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La ChroniqueChronique· N° 1307

CHRONIQUE : Résister à Kherson sous occupation — et passer vingt ans en prison pour ça

Le 18 juin 2026, la Cour militaire de district sud de Rostov-sur-le-Don a entendu l'acte d'accusation dans l'affaire de trois hommes de Kherson : Oleksandr Kruchynenko, né le 1er juillet 1982, avocat de profession ; Mykola Semeniuk, né le 6 août 1988, agriculteur ; et son frère Serhiy Semeniuk, né le 18 septembre 1996. Ces trois hommes sont en captivité russe depuis juin 2022 —

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  1. Le 18 juin 2026, la Cour militaire de district sud de Rostov-sur-le-Don a entendu l'acte d'accusation dans l'affaire de trois hommes de Kherson : Oleksandr Kruchynenko, né le 1er juillet 1982, avocat de profession ; Mykola Semeniuk, né le 6 août 1988, agriculteur ; et son frère Serhiy Semeniuk, né le 18 septembre 1996. Ces trois hommes sont en captivité russe depuis juin 2022 —
  2. Le 18 juin 2026 , la Cour militaire de district sud de Rostov-sur-le-Don a entendu l'acte d'accusation dans l'affaire de trois hommes de Kherson : Oleksandr Kruchynenko , né le 1er juillet 1982 , avocat de profession ; Mykola Semeniuk , né le 6 août 1988 , agriculteur ; et son frère Serhiy Semeniuk , né le 18 septembre 1996 .
  3. Ces trois hommes sont en captivité russe depuis juin 2022 — arrêtés, ou plus exactement enlevés, quelques jours après la mort du collaborateur pro-russe Dmytro Savluchenko le 23 juin 2022 .
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Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.

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Introduction : Trois hommes debout face à la machine judiciaire russe

Le tribunal de Rostov et sa logique kafkaïenne

Le 18 juin 2026, la Cour militaire de district sud de Rostov-sur-le-Don a entendu l'acte d'accusation dans l'affaire de trois hommes de Kherson : Oleksandr Kruchynenko, né le 1er juillet 1982, avocat de profession ; Mykola Semeniuk, né le 6 août 1988, agriculteur ; et son frère Serhiy Semeniuk, né le 18 septembre 1996. Ces trois hommes sont en captivité russe depuis juin 2022 — arrêtés, ou plus exactement enlevés, quelques jours après la mort du collaborateur pro-russe Dmytro Savluchenko le 23 juin 2022.

Le chef d'accusation principal ? « Terrorisme international ». En vertu de l'article 361 § 3 du code pénal russe, qui définit un « acte de terrorisme international » comme toute explosion, incendie ou autre action commise hors de Russie et menaçant des citoyens russes « dans le but de violer la coexistence pacifique des États et des peuples, ou visant les intérêts de la Russie ». Traduction : résister à une occupation militaire illégale sur votre propre sol est désormais qualifié de « terrorisme international » par l'État qui vous occupe. C'est l'exercice du droit à la résistance criminalisé par le droit de l'occupant.

Quatre ans de détention avant même le début du procès

Kruchynenko et les frères Semeniuk sont en détention russe depuis quatre ans. Le dossier n'a été transmis au tribunal que début avril 2026. Quatre années d'incertitude, loin de leur famille, soumis à un système judiciaire militaire que le droit international interdit explicitement à une puissance occupante d'appliquer sur un territoire qu'elle occupe. Ce délai de quatre ans — sans jugement, sans accès garanti aux avocats de leur choix, dans les conditions que l'on imagine pour des prisonniers de guerre ukrainiens en Russie — est en lui-même une forme de torture juridique.

La défense internationale Defend Lawyers, qui suit cette affaire de près, a qualifié ce procès de « farce cynique » et de « show trial ». Ce n'est pas un langage excessif : appliquer le droit pénal russe à des citoyens ukrainiens pour des actes commis sur le territoire ukrainien, en pleine occupation militaire russe, est une violation manifeste du droit international humanitaire — notamment de l'article 64 de la Convention de Genève IV, qui interdit à une puissance occupante d'appliquer sa propre législation sur le territoire occupé.

Je lis l'acte d'accusation de Kruchynenko et des frères Semeniuk, et je mesure l'obscénité juridique de ce qui se passe. La Russie occupe illégalement leur ville, tue leurs compatriotes, installe un gouverneur fantoche — et quand ces hommes résistent, c'est eux qui sont jugés pour « terrorisme international ». Kafka n'aurait pas imaginé mieux. Ou pire.

Qui sont Oleksandr Kruchynenko et les frères Semeniuk ?

