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La ChroniqueReportage· N° 748

RÉCIT : Zhytomyr, Rivne, Volyn sous les drones — l'Ukraine de l'ouest bombardée grâce aux relais biélorusses

Il y a une logique géographique dans la guerre qui s'est imposée pendant deux ans comme une certitude tacite : l'est de l'Ukraine brûle, l'ouest respire. Kyiv, Kharkiv, Zaporijjia, Kherson — ce sont les villes qu'on cite dans les bulletins de dommages. Zhytomyr, Rivne, Volyn — de

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À retenir
  1. Il y a une logique géographique dans la guerre qui s'est imposée pendant deux ans comme une certitude tacite : l'est de l'Ukraine brûle, l'ouest respire. Kyiv, Kharkiv, Zaporijjia, Kherson — ce sont les villes qu'on cite dans les bulletins de dommages. Zhytomyr, Rivne, Volyn — de
  2. Introduction : La nuit où l'ouest a cessé d'être un refuge
  3. Les premières frappes sur les régions que personne n'attendait
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Introduction : La nuit où l'ouest a cessé d'être un refuge

Les premières frappes sur les régions que personne n'attendait

Il y a une logique géographique dans la guerre qui s'est imposée pendant deux ans comme une certitude tacite : l'est de l'Ukraine brûle, l'ouest respire. Kyiv, Kharkiv, Zaporijjia, Kherson — ce sont les villes qu'on cite dans les bulletins de dommages. Zhytomyr, Rivne, Volyn — des noms qui évoquaient encore la paix relative, les réfugiés qui s'y installaient, les enfants qui y trouvaient des écoles temporaires. Cette certitude-là a été brisée. Les drones russes ont frappé des infrastructures énergétiques, des nœuds ferroviaires, des installations de stockage dans des régions qui pensaient être hors de portée effective des Shaheds.

Comment ? Par une innovation tactique que les analystes militaires suivaient depuis janvier 2026 mais que les gouvernements occidentaux tardaient à nommer publiquement : des stations relais de signal installées sur le territoire biélorusse, permettant aux opérateurs russes de maintenir un contrôle actif sur leurs drones bien au-delà des portées habituelles. Ce n'est pas une simple amélioration technique. C'est une transformation stratégique de la guerre des drones — et Volodomyr Zelensky a décidé le 19 juin 2026 que ce n'était plus acceptable.

L'anatomie des stations relais biélorusses

Des antennes camouflées en infrastructure civile

Les quatre stations relais identifiées sur le territoire biélorusse — deux dans l'oblast de Gomel et deux dans l'oblast de Brest — ont une apparence délibérément banale. Selon les analyses de l'Institut pour l'étude de la guerre et les témoignages d'experts en télécommunications ukrainiens cités par les médias spécialisés, ces structures ressemblent à des tours de transmission téléphonique ou à des émetteurs de télévision. Elles se fondent dans le paysage des infrastructures de communication civiles qui parsèment le territoire biélorusse. Les identifier depuis des images satellites ou des drones de reconnaissance exige des capacités d'analyse avancées.

Comment elles transforment les drones en armes de précision

La technologie mise en œuvre est une modification des drones Shahed iraniens — rebaptisés Gerbera, Italmas et Parodiya dans les nomenclatures ukrainiennes selon leurs variantes. Ces drones modifiés sont équipés de systèmes de communication bidirectionnelle — pas seulement un système de navigation GPS unidirectionnel, mais un véritable lien vidéo permettant à l'opérateur de voir en temps réel depuis le drone et d'ajuster sa trajectoire. Les stations relais biélorusses amplifiaient ce signal de communication entre l'opérateur en Russie et le drone en vol au-dessus de l'Ukraine occidentale, maintenant une connexion qui aurait été impossible sans ce relais géographique intermédiaire.

