CHRONIQUE : Zelensky écrit que l'opération continue, et il ne bluffe pas
Dans la nuit du 23 au 24 juillet 2026, des drones ukrainiens ont frappé des centres logistiques Wildberries à Saint-Pétersbourg, à Tver et à Simferopol, provoquant des incendies majeurs et retardant une cinquantaine de…

- Des drones ukrainiens ont frappé des entrepôts Wildberries à Saint-Pétersbourg, Tver et Simferopol, dans la nuit du 23 au 24 juillet, la troisième série d'attaques contre ce réseau en une semaine.
- À Kirov, une frappe a fait six morts et vingt-six blessés selon le gouverneur Sokolov, bilan qu'aucune source indépendante ne corrobore.
- Moscou revendique 571 drones interceptés cette nuit-là, chiffre invérifiable, qui implique aussi qu'un nombre comparable de drones a été lancé.
- La Russie affirme avoir frappé trois ports ukrainiens, Odessa, Mykolaïv et Izmaïl, tandis que Kyiv annonce plus de 180 navires russes touchés.
- Le chroniqueur souligne que la guerre s'étend loin du front et que les deux camps communiquent des chiffres non vérifiés.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction
Dans la nuit du 23 au 24 juillet 2026, des drones ukrainiens ont frappé des centres logistiques Wildberries à Saint-Pétersbourg, à Tver et à Simferopol, provoquant des incendies majeurs et retardant une cinquantaine de vols à l'aéroport de Poulkovo. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a écrit sur X, le même jour, que « l'opération contre les infrastructures logistiques russes se poursuit ». Une phrase de dix mots peut annoncer une campagne militaire entière. Celle-ci en est une.
Ce n'était pas une frappe isolée. C'était la troisième série d'attaques contre le réseau Wildberries en une semaine, après des sites à Krasnodar et à Nevinnomyssk, et après une frappe le week-end précédent dans la région de Moscou et à Tambov qui avait fait huit morts. La même nuit, une frappe ukrainienne visait une entreprise à Kirov, dans le centre de la Russie, tuant six personnes et en blessant vingt-six, selon le gouverneur Alexandre Sokolov. Le ministère russe de la Défense affirme, de son côté, avoir intercepté 571 drones ukrainiens cette même nuit au-dessus d'une quinzaine de régions.
Cette chronique ne prétend confirmer aucun chiffre émis par une seule partie au conflit. Elle documente ce que Zelensky a annoncé, ce que Moscou revendique, et ce que les deux versions, mises côte à côte, permettent réellement d'établir sur la trajectoire de cette guerre au 24 juillet 2026.
Ce que Zelensky a écrit, mot pour mot
Une déclaration qui assume la continuité de la campagne
Sur son compte X, le président ukrainien a présenté les entrepôts Wildberries touchés comme des sites approvisionnant l'armée russe en « composants de drones, équipements de navigation et matériels militaires ». Il n'a pas parlé d'un épisode ponctuel. Il a parlé d'une opération, au présent, qui « se poursuit ». Zelensky ne s'excuse pas. Il confirme.
Ce choix de vocabulaire compte. Une frappe isolée se justifie après coup ; une opération qui se poursuit s'assume avant même la prochaine nuit. Le message envoyé à Moscou, et à tous ceux qui observent ce conflit depuis l'extérieur, est que la logistique russe restera une cible tant que la guerre durera. Un verbe au présent, dans la bouche d'un chef d'État en guerre, vaut souvent plus qu'un communiqué militaire entier.
Kirov, une cible que Zelensky nomme explicitement
Pour la frappe de Kirov, le président ukrainien a été tout aussi direct : il a désigné l'entreprise visée comme « une des entreprises militaires clés » de la ville, fournisseur de composants pour avions et systèmes de missiles. Un nom, une fonction, une justification — livrés le jour même, sans détour diplomatique.
Aucune source indépendante consultée ne permet de confirmer intégralement cette qualification militaire de l'usine de Kirov. Le gouverneur Sokolov, lui, a évoqué un bilan de trente-deux victimes, dont six morts, sans détailler la nature de l'activité du site. Deux versions coexistent, aucune n'a été vérifiée par un tiers.
Wildberries, la cible qui n'a rien de militaire en apparence
« L'Amazon russe » dans le viseur, pour la troisième fois en sept jours
Wildberries est le plus grand site de commerce en ligne de Russie, souvent comparé à Amazon pour son poids dans la distribution de biens de consommation courante. Que ses entrepôts deviennent une cible militaire répétée dit quelque chose du glissement de cette guerre vers les chaînes d'approvisionnement civiles-militaires. Trois frappes en sept jours contre le même réseau. Ce n'est plus un accident, c'est une doctrine.