Un avocat, un agriculteur, un jeune homme — trois destins brisés

Oleksandr Kruchynenko avait 40 ans au moment de son arrestation en juin 2022. Avocat de formation, il avait été approché — selon la version russe des faits — par un officier du SBU nommé Yevhen Loboda pour former un réseau de résistance dans Kherson occupée. Loboda lui aurait demandé de trouver des personnes « voulant mener des activités terroristes » et de coordonner un groupe clandestin. Le fait que ce soit l'accusation russe elle-même qui décrive ainsi le recrutement illustre la nature de l'acte d'accusation : dans la lecture russe, tout acte de résistance ukrainien est par définition « terroriste ».

Mykola Semeniuk et son frère Serhiy étaient, selon les révélations du journal russe indépendant Mediazona lors de l'audience du 18 juin, membres du 73e Centre des opérations spéciales navales d'Ochakiv, la division de renseignement de la Marine ukrainienne. Ils n'étaient pas des civils ordinaires qui auraient spontanément pris les armes — ils étaient des membres entraînés des forces de défense ukrainiennes, opérant sous occupation. En droit international, ils bénéficient du statut de combattants légaux.

Les cibles de leur résistance : des collaborateurs, pas des civils

L'accusation russe leur reproche trois actes spécifiques. Premièrement, la mort de Valery Kuleshov, le 20 avril 2022 — un enquêteur de police ukrainien qui avait trahi ses compatriotes pour devenir le futur « chef de la police d'occupation de Kherson » pour les Russes. Deuxièmement, une tentative présumée contre la vie de Volodymyr Saldo le 7 juin 2022 — le même Saldo qui est aujourd'hui le « gouverneur » fantoche installé par Moscou dans l'oblast de Kherson occupé. Troisièmement, la mort de Dmytro Savluchenko le 23 juin 2022 — nommé par les Russes « chef du département de la jeunesse, de la famille et du sport » de l'administration d'occupation.

Ce qui frappe, c'est que toutes ces cibles étaient des collaborateurs ukrainiens travaillant activement pour l'occupant russe. Kuleshov allait être installé comme chef de la police d'occupation. Saldo dirige encore aujourd'hui l'administration fantoche. Savluchenko était un fonctionnaire de l'administration d'occupation. En droit international, les collaborateurs armés de l'ennemi sont des cibles légales dans un conflit armé. La résistance contre l'occupation est protégée par le droit international, pas criminalisée par lui.

Des résistants ukrainiens attaquent les instruments de l'occupation russe — des gens qui avaient choisi de servir l'envahisseur — et la Russie les accuse de terrorisme international. Il faut appeler les choses par leur nom : c'est la criminalisation de la résistance légitime, une pratique que toutes les puissances d'occupation de l'histoire ont essayé d'imposer, et que le droit international est précisément censé interdire.

L'article 361 : une loi russe à la géographie impossible

Terrorisme « international » dans sa propre ville

L'article 361 § 3 du code pénal russe est particulièrement révélateur de l'absurdité juridique de cette affaire. Il définit le « terrorisme international » comme des actes commis « hors de Russie ». Or, Kherson n'est pas, ne sera jamais, une ville russe — même si Moscou a prétendu l'annexer par un « référendum » bidon en septembre 2022. Au moment des actes reprochés (mars-juin 2022), Kherson était une ville ukrainienne temporairement sous occupation militaire russe.

Appliquer l'article 361 — relatif aux actes commis « hors de Russie » — à des événements survenus dans une ville ukrainienne révèle la contradiction fondamentale du raisonnement russe : soit Kherson est russe (auquel cas cet article ne s'applique pas, car les actes auraient été commis sur le sol russe), soit Kherson est ukrainienne (auquel cas la Russie n'a pas le droit d'appliquer son droit pénal sur ce territoire). Dans les deux cas, l'accusation est juridiquement intenable. Mais la logique juridique ne préoccupe pas les tribunaux militaires russes.

Les peines encourues : vingt ans ou plus

Les trois accusés risquent 20 ans de prison ou plus en vertu de la combinaison des chefs d'accusation : participation à une organisation terroriste (article 205.4 § 2), actes de terrorisme international (article 361 § 3), tentative de terrorisme international, et plusieurs chefs relatifs aux explosifs (articles 222 § 2, 222.1 § 4, 223.1 § 3). Pour Mykola et Serhiy Semeniuk, s'ajoutent des accusations de contrebande d'armes.

Ces peines ne sont pas des menaces en l'air dans le système judiciaire russe — elles sont régulièrement appliquées. Les tribunaux militaires russes ont condamné des dizaines d'Ukrainiens capturés à des peines longues sur la base d'accusations similaires depuis 2022. La différence avec les procès précédents est que Kruchynenko et les frères Semeniuk sont poursuivis pour des actes commis avant la capture de Kherson — c'est-à-dire pour avoir résisté à l'invasion dans les premières semaines, quand leur ville était encore partiellement sous contrôle ukrainien.