Zelensky pose son ultimatum : une semaine, pas une de plus

Le 19 juin : la déclaration qui change les règles du jeu

Le 19 juin 2026, Volodomyr Zelensky fait une déclaration qui sort de l'ordinaire dans sa précision et sa directivité. Il adresse un ultimatum à Alexandre Loukachenko : les stations relais de signal russe sur le territoire biélorusse doivent être démantelées dans un délai d'une semaine. Zelensky ne menace pas d'une réponse vague — il fixe une échéance calendaire claire. La déclaration est immédiatement couverte par les médias ukrainiens, reprise par le Kyiv Independent et amplifiée par les partenaires occidentaux de l'Ukraine. C'est une déclaration rare dans la géopolitique de ce conflit : l'Ukraine pose une condition à un pays tiers — la Biélorussie — et fixe une date limite.

La logique militaire derrière l'ultimatum

Derrière l'ultimatum de Zelensky se cache une analyse militaire précise. Sans les relais biélorusses, les drones russes modifiés sont contraints de revenir à un guidage GPS-only — sans communication bidirectionnelle, sans contrôle en temps réel. Cette limitation réduit drastiquement leur capacité à cibler des objets en mouvement et force les opérateurs à utiliser des coordonnées fixes pré-programmées. Concrètement, cela signifie que les locomotives ukrainiennes qui déplacent du matériel militaire et des fournitures humanitaires deviennent beaucoup plus difficiles à cibler. Entre le 16 mai et le 20-21 juin 2026, les drones guidés depuis les relais avaient frappé 21 fois des wagons ferroviaires, détruisant plus de 20 locomotives dans l'oblast de Zhytomyr entre le 31 mai et le 6 juin seulement. Ces chiffres expliquent l'urgence de Zelensky.

La réponse de Minsk : un silence qui dit tout

Loukachenko et la rhétorique de la non-responsabilité

Alexandre Loukachenko — maintenu au pouvoir depuis 2020 par la Russie après la répression sanglante des manifestations biélorusses — a réagi à l'ultimatum de Zelensky avec une rhétorique de non-responsabilité caractéristique. Son régime a nié toute implication directe dans les opérations de drones russes depuis le territoire biélorusse. Le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov a qualifié l'ultimatum de Zelensky d'une tentative d'entraîner la Biélorussie dans une confrontation directe avec l'Ukraine — une accusation qui vise à inverser la responsabilité et à présenter la Biélorussie comme potentielle victime plutôt que comme complicité active.

Le silence opérationnel du 22 juin

Mais la rhétorique a cédé devant les faits. Le 22 juin 2026 — soit trois jours avant l'expiration de l'ultimatum de Zelensky — les quatre stations relais biélorusses ont cessé d'émettre. Selon les analyses de l'Institut pour l'étude de la guerre publiées le 24 juin, les capteurs de surveillance ukrainiens n'ont plus détecté les fréquences caractéristiques de ces relais. Zelensky lui-même a confirmé l'information : les relais sont «allés silencieux». Ont-ils été physiquement démantelés ou simplement éteints ? La question reste ouverte. Mais pour l'efficacité opérationnelle immédiate, la différence est secondaire.

Les frappes sur Zhytomyr : la logistique militaire sous les bombes

Un nœud ferroviaire stratégique dans le viseur

L'oblast de Zhytomyr n'est pas frappé au hasard. C'est un nœud logistique crucial dans le système de ravitaillement de l'armée ukrainienne. Les lignes ferroviaires qui traversent Zhytomyr relient la frontière avec la Pologne — par où arrivent une grande partie des fournitures militaires occidentales — aux zones de combat à l'est. Cibler ces lignes, c'est attaquer le cordon ombilical logistique de l'Ukraine. Les 21 frappes sur des wagons ferroviaires entre le 16 mai et le 21 juin 2026 représentent non pas une série d'incidents dispersés mais une campagne systématique visant à paralyser le flux de matériel vers le front.

Les infrastructures énergétiques de l'ouest sous pression

Parallèlement aux frappes ferroviaires, les régions de Zhytomyr, Rivne et Volyn ont subi des attaques contre leurs infrastructures énergétiques. Des sous-stations électriques, des transformateurs, des lignes de haute tension ont été endommagés. Dans une guerre qui dure depuis plus de quatre ans, l'Ukraine a reconstruit une partie de ses capacités énergétiques malgré les destructions répétées — mais chaque nouvelle vague de frappes sur les régions occidentales, historiquement épargnées, pose un problème de capacité de réparation. Les équipes techniques ukrainiennes ne peuvent pas être partout simultanément.

