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La ChroniqueTribune· N° 601

LETTRE OUVERTE : Les répéteurs drones biélorusses hors service — Zelensky confirme le coup décisif

Il y a, dans les capitales occidentales et dans les salons bien chauffés de la géopolitique de salon, des voix qui persistent

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À retenir
  1. Il y a, dans les capitales occidentales et dans les salons bien chauffés de la géopolitique de salon, des voix qui persistent
  2. Introduction : Une lettre à ceux qui doutent encore de l'Ukraine
  3. Cette lettre s'adresse à ceux qui pensent que l'Ukraine ne peut pas gagner
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Introduction : Une lettre à ceux qui doutent encore de l'Ukraine

Cette lettre s'adresse à ceux qui pensent que l'Ukraine ne peut pas gagner

Il y a, dans les capitales occidentales et dans les salons bien chauffés de la géopolitique de salon, des voix qui persistent à murmurer que l'Ukraine est condamnée. Que la Russie est trop grande, trop armée, trop déterminée. Que Zelensky devrait négocier depuis une position de faiblesse. Cette lettre ouverte s'adresse à ces voix. Et elle leur apporte une réponse concrete, datée du 22 juin 2026 : les répéteurs de drones biélorusses sont hors service.

Cette information, confirmée publiquement par le président Volodymyr Zelensky le 24 juin 2026 et analysée par l'ISW, n'est pas un détail technique. C'est une démonstration de capacité opérationnelle clandestine qui change le calcul stratégique dans le couloir nord-ouest — la route par laquelle les drones Shahed russes contournaient les défenses ukrainiennes depuis le territoire biélorusse.

Pourquoi cette opération compte vraiment

Depuis 2022, la Biélorussie sert de glacis militaire pour la Russie. Les forces armées russes y ont stationné des troupes, utilisé ses aérodromes pour des frappes initiales, et plus récemment, installé des répéteurs de drones dans les zones de Gomel et Brest pour permettre aux drones Shahed de prolonger leur portée opérationnelle via le territoire biélorusse. Ces répéteurs étaient un multiplicateur de force significatif pour Moscou — et une menace constante pour les populations ukrainiennes du nord.

La SBU — Service de sécurité ukrainien — attribue la neutralisation de ces répéteurs à des opérations spéciales clandestines. Les détails restent classifiés, ce qui est normal. Ce qui ne l'est pas, c'est que Zelensky lui-même a choisi de confirmer publiquement le résultat. Dans le langage du renseignement et de la guerre hybride, cette confirmation est un message — à Minsk, à Moscou, et au monde entier.

À Alexandre Loukachenko : vous avez fait un mauvais calcul

Le choix de Loukachenko et ses conséquences

Cette lettre s'adresse aussi à Alexandre Loukachenko, le maître du Bélarus, qui a choisi de lier son destin à celui de Vladimir Poutine en permettant l'utilisation du territoire biélorusse comme base de lancement pour l'invasion de l'Ukraine en février 2022. Ce choix — que beaucoup d'observateurs présentaient comme inévitable compte tenu de sa dépendance à Moscou — a transformé la Biélorussie d'un État neutre en co-belligérant de facto.

Les répéteurs de drones dans les régions de Gomel et Brest sont la matérialisation de cette complicité. Ce ne sont pas des accidents géographiques — ce sont des installations militaires délibérément implantées sur le sol biélorusse pour prolonger la portée de l'arme principale de la terreur russe contre les civils ukrainiens. La destruction de ces répéteurs n'est pas une attaque contre la Biélorussie — c'est une réponse à une agression.

Le prix que Minsk paiera

La Biélorussie est aujourd'hui un État sous sanctions, isolé de l'Occident, économiquement dépendant de la Russie au point de ressembler à une province moscovite. Les choix de Loukachenko ont coûté à son pays l'accès aux marchés européens, les investissements étrangers, la libre circulation de ses citoyens, et la crédibilité internationale. Pour quelques répéteurs sur le territoire biélorusse, Minsk a sacrifié son avenir européen.

