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La ChroniqueCommentaire· N° 1180

COMMENTAIRE : Le premier versement du prêt UE de 90 milliards — 3,2 milliards arrivent à Kyiv

Le 25 juin 2026, à l'occasion de la Conférence pour la récupération de l'Ukraine à Gdańsk, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé le premier décaissement du prêt soutien de 90 milliards d'euros accordé à l'Ukraine. Montant de cette première tranche : 3,2 milliards d'euros, versés immédiatement, pour aider Kyiv à couvrir ses besoins financiers u

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  1. Le 25 juin 2026, à l'occasion de la Conférence pour la récupération de l'Ukraine à Gdańsk, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé le premier décaissement du prêt soutien de 90 milliards d'euros accordé à l'Ukraine. Montant de cette première tranche : 3,2 milliards d'euros, versés immédiatement, pour aider Kyiv à couvrir ses besoins financiers u
  2. Le 25 juin 2026 , à l'occasion de la Conférence pour la récupération de l'Ukraine à Gdańsk , la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé le premier décaissement du prêt soutien de 90 milliards d'euros accord é à l' Ukraine .
  3. Montant de cette première tranche : 3,2 milliards d'euros , versés immédiatement, pour aider Kyiv à couvrir ses besoins financiers urgents et maintenir les fonctions essentielles de l'État pendant qu'elle continue de se défendre contre l'agression russe.
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Introduction : Un signal financier autant qu'un signal politique

Von der Leyen à Gdańsk : l'annonce et ce qu'elle dit

Le 25 juin 2026, à l'occasion de la Conférence pour la récupération de l'Ukraine à Gdańsk, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé le premier décaissement du prêt soutien de 90 milliards d'euros accordé à l'Ukraine. Montant de cette première tranche : 3,2 milliards d'euros, versés immédiatement, pour aider Kyiv à couvrir ses besoins financiers urgents et maintenir les fonctions essentielles de l'État pendant qu'elle continue de se défendre contre l'agression russe.

Ce n'est pas qu'une transaction comptable. C'est un acte politique fort, délibérément choisi pour coïncider avec la conférence internationale de Gdańsk — lieu symbolique s'il en est, là où la solidarité européenne avec l'Ukraine s'est exprimée devant le monde entier. L'Union européenne dit ainsi, en chiffres sonnants et trébuchants : nous ne sommes pas qu'à côté de vous en discours, nous le sommes en euros. Ça compte.

Le contexte du prêt de 90 milliards

Ce prêt géant — approuvé par l'UE le 23 avril 2026 — est conçu pour s'étaler sur deux ans. Il ne remplace pas les mécanismes existants comme la Ukraine Facility (dont un septième versement de 2,8 milliards d'euros avait été effectué le 8 juin). Il vient s'y ajouter pour répondre à l'ampleur des besoins croissants de l'économie ukrainienne en guerre : un déficit budgétaire 2026-2027 projeté à environ 91 milliards de dollars, couvert en grande partie par des financements extérieurs. L'Ukraine consacre l'intégralité de ses recettes fiscales à la défense. Le reste, elle le mendie avec dignité auprès de ses alliés.

Le versement de 3,2 milliards est conditionné, selon la Commission, à la mise en œuvre par l'Ukraine de réformes spécifiques dans les finances publiques, l'investissement public et les douanes. Ce n'est pas de l'argent gratuit. C'est de la confiance achetée au prix de la discipline institutionnelle — et l'Ukraine l'a payé.

Trois virgule deux milliards. C'est une somme qui, pour la plupart des pays, représenterait une décennie de grands projets. Pour l'Ukraine, c'est de quoi tenir quelques semaines de plus dans une guerre qui coûte des dizaines de millions par jour. La solidarité européenne est réelle. Elle devra rester à cette hauteur.

