REPORTAGE : Le sommet E5 de Berlin — les cinq puissances militaires européennes s'unissent pour l'Ukraine
Le 24 juin 2026, les dirigeants des cinq plus grandes puissances militaires d'Europe se sont réunis à Berlin dans le cadre du format informel dit E5. Friedrich Merz (Allemagne), Emmanuel Macron (France), Keir Starmer (Royaume-Uni), Giorgia Meloni (Italie) et Donald Tusk (Pologne) ont promis de renforcer le pilier européen de l'OTAN, d'accélérer la coopération en matière de défe
- Le 24 juin 2026, les dirigeants des cinq plus grandes puissances militaires d'Europe se sont réunis à Berlin dans le cadre du format informel dit E5. Friedrich Merz (Allemagne), Emmanuel Macron (France), Keir Starmer (Royaume-Uni), Giorgia Meloni (Italie) et Donald Tusk (Pologne) ont promis de renforcer le pilier européen de l'OTAN, d'accélérer la coopération en matière de défe
- REPORTAGE : Le sommet E5 de Berlin — les cinq puissances militaires européennes s'unissent pour l'Ukraine
- Introduction : Berlin, le 24 juin — l'Europe de la défense prend forme
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
REPORTAGE : Le sommet E5 de Berlin — les cinq puissances militaires européennes s'unissent pour l'Ukraine
Introduction : Berlin, le 24 juin — l'Europe de la défense prend forme
Cinq dirigeants, un message, un front uni
Le 24 juin 2026, les dirigeants des cinq plus grandes puissances militaires d'Europe se sont réunis à Berlin dans le cadre du format informel dit E5. Friedrich Merz (Allemagne), Emmanuel Macron (France), Keir Starmer (Royaume-Uni), Giorgia Meloni (Italie) et Donald Tusk (Pologne) ont promis de renforcer le pilier européen de l'OTAN, d'accélérer la coopération en matière de défense aérienne, de systèmes autonomes, d'intelligence artificielle et de frappe à longue portée, et de maintenir un soutien total à l'Ukraine.
Ce sommet intervient à deux semaines du sommet de l'OTAN à Ankara des 7-8 juillet 2026 — une réunion qui s'annonce historique avec la signature de contrats de défense pour « des dizaines de milliards de dollars ». L'E5 de Berlin constitue en quelque sorte la répétition générale européenne : les cinq puissances militaires de l'UE et du Royaume-Uni s'alignent sur leurs positions communes avant d'aller à Ankara défendre une vision européenne cohérente de la sécurité.
L'Allemagne annonce 3,5 % du PIB en dépenses de défense d'ici 2029
L'annonce la plus retentissante du sommet est venue du chancelier Friedrich Merz : l'Allemagne vise 3,5 % du PIB en dépenses de défense d'ici 2029. C'est une déclaration d'ambition considérable pour un pays qui a longtemps résisté à augmenter ses dépenses militaires au-delà des 2 % de l'OTAN. Cette annonce, combinée à l'engagement de fournir environ 8,5 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026, confirme la transformation de l'Allemagne en acteur majeur de la sécurité européenne — un changement de paradigme qui aurait semblé impossible avant l'invasion russe de 2022.
Ce chiffre de 3,5 % dépasse même l'objectif de 3 % que certains membres de l'OTAN évoquent désormais. Il place l'Allemagne, qui possède la plus grande économie d'Europe, dans une trajectoire de réarmement sans précédent depuis la fin de la Guerre froide. La décision politique de dépenser massivement dans la défense a été rendue possible par le soutien populaire exceptionnel que recueille en Allemagne l'aide à l'Ukraine depuis 2022.
Le pilier européen de l'OTAN : ce que cela signifie concrètement
Une Europe qui prend en charge davantage sa propre défense
Le concept de « pilier européen de l'OTAN » n'est pas nouveau — il remonte aux débats des années 1990 sur l'Identité européenne de sécurité et de défense. Mais il prend une signification nouvelle et urgente en 2026, dans un contexte où l'administration Trump a soufflé le chaud et le froid sur l'engagement américain en Europe, créant une incertitude stratégique que les Européens ne peuvent pas se permettre de laisser sans réponse.
