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La ChroniqueReportage· N° 3144

La Turquie prête à céder ses S-400 russes pour retrouver les F-35

Depuis 2019, la Turquie est exclue du programme de chasseur furtif américain F-35 après avoir acheté les systèmes de défense antiaérienne russes

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À retenir
  1. Depuis 2019, la Turquie est exclue du programme de chasseur furtif américain F-35 après avoir acheté les systèmes de défense antiaérienne russes
  2. Introduction : un revirement stratégique à l'approche du sommet d'Ankara
  3. Un dossier gelé depuis 2019
Transparence

Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

Introduction : un revirement stratégique à l'approche du sommet d'Ankara

Un dossier gelé depuis 2019

Depuis 2019, la Turquie est exclue du programme de chasseur furtif américain F-35 après avoir acheté les systèmes de défense antiaérienne russes S-400, une décision qui avait provoqué l'imposition de sanctions américaines sous le régime CAATSA en décembre 2020. Depuis, Ankara réclame sans relâche sa réintégration dans ce programme, un dossier qui empoisonne la relation entre les deux pays membres de l'OTAN depuis plus de six ans.

À l'approche du sommet de l'OTAN à Ankara prévu début juillet 2026, plusieurs médias rapportent que la Turquie explorerait sérieusement l'option de céder ses S-400 à un pays tiers, une manœuvre qui permettrait de lever l'obstacle légal empêchant son retour dans le programme F-35. C'est un développement que je qualifierais de potentiellement historique pour la cohésion de l'Alliance atlantique.

Pourquoi ce dossier compte pour l'OTAN tout entière

La réintégration éventuelle de la Turquie dans le programme F-35 ne serait pas une simple question bilatérale entre Washington et Ankara. Elle toucherait directement la cohérence de la posture de défense collective de l'OTAN face à la Russie, à un moment où chaque capacité militaire supplémentaire compte pour dissuader Moscou de toute aventure au-delà de l'Ukraine.

Je le dis d'entrée de jeu : si la Turquie renonce vraiment à ses S-400 russes pour revenir dans le giron du F-35, ce sera une victoire nette pour la cohésion occidentale, même si Erdogan reste un partenaire imprévisible qu'il faut surveiller de près.

L'origine de la brouille : l'achat des S-400

Un choix qui a coûté cher à Ankara

L'acquisition par la Turquie des systèmes russes S-400 avait été justifiée par Ankara comme une nécessité de défense aérienne face aux menaces régionales. Mais Washington a immédiatement considéré cet achat comme incompatible avec l'intégrité du programme F-35, redoutant que les radars russes puissent collecter des données sensibles sur les capacités furtives de l'appareil américain si les deux systèmes opéraient sur le même territoire.

La sanction a été lourde : la Turquie a été expulsée du programme de production et d'achat du F-35 en 2019, perdant à la fois ses commandes d'appareils et sa participation industrielle dans la chaîne de production internationale de l'avion. Les sanctions CAATSA imposées en décembre 2020 ont visé directement la présidence turque des industries de défense.

Six ans de tensions diplomatiques

Depuis cette rupture, le président turc Recep Tayyip Erdogan n'a cessé de répéter que le retour de son pays dans le programme F-35 était une condition essentielle à la sécurité de l'OTAN dans son ensemble. Le 5 janvier 2026, il déclarait encore publiquement que cette réintégration était une clé de voûte de la sécurité de l'Alliance, selon des propos rapportés par Bloomberg.

Je comprends la frustration turque, mais je refuse d'oublier que c'est Ankara qui a choisi d'acheter du matériel russe en pleine tension avec l'Occident. La responsabilité de cette impasse de six ans ne repose pas uniquement sur les épaules de Washington.

Le scénario de la vente à un pays tiers

La Corée du Sud évoquée comme acheteur potentiel

Selon plusieurs informations relayées fin juin 2026, l'administration américaine envisagerait de permettre le retour de la Turquie dans le programme F-35 à condition que les systèmes S-400 soient vendus à un pays tiers plutôt que rendus à la Russie. Le média Euractiv a rapporté cette option, reprise ensuite par plusieurs publications, qui évoquent la Corée du Sud comme acheteur potentiel plausible.

Cette solution permettrait de désamorcer le problème sécuritaire initial sans humilier publiquement Ankara, qui pourrait présenter la vente comme une décision souveraine plutôt que comme une capitulation face aux exigences américaines. C'est un compromis diplomatique habile, si toutefois il se concrétise réellement.

