BILLET : Un peuple effacé pendant que l'ONU regarde — la Palestine attendra encore
En juin 2026, Israël contrôle militairement 64 % du territoire de Gaza. Ce chiffre n'est pas une projection, ni une hypothèse de planification stratégique : c'est la réalité documentée, mesurée, confirmée par les analystes terrain d'Al Jazeera et les rapports d'organisations onusiennes qui peinent à se faire entendre dans les couloirs de verre de Manhattan. Et ce n'est pas le p

- Israël contrôlerait environ 64 % de Gaza en juin 2026, avec un objectif public de 70 % selon Netanyahou, une progression décrite comme une « annexion rampante ».
- Plus de 153 États reconnaissent la Palestine, mais celle-ci reste un État observateur non membre, faute de passer le veto américain au Conseil de sécurité.
- Washington aurait menacé de révoquer des visas et de bloquer des recettes fiscales pour faire retirer une candidature palestinienne, et mis en garde contre une conférence sur la solution à deux États.
- Le bilan humanitaire cité fait état de plus de 73 000 morts depuis octobre 2023 et de 84 % des installations de santé détruites ou endommagées, selon l'OCHA.
- L'auteur voit dans l'Assemblée générale un forum sans effet contraignant et dans Guterres un témoin sans pouvoir exécutif.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction : La carte du monde réécrite sous nos yeux
64 % de Gaza sous bottes israéliennes — et personne ne stoppe la machine
En juin 2026, Israël contrôle militairement 64 % du territoire de Gaza. Ce chiffre n'est pas une projection, ni une hypothèse de planification stratégique : c'est la réalité documentée, mesurée, confirmée par les analystes terrain d'Al Jazeera et les rapports d'organisations onusiennes qui peinent à se faire entendre dans les couloirs de verre de Manhattan. Et ce n'est pas le plafond : Benjamin Netanyahu a ordonné à son armée d'atteindre 70 % du territoire. L'objectif est public. L'agenda est écrit. Personne ne le stoppe.
Depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025 — présenté comme un tournant, salué comme un souffle — les bombes n'ont jamais vraiment cessé. Plus de 1 000 Palestiniens ont été tués depuis l'entrée en vigueur de cet accord fragile, selon les données compilées par Democracy Now et CityNews Vancouver. Le bilan cumulé depuis le 7 octobre 2023 dépasse désormais 73 000 morts. Et pendant ce temps, à l'ONU, on délibère. On négocie. On vote des résolutions non contraignantes. On prend acte.
L'institution qui devait protéger les peuples — spectatrice de leur disparition
Je ne suis pas naïf sur ce qu'est l'ONU. Je sais que cette institution a toujours été le reflet des rapports de force mondiaux, pas leur correctif. Mais il y a une différence entre imparfaite et complice par inaction. Quand un peuple est effacé géographiquement, que ses diplomates se font expulser par visa révoqué, que son président se fait barrer la route de l'Assemblée générale, et que 153 États membres reconnaissent son droit à l'existence sans que cela produise le moindre effet concret — il faut nommer ce que l'on voit.
Ce qui se passe à Gaza n'est pas une zone grise. C'est une annexion documentée, méthodique, et internationalement tolérée. L'ONU en est le témoin impuissant — ou consentant, selon l'angle où on se place.
153 États reconnaissent la Palestine — et ça ne change rien
Le paradoxe absurde de la reconnaissance sans membership
Au 1er juin 2026, selon les données de World Population Review, plus de 153 États membres de l'ONU reconnaissent officiellement l'État de Palestine. La France, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Belgique, le Luxembourg — tous ont franchi le pas en septembre 2025, lors d'une vague diplomatique historique impulsée par la Déclaration de New York, adoptée à 142 voix contre 10 lors de l'Assemblée générale. C'est un consensus mondial. Ce n'est pas une opinion marginale.
