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La ChroniqueEnquête· N° 6676

ENQUÊTE : à Kherson, les hôpitaux et ambulances sont devenus des cibles

Le 4 juin, une ambulance italienne, clairement identifiée par une croix rouge, a été frappée par un drone dans l'enceinte de l'hôpital clinique municipal Loutchansky, à Kherson, selon une enquête du Guardian menée par…

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  1. Le 4 juin, une ambulance italienne, clairement identifiée par une croix rouge, a été frappée par un drone dans l'enceinte de l'hôpital clinique municipal Loutchansky, à Kherson, selon une enquête du Guardian menée par…
  2. Introduction : une ambulance frappée en plein jour
  3. Le 4 juin, dans la « zone rouge » de Kherson
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Introduction : une ambulance frappée en plein jour

Le 4 juin, dans la « zone rouge » de Kherson

Le 4 juin, une ambulance italienne, clairement identifiée par une croix rouge, a été frappée par un drone dans l'enceinte de l'hôpital clinique municipal Loutchansky, à Kherson, selon une enquête du Guardian menée par Liz Cookman. La sage-femme Liubov Martynenko et le conducteur ont survécu, avec des blessures par éclats et une commotion.

Cet incident n'est pas isolé : il s'inscrit dans une tendance documentée de frappes répétées contre des installations médicales dans plusieurs zones de guerre, de l'Ukraine au Soudan, en passant par le Liban.

Je ne peux pas rester détaché face à une ambulance visée en plein jour, marquée d'une croix rouge visible : il y a des lignes que même la guerre la plus brutale ne devrait jamais franchir.

Les faits, minute par minute

« Une boîte volante avec un œil noir »

Selon le témoignage recueilli par le Guardian, la conductrice a crié « ça vole ! » en apercevant l'engin. Liubov Martynenko a décrit « une boîte volante avec un œil noir », à quelques mètres seulement du véhicule, avant l'impact et l'explosion.

Des images de vidéosurveillance montrent que l'ambulance a été touchée à un peu plus d'un mètre d'un cratère laissé par une explosion précédente au même endroit, un détail qui suggère un ciblage répété du site hospitalier, et non un incident isolé.

Un cratère d'une précédente frappe, à peine plus d'un mètre du nouvel impact : cette proximité macabre ne relève pas du hasard, et je refuse de la traiter comme telle.

Un an plus tôt, des naissances sous les bombes

Kharkiv, Sloviansk, Kherson : le même scénario

L'an dernier déjà, des journalistes du Guardian avaient visité trois maternités de première ligne à Kharkiv, Sloviansk et Kherson, où des femmes étaient forcées d'accoucher dans des sous-sols tandis que des drones survolaient les bâtiments et que des explosions résonnaient à proximité.

Cette réalité a conduit Kherson à ouvrir des maternités souterraines aménagées dans d'anciens bunkers soviétiques, une adaptation extrême face à une menace aérienne devenue permanente sur les infrastructures de santé.

Des femmes contraintes de mettre leurs enfants au monde sous terre, par peur des bombes : cette image, je ne l'oublierai jamais, et elle devrait hanter chaque décideur qui hésite encore à agir.

Kherson, une zone où la médecine se pratique sous le feu

Cent trente-huit civils morts depuis janvier

Selon une enquête d'El País, la région de Kherson sous contrôle ukrainien a enregistré 138 morts civils entre janvier et fin juin, dont 64 imputables à des frappes de drones. Deux jours après une visite de journalistes fin juin, un drone a frappé un bus, coûtant la vie à deux passagers.

Un médecin a par ailleurs perdu la vie lors d'une attaque contre un hôpital de la région durant la même période, selon la même enquête, confirmant que le personnel soignant lui-même n'est plus à l'abri dans l'exercice de ses fonctions.

Soixante-quatre morts causés par des drones en six mois, dans une seule région : ce chiffre, froid en apparence, cache des dizaines de familles brisées que je refuse de réduire à une statistique.

Une escalade documentée par plusieurs organismes

2 546 incidents recensés dans le monde en 2025

La coalition Safeguarding Health in Conflict a recensé 2 546 incidents de violence contre le personnel et les infrastructures de santé dans 33 pays en 2025, dont 790 cas de dégradation ou de destruction d'établissements et 455 travailleurs de santé morts.

