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La ChroniqueLettre ouverte· N° 3154

À Moscou et Pékin, venus honorer Khamenei sans jamais le nommer

Depuis le 3 juillet 2026, Téhéran vit au rythme des cérémonies funéraires de l'ancien guide suprêmeAli Khamenei, tué fin février dans une

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À retenir
  1. Depuis le 3 juillet 2026, Téhéran vit au rythme des cérémonies funéraires de l'ancien guide suprêmeAli Khamenei, tué fin février dans une
  2. Introduction : une lettre ouverte à ceux qui ont fait le voyage de Téhéran
  3. Une capitale sous le poids d'un deuil politique
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Introduction : une lettre ouverte à ceux qui ont fait le voyage de Téhéran

Une capitale sous le poids d'un deuil politique

J'ouvre cette lettre avec une certitude simple: rien de ce qui se passe cette semaine à Téhéran n'est accidentel. Chaque avion qui atterrit, chaque dignitaire qui descend sur le tarmac, raconte une alliance ou un refus d'alliance.

Depuis le 3 juillet 2026, Téhéran vit au rythme des cérémonies funéraires de l'ancien guide suprêmeAli Khamenei, tué fin février dans une frappe américano-israélienne qui a déclenché la guerre la plus destructrice qu'ait connue l'Iran depuis des décennies. Des délégations venues d'environ cent pays se sont succédé dans la capitale iranienne, selon Al Jazeera, dans un ballet diplomatique qui en dit long sur les alliances réelles du régime iranien affaibli.

J'écris cette lettre ouverte directement à ceux qui ont choisi de faire le déplacement, en particulier à la délégation russe, parce que leur présence à ces funérailles n'est jamais un geste neutre: c'est un choix politique assumé, avec des conséquences bien réelles pour l'équilibre géopolitique mondial.

Le choix révélateur de Moscou

La Russie a envoyé Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe et envoyé personnel de Vladimir Poutine, qui a rencontré le président iranien Massoud Pezeshkian en marge des cérémonies, selon le Moscow Times. Ce choix d'envoyer un haut responsable plutôt qu'une simple délégation protocolaire confirme, une fois de plus, la profondeur du partenariat stratégique entre Moscou et Téhéran.

Cette alliance, déjà visible dans la fourniture de drones iraniens à l'armée russe pour sa guerre contre l'Ukraine, prend ici une dimension symbolique supplémentaire: rendre hommage au chef spirituel d'un régime avec lequel la Russie partage désormais un adversaire commun, l'Occident démocratique.

Que Medvedev traverse la moitié du monde pour assister à ces funérailles ne devrait surprendre personne: c'est la confirmation, sous nos yeux, d'un axe autoritaire qui se resserre à mesure que chacun de ses membres se sent isolé par l'Occident.

Cher Kremlin, votre présence à Téhéran ne trompe personne

Une alliance de circonstance devenue structurelle

Le partenariat entre Moscou et Téhéran a longtemps été présenté par les deux capitales comme pragmatique et limité, mais la présence d'un haut dignitaire comme Medvedev aux funérailles de Khamenei illustre une évolution vers quelque chose de plus profond et de plus durable qu'un simple arrangement transactionnel.

Cette relation s'est construite sur des besoins militaires concrets de la Russie en pleine guerre d'agression contre l'Ukraine, mais elle dépasse désormais largement le cadre strictement militaire pour englober une convergence idéologique explicite contre l'ordre international dominé par les démocratiesoccidentales.

Ce que cela signifie pour Kyiv et pour l'Europe

Chaque geste de rapprochement entre la Russie et l'Iran devrait alarmer directement les capitales européennes et Kyiv, puisque cette alliance a des conséquences militaires très concrètes: les dronesShahed iraniens continuent de frapper des villes ukrainiennes, souvent la nuit, contre des infrastructures civiles et énergétiques.

Ignorer la dimension symbolique de ces funérailles serait une erreur d'analyse: chaque poignée de main entre dignitaires russes et iraniens à Téhéran ce mois-ci a une traduction directe sur le champ de bataille ukrainien, dans les cieux au-dessus d'Odessa ou de Kharkiv.

On ne peut pas dénoncer les drones iraniens qui pleuvent sur l'Ukraine tout en fermant les yeux sur les images de dignitaires russes serrant la main de responsables iraniens à Téhéran. C'est la même alliance, sous deux angles différents.

