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La ChroniqueTribune· N° 2046

LETTRE OUVERTE : Alibaba, Baidu, BYD sur la liste noire — Washington envoie un message clair à Pékin

Je lis la liste 1260H et je vois le résumé de l'ambition technologique chinoise des trente dernières années — transformée en registre des menaces par Washington. C'est là toute la tragédie de la fusio

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  1. Je lis la liste 1260H et je vois le résumé de l'ambition technologique chinoise des trente dernières années — transformée en registre des menaces par Washington. C'est là toute la tragédie de la fusio
  2. Introduction : Monsieur Xi, le Pentagone vient de nommer vos champions comme ennemis
  3. Le 10 juin 2026 : une liste qui change la géographie économique mondiale
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Introduction : Monsieur Xi, le Pentagone vient de nommer vos champions comme ennemis

Le 10 juin 2026 : une liste qui change la géographie économique mondiale

Monsieur Xi Jinping, permettez-moi de vous adresser cette lettre publique depuis l'extérieur de vos frontières — où la presse est libre et les opinions ne font pas l'objet de poursuites pénales. Le 10 juin 2026, le Pentagone a élargi sa liste des «sociétés militaires chinoises» désignées au titre de la Section 1260H à 188 entités. Parmi les nouvelles additions : Alibaba, Baidu, BYD, NIO, Unitree (robotique) et WuXi AppTec (biotechnologie). Ces ajouts ne concernent pas uniquement des entreprises d'armement. Ils concernent vos champions technologiques — l'orgueil de la China Inc. que vous avez bâtie depuis des décennies.

À compter du 30 juin 2026, le Pentagone est légalement interdit de contracter directement avec ces entreprises. Les effets en cascade — sur les licences d'exportation, les investissements américains, la supply chain technologique mondiale — sont bien plus larges. Cette liste n'est pas qu'une sanction commerciale. C'est une déclaration de principe : le gouvernement américain estime que ces entreprises contribuent à la stratégie militaire chinoise, qu'elles le veuillent ou non, via ce que vous appelez la fusion civilo-militaire. Et franchement, vous leur avez donné des arguments.

Ce que la fusion civilo-militaire a vraiment produit

La fusion civilo-militaire — votre politique officielle qui efface les frontières entre l'industrie privée et les capacités militaires — est précisément ce que le Pentagone utilise comme justification. Des entreprises comme Alibaba développent des infrastructures cloud qui peuvent servir des applications militaires. Baidu investit dans l'IA qui peut alimenter des systèmes d'armes autonomes. BYD et son expertise en batteries et matériaux ont des applications dans les plateformes de défense. Ces connexions ne sont pas inventées par des stratèges américains paranoïaques — elles sont documentées, souvent dans vos propres politiques industrielles.

En choisissant de ne pas séparer vos champions technologiques de votre appareil militaire, vous avez offert au Pentagone un argument légalement solide pour les désigner ensemble. La liste 1260H a maintenant étendu sa portée de façon «sans précédent» selon les analystes de Morrison Foerster — à l'automobile, au e-commerce, à la biotechnologie, aux semi-conducteurs. C'est une liste de ce que la Chine veut être. Et les États-Unis ont décidé que ce que la Chine veut être est une menace.

Alibaba contre le Pentagone : quand la tech civile résiste à son label militaire

Le recours judiciaire d'Alibaba et ce qu'il révèle

Alibaba a réagi immédiatement à sa désignation en intentant une action en justice contre le Pentagone. Cette réaction est, en soi, révélatrice. Alibaba n'est pas une entreprise d'État au sens strict — c'est une société cotée en bourse, dont les actionnaires internationaux incluent des fonds de pension américains, des investisseurs institutionnels européens, des particuliers de partout dans le monde. Sa désignation comme «société militaire chinoise» est, selon elle, factuellement inexacte et juridiquement contestable.

Ce contentieux soulève une vraie question : jusqu'où peut-on étirer la définition de «contribution militaire» pour désigner des entreprises qui font du commerce en ligne ou du cloud computing ? La réponse américaine est : aussi loin que le permet la loi et aussi loin que le nécessite la sécurité nationale. La définition légale prévue par la Section 1260H est large — elle couvre les entreprises qui opèrent dans des secteurs où les capacités peuvent être utilisées par les forces armées chinoises. Dans l'ère de la guerre hybride et de l'IA militaire, cette définition peut effectivement englober beaucoup.

