Manille joue son va-tout face à Pékin en mer de Chine méridionale
Les Philippines, à la présidence tournante de l'ASEAN en 2026, misent tout sur la conclusion d'un code de conduite avec la Chine

- Les Philippines, à la présidence tournante de l'ASEAN en 2026, misent tout sur la conclusion d'un code de conduite avec la Chine
- Les Philippines , à la présidence tournante de l' ASEAN en 2026 , misent tout sur la conclusion d'un code de conduite avec la Chine en mer de Chine méridionale avant la fin de l'année.
- La ministre philippine des Affaires étrangères, Ma.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction : un délai qui expire bientôt et Pékin qui n'a pas peur de tricher
Une échéance fixée depuis 2023
Les Philippines, à la présidence tournante de l'ASEAN en 2026, misent tout sur la conclusion d'un code de conduite avec la Chine en mer de Chine méridionale avant la fin de l'année. La ministre philippine des Affaires étrangères, Ma. Theresa Lazaro, l'a répété début juin lors d'une intervention au Center for Strategic and International Studies à Washington: l'objectif reste de boucler ce texte avant le 31 décembre 2026, un délai fixé par les ministres des Affaires étrangères de l'ASEAN dès 2023, qui avaient donné trois ans à Pékin et à ses voisins pour finaliser des négociations traînant depuis plus de deux décennies.
Le problème, c'est que la Chine continue, dans les faits, d'agir exactement comme si aucun code n'était en négociation, en multipliant les provocations dans les eaux disputées pendant que ses diplomates discutent poliment à la table des négociations.
Un timing qui n'a rien d'un hasard
Cette échéance de fin 2026 tombe précisément pendant l'année où les Philippines président l'ASEAN, un fait que Manille compte bien exploiter pour maximiser la pression diplomatique sur Pékin. Mais le calendrier joue aussi contre les Philippins: chaque mois de retard laisse à la Chine davantage de temps pour consolider ses positions physiques sur le terrain, rendant tout futur compromis diplomatique de plus en plus théorique face à une réalité déjà largement fixée par le fait accompli.
Scarborough Shoal, le symbole d'une provocation permanente
Une plateforme flottante retirée sous la pression
L'affaire de la plateforme flottante installée par la Chine à l'intérieur du récif de Scarborough Shoal, aussi appelé Bajo de Masinloc par les Philippins, résume à elle seule le climat de méfiance qui pèse sur ces négociations. Repérée début juin 2026, cette structure semi-permanente a immédiatement provoqué une protestation diplomatique formelle de Manille, qui a rappelé détenir une souveraineté « indivisible et incontestable » sur cette zone, conformément à la sentence arbitrale de 2016 rendue à La Haye en faveur des Philippines.
Selon des informations rapportées par Reuters et confirmées le 17 juin 2026, la structure a finalement été retirée après plusieurs jours de pression diplomatique, une victoire tactique pour Manille mais qui ne règle en rien le problème structurel des incursions répétées de la Chine dans ces eaux disputées.
Un cycle de provocations qui se répète depuis des années
Ce n'est ni la première ni probablement la dernière fois qu'un tel incident survient près de Scarborough Shoal, une zone stratégique située à environ 220 kilomètres des côtes philippines mais totalement à l'intérieur de leur zone économique exclusive reconnue par le droit international. Chaque provocation suit le même schéma: la Chine installe une structure ou déploie ses navires de garde-côtes, les Philippines protestent officiellement, la communauté internationale observe, et le cycle recommence quelques semaines plus tard ailleurs dans la région.
Le spectre d'un « détroit d'Ormuz » asiatique
Une comparaison qui inquiète les stratèges régionaux
Des voix influentes dans la région, dont l'ambassadeur philippin Jose Manuel del Gallego Romualdez, ont explicitement établi un parallèle entre la crise énergétique provoquée par les tensions autour du détroit d'Ormuz au Moyen-Orient et le risque similaire que ferait courir une escalade incontrôlée en mer de Chine méridionale. Cette voie maritime, empruntée chaque année par des milliers de milliards de dollars de commerce mondial, pourrait devenir, en cas de conflit ouvert, un goulot d'étranglement économique comparable à celui du Golfe persique.
Cette comparaison n'est pas qu'un exercice rhétorique: elle vise à convaincre les partenaires occidentaux, souvent focalisés sur le Moyen-Orient ou sur l'Ukraine, que l'Indo-Pacifique mérite une attention stratégique tout aussi soutenue avant qu'une crise similaire n'éclate dans cette région.