Les régions de Rivne et Volyn : la vulnérabilité des frontières

La géographie qui les rendait vulnérables

Les régions de Rivne et de Volyn partagent des frontières avec la Biélorussie au nord. Cette proximité géographique — combinée avec les relais de signal installés dans les oblasts biélorusses de Gomel et de Brest — explique pourquoi ces régions sont devenues des cibles prioritaires pour les drones guidés depuis les relais. La distance entre les stations relais biélorusses et les cibles dans ces régions est suffisamment courte pour maintenir une communication de haute qualité avec le drone en vol. C'est une géographie de la vulnérabilité que la Russie a exploitée avec une précision calculée.

Les couloirs humanitaires compromis

Ces régions hébergent également des populations de déplacés internes ukrainiens qui ont fui les zones de combat à l'est. Rivne et Volyn avaient accueilli des dizaines de milliers de réfugiés internes. Les frappes répétées sur leurs infrastructures — électricité, eau, transport — ne touchent pas seulement des objectifs militaires. Elles atteignent directement ces populations déjà vulnérables, coupent les services essentiels, forcent de nouveaux déplacements. C'est la guerre appliquée à sa forme la plus barbare : frapper les civils qui ont déjà fui une fois pour les forcer à fuir encore.

La Biélorussie entre deux feux : Loukachenko et ses marges de manœuvre

Un vassal qui a encore une limite

La réaction rapide de Minsk — éteindre les relais en trois jours — révèle quelque chose d'important sur la nature de la relation entre Loukachenko et Moscou. Loukachenko est un vassal de Poutine depuis 2020 : il doit sa survie politique à l'intervention russe. Mais il n'est pas sans intérêt propre. Être impliqué directement dans des frappes sur des civils ukrainiens en Ukraine occidentale le rendrait personnellement responsable devant la Cour pénale internationale et exposerait la Biélorussie à une escalade militaire ukrainienne que Loukachenko n'a pas les capacités de gérer.

La limite que Moscou ne peut pas forcer

Il semble donc qu'il existe une limite que Moscou ne peut pas forcer sur Loukachenko : l'implication directe de la Biélorussie dans des opérations offensives actives contre l'Ukraine. Fournir un terrain d'invasion en février 2022 — c'était une chose. Permettre des stations relais sur son sol — la Biélorussie a accepté, mais a reculé sous pression. Devenir un co-belligérant actif avec des troupes biélorusses sur le front ukrainien — c'est une ligne que Loukachenko refuse de franchir, probablement parce qu'il sait ce que ça signifierait pour son propre régime et pour sa population qui n'a aucun appétit pour cette guerre.

Les conséquences techniques de l'extinction des relais

Les Shaheds sans leur œil biélorusse

Depuis le 22 juin 2026, les drones russes qui attaquent les régions ukrainiennes occidentales sont revenus à un guidage GPS-only. Ce changement technique a des conséquences opérationnelles significatives. Sans communication bidirectionnelle, les opérateurs russes ne peuvent plus voir depuis le drone en temps réel. Ils ne peuvent plus ajuster la trajectoire pour cibler un objet en mouvement. Ils ne peuvent plus recueillir des données de reconnaissance depuis la perspective du drone. Selon les analyses ukrainiennes citées par RBC-Ukraine, cela signifie concrètement que les locomotives — qui se déplacent et peuvent changer de position — sont devenues beaucoup plus difficiles à cibler.

La résilience retrouvée de la défense antidrone ukrainienne

Le retour au guidage GPS-only offre également un avantage à la défense anti-drones ukrainienne. Les systèmes de brouillage électronique (jamming) ukrainiens sont plus efficaces contre des drones à guidage GPS qu'ils ne l'étaient contre des drones avec communication bidirectionnelle. Les stations relais biélorusses permettaient en effet au drone de recevoir des corrections de cap même si son signal GPS était brouillé — parce que la communication bidirectionnelle pouvait transmettre des instructions alternatives. Sans ce lien de communication, le drone est beaucoup plus vulnérable aux contre-mesures électroniques ukrainiennes.