Vingt ans ou plus. Pour avoir résisté à l'occupation illégale de leur ville natale. Je pense aux familles de ces hommes, à ceux qui les attendent depuis quatre ans sans nouvelles régulières, sans accès consulaire, sans garanties sur leurs conditions de détention. Et je pense à ce que signifie « 20 ans » pour un homme de 43 ans comme Kruchynenko : toute sa vie active, confisquée par la machine judiciaire russe pour avoir défendu son pays.

Le droit international contre la « justice » russe

La Convention de Genève comme bouclier ignoré

La Convention de Genève IV de 1949, dont la Russie est signataire, est explicite : une puissance occupante ne peut pas appliquer sa propre législation pénale sur le territoire qu'elle occupe pour des actes commis avant l'occupation ou dans le contexte de la résistance légitime. L'article 64 stipule que le droit pénal du territoire occupé reste en vigueur, sauf dans la mesure nécessaire pour assurer la sécurité de la puissance occupante et la sécurité du personnel d'occupation.

L'application de l'article 361 du code pénal russe — qui n'existait pas dans la législation ukrainienne applicable à Kherson — à des actes de résistance commis sur le sol ukrainien par des citoyens ukrainiens est une violation directe de ces principes. Ce n'est pas une interprétation contestable : c'est la position défendue par les organismes de défense des droits humains, les juristes de droit international et les observateurs de l'ONU qui suivent les procédures judiciaires russes contre des Ukrainiens.

Le Tribunal spécial pour le Crime d'Agression : le contexte

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de justice internationale. En mai 2026, 36 États et l'Union européenne ont formellement créé le Tribunal spécial pour le Crime d'Agression contre l'Ukraine (STCA), entré dans sa « phase squelette » le 8 juin 2026 selon JusticeInfo.net. Pour la première fois depuis les procès de Nuremberg et Tokyo, un tribunal international est créé spécifiquement pour juger le crime d'agression. Ce tribunal sera compétent pour juger la décision de lancer la guerre — pas les crimes de guerre individuels, qui relèvent de la Cour pénale internationale.

L'ironie douloureuse est celle-ci : pendant que la communauté internationale construit péniblement les institutions censées tenir la Russie responsable de son agression, cette même Russie organise des procès en « terrorisme » contre ceux qui ont osé résister à cette agression. Deux processus judiciaires parallèles, aux conclusions radicalement opposées sur qui est le criminel dans cette guerre.

Un tribunal international est créé pour juger Poutine pour crime d'agression, pendant que Poutine crée des tribunaux militaires pour juger les résistants ukrainiens pour terrorisme. C'est la contradiction fondamentale de notre époque : les institutions de justice internationale prennent des années à se construire, pendant que la machine de justice de l'occupant fonctionne, elle, à toute vitesse contre ses victimes.

Pourquoi ce procès maintenant ? Quatre ans après les faits

Le mystère du calendrier

Une question s'impose : pourquoi ce procès maintenant, quatre ans après l'arrestation des trois hommes ? Defend Lawyers note explicitement qu'il « ne semble pas y avoir de bonne raison pour avoir retardé les procédures aussi longtemps ». Le dossier a été transmis au tribunal en avril 2026 seulement, bien que les arrestations remontent à juin 2022.

À découvrir

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ce délai. Premièrement, les procédures judiciaires russes sont notairement lentes pour les affaires complexes. Deuxièmement, les autorités russes pourraient avoir utilisé ces quatre années d'instruction préliminaire pour tenter d'obtenir des informations supplémentaires sur les réseaux de résistance ukrainiens. Troisièmement, le procès pourrait servir un but de communication politique à un moment précis — démontrer à l'opinion russe que l'État lutte contre le « terrorisme ukrainien » même sur les territoires occupés.

Un procès de dissuasion

La dimension de dissuasion de ce procès ne doit pas être sous-estimée. En condamnant publiquement des résistants à de longues peines de prison, la Russie envoie un message à la population ukrainienne dans les territoires qu'elle occupe : la résistance ne sera pas tolérée et sera punie avec la rigueur du code pénal russe, que les conventions internationales l'interdisent ou non. Cette stratégie de dissuasion par le judiciaire fait partie du dispositif global d'occupation : contrôle militaire, contrôle administratif, et maintenant contrôle pénal.

Pour les Ukrainiens qui vivent encore dans les territoires occupés — dans les oblasts de Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kherson et en Crimée — le message est clair : tout acte de résistance, aussi justifié soit-il au regard du droit international, vous expose à des accusations de « terrorisme » et à des décennies de prison dans le système carcéral russe. C'est une forme de terreur juridique systématique.

