PORTRAIT : Bohdan, Oleksandr, Serhii — trois soldats que la réforme militaire ukrainienne oublie
Avant de discuter de chiffres et de structures contractuelles, il faut nommer ce que ces soldats ont traversé. Quatre ans sur le front. Des camarades morts à côté. Des familles tenues à distance. Ils
- Avant de discuter de chiffres et de structures contractuelles, il faut nommer ce que ces soldats ont traversé. Quatre ans sur le front. Des camarades morts à côté. Des familles tenues à distance. Ils
- Introduction : La réforme qui arrive quatre ans trop tard
- L'annonce de Fedorov en juin 2026
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction : La réforme qui arrive quatre ans trop tard
L'annonce de Fedorov en juin 2026
En juin 2026, le ministre ukrainien de la Défense Mykhailo Fedorov a présenté la première phase de la réforme militaire ukrainienne comme une réponse aux frustrations accumulées depuis le début de l'invasion à grande échelle. Nouveaux contrats, salaires augmentés, processus simplifié pour les soldats en situation d'AWOL — le programme semblait complet sur le papier. Sur le terrain, chez les soldats qui servent depuis 2022 ou avant, la réception a été toute autre : une nouvelle vague de frustration, de sentiment d'injustice et d'incertitude profonde sur leur avenir.
Cette réforme, attendue depuis plus de deux ans — la loi de mobilisation actualisée avait déjà supprimé les termes de service fixes en 2024 — arrive dans un contexte militaire brutal. La Russie concentre 721 300 soldats en Ukraine selon le commandant en chef ukrainien Oleksandr Syrskyi. Le front est sous pression constante. Les unités ont désespérément besoin de renforts. Et pourtant, les soldats qui tiennent ce front depuis quatre ans et plus se retrouvent à signer des contrats de deux ans pour avoir simplement la clarté sur quand leur engagement pourrait un jour se terminer.
Bohdan Mykolaichuk : six ans de service pour un an de répit
Le portrait d'un vétéran piégé dans le système
Bohdan Mykolaichuk est dans l'armée ukrainienne depuis 2022. Il a servi plus d'un an en première ligne dans la région orientale du Donbas, avant d'être affecté à un poste d'officier en zone arrière. Au 26 juin 2026, pour pouvoir rester dans son rôle actuel et obtenir une quelconque clarté sur la fin de son engagement militaire, il doit signer un contrat de deux ans. La réforme lui accorde, en échange de ce contrat, environ un an de répit — soit un mois de deferment par année de service accomplie jusqu'en juin 2026. Six ans de service. Un an de répit potentiel.
Le ministère de la Défense a insisté sur l'équité du nouveau système : tous les militaires sont éligibles aux nouveaux contrats, les salaires augmentent, les mécanismes de retour depuis l'AWOL sont simplifiés. Ce que le ministère ne dit pas clairement, c'est que la réforme traite un soldat qui a rejoint l'armée en mars 2026 au même titre qu'un soldat qui sert depuis 2022 dans les mesures de deferment. Mykolaichuk résume : «C'est injuste envers ceux qui servent depuis longtemps. Le critère principal aurait dû être la durée de service et le temps passé au combat.»
La question des employeurs et du retour à la vie civile
Au-delà de l'injustice perçue dans les modalités de deferment, Mykolaichuk soulève un problème concret que la réforme ne résout pas : un minimum de six mois de deferment, c'est insuffisant pour retrouver sa vie civile. Les employeurs ont peu d'incitations à embaucher un ancien soldat qui pourrait être rappelé au service dans six mois. La reconversion professionnelle exige du temps. Le retour à la vie familiale exige de la stabilité. Promettre six mois, c'est promettre une parenthèse — pas une vie.
Cette question a des implications économiques directes pour la société ukrainienne. Un pays qui sort de la guerre a besoin de réintégrer ses combattants de manière fonctionnelle dans l'économie et dans le tissu social. Des soldats démobilisés sans filet de sécurité, sans plan de réinsertion viable et avec une fenêtre de retour civil trop courte pour être significative, c'est un risque social et économique réel que la réforme de Fedorov ne semble pas avoir pleinement mesuré.
