Trump laisse filer l'accord nord-américain de 2 000 milliards $ sans le renouveler
Le 1er juillet 2026 marquait l'échéance fixée par l'Accord Canada-États-Unis-Mexique, ou USMCA, pour que les trois pays signataires décident collectivement de son

- Le 1er juillet 2026 marquait l'échéance fixée par l'Accord Canada-États-Unis-Mexique, ou USMCA, pour que les trois pays signataires décident collectivement de son
- Le 1er juillet 2026 marquait l'échéance fixée par l' Accord Canada - États-Unis - Mexique , ou USMCA , pour que les trois pays signataires décident collectivement de son avenir.
- Selon l'Office du représentant américain au Commerce , les États-Unis , le Canada et le Mexique se sont réunis virtuellement ce jour-là pour procéder à l'examen conjoint obligatoire prévu par le traité, mais aucun accord de renouvellement n'a été trouvé.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction : un rendez-vous manqué avec l'histoire commerciale
Le 1er juillet 2026, une date qui devait tout changer
Le 1er juillet 2026 marquait l'échéance fixée par l'Accord Canada-États-Unis-Mexique, ou USMCA, pour que les trois pays signataires décident collectivement de son avenir. Selon l'Office du représentant américain au Commerce, les États-Unis, le Canada et le Mexique se sont réunis virtuellement ce jour-là pour procéder à l'examen conjoint obligatoire prévu par le traité, mais aucun accord de renouvellement n'a été trouvé.
Le représentant américain au Commerce Jamieson Greer a résumé la position américaine sans détour: « Les États-Unis n'ont pas accepté de renouveler l'USMCA sous sa forme actuelle. En conséquence, l'USMCA n'est pas renouvelé », une déclaration qui a immédiatement suscité l'inquiétude des milieux d'affaires nord-américains.
Un accord de 2 000 milliards de dollars en suspens
L'USMCA, entré en vigueur le 1er juillet 2020 en remplacement de l'ALENA de 1994, encadre des échanges commerciaux nord-américains évalués à environ 2 000 milliards de dollars annuellement. Le refus américain de le renouveler dans sa forme actuelle plonge cette architecture commerciale continentale dans une zone d'incertitude prolongée, sans pour autant provoquer sa disparition immédiate.
Le mécanisme juridique qui évite l'effondrement immédiat
Dix ans de sursis sous forme de révisions annuelles
Malgré l'absence de renouvellement, l'USMCA ne disparaît pas du jour au lendemain. L'accord prévoit qu'en l'absence de consensus, il reste en vigueur mais devient soumis à des révisions annuelles pendant une décennie, avant son expiration programmée en 2036. Ce mécanisme, prévu à l'article 34.7 du traité, avait été inséré lors des négociations initiales pilotées par Greer lui-même durant le premier mandat de Trump.
Cette clause de révision annuelle transforme un accord censé offrir une stabilité de long terme en un exercice diplomatique répété chaque année, créant une incertitude persistante pour les entreprises qui dépendent des chaînes d'approvisionnement nord-américaines pour planifier leurs investissements.
Les options qui s'offraient aux trois pays
Selon les termes de l'accord, trois options s'offraient aux gouvernements: renouveler l'USMCA pour 16 années supplémentaires, se retirer complètement de l'accord moyennant un préavis de six mois, ou poursuivre sans renouvellement formel, ce qui déclenche justement le cycle de révisions annuelles jusqu'à l'expiration en 2036. Washington a de facto opté pour cette troisième voie, sans l'annoncer explicitement comme un choix stratégique délibéré.
Cette approche par défaut, plutôt qu'une décision affirmée, illustre une méthode de négociation commerciale erratique qui laisse les partenaires nord-américains dans l'expectative plutôt que dans une relation contractuelle stable et prévisible.