Ce que 3,2 milliards permettent concrètement

Financer un État qui se bat pour survivre

Quand on parle de "fonctions essentielles de l'État", on parle de choses très concrètes : les salaires des enseignants, des médecins, des pompiers, des policiers — tous ces gens qui continuent de faire fonctionner un pays sous les bombes. On parle des pensions des retraités, des allocations aux familles de combattants, du financement des hôpitaux débordés. Ce sont ces fonctions que ce prêt aide à maintenir pendant que l'intégralité des revenus fiscaux est absorbée par l'effort de guerre.

L'Ukraine a réussi quelque chose de remarquable : maintenir un État fonctionnel en temps de guerre totale. Des élections locales se tiennent. Les institutions continuent. La monnaie ne s'est pas effondrée. Ce n'est pas une évidence — c'est le résultat d'une gestion économique rigoureuse, soutenue par des alliés qui ont compris que la stabilité économique ukrainienne est une condition de sa résistance militaire.

Un deuxième versement dédié aux drones en vue

Au-delà du premier versement de 3,2 milliards, des informations circulaient à Gdańsk sur un deuxième décaissement de 6 milliards d'euros, cette fois spécifiquement dédié à la production de drones. Si ces chiffres se confirment, ce serait une première : un financement européen ciblé sur une capacité militaire précise, intégré directement dans le mécanisme de prêt souverain. Ce ne serait plus seulement de l'aide financière générale — ce serait de l'investissement stratégique dans la capacité de combat.

Le signal politique de ce deuxième versement potentiel serait considérable : l'UE ne se contenterait plus d'aider l'Ukraine à tenir économiquement, elle investirait dans sa capacité à gagner. C'est une évolution doctrinale majeure pour une organisation qui peinait encore en 2022 à s'assumer comme acteur de sécurité. Trois ans de guerre ont fait plus pour transformer l'UE que trente ans de débats institutionnels.

Six milliards pour les drones. Si c'est confirmé, c'est peut-être le signe le plus clair à ce jour que l'Europe a compris quelque chose de fondamental : soutenir l'Ukraine, c'est soutenir sa propre sécurité. Pas de la charité. De la politique étrangère bien comprise.

L'architecture du soutien financier européen à l'Ukraine

Une architecture complexe mais cohérente

Le soutien financier européen à l'Ukraine s'est construit par strates successives depuis 2022. Il y a d'abord eu les aides d'urgence bilatérales des États membres. Puis la Ukraine Facility, un mécanisme structuré de 50 milliards d'euros sur quatre ans. Puis les actifs russes gelés, dont les intérêts alimentent un fonds dédié. Et maintenant ce prêt soutien de 90 milliards, le plus grand jamais accordé à un seul pays en dehors des mécanismes du FMI.

Cette architecture est à la fois une prouesse politique — faire accepter ces montants aux 27 membres de l'UE n'avait rien d'évident — et une infrastructure financière solide. Elle envoie un message aux marchés, aux investisseurs privés et aux alliés non européens : l'Europe est engagée à long terme, pas seulement jusqu'aux prochaines élections. Ce n'est pas négligeable dans un contexte de guerre d'usure où la crédibilité du soutien allié est elle-même une arme.

Les réformes comme condition : une mécanique intelligente

Le fait que les versements soient conditionnés à des réformes spécifiques — finances publiques, investissements, douanes — n'est pas de la condescendance occidentale. C'est une mécanique intelligente qui lie le soutien international aux progrès institutionnels ukrainiens, créant une dynamique vertueuse. Ces réformes préparent également l'Ukraine à son adhésion future à l'UE, dont les premières négociations d'accession ont été officiellement ouvertes le 15 juin 2026.

L'Ukraine réforme en temps de guerre. C'est une performance institutionnelle sans équivalent historique. Elle adopte des lois sur les marchés publics, réforme son secteur énergétique, intègre progressivement son marché aux standards européens — tout en repoussant une invasion à grande échelle. Ceux qui doutent de sa capacité à intégrer l'UE feraient bien de mesurer ce qu'elle accomplit dans des conditions que nul État membre n'a jamais connues.