Et pourtant, la Palestine n'est toujours pas membre à part entière de l'ONU. Elle demeure un État observateur non membre depuis novembre 2012 — statut figé, inchangé, fossilisé. Pour devenir membre, il faut passer par le Conseil de sécurité. Et pour passer par le Conseil de sécurité, il faut éviter le veto américain. Ce veto a été utilisé à au moins six reprises depuis octobre 2023 pour bloquer des résolutions qui allaient dans le sens de la paix et de la reconnaissance palestinienne. Washington détient les clés. Et Washington les garde en poche.
La Déclaration de New York : symbolique puissante, effet pratique nul
La Déclaration de New York du 12 septembre 2025, coparrainée par la France et l'Arabie Saoudite, représente un vrai tournant rhétorique. Elle appelle à une solution à deux États, réclame la gouvernance palestinienne sans Hamas, et ouvre la voie à une mission internationale de stabilisation à Gaza. Elle a été approuvée à 142 voix pour, 10 contre — dont Israël et les États-Unis — et 12 abstentions, selon l'analyse de Ground News. Le monde a parlé clairement.
Mais une résolution de l'Assemblée générale est non contraignante. Elle ne crée pas d'État. Elle ne force aucun retrait militaire. Elle ne donne pas de siège au Conseil de sécurité. Elle ne protège pas un enfant palestinien des frappes de drones documentées par Al Jazeera le 18 juin 2026. Entre le vote et la réalité sur le terrain, il y a un abîme que l'ONU n'a ni les outils ni la volonté de combler.
Voter pour reconnaître la Palestine sans que ça change quoi que ce soit sur le terrain, c'est se donner bonne conscience à peu de frais. La majorité mondiale a parlé. La Palestine souffre toujours. Ces deux vérités coexistent — et c'est insupportable.
Le veto américain : arme de destruction diplomatique massive
Trump verrouille les portes de l'ONU pour la Palestine
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la politique américaine envers la Palestine a atteint un niveau d'hostilité rarement vu. Ce n'est pas seulement un veto au Conseil de sécurité — c'est une architecture complète d'exclusion. En septembre 2025, l'administration Trump a révoqué le visa du président Mahmoud Abbas, l'empêchant de se rendre à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, comme le rapporte i24news. Le chef d'État d'un peuple reconnu par 153 pays, interdit d'entrée aux États-Unis.
En mai 2026, un câble diplomatique du Département d'État américain, révélé par NPR et documenté par Greatreporter, a exposé une opération de coercition : les États-Unis ont menacé de révoquer les visas de l'ensemble de la délégation palestinienne à l'ONU et de bloquer le transfert de recettes fiscales représentant 60 % du budget de l'Autorité palestinienne si celle-ci ne retirait pas sa candidature à une vice-présidence de l'Assemblée générale. Délai : 72 heures. La Palestine a capitulé le 21 mai 2026. La pression avait fonctionné.
Financement bloqué, diplomates expulsés, conférences sabotées
Ce n'est pas tout. Le 24 juin 2026, Ground News révèle que Washington a formellement mis en garde les États membres de l'ONU contre leur participation à une conférence internationale sur la solution à deux États prévue à New York. Le câble diplomatique américain affirme que de telles démarches "compliquent" la résolution du conflit et risquent d'aider "les adversaires d'Israël." La terminologie est révélatrice : soutenir la création d'un État palestinien = aider les ennemis d'Israël. La Palestine elle-même est traitée comme une menace.
L'chef de l'Association palestinienne de football, Jibril Rajoub, s'est également vu refuser un visa américain pour la Coupe du monde FIFA 2026, selon The Guardian. Même le sport n'échappe pas à la politique d'exclusion. FIFA a dit être impuissante. Les États-Unis organisent le Mondial chez eux, sur leurs terres, et décident qui a le droit d'y entrer. La Palestine n'y figure pas.
Quand un gouvernement menace des diplomates avec leurs visas pour les forcer à renoncer à un droit institutionnel légitime, ce n'est plus de la politique étrangère. C'est de l'intimidation institutionnalisée. Et l'ONU l'a regardé se produire sans broncher.
