaines, russes, chinoises — sont patientes. Elles ont traversé des décennies. Elles peuvent attendre quelques années de plus. C'est précisément pourquoi la vigilance de l'Occident doit être permanente, pas conjoncturelle.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.
Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.
Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.
Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous Sources.
Nature de l'analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.
Sources
Sources primaires
- BSS/AFP — Maduro ouster put Venezuela on 'the right path': interim leader — 23 juin 2026
- U.S. Department of State — Further Sanctions on the Cuban Regime's Revenue Generation Network — 23 juin 2026
- El País English — Quake disaster tests Delcy Rodríguez's leadership as Trump's pick in Venezuela — 26 juin 2026
Sources secondaires
- RealClearWorld — The Web Tightened, and Havana Blinked — 25 juin 2026
- Civitas Outlook — The Cuba Play — 26 juin 2026
- RFU News — How Russia's betrayal leaves Maduro captured and Venezuela in chaos — 22 juin 2026
- Stratfor — Venezuela's Outlook 6 Months After Maduro's Capture — 23 juin 2026
- Pravda English — Oil, Politics, and American Games: What Remains of Venezuela Six Months After US Invasion — 24 juin 2026
Recevoir les analyses géopolitiques
Conflits, puissances, alliances: le fil MadMax sans bruit inutile.
Citer cet article
Maxime Marquette (2026). ENQUÊTE : Après Maduro, les tentacules cubaines et russes au Venezuela résisteront-ils ?. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/apres-maduro-les-tentacules-cubaines-et-russes-au-venezuela-resisteront-ils
Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.






Commentaires
Sois le premier à réagir.