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La ChroniqueCommentaire· N° 882

COMMENTAIRE : Le G7 exige la dénucléarisation de la Corée du Nord — Pyongyang répond par un non définitif

Les 16 et 17 juin 2026, les dirigeants du G7 se sont réunis à Évian-les-Bains, en France, au bord du lac Léman. Beau décor pour une déclaration solennelle, moins beau résultat sur la question qui mobilisait l'attention de Séoul à Tokyo : la péninsule coréenne. Dans leur communiqué conjoint sur les enjeux géopolitiques, les sept puissances ont réaffirmé leur engagement en faveur

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  1. Les 16 et 17 juin 2026, les dirigeants du G7 se sont réunis à Évian-les-Bains, en France, au bord du lac Léman. Beau décor pour une déclaration solennelle, moins beau résultat sur la question qui mobilisait l'attention de Séoul à Tokyo : la péninsule coréenne. Dans leur communiqué conjoint sur les enjeux géopolitiques, les sept puissances ont réaffirmé leur engagement en faveur
  2. Les 16 et 17 juin 2026 , les dirigeants du G7 se sont réunis à Évian-les-Bains , en France, au bord du lac Léman.
  3. Beau décor pour une déclaration solennelle, moins beau résultat sur la question qui mobilisait l'attention de Séoul à Tokyo : la péninsule coréenne .
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Introduction : Évian, le lac et l'impasse nucléaire

Un sommet au bord de l'eau, une déclaration dans le vide

Les 16 et 17 juin 2026, les dirigeants du G7 se sont réunis à Évian-les-Bains, en France, au bord du lac Léman. Beau décor pour une déclaration solennelle, moins beau résultat sur la question qui mobilisait l'attention de Séoul à Tokyo : la péninsule coréenne. Dans leur communiqué conjoint sur les enjeux géopolitiques, les sept puissances ont réaffirmé leur engagement en faveur de la "dénucléarisation complète de la Corée du Nord" conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. C'est le même langage qu'en 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025.

Le lendemain, Kim Yo Jong — sœur de Kim Jong Un, architecte de facto de la communication stratégique de Pyongyang — répondait avec une clarté qui ne laisse aucune place à l'interprétation : la dénucléarisation est une "ligne de non-retour qui ne peut jamais être franchie". Le programme nucléaire nord-coréen est "définitivement et irrévocablement finalisé". Appeler à la dénucléarisation revient à "inviter le désastre". Il n'y a rien à négocier là-dessus. Rien.

Le paradoxe central du dossier coréen

La péninsule coréenne cristallise un paradoxe que le G7 n'arrive pas à résoudre depuis trois décennies : les puissances occidentales insistent sur une politique — la dénucléarisation — que la partie adverse a officiellement abandonnée depuis au moins 2022. En continuant à réaffirmer cet objectif dans chaque communiqué, les démocraties du G7 s'adressent non pas à Pyongyang, mais à leurs propres opinions publiques et à leurs alliés régionaux. C'est de la politique intérieure habillée en diplomatie internationale.

Ce n'est pas une critique sans nuance. L'alternative — reconnaître officiellement le statut nucléaire de la Corée du Nord — ouvrirait une boîte de Pandore géopolitique aux conséquences imprévisibles pour le Japon, Taïwan et la Corée du Sud. Mais répéter un objectif inatteignable à chaque sommet sans jamais ajuster la stratégie, c'est une forme de déni collectif que le monde ne peut plus se permettre.

Je comprends pourquoi les dirigeants du G7 ne peuvent pas dire publiquement que la dénucléarisation est morte. Mais je refuse de prétendre que la répéter en 2026 comme en 2016 est une politique. C'est une liturgie. Et les liturgies ne font pas reculer les ogives.

Kim Yo Jong : la réponse la plus tranchante de Pyongyang depuis des années

Une déclaration qui ferme toutes les portes

Kim Yo Jong a publié sa déclaration le 18 juin 2026, par le biais de la KCNA, l'agence officielle nord-coréenne. Elle n'a pas simplement rejeté l'appel du G7 : elle l'a condamné sur le plan constitutionnel, affirmant que la demande de dénucléarisation constituait une violation directe de la constitution nord-coréenne et une atteinte à la souveraineté du pays. Selon elle, le G7 montre "une forte insatisfaction et des regrets" face à une situation qu'il ne peut plus changer.