L'avenir de la Biélorussie se jouera après Poutine. Et ce jour-là, la question se posera : quel bilan Loukachenko laissera-t-il derrière lui ? Un pays appauvri, isolé, complice de crimes de guerre contre un peuple voisin avec lequel il partage une frontière longue de centaines de kilomètres et une histoire commune. Ce calcul-là, le dictateur biélorusse devra le régler — si ce n'est devant l'histoire, devant ses propres citoyens.

À Volodymyr Zelensky : merci pour la transparence

Le courage de confirmer ce que d'autres auraient caché

Monsieur le Président, dans cette lettre ouverte, je veux vous adresser un mot qui n'est pas souvent dans le vocabulaire diplomatique : merci pour votre transparence. Confirmer publiquement la neutralisation des répéteurs biélorusses le 24 juin 2026, c'est un acte politique et stratégique délibéré. C'est dire à vos alliés que l'Ukraine n'est pas une victime passive qui subit — c'est une puissance active qui agit, qui planifie, et qui réussit ses opérations.

Cette transparence est aussi un outil de mobilisation du soutien occidental. Chaque succès opérationnel confirmé renforce les arguments de ceux qui, dans les parlements européens et américains, défendent l'idée que l'aide à l'Ukraine est un investissement stratégique rentable. Vous ne demandez pas la charité — vous démontrez votre efficacité. Et ça change tout dans les négociations budgétaires à Bruxelles et à Washington.

Ce que cette confirmation dit de votre leadership

Il serait tentant, pour un chef de guerre, de garder secrets les succès opérationnels pour maintenir l'avantage de surprise. Zelensky fait l'inverse — il communique les victoires pour construire un récit de résistance efficace. C'est une forme de soft power militaire que peu de dirigeants en temps de guerre ont su maîtriser aussi habilement.

Le modèle Zelensky — transparence calculée, communication directe avec les citoyens et les alliés, assomption des risques plutôt que leur dissimulation — est une leçon de leadership en temps de crise que les démocraties occidentales devraient étudier. Pendant que Poutine dissimule ses pertes derrière la censure, Zelensky annonce ses victoires devant le monde. L'asymétrie de communication est un avantage stratégique autant que moral.

À l'ISW et aux analystes : merci pour votre rigueur

La valeur irremplaçable de l'analyse indépendante

Cette lettre ouverte s'adresse aussi à l'Institute for the Study of War et à ses analystes, dont le travail quotidien de vérification, de géolocalisation et d'analyse des opérations militaires constitue un service public inestimable. Le rapport ISW du 24 juin 2026 note que la neutralisation des répéteurs biélorusses affecte le routage des drones dans le couloir nord-ouest — une confirmation indépendante qui donne du poids à la déclaration de Zelensky.

Dans un monde saturé de désinformation, les organisations qui maintiennent des standards élevés de vérification méritent notre reconnaissance et notre soutien. L'ISW, Bellingcat, GeoConfirmed et leurs homologues construisent, rapport après rapport, une architecture de la vérité sur laquelle journalistes, décideurs et citoyens peuvent s'appuyer. Leur indépendance est un bien public aussi précieux que la démocratie elle-même.

L'OSINT comme outil de résistance démocratique

La communauté du renseignement en sources ouvertes (OSINT) a joué un rôle sans précédent dans cette guerre. Des milliers d'analystes bénévoles ou professionnels ont géolocalisé des frappes, tracé des mouvements de troupes, identifié des équipements, et contredit la propagande russe avec des preuves visuelles vérifiables. Cette démocratisation du renseignement est l'une des transformations les plus significatives du conflit.

Les répéteurs biélorusses neutralisés le 22 juin 2026 ont été confirmés via cette combinaison d'analyse officielle ukrainienne, d'évaluation indépendante de l'ISW, et de suivi de terrain par des journalistes et analystes spécialisés. Ce maillage de sources est la meilleure garantie de vérité dans une guerre où chaque partie a intérêt à manipuler les faits.

À la communauté internationale : prenez la mesure de ce qui vient de se passer

Ce que signifie vraiment neutraliser des répéteurs en Biélorussie

Pour comprendre l'importance stratégique de la neutralisation des répéteurs biélorusses, il faut d'abord comprendre leur rôle. Les drones Shahed iraniens — fournis à la Russie en masse depuis 2022 — sont des armes de terror à longue portée. Ils ciblent les infrastructures énergétiques ukrainiennes, les villes civiles, les hôpitaux. Leur itinéraire via la Biélorussie leur permettait de contourner les systèmes de défense aérienne ukrainiens déployés sur le front est.