Une leçon tirée de la crise iranienne récente
La crise énergétique provoquée par les tensions autour de l'Iran au printemps 2026 a servi de signal d'alarme pour les stratèges philippins et asiatiques: si un blocage similaire survenait en mer de Chine méridionale, les conséquences économiques mondiales seraient potentiellement encore plus graves, étant donné le volume de trafic maritime qui transite par cette route commerciale essentielle entre l'Asie de l'Est et le reste du monde.
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Le rôle de l'ASEAN, entre ambition et paralysie chronique
Une organisation régionale prise entre deux feux
L'ASEAN se retrouve dans une position délicate: plusieurs de ses membres entretiennent des relations économiques étroites avec Pékin, ce qui complique l'adoption d'une position commune ferme face aux provocations chinoises en mer de Chine méridionale. Cette division interne explique en grande partie pourquoi les négociations sur le code de conduite, entamées formellement en 2017, traînent depuis près d'une décennie sans résultat concret et contraignant.
Les Philippines, en tant que présidentes de l'organisation cette année, tentent d'utiliser cette position pour accélérer le processus, mais elles se heurtent à la réticence de certains partenaires régionaux plus prudents face à Pékin, soucieux de ne pas froisser leur principal partenaire commercial.
Un texte final qui pourrait n'être qu'une coquille vide
Plusieurs analystes régionaux avertissent déjà qu'un accord conclu dans la précipitation, uniquement pour respecter le calendrier symbolique de fin 2026, risquerait de produire un texte de « cadre » dépourvu de véritable force contraignante, sans précision géographique ni mécanisme de contrainte militaire réel. Une victoire diplomatique en apparence, mais un statu quo maintenu dans les faits pour Pékin.
Pourquoi l'Occident doit soutenir Manille sans hésiter
Un allié qui défend le droit international face à la force
Les Philippines se battent, dans cette affaire, pour un principe qui dépasse largement leurs propres frontières maritimes: le respect du droit international et de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer face à une puissance qui préfère imposer sa loi par la force et le fait accompli. C'est exactement le genre de combat que l'Occident, engagé par ailleurs dans son soutien à l'Ukraine face à la Russie, devrait reconnaître comme structurellement identique.
Laisser la Chine imposer sa loi en mer de Chine méridionale sans conséquence enverrait un signal désastreux à d'autres puissances révisionnistes, dont la Russie et l'Iran, qui observent attentivement la fermeté, ou l'absence de fermeté, des démocraties occidentales face aux violations du droit international.
Une cohérence stratégique à préserver
Il serait incohérent de dénoncer avec vigueur les violations russes du droit international en Ukraine tout en fermant les yeux sur des méthodes similaires employées par Pékin dans l'Indo-Pacifique. Les démocraties occidentales doivent traiter ces deux dossiers avec la même exigence de principe, sous peine de voir leur crédibilité minée par une application à géométrie variable du droit international selon les intérêts économiques en jeu.
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Le précédent de la sentence arbitrale de 2016 toujours ignoré
Une victoire juridique jamais appliquée
Il faut rappeler qu'en 2016, la Cour permanente d'arbitrage de La Haye avait donné raison aux Philippines contre la Chine, rejetant les revendications historiques chinoises sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale matérialisées par la fameuse ligne en neuf traits. Dix ans plus tard, Pékin continue purement et simplement d'ignorer cette décision, refusant même d'en reconnaître la légitimité juridique face à la communauté internationale.
Ce mépris persistant pour une décision de justice internationale contraignante illustre, mieux que tout discours, la nature du défi auquel font face les négociateurs du code de conduite: comment bâtir un accord de confiance avec un partenaire qui a déjà démontré, de façon répétée, son mépris pour les mécanismes juridiques internationaux existants.
Un rappel utile pour les partenaires occidentaux
Ce précédent devrait servir d'avertissement clair à tous ceux, en Europe ou en Amérique du Nord, tentés de croire qu'un simple texte diplomatique suffira à changer le comportement de Pékin dans cette région. Sans mécanisme de vérification robuste et sans conséquences concrètes en cas de violation, le futur code de conduite risque de connaître le même sort que la sentence de 2016: une victoire sur le papier, ignorée sur le terrain.
La militarisation croissante des récifs disputés
Des îles artificielles transformées en bases militaires
Au-delà du seul cas de Scarborough Shoal, la Chine a systématiquement transformé plusieurs récifs et îlots disputés en bases militaires équipées de pistes d'atterrissage, de radars et de systèmes de défense antiaérienne, une stratégie de fait accompli menée patiemment depuis plus d'une décennie malgré les protestations répétées de ses voisins asiatiques et des puissances occidentales.