Cher Pékin, votre silence stratégique a aussi un prix

Une présence chinoise minimale mais calculée

La Chine a envoyé He Wei, vice-président du comité permanent de l'Assemblée nationale populaire, une première visite chinoise de haut niveau en Iran depuis le début de la guerre, selon Al Jazeera. Ce choix d'une délégation de niveau intermédiaire, plutôt qu'une présence présidentielle directe, traduit la prudence habituelle de Pékin face aux dossiers les plus sensibles du Moyen-Orient.

Cette prudence calculée ne doit toutefois pas masquer l'essentiel: la Chine reste l'un des principaux acheteurs de pétrole iranien, une bouée financière essentielle pour un régime que les sanctionsoccidentales cherchent précisément à étouffer économiquement.

Le double jeu chinois entre discrétion et intérêt stratégique

Pékin cultive depuis des années une posture d'équilibriste au Moyen-Orient, entretenant des relations économiques avec l'Iran tout en évitant un alignement trop ouvertement anti-occidental qui nuirait à ses propres intérêts commerciaux avec l'Europe et les États-Unis.

Cette approche, bien plus sophistiquée que celle de Moscou, n'en demeure pas moins problématique pour l'Occident: elle permet à la Chine de tirer les bénéfices économiques de sa relation avec l'Iran sans en assumer pleinement les coûts diplomatiques, une hypocrisie stratégique qu'il faut nommer clairement.

La discrétion chinoise à ces funérailles n'est pas de la neutralité, c'est du calcul pur. Pékin a compris depuis longtemps qu'on peut financer un régime hostile à l'Occident tout en gardant les mains apparemment propres sur la scène diplomatique.

Le contexte d'une guerre qui a changé l'Iran à jamais

Une frappe qui a décapité la direction du régime

La mort de Khamenei fin février 2026, dans une frappe américano-israélienne, a marqué le point de départ d'une guerre dévastatrice qui a profondément fragilisé les structures de pouvoir du régime iranien, laissant un vide au sommet que la succession peine encore à combler pleinement plusieurs mois plus tard.

Cette opération militaire, aussi controversée soit-elle sur le plan du droit international, a confirmé la volonté occidentale et israélienne de frapper directement les sommets du pouvoir iranien plutôt que de se contenter de sanctions économiques dont l'efficacité s'était révélée limitée depuis des années.

Un fils absent qui en dit long sur la fragilité du régime

Modjtaba Khamenei, fils de l'ancien guide suprême et successeur potentiel évoqué depuis des années, n'a pas assisté aux funérailles de son père, invoquant des raisons de sécurité, selon plusieurs médias régionaux. Cette absence, hautement symbolique, illustre à quel point le régime iranien reste sous la menace de nouvelles frappes ciblées.

Un pouvoir qui ne peut même pas garantir la sécurité du fils de son propre chef spirituel lors de funérailles nationales est un pouvoir profondément ébranlé, quelle que soit l'ampleur de la mobilisation populaire organisée pour l'occasion.

Un régime qui a peur de laisser son propre successeur pressenti assister aux funérailles de son prédécesseur n'est pas un régime fort qui rassure sa population: c'est un régime qui vit dans la terreur de la prochaine frappe.

Cher Islamabad, votre médiation mérite d'être reconnue

Un rôle de facilitateur salué même par ses rivaux

Le Pakistan, qui a joué un rôle clé de médiateur dans la trêve ayant mis fin aux hostilités les plus intenses de cette guerre, a envoyé son premier ministre Shehbaz Sharif assister aux funérailles, un geste diplomatique fort qui reconnaît publiquement le rôle pakistanais dans la désescalade récente.

Cette diplomatie pakistanaise, souvent sous-estimée sur la scène internationale, mérite d'être reconnue pour ce qu'elle est: un exemple rare de médiation régionale efficace dans un conflit où les grandes puissances occidentales ne pouvaient pas jouer ce rôle d'intermédiaire neutre.

L'Inde, prudente, garde ses distances

L'Inde, en comparaison, n'a envoyé qu'un vice-ministre des Affaires étrangères et le gouverneur du Bihar, sans la présence du premier ministre Narendra Modi, un signal clair de prudence diplomatique de la part de New Delhi face à un dossier aussi sensible.

