Le premier jeu vidéo breveté n'était pas Pong, mais un missile de 1947
Longtemps avant que Pong ou Pac-Man n'envahissent les salles d'arcade, deux ingénieurs américains avaient déjà imaginé un dispositif capable de simuler un
- Longtemps avant que Pong ou Pac-Man n'envahissent les salles d'arcade, deux ingénieurs américains avaient déjà imaginé un dispositif capable de simuler un
- Introduction : une invention oubliée avant l'ère électronique
- Un dispositif né bien avant les ordinateurs personnels
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction : une invention oubliée avant l'ère électronique
Un dispositif né bien avant les ordinateurs personnels
Longtemps avant que Pong ou Pac-Man n'envahissent les salles d'arcade, deux ingénieurs américains avaient déjà imaginé un dispositif capable de simuler un tir de missile sur un écran. En 1947, soit près de trois décennies avant l'apparition des premiers ordinateurs personnels grand public, Thomas Goldsmith et Estle Ray Mann ont conçu un appareil qui allait devenir, selon les registres officiels, le tout premier brevet connu associé à ce que l'on appellerait plus tard un jeu vidéo.
Ce dispositif, baptisé « Cathode Ray Tube Amusement Device », reposait entièrement sur une technologie analogique, bien loin des circuits électroniques et des processeurs qui allaient définir l'industrie du jeu vidéo plusieurs décennies plus tard. Son fonctionnement s'appuyait sur des tubes cathodiques et des tubes à vide, des composants alors couramment utilisés dans les équipements radar militaires de l'époque.
Une invention héritée directement de la Seconde Guerre mondiale
Le contexte de création de cet appareil n'est pas anodin. Thomas Goldsmith, titulaire d'un doctorat en physique, avait auparavant travaillé sur des technologies liées aux écrans radar utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale, une expérience technique qui allait directement inspirer la conception de son dispositif de divertissement quelques années plus tard seulement.
Il y a quelque chose de fascinant dans cette filiation directe entre une technologie militaire de pointe et ce qui deviendra, des décennies plus tard, l'une des industries culturelles les plus lucratives au monde. Cette transition du radar militaire vers le divertissement grand public illustre à quel point les innovations technologiques trouvent parfois des usages totalement imprévus par leurs concepteurs initiaux.
Le fonctionnement ingénieux d'un simulateur de missile analogique
Un écran cathodique pour représenter la trajectoire
Le principe du dispositif imaginé par Goldsmith et Mann reposait sur l'affichage d'un point lumineux représentant un missile sur un écran cathodique, dont la trajectoire pouvait être ajustée par le joueur à l'aide de boutons de contrôle physiques, dans le but d'atteindre des cibles dessinées sur des calques transparents superposés directement à l'écran.
Cette approche ingénieuse permettait de contourner les limitations technologiques évidentes de l'époque, où aucun véritable processeur informatique n'existait encore pour générer dynamiquement des graphismes à l'écran. Les concepteurs ont donc dû faire preuve d'une créativité remarquable pour simuler un jeu interactif à partir de composants purement analogiques.
Des cibles physiques plutôt que des graphismes numériques
Contrairement aux jeux vidéo modernes, où l'ensemble des éléments visuels est généré numériquement par un processeur graphique, ce dispositif de 1947 utilisait des overlays physiques en plastique transparent, placés directement sur la surface de l'écran pour représenter les cibles à atteindre, une solution technique aussi simple qu'astucieuse compte tenu des contraintes de l'époque.
Ce choix technique, bien que rudimentaire selon les standards actuels, démontrait déjà une compréhension intuitive des principes fondamentaux qui allaient plus tard définir l'industrie du jeu vidéo : offrir à un joueur humain un contrôle interactif sur un système simulant un objectif précis à atteindre.
Le dépôt du brevet, une démarche formelle méconnue
Une demande déposée en pleine effervescence technologique
Le brevet associé à ce dispositif a été officiellement déposé en 1947, à une période où l'industrie électronique américaine connaissait une effervescence considérable, portée par les avancées technologiques accélérées issues des besoins militaires de la Seconde Guerre mondiale récemment achevée. Cette effervescence a favorisé l'émergence de nombreuses innovations dans des domaines aussi variés que les télécommunications, l'électronique grand public et les équipements de divertissement.