Les attaques recourant à des explosifs livrés par drone auraient bondi de 43 % en 2025, avec une hausse de 116 % enregistrée spécifiquement en Ukraine, selon MedGlobal, membre de cette même coalition.

Une hausse de 116 % des frappes de drones contre des structures de santé en un an, dans un seul pays : ces chiffres confirment une dérive que je refuse de qualifier autrement que d'inacceptable.

Ukraine : 45 % des attaques mondiales contre la santé

Plus de 2 700 incidents vérifiés depuis 2022

Selon l'appel humanitaire 2026 de l'Organisation mondiale de la santé, l'Ukraine concentrerait environ 45 % de l'ensemble des attaques mondiales contre les structures de santé, avec plus de 2 700 incidents vérifiés causant 224 morts et 896 blessés parmi le personnel soignant et les patients depuis février 2022.

Human Rights Watch évoque, pour sa part, 577 attaques vérifiées contre le secteur de la santé ukrainien durant la seule année 2025, en hausse par rapport à l'année précédente, avec 2 665 établissements et employés affectés depuis le début de l'invasion.

Que l'Ukraine concentre presque la moitié des attaques mondiales contre la santé illustre, mieux que tout discours, l'ampleur du mépris affiché par l'armée russe envers le droit humanitaire international.

Le droit international, une protection régulièrement bafouée

Un principe fondateur depuis 1864

Les hôpitaux, le personnel soignant et les blessés bénéficient d'une protection spéciale depuis la première convention de Genève de 1864, réaffirmée il y a dix ans par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant explicitement ces attaques.

Selon Rohini Haar, médecin urgentiste et enseignante en droits humains à l'université de Californie à Berkeley, citée par le Guardian : « si l'on ne peut même pas protéger les hôpitaux, première ligne des protections humanitaires, cela conduira à l'effondrement de tout le droit international ». Elle ajoute : « je crois que nous voyons cela se produire. »

Cette mise en garde d'une experte reconnue me glace : si la protection des hôpitaux s'effondre, c'est tout l'édifice du droit humanitaire international qui vacille avec elle, et nous en payons déjà le prix.

Le prétexte du « double usage »

Une justification récurrente des acteurs étatiques

Depuis plusieurs années, la grande majorité des attaques contre des structures de santé serait perpétrée par des acteurs étatiques, qui invoquent de plus en plus fréquemment des justifications de « double usage » pour légitimer leurs assauts, selon l'enquête du Guardian.

Le droit international exige pourtant qu'une cible soit formellement vérifiée comme objectif militaire légitime, que tout dommage collatéral reste proportionné, et que des avertissements d'évacuation soient donnés préalablement à toute frappe.

Invoquer le « double usage » pour justifier la destruction d'une maternité relève, à mes yeux, d'un cynisme que je ne peux tolérer sans le dénoncer avec la plus grande fermeté.

Zaporijjia, une maternité visée en pleine naissance

Deux femmes en travail parmi les blessées

En février, une frappe de drone russe a visé la maternité numéro 3 de Zaporijjia, blessant six personnes, dont deux femmes qui étaient précisément en train d'accoucher au moment de l'attaque, selon des informations relayées par la BBC.

Ivan Fedorov, chef de l'administration régionale de Zaporijjia, a qualifié cet épisode de nouvelle preuve d'une guerre menée contre la vie elle-même, tandis que la diplomatie ukrainienne y a vu la démonstration d'une volonté délibérée de frapper les civils en dépit des initiatives de paix en cours.

Viser une salle où deux femmes accouchent au même instant dépasse, pour moi, toute logique militaire rationnelle : c'est un acte qui vise directement la vie la plus vulnérable qui soit.

Les « double-tap », une tactique qui frappe les secours

Les intervenants d'urgence pris pour cible

Human Rights Watch documente une tactique dite du « double-tap », consistant à frapper une seconde fois un site déjà touché, précisément lorsque les équipes de secours interviennent. Entre décembre 2024 et novembre 2025, 22 travailleurs humanitaires et 116 agents des services d'urgence auraient été comptés parmi les victimes de ce type d'attaques.

Cette méthode transforme chaque intervention médicale en pari risqué pour les soignants eux-mêmes, qui doivent désormais évaluer le danger d'un second impact avant même de porter secours aux premières victimes.