Renforcer le pilier européen de l'OTAN, c'est concrètement : augmenter les dépenses de défense nationales pour atteindre et dépasser les objectifs de 2 %, développer des capacités de commandement et de contrôle européennes, construire des industries de défense capables de produire suffisamment de munitions, de systèmes d'armes et d'équipements pour soutenir un effort de guerre prolongé sans dépendre entièrement des États-Unis. L'E5 de Berlin s'engage sur l'ensemble de ces dimensions.
La défense aérienne, les systèmes autonomes et l'IA
Les trois domaines de coopération accélérée annoncés à Berlin — défense aérienne, systèmes autonomes et intelligence artificielle — sont précisément ceux que la guerre en Ukraine a identifiés comme les plus décisifs pour la prochaine génération de conflits. La saturation des systèmes de défense aérienne ukrainiens par les frappes massives russes de drones et de missiles, et la montée en puissance des drones autonomes comme arme de rupture stratégique, ont montré que les forces qui maîtriseront ces technologies auront un avantage décisif.
La coordination E5 sur ces domaines cherche à éviter la duplication des efforts nationaux — un problème chronique dans l'industrie de défense européenne — et à créer des économies d'échelle permettant de développer plus vite et moins cher les capacités les plus nécessaires. L'Ukraine elle-même devient un partenaire de cette coopération industrielle, comme le montre le programme de 343 millions d'euros de l'UE pour ses technologies de défense annoncé à Gdańsk.
La Pologne : de la périphérie au cœur de la défense européenne
Un pays qui a tout compris avant les autres
La présence de Donald Tusk à l'E5 de Berlin symbolise la transformation stratégique de la Pologne. Pays frontalier avec l'Ukraine et l'exclave russe de Kaliningrad, la Pologne a compris depuis des décennies la réalité de la menace russe. Elle consacre désormais plus de 4 % de son PIB à la défense — le niveau le plus élevé de tous les membres de l'OTAN. Elle est en train de devenir l'une des armées les plus modernes et les mieux équipées d'Europe.
La Pologne est aussi l'un des principaux axes logistiques du soutien occidental à l'Ukraine. Ses aéroports, ses routes et ses voies ferrées servent de corridor pour l'acheminement des armes et des équipements. Sa frontière commune avec l'Ukraine en fait un partenaire naturel et vital pour tout ce qui concerne la sécurité ukrainienne. La crise diplomatique autour de la question mémorielle de l'UPA — qui a conduit au retrait de l'Ordre de l'Aigle Blanc à Zelensky — ne doit pas masquer la profondeur de cette coopération structurelle.
Le format E5 : souplesse et efficacité face aux blocages institutionnels
Le format E5 ne dispose pas de statut officiel dans l'architecture institutionnelle de l'UE ou de l'OTAN. C'est délibéré. Il permet à cinq pays de se coordonner rapidement, de prendre des décisions et de les annoncer sans attendre les processus de décision à 27 de l'UE ou à 32 de l'OTAN. Ces processus sont nécessaires pour légitimer les décisions formelles — mais ils sont trop lents pour la vitesse à laquelle évolue le contexte sécuritaire en Europe.
L'E5 fonctionne comme un moteur de l'intégration défensive européenne : il crée des faits accomplis que les institutions formelles sont ensuite appelées à entériner. C'est le même modèle qui a présidé à la naissance du couple franco-allemand — deux pays qui se coordonnent en amont pour entraîner ensuite les autres. Avec cinq pays représentant les principaux budgets de défense européens, l'effet de levier est considérablement plus important.
Le soutien à l'Ukraine : un engagement réaffirmé sans ambiguïté
Un paquet d'aide de 70 milliards d'euros attendu à Ankara
Au-delà des engagements de l'E5 de Berlin, un paquet d'aide militaire de 70 milliards d'euros pour l'Ukraine est attendu lors du sommet de l'OTAN à Ankara — avec la participation personnelle de Zelensky. Ce paquet représenterait l'un des engagements de soutien militaire les plus importants jamais formulés collectivement par les membres de l'Alliance.