Les armes nucléaires nord-coréennes ne sont pas décrites comme un outil de menace mais comme "un moyen puissant de protéger la souveraineté", défini par les lois de la RPDC. Kim Yo Jong qualifie les arguments en faveur de la dénucléarisation de "totalement dépassés", et avertit que quiconque tente de porter atteinte aux intérêts fondamentaux d'un État nucléaire fait "le pire choix en invitant le désastre". C'est un langage de dissuasion absolue, pas une ouverture diplomatique habillée en dureté.

L'irréversibilité comme doctrine d'État

Ce qui rend la déclaration de Kim Yo Jong particulièrement significative, c'est son caractère doctrinal. Elle ne dit pas "nous ne négocierons pas maintenant". Elle dit que la dénucléarisation est un "agenda irrévocablement finalisé qui ne peut jamais être réalisé". C'est une position de principe, pas une posture tactique. Pyongyang est en train de formaliser ce que les experts observaient depuis des années : la Corée du Nord ne reviendra jamais à une table de négociation sur la base de la dénucléarisation complète.

Cette doctrine s'inscrit dans une évolution stratégique plus large. En juin 2024, Kim Jong Un avait modifié la constitution nord-coréenne pour y inscrire le statut nucléaire comme irréversible. En juin 2026, sa sœur ne fait que répéter à l'adresse du G7 ce qui est déjà gravé dans le droit fondamental de l'État. La Corée du Nord est une puissance nucléaire de facto — et elle le dit ouvertement, sans honte, sans euphémisme.

Quand un pays inscrit son programme nucléaire dans sa constitution et que sa dirigeante de facto publie une réponse en 48 heures au G7, le message est limpide. La question n'est plus "comment dénucléariser ?" — elle est "comment vivre avec une Corée du Nord nucléaire ?" Et le G7 refuse encore de la poser.

La position de Trump : "prêt à jouer un rôle constructif"

Une formule creuse ou une ouverture réelle ?

Au sommet d'Évian, Donald Trump a déclaré être "prêt à jouer un rôle constructif" dans la diplomatie avec la Corée du Nord. Cette formule a immédiatement suscité des espoirs à Séoul et des inquiétudes à Tokyo. Les souvenirs des rencontres Trump-Kim de 2018 et 2019 — spectaculaires, improvisées, et finalement infructueuses — sont encore frais. Trump aime les formats personnels, les poignées de main historiques, les images qui font la une des journaux. La substance, c'est moins son affaire.

Pourtant, son engagement potentiel n'est pas sans valeur. Trump est le seul dirigeant occidental que Kim Jong Un a rencontré directement. Il existe entre eux une dynamique personnelle qui n'existe avec aucun autre chef d'État occidental. Si une reprise de contact était possible — même informelle, même partielle — Trump serait sans doute mieux positionné que n'importe quel diplomate traditionnel pour l'initier. La question est de savoir vers quelle direction cette énergie serait dirigée.

Le risque d'un deal sans garanties

Le scénario le plus redouté à Tokyo, Séoul et Bruxelles, c'est un accord Trump-Kim fondé sur une reconnaissance implicite du programme nucléaire en échange d'une réduction partielle de la menace. Un gel des essais, par exemple, contre une levée partielle des sanctions ou une reconnaissance diplomatique. Ce serait présenté comme un succès. Ce serait en réalité une capitulation stratégique qui normaliserait la prolifération nucléaire et enverrait un message catastrophique à l'Iran, à l'Arabie Saoudite et à d'autres États qui surveillent de près la cohérence de la politique américaine.

La Corée du Sud de Lee Jae Myung est dans une position délicate. Le nouveau président sud-coréen a demandé à Trump de "soutenir un dialogue pacifique entre Séoul et Pyongyang". C'est une politique de dégel présentable. Mais comment engager un dialogue pacifique avec un État qui vient de déclarer que ses armes nucléaires sont non négociables et que quiconque les remet en question "invite le désastre" ?

Trump en médiateur sur la péninsule coréenne, je ne l'exclus pas. Mais un deal Trump-Kim sans cadre multilatéral solide, sans vérification, sans intégration des alliés régionaux — c'est Singapore 2018 en version aggravée. Un show sans lendemain, et une Corée du Nord encore plus forte après.

La Chine et Xi Jinping : la visite de Pyongyang qui en dit long

Xi à Pyongyang les 8 et 9 juin : ce qui n'a pas été dit

À peine une semaine avant le sommet du G7, les 8 et 9 juin 2026, le secrétaire général du Parti communiste chinois Xi Jinping visitait Pyongyang pour renforcer la coopération bilatérale sino-nord-coréenne dans "tous les secteurs". Ce qui a attiré l'attention des analystes, c'est ce que Xi n'a pas dit : il n'a fait aucune mention de la dénucléarisation lors de ce sommet.

