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La ChroniqueReportage· N° 5376

REPORTAGE : un tiers du raffinage russe hors service, le contexte que l'on oublie souvent

Le chiffre a de quoi surprendre même les observateurs les plus attentifs de ce conflit : environ un tiers de la capacité de raffinage russe serait aujourd'hui hors service, selon les estimations de Macro-Advisory…

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  1. Le chiffre a de quoi surprendre même les observateurs les plus attentifs de ce conflit : environ un tiers de la capacité de raffinage russe serait aujourd'hui hors service, selon les estimations de Macro-Advisory…
  2. Le chiffre a de quoi surprendre même les observateurs les plus attentifs de ce conflit : environ un tiers de la capacité de raffinage russe serait aujourd'hui hors service, selon les estimations de Macro-Advisory rapportées par le LA Times le 1er juillet 2026.
  3. Un chiffre pareil ne tombe jamais du ciel ; il est la somme de dizaines de nuits distinctes, chacune avec son propre incendie, sa propre alerte, sa propre réparation entamée puis interrompue.
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Introduction

Le chiffre a de quoi surprendre même les observateurs les plus attentifs de ce conflit : environ un tiers de la capacité de raffinage russe serait aujourd'hui hors service, selon les estimations de Macro-Advisory rapportées par le LA Times le 1er juillet 2026. Un chiffre pareil ne tombe jamais du ciel ; il est la somme de dizaines de nuits distinctes, chacune avec son propre incendie, sa propre alerte, sa propre réparation entamée puis interrompue.

Ce reportage se propose de replacer ce chiffre dans son cadre historique et stratégique, plutôt que de le traiter comme une donnée isolée qui aurait surgi sans antécédent. Depuis mars 2026, plus de 50 frappes ukrainiennes ont visé des installations pétrolières russes, selon la même source du LA Times, un rythme soutenu qui explique, mois après mois, l'accumulation qui a conduit à ce tiers de capacité aujourd'hui hors service.

La réponse russe à cette pression a pris une forme concrète et vérifiable : une interdiction d'exporter le diesel à partir du 8 juillet 2026, confirmée par Reuters, suivie d'une suspension des exportations de kérosène jusqu'à fin novembre 2026, rapportée par The Moscow Times. Ce reportage retrace, étape par étape, comment on est arrivé à ce point, et ce que ces mesures défensives révèlent en creux de l'ampleur réelle des dégâts.

Le chiffre de Macro-Advisory, décomposé

Une estimation, pas un décompte officiel

Il importe de préciser d'emblée que le chiffre d'un tiers de capacité hors service constitue une estimation produite par un cabinet d'analyse spécialisé, Macro-Advisory, et relayée par le LA Times, non un décompte officiel publié par les autorités russes elles-mêmes. Cette distinction méthodologique compte : aucune administration russe n'a, à notre connaissance, confirmé publiquement une proportion aussi précise de sa propre capacité de raffinage affectée.

Cette absence de confirmation officielle ne rend pas l'estimation moins crédible ; elle impose simplement de la traiter comme ce qu'elle est, une évaluation externe fondée sur le recoupement des frappes documentées et de leurs effets observables, plutôt que comme un chiffre validé par la partie concernée. Un tiers, un quart, une moitié : peu importe le chiffre exact tant que la tendance qu'il décrit reste, elle, largement confirmée par les faits.

Ce qu'un tiers de capacité hors service signifie concrètement

Perdre un tiers de sa capacité de raffinage ne signifie pas qu'un tiers du territoire russe se retrouve sans carburant du jour au lendemain : la répartition géographique inégale des sites touchés, combinée à des capacités de stockage variables selon les régions, produit des effets très différenciés selon les zones. Certaines régions ont ainsi connu des pénuries documentées tandis que d'autres, mieux approvisionnées par des sites moins exposés, ont absorbé le choc plus facilement.

Cinquante frappes en quatre mois, la chronologie d'une campagne

Un rythme qui n'a jamais faibli depuis mars

Le décompte de plus de 50 frappes ukrainiennes sur des installations pétrolières russes depuis mars 2026, cité par le LA Times, correspond à une moyenne d'environ trois à quatre frappes par semaine sur cette période de quatre mois, un rythme qui n'a, selon les informations disponibles, connu aucune pause significative. Une frappe par semaine pourrait passer pour de l'acharnement ; trois ou quatre relèvent d'une logique industrielle, pas d'un coup de colère ponctuel.