Cette prudence indienne contraste avec l'empressement russe et reflète la position d'équilibre que l'Inde tente de maintenir entre ses relations avec l'Occident, avec la Russie et avec les pays du Golfe, un exercice diplomatique de plus en plus difficile à tenir dans un monde polarisé.

La retenue indienne à ces funérailles en dit plus long sur les calculs stratégiques de New Delhi que n'importe quel communiqué officiel: on ne s'associe pas publiquement à un régime en pleine tourmente quand on cultive aussi des liens avec Washington.

Cher Occident, votre absence n'est pas passée inaperçue

Une absence totale qui parle d'elle-même

Aucun pays occidental majeur n'a envoyé de délégation officielle à ces funérailles, une absence qui contraste fortement avec la présence de près de cent délégations venues d'ailleurs dans le monde, selon la couverture d'Al Jazeera. Ce silence diplomatique occidental n'est pas un oubli: c'est un choix politique cohérent avec la position occidentale sur ce régime.

Cette absence confirme, si besoin était, que la rupture entre l'Occident démocratique et le régime iranien reste totale, sans la moindre ambiguïté diplomatique, contrairement à l'attitude plus nuancée adoptée par plusieurs pays du Sud global.

Une cohérence à saluer malgré les critiques

Certains observateurs reprocheront à l'Occident un isolement diplomatique excessif qui priverait les capitales occidentales d'un canal de communication utile avec Téhéran, mais cette critique ignore la réalité fondamentale: on n'envoie pas de délégation officielle rendre hommage au chef spirituel d'un régime qui finance le terrorisme régional et réprime brutalement sa propre population.

Cette cohérence occidentale, même si elle a un coût diplomatique réel, demeure la seule position défendable face à un régime qui n'a jamais cessé son hostilité déclarée envers les démocratiesoccidentales et leurs alliés régionaux.

L'absence occidentale à ces funérailles n'est pas une erreur diplomatique à corriger, c'est une ligne rouge à maintenir. On ne normalise pas un régime en pleine crise de légitimité simplement pour garder un canal de communication ouvert.

Le poids de la mobilisation populaire iranienne

Des millions de personnes dans les rues iraniennes

Les autorités iraniennes évoquent entre quinze et vingt millions de personnes ayant participé aux différentes cérémonies funéraires à travers le pays, selon The News International, un chiffre impressionnant qui traduit à la fois un deuil national réel et une mobilisation soigneusement orchestrée par un régime cherchant à projeter une image de cohésion nationale retrouvée.

Il est toutefois difficile de distinguer, dans ce type de mobilisation encadrée par l'État, la part du deuil authentique de celle de la pression sociale et politique exercée sur une population iranienne épuisée par des mois de guerre et de privations économiques sévères.

Un régime qui a besoin de cette démonstration de force

Cette mobilisation massive sert avant tout les intérêts du régime iranien affaibli, qui a besoin de projeter une image de solidité populaire à un moment particulièrement critique de son histoire récente, marqué par une guerre destructrice et une succession politique incertaine au sommet de l'État.

Le contraste entre cette démonstration de force organisée et la réalité d'un pouvoir profondément fragilisé par la guerre illustre bien le décalage persistant entre la propagande officielle iranienne et la situation réelle sur le terrain, un décalage que les observateurs occidentaux doivent continuer de documenter rigoureusement.

Des millions de personnes dans la rue ne prouvent jamais, à elles seules, la solidité d'un régime autoritaire: l'histoire regorge d'exemples de mobilisations massives organisées juste avant l'effondrement final du pouvoir en place.

Le calendrier funéraire comme instrument politique

Une séquence de plusieurs jours savamment orchestrée

Le calendrier funéraire s'étend sur plusieurs jours, de Téhéran les 3 et 4 juillet à Qom le 7 juillet, puis vers l'Irak, Najaf et Kerbala le 8 juillet, avant l'inhumation finale à Machhad le 9 juillet, selon plusieurs médias régionaux. Cette séquence prolongée permet au régime de maximiser la couverture médiatique et la mobilisation populaire sur près d'une semaine complète.

Le passage par des lieux saints chiites en Irak n'est pas anodin: il vise à renforcer les liens religieux et politiques entre l'Iran et les milices chiites irakiennes qui demeurent des alliés stratégiques essentiels de Téhéran dans la région.