Que des secouristes doivent hésiter avant de porter assistance, par crainte d'une seconde frappe délibérée, illustre une perversion tactique que je ne peux qualifier autrement que d'ignoble.

Le Liban et Gaza, mêmes méthodes, mêmes conséquences

Une escalade qui dépasse le seul front ukrainien

Depuis le début d'une nouvelle offensive israélienne au Liban en mars, 247 incidents affectant les soins de santé et 148 travailleurs de santé morts ont été recensés dans le pays, malgré des cessez-le-feu répétés, selon Safeguarding Health in Conflict. Trois hôpitaux du Liban-Sud ont été frappés en une seule semaine le mois dernier.

La guerre israélienne à Gaza, engagée en 2023, figure également parmi les facteurs identifiés comme responsables de la hausse mondiale des attaques contre la santé, avec des incidents ayant culminé en 2024 et restant à un niveau historiquement élevé depuis.

Constater que les mêmes méthodes se répètent d'un théâtre de guerre à l'autre me convainc que la communauté internationale fait face à une dérive globale, pas seulement à des cas isolés.

Aucune condamnation autonome devant la justice internationale

Un vide judiciaire persistant

Malgré l'ampleur documentée de ces attaques, il n'existe à ce jour aucune condamnation autonome pour une attaque contre la santé devant les juridictions internationales. Les rares poursuites, comme celles visant les commandants serbes de Bosnie Stanislav Galić et Dragomir Milošević pour le siège de Sarajevo, n'apparaissent qu'en marge de chefs d'accusation plus larges de crimes de guerre.

Ce vide juridique persistant alimente un sentiment d'impunité chez les auteurs de ces frappes, qui savent que la probabilité de poursuites spécifiques reste, dans les faits, extrêmement faible.

L'absence de toute condamnation spécifique pour ces attaques m'indigne profondément : sans sanction réelle, le message envoyé aux auteurs de ces frappes reste, de fait, celui de l'impunité.

Des systèmes de santé qui s'effondrent en silence

Des conséquences qui dépassent l'impact immédiat

Selon Médecins Sans Frontières, les conséquences de ces attaques dépassent largement le bilan humain immédiat : accouchements non assistés, ruptures de vaccination, résurgences de maladies évitables, et effondrement des chaînes d'approvisionnement médical, avec des effets qui peuvent perdurer pendant des décennies.

Liz Harding, représentante humanitaire de l'organisation, résume la situation avec une formule glaçante : les humanitaires et les hôpitaux doivent désormais presque justifier pourquoi ils ne devraient pas être pris pour cible, plutôt que l'inverse.

Cette inversion du fardeau de la preuve, où les hôpitaux doivent justifier leur innocence plutôt que les agresseurs leurs actes, résume à elle seule le naufrage moral que représente cette escalade.

Après l'attaque, retourner travailler malgré la peur

Deux semaines d'arrêt, puis un retour forcé

Après deux semaines d'arrêt, Liubov Martynenko est retournée travailler, reprenant sa tournée quotidienne entre la maternité souterraine et l'hôpital voisin pour livrer les repas des patientes, mais toujours dans la peur, selon son témoignage recueilli par le Guardian.

« J'ai peur d'aller travailler après cette attaque, surtout quand j'entends le moindre bourdonnement », confie-t-elle, avant d'ajouter : « mais je dois faire mon travail ». Une phrase simple qui résume, à elle seule, l'endurance quotidienne exigée du personnel soignant ukrainien.

Cette phrase, « je dois faire mon travail », prononcée par une femme qui a failli mourir dans l'exercice de ses fonctions, me bouleverse plus que n'importe quel chiffre officiel ne pourrait le faire.

Sanctions et pressions diplomatiques, un levier sous-exploité

Des condamnations verbales sans suite concrète

Malgré les condamnations régulières émanant des capitales occidentales et des instances onusiennes, aucune sanction ciblée spécifique n'a été imposée à ce jour en réponse directe à une attaque contre une infrastructure de santé identifiée, selon les organisations de défense des droits humains consultées dans le cadre de cette enquête.

Cette absence de conséquence concrète contraste fortement avec la gravité des violations documentées, et alimente un scepticisme croissant chez les organisations humanitaires quant à la volonté réelle des gouvernements occidentaux de faire respecter le droit qu'ils invoquent pourtant systématiquement.