Les représailles chinoises du 22 juin : 10 entreprises américaines ciblées

En représailles, la Chine n'a pas attendu. Le 22 juin 2026, Pékin a interdit l'exportation de produits à double usage vers 10 entreprises américaines et banni 46 autres des marchés publics chinois, dont des filiales de Lockheed Martin. La symétrie est parfaite dans sa logique d'escalade : si vous bloquez nos champions, nous bloquons vos contractants de défense. Si vous nous traitez comme des ennemis commerciaux, nous vous traiterons de même.

Cette guerre commerciale par listes interposées est une forme de conflit particulièrement moderne. Pas de tirs. Pas de soldats. Juste des noms sur des listes officielles, des interdictions de contrats, des restrictions d'exportation — et des milliards de dollars d'incertitude pour les entreprises opérant dans les deux pays. CrowdStrike a rapporté que les entités chinoises représentaient plus de la moitié des intrusions parrainées par un État ciblant les entreprises technologiques. Les représailles commerciales cachent une guerre cyber dont les batailles se livrent dans les réseaux de données, pas dans les rues.

Ce que la liste 1260H dit de la stratégie américaine de découplage

Le découplage technologique n'est plus une option — c'est une politique

La liste 1260H élargie à 188 entités en 2026 s'inscrit dans une stratégie américaine de découplage technologique avec la Chine qui s'est construite sur plusieurs administrations, de Obama à Trump en passant par Biden. Ce découplage n'est plus une position de faucons isolés — c'est le consensus bipartisan de Washington. La Chine est identifiée comme la menace principale pour la supériorité technologique américaine, et l'instrument de réponse est la restriction d'accès : aux capitaux, aux composants, aux marchés.

Les nouvelles désignations en IA, en robotique, en biotechnologie et en véhicules électriques montrent que le champ de cette stratégie s'élargit constamment. Ce n'est plus seulement les semi-conducteurs ou les équipements télécoms — c'est l'ensemble de l'économie technologique chinoise qui est mise sous surveillance. Pour les entreprises occidentales qui opèrent en Chine, la contrainte est croissante : chaque partenariat avec une entité sur la liste 1260H est un risque légal potentiel dans leurs relations avec le gouvernement américain.

L'effet sur l'Ukraine et la guerre contre la tech russe

Il y a une connexion directe entre la liste 1260H et la guerre en Ukraine. CrowdStrike et d'autres analyses de cybersécurité ont documenté que les entités chinoises, en plus de cibler les entreprises technologiques occidentales, fournissent un soutien technologique indirect à la Russie — composants à double usage, transferts de données, accès à des technologies restrictées. Bloquer l'accès des entreprises chinoises désignées aux marchés et technologies américains, c'est également réduire ce canal de transfert technologique vers Moscou.

Cette connexion — Chine qui soutient Russie qui attaque Ukraine — justifie une approche intégrée où les politiques commerciales vis-à-vis de Pékin sont aussi des politiques de sécurité vis-à-vis de Moscou. L'Ukraine combat avec des armes occidentales contre une armée qui opère avec un soutien économique et technologique chinois. Cette réalité devrait être plus explicitement nommée dans les discussions sur la liste 1260H.

NIO, Unitree, WuXi AppTec : la diversité des secteurs que Washington surveille

Des véhicules électriques à la biotechnologie : la logique de l'élargissement

NIO, le fabricant chinois de véhicules électriques, Unitree, spécialiste de la robotique, et WuXi AppTec, acteur de la biotechnologie — ces trois nouvelles désignations illustrent l'élargissement sémantique de la liste 1260H. Pourquoi un fabricant de voitures électriques? Parce que les plates-formes électriques et les technologies de batterie ont des applications militaires directes dans les véhicules blindés, les systèmes de défense mobiles, et les plateformes logistiques de l'armée. Pourquoi Unitree? Parce que ses robots quadrupèdes — devenus viraux sur internet — ont déjà été montrés armés lors d'exercices militaires chinois.

WuXi AppTec dans la biotechnologie pose une question encore plus inquiétante. Les capacités de synthèse chimique et biologique peuvent s'appliquer à la recherche sur les armes biologiques ou chimiques, même si l'entreprise affiche une activité purement pharmaceutique. La logique du Pentagone est simple : si la capacité existe, elle peut être réorientée. Et dans un régime de fusion civilo-militaire, l'État peut opérer cette réorientation sans que l'entreprise puisse formellement refuser.

