LETTRE OUVERTE : à Poutine, 227 700 noms que Mediazona n'oubliera pas
Introduction : une lettre que vous ne lirez jamais

- Introduction : une lettre que vous ne lirez jamais
- Je n'ai aucune illusion: cette lettre n'atteindra jamais votre bureau du Kremlin , et même si elle y parvenait, vous la balaieriez d'un revers de main comme vous balayez chaque chiffre qui dérange votre récit officiel de la guerre .
- Mais je l'écris quand même, parce que quelqu'un doit vous dire, en face, ce que représentent les 227 700 morts confirmés par Mediazona au 19 juin 2026 .
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction : une lettre que vous ne lirez jamais
Monsieur Poutine, je vous écris depuis mon clavier
Je n'ai aucune illusion: cette lettre n'atteindra jamais votre bureau du Kremlin, et même si elle y parvenait, vous la balaieriez d'un revers de main comme vous balayez chaque chiffre qui dérange votre récit officiel de la guerre. Mais je l'écris quand même, parce que quelqu'un doit vous dire, en face, ce que représentent les 227 700 morts confirmés par Mediazona au 19 juin 2026.
Ce n'est pas un chiffre abstrait sorti d'un rapport occidental que vous pouvez qualifier de propagande. C'est un décompte nom par nom, construit par des journalistes russes indépendants qui travaillent avec le service russe de la BBC, en épluchant les avis de décès locaux, les publications de proches sur les réseaux sociaux et les communiqués des autorités régionales que votre propre appareil administratif ne peut pas entièrement dissimuler.
Pourquoi une lettre plutôt qu'une chronique
J'aurais pu écrire une analyse froide et détachée sur la méthodologie de Mediazona. J'ai choisi la lettre parce que ce dossier concerne des morts, pas des statistiques, et qu'une statistique qui dépasse le quart de million mérite d'être adressée directement à l'homme qui a signé l'ordre d'invasion en février 2022.
Cette guerre dure désormais depuis 1 577 jours, ce qui signifie qu'elle a officiellement dépassé la durée de la Première Guerre mondiale, fixée à 1 568 jours. Ce parallèle historique n'est pas une figure de style: c'est un fait daté, vérifiable, et profondément accusateur pour celui qui a choisi de prolonger ce conflit année après année.
Le chiffre qui ne ment pas: 227 700 noms vérifiés
Une méthode construite contre votre propre opacité
Mediazona et le service russe de la BBC ne publient pas des estimations lancées au hasard. Ils tiennent une liste nominative de militaires russes tués, construite exclusivement à partir de sources ouvertes et vérifiables: réseaux sociaux de proches, médias locaux, déclarations d'autorités régionales que Moscou ne peut pas totalement museler malgré des années de répression contre la presse indépendante.
Cette liste nominative recensait 227 700 morts confirmés au 19 juin 2026, avec une date de décès connue dans 209 300 cas et un âge documenté dans 213 100 signalements. Ce niveau de granularité n'est pas un hasard: c'est le résultat d'un travail méthodique que votre gouvernement qualifierait sans doute d'hostile, alors qu'il s'agit simplement de journalisme rigoureux appliqué à une tragédie que vous refusez de reconnaître publiquement.
Les officiers aussi tombent, Monsieur Poutine
Parmi ces 227 700 noms, 7 279 officiers de l'armée russe et d'autres agences de sécurité ont été confirmés morts au 19 juin 2026. Ce chiffre compte, parce qu'il détruit l'un des mythes les plus persistants de votre propagande de guerre: celui d'un commandement russe qui dirigerait cette invasion depuis des bureaux confortables, loin du danger réel.
La réalité documentée par Mediazona est différente: vos officiers meurent aussi, en nombre croissant, dans une guerre d'usure que vous avez lancée sans plan de sortie crédible. Cette proportion d'officiers tombés, oscillant historiquement entre 2 et 3 % des pertes totales selon les données de novembre 2024, révèle une armée russe qui saigne à tous les échelons de sa hiérarchie.