Cette régularité distingue nettement la campagne actuelle des phases antérieures du conflit, où les frappes en profondeur sur des infrastructures énergétiques russes restaient plus sporadiques et de moindre ampleur, faute de capacités technologiques et logistiques suffisantes du côté ukrainien.

Des cibles choisies avec méthode

La répartition géographique de ces cinquante frappes, documentée au fil des mois par plusieurs médias, ne relève pas du hasard : les sites les plus fréquemment visés sont ceux qui présentent la plus grande capacité de traitement, ou ceux dont la localisation permet des trajectoires de drones relativement dégagées de défenses antiaériennes concentrées. Cette logique de ciblage méthodique confirme que l'on a affaire à une campagne planifiée avec un objectif stratégique clair, plutôt qu'à une série d'opportunités saisies au hasard.

Les mesures défensives russes, un aveu par les actes

L'interdiction du diesel, une première depuis des années

Le 8 juillet 2026, selon Reuters, la Russie a instauré une interdiction d'exporter le diesel, une mesure présentée officiellement comme destinée à augmenter l'approvisionnement du marché intérieur. Cette formulation officielle, si elle n'est pas fausse en elle-même, occulte largement la cause profonde de cette décision : sans les dégâts cumulés sur la capacité de raffinage, une telle interdiction n'aurait tout simplement pas été nécessaire.

Le vice-Premier ministre Alexander Novak a lui-même annoncé, selon la même source, que la Russie commencerait à importer du carburant dès juillet 2026, une annonce paradoxale pour l'un des plus grands exportateurs de pétrole brut au monde, et qui illustre, mieux qu'aucun autre indicateur, l'ampleur réelle de la crise que les estimations de Macro-Advisory tentaient de quantifier.

Le kérosène, deuxième front de la pénurie

Un mois avant l'interdiction du diesel, le 1er juin 2026, la Russie avait déjà instauré une suspension de ses exportations de kérosène jusqu'à fin novembre 2026, selon The Moscow Times. Cette double restriction, sur deux carburants distincts, à quelques semaines d'intervalle, confirme que la crise ne se limitait pas à un seul produit raffiné, mais touchait l'ensemble de la chaîne de production. Restreindre l'export d'un carburant peut passer pour de la prudence ; en restreindre deux en quelques semaines relève déjà de l'urgence.

Le contexte historique de la vulnérabilité du raffinage russe

Un appareil industriel vieillissant avant même la guerre

Il serait inexact d'attribuer l'intégralité des difficultés actuelles aux seules frappes ukrainiennes : l'appareil de raffinage russe souffrait déjà, avant 2022, d'un vieillissement structurel documenté par plusieurs analyses sectorielles antérieures au conflit, avec des investissements de modernisation ralentis par les premières vagues de sanctions occidentales consécutives à l'annexion de la Crimée en 2014.

Cette vulnérabilité préexistante a rendu l'appareil industriel russe d'autant plus sensible aux frappes ukrainiennes depuis 2024 et 2025 : des installations déjà fragilisées par le manque de pièces de rechange occidentales encaissent plus difficilement un choc supplémentaire que des infrastructures modernisées et redondantes. On ne frappe jamais un système en pleine santé et un système déjà affaibli de la même manière ; le second s'effondre plus vite, pour un coup équivalent.

L'effet cumulatif de plusieurs années de sanctions technologiques

Les sanctions technologiques occidentales, en vigueur depuis 2014 et considérablement renforcées après 2022, ont limité l'accès de la Russie à certains équipements de raffinage sophistiqués habituellement importés d'Europe ou des États-Unis. Cette limitation technologique complique la réparation rapide des sites endommagés, prolongeant la durée d'indisponibilité de chaque installation touchée par une frappe.

La dimension humaine derrière les chiffres agrégés

Des files d'attente documentées dans plusieurs régions

Au-delà des statistiques macro-économiques, cette crise du raffinage a des conséquences concrètes pour la population russe ordinaire, avec des files d'attente aux stations-service et des rationnements documentés dans plusieurs régions du pays au cours de l'été 2026, selon des comptes-rendus de presse relayés par plusieurs agences. Un tiers de capacité perdue sur un graphique se traduit, sur le terrain, par une mère de famille qui attend une heure de plus pour remplir son réservoir avant d'aller travailler.