Pour l'Ukraine, la signification politique de cet engagement dépasse son contenu matériel. Elle signifie que l'OTAN — malgré les tensions internes, malgré les incertitudes américaines, malgré les hesitations de certains membres — maintient son soutien à l'Ukraine à un niveau élevé. C'est un signal à Moscou que la stratégie d'épuisement ne fonctionne pas, que l'Occident n'abandonnera pas l'Ukraine à mi-chemin.
Les livraisons d'armes de pointe : un changement qualitatif
L'engagement du soutien allié à l'Ukraine s'est considérablement qualifié depuis 2022. On est passé des casques et des gilets pare-balles des premières semaines aux systèmes de missiles Patriot, aux F-16, aux Gripen suédois (avec 20 E/F à acquérir et 16 C/D en don), aux missiles de croisière Storm Shadow et SCALP, et désormais aux promesses de Rafale français. Chaque escalade a été précédée de longues hésitations — et chaque escalade a été franchie.
Cette trajectoire ascendante des livraisons d'armes est l'une des raisons pour lesquelles l'Ukraine a pu résister et développer ses propres capacités offensives. Les missiles Bars RS à 1 000 km de portée, les drones de frappe longue distance, les glide bombs ukrainiens — autant de capacités développées par l'industrie de défense ukrainienne sur la base des leçons tirées de l'utilisation des systèmes occidentaux.
La frappe longue portée : une révolution doctrinale
L'Ukraine comme pionnier de la doctrine de frappe stratégique
La campagne de 40 jours approuvée par Zelensky le 25 juin 2026, visant les infrastructures énergétiques, logistiques et industrielles russes avec des frappes à portée intermédiaire et longue, marque une nouvelle étape dans la guerre. L'Ukraine n'est plus seulement en train de se défendre — elle mène une campagne stratégique d'attrition économique contre la capacité de guerre russe.
Les frappes sur la raffinerie de Slaviansk-sur-Kouban (Krasnodar), sur les raffineries de l'oblast de Yaroslavl, sur l'usine chimique Azot de Novomoskovsk (Toula), sur l'usine de semi-conducteurs VZPP-S de Voronezh — toutes ces frappes touchent des cibles à 500 à 1 200 km du front. Elles démontrent une capacité de frappe stratégique profonde que l'Ukraine est en train de développer à une vitesse remarquable.
L'E5 et la frappe longue portée : vers une doctrine commune
L'engagement de l'E5 à coopérer sur la frappe longue portée s'inscrit directement dans cette réalité ukrainienne. Les pays européens qui ont fourni des Storm Shadow, des SCALP et d'autres systèmes similaires ont observé leur efficacité dans les mains des opérateurs ukrainiens. Ils comprennent maintenant la valeur stratégique de ces capacités — et cherchent à développer des versions plus avancées, en quantité suffisante, pour leurs propres arsenaux et pour le soutien continu à l'Ukraine.
La coopération dans ce domaine est également liée à la question des munitions longue portée pour les systèmes communs. Les arsenaux européens se sont considérablement réduits depuis le début de la guerre en Ukraine — et leur reconstitution prend du temps. L'E5 de Berlin engage ses membres à accélérer cette reconstitution, en coordonnant les commandes pour obtenir de meilleures économies d'échelle auprès des industries nationales et alliées.
L'industrie de défense européenne : sortir de la pénurie
Les leçons d'une mobilisation industrielle insuffisante
L'un des défis les plus difficiles révélés par la guerre en Ukraine est l'insuffisance de la capacité industrielle de défense européenne. Les arsenaux d'obus d'artillerie, de missiles, de systèmes de défense aérienne et de véhicules blindés se sont révélés largement insuffisants pour soutenir une guerre de haute intensité prolongée. L'Europe avait dimensionné son industrie de défense pour la paix — pas pour la guerre.
Depuis 2022, des efforts considérables ont été engagés pour accélérer la production. L'UE a lancé des programmes de soutien à l'industrie de défense (EDIP, ASAP), des financements communs pour les achats d'obus, des incitations à l'investissement dans les capacités de production. Le résultat est une progression réelle, mais encore insuffisante face aux besoins de l'Ukraine et aux objectifs de reconstitution des arsenaux alliés.