L'Atlantic Council et la préparation biélorusse à un rôle élargi

La Biélorussie comme poste de ravitaillement pétrolier

Les relais de signal ne sont pas la seule façon dont la Biélorussie contribue à l'effort de guerre russe. L'Atlantic Council a publié le 25 juin 2026 une analyse documentant un rôle émergent de la Biélorussie dans la chaîne d'approvisionnement pétrolière russe. Après les frappes ukrainiennes sur des raffineries russes — incluant la raffinerie de Kapotnya à Moscou — la Russie a commencé à utiliser des capacités de raffinage biélorusses pour pallier ses déficits en carburant militaire. Les raffineries biélorusses de Mozyr et de Novopolotsk traitent du pétrole russe et réexportent les produits raffinés vers des marchés que la Russie ne peut plus atteindre directement à cause des sanctions.

Un double rôle qui aggrave la complicité

Ce double rôle de la Biélorussie — relais de signal pour les drones et centre de raffinage de substitution — illustre comment Loukachenko contribue à l'effort de guerre russe sans officiellement participer à la guerre. C'est une complicité structurelle qui mérite d'être nommée comme telle par les partenaires occidentaux de l'Ukraine. Si les sanctions contre la Russie permettent à ses partenaires proches de contourner ces sanctions, leur efficacité est fondamentalement compromise. La question des sanctions sur la Biélorussie — déjà en place mais pas toujours pleinement appliquées — devrait être réévaluée à la lumière de cette contribution au contournement de l'économie de guerre russe.

La réaction internationale et le soutien à l'ultimatum ukrainien

Les alliés occidentaux et la validation de la position ukrainienne

L'ultimatum de Zelensky du 19 juin a reçu un soutien — au moins implicite — des partenaires occidentaux de l'Ukraine. Plusieurs capitales européennes ont publiquement validé la position ukrainienne selon laquelle les stations relais biélorusses constituaient une participation active à des frappes sur des civils ukrainiens. Ce soutien diplomatique discret — sans menace explicite mais sans condamnation de l'Ukraine non plus — a probablement contribué à la décision de Loukachenko d'éteindre rapidement les relais. La pression combinée de Kyiv et des capitales occidentales sur Minsk a produit un résultat concret en moins de 72 heures.

Les limites de la réponse internationale

Mais la réponse internationale a ses limites. Aucun pays occidental n'a explicitement menacé la Biélorussie de conséquences nouvelles si les relais n'étaient pas éteints. Les sanctions déjà en place contre Minsk depuis la répression de 2020 et la complicité dans l'invasion de 2022 n'ont pas été formellement renforcées dans ce contexte. Et la question de savoir ce qui se passerait si les relais étaient ré-activés après une période de silence — pour tester la réaction occidentale — n'a pas reçu de réponse claire. L'incertitude sur les conséquences reste un problème structurel de la réponse internationale à la complicité biélorusse.

La doctrine des relais : une innovation que d'autres conflits reprendront

Un précédent technologique aux implications mondiales

La tactique des stations relais biélorusses utilisées pour étendre la portée et la précision des drones russes en Ukraine ne restera pas confinée à ce conflit. C'est une innovation tactique qui démontre qu'un pays tier peut significativement amplifier les capacités offensives d'un agresseur sans envoyer un seul soldat. Les relais de signal terrestres peuvent transformer des drones à portée limitée en systèmes d'attaque longue portée guidés en temps réel. Cette doctrine sera étudiée, analysée et probablement reproduite dans de futurs conflits — en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique — partout où des acteurs étatiques ou non-étatiques cherchent à étendre leur puissance de frappe à moindre coût.