Une méthode conservatrice, délibérément prudente
Pourquoi ce chiffre est probablement inférieur à la réalité
Monsieur Poutine, je dois être honnête avec vous, comme je le suis avec mes lecteurs: Mediazona reconnaît lui-même que sa liste nominative n'est pas exhaustive. Tous les décès ne sont pas rendus publics, particulièrement dans les régions les plus reculées de la Fédération de Russie où l'accès à l'information indépendante reste extrêmement limité par votre appareil de censure.
C'est précisément pour cette raison que Mediazona et Meduza ont développé une seconde méthode, fondée sur la surmortalité masculine excessive croisée avec les données du registre national des successions. Cette approche statistique, mise à jour en mai 2026 avec des estimations remontant à fin décembre 2025, vise justement à compenser les limites d'un décompte reposant uniquement sur des informations publiquement rapportées.
Ce que le renseignement britannique affirme séparément
Je ne me contente pas de la seule source russe indépendante pour vous écrire cette lettre. La directrice du GCHQ britannique, Anne Keast-Butler, a affirmé dans un discours public que près de 500 000 soldats russes auraient été tués depuis le début de cette guerre, un chiffre nettement supérieur au décompte nominatif conservateur de Mediazona.
L'écart entre ces deux estimations, l'une méthodique et conservatrice, l'autre issue du renseignement occidental, illustre à quel point la vérité exacte de vos pertes militaires vous échappe probablement à vous-même, Monsieur Poutine, enfermé dans un système où personne n'ose vous rapporter le coût humain réel de vos décisions.
Une courbe qui ne cesse de grimper depuis 2022
Le doublement funeste de 2023 et 2024
Les données compilées par Mediazona montrent une trajectoire implacable: en 2023 et en 2024, le bilan des morts a au moins doublé par rapport à l'année précédente. Chaque mois de décembre a battu un record macabre, les pertes grimpant régulièrement à l'approche de la fin de l'année, avant de connaître une accalmie relative durant l'été, sauf en 2024 où même cette pause estivale a disparu.
Cette accélération n'est pas le fruit du hasard, Monsieur Poutine: elle correspond directement à vos choix stratégiques, de la bataille de Bakhmut qui a saigné vos forces pendant des mois, jusqu'à l'opération de capture d'Avdiivka lancée en octobre 2023, qui a fait grimper les pertes de façon spectaculaire pour des gains territoriaux minimes.
2022, l'année où tout a commencé à mal tourner pour vous
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Le premier pic de pertes russes est survenu dès février et mars 2022, avant même le retrait de vos troupes des environs de Kyiv, un échec militaire humiliant que votre propagande a tenté de présenter comme un simple repositionnement tactique. Une nouvelle hausse marquée a suivi en septembre 2022, coïncidant avec la bataille de Bakhmut et le retrait forcé de vos forces des régions de Kharkiv et de Kherson.
Ces reculs militaires successifs, documentés indépendamment par des journalistes russes que vous ne pouvez pas totalement faire taire, racontent une histoire bien différente de celle que diffuse la télévision d'État: celle d'une armée qui perd du terrain tout en perdant des vies humaines à un rythme que même vos propres statisticiens peinent probablement à ignorer.
Les volontaires, chair à canon de votre guerre
Le glissement vers une armée de mercenaires désespérés
Dès septembre 2024, les volontaires sont redevenus la plus grande catégorie parmi les militaires tués au combat, selon les données de Mediazona. Ce glissement révèle une réalité que votre gouvernement préfère taire: face à l'impopularité croissante d'une mobilisation générale, vous avez opté pour un recrutement de volontaires attirés par des primes financières considérables, souvent issus des régions les plus pauvres de votre pays.
Ces hommes, recrutés dans des républiques comme le Bouriatie ou le Daghestan, ou dans des villes industrielles en déclin économique, meurent en nombre disproportionné pour financer les besoins de leurs familles, une dynamique qui ressemble davantage à de l'exploitation économique qu'à un véritable engagement patriotique.