Cette dimension humaine, souvent éclipsée par la froideur des pourcentages et des estimations sectorielles, mérite d'être rappelée : les décisions prises à Kyiv et les décrets signés à Moscou ont, à chaque étape, des répercussions directes sur la vie quotidienne de millions de citoyens russes qui n'ont aucune prise sur les choix stratégiques de leur propre gouvernement.

Un rationnement inégal selon les régions

Les pénuries de carburant documentées durant l'été 2026 n'ont pas frappé toutes les régions russes avec la même intensité : les zones proches des sites de raffinage les plus endommagés ont logiquement subi les restrictions les plus sévères, tandis que d'autres régions, mieux desservies par des infrastructures alternatives ou des stocks stratégiques, ont été relativement préservées, au moins temporairement.

Ce que révèle la comparaison avec les capacités antérieures

Une capacité de raffinage déjà réduite par d'autres facteurs

Avant même l'intensification des frappes ukrainiennes en 2026, la capacité de raffinage russe avait déjà été affectée par plusieurs facteurs conjoncturels, notamment des opérations de maintenance programmées et des difficultés d'approvisionnement en pièces détachées consécutives aux sanctions. Le tiers actuellement hors service, selon Macro-Advisory, s'ajoute donc à une base déjà fragilisée, ce qui amplifie mécaniquement l'ampleur relative de la crise pour les consommateurs finaux.

Cette accumulation de facteurs distincts complique toute tentative d'isoler précisément la part attribuable aux seules frappes ukrainiennes par rapport aux autres causes structurelles, une nuance méthodologique que les estimations sectorielles disponibles ne permettent pas toujours de trancher avec certitude. Démêler les causes d'une crise industrielle complexe demande plus de nuance qu'un seul chiffre spectaculaire ne peut jamais en offrir.

Les projections pour la fin de l'année 2026

Certains analystes cités dans la presse spécialisée anticipent une stabilisation progressive de la situation d'ici la fin de l'année, à mesure que les capacités de réparation russes rattrapent le rythme des frappes, tandis que d'autres évoquent au contraire une possible aggravation si l'intensité de la campagne ukrainienne se maintient ou s'accroît. Ces projections divergentes illustrent l'incertitude qui entoure, à ce stade, la trajectoire réelle de cette crise sur les prochains mois.

La réponse diplomatique et économique internationale

Un phénomène suivi de près par les marchés pétroliers mondiaux

La crise du raffinage russe n'est pas restée sans écho sur les marchés pétroliers mondiaux, où toute perturbation significative de l'offre russe, même partielle et temporaire, influence les anticipations de prix à l'échelle internationale. Cette dimension globale rappelle que les conséquences de la campagne ukrainienne sur le raffinage dépassent largement le cadre strictement bilatéral du conflit. Un incendie de raffinerie à des milliers de kilomètres de chez soi peut, en théorie, se répercuter jusque dans le prix du plein d'essence d'un automobiliste européen ou nord-américain.

Cette interconnexion des marchés énergétiques mondiaux constitue l'un des facteurs qui incitent certains gouvernements occidentaux à surveiller attentivement l'évolution de cette crise, au-delà même de leur soutien déclaré à l'effort militaire ukrainien.

Les sanctions occidentales, un facteur aggravant parallèle

Parallèlement aux frappes physiques, les sanctions occidentales visant le secteur pétrolier russe, notamment celles touchant Rosneft et Lukoil depuis fin 2025, ont contribué à réduire les revenus disponibles pour financer les réparations et la modernisation des infrastructures endommagées. Cette convergence entre pression militaire directe et pression économique indirecte amplifie l'effet cumulatif observé sur la capacité de raffinage russe en 2026.