La PDG de l'entreprise, Tatiana Kim, a déclaré que Wildberries avait « réussi à préserver une partie des surfaces et des marchandises » après les incendies de la nuit du 23 au 24 juillet. Le Kremlin, de son côté, a démenti tout lien entre l'entreprise et l'armée russe. Ces deux déclarations, émises le même jour, ne se recoupent pas : l'une minimise les dégâts, l'autre nie la cible elle-même. Nier la cible et minimiser les dégâts ne sont pas la même défense ; Moscou a choisi les deux à la fois.
Cinq jours d'attaques cumulées, selon le Kyiv Independent
Le Kyiv Independent situe cette séquence dans un cumul de cinq jours d'attaques contre des installations liées à Wildberries, incluant la frappe du week-end précédent dans la région de Moscou et à Tambov, qui avait fait huit morts selon les autorités russes locales. Cinq jours, plusieurs villes, un seul réseau visé.
Cette répétition géographique — Moscou, Tambov, Krasnodar, Nevinnomyssk, puis Saint-Pétersbourg, Tver et Simferopol — dessine une carte qui dépasse largement la portée d'une opération de représailles ponctuelle. Elle ressemble à une campagne planifiée, menée méthodiquement contre un même type d'infrastructure sur l'ensemble du territoire russe. Sept villes, un seul réseau visé. La carte dessine une méthode, pas un accident.
Kirov, six morts et une justification contestable
Un bilan que seule une source officielle russe confirme
Le bilan de six morts et vingt-six blessés à Kirov provient exclusivement du gouverneur régional Alexandre Sokolov, qui évoque un total de trente-deux victimes. Aucune source indépendante ni aucune agence internationale présente sur place ne permet, à ce stade, de corroborer ce chiffre de façon externe. Un bilan, une source, zéro recoupement.
Cette absence de vérification indépendante n'est pas propre à Kirov : elle caractérise la quasi-totalité des bilans humains émis par les deux camps dans ce conflit. Elle impose, ici comme ailleurs, une lecture prudente plutôt qu'une reprise automatique du chiffre annoncé. Un gouverneur qui compte ses propres morts reste juge et partie de son propre bilan.
Ce que la désignation « cible militaire » change, et ce qu'elle ne change pas
Que Zelensky qualifie l'usine de Kirov de site militaire ne suffit pas, en droit international, à transformer automatiquement en cible légitime un établissement qui emploie aussi une main-d'œuvre civile. Une déclaration présidentielle n'est pas une preuve balistique.
À l'inverse, rien dans les sources disponibles ne permet d'affirmer que cette désignation est fausse ou opportuniste. Ce texte se limite à constater qu'elle reste, pour l'instant, une allégation attribuée, ni confirmée ni infirmée par un organisme tiers. Entre deux versions non vérifiées, la seule honnêteté possible est de nommer l'incertitude elle-même.
571 drones interceptés : ce que revendique Moscou
Un chiffre rond, une nuit, quinze régions
Le ministère russe de la Défense affirme avoir intercepté 571 drones ukrainiens dans la nuit du 23 au 24 juillet, au-dessus d'une quinzaine de régions russes, de la Crimée occupée, de la mer Noire et de la mer d'Azov. Cinquante-neuf de ces interceptions auraient eu lieu au-dessus de la seule région de Léningrad, où se trouve Saint-Pétersbourg. Cinquante-neuf drones sur une seule région : la concentration parle plus que le total national.
Ce chiffre, comme tous les bilans d'interception émis par une partie au conflit, ne bénéficie d'aucune méthodologie publique détaillant comment il a été établi. Aucun observateur indépendant n'a accès aux systèmes de défense antiaérienne russes pour le confirmer. Un chiffre sans méthode publique reste une déclaration, jamais une démonstration.
Un aveu indirect plus qu'une démonstration de force
Revendiquer 571 interceptions revient, mécaniquement, à admettre qu'un nombre équivalent ou supérieur de drones a été lancé cette même nuit contre le territoire russe. Se vanter d'avoir arrêté des centaines de drones, c'est aussi avouer qu'il en est venu des centaines.
Cette lecture en miroir n'efface pas les frappes documentées à Wildberries et à Kirov, qui ont eu lieu malgré la défense revendiquée. La défense a peut-être fonctionné 571 fois ; elle a échoué au moins deux fois de façon vérifiable sur le terrain.