Les implications pour les doctrines de défense occidentales

Pour les armées occidentales et leurs alliés, l'expérience ukrainienne avec les relais biélorusses pose une question doctrinale urgente : comment contrer des relais de signal terrestre situés sur le territoire d'un pays tiers non directement belligérant ? Frapper les relais en territoire biélorusse — même si militairement logique — aurait signifié une escalade formelle avec la Biélorussie. La solution ukrainienne a été la pression diplomatique — et elle a fonctionné dans ce cas. Mais dans un conflit où un pays tiers refuserait de plier sous la pression diplomatique, les options militaires pour neutraliser des relais sur un territoire souverain seraient infiniment plus compliquées et risquées.

L'incertitude qui demeure : relais éteints ou démantèles ?

La question que personne ne peut trancher

Une incertitude fondamentale demeure sur la situation au 22 juin 2026 : les stations relais ont-elles été physiquement démantelées et détruites, ou simplement éteintes et neutralisées temporairement ? Euromaidan Press et l'Institut pour l'étude de la guerre ont tous deux souligné cette ambiguïté dans leurs analyses du 24 juin. Des structures qui ont simplement été éteintes peuvent être rallumées. Des structures qui ont été physiquement démontées le peuvent difficilement. La différence est militairement et diplomatiquement significative — mais sans accès au terrain, aucune source publique ne peut le confirmer avec certitude.

La surveillance continue comme nécessité stratégique

L'armée ukrainienne et ses partenaires du renseignement occidental maintiennent une surveillance électronique active des fréquences associées aux stations relais biélorusses. Si ces fréquences reprennent de l'activité, cela sera détecté. La question est de savoir quelle réponse ukrainienne et occidentale suivrait une telle réactivation. L'ultimatum de Zelensky avait une date limite — le 26 juin. Les relais ont été éteints avant. Mais l'ultimatum n'a pas prévu ce qui se passerait si les relais étaient ré-activés après leur extinction. Cette lacune dans le cadre de réponse ukrainien est une faiblesse que Moscou et Minsk pourraient exploiter à l'avenir.

Zelensky, le protecteur de l'ouest : le leadership dans un moment critique

Une décision qui dépasse le cadre militaire

L'ultimatum de Zelensky du 19 juin doit être lu non seulement comme une décision militaire — protéger les infrastructures logistiques ukrainiennes — mais aussi comme un message politique adressé à la population ukrainienne elle-même. En osant nommer le problème publiquement, en fixant une échéance claire, en obtenant un résultat concret en moins de 72 heures, Zelensky démontre que son gouvernement est capable d'agir efficacement face à des menaces nouvelles. Dans un pays épuisé par plus de quatre ans de guerre, ce type de victoire tactique — même modeste dans l'ensemble de la guerre — a une valeur morale et psychologique que les chiffres militaires ne capturent pas.

La continuité de la résistance comme message stratégique

Pour les partenaires occidentaux de l'Ukraine, la réaction de Zelensky aux relais biélorusses confirme que Kyiv continue d'identifier les menaces nouvelles avec précision, d'adapter ses réponses avec créativité, et de maintenir une pression diplomatique cohérente sur tous les acteurs du conflit — y compris les pays tiers complices. Cette capacité d'adaptation est l'une des raisons pour lesquelles l'Ukraine continue de résister à l'agression russe avec beaucoup moins de ressources que son agresseur. Zelensky ne gagne pas parce qu'il a plus de chars — il tient parce qu'il pense mieux.

Le prix humain : déplacés, coupures d'électricité et résistance des civils

Les civils de l'ouest pris dans une guerre qui s'étend

Derrière les chiffres militaires — les 21 frappes ferroviaires, les 20 locomotives détruites, les quatre stations relais — il y a des vies humaines concrètes. Les habitants de Zhytomyr, de Rivne, de Volyn qui avaient cru s'éloigner de la guerre en s'établissant dans les régions occidentales de l'Ukraine. Les familles qui avaient reconstruit un semblant de routine, inscrit leurs enfants dans des écoles locales, trouvé du travail ou des logements temporaires. Ces personnes sont les premières victimes non-militaires de l'extension de la portée des drones russes grâce aux relais biélorusses. Quand l'électricité est coupée après une frappe sur une sous-station, c'est chez elles que les lumières s'éteignent.