Je ne doute pas que Kruchynenko et les frères Semeniuk sachent exactement ce qu'ils ont fait et pourquoi. Ils n'ont pas résisté à l'occupation par accident — ils l'ont fait sciemment, en sachant les risques. Et cette dignité face à un simulacre de justice mérite qu'on la nomme et qu'on la respecte. L'histoire traitera différemment les résistants et leurs juges militaires.

L'accès consulaire et le sort des prisonniers

L'invisibilité des prisonniers civils ukrainiens

Contrairement aux prisonniers de guerre militaires, dont les échanges sont régulièrement documentés et médiatisés, les prisonniers civils ukrainiens détenus dans les prisons russes — comme Kruchynenko et les frères Semeniuk — bénéficient d'une couverture internationale bien moindre. Ils ne font pas partie des listes d'échange formelles qui concernent principalement les combattants. Leurs familles ont des difficultés à obtenir des informations sur leurs conditions de détention. L'accès consulaire est limité ou inexistant.

Le 27 juin 2026, l'Ukraine a échangé 160 prisonniers de guerre, dont des défenseurs d'Azovstal détenus depuis 2022 — le 76e échange depuis le début de l'invasion. Ces échanges concernent les combattants militaires. La situation de prisonniers civils comme les trois hommes de Kherson est différente et bien plus précaire : ils sont soumis à des procédures judiciaires russes qui, une fois terminées, les transformeront officiellement en « condamnés de droit commun » aux yeux du système carcéral russe, avec encore moins de protections.

Les 67 collaborateurs sanctionnés par Zelensky

En miroir du procès de Kherson, le président Zelensky a signé le 26 juin 2026 les décrets 501/2026 et 502/2026 imposant des sanctions contre 67 collaborateurs et organisations actifs dans les territoires occupés. Ces sanctions ciblent notamment des directeurs de jardins d'enfants impliqués dans l'enlèvement d'enfants ukrainiens, des chefs de structures administratives d'occupation, et des entreprises soutenant le complexe militaro-industriel russe. La symétrie est significative : pendant que la Russie juge des résistants ukrainiens, l'Ukraine sanctionne ceux qui ont choisi de coopérer avec l'occupant.

Cette politique de sanction ukrainienne contre les collaborateurs répond à une logique de dissuasion similaire à celle de la Russie, mais fondamentalement différente dans sa nature légale : l'Ukraine sanctionne ses propres citoyens qui ont trahi leur pays — ce qui est légalement légitime pour tout État souverain — pas des citoyens qui ont résisté à une occupation illégale.

160 prisonniers de guerre ukrainiens échangés le 27 juin — dont des héros d'Azovstal. C'est une victoire. Mais pendant que ces échanges ont lieu, Kruchynenko et les frères Semeniuk restent dans le système judiciaire russe, sans échange possible parce qu'ils sont civils. Leur sort illustre une lacune fondamentale des mécanismes d'échange : ceux qui ont résisté comme civils, sans uniforme, tombent dans un vide juridique que personne ne remplit.

La légitimité de la résistance : perspective du droit international

Article 51 de la Charte ONU et résistance à l'occupation

Le droit international est clair sur le droit à la résistance contre une occupation illégale. L'article 51 de la Charte des Nations Unies reconnaît le droit inhérent à la légitime défense individuelle ou collective. Le droit international humanitaire (droit de La Haye et droit de Genève) distingue les combattants légaux des civils, mais reconnaît aussi le statut de « levée en masse » — la résistance spontanée de la population civile à une invasion — comme légitime au regard du droit de la guerre.

Les frères Semeniuk, membres du 73e Centre des opérations spéciales navales, sont clairement des combattants légaux selon ces critères. Kruchynenko, si ses activités s'inscrivaient dans une organisation structurée avec commandement reconnu, relèverait également de cette catégorie. La qualification de « terroriste » implique, par définition, des actes visant délibérément des civils pour semer la terreur — ce que l'accusation russe ne peut pas démontrer, ses propres documents montrant que les cibles étaient des collaborateurs armés de l'occupant.

L'Ombudsman ukrainien et le suivi de l'affaire

L'Ombudsman ukrainien pour les droits humains et les organisations internationales de défense des droits humains suivent cette affaire avec attention. Elle s'inscrit dans un catalogue plus large de procédures judiciaires russes contre des Ukrainiens, dont le nombre a considérablement augmenté depuis 2022. La Commission internationale de réclamations pour l'Ukraine, dont l'Ukraine et le Royaume-Uni cherchent à assurer la pleine mise en oeuvre selon la déclaration conjointe des dirigeants du 23 juin 2026, est l'un des mécanismes par lesquels les victimes de ces procédures pourraient éventuellement obtenir réparation.