En neutralisant les répéteurs qui guidaient et amplifiaient les signaux de contrôle de ces drones dans le couloir nord-ouest, l'Ukraine a obligé la Russie à reconfigurer ses itinéraires d'attaque, à exposer davantage ses drones à la défense aérienne ukrainienne, et à réduire potentiellement l'efficacité de ses frappes nocturnes. C'est un gain opérationnel immédiat et un signal stratégique à Minsk.

Le message à tous les États qui aident la Russie

La Biélorussie n'est pas le seul pays qui fournit une infrastructure à l'agression russe. L'Iran livre des drones, la Corée du Nord fournit des munitions, et des réseaux d'approvisionnement complexes contournent les sanctions dans des dizaines de pays. La neutralisation des répéteurs biélorusses envoie un message clair à ces acteurs : les infrastructures qui soutiennent la guerre russe contre l'Ukraine ne sont pas intouchables.

L'Ukraine a démontré, avec des opérations clandestines, une portée géographique et une sophistication technique qui dépassent largement ce que ses adversaires supposaient. Chaque opération réussie en territoire ennemi ou dans des États complices réduit la marge de manœuvre de ceux qui pensent pouvoir aider Moscou en toute impunité. Ce n'est plus vrai.

À ceux qui financent la défense ukrainienne : votre argent produit des résultats

L'efficacité des opérations spéciales ukrainiennes

La SBU — Service de sécurité ukrainien attribue la neutralisation des répéteurs à des opérations spéciales clandestines. Sans révéler les détails tactiques — ce serait irresponsable — on peut affirmer que ce type d'opération requiert une formation de haut niveau, des renseignements précis, et des ressources importantes. C'est exactement le genre d'opération que les fonds de soutien occidental permettent de financer.

Pour les parlements européens et américains qui débattent des budgets d'aide à l'Ukraine, la neutralisation des répéteurs biélorusses est un argument concret. Chaque euro et chaque dollar investi dans les capacités ukrainiennes — y compris les opérations spéciales — produit des résultats mesurables : des menaces éliminées, des vies civiles sauvées, des drones ennemis désorientés. C'est un investissement, pas une charité.

La logique de la dissuasion renforcée

Les succès opérationnels ukrainiens — répéteurs neutralisés, dépôts FPV détruits, antennes spatiales réduites en cendres — construisent progressivement une dissuasion crédible face à la Russie. Ils démontrent que l'Ukraine peut imposer un coût significatif à toute opération ennemie, y compris celles menées depuis des territoires prétendument sûrs.

Cette dissuasion est précisément ce que les alliés occidentaux de l'Ukraine cherchent à construire à long terme. Une Ukraine capable de défendre son territoire, de frapper les infrastructures ennemies, et de neutraliser les menaces avant qu'elles n'atteignent sa population civile est une Ukraine moins dépendante d'un soutien occidental indéfini. L'objectif est de donner à l'Ukraine les moyens de sa propre sécurité.

À la Russie : vos relais logistiques ne sont plus sûrs

La pénétration des réseaux russes par les opérations ukrainiennes

La neutralisation des répéteurs biélorusses n'est pas un événement isolé. Elle s'inscrit dans une campagne systématique de l'Ukraine visant à dégrader les infrastructures logistiques et de commandement russe dans tous les théâtres — Belgorod, Crimée, Dubna, et maintenant la Biélorussie. La cohérence et la simultanéité de ces opérations suggèrent une doctrine de guerre profonde intégrée.

Pour la Russie, cette pénétration est alarmante. Elle révèle que le renseignement ukrainien a identifié et géolocalisé des infrastructures critiques sur des territoires que Moscou considérait comme hors de portée. Elle suggère également une capacité à opérer clandestinement sur des territoires hostiles qui va au-delà de ce que les analyses russes avaient anticipé. Le général russe qui a approuvé l'installation des répéteurs en Biélorussie devra s'expliquer.