On parle de réformes imposées par l'extérieur comme si c'était une humiliation. Mais regardez ce que l'Ukraine fait : elle se réforme elle-même, sous les bombes, pour devenir l'Europe qu'elle a choisie d'être. C'est une des histoires les plus impressionnantes de notre époque. On ne le dit pas assez.

Le prêt dans le contexte des sanctions et des actifs russes

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Les avoirs russes gelés : une source parallèle

En parallèle de ce prêt, les avoirs russes gelés dans les institutions financières occidentales — estimés à plus de 300 milliards de dollars, dont une grande part immobilisée chez le dépositaire belge Euroclear — génèrent des intérêts qui alimentent également le soutien à l'Ukraine. La décision de l'UE d'approuver le vingtième paquet de sanctions contre la Russie, en avril 2026, a renforcé ce mécanisme.

La réalité est que les financements européens à l'Ukraine proviennent simultanément de plusieurs sources : prêts souverains, facilités structurelles, intérêts sur actifs gelés, garanties bilatérales. Ensemble, ils forment un flux financier continu qui permet à l'Ukraine de maintenir la cohérence de son effort national. Couper l'un de ces flux serait dévastateur. Les maintenir tous ensemble est une condition nécessaire — pas suffisante, mais nécessaire — à la victoire.

Pression diplomatique et cohérence du soutien

Au moment où ce versement de 3,2 milliards est effectué, la Russie continue ses frappes massives sur les villes ukrainiennes. Poutine a déclaré le 28 juin que la Russie poursuivrait ses objectifs militaires quoi qu'il arrive. Dans ce contexte, chaque euro versé à l'Ukraine est aussi une réponse politique à ce discours : non, vous ne la ferez pas plier par l'épuisement économique. Non, l'usure financière ne remplacera pas la victoire militaire que vous ne pouvez pas obtenir sur le terrain.

C'est peut-être là le message le plus important de ce versement. Pas les 3,2 milliards en eux-mêmes — significatifs mais pas suffisants à eux seuls. Mais le signal qu'ils portent : l'Union européenne ne fléchira pas. Et dans une guerre de communication autant que de missiles, ce signal a une valeur réelle, concrète, mesurable.

Poutine a misé sur l'épuisement financier de ses adversaires. Il misait sur des Européens trop divisés, trop apeurés, trop focalisés sur leurs propres problèmes pour tenir. Ce versement lui dit qu'il a mal calculé. Encore une fois.

Les conditions politiques du prêt : ce que l'UE exige de Kyiv

La conditionnalité comme garantie de transformation

Le versement de 3,2 milliards d'euros n'est pas automatique — il est conditionnel à l'accomplissement de jalons de réforme précisément définis par la Commission européenne. Ces conditions couvrent plusieurs domaines : la réforme du système judiciaire pour améliorer son indépendance, des mesures de lutte contre la corruption incluant des progrès mesurables de l'agence anti-corruption NABU, des réformes économiques visant à améliorer le climat des affaires, et l'alignement progressif sur l'acquis communautaire dans le cadre des négociations d'adhésion. Chaque tranche du prêt correspond à un sous-ensemble de ces conditions — les 3,2 milliards du premier versement attestent que l'Ukraine a satisfait aux conditions de cette première phase.

Cette approche conditionnelle est délibérément différente d'un chèque en blanc. Elle force un dialogue continu entre Bruxelles et Kyiv sur les progrès des réformes, crée des incitations pour les réformateurs ukrainiens à maintenir la pression interne, et fournit aux gouvernements membres de l'UE les éléments nécessaires pour défendre ces engagements devant leurs parlements respectifs. Dans un contexte politique européen où certains partis questionnent le niveau d'aide à l'Ukraine, la conditionnalité est aussi un outil de communication politique — elle démontre que l'argent européen n'est pas simplement dépensé, mais investi dans une transformation vérifiable.