Condamner sans sanctionner revient, dans les faits, à tolérer : je ne peux accepter que l'Occident se contente de mots quand des vies de soignants sont en jeu chaque semaine.

Une architecture médicale repensée sous la menace

Des hôpitaux entiers déplacés sous terre

Face à cette menace devenue permanente, Kherson a inauguré des maternités et des blocs chirurgicaux entièrement souterrains, aménagés dans d'anciens bunkers soviétiques avec le soutien de l'Union européenne et du Fonds des Nations unies pour la population, avec sept structures supplémentaires prévues.

Cinquante-sept naissances ont ainsi été enregistrées entre janvier et fin juin dans ces installations souterraines, preuve qu'une vie médicale continue de s'organiser, malgré tout, sous la menace constante des frappes aériennes russes.

Voir une ville entière réinventer son système de santé sous terre, pour continuer à soigner et à faire naître des enfants, force une admiration que je ne peux exprimer sans une émotion sincère.

Conclusion : une ligne rouge qui ne doit jamais être normalisée

Ce que révèlent ces attaques répétées

Ces attaques répétées contre des hôpitaux, des ambulances et des maternités ne constituent pas des incidents isolés ou accidentels : elles s'inscrivent dans un schéma documenté et répété, corroboré par de multiples organisations indépendantes, des Nations unies à Human Rights Watch en passant par Médecins Sans Frontières.

La protection des hôpitaux constitue le socle le plus élémentaire du droit humanitaire international. Son érosion progressive, si elle se poursuit sans réponse ferme de la communauté internationale, menace directement la crédibilité de l'ensemble de l'architecture juridique censée protéger les civils en temps de guerre.

Ce que l'Occident doit exiger

Face à ce constat, l'Occident ne peut pas se contenter de condamnations verbales périodiques : il doit exiger des mécanismes de reddition de comptes réels, et soutenir sans réserve les organisations qui documentent, jour après jour, ces violations sur le terrain ukrainien et ailleurs. La communauté internationale dispose des outils juridiques nécessaires depuis 1864 : ce qui manque cruellement, c'est la volonté politique de les appliquer avec la même rigueur envers tous les belligérants, sans exception ni complaisance géopolitique.

Chaque ambulance frappée, chaque maternité visée, chaque soignant disparu doit rester documenté, nommé, et porté à la connaissance du monde, pour qu'aucune impunité ne s'installe durablement dans cette guerre. Tant que cette volonté politique fera défaut, les Liubov Martynenko de ce monde continueront de porter, seules, le poids d'une guerre qui ne devrait jamais viser ceux qui soignent.

Je referme cette enquête avec une seule certitude : tant que l'Occident ne fera pas de la protection des soignants une priorité diplomatique absolue, d'autres Liubov Martynenko continueront de payer, seules, le prix de notre inépuisable patience envers l'impunité.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste, expert. Cette enquête présente les faits documentés avec la rigueur exigée par la gravité du sujet, tout en assumant une ligne éditoriale pro-occidentale et pro-ukrainienne clairement revendiquée.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité analytique, appuyée sur des sources vérifiables, sans jamais prétendre avoir été témoin direct des faits rapportés.

Méthodologie et sources

Cette enquête s'appuie sur des données recoupées entre plusieurs organisations internationales : Nations unies, Organisation mondiale de la santé, Human Rights Watch, Médecins Sans Frontières et la coalition Safeguarding Health in Conflict, ainsi que sur des reportages de terrain publiés par des médias reconnus.

Sources primaires : enquête du Guardian menée par Liz Cookman, rapport Human Rights Watch sur l'Ukraine, données de l'Organisation mondiale de la santé.

Sources secondaires : recoupements avec El País, BBC News et Ukrainska Pravda sur les incidents spécifiques à Kherson et Zaporijjia.

Sources :

Sources Primaires :

Sources Secondaires :

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). ENQUÊTE : à Kherson, les hôpitaux et ambulances sont devenus des cibles. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/enquete-a-kherson-les-hopitaux-et-ambulances-sont-devenus-des-cibles

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MM
Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

Maxime Marquette écrit l'essentiel des analyses et chroniques publiées sur MadMax — géopolitique, technologie et actualité, sans remplissage.

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Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.

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