Une armée qui recrute la misère plutôt que la conviction
Ce recours massif aux volontaires payés confirme, une fois de plus, que votre guerre repose sur l'exploitation de la précarité économique russe plutôt que sur un soutien populaire authentique et enthousiaste. Personne ne s'engage volontairement dans un conflit qui a déjà causé plus de 227 700 morts confirmés sans y être poussé par un désespoir financier profond.
Cette réalité économique, documentée par des journalistes indépendants au péril de leur propre sécurité, illustre à quel point votre système de pouvoir dépend désormais de la pauvreté structurelle de vastes régions russes pour alimenter une machine de guerre qui dévore des vies humaines sans fin visible.
L'avancée territoriale, un mensonge statistique
Quand gagner du terrain ne coûte pas plus de vies
Un constat troublant émerge des données de Mediazona: l'avancée territoriale n'est pas toujours associée à une hausse du bilan des morts. L'armée russe progresse généralement davantage sur le front en été qu'en hiver, ce qui contredit l'intuition selon laquelle plus de gains territoriaux signifierait automatiquement plus de pertes humaines.
Cette observation statistique, en apparence technique, révèle en réalité une stratégie brutale: vos forces semblent parfois sacrifier davantage de soldats pour défendre des positions statiques plutôt que pour progresser, un calcul tactique qui traite la vie humaine comme une simple variable d'ajustement dans une guerre de position sans fin.
Ce que cela révèle de votre conception de la guerre
Cette dissociation entre gains territoriaux et pertes humaines, Monsieur Poutine, en dit long sur votre approche globale de ce conflit: la vie de vos soldats ne semble jamais avoir été la variable prioritaire dans vos calculs stratégiques, contrairement au symbolisme politique de chaque village capturé, aussi insignifiant soit-il sur le plan militaire réel.
Les journalistes de Mediazona notent d'ailleurs que l'année 2025 semble avoir connu à la fois une accalmie estivale et une hausse des pertes à l'approche de la nouvelle année, confirmant que ce cycle macabre annuel se répète sans que vos décisions stratégiques n'en changent fondamentalement la trajectoire mortelle.
La Première Guerre mondiale, un miroir accusateur
1 577 jours, un chiffre qui vous condamne
Monsieur Poutine, votre guerre dure désormais depuis 1 577 jours, ce qui signifie qu'elle a officiellement dépassé en durée la Première Guerre mondiale, dont le décompte s'arrête à 1 568 jours. Ce parallèle n'est pas anodin: il place votre invasion de l'Ukraine parmi les conflits les plus longs et les plus destructeurs de l'histoire militaire européenne moderne.
La Première Guerre mondiale a redessiné des empires entiers et coûté des millions de vies à travers un continent. Que votre guerre de choix contre un voisin souverain dépasse désormais cette durée historique devrait vous forcer à un moment de lucidité que votre entourage, semble-t-il, refuse obstinément de vous offrir.
Un anniversaire macabre que personne ne célèbre à Moscou
Aucune cérémonie officielle n'a marqué ce dépassement historique à Moscou, aucun discours présidentiel n'a reconnu ce jalon funeste, parce que reconnaître cette comparaison reviendrait à admettre l'ampleur du désastre que vous avez personnellement déclenché en février 2022 par une décision que vous seul portez.
Ce silence officiel, Monsieur Poutine, ne fait que confirmer ce que Mediazona documente patiemment depuis le début: votre gouvernement préfère l'opacité statistique à la transparence, parce que la vérité chiffrée de cette guerre ne sert en rien votre récit d'une opération militaire spéciale rapide et maîtrisée.
L'Ukraine, elle, compte ses défenseurs autrement
Une guerre défensive contre une invasion choisie
Pendant que Mediazona documente méthodiquement vos pertes, l'Ukraine continue de défendre son territoire souverain contre une invasion que vous avez choisie unilatéralement, sans provocation légitime, en violation flagrante du droit international et de la souveraineté territoriale d'un État reconnu par les Nations unies.