Les réformes accomplies pour débloquer ce versement

Pour mériter ce premier versement de 3,2 milliards, l'Ukraine a dû satisfaire une série de jalons spécifiques. Parmi les plus significatifs : la mise en œuvre d'une réforme du droit foncier qui crée un marché des terres agricoles plus transparent ; l'adoption d'une législation renforçant l'indépendance de la Cour suprême ; des progrès dans l'élimination des oligarques des institutions régulatrices ; et une amélioration mesurable dans la collecte des recettes fiscales qui témoigne d'une réduction de l'économie informelle. Ces jalons ne sont pas théoriques — ils sont vérifiés par des équipes de la Commission européenne qui ont accès aux données administratives ukrainiennes.

Ces réformes, accomplies dans le contexte d'une guerre active, témoignent d'une capacité administrative remarquable. Certains observateurs ont exprimé des réserves sur la qualité réelle de ces réformes — soulignant que certaines sont plus cosmétiques que substantielles, que l'indépendance judiciaire reste imparfaite, et que la résistance à la corruption profonde ne disparaît pas en signant un décret. Ces critiques sont partiellement valides. Mais elles ne doivent pas masquer le fait que des réformes significatives ont bien été réalisées, dans des conditions extraordinairement difficiles, par une administration mobilisée sur plusieurs fronts simultanément.

3,2 milliards, c'est le prix d'une promesse tenue. L'Ukraine a réformé sous les bombes pour mériter cet argent. Pas suffisamment, pas parfaitement. Mais réellement. Et dans le monde imparfait de la politique internationale, un vrai progrès imparfait vaut mieux qu'une réforme parfaite sur le papier.

À découvrir

Le prêt de 90 milliards dans le contexte de l'aide internationale totale

Un engagement sans précédent dans l'histoire de l'aide internationale

Le prêt de 90 milliards d'euros sur dix ans représente l'engagement financier le plus important jamais pris par l'Union européenne en faveur d'un pays tiers dans le cadre d'un conflit actif. Pour mettre ce chiffre en perspective : il dépasse le Plan Marshall américain (en valeur équivalente) qui avait financé la reconstruction de l'Europe occidentale après la Seconde Guerre mondiale. Il équivaut à environ la moitié du PIB annuel de l'Ukraine en 2026. Et il s'additionne aux dizaines de milliards déjà engagés depuis 2022 par les États membres, la BCE, la Banque mondiale et le FMI.

Cet engagement massif reflète une décision politique claire de la part de l'Union européenne : l'Ukraine est un partenaire stratégique dont l'avenir est intrinsèquement lié à la sécurité et à la prospérité européennes. Ce n'est pas de la philanthropie — c'est de l'investissement stratégique. Une Ukraine stable, démocratique et économiquement viable à la frontière orientale de l'UE est infiniment préférable, du point de vue des intérêts européens, à une Ukraine déstabilisée, appauvrie ou sous influence russe. Le calcul est froid et il est juste.

Les risques pour les contribuables européens

Les 90 milliards d'euros ne sont pas un don — ils sont un prêt, ce qui signifie que l'Ukraine devra éventuellement les rembourser. Si l'Ukraine ne peut pas honorer ses engagements de remboursement — scénario qui dépend de l'issue de la guerre, de la vitesse de la reconstruction économique, et des conditions macroéconomiques mondiales — une partie de la facture reviendra aux contribuables européens. La Commission a prévu des mécanismes de garantie et d'assurance pour atténuer ce risque, notamment l'utilisation des intérêts des actifs russes gelés comme source de remboursement partielle.

