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La ChroniqueAnalyse· N° 7159

ANALYSE : Bab el-Mandeb remonte à 29 navires, mais un tiers du trafic reste sous transpondeur éteint

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À retenir
  1. Vingt-neuf navires jeudi, dix-neuf entrées, dix sorties
  2. Le chiffre qui ouvre le dossier
  3. Selon Reuters , 29 commodities vessels ont traversé Bab el-Mandeb jeudi, dont 19 entrées et 10 sorties .
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Vingt-neuf navires jeudi, dix-neuf entrées, dix sorties

Le chiffre qui ouvre le dossier

Selon Reuters, 29 commodities vessels ont traversé Bab el-Mandeb jeudi, dont 19 entrées et 10 sorties. Ce comptage porte sur une seule journée, dans un détroit stratégique où le trafic varie fortement d'un jour à l'autre selon les données rassemblées ici pour ce dossier complet. Ce chiffre seul ne dit rien d'une tendance ; il ne prend son sens qu'une fois posé à côté des autres relevés du mois.

Ce que la composition de ces 29 navires révèle

Reuters précise que ces 29 commodities vessels de jeudi comprenaient plusieurs pétroliers, dont deux VLCC, deux Suezmax et six Aframax. Ces trois catégories de pétroliers transportent des volumes très différents : un VLCC peut charger plusieurs fois le volume d'un Aframax, ce qui signifie qu'un simple comptage de navires ne reflète pas automatiquement un volume de brut ou de gaz transporté proportionnel au nombre d'unités. Un décompte de navires n'est jamais complet si l'on ignore ce qu'ils transportent réellement.

Le pic du mois reste à 46 navires, atteint le 14 juillet

Un niveau qui n'a pas été retrouvé depuis

Toujours selon Reuters, repris par US News, le niveau de Bab el-Mandeb est resté inférieur au pic du mois, fixé à 46 vessels le 14 July. Vingt-neuf navires jeudi, comparés à un pic de 46 deux semaines plus tôt, ne racontent donc pas une remontée pleine, mais une reprise partielle, encore loin du sommet observé au milieu du mois.

Pourquoi ce plafond de comparaison change la lecture du chiffre

Sans ce point de référence du 14 juillet, 29 navires pourraient sembler être une bonne nouvelle en soi. Avec lui, le même chiffre devient la mesure d'un écart encore ouvert : dix-sept navires manquent encore à l'appel entre le pic du milieu du mois et le comptage de jeudi, un écart que ni Reuters ni US News n'expliquent de façon détaillée dans les extraits consultés ici. Un chiffre isolé ne vaut jamais rien sans ce à quoi on le compare vraiment.

Kpler avait recensé 49 passages confirmés le 25 juillet, un total supérieur

Une source différente, un jour différent, un total plus élevé

D'après Reuters, cité par Middle East Eye, Kpler a indiqué le 25 July que l'activité à Bab al-Mandeb était montée à 49 confirmed crossings, dont five sanctioned vessels, 11 ships part of the shadow fleet et four dark transits. Ce total dépasse largement les 29 navires de jeudi, ce qui illustre à quel point les chiffres de trafic maritime dans cette zone fluctuent d'une semaine, voire d'un jour, à l'autre.

Ce que « shadow fleet » et « dark transits » signifient concrètement

Onze navires classés « shadow fleet » et quatre en « dark transit » sur un total de 49 signifient qu'environ un tiers des passages confirmés échappaient, ce jour-là, à une identification transparente standard. Une flotte fantôme désigne généralement des navires qui changent régulièrement de pavillon, d'assureur ou d'identifiant afin de contourner des sanctions internationales, tandis qu'un transit sombre renvoie à un navire qui coupe volontairement son signal de localisation pendant une portion du trajet. Un trafic qui se relève ne redevient pas automatiquement un trafic qui se surveille.

Vingt-cinq navires selon SANA, un chiffre proche mais pas identique à Reuters

Un écart de quatre navires sur la même journée

Selon SANA, qui reprend également Reuters, 25 vessels carrying commodities ont passé Bab al-Mandeb on Thursday, avec 18 entrées et sept sorties. Ce total de 25 diffère du chiffre de 29 avancé par Reuters pour la même journée de jeudi, un écart de quatre navires qu'aucune des deux sources ne justifie explicitement dans les extraits consultés.