Les griefs américains: déficits commerciaux et lacunes structurelles
Le discours sur les déficits commerciaux persistants
L'administration Trump justifie son refus de renouvellement par la persistance de déficits commerciaux substantiels avec le Canada et le Mexique, un argument récurrent dans la rhétorique commerciale de Trump depuis son premier mandat. Le communiqué de l'USTR précise que les États-Unis continueront à dialoguer avec leurs deux voisins pour corriger ce que Washington qualifie de lacunes structurelles de l'accord actuel.
Cette insistance sur les déficits commerciaux ignore cependant les bénéfices documentés de l'accord: selon les propres déclarations de Greer devant le Congrès en décembre 2025, l'USMCA a permis une hausse de 56 % des exportations américaines vers le Canada et le Mexique, tout en doublant les salaires mexicains depuis 2020, des résultats qui nuancent fortement le récit d'un accord uniquement défavorable aux intérêts américains.
Une administration qui négocie en position de force apparente
Trump a déjà imposé, en parallèle de ce processus de révision, de nouveaux tarifs douaniers sur l'acier, l'aluminium et le cuivre en provenance du Canada et du Mexique, une escalade tarifaire qui complique davantage les négociations en cours et alimente les tensions bilatérales avec les deux partenaires nord-américains.
Cette stratégie de pression tarifaire simultanée aux négociations commerciales illustre la méthode habituelle de l'administration Trump: maximiser le levier de négociation par l'imposition de coûts immédiats, quitte à fragiliser la confiance à long terme de ses partenaires commerciaux les plus proches.
Le calendrier des négociations à venir
Un troisième round avec le Mexique prévu le 20 juillet
Malgré l'absence d'accord au 1er juillet, les négociations ne s'arrêtent pas: un troisième round de négociations bilatérales avec le Mexique est prévu la semaine du 20 juillet 2026 à Mexico. Ce calendrier confirme que Washington privilégie, du moins pour l'instant, une approche bilatérale distincte avec chacun de ses deux partenaires plutôt qu'une négociation strictement trilatérale.
Cette préférence pour des discussions bilatérales séparées avec le Mexique et le Canada, plutôt qu'un format trilatéral unifié, reflète une stratégie de négociation qui pourrait viser à isoler chaque partenaire pour obtenir des concessions plus favorables aux intérêts américains dans chaque relation prise séparément.
Le Canada, en retard dans les discussions
Contrairement au Mexique, les discussions formelles avec le Canada n'ont pas encore véritablement débuté selon les informations disponibles au moment de la rédaction. Greer avait déjà publiquement reproché à Ottawa d'être en retard par rapport à Mexico dans l'avancement des négociations, une critique qui illustre les tensions persistantes entre Washington et le gouvernement canadien sur plusieurs dossiers commerciaux, notamment les tarifs douaniers imposés par les deux parties.
Ce retard canadien dans les négociations bilatérales pourrait s'expliquer par des différends plus profonds entre les deux capitales, notamment sur les mesures tarifaires réciproques que le Canada a adoptées en réponse aux droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium.
L'origine du mécanisme de révision: l'héritage du premier mandat Trump
Une clause insérée par Trump lui-même en 2020
Il est révélateur de rappeler que la clause de révision obligatoire au bout de six ans, celle-là même qui provoque aujourd'hui cette incertitude, avait été insérée dans le traité par l'administration Trump elle-même lors de la négociation initiale de l'USMCA en 2020, en remplacement de l'ancien ALENA vieux de 1994. Cette disposition, présentée à l'époque comme une garantie de modernisation continue de l'accord, se retourne aujourd'hui contre la stabilité commerciale qu'elle était censée protéger.
Le fait que Jamieson Greer lui-même, l'actuel représentant au Commerce, ait été l'un des artisans de cette clause lors du premier mandat Trump ajoute une dimension presque ironique à la situation actuelle: l'architecte du mécanisme d'incertitude en devient aujourd'hui le principal exécutant.
Un accord autrefois présenté comme une victoire majeure
Lors de sa signature en 2020, l'USMCA avait été présenté par Trump lui-même comme l'une des plus grandes réussites commerciales de son premier mandat, remplaçant un ALENA jugé défavorable aux intérêts américains par un accord prétendument plus équilibré. Le refus actuel de renouveler ce même accord sans profondes modifications supplémentaires illustre une inconstance stratégique frappante dans la politique commerciale de l'administration.