Une diplomatie funéraire au service de l'influence régionale

Cette utilisation stratégique du deuil national comme instrument de politique étrangère régionale illustre la sophistication du régime iranien en matière de gestion de son image, même au moment le plus vulnérable de son histoire politique récente, marqué par la disparition de son chef spirituel historique.

L'Occident aurait tort de sous-estimer cette capacité iranienne à transformer une crise de succession en opportunité de renforcement de son réseau d'alliances régionales, notamment auprès des populations chiites d'Irak, du Liban et d'ailleurs dans la région.

Même en plein chaos politique, ce régime trouve le moyen de transformer des funérailles en outil de propagande régionale. Il faut lui reconnaître, à défaut d'autre chose, une remarquable capacité de résilience communicationnelle.

Ce que cette carte diplomatique révèle sur le monde de 2026

Une polarisation mondiale de plus en plus nette

La liste des pays présents et absents à ces funérailles dessine, presque parfaitement, la carte des blocs géopolitiques qui structurent le monde de 2026: d'un côté, un axe regroupant la Russie, la Chine et plusieurs pays du Sud global, de l'autre, un Occident démocratique uni dans son absence délibérée et cohérente.

Cette polarisation, documentée noir sur blanc par la liste des délégations présentes selon Eastern Herald, confirme que la guerre en Iran n'est jamais restée un conflit purement régional: elle s'inscrit pleinement dans la confrontation plus large entre démocraties occidentales et régimes autoritaires alliés.

Une leçon pour les stratèges occidentaux

Cette carte diplomatique devrait servir de leçon aux décideurs occidentaux: l'isolement du régime iranien reste largement théorique tant que la Russie et la Chine continuent de lui fournir un soutien diplomatique et économique substantiel, même sous une forme discrète et calculée comme celle observée à Téhéran cette semaine.

Une stratégie occidentale cohérente contre l'Iran doit nécessairement intégrer une pression accrue sur ces deux partenaires stratégiques du régime, plutôt que de se concentrer uniquement sur Téhéran elle-même, isolée mais toujours soutenue de l'extérieur.

Sanctionner l'Iran sans s'attaquer sérieusement aux mécanismes qui permettent à la Russie et à la Chine de continuer à la soutenir, c'est combattre un incendie en ignorant la source qui continue de l'alimenter.

Le rôle trouble de la diplomatie énergétique chinoise

Le pétrole iranien, une bouée financière essentielle

Les importations chinoises de pétrole iranien, souvent effectuées via des circuits détournés pour contourner les sanctions occidentales, constituent l'une des principales sources de revenus du régime de Téhéran, une réalité économique qui explique en grande partie la prudence diplomatique chinoise observée lors de ces funérailles.

Cette dépendance mutuelle, économique pour l'Iran et stratégique pour la Chine qui sécurise ainsi une partie de son approvisionnement énergétique, crée un lien structurel bien plus solide que la simple présence protocolaire d'un dignitaire chinois de niveau intermédiaire aux funérailles de Khamenei.

Une hypocrisie qui mérite d'être documentée

Pékin continue publiquement d'appeler à la stabilité régionale et au dialogue diplomatique tout en finançant, dans les faits, un régime dont les activités déstabilisatrices dans la région sont documentées depuis des décennies par de nombreux rapports occidentaux et onusiens.

Cette contradiction entre le discours officiel chinois et ses actions économiques concrètes mérite d'être exposée systématiquement par les diplomaties occidentales, plutôt que d'être traitée comme un simple détail secondaire dans les relations sino-occidentales plus larges.

Pékin ne peut pas continuer à se présenter comme un acteur de stabilité régionale tout en finançant, par ses achats de pétrole, un régime qui alimente l'instabilité qu'elle prétend combattre. Cette contradiction devrait être répétée à chaque sommet international.

Les conséquences pour la stabilité régionale à court terme

Une succession qui reste largement incertaine

Malgré ces funérailles d'État soigneusement orchestrées, la question de la succession réelle au sommet du pouvoir religieux et politique iranien demeure largement non résolue, un flou institutionnel qui pourrait alimenter des rivalités internes dangereuses dans les mois à venir.

Cette incertitude successorale, combinée à l'affaiblissement militaire et économique du régime après des mois de guerre, crée un contexte particulièrement volatil qui mérite une surveillance attentive de la part des services de renseignement occidentaux.