Pourquoi cet écart de quatre navires n'est pas anodin

Un écart de quatre navires sur un total d'une trentaine représente près de 14 % de différence entre deux comptages du même jour. Ce texte ne tranche pas laquelle des deux sources est la plus exacte : il nomme l'écart plutôt que de choisir arbitrairement un chiffre. Une explication possible, non confirmée par les sources, tiendrait à des heures de coupure différentes pour arrêter le décompte d'une « journée » maritime, un détail que ni Reuters ni SANA ne précisent explicitement dans les extraits disponibles. Deux agences qui citent la même agence de référence peuvent encore arriver à deux totaux différents.

The National signale une chute de 56 % le dimanche précédent

Un jour beaucoup plus faible que la moyenne du mois

Selon The National, seulement 15 commodity vessels ont transité Bab Al Mandeb on Sunday, soit 56 per cent de moins que les 34 du 20 July. Ce chiffre de 15 navires, très inférieur aux 29 de jeudi ou aux 49 confirmés le 25 juillet par Kpler, illustre une volatilité de très court terme dans cette zone, où un jour calme peut succéder à un jour chargé sans transition progressive visible.

Ce que cette chute isolée ne permet pas de conclure

Une chute de 56 % sur une seule journée ne prouve pas un effondrement durable du trafic, tout comme les 49 passages du 25 juillet ne prouvaient pas un retour complet à la normale. En quatre jours de référence rassemblés dans ce dossier — le 20 juillet à 34 navires, le 25 juillet à 49, un dimanche à 15 et un jeudi à 29 ou 25 selon la source — aucune tendance rectiligne ne se dessine. Le détroit ne raconte pas une histoire linéaire, il raconte une succession de journées contrastées.

Un embargo houthi-saoudien cité comme facteur de cette chute dominicale

Ce que The National relie à la baisse de 56 %

The National situe cette chute de 56 % dans le contexte d'un « Houthis' Saudi embargo », sans que les extraits consultés ici en détaillent l'ampleur exacte ni la durée prévue. Ce facteur sécuritaire, distinct des tensions plus larges évoquées ailleurs dans ce dossier, suggère que plusieurs dynamiques distinctes agissent simultanément sur le trafic de Bab el-Mandeb.

Pourquoi ce facteur mérite d'être nommé sans être surinterprété

Aucune des sources rassemblées ici ne quantifie précisément la part de cet embargo dans la baisse observée, par rapport à d'autres causes possibles comme la météo, les assurances maritimes ou des décisions individuelles d'armateurs. Un embargo partiel peut dissuader certains capitaines sans en empêcher d'autres, selon leur cargaison, leur pavillon ou leur relation contractuelle avec des assureurs disposant d'une meilleure tolérance au risque. Nommer une cause documentée ne dispense pas d'admettre ce qu'elle n'explique pas à elle seule.

Le détroit d'Ormuz raconte une histoire parallèle, pas identique

Douze navires mercredi, en hausse sur deux jours

Selon Reuters, 12 commodity ships ont traversé le Strait of Hormuz on Wednesday, avec six entering and six exiting, et le nombre a augmenté par rapport aux deux jours précédents. Ce chiffre de douze est nettement inférieur aux 29 ou 49 navires recensés à Bab el-Mandeb sur la même période, ce qui souligne que les deux détroits, souvent mentionnés ensemble dans la couverture régionale, vivent des dynamiques de trafic distinctes.

Pourquoi confondre les deux détroits serait une erreur

Bab el-Mandeb et le Strait of Hormuz ne partagent ni la même géographie de risque, ni les mêmes chiffres de trafic, même s'ils apparaissent souvent dans les mêmes dépêches consacrées à la sécurité maritime régionale. Bab el-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d'Aden, au large du Yémen, tandis que le détroit d'Ormuz sépare le golfe Persique de la mer d'Arabie, entre l'Iran et la péninsule arabique. Les acteurs armés, les menaces documentées et les chiffres de fréquentation y diffèrent sensiblement, même lorsque les deux détroits sont couverts dans le même article de synthèse régionale. Deux détroits sous tension ne racontent pas automatiquement la même histoire.

Un tanker qatari franchit Ormuz pour la première fois en trois semaines

Un symbole plus qu'un volume

Selon Reuters, un LNG tanker contrôlé par QatarEnergy, le Al Areesh, a quitté le Strait of Hormuz overnight, premier navire de ce type recensé par les données de suivi maritime à quitter le détroit depuis le 11 July. Ce fait, précis et daté, contraste avec les fluctuations quotidiennes de Bab el-Mandeb : il s'agit d'un événement isolé et identifiable, pas d'un simple chiffre agrégé. Le Qatar compte parmi les plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié, et chaque jour d'absence d'un tanker de cette catégorie sur cette route représente une cargaison entière retardée vers ses clients, souvent liés par des contrats de livraison à dates fixes.