Le dépôt formel de ce brevet auprès des autorités compétentes américaines constitue aujourd'hui la preuve documentaire la plus solide permettant d'établir l'antériorité de ce concept de divertissement électronique interactif, bien avant l'apparition des véritables consoles de jeux vidéo qui allaient marquer les décennies suivantes.
Un brevet accordé après plusieurs années d'attente
Le brevet formel n'a été officiellement délivré qu'en 1948, après un processus d'examen relativement classique pour l'époque, confirmant ainsi la reconnaissance légale de cette invention comme un dispositif technique original et suffisamment innovant pour mériter une protection intellectuelle formelle de la part des autorités américaines compétentes en la matière.
On pourrait facilement imaginer que les fonctionnaires chargés d'examiner ce brevet en 1947 n'avaient pas la moindre idée qu'ils validaient, sans le savoir, l'un des tout premiers ancêtres documentés d'une industrie appelée à générer des centaines de milliards de dollars de revenus annuels moins d'un siècle plus tard.
Pourquoi ce dispositif n'a jamais été commercialisé
Des contraintes techniques et industrielles trop lourdes
Malgré l'ingéniosité de sa conception, ce simulateur de missile n'a jamais dépassé le stade du prototype expérimental. Les coûts de fabrication associés à l'utilisation de tubes cathodiques et de tubes à vide restaient encore trop élevés pour envisager une production industrielle à grande échelle destinée au grand public de l'époque, dans un contexte économique d'après-guerre encore marqué par de nombreuses restrictions matérielles.
Par ailleurs, l'absence d'un véritable marché identifié pour ce type de divertissement électronique a probablement dissuadé les industriels potentiels d'investir dans le développement commercial de cette technologie, à une époque où le concept même de jeu électronique interactif restait totalement étranger à la culture populaire dominante et à ses habitudes de consommation courantes.
Une invention restée dans l'ombre pendant des décennies
Ce n'est que bien plus tard, avec l'essor véritable de l'industrie du jeu vidéo dans les années 1970, que les historiens des technologies ont redécouvert ce brevet oublié, en réalisant qu'il constituait en réalité l'un des tout premiers jalons documentés de cette industrie appelée à connaître un essor spectaculaire durant les décennies suivantes, jusqu'à devenir un pilier majeur du divertissement mondial.
Cette redécouverte tardive illustre une réalité fréquente dans l'histoire des technologies : certaines innovations pionnières restent totalement invisibles du grand public pendant des années, voire des décennies, avant d'être finalement reconnues comme des jalons fondateurs d'une industrie entière par les chercheurs spécialisés.
Tennis for Two et Spacewar, des étapes ultérieures majeures
Après ce dispositif pionnier de 1947, il faudra attendre encore plusieurs années avant l'apparition d'autres jalons historiques largement reconnus dans l'histoire du jeu vidéo, notamment Tennis for Two, créé en 1958 par le physicien William Higinbotham, ou encore Spacewar!, développé en 1962 par des étudiants du Massachusetts Institute of Technology.
Ces créations ultérieures, bien que souvent présentées comme les véritables pionnières du jeu vidéo dans la mémoire collective populaire, doivent en réalité être replacées dans une chronologie plus large qui inclut ce dispositif méconnu de 1947, une antériorité aujourd'hui bien documentée par les historiens spécialisés dans ce domaine.
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Une filiation conceptuelle plutôt que technologique directe
Il convient toutefois de nuancer cette filiation historique : le dispositif de Goldsmith et Mann ne reposait sur aucun véritable circuit informatique programmable, contrairement aux créations ultérieures qui allaient véritablement fonder l'industrie du jeu vidéo électronique moderne au sens strict du terme technique employé par les spécialistes du domaine.
La filiation historique entre ce dispositif de 1947 et les jeux vidéo modernes reste donc avant tout conceptuelle, fondée sur l'idée fondamentale d'un divertissement interactif contrôlé par un joueur humain, plutôt que sur une continuité technologique directe entre les deux époques concernées. On pourrait presque dire que Goldsmith et Mann ont inventé l'idée avant que la technologie ne soit prête à la rattraper.
L'importance historique de ce brevet méconnu
Un document précieux pour les chercheurs en histoire des technologies
Aujourd'hui conservé dans les archives officielles américaines, ce brevet constitue un document précieux pour les chercheurs spécialisés dans l'histoire des technologies, offrant un témoignage concret des réflexions techniques et créatives qui animaient déjà certains ingénieurs américains au lendemain immédiat de la Seconde Guerre mondiale.