Cette omission n'est pas un oubli. C'est un signal diplomatique délibéré. En ne mentionnant pas la dénucléarisation — alors que c'est officiellement la position de Pékin dans les enceintes multilatérales — Xi envoie un message à Pyongyang : la Chine est prête à accepter tacitement le statut nucléaire de la Corée du Nord comme une réalité permanente. C'est une évolution majeure dans la politique chinoise, même si elle ne se dit pas à voix haute.

Pékin entre Pyongyang et Washington

La Chine a toujours utilisé la Corée du Nord comme un tampon stratégique face à la présence militaire américaine en Corée du Sud et au Japon. Un effondrement du régime nord-coréen, ou une réunification sous l'égide de Séoul, rapprocherait les forces américaines directement des frontières chinoises. Ce calcul géopolitique fondamental n'a pas changé — il s'est même renforcé à mesure que les tensions sino-américaines se sont intensifiées.

En conséquence, Pékin ne fera jamais vraiment pression sur Pyongyang pour une dénucléarisation complète. Et sans la Chine — principal fournisseur économique de la Corée du Nord — les sanctions internationales restent partiellement contournées. Le G7 peut adopter toutes les déclarations qu'il veut sur la dénucléarisation : sans Beijing à bord, elles resteront des vœux pieux.

La vraie décision se prend à Pékin, pas à Évian. Xi qui visite Pyongyang sans mentionner la dénucléarisation, c'est l'équivalent diplomatique d'un acquiescement silencieux. Le G7 ne peut pas ignorer ce sous-texte et continuer à parler de "consensus international".

Le G7 et la Corée du Nord : ce que la déclaration d'Évian contient vraiment

Au-delà de la dénucléarisation : crypto, enlèvements, cybercriminalité

La déclaration du G7 sur la péninsule coréenne ne se limite pas à la dénucléarisation. Les sept dirigeants ont aussi abordé trois autres dimensions du dossier nord-coréen. Premièrement, le dossier des enlèvements : les dirigeants ont "urgemment" demandé à Pyongyang de résoudre la question des citoyens japonais enlevés dans les années 1970-1980 — une demande répétée à chaque sommet du G7 depuis des années, sans résultat.

Deuxièmement, les vols de cryptomonnaies et la cybercriminalité nord-coréenne. Le G7 a réitéré la nécessité d'une réponse conjointe. Ce n'est pas anodin : les hackers du groupe Lazarus Lazarus et ses affiliés ont volé des milliards de dollars en crypto depuis 2016, finançant directement le programme balistique de Pyongyang. C'est un vecteur de financement que les sanctions classiques ne peuvent pas bloquer — et le G7 commence à en mesurer l'ampleur.

L'Extrême-Orient dans le contexte géopolitique global

La déclaration d'Évian place la question coréenne dans un contexte géopolitique plus large incluant Taïwan, la mer de Chine méridionale et l'Indo-Pacifique. Les sept dirigeants "réaffirment leur opposition à toute tentative unilatérale de changer le statu quo, en particulier par la force ou la coercition, dans les mers de Chine orientale et méridionale et à travers le détroit de Taïwan". C'est un message à Pékin autant qu'à Pyongyang.

Cette imbrication des dossiers — Corée du Nord, Chine, Taïwan — révèle une réalité géopolitique que le G7 hésite encore à formuler clairement : la menace nord-coréenne n'est pas séparable de la menace chinoise. Pyongyang est un instrument, un proxy et un partenaire de Pékin. Les traiter comme deux problèmes distincts revient à ne résoudre ni l'un ni l'autre.

La déclaration d'Évian sur l'Indo-Pacifique est bien écrite. Elle dit tout ce qu'il faut dire. Mais sans stratégie d'exécution, sans mécanisme de dissuasion renforcé, sans deal avec Pékin — elle reste une belle page blanche dans le grand livre de la diplomatie inefficace.

À découvrir

Lee Jae Myung et la politique de dialogue : entre pragmatisme et risque

Le nouveau président sud-coréen face à Pyongyang

Le président sud-coréen Lee Jae Myung, qui a succédé à Yoon Suk-yeol après sa destitution, incarne une approche plus ouverte au dialogue avec Pyongyang. Il a demandé à Trump de "soutenir un dialogue pacifique entre Séoul et Pyongyang", et il semble disposé à explorer des canaux de communication bilatéraux que son prédécesseur avait fermés. C'est une politique qui mérite d'être analysée sans idéologie — ni rejetée d'emblée au nom de la fermeté, ni embrassée naïvement comme un retour à la "Sunshine Policy".