Cette volte-face, du triomphe affiché en 2020 à l'incertitude prolongée de 2026, interroge sur la cohérence à long terme de l'approche commerciale de Trump, qui semble privilégier la remise en question permanente plutôt que la stabilité contractuelle recherchée par les milieux économiques nord-américains.
Les réactions mexicaines et l'optimisme relatif de Mexico
Marcelo Ebrard et la confiance affichée du Mexique
Le secrétaire mexicain à l'Économie Marcelo Ebrard avait, dès janvier 2026, exprimé sa confiance dans la solidité du pacte commercial malgré le scepticisme affiché de Trump, affirmant que les trois nations étaient sur la voie de finaliser une extension. Cette confiance mexicaine, formulée sous l'autorité de la présidente Claudia Sheinbaum, contraste avec l'issue finale du 1er juillet, qui n'a débouché sur aucun renouvellement formel.
Le Mexique semble néanmoins mieux positionné que le Canada dans le calendrier des négociations à venir, avec un troisième round bilatéral déjà programmé pour le 20 juillet, ce qui suggère que Mexico a réussi à maintenir un canal de dialogue plus actif avec Washington que son homologue canadien.
Les enjeux économiques mexicains dans cette révision
Le Mexique a des raisons économiques majeures de vouloir préserver l'architecture de l'USMCA: l'accord a contribué à doubler les salaires mexicains depuis 2020 selon les chiffres cités par Greer lui-même, et une part considérable de l'économie mexicaine dépend directement de l'accès préférentiel au marché américain garanti par ce traité commercial.
Cette dépendance économique mexicaine envers l'USMCA explique la posture relativement conciliante adoptée par Mexico tout au long du processus de révision, une approche qui semble avoir jusqu'ici évité les tensions ouvertes observées dans la relation entre Washington et Ottawa.
L'incertitude économique pour les entreprises nord-américaines
Des chaînes d'approvisionnement en suspens
Pour les entreprises qui ont bâti leurs chaînes d'approvisionnement autour de l'architecture commerciale intégrée de l'Amérique du Nord depuis l'ALENA puis l'USMCA, cette incertitude prolongée constitue un frein direct aux décisions d'investissement à long terme. Un cycle de révisions annuelles pendant une décennie signifie, concrètement, qu'aucune entreprise ne peut planifier ses opérations continentales avec une confiance totale dans la stabilité du cadre réglementaire applicable.
Cette incertitude touche particulièrement les secteurs automobile, agricole et manufacturier, historiquement les plus intégrés à l'échelle nord-américaine, où les chaînes de production traversent fréquemment les trois frontières à plusieurs reprises avant qu'un produit fini n'atteigne le consommateur final.
Le programme de mobilité professionnelle TN maintenu pour l'instant
Un élément rassurant demeure: le programme de visas professionnels TN, ainsi que d'autres dispositions relatives à la mobilité de la main-d'œuvre, aux voyageurs d'affaires et aux investisseurs, restent inchangés pour l'instant selon les précisions apportées par les cabinets spécialisés en immigration qui suivent ce dossier de près. Ces dispositions demeurent en vigueur jusqu'à l'expiration de 2036, sauf modification lors des révisions annuelles à venir.
Ce maintien temporaire des dispositions de mobilité professionnelle offre un répit partiel aux entreprises nord-américaines qui dépendent de la libre circulation de certains travailleurs qualifiés entre les trois pays, même si l'incertitude plane sur la pérennité de ces dispositions à plus long terme.
Les tensions tarifaires qui empoisonnent les discussions
L'acier, l'aluminium et le cuivre au cœur du conflit
Les tarifs douaniers imposés par l'administration Trump sur l'acier, l'aluminium et le cuivre canadiens et mexicains constituent l'un des principaux points de friction qui compliquent la conclusion d'un accord de renouvellement. Ces mesures tarifaires, justifiées par Washington au nom de la sécurité nationale et de la protection de l'industrie américaine, sont perçues par Ottawa et Mexico comme des violations de l'esprit, sinon de la lettre, de l'accord commercial en vigueur.