Ce document permet également de mieux comprendre comment certaines technologies militaires, initialement développées pour des besoins stratégiques précis, ont pu progressivement infuser d'autres domaines de la société civile, y compris celui, alors totalement embryonnaire, du divertissement électronique interactif destiné au grand public de demain.
Une reconnaissance tardive mais méritée par la communauté spécialisée
Il est toujours un peu frustrant de constater que certains pionniers véritables d'une industrie majeure restent largement méconnus du grand public, tandis que d'autres créations plus tardives récoltent l'essentiel de la reconnaissance populaire et médiatique associée à cette même industrie. Goldsmith et Mann appartiennent clairement à cette catégorie d'inventeurs pionniers restés dans l'ombre.
Plusieurs institutions spécialisées dans la conservation du patrimoine technologique ont depuis entrepris de documenter précisément cette histoire méconnue, contribuant ainsi à redonner une place légitime à ces deux ingénieurs dans le récit plus large de l'histoire du jeu vidéo mondial.
Ce que cette anecdote révèle sur l'innovation technologique
Des idées en avance sur leur temps
Cette histoire illustre parfaitement un phénomène récurrent dans l'histoire des technologies : certaines idées naissent bien avant que les conditions techniques, industrielles ou culturelles ne soient réunies pour permettre leur véritable épanouissement commercial et populaire auprès d'un large public.
Le concept d'un divertissement électronique interactif, formulé dès 1947 par Goldsmith et Mann, ne trouvera son véritable essor commercial que plusieurs décennies plus tard, une fois que les technologies informatiques auraient suffisamment progressé pour rendre cette vision initiale techniquement et économiquement viable à grande échelle.
Une leçon d'humilité pour l'histoire officielle des industries
Cette anecdote invite également à une certaine prudence face aux récits simplifiés que l'on retrouve souvent dans l'histoire populaire des industries technologiques, où quelques noms emblématiques finissent par éclipser totalement des contributions antérieures pourtant tout aussi significatives sur le plan conceptuel et historique.
Reconnaître l'existence de ce brevet de 1947 permet ainsi de complexifier utilement le récit habituel de la naissance du jeu vidéo, en rappelant que les grandes industries culturelles contemporaines trouvent souvent leurs racines dans des expérimentations bien plus anciennes et méconnues qu'on ne le pense généralement.
Conclusion : un jalon discret mais fondateur
Une invention restée à l'état de prototype
Le dispositif imaginé par Thomas Goldsmith et Estle Ray Mann en 1947 n'a jamais quitté le stade du prototype expérimental, mais il demeure aujourd'hui reconnu comme l'un des tout premiers jalons documentés de ce qui allait devenir, des décennies plus tard, l'industrie du jeu vidéo mondiale.
Cette histoire méconnue rappelle que les grandes industries culturelles et technologiques contemporaines trouvent souvent leurs origines dans des expérimentations bien plus anciennes que ce que le grand public imagine généralement, portées par des inventeurs restés largement dans l'ombre de l'histoire officielle.
Un héritage conceptuel toujours pertinent aujourd'hui
Plus de sept décennies après ce dépôt de brevet, alors que l'industrie du jeu vidéo génère aujourd'hui des revenus dépassant largement ceux du cinéma et de la musique réunis, il demeure utile de se souvenir de ce dispositif rudimentaire, fabriqué à partir de tubes à vide et de calques en plastique transparent.
Cette anecdote continue ainsi d'enrichir la compréhension collective de la manière dont naissent véritablement les grandes industries technologiques contemporaines, souvent à partir d'idées modestes formulées bien avant que les conditions ne soient réunies pour leur plein épanouissement commercial.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources
Sources primaires
United States Patent and Trademark Office — archives de brevets historiques — 2026
Computer History Museum — dossier sur les origines du jeu vidéo — 2026
Smithsonian Institution — dossier sur l'histoire du divertissement électronique — 2026
Sources secondaires
Smithsonian Magazine — enquête sur les pionniers du jeu vidéo — 2026
BBC Future — récit sur l'histoire des technologies de divertissement — 2026
The Guardian — analyse sur les origines de l'industrie du jeu vidéo — 2026
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). Le premier jeu vidéo breveté n'était pas Pong, mais un missile de 1947. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/le-premier-jeu-video-brevete-n-etait-pas-pong-mais-un-missile-de-1947
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Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.
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