Oleksandr : le drone operator qui voit les vis se resserrer
La frustration des anciens face aux nouveaux avantages
Oleksandr, opérateur de drones qui sert depuis 2022, a exprimé au Kyiv Independent ce que beaucoup ressentent sans toujours trouver les mots : «Il semble de plus en plus que ceux qui restent dans l'armée ont les vis serrées encore davantage, et plus ils restent longtemps, plus leurs conditions se dégradent par rapport aux nouveaux venus.» Cette perception — que la loyauté et la durée de service sont inversement récompensées — est toxique pour le moral et pour la cohésion des unités.
Il ne s'agit pas d'une anecdote isolée. La réforme de juin 2026 introduit des avantages tangibles pour les nouvelles recrues — contrats clairs, salaires plus élevés, perspectives de deferment explicites. Elle ne crée pas de mécanisme compensatoire pour ceux qui ont servi pendant les années les plus difficiles, quand ces avantages n'existaient pas encore. La différence de traitement entre les anciens et les nouveaux n'est peut-être pas voulue par le ministère, mais elle est réelle dans sa perception par les soldats concernés.
La mécanique du système de drones et les paiements aux résultats
La réforme introduit pour les fantassins et les troupes d'assaut un système de «contrôle de mission» qui vérifie leur présence aux positions assignées et documente les missions combat complétées pour les paiements de bonus. Un système similaire existait déjà pour les opérateurs de drones comme Oleksandr. En théorie, ce système aligne la rémunération sur la performance opérationnelle. En pratique, comme l'expliquent plusieurs soldats interrogés par le Kyiv Independent, il exige une preuve vidéo de complétion de mission — impossible à obtenir dans de nombreuses conditions de combat.
Pour les unités d'infanterie en contact direct avec l'ennemi, dans des conditions de brouillard de guerre, de pression intense et de communications dégradées, saisir une vidéo de confirmation de mission est un luxe que la réalité du combat ne permet pas toujours. Le résultat : des bonus auxquels les soldats ont droit sur le papier peuvent leur échapper en pratique faute de documentation. C'est une promesse salariale avec une couche administrative qui en réduit la valeur réelle.
Serhii : blessé mais toujours là, mal rémunéré
Le sergent-chef qui ne peut plus être en première ligne
Serhii, sergent-chef dans un régiment d'assaut, a été blessé au cours de sa mission. Il continue à servir dans un rôle de zone arrière, incapable de retourner au combat. Sous la nouvelle structure salariale, sa rémunération mensuelle est celle d'un personnel en poste arrière : au moins 30 000 hryvnias (660 dollars), une fraction des 300 000 hryvnias (6 700 dollars) que peuvent gagner les troupes de première ligne. Son argument est direct : «On ne peut pas évaluer la contribution de quelqu'un uniquement selon qu'il est sur le front ou en zone arrière. Les spécialistes en UAV, en guerre électronique, en communications effectuent aussi un travail essentiel — et méritent d'être payés équitablement.»
Ce point touche à un impensé de la réforme : la grille salariale récompense la proximité physique au danger, pas la compétence ou la contribution totale. Un spécialiste en guerre électronique basé à 20 kilomètres du front qui brouille les communications russes peut avoir un impact stratégique supérieur à un fantassin en zone de contact direct — mais sera bien moins payé sous la nouvelle structure. La réforme crée une hiérarchie de valeur militaire implicite que les soldats eux-mêmes contestent.
La question des frais personnels
Oleksii, sergent-chef dans une unité de drones, ajoute une dimension que les annonces officielles passent sous silence : les soldats ukrainiens dépensent régulièrement leur propre argent pour exercer leurs fonctions. Carburant pour se déplacer le long du front, loyer en dehors des casernes, fournitures, réparations, matériaux d'équipement — autant de dépenses qui réduisent significativement la valeur nette de la solde touchée. «Si tu as une famille, tu es coupé de la vie sociale parce que tu n'as pas les ressources pour la maintenir», dit-il.
Le vice-ministre de la Défense Mstyslav Banik a reconnu lors d'une conférence de presse le 15 juin 2026 que le ministère souhaiterait augmenter les paiements mais est contraint par les ressources disponibles. C'est un aveu d'honnêteté rare dans la communication gouvernementale — mais un aveu qui révèle aussi que les annonces de salaires impressionnants ne reflètent pas toujours la réalité économique vécue par les soldats sur le terrain.