Mais la réparation future ne console pas les hommes qui passent leurs années dans les prisons russes aujourd'hui. Pour Kruchynenko et les frères Semeniuk, la justice internationale, quand elle viendra, viendra trop tard pour ces années de leur vie déjà perdues.

La mécanique de la justice internationale est réelle — mais elle est lente. Des tribunaux se construisent, des procédures s'engagent, des listes de sanctions s'allongent. Et pendant ce temps, des hommes qui ont résisté à l'occupation illégale de leur ville attendent dans des cellules russes que cette lenteur leur rende justice. Je ne sais pas comment on accepte ça — sauf peut-être en sachant qu'on avait raison, ce qui doit être une consolation insuffisante.

Le contexte de la répression dans les territoires occupés

Un système judiciaire d'occupation systématique

L'affaire des trois hommes de Kherson n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans un système structuré de répression judiciaire que la Russie déploie dans tous les territoires ukrainiens qu'elle occupe. La Cour pénale internationale a documenté des centaines de cas de poursuites judiciaires abusives contre des citoyens ukrainiens dans les territoires occupés. L'ONU a enregistré des milliers de cas de disparitions forcées, d'arrestations arbitraires et de détentions illégales.

Le Tribunal spécial pour le Crime d'Agression (STCA) aura à terme compétence pour juger les décideurs politiques et militaires ayant ordonné la guerre. Mais les individus responsables des procès en « terrorisme » — les procureurs, les juges, les responsables du FSB ayant instruit ces affaires — relèvent d'autres mécanismes de justice, notamment de la CPI pour les crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Le dossier s'accumule, lentement mais sûrement.

Les collaborateurs sanctionnés : l'autre visage de l'occupation

Les 67 collaborateurs sanctionnés par Zelensky le 26 juin représentent l'autre facette du même phénomène : l'occupation russe ne pourrait pas fonctionner sans la participation active d'Ukrainiens qui ont choisi de servir l'envahisseur. Ces directeurs de jardins d'enfants impliqués dans l'enlèvement d'enfants, ces chefs de bureaux administratifs d'occupation, ces ingénieurs d'entreprises fabriquant des drones pour l'armée russe — ils sont les rouages humains d'une machine d'occupation qui ne pourrait pas tourner sans eux.

Entre la résistance de Kruchynenko et des frères Semeniuk d'un côté, et la collaboration des 67 de l'autre, il y a tout le spectre des choix humains sous occupation. Ce spectre a toujours existé dans toutes les occupations de l'histoire — de la Seconde Guerre mondiale aux conflits contemporains. Et dans toutes ces histoires, les résistants finissent par être reconnus pour ce qu'ils étaient, et les collaborateurs pour ce qu'ils étaient eux aussi.

L'histoire des occupations est toujours la même : d'abord, l'occupant gagne et juge les résistants. Ensuite, s'il perd ou si la justice rattrape, ce sont les collaborateurs qui rendent des comptes. On est dans la première phase pour Kruchynenko et les frères Semeniuk. Je ne peux qu'espérer que la seconde phase vienne suffisamment tôt pour que les témoins soient encore vivants.

La portée internationale de l'affaire

Ce procès dans les rapports des organisations de droits humains

Cette affaire est documentée par Defend Lawyers, une organisation internationale de défense des avocats et juristes sous pression. Elle s'insère dans les rapports du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU sur la situation dans les territoires occupés ukrainiens. Elle alimentera les travaux du futur Tribunal spécial pour le Crime d'Agression et les enquêtes de la CPI sur les violations du droit international humanitaire en Ukraine.

Le 24 juin 2026, le Royaume-Uni a présenté devant l'OSCE une déclaration sur les « violations étendues et bien documentées du droit humanitaire international de la Russie en Ukraine ». Ces violations incluent précisément le type de poursuites judiciaires abusives dont Kruchynenko et les frères Semeniuk font l'objet. La communauté internationale observe, documente, accuse. Le processus judiciaire, à l'échelle internationale, est en marche — même si sa lenteur est douloureuse.

Le rôle des médias internationaux

La couverture internationale de cette affaire est limitée. Les grands médias occidentaux ne couvrent pas les procès qui se tiennent dans les tribunaux militaires russes de Rostov contre des résistants ukrainiens. C'est une lacune que les organisations spécialisées comme Defend Lawyers, Euromaidanpress, et les équipes de surveillance ukrainienne tentent de combler. Sans cette documentation systématique, ces procès se déroulent dans l'invisibilité — ce qui est exactement ce que les autorités russes souhaitent.

Car la visibilité internationale est une forme de protection. Quand le monde sait qu'un homme est jugé pour avoir résisté à l'occupation illégale de sa ville, la pression est plus grande pour que ce procès soit conduit selon des normes minimales — et pour que ces hommes soient éventuellement inclus dans les futurs échanges de prisonniers. L'invisibilité, au contraire, facilite l'abus. C'est pourquoi ce type de reportage — même modeste, même tardif — a une utilité réelle.