Les failles de la doctrine russe

La doctrine militaire russe repose sur plusieurs présupposés qui ont été systématiquement mis à mal par la réalité de cette guerre. L'un d'eux était que les États alliés à Moscou — comme la Biélorussie — constituaient des zones tampons inviolables où les infrastructures de soutien pouvaient être déployées sans risque. La neutralisation des répéteurs démontre que ce présupposé est faux.

Chaque échec de la doctrine russe — que ce soit dans les batailles terrestres, dans la guerre électronique, dans la guerre spatiale ou dans les opérations en Biélorussie — oblige les états-majors à Moscou à réviser leurs analyses, à réallouer des ressources déjà rares, et à adapter leurs plans dans un contexte de pression militaire, économique et diplomatique croissante. La Russie se bat sur trop de fronts à la fois pour maintenir sa cohérence stratégique.

À l'Europe : il est temps d'assumer votre rôle

La Biélorussie aux portes de l'UE et de l'OTAN

La Biélorussie partage des frontières avec la Pologne, la Lituanie et la Lettonie — trois membres de l'OTAN et de l'Union européenne. Les répéteurs de drones installés dans les zones de Gomel et Brest se trouvent à quelques centaines de kilomètres de l'espace aérien de l'Alliance. Les drones Shahed qui utilisaient ces répéteurs pour frapper l'Ukraine frôlent les frontières de l'OTAN.

Cette réalité géographique devrait suffire à convaincre les plus réticents parmi les Européens : la guerre en Ukraine n'est pas une guerre lointaine. Elle se joue aux portes de l'Europe, avec des infrastructures militaires russes qui poussent à quelques dizaines de kilomètres des capitales baltes. Le soutien à l'Ukraine n'est pas de l'altruisme — c'est de l'autoprotection collective.

L'Europe comme acteur de sécurité, pas seulement comme payeur

L'Union européenne a considérablement augmenté son soutien militaire à l'Ukraine depuis 2022 — mais elle doit encore assumer pleinement son rôle d'acteur de sécurité à part entière. La neutralisation des répéteurs biélorusses est une opération ukrainienne — mais elle bénéficie à l'ensemble du voisinage européen, en réduisant les capacités d'attaque russes qui menaçaient également les couloirs aériens et les infrastructures civiles de Pologne et des États baltes.

L'Europe doit comprendre que la sécurité ukrainienne est sa propre sécurité. Chaque capacité ukrainienne renforcée — chaque opération spéciale réussie, chaque infrastructure ennemie neutralisée — réduit la menace à laquelle l'Europe elle-même ferait face si la Russie réussissait son agression. Ce n'est pas du détail stratégique — c'est l'essence même de la défense collective.

À la SBU : une opération exemplaire

Le renseignement ukrainien, une transformation remarquable

Le Service de sécurité de l'Ukraine (SBU) a connu une transformation spectaculaire depuis 2022. Purgé des éléments compromis par les réseaux russes au début de l'invasion, réorganisé, renforcé et professionnalisé, le SBU d'aujourd'hui est une agence de renseignement de classe mondiale. La neutralisation des répéteurs biélorusses est, si l'on en croit l'attribution officielle, l'une de ses opérations clandestines les plus significatives de 2026.

Mener une opération spéciale sur le territoire d'un État étranger hostile, sans déclenchement diplomatique majeur, avec un résultat confirmé — c'est une démonstration de capacité qui parle d'elle-même. Le SBU n'a pas besoin de communiqué de presse élaboré. Zelensky a dit que ça avait été fait. L'ISW a confirmé l'impact. Les résultats sont la meilleure communication.

Les implications pour la posture défensive ukrainienne

La neutralisation des répéteurs dans le couloir nord-ouest modifie concrètement la carte des menaces pour l'Ukraine. Les défenses aériennes ukrainiennes déployées dans les régions du nord — Kyiv, Chernihiv, Sumy — peuvent maintenant se concentrer davantage sur d'autres vecteurs de menace. La logique est simple : moins de répéteurs en Biélorussie signifie des drones Shahed moins efficaces dans le nord, ce qui libère des ressources défensives pour d'autres zones.