Les partenariats industriels E5 : créer des filières communes
L'E5 de Berlin s'engage à développer des partenariats industriels dans les domaines les plus critiques — défense aérienne, systèmes autonomes, frappe longue portée. Ces partenariats visent à créer des filières industrielles transnationales capables de produire en quantité suffisante les capacités dont l'Europe a besoin. Ils permettent également de partager les coûts de recherche et développement, souvent prohibitifs pour les programmes les plus technologiquement avancés.
L'Ukraine est invitée dans ces partenariats — non pas comme bénéficiaire passive, mais comme co-développeur. Son industrie de défense, qui a démontré une capacité d'innovation remarquable sous la pression de la guerre, dispose d'un savoir-faire en drones, en systèmes anti-drones et en munitions guidées que les industries européennes reconnaissent comme précieux. Le programme de 343 millions d'euros de garanties et subventions de l'UE pour les technologies de défense ukrainiennes, signé à Gdańsk, s'inscrit dans cette logique de co-développement.
La vision commune : un pilier européen renforcé dans l'Alliance
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Prendre en charge les capacités longtemps assurées par Washington
Le message central du sommet E5 de Berlin est clair : l'Europe doit reprendre graduellement les capacités longtemps assurées par les États-Unis. Cette formule diplomatique recouvre une réalité concrète — renseignement stratégique, transport aérien longue distance, défense anti-missile, frappes de précision longue portée. Autant de domaines où l'Europe a fait confiance aux Américains pendant des décennies et qui représentent aujourd'hui une dépendance structurelle potentiellement problématique face à une administration Trump qui signale un désengagement progressif.
Les cinq nations ont convenu de coordonner leurs investissements dans ces domaines spécifiques — non pas pour dupliquer les capacités américaines, mais pour réduire leur criticité. Si Washington réduit sa présence en Europe, les alliés européens doivent être en mesure de combler les lacunes les plus urgentes sans délai catastrophique. Ce travail de coordination, entamé au niveau des ministres de la défense depuis 2024, est maintenant élevé au niveau des chefs d'État. Ce changement de niveau hiérarchique signifie des décisions plus rapides et des budgets plus importants.
L'exclusion de l'Espagne : un avertissement politique
La décision d'exclure l'Espagne du groupe E5 à Berlin est un signal politique fort. Selon le quotidien espagnol El Español, Madrid a été écarté en partie parce que le Premier ministre Pedro Sánchez refuse de s'engager vers une dépense de 5 % du PIB en défense — objectif que les quatre autres nations ont accepté. Cette exclusion n'est pas permanente, mais elle envoie un message : dans l'Europe post-2022, les nations qui ne s'engagent pas sérieusement sur leur propre défense ne siègent pas à la table des décisions stratégiques.
La leçon est dure mais nécessaire. La solidarité européenne ne peut pas fonctionner si certains membres profitent de l'effort collectif sans y contribuer proportionnellement. Les nations baltes, la Pologne, la Finlande — qui consacrent 5 à 6 % de leur PIB à la défense — ont tout à fait raison d'exiger une réciprocité de leurs partenaires plus grands et plus riches. L'E5 de Berlin en a tenu compte. Ankara devra en faire autant.
L'absent de Berlin : l'Espagne et les divisions sur les dépenses militaires
Sánchez exclu — un signal pour les récalcitrants
L'exclusion de l'Espagne du sommet E5 de Berlin n'est pas passée inaperçue. Selon le quotidien espagnol El Español, le Premier ministre Pedro Sánchez a été écarté en partie parce qu'il refuse de s'engager vers l'objectif de 5 % du PIB en dépenses de défense — le même objectif que les quatre autres membres de l'E5 ont accepté. Cette exclusion symbolique envoie un message puissant dans toutes les capitales européennes : la solidarité stratégique a un prix, et ceux qui refusent de le payer ne siègent pas à la table des décisions.