Les suppressions de la liste : 10 entreprises retirées et la logique de l'équité

Un détail à noter pour équilibrer le tableau : le Pentagone a également retiré 10 entreprises ou filiales de la liste 1260H cette année, au motif qu'elles n'opèrent pas aux États-Unis. Ce mouvement bidirectionnel montre que le processus n'est pas exclusivement une machine à punir — il y a un mécanisme de révision, même s'il reste opaque dans ses critères. Pour les entreprises désignées qui estiment ne pas correspondre aux critères, le recours judiciaire d'Alibaba n'est peut-être pas la seule voie — démontrer une absence d'opérations américaines ou une séparation effective des activités militaires pourrait conduire à une suppression de la liste.

Mais cette nuance ne change pas le message stratégique fondamental. La direction de la politique américaine est sans ambiguïté : découpler, restreindre, surveiller. L'ajout de plus de vingt nouvelles désignations au niveau des sociétés mères en 2026 surpasse largement les suppressions. La liste grossit. Et la logique qui la guide s'approfondira tant que la Chine maintiendra sa politique de fusion civilo-militaire.

Lettre à Xi Jinping : le monde que vous construisez

Monsieur Xi, votre fusion civilo-militaire a un coût mondial

Monsieur Xi, vous avez fait de la fusion civilo-militaire un pilier de votre stratégie industrielle. Vous avez demandé à des entreprises comme Alibaba et Baidu de mettre leurs technologies au service de l'État, de l'armée, du Parti. Vous avez présenté cela comme la condition de la grande renaissance chinoise. Mais ce faisant, vous avez rendu impossible toute ligne de démarcation crédible entre les activités civiles de ces entreprises et leurs contributions potentielles aux capacités militaires chinoises.

Washington n'a pas tort sur ce point. Ses méthodes sont discutables, ses définitions parfois trop larges, ses effets secondaires réels pour des entreprises qui ne méritent peut-être pas toutes leur désignation. Mais la logique fondamentale est solide : quand l'État décide que tout est militaire, alors tout peut être traité comme militaire par ses adversaires. Vous avez voulu effacer cette frontière. L'Amérique l'a pris au mot.

Ce que vous devriez dire à Alibaba au lieu de la défendre

Au lieu d'encourager Alibaba dans son recours contre le Pentagone, peut-être devriez-vous vous demander si la politique de fusion civilo-militaire qui a conduit à sa désignation est véritablement dans l'intérêt de vos propres entreprises. Ces champions technologiques — Alibaba, Baidu, BYD — ont construit leur valeur sur des marchés internationaux, sur des investissements étrangers, sur des chaînes d'approvisionnement mondiales. La liste 1260H est en train de les couper de tout cela. Leur valeur boursière et leurs perspectives d'expansion internationale en paient le prix.

La question n'est pas de savoir qui a tort ou raison dans cette guerre commerciale. La question est de savoir quel monde vous voulez construire. Un monde où vos champions technologiques sont devenus les instruments d'une politique de puissance — et en payent le prix dans les marchés mondiaux. Ou un monde où des entreprises chinoises privées pourraient réellement opérer comme des acteurs commerciaux indépendants, sans l'ombre de l'État militaire au-dessus d'elles. Vous seul pouvez trancher. Et votre réponse définira si la Chine peut être un partenaire de confiance pour le reste du monde — ou seulement une puissance à contenir.

Les conséquences pratiques pour les entreprises occidentales

Supply chain, due diligence et risques légaux pour les partenaires d'Alibaba

La désignation sur la liste 1260H n'est pas uniquement symbolique. Elle déclenche des effets pratiques dans plusieurs domaines. Les contractants du Pentagone ne peuvent plus acheter de biens ou services produits par des entités désignées, même indirectement via la supply chain. Les entreprises américaines doivent exercer une diligence raisonnable accrue sur leurs partenaires commerciaux pour vérifier s'ils ont des liens avec des entités désignées. Les exportateurs américains doivent évaluer si une entité désignée est un utilisateur final militaire au sens des réglementations d'exportation.