Cette opération illustre parfaitement la doctrine de défense active que l'Ukraine a développée — une approche qui ne se contente pas d'attendre les missiles et les drones, mais qui attaque les systèmes qui les rendent possibles. Neutraliser les répéteurs, c'est ne pas attendre que le drone arrive sur une ville ukrainienne — c'est l'empêcher de partir correctement depuis le territoire biélorusse.

À ceux qui doutent encore : voici ce que cette guerre nous apprend

La résilience comme valeur fondamentale

Cette guerre nous apprend que la résilience n'est pas seulement une valeur abstraite — c'est une capacité opérationnelle qui se construit, se finance, se forme et s'entraîne. L'Ukraine ne s'est pas simplement « résistée » à l'agression russe — elle a développé des capacités inédites, formé des soldats et des agents, bâti une industrie de défense en pleine guerre, et maintenu un niveau de cohésion nationale que ses ennemis ne peuvent pas comprendre.

La neutralisation des répéteurs biélorusses est le symbole de cette résilience. C'est une opération qui aurait paru impensable en mars 2022, quand les chars russes étaient aux portes de Kyiv. Elle est devenue possible parce que l'Ukraine a appris, s'est adaptée, a reçu du soutien, et a refusé de capituler. La résilience ukrainienne est la preuve vivante qu'une démocratie attaquée peut survivre et contre-attaquer.

Ce que la démocratie peut faire quand elle décide de se défendre

Il y a un message universel dans la guerre ukrainienne qui dépasse la géographie et la politique. C'est le message que les démocraties, quand elles décident de se défendre avec toutes leurs ressources, peuvent résister à des régimes autoritaires même beaucoup plus grands et beaucoup mieux armés. L'Ukraine a démontré que la légitimité populaire, la mobilisation citoyenne et la coopération internationale sont des multiplicateurs de force que les autocrates ne peuvent pas acheter.

La prochaine fois que quelqu'un vous dira que l'Ukraine est condamnée, parlez-lui des répéteurs biélorusses hors service depuis le 22 juin 2026. Parlez-lui de l'antenne de Dubna détruite. Des dépôts FPV d'Alekseyevka en flammes. Des 19 régions russes touchées en une nuit. Les faits sont la meilleure réfutation du défaitisme.

À Poutine : vous avez sous-estimé votre voisin

L'erreur de calcul fondamentale de Kremlin

Vladimir Poutine a commis, en février 2022, une erreur de calcul qui a hypothéqué l'avenir de la Russie pour des décennies. Il pensait que l'Ukraine allait s'effondrer en 72 heures. Il pensait que l'Occident n'aurait pas la cohésion ni la volonté de soutenir Kyiv. Il pensait que les Ukrainiens — un peuple qu'il ne considère même pas comme distinct des Russes — accueilleraient ses troupes comme des libérateurs.

Il s'est trompé sur tout. Et chaque opération ukrainienne réussie — chaque répéteur neutralisé en Biélorussie, chaque satellite espion affronté en orbite, chaque dépôt de drones détruit à Belgorod — est une nouvelle preuve de l'ampleur de son erreur. Poutine a réveillé une nation, soudé un peuple, et forgé une armée. C'est peut-être son héritage le plus durable — et le plus irronique.

La guerre qu'il ne peut plus arrêter

En 2026, Poutine se trouve dans une situation paradoxale : il ne peut pas gagner cette guerre, mais il ne peut pas non plus se permettre de la perdre politiquement sans risquer son régime et sa propre survie. Cette logique de fuite en avant est l'un des éléments les plus dangereux de la situation actuelle. Un dirigeant qui ne peut pas se permettre la défaite est un dirigeant qui peut toujours choisir l'escalade.

C'est pour cette raison que le soutien occidental à l'Ukraine — y compris les capacités qui permettent des opérations comme la neutralisation des répéteurs biélorusses — doit être maintenu et renforcé. Non par désir de punir la Russie, mais pour créer les conditions d'une sortie de crise qui ne soit pas une capitulation ukrainienne. Une Ukraine forte est la meilleure garantie d'une paix durable en Europe.