Le démenti turc de septembre 2025

Il faut noter que le ministère de la Défense turc avait démenti dès septembre 2025 toute intention de vendre ses S-400, qualifiant ces rumeurs de sans fondement. Ce démenti antérieur jette un doute légitime sur la solidité du scénario actuel, et je refuse de le présenter comme une certitude acquise.

Je reste prudent ici : un démenti officiel turc datant de quelques mois à peine ne s'efface pas simplement parce que de nouvelles rumeurs circulent à la veille d'un sommet. La vérité se vérifiera aux actes, pas aux fuites anonymes.

La position de l'administration Trump

Un bras de fer entre le Pentagone et la diplomatie

Le vice-président américain JD Vance a confirmé que le Pentagone, sous la direction du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, examine actuellement si la Turquie remplit les critères légaux nécessaires à sa réintégration dans le programme F-35. Cette évaluation technique et légale constitue une étape obligatoire avant toute décision politique définitive de la Maison-Blanche.

Le média Al-Monitor rapportait dès le 25 juin 2026 que Donald Trump lui-même avait laissé entendre qu'une percée diplomatique majeure sur ce dossier pourrait survenir avant le sommet de l'OTAN, un signal fort de la volonté présidentielle de résoudre ce contentieux avant sa visite en Turquie.

Un geste calculé avant Ankara

Selon Kurdistan24, Trump se rendrait à Ankara avec une offre concrète sur le F-35 ainsi que d'autres gestes commerciaux envers le président Erdogan, ce qui constituerait la première visite d'un président américain en exercice en Turquie depuis celle de Barack Obama en 2015. Ce symbole diplomatique n'est pas anodin dans le contexte de reconstruction de la confiance transatlantique.

Je crédite ici Trump d'une chose : sa volonté de résoudre ce dossier avant le sommet montre une lecture correcte des priorités stratégiques occidentales, même si je reste critique de sa gestion domestique sur d'autres fronts complètement différents.

L'opposition au Congrès américain

Une résolution bipartisane pour bloquer le retour

Le retour potentiel de la Turquie dans le programme F-35 ne fait pas l'unanimité à Washington. Selon Turkish Minute, des élus américains, menés par la représentante démocrate Dina Titus, préparaient dès le 29 juin 2026 une résolution bipartisane visant précisément à empêcher cette réintégration tant que la Turquie possède encore les systèmes russes S-400.

Cette initiative parlementaire illustre la méfiance persistante d'une partie du Congrès envers Ankara, en particulier concernant les risques que ferait courir la présence de matériel russe sur le territoire d'un pays membre de l'OTAN disposant potentiellement d'un accès aux technologies furtives américaines les plus sensibles.

Le poids du Sénat dans l'équation

Selon Newsmax, une lettre bipartisane a également été envoyée début juillet 2026 à Trump pour l'exhorter à rejeter tout retour turc dans le programme F-35. Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, le républicain Jim Risch, figure parmi les voix les plus fermes contre cette réintégration, ce qui complique considérablement la marge de manœuvre présidentielle sur ce dossier.

Voilà une opposition que je respecte : les inquiétudes sécuritaires soulevées par ces élus ne sont pas de la mauvaise foi partisane, elles reposent sur un risque technique réel que je refuse de balayer simplement parce que je souhaite voir la Turquie revenir dans le giron occidental.

Une loi qui bloque toute transaction tant que les S-400 restent en Turquie

Le cœur juridique du problème repose sur la section 1245 du National Defense Authorization Act (NDAA) de l'année fiscale 2020, qui interdit formellement tout transfert de technologie F-35 tant que la Turquie conserve les systèmes S-400 sur son territoire. Cette disposition légale explique pourquoi la simple volonté politique de Trump ne suffit pas à débloquer le dossier sans un geste concret d'Ankara.

C'est précisément cette contrainte légale qui rend le scénario de vente à un pays tiers si attractif pour les deux parties : il permettrait de respecter la lettre de la loi américaine sans qu'Ankara ait à admettre publiquement une erreur stratégique passée.

Les précédents juridiques similaires

D'autres pays ont par le passé été confrontés à des dilemmes similaires entre acquisitions russes et partenariats occidentaux, mais aucun cas n'atteint l'ampleur stratégique de celui de la Turquie, deuxième plus grande armée de l'OTAN par le nombre de soldats et acteur incontournable du flanc sud-est de l'Alliance face à la Russie et au Moyen-Orient.

Je pense que ce cas turc deviendra une référence pour l'OTAN : la manière dont ce dossier se règle enverra un signal clair à tout futur allié tenté de jouer sur plusieurs tableaux entre Washington et Moscou.