Le président Volodymyr Zelensky a construit, tout au long de cette guerre, une posture de résistance qui a rallié un soutien occidental considérable, contrairement à votre isolement diplomatique croissant qui vous confine désormais à des alliances de circonstance avec des régimes autoritaires comme la Corée du Nord et l'Iran.
Le contraste moral que les chiffres ne peuvent pas effacer
Cette asymétrie morale fondamentale, entre un pays qui se défend et un pays qui attaque, demeure au cœur de cette guerre, quels que soient les chiffres précis de pertes de chaque côté. Les 227 700 morts confirmés par Mediazona ne sont pas des victimes d'une guerre défensive: ce sont les victimes de votre choix personnel d'envahir un voisin souverain.
Cette distinction morale, Monsieur Poutine, ne disparaîtra jamais, peu importe combien d'années votre appareil de propagande tentera de la brouiller auprès de votre propre population et de vos alliés autoritaires à travers le monde.
Ce que cette lettre ne peut pas prouver
L'incertitude assumée derrière chaque chiffre
Je dois vous l'admettre honnêtement, Monsieur Poutine, comme je l'admets à mes lecteurs: aucun chiffre définitif et absolument certain n'existe pour vos pertes militaires totales. La liste nominative de Mediazona demeure, par sa propre définition, un plancher conservateur, tandis que les estimations du renseignement britannique représentent un plafond possible mais non entièrement vérifiable de façon indépendante.
Cette incertitude méthodologique ne devrait pas servir d'excuse pour minimiser l'ampleur du désastre humain que documente cette guerre, mais elle m'oblige, par honnêteté journalistique, à reconnaître que la vérité exacte se situe probablement quelque part entre ces deux extrémités documentées.
Pourquoi je publie quand même ce chiffre
Je publie néanmoins le chiffre de 227 700 morts confirmés parce qu'il représente le plancher le plus solide, le plus méthodique, le plus vérifiable nominativement disponible aujourd'hui. Même dans son scénario le plus conservateur, ce chiffre suffit amplement à qualifier votre guerre de catastrophe humaine d'une ampleur historique majeure pour la Fédération de Russie.
Aucune manipulation statistique de votre part, Monsieur Poutine, ne pourra jamais effacer le travail nominatif patient de journalistes russes qui, au péril de leur propre liberté, continuent de documenter chaque nom, chaque date, chaque vie perdue dans une guerre que vous avez choisie et que vous seul pouvez terminer.
Les familles russes que vous avez trahies
Des mères qui cherchent des réponses que vous refusez
Derrière chaque nom de la liste de Mediazona se trouve une mère, une épouse, des enfants russes qui attendent des réponses que votre gouvernement refuse systématiquement de leur fournir. Ces familles, souvent issues des régions les plus pauvres et les plus périphériques de votre pays, ont payé le prix ultime d'une guerre qu'elles n'ont jamais choisie ni comprise pleinement.
Le fait que ces familles doivent s'en remettre à des journalistes indépendants, souvent exilés ou opérant sous pseudonyme, pour obtenir une reconnaissance publique de la mort de leurs proches, illustre l'ampleur de l'abandon institutionnel que vous leur imposez collectivement depuis février 2022.
Le silence d'État comme seconde trahison
Cette absence de reconnaissance officielle transparente constitue, à mes yeux, une seconde trahison après la première: non seulement vous avez envoyé ces hommes mourir dans une guerre de choix, mais vous refusez également à leurs familles la dignité minimale d'un décompte public honnête et complet de ces pertes.
Cette double trahison, Monsieur Poutine, restera gravée dans l'histoire russe bien après que votre pouvoir personnel aura cessé d'exister, documentée patiemment par des journalistes que vous avez tenté, sans succès complet, de faire taire.