Ce qu'un seul navire peut et ne peut pas signaler

Un tanker de gaz naturel liquéfié qui franchit à nouveau le détroit après trois semaines d'absence est un signal fort pour les compagnies gazières, mais un signal n'est pas une statistique : il ne dit rien du comportement des dizaines d'autres navires qui continuent d'éviter la zone. Un retour peut annoncer une tendance sans encore la constituer.

Kpler avertit que des navires naviguent transpondeur éteint

La limite méthodologique que toutes les sources partagent

Kpler signale que certains navires peuvent naviguer transpondeur éteint, ce qui limite le recoupement intégral des comptages présentés dans ce dossier. Cette réserve méthodologique n'est pas propre à une seule source : elle touche potentiellement les décomptes de Reuters, SANA, The National et Middle East Eye, tous dépendants, en dernière analyse, de données de suivi par transpondeur.

Pourquoi cette limite doit rester visible dans la lecture des chiffres

Un total de 29, 25 ou 49 navires n'est jamais un compte exhaustif absolu : c'est un compte de ce que les systèmes de suivi ont pu observer. Les systèmes d'identification automatique utilisés par Kpler et les agences de presse dépendent d'un signal émis volontairement par chaque navire ; un capitaine qui décide de couper ce signal, pour des raisons commerciales ou pour éviter des sanctions, retire son navire de tous les comptages officiels sans pour autant quitter le détroit. Ce que Kpler ne voit pas ne cesse pas d'exister pour autant.

L'ONU réclame une désescalade en mer Rouge dès juillet

Un cadre institutionnel antérieur aux chiffres de trafic

Selon ONU Info, le chef de l'ONU a réclamé une désescalade en mer Rouge fin juillet, dans un contexte où des marins restaient bloqués faute de résolution de la crise régionale. Ce cadre institutionnel, distinct des données commerciales de Kpler et Reuters, situe les chiffres de trafic dans une préoccupation plus large de sécurité humaine, au-delà du seul enjeu logistique.

Ce que ce cadre onusien ajoute à la lecture des chiffres

Les marins bloqués évoqués par l'ONU rappellent qu'un chiffre de trafic maritime a un versant humain : chaque navire qui n'entre ni ne sort correspond à un équipage dont la situation reste, elle aussi, en suspens. Un marin immobilisé des semaines à bord d'un navire qui attend l'autorisation de franchir un détroit ne figure dans aucun des tableaux de Kpler ou de Reuters cités plus haut, alors que sa situation dépend directement des mêmes blocages logistiques. Un tableau de bord logistique masque parfois des personnes concrètes qui attendent, immobiles, quelque part en mer.

Le retour timide documenté par RFI depuis décembre 2025

Une source francophone qui date le début de la reprise

Selon RFI, dès décembre 2025, un retour timide des compagnies maritimes se dessinait déjà dans le détroit de Bab el-Mandeb, au large du Yémen. Cette source francophone de première main situe le mouvement observé en juillet 2026 dans une trajectoire plus longue, amorcée plusieurs mois auparavant, et non comme un phénomène soudain propre à l'été 2026.

Ce que cette antériorité change dans l'interprétation des chiffres de juillet

Si le retour est amorcé depuis décembre, les 29 ou 49 navires de juillet ne marquent pas un rebond spectaculaire, mais la poursuite d'une tendance déjà documentée huit mois plus tôt. RFI décrivait, fin 2025, des compagnies maritimes encore hésitantes à reprogrammer leurs routes par le détroit, préférant souvent le contournement par l'Afrique malgré son coût supplémentaire en temps et en carburant. Que ce mouvement se poursuive sept mois plus tard, avec des pics à près de 50 navires, suggère une confiance progressivement retrouvée plutôt qu'un retournement brutal de situation. Une reprise longue se lit différemment d'un sursaut ponctuel.

Cinq navires sanctionnés et un tiers de trafic opaque, une part qui interroge

Ce que la composition du 25 juillet révèle sur la nature du trafic

Rappelons que sur les 49 confirmed crossings du 25 juillet, Kpler comptait five sanctioned vessels aux côtés de navires classés « shadow fleet » ou en transit non déclaré. Une part significative du trafic recensé à Bab el-Mandeb ce jour-là échappait donc à une identification pleinement transparente, ce qui distingue une hausse de volume d'une hausse de trafic légitime et traçable.