Israël à 64 % — et la marche vers 70 % continue
Netanyahu a dit 70 %. Il était à 60. Il avance.
Le 28 mai 2026, Benjamin Netanyahu a déclaré publiquement devant une audience qui lui criait "100 % !" qu'Israël visait d'abord 70 % du territoire gazaoui. "On en est à 60. Commençons par 70", a-t-il dit selon le New York Times. Ces mots n'ont pas été démentis. Ils ont été une feuille de route. À la fin juin 2026, Israël contrôlait environ 64 % de Gaza selon les analyses d'Al Jazeera — une progression mesurée, méthodique, appelée "annexion rampante" par les analystes.
Cette expansion viole directement les termes du cessez-le-feu d'octobre 2025, la résolution du Conseil de sécurité qui l'entérinait, et le plan en 20 points de Trump lui-même, selon The Guardian. L'ONU a averti que la situation "risque de devenir permanente." Nickolay Mladenov, haut représentant supervisant le Board of Peace de Gaza établi par Washington, a imploré la communauté internationale d'utiliser "tous les moyens à sa disposition" pour forcer Israël à respecter ses obligations. Personne n'a bougé.
84 % des infrastructures de santé détruites — Gaza n'est plus un territoire, c'est une ruine
Le tableau humanitaire est cataclysmique. Selon le rapport du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) du 3 juin 2026, rapporté par Le Monde, 84 % des installations de santé de Gaza sont détruites ou endommagées. Il n'existe plus un seul hôpital pleinement opérationnel dans l'enclave. Le chef de secours de l'ONU, Tom Fletcher, l'a confirmé. Les médicaments manquent. Les chirurgies se font sans anesthésie. Les enfants meurent de blessures traitables.
Et le bilan total depuis le 7 octobre 2023 ? Plus de 73 000 morts documentés, selon CityNews Vancouver et Democracy Now. Auxquels s'ajoutent plus de 1 000 morts depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025 — un cessez-le-feu qui a permis à Israël de continuer ses frappes "sporadiques", selon les termes mêmes d'Al Jazeera. C'est la définition d'un cessez-le-feu qui ne cesse rien.
73 000 morts. 84 % des hôpitaux détruits. 64 % du territoire occupé. Trois chiffres suffisent à comprendre ce qui se passe à Gaza. L'ONU a tous ces chiffres. La question n'est pas de savoir si le monde est au courant. C'est de savoir pourquoi ça continue.
L'Allemagne perd son siège — le monde sanctionne les complices d'Israël
Les urnes de l'ONU comme plébiscite mondial contre la complaisance
Le 3 juin 2026, quelque chose d'historique s'est produit à l'Assemblée générale : l'Allemagne a perdu son siège de membre non permanent au Conseil de sécurité. Battue par l'Autriche (131 voix) et le Portugal (134 voix), Berlin n'a obtenu que 104 voix — en deçà des deux tiers requis. Selon Al Jazeera, de hauts responsables allemands ont eux-mêmes admis que ce résultat était probablement lié au positionnement de l'Allemagne sur la guerre à Gaza — trop conciliant avec Israël aux yeux d'une majorité du monde.
Le même jour, le Kirghizistan a battu les Philippines — alliée de Washington — pour le siège Asie-Pacifique, avec une majorité écrasante de 142 contre 49, selon The Express Tribune. Un signal clair : le monde vote désormais aussi pour punir les gouvernements qui cautionnent l'impunité israélienne. Ce n'est pas de l'antisémitisme institutionnel. C'est une arithmétique politique brutale. Le reste du monde en a assez.
La résolution de l'AG du 6 juin 2026 — 157 voix pour le retrait israélien
Le 6 juin 2026, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution à 157 voix contre 8 — avec les États-Unis et Israël dans la minorité — réclamant le retrait israélien des territoires palestiniens occupés et la création d'un État palestinien, selon Arab News Japan. C'est l'un des votes les plus écrasants de l'histoire récente de l'institution. 157 États contre 8. Mais cette résolution n'est pas contraignante. Elle ne crée rien. Elle ne force rien.