Pour des multinationales européennes ou asiatiques opérant à la fois en Chine et aux États-Unis, la liste crée une contrainte de compliance considérable. Avoir des partenariats commerciaux avec Alibaba Cloud tout en étant contractant du Département de la Défense américain devient une situation légalement risquée. Ces entreprises doivent choisir — ou créer des structures séparées pour isoler leurs activités chinoises des activités américaines. Le coût de cette bifurcation n'est pas négligeable.

L'horizon de septembre 2026 : reprise des discussions sino-américaines

Les analystes de Morrison Foerster notent que la publication de la liste 1260H de 2026 pourrait représenter un «changement de posture» américain avant la reprise des discussions avec la Chine à Washington DC en septembre 2026. Cette lecture suggère que la liste est aussi un signal diplomatique : les États-Unis durcissent leur position publique avant les négociations pour maximiser leur pouvoir de négociation. Si tel est le cas, des assouplissements partiels pourraient être possibles si Pékin fait des concessions significatives sur les questions commerciales ou de sécurité.

Mais ce scénario d'assouplissement conditionnel comporte ses propres risques. Si chaque liste noire devient une monnaie d'échange diplomatique, les entreprises désignées perdent la certitude juridique nécessaire à leurs décisions d'investissement. La ligne entre la politique commerciale et la politique étrangère s'efface encore davantage — au détriment de la prévisibilité que les marchés mondiaux requièrent.

L'espionnage chinois et la cyber-guerre qui complique tout

CrowdStrike et la moitié des intrusions cyber parrainées par un État

CrowdStrike a rapporté que les entités chinoises représentaient plus de la moitié des intrusions parrainées par un État ciblant les entreprises technologiques. Ce chiffre est à mettre en perspective avec la liste 1260H. Les entreprises désignées sur cette liste ne sont pas des entités anodines dans le paysage cyber. Elles opèrent dans des secteurs — cloud computing, IA, data centers — qui sont précisément les cibles prioritaires des opérations de cyber-espionnage. La corrélation entre les entités désignées et les secteurs ciblés par l'espionnage chinois n'est pas accidentelle.

Pour l'Ukraine, cette dimension cyber est directement pertinente. Des opérations de cyber-espionnage et de désinformation liées à des entités chinoises et russes ont visé les systèmes de commandement et de communication ukrainiens, les infrastructures critiques, et les réseaux d'information occidentaux soutenant l'Ukraine. La guerre hybride que mène la Russie bénéficie de capacités cyber qui ne sont pas exclusivement russes — l'écosystème technologique autoritaire est interconnecté.

Les start-ups chinoises d'IA et le risque de sécurité intérieure

CNBC a rapporté le 1er juillet 2026 que les entreprises technologiques américaines sont confrontées à des risques croissants liés à l'IA chinoise, aux cyberattaques et aux menaces internes facilitées par des acteurs chinois. Ces menaces ne se limitent pas au vol de données industrielles. Elles incluent des tentatives d'influencer les processus décisionnels, de compromettre des systèmes d'armes, de saboter des infrastructures critiques. La liste 1260H, dans ce contexte, est un outil de désignation qui permet de signaler ces risques formellement et de créer des obligations de conformité mesurables.

Mais une liste n'est pas une muraille. Les entités désignées trouvent des chemins alternatifs — filiales dans des pays tiers, accords de sous-traitance, joint-ventures avec des entités non désignées. La vraie efficacité de la liste 1260H dépend de la rigueur avec laquelle les autorités américaines traquent ces contournements. Et cette rigueur a des limites pratiques dans un monde économique aussi interconnecté.

L'Europe face à la liste 1260H : entre allégeance à Washington et intérêts commerciaux

Bruxelles à la croisée des chemins : s'aligner ou trouver sa propre voie

L'Union européenne se trouve dans une position inconfortable face à la liste 1260H. D'un côté, Bruxelles a ses propres inquiétudes concernant les sociétés chinoises : subventions d'État qui distordent la concurrence, véhicules électriques BYD enévitable écrasant les constructeurs européens, dépendances aux infrastructures comme les composants Huawei. L'UE a d'ailleurs imposé des droits compensateurs sur les véhicules électriques chinois en 2024, et maintient un dialogue commercial tendu avec Pékin sur un accord en octobre 2026.

