Bank of America paie 72,5 millions, mais qui paie vraiment
Introduction : le prix d'un silence bancaire

- Introduction : le prix d'un silence bancaire
- Bank of America a accepté de verser 72,5 millions de dollars pour régler un recours collectif intenté par des femmes affirmant que la banque a facilité le trafic sexuel de Jeffrey Epstein .
- L'accord, décrit par les avocats comme un « règlement de principe » , doit encore recevoir l' approbation finale du juge fédéral Jed Rakoff , de la Cour de district de Manhattan.
Les faits, citations et liens cités restent dans le corps du texte. Les interprétations sont assumées comme analyse ou opinion selon le format.
Introduction : le prix d'un silence bancaire
Un règlement de plus dans la longue liste Epstein
Bank of America a accepté de verser 72,5 millions de dollars pour régler un recours collectif intenté par des femmes affirmant que la banque a facilité le trafic sexuel de Jeffrey Epstein. L'accord, décrit par les avocats comme un « règlement de principe », doit encore recevoir l'approbation finale du juge fédéral Jed Rakoff, de la Cour de district de Manhattan.
Le recours, initié en octobre 2025 par une plaignante identifiée sous le pseudonyme Jane Doe, couvre la période du 30 juin 2008 au 6 juillet 2019, soit l'ensemble des années durant lesquelles Epstein a utilisé des comptes à Bank of America pour, selon la plainte, financer et dissimuler son réseau de trafic sexuel.
Une banque, un compte, un système
Selon la plainte, Jane Doe a ouvert un compte à Bank of America en mai 2013, à la demande du comptable d'Epstein, Richard Kahn, et d'un avocat spécialisé en immigration, dans le cadre d'un stratagème visant à tromper les autorités d'immigration. Entre 2011 et 2013, elle affirme avoir été agressée sexuellement par Epstein à au moins deux reprises, séquestrée et contrainte à des actes sexuels avec d'autres femmes.
Ce n'est pas juste une histoire de comptes bancaires mal surveillés. C'est l'histoire d'une institution financière qui a laissé un système d'exploitation fonctionner sous son toit pendant plus d'une décennie, et qui aujourd'hui préfère payer plutôt que d'expliquer publiquement pourquoi.
Ce que Bank of America est accusée d'avoir fait
Des services bancaires au service d'un prédateur
Le recours collectif accuse Bank of America d'avoir ignoré des activités financières suspectes associées à Epstein malgré une abondance de signaux d'alerte sur ses agissements criminels, préférant privilégier le profit plutôt que la sécurité de ses clientes vulnérables. Le document de règlement affirme que l'opération de trafic sexuel d'Epstein a été « facilitée et permise » par la banque, qui lui aurait fourni des services de retrait et de virement tout en l'aidant à échapper à la surveillance réglementaire.
Selon la plainte, cette assistance aurait entravé les autorités dans leur capacité à découvrir les opérations illégales d'Epstein et aurait amplifié son accès et son contrôle sur ses victimes, causant un préjudice direct aux membres du recours collectif.
La défense de la banque
Bank of America a catégoriquement nié, et continue de nier, toute participation ou assistance aux opérations de trafic sexuel d'Epstein, ainsi que toute forme d'obstruction. La banque a qualifié les allégations de « sans substance et non fondées », affirmant n'avoir offert que des services bancaires standards à une personne qui n'était, à l'époque, pas connue pour ses liens avec des activités criminelles.
Le règlement ne comporte aucune admission de culpabilité de la part de Bank of America. C'est une distinction juridique importante: la banque paie pour mettre fin au litige, pas pour reconnaître une faute.
« Services standards », vraiment? Une décennie de transferts et de retraits liés à un homme déjà condamné en 2008 pour sollicitation d'une mineure, ça ne ressemble à aucune définition raisonnable de la normalité bancaire. Le vocabulaire juridique choisi ici sert à minimiser, pas à clarifier.
Le calendrier judiciaire qui a précipité l'accord
Une décision de janvier qui a changé la donne
En janvier 2026, le juge Rakoff avait déjà rendu une décision cruciale: Bank of America devait répondre directement aux accusations de Jane Doe selon lesquelles la banque avait sciemment profité du trafic sexuel d'Epstein et entravé l'application des lois de protection contre le trafic humain. Cette décision a considérablement affaibli la position de défense de la banque avant même le procès.
Le 12 mars 2026, les avocats des deux parties ont informé le juge, lors d'une conférence téléphonique, qu'ils étaient parvenus à un règlement de principe. Les documents détaillant l'accord ont été déposés le 27 mars 2026, avec une audience prévue le 2 avril 2026 pour examiner la proposition.
Un procès et une déposition évités de justesse
Sans ce règlement, un procès était prévu pour le 11 mai 2026. Le milliardaire Leon Black, cofondateur d'Apollo Global Management, devait aussi être déposé sous serment le 26 mars 2026, un interrogatoire qui n'aura probablement plus lieu grâce à l'accord conclu quelques semaines plus tôt.