Les limites de ce que l'on peut prédire pour l'avenir

Une situation qui reste, par nature, évolutive

Toute prédiction sur l'évolution future de cette crise du raffinage doit être formulée avec une prudence particulière, tant les variables en jeu — intensité des frappes futures, capacité de réparation russe, évolution des sanctions occidentales, demande intérieure russe — restent susceptibles de changer rapidement d'un mois à l'autre. Aucune source consultée pour ce reportage ne permet d'affirmer avec certitude que la situation observée durant l'été 2026 représente un pic ou, au contraire, une étape vers une détérioration plus profonde.

Cette incertitude, loin d'être une faiblesse de l'analyse, correspond simplement à la nature réelle d'une situation en évolution constante, façonnée par des décisions militaires, économiques et diplomatiques prises quasi quotidiennement par plusieurs acteurs distincts. Prétendre tout prédire dans une guerre revient toujours à mentir un peu ; la rigueur commence par reconnaître ce que l'on ne sait pas encore.

L'importance de suivre les indicateurs dans la durée

Plutôt que de se fier à un seul chiffre instantané, aussi frappant soit-il, ce reportage invite à suivre dans la durée l'évolution de plusieurs indicateurs complémentaires : le nombre de frappes mensuelles, la durée moyenne d'indisponibilité par site touché, et les mesures gouvernementales russes prises en réaction, chacune de ces mesures constituant un indice indirect mais révélateur de l'ampleur réelle du problème à un moment donné.

Le rôle des drones à longue portée dans cette campagne

Une technologie qui a changé l'échelle des frappes possibles

La capacité ukrainienne à frapper des raffineries situées à plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres de la ligne de front repose sur le développement rapide de drones à longue portée produits localement ou fournis par des partenaires occidentaux. Cette évolution technologique, documentée par plusieurs analyses militaires publiées au cours de l'année 2026, explique en grande partie pourquoi la fréquence et la portée des frappes sur le raffinage russe ont atteint un niveau inédit depuis le début du conflit. Un drone qui coûte le prix d'une voiture d'occasion peut désormais menacer une infrastructure qui a coûté des centaines de millions à construire ; c'est cette asymétrie qui redéfinit la guerre.

Cette asymétrie de coût entre l'arme utilisée et la cible visée constitue l'un des éléments structurants de cette campagne, expliquant pourquoi elle a pu être maintenue à un rythme soutenu malgré les ressources globalement plus limitées de l'Ukraine par rapport à la Russie sur le plan strictement militaire conventionnel.

Les limites techniques de cette approche

Cette stratégie de frappes en profondeur par drones comporte toutefois des limites documentées : la charge explosive transportée par ces appareils reste généralement inférieure à celle de munitions plus classiques, ce qui explique pourquoi une seule frappe suffit rarement à détruire intégralement un site de raffinage, nécessitant souvent des frappes répétées sur la même installation pour en maximiser l'effet cumulatif, comme documenté pour plusieurs sites au fil de l'année.

Cette nécessité de répétition, plutôt que de constituer une faiblesse de la stratégie ukrainienne, explique la logique du chiffre de cinquante frappes évoqué plus haut : ce n'est pas cinquante sites distincts qui ont été touchés une seule fois, mais un nombre plus restreint de sites frappés à plusieurs reprises pour prolonger leur indisponibilité.

Les capacités de réparation russes mises à l'épreuve

Une industrie qui s'adapte, mais lentement

Face à cette pression répétée, les équipes de maintenance russes ont dû développer des procédures de réparation accélérée pour certains types de dégâts limités, permettant une remise en service partielle de certains sites en quelques semaines plutôt qu'en plusieurs mois. Cette capacité d'adaptation, documentée indirectement par la reprise d'activité constatée sur certains sites après une première frappe, reste néanmoins insuffisante pour compenser intégralement le rythme des nouvelles frappes.

Cette course entre la vitesse de réparation russe et la fréquence des frappes ukrainiennes constitue, mois après mois, l'un des facteurs déterminants de l'évolution du chiffre global de capacité hors service évoqué par Macro-Advisory. Réparer plus vite qu'on ne se fait frapper est, pour un temps, une victoire silencieuse ; réparer plus lentement en est la défaite tout aussi silencieuse.

Le manque de pièces détachées, un goulot d'étranglement persistant

Les sanctions technologiques occidentales, en limitant l'accès russe à certains équipements spécialisés nécessaires aux réparations les plus complexes, prolongent la durée d'indisponibilité de nombreux sites au-delà de ce qui serait techniquement possible dans un contexte sans restriction commerciale internationale. Ce goulot d'étranglement, documenté par plusieurs analyses sectorielles, constitue un facteur aggravant qui s'ajoute directement à l'effet des frappes elles-mêmes.