La réalité factuelle est la suivante : depuis 2018, les contacts directs entre Séoul et Pyongyang ont progressivement disparu. Les lignes téléphoniques d'urgence ont été coupées. Les projets économiques conjoints comme Kaesong sont fermés depuis des années. Lee Jae Myung veut rouvrir ces canaux. Mais il le fait sans qu'aucun signal d'ouverture ne vienne de Pyongyang — et dans un contexte où Pyongyang vient de déclarer, à nouveau, que la dénucléarisation est irréversiblement close.

Le risque d'un dialogue asymétrique

Un dialogue Séoul-Pyongyang dans ces conditions serait structurellement asymétrique. La Corée du Nord viendrait à la table avec son arsenal nucléaire comme carte maîtresse intouchable. Elle n'aurait rien à concéder sur l'essentiel. Séoul, en revanche, se retrouverait sous pression pour réduire les exercices militaires conjoints avec Washington, desserrer les sanctions humanitaires, peut-être reconnaître indirectement la légitimité du régime. Ce serait payer pour l'apparence de la paix sans en obtenir la substance.

Le dialogue n'est pas mauvais en soi. Mais un dialogue sans cadre, sans réciprocité, sans vérification est pire que pas de dialogue : il donne des munitions propagandistes à Pyongyang et fragilise la cohésion de l'alliance États-Unis — Corée du Sud — Japon. Lee Jae Myung devra trouver un équilibre très difficile entre l'impulsion politique de son électorat et les contraintes stratégiques de son alliance.

Je respecte l'impulsion de Lee Jae Myung. Vouloir parler à son voisin, même hostile, est plus courageux que de claquer les portes. Mais parler sans cadre avec un régime qui inscrit la menace nucléaire dans sa constitution, c'est une erreur que l'histoire ne pardonnera pas facilement.

Ce que le G7 devrait faire — et ne fait pas

Reconnaître l'échec de la politique de dénucléarisation comme condition préalable

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La première chose que le G7 devrait faire, c'est reconnaître, au moins en interne, que la politique de dénucléarisation complète est morte en tant qu'objectif atteignable à court ou moyen terme. Pas l'abandonner publiquement — ce serait politiquement désastreux. Mais ne plus baser toute sa stratégie sur cet objectif. Développer en parallèle une doctrine de dissuasion renforcée, de gestion des risques de prolifération et de containment du programme balistique nord-coréen.

Cela signifie des exercices militaires conjoints plus visibles et mieux communiqués en Corée du Sud et au Japon. Cela signifie renforcer le bouclier antimissile THAAD et développer ses capacités. Cela signifie une réponse plus agressive aux vols de crypto nord-coréens — source de financement qui contourne entièrement le régime de sanctions. Et cela signifie une diplomatie plus honnête avec la Chine sur le prix de sa complicité avec Pyongyang.

Traiter la Corée du Nord comme ce qu'elle est : une menace existentielle régionale

La Corée du Nord possède aujourd'hui plusieurs dizaines d'ogives nucléaires opérationnelles, des missiles intercontinentaux capables d'atteindre le territoire américain, et un programme d'enrichissement qui continue à plein régime. Ce n'est plus un pays "en voie de nucléarisation" : c'est une puissance nucléaire de facto, aussi armée que plusieurs membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU en termes de capacité de frappe régionale.

Traiter ce problème avec des déclarations de sommet répétées sans ajustement stratégique, c'est l'insulte faite aux Coréens du Sud et aux Japonais qui vivent à portée de ces missiles. Le G7 leur doit une politique honnête, pas un communiqué rassurant. Ce que le sommet d'Évian a produit, c'est un communiqué rassurant. Ce n'est pas suffisant.

Être honnête sur l'état du dossier coréen, c'est difficile politiquement. Mais c'est la condition de toute stratégie crédible. Le G7 parle depuis trente ans de dénucléarisation. La Corée du Nord, elle, construit des bombes depuis trente ans. Le score est connu.

La cybercriminalité nord-coréenne : la vraie guerre sans déclaration

Lazarus et les milliards volés en cryptomonnaies

Le G7 a mentionné les "vols de cryptomonnaies et cybercrimes" nord-coréens dans sa déclaration. C'est bien. Mais l'ampleur du problème mérite une attention bien plus soutenue que quelques lignes dans un communiqué. Depuis 2016, le groupe Lazarus — unité de cybercriminalité directement affiliée aux services de renseignement nord-coréens — a volé selon les estimations entre 3 et 6 milliards de dollars en cryptomonnaies — entre 3 et 6 milliards de dollars en cryptomonnaies. Ces fonds servent directement à financer le programme de missiles balistiques et nucléaires.