Le représentant américain Greer a lui-même reconnu publiquement, dans des déclarations rapportées par le Wall Street Journal en juin 2026, que les tarifs douaniers canadiens en représailles constituaient un obstacle majeur aux progrès des négociations commerciales bilatérales entre les deux pays.
Un cercle vicieux de mesures de rétorsion
Cette escalade tarifaire réciproque entre les États-Unis et leurs deux voisins nord-américains illustre un cercle vicieux classique des conflits commerciaux: chaque nouvelle mesure protectionniste américaine appelle une réponse similaire de la part du Canada ou du Mexique, rendant d'autant plus difficile la conclusion d'un accord de renouvellement basé sur la confiance mutuelle plutôt que sur la confrontation tarifaire permanente.
Sortir de ce cercle vicieux nécessitera une volonté politique claire de la part des trois gouvernements de désamorcer les tensions tarifaires avant de pouvoir espérer un véritable renouvellement de l'architecture commerciale nord-américaine sur des bases apaisées.
Ce que cela révèle sur la doctrine commerciale de Trump
La confrontation permanente comme méthode de négociation
Cet épisode s'inscrit dans une doctrine commerciale plus large de l'administration Trump, qui privilégie systématiquement la confrontation tarifaire et l'incertitude calculée comme leviers de négociation, plutôt que la stabilité contractuelle traditionnellement recherchée dans les relations commerciales internationales de long terme.
Cette approche, si elle peut occasionnellement produire des concessions ponctuelles de la part des partenaires commerciaux américains, comporte un coût structurel important: elle érode progressivement la confiance des alliés et partenaires économiques des États-Unis, y compris ceux aussi proches géographiquement et historiquement que le Canada et le Mexique.
Un contraste frappant avec la posture militaire américaine
Il convient de noter que cette approche commerciale erratique contraste nettement avec la posture militaire plus constante affichée par Washington envers ses alliés de l'OTAN dans le dossier ukrainien, où l'administration continue globalement de soutenir l'architecture de défense collective occidentale. Cette dualité entre fermeté militaire et instabilité commerciale illustre les contradictions internes d'une politique étrangère américaine qui varie fortement selon les dossiers traités.
Cette différence de traitement entre les dossiers commerciaux et militaires soulève des questions légitimes sur la cohérence globale de la stratégie internationale de l'administration Trump, qui semble capable de constance sur certains fronts géopolitiques tout en cultivant l'imprévisibilité sur d'autres, notamment économiques.
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L'impact potentiel sur les consommateurs nord-américains
Des coûts qui finissent par se répercuter
Les tarifs douaniers imposés dans le cadre de ce bras de fer commercial ne restent jamais totalement absorbés par les entreprises importatrices: une partie significative de ces coûts supplémentaires finit généralement par se répercuter sur les prix payés par les consommateurs américains, canadiens et mexicains, notamment sur des produits manufacturés impliquant l'acier, l'aluminium ou le cuivre comme intrants de production.
Cette réalité économique, souvent négligée dans le débat politique sur les mérites stratégiques des tarifs douaniers, rappelle que les conséquences de cette impasse commerciale ne se limitent pas aux relations diplomatiques entre gouvernements, mais touchent directement le pouvoir d'achat des citoyens des trois pays concernés.
Les secteurs les plus vulnérables à l'incertitude prolongée
Les secteurs de la construction, de l'automobile et de l'électroménager, particulièrement dépendants des importations d'acier et d'aluminium nord-américains, figurent parmi les plus exposés aux répercussions de cette incertitude commerciale prolongée. Ces industries devront composer avec des coûts de production potentiellement plus élevés et une visibilité réduite sur l'évolution future du cadre tarifaire applicable à leurs approvisionnements.