Cette combinaison entre frappes physiques et pénurie de pièces de rechange illustre la convergence entre pression militaire ukrainienne et pression économique occidentale, deux leviers distincts qui, additionnés, produisent un effet supérieur à la somme de leurs effets pris isolément.

Les répercussions sur le secteur agricole et les transports

Le diesel, carburant vital pour l'économie russe au sens large

L'interdiction d'exporter le diesel, si elle vise avant tout à préserver l'approvisionnement intérieur, a des répercussions qui dépassent le simple confort des automobilistes : le secteur agricole russe, largement dépendant du diesel pour ses machines agricoles, et le secteur des transports de marchandises, qui repose massivement sur des camions diesel, figurent parmi les segments économiques les plus directement affectés par toute pénurie prolongée de ce carburant. Une pénurie de diesel ne se limite jamais à la pompe à essence du coin ; elle remonte, silencieusement, jusque dans le prix du pain sur une table.

Cette dimension économique plus large, documentée de façon fragmentaire dans les sources disponibles pour l'été 2026, suggère que les conséquences de la crise du raffinage pourraient se prolonger, avec un décalage temporel, dans d'autres secteurs de l'économie russe au cours des mois suivants.

Des exportations agricoles potentiellement affectées à moyen terme

La Russie demeure l'un des principaux exportateurs mondiaux de céréales, un secteur dont la compétitivité dépend en partie des coûts de transport et de production, eux-mêmes influencés par la disponibilité et le prix du diesel. Toute perturbation prolongée de l'approvisionnement en carburant agricole pourrait, à moyen terme, affecter les volumes d'exportation céréalière russes, un scénario que les sources disponibles ne permettent pas encore de confirmer avec certitude pour la période examinée dans ce reportage.

Cette hypothèse, si elle se vérifiait dans les mois suivants, ajouterait une dimension supplémentaire aux répercussions internationales déjà évoquées concernant les marchés pétroliers mondiaux.

Ce que les autorités locales russes rapportent sur le terrain

Des témoignages fragmentaires mais convergents

Plusieurs médias occidentaux ont recueilli, au cours de l'été 2026, des témoignages fragmentaires d'habitants de régions russes touchées par les restrictions de carburant, décrivant des files d'attente prolongées et des rationnements informels mis en place par certaines stations-service en anticipation de pénuries plus sévères. Ces témoignages, difficiles à vérifier de façon systématique compte tenu des restrictions d'accès des journalistes occidentaux au territoire russe, convergent néanmoins avec les données macro-économiques disponibles.

Cette convergence entre témoignages de terrain fragmentaires et estimations sectorielles plus globales renforce la crédibilité générale du tableau dressé par ce reportage, même si aucune de ces deux catégories de sources ne peut, prise isolément, être considérée comme une preuve définitive et exhaustive de l'ampleur réelle de la crise. Une file d'attente racontée par un habitant et un pourcentage calculé par un cabinet d'analyse se rejoignent rarement sur le papier ; ici, ils racontent la même histoire.

La gestion de la communication officielle face à ces témoignages

Face à ces témoignages qui circulent malgré les restrictions d'accès, les autorités russes locales ont généralement adopté une posture de minimisation, présentant les difficultés d'approvisionnement comme temporaires et localisées plutôt que comme le symptôme d'une crise structurelle plus large touchant l'ensemble du pays. Cette posture, cohérente avec le schéma de communication observé pour d'autres épisodes documentés dans ce reportage, ne permet cependant pas de nier l'existence même des difficultés rapportées.

Cette tension entre communication officielle minimisatrice et témoignages de terrain plus alarmants constitue l'un des éléments récurrents de la couverture de cette crise depuis son intensification au printemps 2026.