La vente parallèle des moteurs F110

Un geste de bonne foi avant le sommet

Parallèlement au dossier du F-35, l'administration américaine a informé le Congrès de son intention de procéder à une vente de moteurs F110 destinés au chasseur turc Kaan, un projet national que la Turquie développe pour réduire sa dépendance envers les avions étrangers. Cette vente, évaluée à environ 700 millions de dollars, est présentée par Ankara comme une étape préliminaire vers une normalisation plus large des relations de défense avec Washington.

Selon Reuters, cette avancée sur les moteurs F110 a été annoncée dès le 24 juin 2026, soit avant même les rumeurs sur la vente des S-400, ce qui suggère un dégel progressif et coordonné plutôt qu'une décision improvisée à la dernière minute avant le sommet.

Le lien stratégique entre les deux dossiers

Le programme Kaan et le dossier du F-35 sont étroitement liés dans la stratégie turque : en démontrant sa capacité à produire un chasseur national compétitif tout en négociant son retour dans le programme américain, Ankara cherche à maximiser son influence et sa souveraineté industrielle, peu importe l'issue finale des négociations sur les S-400.

Cette double stratégie turque m'impressionne sur le plan tactique, même si elle m'agace sur le plan des principes : Ankara joue simultanément sur tous les tableaux, et l'Occident doit rester lucide sur le fait que la loyauté turque reste conditionnelle.

Les enjeux industriels pour les États-Unis

Le retour d'un partenaire industriel majeur

Avant son exclusion en 2019, la Turquie fabriquait plusieurs composants essentiels du F-35, notamment des éléments du fuselage et des trains d'atterrissage. Son retour dans le programme représenterait un allègement significatif pour la chaîne d'approvisionnement du constructeur Lockheed Martin, actuellement sous pression pour répondre à la demande croissante des alliés de l'OTAN face à la menace russe.

Cette dimension industrielle explique pourquoi certains responsables américains, en dehors des cercles sécuritaires les plus prudents, poussent activement pour une résolution rapide du dossier turc, indépendamment des considérations purement diplomatiques ou symboliques du sommet d'Ankara.

Les retombées économiques pour Ankara

Pour la Turquie, la réintégration dans le programme F-35 représenterait aussi un gain économique majeur, avec la relance de contrats industriels suspendus depuis six ans et la possibilité de renouveler sa flotte aérienne vieillissante face aux besoins de défense régionale croissants dans un Moyen-Orient instable.

Je note que cette dimension économique compte souvent plus que la diplomatie pure dans ce genre de dossier, et je pense que c'est justement ce calcul économique qui pourrait finalement convaincre Ankara de lâcher ses S-400.

Les réactions de la Russie

Moscou observe avec inquiétude

Un éventuel abandon turc des systèmes S-400 serait un revers symbolique pour Moscou, qui avait présenté cette vente en son temps comme une preuve de sa capacité à percer les rangs de l'OTAN et à semer la discorde entre alliés occidentaux. La perte de ce contrat emblématique confirmerait au contraire la résilience de la cohésion atlantique face aux tentatives russes de division.

Le Kremlin n'a pas encore réagi officiellement à ces informations, mais les analystes militaires russes suivent de très près ce dossier, conscients qu'il illustre les limites de l'influence russe sur les décisions stratégiques de ses partenaires commerciaux, même ceux entretenant des relations économiques significatives avec Moscou.

Un signal pour d'autres clients potentiels de la Russie

Ce dossier turc pourrait aussi influencer d'autres pays ayant envisagé ou réalisé des achats de matériel militaire russe, en leur montrant les conséquences diplomatiques et économiques durables d'un tel choix face à la pression américaine et occidentale.

Je vois dans ce possible dénouement une leçon plus large pour tous les régimes qui pensent pouvoir jouer Moscou contre Washington sans en payer le prix : la Russie promet des solutions rapides, mais elle laisse ses partenaires seuls quand la pression occidentale monte.

Ce que cela signifie pour l'OTAN dans son ensemble

Une cohésion retrouvée face à la Russie

Le règlement de ce contentieux turc, à quelques jours seulement du sommet de l'OTAN à Ankara, enverrait un signal fort de cohésion à un moment critique de la guerre en Ukraine et des tensions persistantes avec la Russie. Une Alliance unie, où même ses membres les plus difficiles à gérer diplomatiquement trouvent une solution négociée, renforce la crédibilité de la dissuasion collective occidentale.

Les responsables de la défense occidentale, cités notamment par Forbes, soulignent que ce sommet doit avant tout démontrer la capacité de l'OTAN à maintenir son unité stratégique malgré les divergences internes, dans un contexte où la Chine, l'Iran et la Corée du Nord observent attentivement les signes de faiblesse occidentale.