Les chiffres de la réforme : ce qu'ils disent et ce qu'ils taisent
300 000 hryvnias par mois pour les combattants de première ligne
Le ministère de la Défense a annoncé que les troupes de première ligne, en particulier l'infanterie et les troupes d'assaut, gagneront en moyenne 300 000 hryvnias par mois — environ 6 700 dollars — avec un plafond de 460 000 hryvnias (10 200 dollars). Ces chiffres ont été présentés comme positionnant les soldats ukrainiens parmi les «mieux payés au monde». La comparaison est discutable — le coût de la vie en Ukraine est très différent des pays occidentaux dont sont issues les armées comparées — mais elle illustre l'effort réel consenti par le gouvernement dans un contexte budgétaire extrêmement contraint.
La réforme dans son ensemble coûte environ 60 milliards de hryvnias (1,3 milliard de dollars). Fedorov a indiqué que ces fonds ont été sécurisés par des optimisations budgétaires et des économies internes, sans recours direct à une aide internationale supplémentaire. C'est une performance financière notable pour un gouvernement qui gère simultanément une guerre totale et une économie sous pression constante. Mais la parlementaire Iryna Friz, membre du comité de défense du parlement, a mis en garde : le cadre légal sous-tendant ces paiements reste fragile, les nouvelles réglementations étant désignées comme un «projet pilote» non entièrement aligné avec la loi sur le service militaire.
200 000 personnes en AWOL : le défi de la réintégration
Au 14 janvier 2026, Fedorov estimait à environ 200 000 le nombre de personnes en situation d'AWOL. La réforme offre à ceux qui se sont absentés pour la première fois une possibilité de retour sans poursuite pénale, avec le choix de leur nouvelle unité. C'est un mécanisme pragmatique qui reconnaît que les conditions de service antérieures ont pu générer des départs injustifiés sur le plan légal mais compréhensibles sur le plan humain.
Cependant, comme le note le sergent Oleksii, la mécanique administrative du retour reste complexe et lente. Les soldats qui souhaitent changer d'unité peuvent attendre des mois que les formalités s'accomplissent. La simplification annoncée devra se traduire concrètement dans les procédures réelles pour avoir un impact sur le taux de retour depuis l'AWOL. La bonne intention législative et la réalité administrative ukrainienne ne coïncident pas toujours aussi vite qu'on le souhaiterait.
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La grille salariale : ce que les chiffres ne disent pas seuls
Un écart salarial qui creé des tensions entre unités
La réforme de juin 2026 crée une grille salariale à quatre niveaux selon la proximité au front. Les postes en zone arrière reçoivent au moins 30 000 hryvnias (660 dollars) par mois. Les rôles de soutien logistique et de premier échelon montent à 50 000 hryvnias (1 100 dollars). Les personnels aux postes de commandement touchent 70 000 hryvnias (1 540 dollars). Les troupes en rôles de combat — opérateurs de drones, artillerie, guerre électronique — atteignent 120 000 hryvnias (2 600 dollars) en base, avec des bonus poussant jusqu'à 300 000 hryvnias pour l'infanterie et les troupes d'assaut. Ces montants sont réels et représentent un effort financier du gouvernement ukrainien dans un contexte budgétaire extrêmement contraint.
Ce système crée cependant des tensions internes. Des unités dans les mêmes secteurs mais avec des classifications différentes percoivent des écarts de rémunération qui génèrent du ressentiment. La réforme n'a pas suffisamment pris en compte que la cohésion d'unité nécessite un sentiment de justice équivalente à l'intérieur des mêmes structures. Quand un membre d'une unité gagne cinq fois plus qu'un autre parce que leurs rôles sont classés différemment, la mostre collegia n'est pas toujours au rendez-vous.
Le coût caché des soldats blessés réassignés
Les soldats blessés qui ne peuvent plus servir en première ligne mais qui continuent à servir en zone arrière — comme Serhii — se retrouvent dans une situation particulirement injuste sous la nouvelle grille. Ils ont payé le prix physique de la guerre, ils continuent à servir, et leur salaire réflète uniquement leur nouveau lieu d'affectation, pas leur historique de service en première ligne. Aucun mécanisme dans la réforme de juin 2026 ne compense ce glissement salarial causé par une blessure de guerre.