Cette vulnérabilité sectorielle accrue pourrait, si elle perdure, freiner les investissements industriels dans ces secteurs à travers l'ensemble du continent nord-américain, un effet contre-productif pour une administration qui prétend pourtant vouloir renforcer la production manufacturière américaine.
Le rôle du Congrès dans ce dossier commercial
Une autorité constitutionnelle partagée et contestée
La question de savoir si le président américain peut unilatéralement se retirer d'un accord commercial ratifié par le Congrès demeure juridiquement contestée. Les pouvoirs constitutionnels sur le commerce international et les traités sont explicitement accordés au Congrès, ce qui crée une zone grise juridique si l'administration Trump venait à pousser plus loin sa remise en question de l'accord actuel.
Cette tension institutionnelle entre l'exécutif et le législatif américain pourrait, dans les mois à venir, donner lieu à des contestations juridiques supplémentaires si le processus de révision annuelle venait à être utilisé par la Maison-Blanche pour imposer des changements substantiels sans consultation adéquate du Congrès.
Les auditions parlementaires de décembre 2025
En décembre 2025, l'ambassadeur Jamieson Greer avait déjà témoigné devant la commission des voies et moyens de la Chambre ainsi que devant la commission des finances du Sénat, conformément aux exigences légales de la loi de mise en œuvre de l'USMCA, en amont de l'examen conjoint du 1er juillet 2026. Ces auditions avaient déjà laissé entrevoir les priorités américaines axées sur la correction des déficits commerciaux persistants.
Le fait que ces auditions aient eu lieu plusieurs mois avant l'échéance finale montre que l'issue actuelle, loin d'être une surprise de dernière minute, était largement anticipée par les observateurs qui suivaient de près l'évolution des positions américaines depuis plusieurs mois.
Les précédents historiques de tensions commerciales nord-américaines
De l'ALENA à l'USMCA, une histoire de renégociations
L'histoire commerciale nord-américaine est ponctuée de périodes de tensions similaires: l'ALENA lui-même, signé en 1994, avait fait l'objet de critiques récurrentes pendant plus de vingt ans avant d'être finalement remplaé par l'USMCA en 2020. Cette nouvelle impasse de 2026 s'inscrit donc dans un cycle plus large de redéfinitions périodiques des règles commerciales continentales.
Chaque cycle de négociation ou de révision a historiquement produit son lot d'incertitudes temporaires avant d'aboutir, éventuellement, à un compromis acceptable pour les trois parties. Rien n'indique cependant que ce cycle actuel suivra nécessairement le même chemin vers un compromis rapide.
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Une relation trilatérale historiquement résiliente malgré les tensions
Malgré les tensions récurrentes observées depuis des décennies, la relation commerciale trilatérale entre les États-Unis, le Canada et le Mexique a toujours fini par se stabiliser, portée par une interdépendance économique si profonde qu'une rupture complète reste, selon la plupart des analystes, hautement improbable même dans le contexte actuel de tensions renouvelées.
Cette résilience historique offre un motif de prudence optimiste pour les entreprises nord-américaines, même si elle ne dispense pas les trois gouvernements de l'urgence de clarifier rapidement les termes de leur relation commerciale future.
L'attitude des marchés financiers face à cette incertitude
Une réaction mesurée mais vigilante
Les marchés financiers nord-américains ont, jusqu'à présent, réagi de manière relativement mesurée à l'annonce du non-renouvellement de l'USMCA, les investisseurs semblant intégrer cette nouvelle comme une prolongation prévisible des tensions commerciales déjà observées depuis plusieurs mois plutôt que comme un choc majeur et imprévu.
Cette réaction modérée ne doit cependant pas masquer les inquiétudes sectorielles plus profondes exprimées par certaines industries particulièrement exposées aux tarifs douaniers, notamment l'automobile et la métallurgie, dont les chaines d'approvisionnement transfrontalières restent directement vulnérables à toute nouvelle escalade tarifaire.