De l'autre côté, des entreprises européennes majeures — pharmaceutiques, chimiques, automobiles — ont des liens étroits avec des entreprises chinoises qui se retrouvent maintenant sur la liste 1260H. Elles font face à un dilemme réel : maintenir ces partenariats et risquer des complications dans leurs relations avec les contractants et clients américains, ou les réduire et perdre l'accès au marché chinois. La pression est réelle et les décisions ne sont pas faciles.

La cohérence stratégique européenne comme priorité

Ce que l'Europe ne peut pas se permettre, c'est d'être incohérente. Déclarer soutenir l'Ukraine, financer sa défense avec des milliards d'euros, tout en maintenant des partenariats économiques qui bénéficient indirectement à ceux qui alimentent la machine de guerre russe — c'est une contradiction que les citoyens européens finissent par percevoir. La cohérence stratégique n'est pas une exigence abstraite. C'est la condition de crédibilité à long terme de la politique étrangère européenne.

Bruxelles et l'échéance d'octobre 2026 avec Pékin pour résoudre les différends commerciaux seront un test de cette cohérence. Un accord commercial européo-chinois qui ignore les dimensions sécuritaires — les transferts technologiques, la coopération militaro-industrielle chinoise avec la Russie — serait un signal dangereux. Un accord qui les intègre explicitement serait un pas vers la cohérence stratégique que la situation exige.

Conclusion : Ce que cette liste dit du monde qui vient

La balkanisation technologique mondiale est en marche

La liste 1260H élargie à 188 entités est un jalon dans la balkanisation technologique mondiale — ce processus par lequel l'internet mondial, les chaînes d'approvisionnement technologiques et les marchés de l'IA se fragmentent en sphères d'influence incompatibles. Cette balkanisation a des coûts réels pour l'économie mondiale : efficacité réduite, redondances coûteuses, innovation ralentie par la fragmentation des écosystèmes. Mais ses défenseurs arguent que ces coûts sont le prix à payer pour une sécurité nationale renforcée.

Ce débat n'a pas de réponse simple. Ce que je peux dire, c'est que ce monde fragmenté est déjà là — il ne vient pas. La désignation d'Alibaba, BYD et Baidu comme entreprises militaires chinoises n'est pas un accident de parcours. C'est l'aboutissement logique de décennies de politiques chinoises qui ont délibérément effacé la frontière entre l'économie privée et la machine d'État. L'Occident prend acte. Les entreprises en paient le prix. Et le monde se reconfigure en conséquence.

Ce que l'Ukraine a à y gagner

Pour l'Ukraine, cette guerre économique n'est pas abstraite. Chaque restriction imposée aux entreprises chinoises liées à l'effort militaire russe est un affaiblissement indirect de la capacité de Moscou à soutenir sa guerre. Chaque canal de transfert technologique de la Chine vers la Russie qui se ferme est une pression supplémentaire sur l'économie de guerre russe. La liste 1260H est un outil imparfait — mais c'en est un. Et dans une guerre d'attrition, chaque restriction qui grève l'adversaire a sa valeur.

L'Ukraine combat sur le terrain. L'Occident combat dans les listes noires, les lois d'exportation, les sanctions économiques. Ces deux dimensions du conflit sont inséparables. Et l'efficacité de la réponse occidentale à l'agression russe — soutenue par la Chine — dépend de la cohérence avec laquelle les deux dimensions sont gérées ensemble.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Ma position et mes biais déclarés

Je suis chroniqueur. Je considère la Chine comme la principale menace stratégique pour l'ordre international libéral, à long terme. Cette conviction informe mon regard — mais je m'efforce de la séparer des faits que je cite, qui sont tous vérifiables dans les sources. Cette lettre est un genre journalistique délibérément subjectif.

Ce que je ne sais pas

Les détails précis des motifs de désignation de chaque entreprise sur la liste 1260H ne sont pas tous publics. Je ne suis pas juriste et les subtilités de la Section 1260H dépassent mon expertise technique. Les connexions précises entre des entreprises chinoises désignées et le soutien à l'effort de guerre russe restent partiellement opaque dans les sources publiques disponibles.

Sources

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Sources secondaires

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). LETTRE OUVERTE : Alibaba, Baidu, BYD sur la liste noire — Washington envoie un message clair à Pékin. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-alibaba-baidu-byd-sur-la-liste-noire-washington-envoie-un-message

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Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

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