Je ne sais pas si Kruchynenko et les frères Semeniuk sauront jamais que des journalistes écrivent sur leur cas. Probablement pas, dans leurs cellules russes. Mais documenter ce qui leur arrive n'est pas inutile — c'est une pièce du dossier qui, un jour, servira à établir les responsabilités. La documentation de l'injustice est le premier acte de la justice à venir.

La résistance de Kherson : un chapitre héroïque sous-documenté

Les premiers mois de l'occupation : des hommes et des femmes debout

Kherson est tombée le 1er mars 2022, cinq jours seulement après le début de l'invasion. La ville s'est retrouvée pratiquement sans défense militaire face à l'avance russe, et la résistance qui s'est organisée dans les premiers mois était principalement civile et clandestine. Des manifestations publiques ont eu lieu dans les rues de Kherson, des drapeaux ukrainiens ont été accrochés, des réseaux de résistance souterraine ont été constitués pour recueillir des informations, saboter les opérations russes et cibler les collaborateurs les plus actifs.

Dans ce contexte, les activités reprochées à Kruchynenko et aux frères Semeniuk — organiser un réseau clandestin, cibler des collaborateurs de l'occupation — correspondaient exactement à ce que toute résistance organisée fait dans tout conflit d'occupation. Le fait que leurs cibles étaient des personnes qui avaient activement choisi de trahir leur pays et de servir l'occupant ne diminue pas leur légitimité — il la renforce.

La libération de novembre 2022 et ses lendemains

Le 11 novembre 2022, Kherson a été libérée par les forces ukrainiennes. C'était l'une des victoires les plus symboliques de la guerre. Mais cette libération est venue trop tard pour Kruchynenko et les frères Semeniuk, arrêtés en juin 2022, cinq mois avant que leur ville ne retrouve la liberté. Ils avaient contribué à maintenir la résistance pendant les mois les plus sombres de l'occupation, et ils en paient le prix dans les prisons russes pendant que leurs concitoyens vivent — malgré les bombardements incessants sur la rive droite du Dniepr — dans une ville officiellement ukrainienne.

La libération de Kherson a transformé ces hommes de résistants de l'ombre en prisonniers de guerre oubliés. Leur cause mérite d'être rappelée — non seulement pour eux, mais pour tous ceux qui, dans les territoires encore occupés, font les mêmes choix de résistance et méritent le même soutien international.

Kherson libérée célèbre ses héros. Kruchynenko et les frères Semeniuk sont leurs contemporains — des hommes qui ont résisté dans la même ville, au même moment, avec les mêmes risques. Mais ils n'étaient pas là pour la libération. Ils étaient dans une prison russe. L'histoire doit retenir les deux : la victoire de novembre 2022 et les hommes qui n'ont pas pu la voir de l'intérieur.

Le verdict attendu et ses implications

Plus de chronique

Dans les tribunaux militaires russes, le verdict est rarement surprenant

L'issue prévisible de ce procès est la condamnation. Les tribunaux militaires russes ont un taux de condamnation qui avoisine les 99 % selon les données disponibles — statistique qui en dit long sur leur nature. Ce n'est pas un organe judiciaire au sens occidental du terme — c'est un instrument de légitimation des décisions politiques déjà prises par les services de sécurité russes.

Les accusés ne nient pas, selon les informations disponibles, leur participation aux événements qui leur sont reprochés — ils rejettent simplement la qualification de « terrorisme ». C'est une distinction fondamentale, juridiquement et moralement : on peut assumer la responsabilité de ses actes tout en contestant leur qualification criminelle. Kruchynenko et les frères Semeniuk seront vraisemblablement condamnés à des peines longues. Mais leur condamnation par un tribunal militaire russe n'a pas plus de légitimité que n'importe quel autre acte d'une puissance d'occupation illégale sur un territoire qu'elle n'a pas le droit d'occuper.

L'avenir : inclusion dans les échanges de prisonniers ?

La question qui se pose pour l'avenir est celle de l'inclusion de ces hommes dans les échanges de prisonniers. Une fois condamnés par la justice russe, ils seront officiellement des « prisonniers de droit commun » aux yeux de la Russie — une qualification qui complique leur inclusion dans les échanges officiels de prisonniers de guerre. Mais l'Ukraine a déjà réussi à inclure des civils arbitrairement détenus dans certains échanges, notamment les 7 civils rapatriés le 27 juin 2026 selon Ukrainian Pravda.