Le rôle pivot de la Turquie dans l'architecture de sécurité

La position géographique de la Turquie, à la charnière entre l'Europe, le Moyen-Orient et la région de la mer Noire, en fait un allié dont la loyauté stratégique reste indispensable, même quand ses choix passés ont semé le doute sur sa fiabilité totale envers l'OTAN.

Je persiste à croire que l'Occident a besoin de la Turquie plus que la Turquie n'a besoin de l'Occident sur le strict plan géographique, ce qui explique pourquoi Washington fait autant de concessions dans ce dossier malgré les réticences légitimes du Congrès.

Les voix sceptiques persistent

Le manque de garanties concrètes

Malgré l'optimisme affiché par certaines sources proches du dossier, plusieurs experts en sécurité rappellent qu'aucune vente ferme des S-400 n'a été officiellement confirmée par Ankara à ce jour. Le scepticisme reste donc de mise tant qu'un accord signé n'a pas été rendu public par les autorités turques ou américaines.

Cette prudence est renforcée par le précédent démenti turc de septembre 2025, qui rappelle que les déclarations d'intention ne se traduisent pas toujours par des actes concrets dans ce dossier hautement sensible sur le plan de la souveraineté nationale turque.

Le risque d'un nouvel échec diplomatique

Si le sommet d'Ankara se conclut sans avancée concrète sur ce dossier, cela pourrait raviver les tensions entre Washington et Ankara, avec le risque de voir la Turquie se tourner davantage vers d'autres partenaires industriels, notamment dans le cadre de son programme national Kaan, réduisant d'autant sa dépendance envers les équipements américains.

Je refuse de céder à l'euphorie prématurée : tant que je ne vois pas un document signé, je considère ce dossier comme une possibilité crédible mais non confirmée, et je continuerai à le traiter avec cette prudence journalistique de rigueur.

La dimension humaine du dossier militaire

Les travailleurs de l'industrie aéronautique dans l'attente

Derrière les tractations diplomatiques se cachent des milliers d'emplois industriels, tant aux États-Unis qu'en Turquie, suspendus à l'issue de ces négociations. Les ouvriers spécialisés turcs qui fabriquaient autrefois des composants du F-35 attendent depuis six ans un signal clair sur l'avenir de leur secteur, pris en otage par des considérations géopolitiques qui les dépassent largement.

Cette réalité humaine, souvent absente des analyses strictement stratégiques, mérite d'être rappelée : les décisions prises à Ankara et à Washington dans les prochains jours auront un impact concret sur des familles entières dont les revenus dépendent de cette industrie de défense transatlantique.

Les militaires sur le terrain, premiers concernés

Pour les pilotes et les forces aériennes des pays membres de l'OTAN, la résolution de ce dossier turc représenterait aussi un gain opérationnel concret, avec une meilleure interopérabilité entre les flottes alliées face à une menace russe qui ne montre aucun signe de recul sur le front ukrainien.

On oublie trop souvent que ces débats abstraits sur les sanctions et les lois américaines touchent des vies concrètes, des salaires, des carrières entières bâties autour d'un programme aéronautique devenu l'otage d'un choix géopolitique fait il y a sept ans.

Le calendrier des prochains jours

Le sommet de l'OTAN comme moment de vérité

Le sommet de l'OTAN à Ankara, qui doit réunir les dirigeants de l'Alliance dans les prochains jours, s'annonce comme le moment charnière où ce dossier pourrait enfin se dénouer, dans un sens ou dans l'autre. Donald Trump doit y tenir une rencontre bilatérale avec le président Erdogan avant même le dîner officiel des dirigeants, un signe de la priorité accordée à ce contentieux.

Les observateurs diplomatiques s'attendent à ce qu'une annonce, même partielle, soit faite durant ce sommet, ne serait-ce que pour donner un signal politique positif avant les discussions plus larges sur le soutien à l'Ukraine et le renforcement du flanc oriental de l'OTAN.

Les prochaines étapes législatives à Washington

Même en cas d'accord de principe entre Trump et Erdogan, le dossier devra encore franchir l'obstacle du Congrès américain, où la résolution bipartisane menée par Dina Titus pourrait retarder ou compliquer sa mise en œuvre concrète, même après une éventuelle vente confirmée des S-400 à un pays tiers.

Je m'attends à des semaines, voire des mois de bras de fer législatif à Washington même si un accord de principe est trouvé à Ankara : ce genre de dossier ne se règle jamais en un seul sommet, peu importe la mise en scène diplomatique.