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Le paradoxe fondamental de la gouvernance mondiale est là, nu, exposé : la quasi-totalité du monde s'exprime en faveur de la Palestine, et ça ne produit aucun effet légal, aucune conséquence tangible sur le terrain. Parce qu'un seul pays — les États-Unis — peut neutraliser tout ça d'un veto au Conseil de sécurité. Et il le fait. Systématiquement.
157 voix contre 8 — et pourtant rien ne change. C'est peut-être la preuve la plus éloquente que l'ONU, telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, n'est pas un organe de gouvernance mondiale. C'est un forum d'expression qui ne produit pas d'effets réels là où les puissances s'y opposent.
Guterres parle — et personne n'écoute
Le Secrétaire général face au vide de son propre pouvoir
Le 31 mai 2026, António Guterres, Secrétaire général de l'ONU, a déclaré lors d'une réunion internationale que "le statut d'État pour les Palestiniens est un droit, pas une récompense" et que "refuser le statut d'État serait un cadeau aux extrémistes du monde entier", selon Arab News France. Ces mots sont forts. Ils sont justes. Ils sont également sans pouvoir exécutif.
Guterres est coincé dans un rôle ingrat : celui du témoin moral d'une institution paralysée. Il peut dénoncer. Il peut alerter. Il peut convoquer. Mais il ne peut pas forcer les États-Unis à lever leur veto. Il ne peut pas ordonner à Israël de reculer. Il ne peut pas débloquer les recettes fiscales palestiniennes bloquées depuis 2023. Il est le porte-parole d'une majorité mondiale qui n'a pas les outils pour se faire respecter.
La conférence de Paris — juin 2026 — un an après la Déclaration de New York
En juin 2026, une conférence internationale sur la solution à deux États a réuni des représentants de sociétés civiles palestinienne et israélienne à Paris, organisée conjointement par la France et l'Arabie Saoudite, selon Peace News Network. Un an après la Déclaration de New York. Un an de morts supplémentaires. Un an d'annexion rampante. La conférence s'est tenue. Les discours ont été prononcés. Washington a mis en garde les pays contre leur présence.
Les États-Unis ont envoyé un câble diplomatique pour décourager les pays de participer à cette conférence, selon Ground News. Le message implicite : toute démarche qui reconnaît la Palestine comme État souverain est hostile à Israël et hostile à Washington. Cette posture n'est pas de la diplomatie. C'est du chantage géopolitique.
Guterres dit les bonnes choses. La France organise les bonnes conférences. Mais tant que Washington campe sur son veto et menace ses alliés de rétorsions, toutes ces initiatives restent des exercices de style sans mordant. Le courage politique international a ses limites — et ces limites s'appellent Washington.
153 pays reconnaissent — mais la Palestine ne peut pas entrer à l'ONU
Le mécanisme kafkaïen du membership onusien
La procédure d'admission à l'ONU est un chef-d'œuvre d'absurdité institutionnelle dans ce contexte. Pour devenir membre à part entière, un État doit : obtenir la recommandation du Conseil de sécurité (où un veto de l'un des P5 suffit à bloquer) ; puis être approuvé par les deux tiers de l'Assemblée générale. La Palestine a le soutien de l'Assemblée — largement démontré. Mais elle ne peut pas franchir la barrière du Conseil tant que Washington oppose son veto. Et Washington l'oppose.
En mai 2024, une résolution historique de l'Assemblée générale avait déclaré à 143 voix pour que la Palestine était qualifiée pour l'adhésion et avait demandé au Conseil de sécurité de "reconsidérer favorablement" la question, selon Testbook. Le Conseil de sécurité a ignoré cette demande. Le 4 juin 2026, selon PassBlue, le Conseil l'avait toujours ignorée — le veto américain de 2024 ayant fermé la porte. La Palestine est condamnée à exister dans une zone grise juridique internationale indéfiniment, tant que les États-Unis bloquent.