Ce trou dans la réforme est moralement difficultà défendre. Un soldat qui a été blessé au service de son pays ne devrait pas subir une baisse salariale automatique comme conséquence directe de cette blessure. C'est exactement le type de correctif que la deuxième phase de la réforme devra intégrer si le gouvernement veut maintenir la confiance des soldats qui ont tout donné.
La démobilisation progressive : une promesse présidentielle conditionnelle
Un décret présidentiel promis mais sans calendrier précis
Le ministère de la Défense a indiqué qu'il débuterait la démobilisation progressive des troupes servant depuis 2022 ou avant d'ici la fin de l'année. Fedorov a précisé en juin que le processus commencerait en automne et qu'un décret présidentiel sur la démobilisation des forces armées «aura la priorité» sur les contrats signés précédemment. Ce langage conditionnel est précisément ce qui inquiète les soldats concernés : le «aura la priorité» dépend de la situation au front, qui ne dépend elle-même pas du calendrier ministériel.
Pour Mykolaichuk, la perspective de ce décret reste «fuyante». Il ne sait pas comment le mécanisme fonctionnera, ni qui remplacera les soldats démobilisés. Le ministère de la Défense a esquissé un plan d'ouverture d'un «marché de recrutement» aux combattants étrangers, avec l'objectif que les étrangers constituent jusqu'à 50 % des unités d'infanterie et d'assaut ukrainiennes. Cette ambition — énorme dans sa portée — n'a pas encore de calendrier ni de mécanisme opérationnel clairement défini.
Le paradoxe de la démobilisation en temps de guerre
La contradiction fondamentale de toute politique de démobilisation en Ukraine en juin-juillet 2026 est celle-ci : la Russie maintient 721 300 soldats sur le territoire ukrainien, avec la tactique des «mille coupures» décrite par Syrskyi. Fedorov lui-même l'a admis sans détour : «On ne peut pas relâcher tout le monde qui se bat depuis 2022 d'un coup, ou la ligne de front s'effondrerait simplement.» C'est une vérité militaire qui prime sur toute considération de justice individuelle.
Cette réalité piège les soldats de longue date dans une position impossible : ils sont trop indispensables pour être démobilisés rapidement, trop épuisés pour continuer indéfiniment, et trop blessés dans leur sens de la justice pour signer avec enthousiasme les nouveaux contrats. Yevhen, fantassin interrogé par le Kyiv Independent, dit l'essentiel : «Si on laisse partir les vétérans expérimentés, on ne peut pas simplement les remplacer par des recrues.»
Le cadre légal fragile : un parlement mis de côté
Un projet pilote contournant la législation existante
La députée Iryna Friz, membre du comité de sécurité nationale et de défense du parlement ukrainien, a exprimé une préoccupation fondamentale sur la structure légale de la réforme : les nouvelles réglementations régissant les paiements et les procédures de retour depuis l'AWOL sont désignées comme un «projet pilote» non entièrement aligné avec la loi sur le service militaire. En contournant le parlement par des règlements expérimentaux, le ministère risque de créer une situation où les soldats qui signent des contrats ou acceptent les nouvelles modalités ne peuvent pas être certains que les engagements pris envers eux auront une base légale solide.
Friz l'a formulé directement : «Plus ce processus dure, plus il sera difficile d'expliquer — à ceux qui signeront des contrats et à ceux qui reviennent de l'AWOL — comment l'État continuera de tenir ses obligations envers eux, et dans quelle mesure ces obligations seront fiables et cohérentes.» Elle a aussi noté que le ministère de la Défense avait «contournant l'implication du parlement en essayant de contourner les amendements législatifs par des règlements expérimentaux.»
La durabilité financière en question
Au-delà du cadre légal, Friz a soulevé des préoccupations sur la durabilité financière de la réforme. Le ministère n'a pas présenté au comité parlementaire de plan sur la manière dont les dépenses seront financées sur la durée. Le coût de 60 milliards de hryvnias pour la première phase est sécurisé, selon Fedorov, par des économies internes. Mais que se passera-t-il à la deuxième phase, quand les volumes de soldats impliqués augmenteront et que les pressions budgétaires s'intensifieront ? La question reste sans réponse publique satisfaisante.