L'Occident regarde, mesure, et se souvient
Un décompte qui alimente la détermination occidentale
Ce travail méticuleux de Mediazona, combiné aux estimations du GCHQ britannique évoquant près de 500 000 morts, alimente directement la détermination occidentale à continuer de soutenir militairement l'Ukraine face à votre agression. Chaque chiffre publié renforce l'argument selon lequel votre guerre s'enlise dans une impasse coûteuse que vous ne pouvez pas gagner militairement à un coût humain acceptable.
Les gouvernements occidentaux, de Washington à Bruxelles, citent régulièrement ces estimations pour justifier la poursuite de l'aide militaire à Kyiv, un soutien qui, malgré ses limites et ses hésitations occasionnelles, demeure la principale barrière à votre ambition territoriale en Europe de l'Est.
Ce que ces chiffres signifient pour l'avenir du conflit
Cette accumulation de pertes documentées, année après année, suggère que votre stratégie d'usure ne peut pas se poursuivre indéfiniment sans conséquences structurelles majeures pour la société russe elle-même, particulièrement dans les régions périphériques qui fournissent l'essentiel des volontaires et des mobilisés envoyés au front.
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Cette réalité démographique et sociale, Monsieur Poutine, pourrait éventuellement peser plus lourd sur votre calcul politique que n'importe quelle pression diplomatique occidentale, parce qu'aucun pouvoir, même le vôtre, ne peut indéfiniment ignorer le coût humain cumulé d'une guerre choisie.
Le prix économique que la Russie ne dit pas
Des primes financières qui vident les caisses régionales
Au-delà du coût humain, cette guerre impose un fardeau économique considérable aux régions russes qui doivent verser des primes de recrutement toujours plus élevées pour attirer de nouveaux volontaires, un cercle vicieux qui appauvrit davantage des territoires déjà fragilisés par des décennies de sous-investissement fédéral.
Ces primes, parfois équivalentes à plusieurs années de salaire moyen dans les régions les plus pauvres, révèlent à quel point Moscou doit désormais acheter la participation de ses propres citoyens à une guerre qui, selon votre propre discours officiel, devrait pourtant susciter un enthousiasme patriotique spontané.
Une facture qui s'alourdit sans fin visible
Cette dépendance croissante aux incitatifs financiers, documentée par plusieurs analystes économiques indépendants, illustre l'ampleur du problème structurel que vous avez créé: une guerre qui doit littéralement acheter sa main-d'œuvre militaire parce que la conviction patriotique spontanée ne suffit manifestement plus à remplir les rangs de votre armée.
Cette réalité budgétaire, combinée aux 227 700 morts confirmés par Mediazona, dessine le portrait d'une guerre devenue insoutenable à la fois humainement et économiquement pour la Fédération de Russie, un constat que votre gouvernement continue pourtant de nier publiquement.
Ce que je vous demande, sans illusion
Une requête que vous ignorerez probablement
Monsieur Poutine, je ne vous demande pas la lune: je vous demande simplement de regarder ces 227 700 noms compilés par Mediazona et de vous interroger, ne serait-ce qu'un instant, sur la valeur de chacune de ces vies sacrifiées pour une guerre que vous auriez pu éviter par la voie diplomatique dès 2022.
Je sais que cette demande restera lettre morte, au sens propre du terme, parce que votre système de pouvoir ne survit précisément qu'en refusant d'admettre le coût réel de ses décisions les plus destructrices envers votre propre peuple autant qu'envers le peuple ukrainien que vous avez injustement attaqué.
Pourquoi j'écris quand même, malgré tout
J'écris quand même cette lettre parce que le silence face à un quart de million de morts documentés serait, pour un chroniqueur, une forme de complicité inacceptable. Ces chiffres méritent d'être nommés, répétés, publiés, même s'ils n'atteignent jamais la conscience de l'homme qui a signé l'ordre initial d'invasion.