À la presse libre : continuez à regarder

Le rôle indispensable du journalisme indépendant

Cette lettre ouverte s'adresse aussi à mes collègues journalistes et chroniqueurs qui couvrent cette guerre depuis maintenant plus de quatre ans. Votre travail — souvent dans des conditions dangereuses, parfois au prix de votre liberté ou de votre vie — est indispensable. Sans la presse libre ukrainienne, sans les correspondants étrangers à Kyiv, sans les analystes qui publient nuit et jour leurs évaluations, la vérité sur cette guerre serait noyée dans la désinformation russe.

La confirmation de la neutralisation des répéteurs biélorusses a voyagé du communiqué de Zelensky jusqu'à ce article via une chaîne de journalisme rigoureux : ISW, RBC-Ukraine, Euromaidan Press et d'autres. Chaque maillon de cette chaîne compte. Chaque article qui vérifie un fait plutôt que de répéter une rumeur contribue à la victoire de la vérité sur la propagande.

Ne jamais se lasser de regarder

La fatigue ukrainienne — ce phénomène où l'opinion publique occidentale se lasse progressivement d'une guerre qui dure — est l'un des risques stratégiques les plus sérieux pour l'Ukraine. La presse libre a le devoir de rappeler constamment ce qui est en jeu : la survie d'une démocratie européenne, la sécurité de tout le continent, et le précédent que créerait une victoire russe pour tous les régimes autoritaires du monde.

Les répéteurs biélorusses hors service depuis le 22 juin 2026 sont une histoire. Une petite histoire, peut-être, dans le flux incessant de l'actualité. Mais c'est une histoire qui mérite d'être racontée, analysée et comprise. Parce que derrière chaque répéteur neutralisé, il y a des dizaines de nuits d'un Kiev que ces drones n'ont pas pu atteindre. Chaque fait compté, chaque vie sauvée racontée — c'est ça, la responsabilité du journalisme.

À tous les destinataires de cette lettre : agissez

Ce que chacun peut faire concrètement

Une lettre ouverte qui ne se termine pas par un appel à l'action n'est qu'une rhétorique vide. Alors voici l'appel : aux gouvernements européens — maintenez et augmentez votre soutien financier et militaire à l'Ukraine. Aux parlementaires — ne coupez pas les budgets d'aide. Aux citoyens — restez informés, soutenez les organisations qui aident les Ukrainiens, et résistez à la désinformation russe.

Les répéteurs biélorusses hors service depuis le 22 juin sont une victoire collective — de l'Ukraine, de ses alliés, et de tous ceux qui ont refusé d'accepter que l'agression puisse gagner sans réponse. Cette victoire-là, même petite, a besoin que vous continuiez à vous battre dans vos propres sphères d'influence — politique, économique, médiatique.

L'avenir se construit maintenant

L'histoire de la neutralisation des répéteurs biélorusses sera peut-être un jour une note de bas de page dans les livres d'histoire de cette guerre. Ou peut-être que les historiens futurs y verront un tournant opérationnel dans la sécurisation du couloir nord-ouest ukrainien. Dans les deux cas, ce qui compte aujourd'hui, c'est que l'Ukraine agit, avance, et construit les conditions de sa victoire.

Et notre rôle, à nous qui regardons depuis l'extérieur, est de ne pas laisser tomber ceux qui se battent. De ne pas laisser la fatigue, le cynisme ou les calculs politiques étroits l'emporter sur ce qui est juste. L'avenir de l'Europe se construit dans les zones de Gomel et Brest, dans les tranchées du Donbas, et dans les bureaux des répéteurs ukrainiens qui opèrent là où on ne les attend pas.

La dimension humaine du silence forcé

Ceux qui dépendent des répéteurs pour survivre

Derrière les statistiques techniques — fréquences brouillées, kilomètres de couverture perdus, signaux effacés — il y a des êtres humains. Des soldats ukrainiens qui ne peuvent plus coordonner leurs mouvements. Des civils en zone grise qui ne peuvent plus recevoir d'alertes d'urgence. Des familles qui n'ont plus de contact avec leurs proches sur le front. Le sabotage des répéteurs de Gomel et Brest n'est pas une opération purement technique : c'est une attaque contre des vies.