L'Espagne n'est pas le seul pays européen à traîner les pieds sur les dépenses militaires. Mais elle est l'une des plus grandes économies du continent, et son refus d'atteindre les objectifs OTAN contraste fortement avec les efforts des petites nations du flanc est. La Lituanie, trois millions d'habitants, consacre 5,4 % de son PIB à la défense. L'Espagne, 47 millions d'habitants, est encore bien en dessous des 2 % historiques de l'Alliance. Ce contraste illustre la fracture entre les nations qui vivent avec la réalité de la menace russe et celles qui la perçoivent encore comme lointaine.
Les enjeux du sommet d'Ankara pour l'unité alliée
Le sommet E5 de Berlin est une répétition générale pour le sommet d'Ankara. Les cinq grandes puissances européennes qui se sont réunies le 24 juin voulaient arriver à Ankara avec un message coordonné. Elles ont réussi à aligner leurs positions sur les principales questions : soutien à l'Ukraine, renforcement du pilier européen, coordination industrielle. Ce front commun renforce la position des alliés européens dans leurs interactions avec l'administration Trump, qui cherche à traiter chaque allié individuellement plutôt que de faire face à un bloc coordonné.
La participation de Mark Rutte par vidéoconférence depuis Washington témoigne de l'importance du sommet. Il devait rencontrer Trump pour désamorcer les tensions avant Ankara — des tensions nées des critiques américaines sur le soutien insuffisant des alliés à l'action contre l'Iran et de l'annonce par Hegseth d'une révision des forces américaines en Europe. Le front commun de l'E5 est le meilleur argument que les Européens peuvent apporter à cette discussion : l'Europe dépense, l'Europe s'organise, l'Europe mérite le partenariat américain.
Conclusion : L'E5 de Berlin — une Europe de la défense enfin sérieuse
Un tournant stratégique pour la sécurité européenne
Le sommet E5 de Berlin du 24 juin 2026 n'est pas un événement ordinaire. Il marque la cristallisation d'une transformation stratégique de l'Europe qui a commencé le 24 février 2022 et qui n'est pas encore achevée. Les cinq plus grandes puissances militaires du continent ont affiché leur unité, leurs ambitions et leur engagement envers l'Ukraine avec une clarté que l'histoire retiendra.
L'Allemagne qui vise 3,5 % du PIB en défense, la France qui envoie ses cyber-soldats apprendre à Kyiv, le Royaume-Uni qui maintient son soutien indéfectible malgré le Brexit, l'Italie qui s'intègre dans la coopération défensive européenne, la Pologne qui dépense 4 % de son PIB en défense — ces cinq pays forment un noyau dur autour duquel l'Europe de la défense peut enfin prendre une forme cohérente et crédible.
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Ce qui reste à faire
Mais le chemin est encore long. Il faut transformer les annonces en capacités réelles, les engagements budgétaires en équipements livrés, les coopérations annoncées en filières industrielles effectives. Il faut maintenir ce niveau d'ambition dans la durée, face aux pressions économiques, aux changements politiques internes et aux tentatives russes de diviser l'Alliance. Et il faut continuer de soutenir l'Ukraine — pas seulement jusqu'au cessez-le-feu, mais jusqu'à une paix juste et durable qui garantisse sa souveraineté et sa sécurité.
L'E5 de Berlin a posé les bases. Ankara doit les consolider. Et les années qui suivront devront les transformer en réalité permanente d'une Europe capable de se défendre et de défendre ses valeurs.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Sources et méthode
Cet article repose sur des sources ouvertes : le Brussels Signal, la diplomatie française, les médias spécialisés en défense européenne et les communications officielles des gouvernements concernés. Je n'ai pas eu accès aux documents confidentiels du sommet E5. Mon analyse des implications stratégiques est fondée sur ma lecture personnelle du contexte géopolitique.
Biais assumés
Je suis favorable au renforcement de la défense européenne et au soutien continu à l'Ukraine. Je considère que la dépendance excessive de l'Europe envers les États-Unis pour sa sécurité est un risque stratégique qui doit être réduit. Ces convictions orientent mon analyse.
Sources
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). REPORTAGE : Le sommet E5 de Berlin — les cinq puissances militaires européennes s'unissent pour l'Ukraine. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/reportage-le-sommet-e5-de-berlin-les-cinq-puissances-militaires-europeennes-s-un
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