Cette lettre restera dans les archives de mad-m.ca comme un témoignage daté de ce que nous savions, en juin 2026, sur le coût humain réel que vous continuez d'imposer à votre propre pays pour une guerre qui n'a jamais eu besoin d'exister.
Les généraux aussi tombent, malgré la distance
Quinze généraux confirmés morts depuis le début de l'invasion
Mediazona a également documenté la mort d'au moins quinze généraux russes depuis le début de l'invasion, un chiffre confirmé au 2 avril 2026, incluant des lieutenants-généraux, des généraux-majors et d'anciens généraux rappelés au service actif faute d'effectifs suffisants dans les rangs supérieurs de votre armée.
Ce niveau de pertes parmi le haut commandement, rarement observé dans les conflits contemporains impliquant une puissance nucléaire comme la Russie, illustre à quel point votre chaîne de commandement a été directement exposée aux frappes ukrainiennes précises, souvent facilitées par un renseignement occidental de plus en plus performant.
Un commandement décapité qui affaiblit la coordination
La perte répétée de généraux expérimentés a inévitablement affaibli la coordination opérationnelle de vos forces sur le terrain, forçant des promotions accélérées d'officiers moins expérimentés pour combler les vides laissés par ces pertes au sommet de la hiérarchie militaire russe.
Cette érosion du commandement supérieur, combinée aux 227 700 morts déjà documentés parmi les soldats et les officiers subalternes, dessine le portrait d'une armée russe structurellement affaiblie à tous les niveaux, du simple soldat mobilisé jusqu'au général quatre étoiles.
Conclusion : les noms resteront, votre pouvoir non
Ce que l'histoire retiendra de ce décompte
L'histoire retiendra, Monsieur Poutine, que pendant que vous refusiez de reconnaître publiquement l'ampleur de vos pertes militaires, des journalistes russes indépendants, travaillant depuis l'exil ou sous pseudonyme, ont patiemment compilé 227 700 noms de soldats tués dans une guerre que vous avez choisie et prolongée bien au-delà de toute logique militaire rationnelle.
Cette liste nominative, mise à jour méthodiquement à chaque révision par Mediazona et le service russe de la BBC, survivra probablement plus longtemps dans la mémoire collective que n'importe quel discours officiel prononcé depuis le Kremlin pour justifier cette invasion.
Une lettre ouverte, un dossier qui continue
Cette lettre se termine, mais le décompte, lui, continue chaque semaine, chaque mois, à mesure que de nouveaux noms s'ajoutent à une liste déjà tragiquement longue. Je continuerai de suivre ce dossier, de rapporter chaque mise à jour significative, parce que le journalisme indépendant demeure l'une des seules armes capables de percer votre mur de propagande d'État.
Aux familles russes qui pleurent en silence, aux journalistes de Mediazona qui risquent leur sécurité pour documenter cette vérité, et au peuple ukrainien qui continue de résister à votre agression: cette lettre vous est également adressée, en signe de respect pour votre courage respectif face à cette tragédie.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.
Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.
Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.
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Nature de l'analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.
Sources
Sources primaires
- Russian losses in the war with Ukraine. Mediazona count, updated — Mediazona, 19 juin 2026
- Casualties of the Russo-Ukrainian war — compilation sourcée, mise à jour juin 2026
- Russia's full-scale war against Ukraine has now lasted exactly as long as World War I — Euromaidan Press, 10 juin 2026
Sources secondaires
- Almost 500,000 Russian soldiers killed in Ukraine war, GCHQ says — BBC, 27 mai 2026
- Mediazona and Meduza's broader estimate of Russian military deaths — Mediazona, 9 mai 2026
- Russian generals confirmed dead in Ukraine war — Mediazona, 2 avril 2026
- Russia's war against Ukraine matches the length of World War I — The New York Times, 11 juin 2026
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). LETTRE OUVERTE : à Poutine, 227 700 noms que Mediazona n'oubliera pas. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-lettre-ouverte-a-poutine-227-700-noms-que-mediazona-noubliera-pas
Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.






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