La résilience comme marque identitaire ukrainienne

Mais ce que l'Ukraine a aussi montré depuis le 24 février 2022, c'est une résilience civile remarquable face à des destructions répétées d'infrastructures. Les équipes de réparation ukrainiennes ont développé une capacité exceptionnelle à restaurer l'électricité, l'eau et les communications dans des délais que les experts occidentaux jugent souvent improbables. Les réseaux de solidarité entre régions, entre villes, entre communautés se sont renforcés à mesure que la guerre a duré. Les habitants de Zhytomyr ou de Rivne frappés par les drones ne se sont pas effondrés — ils ont réparé, reconstruit, résisté. C'est cette résilience que Poutine n'avait pas anticipée en 2022, et qu'il n'a toujours pas brisée en 2026.

Conclusion : Zhytomyr résiste, mais la menace n'est pas effacée

Une victoire tactique dans une guerre totale

L'extinction des stations relais biélorusses le 22 juin 2026 est une victoire tactique réelle pour l'Ukraine et un signal utile à Minsk sur les limites de sa complicité avec Moscou. Elle réduit immédiatement la capacité des drones russes à cibler efficacement les infrastructures ferroviaires et énergétiques des régions de Zhytomyr, Rivne et Volyn. Elle démontre que la pression diplomatique directe — même d'un pays en guerre contre un pays officiellement neutre — peut produire des résultats concrets. Et elle confirme que Loukachenko n'est pas un allié sans limite de Poutine — il a ses propres calculs de survie.

Ce que l'histoire de ces relais nous dit sur la guerre à venir

Mais cette victoire tactique ne doit pas faire oublier les leçons structurelles. La Russie a démontré sa capacité à innover techniquement dans l'usage des drones. Elle a montré qu'elle est prête à utiliser des pays tiers comme plateformes opérationnelles. Et elle a prouvé que nulle région ukrainienne n'est définitivement hors de portée tant qu'elle peut accéder à des relais sur des territoires voisins. La réponse à long terme ne peut pas être seulement diplomatique — elle doit inclure des systèmes de défense anti-drones plus efficaces pour les régions occidentales, une surveillance électronique renforcée des territoires biélorusses, et une doctrine claire sur les conséquences pour Minsk si les relais sont ré-activés. Zhytomyr résiste. Mais les ombres sur l'ouest de l'Ukraine ne sont pas complètement dissipées.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Mes convictions sur ce conflit et mes biais assumés

Je suis pro-Ukraine sans équivoque. Je considère Zelensky comme un dirigeant courageux qui défend les valeurs démocratiques contre une agression militaire non provoquée. Je considère Poutine comme le principal responsable de la catastrophe humanitaire en cours. Je suis hostile à la complicité de Loukachenko avec la machine de guerre russe — même si, dans ce cas précis, j'ai noté son recul sous pression. Ces convictions influencent mon cadrage. Je ne prétends pas à une neutralité que je n'ai pas sur ce dossier.

Ce que je ne sais pas et l'état de mes sources

Je n'ai pas accès aux détails techniques des stations relais biélorusses au-delà de ce que les sources publiques — ISW, Euromaidan Press, RBC-Ukraine, RFE/RL, Militarnyi — ont publié. Je ne sais pas avec certitude si les relais ont été physiquement démantelés ou simplement éteints au 22 juin 2026. Je ne sais pas quelles négociations diplomatiques ont pu se tenir en coulisses entre les partenaires occidentaux et Minsk. Mon récit est construit sur des sources journalistiques et analytiques publiques, pas sur des informations de terrain directes. Je le signale clairement pour que le lecteur calibre en conséquence.

Sources

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). RÉCIT : Zhytomyr, Rivne, Volyn sous les drones — l'Ukraine de l'ouest bombardée grâce aux relais biélorusses. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/zhytomyr-rivne-volyn-sous-les-drones-l-ukraine-de-l-ouest-bombardee-grace-aux-re

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MM
Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

Maxime Marquette écrit l'essentiel des analyses et chroniques publiées sur MadMax — géopolitique, technologie et actualité, sans remplissage.

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