Un risque de fragmentation interne à ne pas sous-estimer

Certains analystes régionaux évoquent désormais un risque réel de fragmentation interne du pouvoir iranien, entre factions militaires, religieuses et politiques qui pourraient se disputer un contrôle plus direct dans l'après-Khamenei, un scénario qui aurait des répercussions majeures sur toute la région du Moyen-Orient.

L'Occident doit se préparer à plusieurs scénarios possibles, plutôt que de supposer une continuité automatique du régime sous une nouvelle direction unifiée, tant l'incertitude actuelle demeure élevée selon plusieurs analyses régionales récentes.

Personne ne devrait parier aujourd'hui sur ce que sera l'Iran dans un an. Cette incertitude est précisément ce qui rend cette période aussi dangereuse que fascinante à observer pour quiconque suit ce dossier de près.

Cher lecteur occidental, voici pourquoi ce dossier vous concerne

Un lien direct avec votre sécurité énergétique et militaire

Ce qui se joue actuellement à Téhéran n'est pas un événement lointain sans conséquence directe pour les citoyens occidentaux: les alliances qui se confirment lors de ces funérailles ont un impact concret sur le prix de l'énergie, sur la sécurité européenne face aux drones iraniens utilisés par la Russie, et sur la stabilité globale du Moyen-Orient.

Comprendre qui était présent à Téhéran cette semaine, et pourquoi, c'est comprendre une partie essentielle de la carte des alliances qui détermineront les grands conflits et tensions des prochaines années à l'échelle mondiale.

Une invitation à rester vigilant plutôt qu'indifférent

Il serait facile de traiter ces funérailles comme un simple événement religieux et culturel iranien sans grande portée pour le reste du monde, mais cette lecture superficielle ignorerait la dimension géopolitique majeure que revêt chaque geste diplomatique posé cette semaine à Téhéran.

Je vous invite, en tant que lecteurs occidentaux, à suivre ce dossier avec la même attention que vous accorderiez à n'importe quel développement majeur touchant directement votre sécurité collective, car c'est exactement de cela qu'il s'agit ici.

Ce qui se passe à Téhéran cette semaine finira, d'une façon ou d'une autre, par affecter le prix de votre essence, la sécurité de vos alliés européens ou la stabilité de régions dont dépend une bonne partie de l'économie mondiale.

Ce que l'histoire retiendra de ces funérailles

Un moment charnière pour le régime iranien

Ces funérailles resteront probablement dans l'histoire comme le moment où le monde a pu observer, presque en temps réel, la carte complète des alliances et des distances diplomatiques entretenues avec un régime iranien profondément fragilisé par une guerre dévastatrice et une succession politique incertaine.

L'historien qui se penchera un jour sur cette période y verra sans doute un point de bascule, celui où l'isolement occidental du régime iranien s'est confirmé de façon éclatante, tandis que l'axe russo-chinois consolidait son soutien discret mais bien réel à Téhéran.

Une occasion manquée de dialogue ou une ligne rouge nécessaire

Certains regretteront sans doute, avec le recul historique, l'absence totale de canal diplomatique occidental lors de ce moment charnière, tandis que d'autres y verront, à raison selon moi, la confirmation nécessaire d'une ligne rouge morale face à un régime qui n'a jamais renoncé à son hostilité envers les démocraties occidentales.

L'histoire tranchera probablement en faveur de la seconde interprétation, celle d'une cohérence occidentale nécessaire face à un régime qui continue de représenter une menace réelle pour la stabilité régionale et la sécurité de ses alliés démocratiques.

Je préfère une cohérence morale inconfortable à un rapprochement diplomatique cynique avec un régime qui finance le terrorisme régional. L'histoire, je crois, donnera raison à cette position, même si elle a un coût à court terme.

Cher Téhéran, votre isolement n'est pas une fatalité que vous subissez

Un régime qui a fait ses propres choix historiques

Il serait tentant, pour certains observateurs sympathiques au régime iranien, de présenter cet isolement diplomatique occidental comme une injustice imposée de l'extérieur, mais cette lecture ignore délibérément des décennies de choix politiques assumés par Téhéran elle-même: financement de milices régionales, répression brutale de sa propre population, et hostilité déclarée envers Israël et ses alliés occidentaux.