La comparaison avec d'autres alliés de l'OTAN

La Grèce et la Pologne, des exemples de coopération réussie

Contrairement à la Turquie, d'autres membres de l'OTAN comme la Grèce et la Pologne ont récemment renforcé leur intégration au sein des programmes de défense occidentaux sans jamais introduire de matériel russe susceptible de compromettre l'interopérabilité de l'Alliance. Ces exemples positifs illustrent ce à quoi pourrait ressembler une Turquie pleinement réintégrée, sans les complications liées à son passé d'achats russes.

La Pologne, en particulier, a multiplié les commandes de F-35 et d'autres systèmes occidentaux avancés ces dernières années, devenant un modèle de réarmement rapide et cohérent avec les standards de l'OTAN, une trajectoire que Washington aimerait voir Ankara suivre à terme.

Le coût de l'isolement pour la Turquie

L'exclusion prolongée de la Turquie du programme F-35 a déjà coûté cher à son industrie de défense, la privant de contrats et de transferts technologiques que ses voisins européens de l'OTAN ont pu obtenir librement durant ces mêmes années. Cette comparaison régionale explique en partie l'urgence ressentie par Ankara à résoudre ce dossier avant qu'il ne devienne irréversible.

Je pense que la Turquie regarde la Pologne avec une certaine envie stratégique, et c'est tant mieux : rien ne vaut la comparaison directe avec un allié qui a fait les bons choix pour convaincre un gouvernement récalcitrant de changer de cap.

Conclusion : un test pour la solidarité occidentale

Une occasion à ne pas manquer pour l'OTAN

Ce dossier turc illustre parfaitement les tensions internes que doit gérer l'OTAN tout en maintenant une façade d'unité face à la Russie. Si la Turquie cède réellement ses S-400 et retrouve sa place dans le programme F-35, ce sera un gain net pour la cohésion militaire occidentale à un moment critique du conflit ukrainien et des tensions croissantes avec l'axe Chine-Russie-Iran-Corée du Nord.

Rester vigilant malgré l'optimisme

Mais rien n'est encore signé, et l'histoire récente des relations turco-américaines invite à la prudence avant de célébrer un dénouement qui pourrait encore capoter au dernier moment, comme tant d'autres dossiers similaires dans cette relation bilatérale complexe et souvent imprévisible.

Je conclus ce reportage avec un optimisme prudent : si Ankara franchit enfin le pas, l'OTAN en sortira renforcée face à la Russie, mais je continuerai à juger ce dossier aux actes signés plutôt qu'aux promesses de sommet.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Qui je suis et mes biais assumés

J'écris ce reportage comme chroniqueur engagé, pro-OTAN et pro-Occident assumé. Je crois que le renforcement de la cohésion militaire occidentale face à la Russie, à la Chine, à l'Iran et à la Corée du Nord est une priorité stratégique absolue, et je crédite Donald Trump lorsque sa diplomatie renforce cette cohésion, même si je reste critique sur d'autres dossiers domestiques distincts.

Ce que je ne sais pas et ma méthode

Je ne peux pas confirmer si la Turquie vendra effectivement ses S-400, ni à qui, ni dans quel délai précis. Ce reportage s'appuie exclusivement sur des sources journalistiques vérifiables et datées, sans invention ni spéculation présentée comme un fait acquis.

Sources

Sources primaires

UA News — La Turquie pourrait vendre ses S-400 pour revenir au programme F-35, 30 juin 2026

Anadolu Agency — Factbox sur les dépenses de défense de l'OTAN avant le sommet d'Ankara, juillet 2026

Sources secondaires

Izvestia — Les États-Unis veulent à nouveau vendre des F-35 à la Turquie, 1 juillet 2026

Reuters — Aérospatiale et défense, juillet 2026

Wikipedia — Sommet de l'OTAN à Ankara 2026

Forbes — Ce que les leaders de la défense discuteront au sommet de l'OTAN 2026, 1 juillet 2026

Turkish Minute — Des élus américains préparent une résolution contre le retour de la Turquie au F-35, 29 juin 2026

Kurdistan24 — Trump se rend à Ankara avec une offre F-35 pour Erdogan, juillet 2026

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). La Turquie prête à céder ses S-400 russes pour retrouver les F-35. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/la-turquie-prete-a-ceder-ses-s-400-russes-pour-retrouver-les-f-35

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Maxime Marquette
Chroniqueur indépendant

Maxime Marquette écrit l'essentiel des analyses et chroniques publiées sur MadMax — géopolitique, technologie et actualité, sans remplissage.

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