Les avertissements des analystes économiques
Plusieurs analyses économiques, notamment celles publiées par de grandes institutions financières, ont averti que la prolongation de cette incertitude commerciale pendant potentiellement une décennie entière pourrait éroder progressivement la compétitivité industrielle nord-américaine face à d'autres blocs économiques mondiaux, notamment l'Union européenne et certains pays asiatiques qui bénéficient d'accords commerciaux plus stables.
Ces avertissements soulignent un paradoxe stratégique: en cherchant à corriger des déficits commerciaux jugés inacceptables, l'administration américaine pourrait involontairement affaiblir la position compétitive globale du continent nord-américain face à ses vrais rivaux stratégiques, notamment la Chine.
Les enjeux pour les travailleurs et les syndicats nord-américains
Des inquiétudes syndicales des deux côtés de la frontière
Les syndicats nord-américains, tant du côté canadien qu'américain, suivent de très près l'évolution de ce dossier commercial, conscients que les conditions de l'USMCA influencent directement les décisions d'investissement des grandes entreprises manufacturières et donc la stabilité de dizaines de milliers d'emplois industriels.
Plusieurs représentants syndicaux ont exprimé leur crainte qu'une décennie de révisions annuelles incertaines ne pousse certaines entreprises à privilégier des investissements dans des pays offrant une stabilité réglementaire plus prévisible, au détriment des travailleurs nord-américains directement touchés par cette valse-hésitation commerciale.
Le Mexique au cœur des inquiétudes salariales
Le dossier salarial mexicain demeure central dans ces discussions, puisque l'un des arguments répétés par Washington pour justifier ses exigences de renégociation porte justement sur la nécessité de maintenir la dynamique de hausse des salaires mexicains amorcée depuis 2020, un progrès social que Jamieson Greer lui-même a reconnu publiquement devant le Congrès.
Cette dynamique salariale positive au Mexique demeure fragile et pourrait être compromise si l'incertitude commerciale actuelle décourageait les investissements industriels qui l'ont rendue possible, un paradoxe que peu d'observateurs semblent avoir pleinement intégré dans leurs analyses.
Conclusion : une relation nord-américaine à réinventer
Un accord suspendu entre stabilité fragile et incertitude durable
Le refus américain de renouveler l'USMCA sans profondes modifications place la relation commerciale nord-américaine dans une zone grise inconfortable: ni rupture totale, ni stabilité retrouvée, mais une décennie de révisions annuelles qui maintiendra une incertitude persistante pour les entreprises, les travailleurs et les consommateurs des trois pays concernés.
Les négociations à venir, notamment le troisième round prévu avec le Mexique le 20 juillet, détermineront si cette période d'incertitude peut déboucher sur un accord de renouvellement plus satisfaisant pour l'ensemble des parties, ou si elle s'installera durablement comme la nouvelle norme des relations commerciales nord-américaines sous cette administration.
Un test pour la crédibilité américaine auprès de ses plus proches voisins
Au-delà des seuls enjeux économiques immédiats, cette impasse commerciale constitue un test important de la crédibilité américaine auprès de ses partenaires les plus proches géographiquement et historiquement, à un moment où Washington cherche par ailleurs à consolider son leadership au sein de l'alliance occidentale face à des rivaux géopolitiques bien plus problématiques que le Canada ou le Mexique.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.
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Sources
Sources primaires
- USTR — Déclaration de l'ambassadeur Greer sur l'examen conjoint de l'USMCA, 1er juillet 2026
- Washington Post — Trump ignore l'échéance de prolongation de l'USMCA et cherche un accord amélioré, 1er juillet 2026
Sources secondaires
- Al Jazeera — Les États-Unis refusent de renouveler l'USMCA, 1er juillet 2026
- The Guardian — Trump refuse de renouveler le pacte commercial qu'il avait jadis défendu, 1er juillet 2026
- Atlantic Council — Suivi des tarifs douaniers de Trump
- JPMorgan — Analyse des tarifs douaniers américains
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). Trump laisse filer l'accord nord-américain de 2 000 milliards $ sans le renouveler. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/trump-laisse-filer-l-accord-nord-americain-de-2-000-milliards-sans-le-renouveler
Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.






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