L'Ukraine bénéfice de 60 milliards de dollars d'aide internationale prévue pour 2026, selon certaines estimations. Mais cette aide est conditionnée, distribuée par tranches, soumise aux aléas politiques des pays donateurs. Construire une réforme salariale militaire durable sur ce type de flux financier sans base légale interne solide est un risque systémique que les soldats eux-mêmes, s'ils le comprennent, pourraient être moins enclins à faire confiance.
Conclusion : Une réforme nécessaire qui devra faire mieux
Le droit d'être frustré
Les soldats qui expriment leur frustration face à la réforme militaire de juin 2026 ne sont pas des ingrats ni des lâches. Ce sont des hommes et des femmes qui ont tenu le front pendant quatre ans, qui ont survécu à ce que peu de gens en Occident peuvent imaginer, et qui demandent une chose simple : être traités équitablement dans un système qui reconnaît leur durée de service. Cette demande est légitime. La réforme de Fedorov, aussi bien intentionnée soit-elle, n'y répond pas pleinement dans sa première phase.
Le vrai test de la réforme ne sera pas ses annonces de juin 2026, mais ce qui se passera en automne 2026 quand les premiers décrets de démobilisation devront être émis, quand les soldats signeront ou refuseront de signer les nouveaux contrats, et quand les 200 000 personnes en AWOL décideront de revenir ou non. Ces moments de vérité diront si le gouvernement ukrainien a réussi à construire un système militaire durable — ou s'il a simplement reporté la crise à une date ultérieure.
Ce que ces portraits révèlent sur la guerre
Bohdan, Oleksandr, Serhii, Oleksii, Yevhen — ces visages de la réforme militaire ukrainienne rappellent ce que les chiffres abstraits occultent toujours : derrière chaque soldat, il y a une vie suspendue, une famille en attente, une identité civile rangée en attendant qu'on la laisse reprendre ses droits. L'Ukraine demande à ces hommes et femmes une abnégation extraordinaire pour défendre des valeurs que l'Occident dit partager. La moindre des choses que les gouvernements ukrainien et occidental peuvent faire, c'est de les regarder en face, de reconnaître ce qu'ils vivent, et de construire un système à la hauteur de leur sacrifice.
La résistance ukrainienne est réelle, documentée, admirable. Elle est aussi humaine, fragile, épuisée. Nommer les deux n'est pas contradictoire. C'est la condition d'une solidarité honnête.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Mes biais et mes sources
Ce portrait repose principalement sur l'article du Kyiv Independent du 26 juin 2026, signé par Kateryna Hodunova, qui a effectué des entretiens directs avec les soldats cités. Je n'ai pas conduit ces entretiens moi-même — je m'appuie sur le travail d'une journaliste de terrain dans les limites d'un article de presse. Les noms des soldats (sauf Mykolaichuk) sont présentés sans patronyme pour des raisons de sécurité, comme indiqué par la publication d'origine.
Je suis favorable au soutien de l'Ukraine dans ce conflit, ce qui pourrait me rendre plus attentif aux manquements du système militaire ukrainien quand je les perçois comme une injustice envers des gens qui méritent mieux. J'ai cependant essayé de rester équitable envers le gouvernement ukrainien : il fait face à une contrainte réelle et insoluble à court terme, et la réforme représente un effort budgétaire et politique significatif.
Ce que je ne sais pas
Je ne sais pas combien de soldats ont déjà signé les nouveaux contrats depuis leur introduction en juin 2026. Je ne sais pas si les paiements ont commencé à temps malgré le retard signalé le 23 juin par le centre des droits des militaires «Pryncyp». Je ne sais pas si la promesse de démobilisation progressive en automne 2026 sera tenue. Ces éléments détermineront si cette réforme passera dans l'histoire comme une avancée ou comme une occasion manquée.
Sources
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). PORTRAIT : Bohdan, Oleksandr, Serhii — trois soldats que la réforme militaire ukrainienne oublie. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/portrait-bohdan-oleksandr-serhii-trois-soldats-que-la-reforme-militaire-ukrainie
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Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.
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