La doctrine des « sanctions à longue portée » assumée par Kyiv
Un vocabulaire qui remplace celui de la représaille
L'Ukraine ne présente plus ces frappes comme de simples représailles ponctuelles. Le vocabulaire employé par les responsables ukrainiens décrit une campagne de « sanctions à longue portée » visant raffineries, logistique et navires russes. Le mot a changé ; la cible aussi.
Ce changement de terminologie signale une évolution stratégique assumée : il ne s'agit plus de répondre coup pour coup à chaque frappe russe sur le territoire ukrainien, mais de mener une campagne structurée contre les capacités logistiques et industrielles russes sur la durée. Nommer une stratégie, c'est déjà annoncer qu'elle ne s'arrêtera pas au prochain communiqué.
Raffineries, ports, entrepôts : une même logique de saturation
Cette doctrine explique pourquoi des cibles aussi diverses que des entrepôts de commerce en ligne, des raffineries et des installations portuaires figurent désormais dans le même type de communiqué ukrainien. Toucher la logistique, c'est toucher tout ce qui roule derrière le front.
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Rien dans les sources disponibles ne permet d'établir un calendrier précis de cette campagne au-delà des épisodes déjà documentés. Ce qui est établi, en revanche, c'est sa continuité sur plusieurs semaines consécutives, de Moscou à Simferopol.
La réponse russe : trois ports ukrainiens visés la même semaine
Odessa, Mykolaïv, Izmaïl, trois cibles annoncées par Moscou
Le ministère russe de la Défense affirme avoir frappé, de son côté, trois ports ukrainiens — Odessa, Mykolaïv et Izmaïl sur le Danube — visant selon lui des réservoirs de carburant, des installations de déchargement et un dock flottant. Ces affirmations restent, comme les chiffres ukrainiens, non vérifiables indépendamment.
La conséquence rapportée serait que l'Ukraine aurait perdu, au moins temporairement, la capacité d'utiliser certains de ses ports maritimes pour le transport de marchandises, avec des armateurs qui suspendraient leurs escales. Une telle conséquence, si elle se confirme, toucherait directement les exportations agricoles ukrainiennes. Un port fermé au commerce pèse parfois plus lourd, à terme, qu'un entrepôt en flammes.
Plus de 180 navires russes touchés, selon les décomptes ukrainiens
Côté ukrainien, les décomptes cités évoquent plus de 180 navires russes touchés par des drones dans la mer Noire et la mer d'Azov depuis le début de cette campagne. Un chiffre annoncé par l'attaquant ukrainien, tout comme les 571 drones sont un chiffre annoncé par le défenseur russe.
Cette symétrie des invérifiabilités est méthodologiquement instructive : chaque camp communique des totaux qui servent son récit, et aucun des deux ne doit être traité comme une vérité établie sans recoupement extérieur.
Ce que révèle le silence de Kyiv sur le chiffre russe
Aucune contestation publique identifiée du chiffre de 571
Aucune source ukrainienne officielle consultée pour cette chronique n'a publiquement contesté ni confirmé le chiffre précis de 571 drones interceptés annoncé par Moscou. Le silence de Kyiv sur ce chiffre précis n'est ni un aveu ni un démenti.
Ce silence, fréquent dès lors que des enjeux de renseignement opérationnel entrent en jeu, ne permet aucune conclusion définitive sur la validité du décompte russe. Il n'empêche pas non plus la campagne ukrainienne de continuer, ce qui reste la donnée la plus solide dont on dispose. Kyiv ne conteste pas le chiffre russe. Kyiv continue simplement de frapper le lendemain.
Une campagne qui ne s'arrête pas au lendemain d'un bilan de défense élevé
Le fait que de nouvelles frappes ukrainiennes aient visé, la même nuit, à la fois Wildberries et Kirov, malgré le chiffre de défense annoncé par Moscou, indique que 571 interceptions revendiquées n'ont pas suffi à dissuader la poursuite de l'opération. Un chiffre de défense élevé n'a jamais arrêté une campagne le lendemain.
Cette continuité opérationnelle, observable sur plusieurs jours consécutifs, constitue un indicateur plus fiable de l'ampleur réelle de cette guerre aérienne que n'importe quel bilan ponctuel émis par un seul camp.
Le prix payé par les civils russes, documenté sans triomphalisme
Des blessés à Poulkovo, des vols retardés, pas de bilan national clair
Les autorités russes font état de trois blessés liés aux frappes contre les sites Wildberries, et d'une cinquantaine de vols retardés à l'aéroport de Poulkovo à Saint-Pétersbourg en raison des incendies. Trois blessés annoncés, un aéroport perturbé, aucun bilan national consolidé.