153 reconnaissances bilatérales — mais aucune force collective
La Britannica le confirme : plus de 150 pays reconnaissent aujourd'hui l'État palestinien comme État souverain. C'est une réalité qui aurait dû suffire à forcer une transformation institutionnelle. Mais la reconnaissance bilatérale et le membership onusien sont deux choses distinctes. Un pays peut reconnaître la Palestine et n'avoir aucun moyen d'empêcher le veto américain au Conseil de sécurité.
Ce que cette situation révèle, c'est la profonde asymétrie de puissance qui structure l'ONU depuis 1945. Les États-Unis ont été architectes de cette institution. Ils en ont construit les règles. Et ces règles leur permettent, aujourd'hui, de neutraliser seuls le consensus de 150 nations. Ce n'est pas un bug du système. C'est une fonctionnalité de son design original.
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153 pays contre 1 veto. Voilà l'équation. Elle n'a rien de démocratique. Elle n'a rien de multilatéral. C'est la permanence du rapport de force de 1945 appliquée à une situation de 2026. Et pendant que les diplomates débattent, Gaza s'efface.
L'annexion rampante — la stratégie d'Israël par les faits accomplis
Étendre la "Yellow Line" sans déclaration formelle — le génie cruel de la méthode
Selon l'analyse d'Al Jazeera publiée le 23 juin 2026, Israël a opté pour une stratégie d'annexion rampante : étendre la Yellow Line — la ligne de démarcation des zones de contrôle militaire — vers l'ouest, par des incursions sporadiques sans annonce formelle. Aucune déclaration d'annexion. Aucune proclamation de souveraineté. Juste des soldats qui avancent, des checkpoints qui se déplacent, et une carte qui change imperceptiblement semaine après semaine.
Cette méthode est redoutablement efficace précisément parce qu'elle évite les déclencheurs formels. Une annexion officielle aurait obligé les capitales occidentales à réagir. Une "opération militaire continue" dans le cadre d'un cessez-le-feu déjà violé peut être ignorée ou minimisée indéfiniment. Netanyahu l'a dit lui-même : après que l'administration Trump ait "freiné une plus grande campagne terrestre", Israël a choisi "l'annexion rampante", selon Al Jazeera. La transparence cynique de cette déclaration est stupéfiante.
West Bank : 85 représentants américains contre le projet E1 — trop peu, trop tard
En Cisjordanie, le tableau n'est pas meilleur. La Norvège a annoncé l'interdiction du commerce avec les colonies en Cisjordanie. 85 membres de la Chambre des représentants américaine ont demandé à Washington de stopper le projet de colonisation E1, selon Al Jazeera. L'ONU a averti que des organisations de colons israéliens pourraient être inscrites sur sa liste noire pour violations graves contre des enfants. Ces signaux existent. Mais ils ne constituent pas une politique cohérente. Ils sont des gestes isolés dans un vide d'action collective.
Pendant ce temps, Israël a étendu son contrôle militaire de 1 000 kilomètres carrés supplémentaires au Liban, à Gaza et en Syrie depuis le début 2026, selon Al Jazeera du 14 juin. Ce chiffre représente environ 5 % de la superficie totale d'Israël avant octobre 2023. L'expansion territoriale n'est pas une métaphore. C'est une mesure concrète.
Appeler ça "annexion rampante" est presque pudique. C'est une occupation systématique, documentée, avancée par incréments pour éviter la réaction internationale. Et ça fonctionne exactement comme prévu — parce que la communauté internationale a laissé cette méthode fonctionner.
Conclusion : L'effacement n'est pas un accident — c'est une politique
Ce que "reconnaissance sans membership" signifie pour un peuple réel
Que signifie être reconnu par 153 pays et ne pas exister formellement à l'ONU ? Cela signifie avoir un drapeau hissé dans des capitales du monde entier et ne pas avoir de chaise à la table où se décide votre sort. Cela signifie avoir des ambassades accréditées dans des dizaines de pays et se faire menacer de révocation de visa par le pays qui héberge le siège de votre institution internationale. Cela signifie voir votre territoire réduit de semaine en semaine, pendant que le monde vote des résolutions non contraignantes.