Le sort de Kruchynenko et des frères Semeniuk dépendra en partie de la pression internationale exercée sur la Russie pour les inclure dans les futurs échanges, et en partie des négociations ukrainiennes avec Moscou — négociations qui se déroulent souvent loin des caméras. C'est une lutte silencieuse, sans garantie de succès, que leurs familles et les organisations de défense des droits humains continueront de mener.

Les échanges de prisonniers sont devenus l'une des rares zones où une forme de dialogue entre l'Ukraine et la Russie se maintient. 76 échanges depuis le début de l'invasion — c'est à la fois beaucoup et trop peu. Pour chaque échange qui réunit des familles, il en reste des centaines qui attendent. Kruchynenko et les frères Semeniuk méritent d'être dans cette liste. Pas demain, peut-être. Mais un jour.

La question morale : peut-on juger ceux qui ont résisté ?

La résistance à l'occupation, un droit universel

Au fond, cette affaire soulève une question morale fondamentale : peut-on, moralement, condamner des hommes qui ont résisté à l'occupation illégale de leur pays ? La réponse est non — et pas seulement sur le plan moral. Sur le plan du droit international, la résistance à une occupation illégale est explicitement protégée, pas criminalisée. La distinction entre résistant légitime et terroriste tient à la nature des cibles et aux méthodes utilisées, pas au simple fait de résister.

Les cibles de Kruchynenko et des frères Semeniuk étaient des collaborateurs armés de l'occupant — des gens qui avaient activement choisi de travailler pour la mise en place de l'administration d'occupation russe. Ce n'est pas du terrorisme aveugle contre des civils innocents. C'est de la résistance organisée contre les instruments humains de l'occupation. La distinction est nette en droit international, même si le système judiciaire russe choisit de l'ignorer.

Ce que cette affaire dit de la Russie

En fin de compte, ce procès dit davantage sur la Russie que sur les accusés. Un État qui criminalise la résistance à sa propre occupation illégale, qui applique son droit pénal à des citoyens d'un autre pays sur le sol de cet autre pays, qui condamne des hommes à vingt ans de prison pour avoir défendu leur ville — cet État révèle sa nature profonde. Ce n'est pas une démocratie qui applique la loi en s'appuyant sur des principes universels. C'est un État de puissance qui utilise le droit comme un outil de domination.

Et cette nature, documentée dans chaque audience du tribunal militaire de Rostov, est précisément ce que le Tribunal spécial pour le Crime d'Agression contre l'Ukraine et la Cour pénale internationale sont en train de rassembler dans leurs dossiers. La justice prend du temps. Mais elle a une mémoire longue.

Quatre ans de détention préventive, un acte d'accusation absurde, un tribunal militaire dont le taux de condamnation dépasse 99 %. Si quelqu'un avait encore des doutes sur la nature de la justice russe, l'affaire de Kherson devrait les dissiper. Ce n'est pas de la justice — c'est de la vengeance institutionnalisée contre ceux qui ont osé résister. Et la différence entre les deux ne se perd jamais dans l'histoire.

La justice internationale et ses limites dans un conflit actif

Les défis de la documentation des preuves en zone occupée

Le procès de Rostov illustre une réalité douloureuse de la justice en temps de guerre : les preuves sont difficiles à collecter dans les territoires sous occupation militaire. Les témoins sont intimidés ou déplacés. Les documents sont détruits ou falsifiés. Les scènes de crime sont inaccessibles aux enquêteurs indépendants. Cette réalité limite la portée des procédures judiciaires qui peuvent être conduites pendant le conflit lui-même.

Mais elle ne les rend pas impossibles. Des organisations comme le Mécanisme international impartial et indépendant (MIIM) pour les crimes de guerre en Ukraine, la Cour pénale internationale (CPI), et des ONG spécialisées comme Human Rights Watch et Amnesty International documentent les violations du droit international en temps réel, dans la mesure du possible. Ces dossiers serviront de base aux procédures judiciaires futures, qu'elles aient lieu devant des juridictions nationales ou internationales.

Le rôle des organisations internationales dans le suivi judiciaire

Le procès de Kherson — mené en Russie contre des résistants ukrainiens — est lui-même un cas documenté par ces organisations. Le fait que ces hommes soient jugés pour « terrorisme » en raison de leur résistance à une occupation militaire illégale constitue une violation documentée du droit international humanitaire. Cette documentation est précieuse pour les procédures de responsabilisation future.

La justice internationale se construit lentement. Les tribunaux ad hoc pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda ont pris des années à produire leurs premiers verdicts. La CPI a déjà émis un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine lui-même pour la déportation d'enfants ukrainiens. Ces processus sont imparfaits et lents — mais ils existent, et les preuves s'accumulent pour les alimenter.