Cette militarisation progressive change fondamentalement l'équilibre stratégique de la région, rendant chaque nouvelle négociation sur le code de conduite plus difficile, puisque Pékin négocie désormais en position de force militaire quasi établie sur le terrain, un avantage qu'elle n'avait pas au début des pourparlers en 2017.
Les Philippines renforcent leurs propres alliances
Face à cette réalité, Manille a intensifié sa coopération militaire avec les États-Unis, le Japon et l'Australie, multipliant les exercices navals conjoints en mer de Chine méridionale pour signaler à Pékin qu'elle ne se retrouve pas seule face à ces provocations répétées. Cette stratégie d'alliances multiples constitue, pour l'instant, le meilleur rempart dont dispose Manille en attendant l'issue incertaine des négociations diplomatiques.
Ce que révèle cette crise sur l'équilibre mondial
Un front commun face aux puissances révisionnistes
La situation en mer de Chine méridionale ne peut plus être analysée isolément des autres foyers de tension impliquant des puissances révisionnistes comme la Russie en Ukraine, l'Iran au Moyen-Orient, ou la Corée du Nord dans le Pacifique. Ces régimes partagent une même méthode: tester patiemment les limites de la réaction occidentale avant de pousser plus loin leurs revendications territoriales ou stratégiques.
Reconnaître cette convergence de méthode entre Pékin, Moscou, Téhéran et Pyongyang devrait pousser les démocraties occidentales à coordonner davantage leurs réponses plutôt que de traiter chaque dossier régional en vase clos, comme c'est trop souvent le cas actuellement dans les enceintes diplomatiques internationales.
Le test de la vigilance stratégique occidentale
Ce dossier philippin, même s'il semble géographiquement éloigné des préoccupations européennes centrées sur l'Ukraine, constitue un véritable test de la capacité de l'Occident à maintenir une vigilance stratégique globale plutôt que fragmentée région par région. L'issue de cette négociation sur le code de conduite enverra un signal, positif ou négatif, à toutes les puissances qui observent attentivement la fermeté réelle des démocraties face aux violations du droit international.
Conclusion : une échéance à surveiller de près jusqu'en décembre
Un test pour la crédibilité de l'ASEAN et de Manille
La conclusion, ou l'échec, de ce code de conduite avant la fin de 2026 constituera un test décisif pour la crédibilité de l'ASEAN en tant qu'organisation capable de peser face à Pékin, et pour la présidence philippine de cette instance régionale. La ministre Lazaro elle-même a résumé sa position avec une prudence révélatrice: « Je suis optimiste, mais également pragmatique », une formule qui trahit autant l'espoir que le doute persistant sur les chances réelles d'aboutir à un texte solide.
Entre les provocations répétées près de Scarborough Shoal et les échéances diplomatiques qui approchent, les prochains mois diront si la mer de Chine méridionale suit la voie d'un apaisement encadré par des règles, ou si elle glisse davantage vers ce scénario redouté de « détroit d'Ormuz asiatique » que les stratèges régionaux évoquent désormais ouvertement.
Ce que l'Occident doit en retenir
Pour les capitales occidentales, ce dossier doit rester une priorité stratégique, pas une note de bas de page derrière l'Ukraine ou le Moyen-Orient. La détermination de Manille à défendre ses droits maritimes face à une puissance bien plus grande mérite un soutien diplomatique clair et constant de la part de tous les partenaires attachés à un ordre international fondé sur des règles plutôt que sur la loi du plus fort.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.
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Sources
Sources primaires
- South China Morning Post, dossier mer de Chine méridionale — juin 2026
- Reuters, retrait de la plateforme flottante à Scarborough Shoal — 17 juin 2026
Sources secondaires
- Reuters, action diplomatique des Philippines contre la structure chinoise — 9 juin 2026
- Philstar, les Philippines visent un code de conduite fin 2026 — 10 juin 2026
- The Straits Times, la crise d'Ormuz aiguise la volonté philippine — 24 juin 2026
- Center for Asia Pacific Strategy, avertissement de l'ambassadeur Romualdez — 19 avril 2026
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). Manille joue son va-tout face à Pékin en mer de Chine méridionale. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/manille-joue-son-va-tout-face-a-pekin-en-mer-de-chine-meridionale
Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.






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