Ce financement parallèle est l'une des raisons pour lesquelles les sanctions traditionnelles ont une efficacité limitée. On peut couper les échanges commerciaux avec Pyongyang. On ne peut pas empêcher un hacker nord-coréen, opérant depuis un appartement à Shanghai ou Pékin, de vider un protocole DeFi de ses réserves. C'est une guerre financière asymétrique qui se mène sans déclaration, sans frontières, et avec une sophistication croissante.

La réponse institutionnelle reste en retard

Les agences de cybersécurité occidentales — CISA aux États-Unis, ANSSI en France, GCHQ en Grande-Bretagne — ont progressé dans leur compréhension des techniques utilisées par les hackers nord-coréens. Des sanctions ciblées ont été imposées contre des individus et entités liés à Lazarus. Mais la réponse collective reste fragmentée et réactive. Il n'existe pas de mécanisme multilatéral efficace pour bloquer les fonds volés avant qu'ils ne soient blanchis à travers des mixeurs et des exchanges non régulés.

Le G7 a le levier financier pour imposer des normes plus strictes aux plateformes d'échange de crypto qui opèrent dans leurs juridictions. Il a la capacité technique pour une réponse offensive coordonnée contre les infrastructures de Lazarus. Ce qu'il n'a pas encore, c'est la volonté politique de traiter la cybercriminalité nord-coréenne avec l'urgence qu'elle mérite — au même niveau que les discussions sur les missiles et les armes nucléaires.

Pendant que le G7 adopte des déclarations sur la dénucléarisation, Lazarus vole des milliards qui construisent les prochaines ogives. C'est la même guerre, menée sur un terrain différent. Et sur ce terrain-là, c'est Pyongyang qui a l'avantage.

Conclusion : Le G7 parle à l'histoire — Pyongyang, elle, construit son avenir

Le gouffre entre les mots et les actes

Le sommet du G7 à Évian a produit ce qu'il produit toujours : une déclaration bien rédigée, techniquement correcte, diplomatiquement prudente. Sur la péninsule coréenne, les sept dirigeants ont dit ce qu'il fallait dire — dénucléarisation complète, enlèvements, cybercriminalité, Indo-Pacifique libre et ouvert. Et deux jours après, Kim Yo Jong a répondu avec la brutalité d'un régime qui n'a plus rien à perdre dans ce dialogue : votre objectif est mort, votre politique est dépassée, votre insistance est une violation de notre souveraineté.

Ce gouffre entre la rhétorique du G7 et la réalité nord-coréenne n'est pas nouveau. Il est structurel. Il reflète une incapacité fondamentale à ajuster la stratégie internationale à l'évolution d'un dossier qui a changé de nature depuis dix ans. La Corée du Nord n'est plus un État qui cherche à négocier sa dénucléarisation contre des garanties de sécurité. C'est un État qui a fait de son arsenal nucléaire la condition de sa survie et qui ne reviendra jamais en arrière — pas avec Trump, pas avec Biden, pas avec qui que ce soit.

Ce que le G7 doit apprendre à dire

Le G7 doit apprendre à parler franchement de ce que la gestion d'une Corée du Nord nucléaire implique réellement : dissuasion renforcée, containment du programme balistique, réponse coordonnée à la cybercriminalité, dialogue bilatéral conditionnel sous cadre multilatéral. Ce n'est pas capituler — c'est reconnaître la réalité pour mieux y répondre. Les grandes démocraties ont géré la menace nucléaire soviétique pendant cinquante ans sans jamais obtenir la dénucléarisation de Moscou. Elles peuvent gérer Pyongyang aussi. Mais pas en faisant semblant que la situation de 2003 existe encore en 2026.

Je préfère un G7 qui dit la vérité à ses citoyens et à ses alliés — même douloureuse — à un G7 qui répète les mêmes formules rassurantes pendant que Pyongyang construit sa prochaine ogive. La crédibilité du système démocratique se joue aussi là : dans la capacité à nommer ce qui est, pas seulement à promettre ce qui devrait être.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.

Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous Sources.

Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). COMMENTAIRE : Le G7 exige la dénucléarisation de la Corée du Nord — Pyongyang répond par un non définitif. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/commentaire-le-g7-exige-la-denuclearisation-de-la-coree-du-nord-pyongyang-repond

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