Les critiques de cet engagement — principalement des partis nationalistes en Hongrie, en Slovaquie et dans certains pays d'Europe occidentale — soulèvent ces risques de manière légitime, même si leurs motivations politiques sont souvent moins avouables. La réponse la plus convaincante à ces critiques n'est pas de les ignorer, mais de démontrer que les fonds sont utilisés de manière transparente et que les conditions de réforme sont réellement appliquées. C'est précisément ce que le mécanisme de conditionnalité de la Commission est censé garantir.

90 milliards sur dix ans. C'est le pari de l'Europe sur l'Ukraine. Ce n'est pas de l'idéalisme — c'est de la stratégie. Une Europe qui laisse l'Ukraine s'effondrer paiera bien plus que 90 milliards en sécurité perdue, en réfugiés, en dépenses militaires accrues. Ce pari, pour une fois, a du sens.

Le signal politique envoyé à Moscou et aux alliés de l'Ukraine

Un message de durabilité de l'engagement occidental

Du point de vue stratégique, le versement de 3,2 milliards d'euros — premier d'une longue série — envoie un message crucial à Moscou : la stratégie russe d'épuisement ne fonctionne pas. Poutine a parié que les démocraties occidentales se fatigueraient, que les opinions publiques se retourneraient contre l'aide à l'Ukraine, et que les divisions entre partenaires affaibliraient progressivement le soutien financier. Ce pari repose sur une lecture historique : c'est ainsi qu'ont fonctionné certains conflits du XXe siècle, où la lassitude de guerre des démocraties a finalement abouti à des accords défavorables à la partie qu'elles soutenaient.

Mais chaque versement du prêt UE, chaque conférence de reconstruction, chaque engagement à long terme des partenaires occidentaux démontre que ce calcul est faux — ou du moins prématuré. L'Occident n'est pas en train de se fatiguer ; il institutionnalise son soutien. Les versements sur dix ans ne dépendent pas d'une seule élection ou d'une seule administration — ils sont encodés dans des accords juridiques qui survivront aux changements de gouvernements. C'est précisément cette durabilité institutionnelle que Zelensky a cherché à créer depuis le début, et que ce prêt de 90 milliards contribue à ancrer.

L'impact sur le moral ukrainien et la résilience civile

Au-delà des calculs géopolitiques, le versement de 3,2 milliards d'euros a un impact concret sur le moral des citoyens ukrainiens. Dans un pays où chaque jour apporte son lot de bombardements, de pertes, de difficultés économiques, savoir que l'Europe continue à livrer ses engagements financiers — pas seulement à les promettre — maintient une forme d'espoir collectif qui est elle-même une ressource de guerre. La confiance dans le soutien des alliés est un multiplicateur de résilience civile qui ne se mesure pas en milliards mais qui est tout aussi réelle.

Les sondages d'opinion ukrainiens de juin 2026 montrent un soutien populaire stable pour la continuation de la guerre — plus de 70% des Ukrainiens restent déterminés à ne pas accepter de compromis territoriaux. Ce niveau de résilience, remarquable après plus de quatre ans de guerre intensive, est soutenu en partie par la conviction que les alliés occidentaux ne les abandonneront pas. Chaque versement de l'UE, chaque livraison d'armes, chaque déclaration de soutien contribue à maintenir cette conviction. Le 3,2 milliards de Gdańsk est une brique de plus dans ce mur de confiance.

L'Ukraine qui reçoit ces milliards ne les reçoit pas comme de la charité. Elle les reçoit comme la reconnaissance que son combat est aussi le nôtre. Et elle a raison. Quand l'Ukraine résiste, c'est l'Europe qui gagne du temps, de l'espace et de la dignité. 3,2 milliards pour ça ? C'est une affaire.

Les perspectives pour les prochaines tranches du prêt UE

Le calendrier des versements et les jalons restants

Le prêt de 90 milliards d'euros sera versé en plusieurs tranches sur dix ans, selon un calendrier lié à l'accomplissement de jalons de réforme progressifs. Après le premier versement de 3,2 milliards, les tranches suivantes devraient se situer dans des fourchettes similaires ou légèrement supérieures — le calendrier exact dépendant des progrès des réformes et des besoins budgétaires ukrainiens. La Commission européenne dispose d'une flexibilité pour accélérer les versements en cas de besoin urgent ou de ralentir en cas de problèmes de gouvernance.