Pourquoi ce détail nuance toute lecture optimiste de la reprise

Une remontée du nombre de navires ne signifie pas automatiquement une remontée du commerce légal et assuré normalement. Compter les navires n'est pas la même chose que compter les navires en règle.

Aucune heure de mesure commune ne permet un recoupement parfait

Ce que les sources ne permettent pas d'harmoniser

Les sources fournies ne permettent pas d'isoler une seule heure de mesure commune pour Bab el-Mandeb, et plusieurs articles mélangent Bab el-Mandeb et Strait of Hormuz dans le même suivi régional, ce qui complique une comparaison ligne à ligne entre les différents comptages cités dans ce dossier.

Pourquoi cette absence de standard commun doit être nommée

Neuf sources ont été rassemblées ici, et aucune ne partage exactement la même méthode de comptage horaire. Certaines dépêches semblent arrêter leur journée de référence à minuit UTC, d'autres à une heure locale non précisée, et aucune des sources consultées ici ne détaille explicitement sa propre convention horaire. Additionner des chiffres qui ne se mesurent pas de la même façon fabrique une fausse précision.

Ce que ce dossier peut affirmer, et ce qu'il se refuse à trancher

Une reprise réelle, mais partielle et fragile

Ce dossier peut affirmer que le trafic à Bab el-Mandeb a connu, entre le 20 et le 31 juillet, des niveaux allant de 15 à 49 navires selon les jours et les sources, sans qu'aucun comptage n'égale le pic de 46 navires du 14 juillet évoqué par Reuters et US News. Cette fourchette large, plutôt qu'un chiffre unique lissé, reflète fidèlement ce que les neuf sources rassemblées ici permettent réellement d'établir, sur une fenêtre de onze jours qui va du 20 au 31 juillet 2026 inclus.

Ce que ce texte refuse d'ajouter aux faits

Ce texte ne prédit pas si Bab el-Mandeb retrouvera son niveau de trafic d'avant la crise régionale, faute de données suffisantes sur cette période antérieure dans les sources consultées. Il ne prétend pas non plus quantifier précisément la part de la flotte fantôme dans la reprise observée, ni établir un lien de causalité direct entre l'appel à la désescalade de l'ONU et l'évolution des chiffres de trafic constatée depuis. Une reprise partielle documentée vaut mieux qu'une reprise totale supposée.

Conclusion : le détroit reprend son souffle, sans retenir la crise

Vingt-neuf navires jeudi, quinze le dimanche précédent, quarante-neuf le 25 juillet : ces chiffres ne dessinent pas une ligne droite vers la normalité, ils dessinent un détroit encore instable. Le pic du mois, 46 navires le 14 juillet, n'a pas été retrouvé dans les journées les plus récentes documentées ici, et la présence de navires sanctionnés ou en transit non déclaré rappelle qu'une part du trafic reste, par nature, difficile à vérifier intégralement.

Ce que ce dossier retient, en dernier lieu, c'est la coexistence de deux vérités qui ne s'excluent pas. D'un côté, un retour documenté par RFI dès décembre 2025 et confirmé par des pics ponctuels à près de 50 navires. De l'autre, un trafic qui demeure sous contrainte sécuritaire, entre embargo évoqué par The National, transpondeurs éteints signalés par Kpler et appel à la désescalade lancé par l'ONU. Pour un armateur qui doit décider, cette semaine encore, s'il fait passer sa cargaison par Bab el-Mandeb ou par le contournement de l'Afrique, aucun de ces neuf comptages pris isolément ne suffit à trancher : c'est leur ensemble, avec ses écarts et ses limites assumées, qui constitue la seule information disponible pour évaluer le risque réel du passage. Un détroit qui se remplit de nouveau n'est pas encore un détroit qui a cessé de faire peur.

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). ANALYSE : Bab el-Mandeb remonte à 29 navires, mais un tiers du trafic reste sous transpondeur éteint. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/analyse-bab-el-mandeb-remonte-a-29-navires-mais-un-tiers-du-trafic-reste-sous-transpondeur

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MM
Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

Maxime Marquette écrit l'essentiel des analyses et chroniques publiées sur MadMax — géopolitique, technologie et actualité, sans remplissage.

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Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.

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