La justice en temps de guerre est toujours partielle, toujours incomplète. Mais les preuves qui se documentent aujourd'hui — les procès comme celui de Rostov, les témoignages des victimes, les documents capturés — sont les briques d'une responsabilisation future. L'histoire jugera ceux qui ont conduit cette guerre. La question est de savoir si les institutions qui la feront appliquer seront à la hauteur.

Le droit à la résistance dans le contexte ukrainien

Le cadre juridique de la résistance à l'occupation

Le droit international reconnaît explicitement le droit des peuples à la résistance contre l'occupation militaire étrangère. L'article 1(4) du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève de 1977 étend la protection des combattants aux guerres de libération nationale contre l'occupation étrangère. Dans ce cadre juridique, les résistants ukrainiens qui ont combattu l'occupation russe à Kherson exercent un droit reconnu par le droit international — pas un crime terroriste.

La qualification de « terrorisme » utilisée par la Russie dans ce procès est une instrumentalisation de la terminologie juridique à des fins politiques. Cette instrumentalisation est documentée dans de nombreux contextes — des régimes autoritaires qui utilisent les lois anti-terrorisme pour criminaliser l'opposition politique et la résistance à l'occupation. Le fait que la Russie applique cette logique à des résistants ukrainiens ne modifie pas leur statut au regard du droit international.

Les précédents historiques et leur applicabilité

Des précédents historiques éclairent cette situation. Les partisans français jugés par les tribunaux militaires allemands pendant l'occupation nazie ont été réhabilités après la guerre. Des résistants vietnamiens jugés par des tribunaux coloniaux ont été reconnus comme héros nationaux. L'histoire a systématiquement réhabilité ceux qui avaient résisté à des occupations illégales, même quand les tribunaux de l'occupant les avaient condamnés.

Pour les hommes jugés à Rostov, cette perspective historique est lointaine et abstraite. Ils font face à des peines de prison dans un système judiciaire contrôlé par l'État qui les accuse. Mais pour leurs familles, pour les Ukrainiens qui suivent ce procès, et pour l'histoire qui l'enregistre — leur résistance sera évaluée avec les standards du droit international, pas avec la loi russe sur le terrorisme.

L'histoire a presque toujours donné raison à ceux qui ont résisté à une occupation illégale. Les partisans français, les combattants de Varsovie, les résistants de Vilnius — tous ont été jugés coupables par les tribunaux de l'occupant et réhabilités par l'histoire. Les hommes de Kherson méritent la même réhabilitation. Et ils l'auront.

Conclusion : L'injustice nommée est déjà à moitié vaincue

Ce que nous devons à Kruchynenko et aux frères Semeniuk

Nous — journalistes, observateurs, citoyens de pays libres — avons une obligation envers Oleksandr Kruchynenko, Mykola et Serhiy Semeniuk : ne pas les laisser disparaître dans le silence des prisons russes. Nommer leur cas, documenter leur histoire, rappeler les principes du droit international qui rendent leur condamnation illégitime. Ce n'est pas grand-chose face à ce qu'ils vivent. Mais c'est ce qui est possible depuis ici.

Ces hommes ont résisté à une occupation illégale sur leur propre sol. Ils n'ont pas abandonné leur pays quand il en avait le plus besoin. Ils ont payé et continuent de payer le prix de ce choix dans les prisons de Rostov-sur-le-Don. La moindre des choses est de s'assurer que le monde se souvienne de leur histoire — pas comme celle de terroristes condamnés par un tribunal fantoche, mais comme celle de résistants ukrainiens dont la cause est juste et dont la liberté est une dette que la communauté internationale devrait s'employer à rembourser.

Une injustice documentée ne disparaît pas

L'histoire des occupations et des résistances a montré une chose constante : les injustices bien documentées finissent par être reconnues. Les résistants français condamnés par les tribunaux militaires allemands entre 1940 et 1944 ne sont pas restés des « terroristes » dans l'histoire — ils sont devenus des héros nationaux. Les résistants polonais, grecs, néerlandais condamnés par l'occupant nazi ont été réhabilités, honorés, commémorés. Il n'y a aucune raison pour que l'histoire traite différemment Kruchynenko et les frères Semeniuk — et il y a toutes les raisons pour que ceux qui les jugent aujourd'hui soient tenus responsables devant les tribunaux de demain.

Dans cette guerre longue et brutale, chaque victoire judiciaire, chaque sanction imposée, chaque accord signé construit la paix future. Ce n'est pas naïf — c'est méthodique. L'Ukraine combat sur le front militaire et sur le front institutionnel simultanément. Les deux fronts comptent pour l'histoire qui s'écrit.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

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Citer cet article

Maxime Marquette (2026). CHRONIQUE : Résister à Kherson sous occupation — et passer vingt ans en prison pour ça. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/chronique-resister-a-kherson-sous-occupation-et-passer-vingt-ans-en-prison-pour-

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