Les enjeux militaires directs de cette pénurie de carburant

Le carburant, nerf de la guerre pour les forces russes elles-mêmes

Au-delà des conséquences pour la population civile, une pénurie prolongée de carburants raffinés pourrait, à terme, affecter la capacité opérationnelle des forces armées russes elles-mêmes, qui dépendent directement de l'approvisionnement en diesel et en kérosène pour leurs véhicules terrestres et leur aviation. Aucune source consultée pour ce reportage ne permet d'affirmer que cet impact militaire direct s'est déjà matérialisé de façon significative durant l'été 2026, mais l'hypothèse mérite d'être posée compte tenu de l'ampleur des restrictions documentées.

Cette dimension militaire potentielle expliquerait, si elle se confirmait, l'intérêt stratégique explicite de l'Ukraine à maintenir une pression constante sur le raffinage russe, au-delà même de l'objectif plus immédiat de réduction des revenus d'exportation pétrolière qui financent l'effort de guerre russe.

Une priorité stratégique qui pourrait s'intensifier

Si les indices d'un impact militaire direct de cette pénurie venaient à se confirmer dans les mois suivants, il est raisonnable d'anticiper que l'Ukraine intensifierait encore davantage sa campagne de frappes sur le raffinage, considérant cet objectif comme prioritaire par rapport à d'autres cibles potentielles sur le territoire russe. Cette anticipation reste, à ce stade, une projection analytique qui ne peut être confirmée que par l'observation des développements futurs.

Cette logique d'escalade potentielle illustre pourquoi la crise du raffinage russe, loin de constituer un sujet purement économique, s'inscrit pleinement dans la dynamique militaire globale de ce conflit, avec des répercussions qui se nourrissent mutuellement entre les deux registres. Une raffinerie en feu n'est jamais seulement une affaire de barils perdus ; c'est, en creux, une affaire de chars qui roulent un peu moins loin.

Conclusion

Le chiffre d'un tiers de capacité de raffinage russe hors service, avancé par Macro-Advisory et relayé par le LA Times, ne surgit de nulle part : il est l'aboutissement documenté d'au moins 50 frappes ukrainiennes menées depuis mars 2026, d'un appareil industriel déjà fragilisé par des années de sanctions technologiques, et d'une série de décisions gouvernementales russes — interdiction du diesel, suspension du kérosène, projet d'importation de carburant — qui, prises ensemble, confirment l'ampleur d'une crise que Moscou n'a jamais reconnue dans ces termes exacts.

Ce reportage n'a pas cherché à minimiser ni à exagérer cette situation, mais à la replacer dans son contexte historique et stratégique complet, celui d'une campagne méthodique dont les effets, mesurés en files d'attente et en décrets d'urgence, dépassent largement le strict registre des statistiques industrielles. Un tiers de raffinerie hors service se lit facilement sur un graphique ; il se vit, chaque jour, dans une station-service où le réservoir ne se remplit plus aussi facilement qu'avant.

Signature

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Ce reportage est rédigé depuis une préférence d'angle assumée, pro-occidentale, qui guide l'attention portée aux effets de la campagne ukrainienne sur l'appareil énergétique russe. Ce positionnement déclaré n'implique aucune minimisation des conséquences humaines documentées pour la population civile russe, dont les difficultés d'approvisionnement en carburant sont présentées ici comme des faits établis, non comme un dommage secondaire négligeable.

Méthodologie et sources

Ce texte s'appuie sur une estimation de Macro-Advisory relayée par le LA Times le 1er juillet 2026, complétée par des informations de Reuters concernant l'interdiction du diesel du 8 juillet 2026 et de The Moscow Times concernant la suspension des exportations de kérosène annoncée le 1er juin 2026. Chaque chiffre est attribué explicitement à sa source ; les estimations sectorielles sont présentées comme telles, non comme des données officielles confirmées.

Nature de l'analyse

Ce texte distingue les mesures gouvernementales vérifiables, comme les décrets d'interdiction d'exportation, les estimations sectorielles produites par des cabinets d'analyse spécialisés, et l'interprétation du chroniqueur sur la portée cumulative de ces éléments. Cette dernière catégorie n'engage que le jugement de son auteur sur la signification de ces faits rapportés.

Sources

Sources primaires

Sources secondaires

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). REPORTAGE : un tiers du raffinage russe hors service, le contexte que l'on oublie souvent. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/reportage-un-tiers-du-raffinage-russe-hors-service-le-contexte-que-l-on-oublie-s

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Maxime Marquette
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