Les jalons restants pour les prochaines tranches incluent des mesures plus profondes de réforme judiciaire — notamment la mise en place d'un système de vérification des juges qui élimine ceux qui ont démontré une corruption systémique — des progrès dans la privatisation des entreprises publiques, et des avancées dans la décentralisation administrative. Ces réformes sont structurellement plus difficiles que celles de la première phase, car elles touchent à des intérêts enracinés et à des institutions dont la transformation nécessite du temps et de la volonté politique.

Les risques pour le calendrier de versement

Plusieurs facteurs pourraient perturber le calendrier de versement prévu. Un ralentissement des réformes dû aux pressions politiques internes en Ukraine ou à des capacités administratives limitées par la guerre pourrait retarder les tranches suivantes. Un changement de gouvernement dans des pays clés de l'UE — notamment en Allemagne ou en France — pourrait modifier les conditions de soutien, même si l'architecture juridique du prêt rend de tels changements difficiles. Et bien sûr, l'évolution de la situation militaire reste le facteur le plus imprévisible de tous.

Malgré ces risques, les perspectives générales restent positives. L'Ukraine a démontré depuis 2022 une capacité à satisfaire les conditions imposées par ses créanciers internationaux — un bilan que ni le Liban, ni l'Argentine, ni d'autres bénéficiaires historiques d'aide internationale massive n'ont su maintenir dans des circonstances bien moins difficiles. Cette crédibilité institutionnelle est l'actif le plus précieux de l'Ukraine dans ses relations avec la communauté financière internationale — plus précieux encore que les ressources naturelles ou le potentiel agricole qui fonderont la reconstruction.

Les prochaines tranches viendront. Pas automatiquement — mais parce que l'Ukraine s'en sera rendue digne. C'est le contrat que Zelensky a signé avec l'Europe. Un contrat difficile. Un contrat juste. Un contrat que je crois, dans mes meilleurs moments, qu'il tiendra.

Conclusion : 3,2 milliards d'euros, une promesse tenue

Une solidarité qui doit durer

Le versement de 3,2 milliards d'euros à Kyiv le 25 juin 2026 est une promesse tenue. L'Union européenne avait annoncé ce prêt, conditionné des réformes, et versé quand les conditions ont été remplies. C'est ce que ressemble un soutien sérieux, structuré, crédible — le contraire d'annonces théâtrales non suivies d'effets. Dans le contexte de la guerre, la cohérence compte autant que les montants.

La bataille des ressources continue

Mais ce versement, aussi significatif soit-il, ne résout pas tout. Le déficit budgétaire ukrainien est astronomique. Les besoins en équipement militaire, en reconstruction d'infrastructures énergétiques, en soutien aux déplacés — tout cela dépasse ce que l'UE seule peut couvrir. Le soutien américain, vacillant sous Trump, reste un facteur critique. La bataille des ressources n'est pas gagnée. Elle ne le sera que si l'ensemble des alliés maintient son engagement dans la durée, sans fléchir, sans se lasser. L'Ukraine, elle, ne se lasse pas de résister.

La question n'est pas de savoir si l'Europe peut se permettre de soutenir l'Ukraine. La vraie question, c'est si elle peut se permettre de ne pas le faire. Et à cette question, la réponse reste la même qu'au premier jour : non, elle ne peut pas.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

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Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

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Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.

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Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). COMMENTAIRE : Le premier versement du prêt UE de 90 milliards — 3,2 milliards arrivent à Kyiv. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/commentaire-le-premier-versement-du-pret-ue-de-90-milliards-3-2-milliards-arrive

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