Je pense aux opérateurs de drones FPV dont le signal a été coupé en pleine mission. Je pense aux équipes médicales de première ligne qui coordonnent leurs évacuations via ces fréquences. Je pense aux artilleurs ukrainiens dont la précision dépend d'une connexion satellite stable. Pour chacun d'eux, le silence forcé des répéteurs biélorusses n'est pas une inconvénience technique — c'est une question de vie ou de mort.

La responsabilité morale de Loukachenko

Alexandre Loukachenko n'est pas un acteur passif dans cette guerre. Depuis février 2022, le territoire biélorusse sert de base de lancement pour des frappes de missiles sur l'Ukraine, de couloir logistique pour les forces russes, et désormais de plateforme pour des opérations de sabotage électronique qui coupent les communications militaires ukrainiennes. Chaque mort ukrainien consécutif à une communication interrompue a un visage — et ce visage porte la complicité de Minsk.

Cette lettre ouverte est aussi un rappel aux institutions internationales : la Biélorussie doit répondre de sa complicité. Pas seulement Moscou, pas seulement les soldats russes dans les tranchées — mais chaque infrastructure biélorusse utilisée pour frapper l'Ukraine porte la responsabilité morale et juridique de ses actes. Le droit international ne peut pas fermer les yeux sur Minsk parce que Moscou est plus grand et plus menaçant.

Conclusion : Cette lettre ouverte est aussi un engagement

Ce que j'attends de ceux qui la lisent

Cette lettre ouverte n'est pas une tribune de désespoir — c'est une déclaration d'espoir fondé sur des faits. Les répéteurs biélorusses hors service depuis le 22 juin 2026, confirmés par Zelensky et analysés par l'ISW, sont la preuve que l'Ukraine avance. Elle n'est pas condamnée — elle est en train de construire sa victoire, opération par opération, jour après jour.

Ce que j'attends de ceux qui lisent cette lettre, c'est qu'ils transmettent ce message. Que la vérité sur cette guerre — une Ukraine qui réussit ses opérations, qui neutralise ses menaces, qui confirme ses victoires avec rigueur — soit plus forte que la désinformation russe et le défaitisme occidental. L'Ukraine mérite mieux que la pitié. Elle mérite notre respect, notre soutien, et notre engagement durable.

Ce que cette guerre demande à l'Occident

L'Occident est mis à l'épreuve. Pas par les missiles russes — mais par sa propre capacité à maintenir des principes dans la durée. Les répéteurs biélorusses neutralisés ne mettent pas fin à la guerre. Ils ne garantissent pas la sécurité de Kyiv demain. Mais ils confirment que l'Ukraine se bat avec intelligence, courage et efficacité — et qu'elle mérite des alliés à la hauteur de ce combat.

L'enjeu n'est pas seulement l'Ukraine. C'est l'architecture de sécurité de l'Europe entière. Et cette architecture se construit ou se détruit maintenant, dans les choix que font les gouvernements, les parlements et les citoyens des démocraties occidentales. Les répéteurs biélorusses sont hors service. La question est : combien de temps les démocraties occidentales resteront-elles, elles, en service pour l'Ukraine ?

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Cette lettre ouverte est rédigée par Maxime Marquette, chroniqueur-analyste. Le ton est celui de l'opinion engagée, pas du reportage factuel. Tous les éléments factuels cités — dates, opérations, confirmations — proviennent des sources listées ci-dessous. Aucun fait n'est inventé, aucun témoignage fabriqué.

Limites assumées

Je suis pro-ukrainien. Je crois que l'Ukraine se bat pour des valeurs qui concernent l'ensemble des démocraties. Cette conviction oriente mon regard sans altérer les faits que je cite. Les détails des opérations clandestines de la SBU restent classifiés et je ne prétends pas en connaître les modalités — je commente les résultats confirmés publiquement.

Sources

Sources primaires

Sources secondaires

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). LETTRE OUVERTE : Les répéteurs drones biélorusses hors service — Zelensky confirme le coup décisif. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-les-repeteurs-drones-bielorusses-hors-service-zelensky-confirme-l

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Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

Maxime Marquette écrit l'essentiel des analyses et chroniques publiées sur MadMax — géopolitique, technologie et actualité, sans remplissage.

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