Cette chronique refuse de minimiser ce coût humain sous prétexte que les cibles visées sont présentées comme militaires par Kyiv. Chaque blessé compte, indépendamment de la fonction alléguée du site où il travaillait. Une cible qualifiée de militaire ne rend jamais un blessé civil moins blessé.
Kirov, un bilan qui s'ajoute à celui de la semaine précédente à Tambov
Le bilan de Kirov — six morts, vingt-six blessés — s'ajoute à celui de Tambov la semaine précédente, où huit morts avaient été recensés dans une frappe similaire contre une entreprise russe. Quatorze morts en deux semaines, deux frappes, une même méthode.
Cette répétition ne prouve aucune intention délibérée de maximiser les pertes civiles ; elle ne prouve pas non plus l'absence totale de fonction militaire des sites visés. Elle documente, simplement, une fréquence.
Le contexte diplomatique qui encadre cette campagne
Trump et Zelensky, une rencontre prévue le 28 juillet
Cette campagne de frappes s'inscrit dans un calendrier diplomatique chargé : le président américain Donald Trump et Volodymyr Zelensky doivent se rencontrer le 28 juillet à la Maison-Blanche, selon l'annonce de la présidence américaine. Une rencontre annoncée à Washington ne suspend aucune frappe à Kirov.
Zelensky doit également assister, le même séjour, aux funérailles du sénateur américain Lindsey Graham, mort le 11 juillet, porteur d'un projet de sanctions bipartisanes contre la Russie que le Sénat américain doit voter la semaine suivante. Un chef d'État en guerre qui enterre un allié à Washington reste, cette semaine-là, en guerre partout ailleurs.
Lavrov, Rubio, et une diplomatie qui reste au point mort
À Manille, la rencontre entre le secrétaire d'État américain Marco Rubio et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov n'a produit aucune percée apparente. Lavrov a réaffirmé que la Russie préfère une solution diplomatique mais imposera ses objectifs « en toutes circonstances ». Deux mots, aucune ambiguïté : la diplomatie attend, la guerre continue.
Des sources proches du Kremlin, citées par Reuters via CNN Portugal, affirment que Vladimir Poutine intensifierait l'offensive et refuserait toute négociation tant que Kyiv continue de frapper le territoire russe. Cette affirmation reste, comme toute source anonyme proche d'un pouvoir en guerre, à traiter avec la prudence qu'elle impose.
Pourquoi cette opération ne ressemble pas à un coup d'éclat isolé
Une répétition géographique qui trahit une planification
Sept sites Wildberries touchés en une semaine, répartis entre la région de Moscou, Tambov, Krasnodar, Nevinnomyssk, Saint-Pétersbourg, Tver et Simferopol, ne s'expliquent pas par une improvisation tactique. Une carte pareille se dessine avant de se frapper.
Cette dispersion géographique, couvrant à la fois le centre de la Russie, sa façade balte et la Crimée occupée, suggère une capacité de ciblage à longue portée largement supérieure à celle observée au début de ce conflit.
Kirov, à des centaines de kilomètres du front, confirme cette portée
Kirov se situe à des centaines de kilomètres de toute ligne de front active, dans le centre de la Russie. Que cette ville devienne une cible documentée, avec un bilan humain officiel de six morts, confirme que la profondeur du territoire russe n'offre plus la protection qu'elle offrait il y a deux ans. La distance ne protège plus personne.
Cette évolution, plus que le chiffre de 571 drones lui-même, constitue peut-être l'information la plus significative du 24 juillet 2026 : la guerre s'est déplacée loin derrière les lignes que l'on croyait sûres. La distance ne protège plus personne, pas même une usine à mille kilomètres du front.
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Ce que cette phrase de Zelensky engage pour la suite
Une promesse publique qui devra être tenue ou démentie par les faits
En écrivant que « l'opération continue », Zelensky s'engage publiquement à poursuivre une campagne dont chaque nouvelle frappe sera désormais mesurée à l'aune de cette déclaration. Une phrase publique devient, dans une guerre suivie jour après jour, une promesse vérifiable.
Si les frappes contre la logistique russe s'interrompent dans les semaines suivantes, cette déclaration du 24 juillet apparaîtra rétrospectivement comme un sommet plutôt qu'un point de départ. Rien, à ce stade, ne permet de trancher dans un sens ou dans l'autre.
Une escalade qui reste, pour l'instant, sans réponse militaire russe proportionnée documentée
Aucune source consultée pour cette chronique ne documente de frappe russe d'ampleur comparable spécifiquement dirigée contre la chaîne logistique civile ukrainienne en réponse directe à Wildberries. Kyiv frappe la logistique russe ; Moscou frappe les ports ukrainiens. Ce n'est pas la même échelle, ni la même cible.