Cette responsabilité historique du régime iranien dans son propre isolement mérite d'être rappelée chaque fois que des voix, en Occident ou ailleurs, tentent de présenter Téhéran comme une simple victime des puissances occidentales plutôt que comme un acteur ayant fait ses propres choix stratégiques délibérés.

Une porte qui reste théoriquement ouverte, sous conditions claires

L'isolement occidental actuel n'est pas nécessairement permanent: une véritable transformation du régime iranien, incluant l'abandon de son soutien aux milices régionales et un respect réel des droits humains de sa population, pourrait éventuellement rouvrir des canaux diplomatiques aujourd'hui fermés par nécessité morale et stratégique.

Mais cette porte, si elle existe théoriquement, ne s'ouvrira certainement pas tant que Téhéran continuera de s'appuyer sur des alliés comme la Russie et la Chine plutôt que d'engager une véritable réforme intérieure et une réorientation de sa politique étrangère régionale.

Je ne crois pas à la fatalité en géopolitique: Téhéran a fait des choix, et ces choix ont des conséquences diplomatiques directes. Personne ne devrait présenter cet isolement comme une injustice imposée de l'extérieur.

Conclusion : une lettre qui reste ouverte, comme l'avenir de l'Iran

Ce que cette semaine nous a appris collectivement

Les funérailles d'Ali Khamenei auront révélé, en quelques jours seulement, la véritable architecture des alliances mondiales de 2026: un axe russo-chinois qui soutient discrètement mais fermement le régime iranien, un Sud global divisé entre prudence et solidarité religieuse, et un Occident démocratique uni dans son absence délibérée et cohérente.

Cette carte diplomatique, dressée noir sur blanc par la liste des délégations présentes et absentes à Téhéran, mérite d'être étudiée attentivement par quiconque cherche à comprendre les lignes de fracture qui structureront les grands conflits internationaux des prochaines années.

Une lettre qui restera sans réponse, et c'est très bien ainsi

Cette lettre ouverte, adressée à Moscou, à Pékin, à Islamabad et à l'Occident tout entier, ne recevra probablement jamais de réponse officielle directe, et ce n'était de toute façon pas son objectif premier: elle visait plutôt à documenter, pour mémoire, ce que révèle vraiment la diplomatie funéraire d'un régime en pleine crise existentielle.

L'avenir de l'Iran demeure aussi incertain que la succession de son ancien guide suprême, mais une chose paraît d'ores et déjà établie: les alliances qui se sont confirmées cette semaine à Téhéran continueront de façonner la géopolitique mondiale bien après que les derniers échos de ces funérailles se seront tus.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Comment j'ai construit cette lettre ouverte

Je ne suis ni diplomate ni spécialiste universitaire du Moyen-Orient, et cette lettre ouverte reflète mon interprétation personnelle, assumée et clairement identifiée comme telle, de faits rapportés par des sources journalistiques publiques vérifiables, citées intégralement ci-dessous. Aucune information factuelle n'a été inventée ni extrapolée au-delà de ce que rapportent ces sources.

Mes biais assumés dans ce dossier

Je défends ouvertement une ligne éditoriale pro-occidentale et critique envers le régime iranien, la Russie et la Chine, un biais que j'assume pleinement dans cette lettre ouverte à caractère éditorial. Les faits chiffrés et les citations attribuées à des tiers proviennent directement des sources journalistiques citées, tandis que les interprétations et jugements de valeur exprimés m'appartiennent en propre.

Sources

Sources primaires

Al Jazeera — Iran's Khamenei funeral: Which world leaders are attending, 3 juillet 2026

Iran International — Couverture des funérailles de Khamenei, 3 juillet 2026

The Moscow Times — Medvedev to lead Russian delegation at Iranian supreme leader's funeral, 2 juillet 2026

Sources secondaires

The News International — Khamenei funeral: millions gather in Iran, 3 juillet 2026

Eastern Herald — Khamenei funeral Tehran: diplomatic attendance map, 3 juillet 2026

Foreign Policy — Analyses sur les alliances régionales et la guerre Iran-Israël-États-Unis, juillet 2026

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). À Moscou et Pékin, venus honorer Khamenei sans jamais le nommer. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/a-moscou-et-pekin-venus-honorer-khamenei-sans-jamais-le-nommer

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Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

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