La Melbourne Asia Review l'a bien analysé : la reconnaissance tardive par les pays occidentaux révèle "la politique asymétrique de la reconnaissance d'État, où l'approbation occidentale est traitée comme conférant une légitimité malgré des décennies d'acception par la communauté internationale." Autrement dit : l'Afrique, l'Asie, l'Amérique latine reconnaissaient la Palestine depuis des décennies. Ce n'est que quand la France, le Royaume-Uni et le Canada ont rejoint ce camp que les médias occidentaux ont parlé de "vague diplomatique historique."
Un billet pour ne pas conclure — mais pour refuser l'oubli
Je n'ai pas de solution à offrir ce soir. Je ne vais pas prétendre qu'une réforme du Conseil de sécurité est imminente, ni que Trump va changer de posture, ni qu'Israël va se replier sur ses frontières de 1967. Je suis chroniqueur, pas oracle. Mais je peux nommer ce que je vois : un peuple dont le territoire disparaît sous ses pieds pendant que les institutions mondiales organisent des conférences, adoptent des déclarations non contraignantes, et laissent un seul veto paralyser le reste du monde.
Le statut d'État pour les Palestiniens est un droit, pas une récompense — ce sont les mots de Guterres. Ils sont vrais. Et pourtant, en juin 2026, ce droit est suspendu, bloqué, gelé par un veto. 73 000 morts. 64 % de Gaza sous occupation. 84 % des hôpitaux détruits. Ces chiffres ne sont pas des abstractions. Ce sont des destins individuels, des familles, des noms que l'on n'apprendra jamais. Ce billet existe pour refuser que ces chiffres deviennent normaux.
Je ne sais pas ce que l'histoire retiendra de cette période. Mais je sais qu'elle n'oubliera pas que le monde savait — et que les institutions chargées de protéger les peuples ont regardé en délibérant. L'ONU peut mieux que ça. Ou elle peut admettre qu'elle ne peut pas. Les deux seraient au moins honnêtes.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.
Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.
Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.
Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous Sources.
Nature de l'analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.
Sources
Sources primaires
- Al Jazeera — Palestine weekly wrap : Israel's quiet annexation grows louder — 23 juin 2026
- Al Jazeera — Netanyahu directs army to seize 70% of Gaza Strip — 28 mai 2026
- Al Jazeera — Israel expands military control in Gaza, Lebanon and Syria by 1,000 sq km — 14 juin 2026
- Greatreporter — US bullies Palestine into dropping UN Vice-Presidency bid with visa threats — 21 juin 2026
- Ground News — US warns against attending UN conference on Israel-Palestinian two-state solution — 24 juin 2026
- Le Monde — Nearly 1,000 dead in Gaza since start of ceasefire illusion — 10 juin 2026
Sources secondaires
- New York Times — Netanyahu Says Israel Will Control 70% of Gaza, Squeezing Hamas — 28 mai 2026
- The Guardian — Netanyahu orders Israeli army to seize 70% of Gaza Strip, violating ceasefire deal — 28 mai 2026
- Arab News France — Guterres : Le refus d'accorder à la Palestine le statut d'État — 31 mai 2026
- The Guardian — Palestinian football chief says US denied him visa to attend World Cup — 12 juin 2026
- Arab News Japan — UN General Assembly pushes for Palestinian state — 6 juin 2026
- Encyclopedia Britannica — Palestinian statehood — juin 2026
- World Population Review — Countries that Recognize Palestine 2026 — juin 2026
- Melbourne Asia Review — Recognition without sovereignty: statelessness and Palestine — 31 mai 2026
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). BILLET : Un peuple effacé pendant que l'ONU regarde — la Palestine attendra encore. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/billet-un-peuple-efface-pendant-que-l-onu-regarde-la-palestine-attendra-encore
Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.






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