Cette asymétrie, si elle se confirme dans les semaines suivantes, mériterait un suivi distinct, indépendant de la présente chronique, pour déterminer si elle reflète une différence de capacité ou une différence de doctrine. Frapper la logistique et frapper les ports ne racontent pas la même guerre, ni la même urgence.
Ce que cette chronique refuse d'affirmer
Aucune certitude sur le lien exact entre Wildberries et l'armée russe
Cette chronique ne tranche pas la question du lien réel entre les entrepôts Wildberries et l'approvisionnement militaire russe. Le Kremlin dément ; Zelensky affirme. Une affirmation présidentielle et un démenti gouvernemental ne font pas, ensemble, une preuve.
Ce texte présente les deux versions avec leur attribution respective, sans privilégier l'une au détriment de l'autre au-delà de ce que les sources permettent d'établir.
Aucune certitude sur l'ampleur réelle de la défense antiaérienne russe
De même, cette chronique ne confirme ni n'infirme le chiffre de 571 drones interceptés. Elle le traite comme une donnée déclarative, cohérente dans son principe général avec les frappes documentées, mais invérifiable dans son détail exact. Un chiffre non recoupé reste une affirmation, jamais un fait.
Cette réserve méthodologique s'applique de façon identique aux bilans ukrainiens de navires russes touchés, qui souffrent de la même limite structurelle de vérification.
Ce que cette journée dit de la trajectoire de l'été 2026
Une guerre qui se joue de plus en plus loin des tranchées
Le 24 juillet 2026 confirme une tendance déjà amorcée les semaines précédentes : les cibles les plus commentées de cette guerre ne sont plus seulement des positions militaires en première ligne, mais des entrepôts, des raffineries et des usines situés loin de tout front actif. La ligne de front s'est dédoublée : il y a celle du sol, et celle de la logistique.
Cette évolution structurelle, documentée à Kirov comme à Saint-Pétersbourg, redéfinit ce que signifie être à l'abri dans ce conflit. Aucun site industriel russe ne peut plus se considérer, en 2026, comme mécaniquement hors de portée.
Une déclaration présidentielle qui vaut communiqué de guerre
La phrase de Zelensky sur X n'est pas un commentaire à froid. C'est un communiqué de guerre déguisé en message de réseau social, qui annonce la poursuite d'une opération avant même que ses effets complets ne soient connus. Le format a changé ; la fonction, non.
Cette manière de communiquer, désormais habituelle chez les dirigeants en guerre, mérite d'être lue avec la même rigueur qu'un communiqué officiel classique, ni plus complaisante, ni plus suspicieuse.
Conclusion
Zelensky a écrit que l'opération continue. Les faits du 24 juillet lui donnent, pour l'instant, raison : Wildberries frappé une troisième fois en une semaine, Kirov touché avec un bilan de six morts, une campagne de « sanctions à longue portée » assumée publiquement par Kyiv. Moscou revendique 571 interceptions la même nuit ; cela ne l'a pas empêché d'encaisser deux frappes documentées. Ce qui reste à prouver, c'est la durée. Ce qui est déjà vrai, c'est la méthode.
Une phrase de dix mots sur X ne remplace pas une preuve balistique. Mais elle annonce, sans détour, ce que la nuit suivante confirmera ou démentira.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.
Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.
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Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous Sources.
Nature de l'analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.
Sources
Sources primaires
- Libération — Explosions à Kyiv, géant russe du e-commerce frappé, drone abattu en Roumanie — 24 juillet 2026
- 20 Minutes — Guerre en Ukraine : nouveaux bombardements meurtriers, sanctions contournées via la Géorgie — 24 juillet 2026
- Boursorama — 21 morts dans des frappes en Russie et en Ukraine — 24 juillet 2026
Sources secondaires
- n-tv — Russland: Haben drei ukrainische Häfen angegriffen — 24 juillet 2026
- Sky TG24 — Guerra Ucraina-Russia, ultime notizie in diretta — 24 juillet 2026
- CNN Portugal — Sources proches du Kremlin sur l'intensification de l'offensive russe — 24 juillet 2026
- Le Monde — Guerre en Ukraine : un drone abattu pour la première fois en Roumanie — 24 juillet 2026
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). CHRONIQUE : Zelensky écrit que l'opération continue, et il ne bluffe pas. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/chronique-zelensky-ecrit-que-l-operation-continue-et-il-ne-bluffe-pas
Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.






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