Black avait démissionné de son poste de PDG d'Apollo en 2021 après qu'une enquête d'un cabinet d'avocats externe eut révélé qu'il avait versé environ 170 millions de dollars à Epstein pour des services de « planification fiscale et successorale ». Il a toujours nié avoir eu connaissance des activités criminelles d'Epstein.
Une déposition évitée à quelques semaines d'avance, ça sent moins la coïncidence que la stratégie. Quand un règlement financier permet à un témoin clé d'échapper à un interrogatoire sous serment, le public a le droit de se demander ce que cette déposition aurait pu révéler.
Un quatrième règlement, pas le premier
JPMorgan et Deutsche Bank avant elle
Bank of America n'est pas la première grande institution financière à régler ce type de litige. En juin 2023, JPMorgan Chase avait accepté de verser 290 millions de dollars aux victimes d'Epstein, suivi peu après par Deutsche Bank, qui avait consenti à payer 75 millions de dollars. En août 2023, JPMorgan avait également accepté de verser 75 millions de dollars au gouvernement des îles Vierges américaines.
La même année, Leon Black avait accepté de verser 62,5 millions de dollars aux îles Vierges américaines, un règlement qui l'a libéré de poursuites potentielles supplémentaires liées à Epstein dans ce territoire.
Un schéma qui se répète, une leçon qui ne s'apprend pas
Ce règlement de Bank of America porte à quatre le nombre d'institutions financières majeures ayant réglé des poursuites liées à Epstein en l'espace de trois ans. Ce n'est plus un cas isolé; c'est un schéma industriel de complaisance bancaire envers un client dont les activités criminelles étaient, selon les plaignants, largement documentées et signalées en interne bien avant son arrestation de 2019.
Quatre banques, quatre règlements, des centaines de millions versés en trois ans. À ce stade, il ne s'agit plus d'erreurs isolées de conformité. C'est la preuve qu'un système entier a choisi, année après année, de fermer les yeux tant que l'argent continuait de circuler.
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Ce que 72,5 millions ne répare pas
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Aucune somme d'argent ne peut effacer les années d'abus subies par les femmes visées par ce recours. Le règlement offre une compensation financière, pas une reconnaissance publique de responsabilité, puisque Bank of America maintient sa position de négation totale. Pour plusieurs victimes, cette absence d'aveu constitue une forme de justice inachevée.
L'argent soulage, mais il ne répare pas tout. Aucune plaignante dans ce dossier n'a demandé seulement un chèque; elles ont demandé que quelqu'un admette ce qui s'est passé. Et sur ce point précis, le règlement ne leur donne rien.
L'avocate Sigrid McCawley, qui représente les plaignantes, a qualifié ce règlement d'« étape supplémentaire vers une justice amplement méritée ». C'est une formulation prudente, qui reconnaît implicitement que la justice complète reste, dans ce dossier, encore hors de portée.
L'absence persistante de responsabilité pénale
Aucun dirigeant de Bank of America n'a été personnellement poursuivi au criminel dans ce dossier. Le règlement civil clôt le litige financier, mais il ne répond pas à la question plus large de savoir si des employés ou des cadres de la banque ont sciemment permis ces transactions en connaissance de cause. Cette question demeure, à ce jour, sans réponse publique documentée.
Payer une amende n'est pas la même chose que rendre des comptes. Tant qu'aucun cadre bancaire ne fait face à des conséquences personnelles, le message envoyé à l'industrie financière reste le même: le risque de complicité avec un prédateur se calcule, et il se règle en argent, jamais en responsabilité individuelle.
Le rôle du juge Rakoff dans ce dossier
Une supervision judiciaire qui a forcé la main des parties
Le juge Jed Rakoff a joué un rôle déterminant dans ce dossier bien avant le règlement. Sa décision de janvier 2026, forçant Bank of America à répondre directement aux accusations les plus graves de la plaignante, a réduit considérablement la marge de manœuvre juridique de la banque. C'est cette pression judiciaire, plus que toute volonté spontanée de transparence, qui semble avoir précipité les négociations.
L'approbation finale du règlement par le juge Rakoff, prévue lors de l'audience du 2 avril 2026, reste une formalité généralement accordée dans ce type de dossier, bien qu'elle ne soit jamais entièrement automatique.
Ce que cette supervision révèle sur le système judiciaire américain
Le fait qu'il ait fallu une décision judiciaire contraignante pour faire avancer ce dossier illustre une réalité plus large: sans pression judiciaire soutenue, les grandes institutions financières ont peu d'incitatifs internes à reconnaître leur rôle dans ce type de scandale. La justice civile, ici, agit comme un substitut imparfait à une responsabilisation pénale plus directe.
Ce que révèle la comparaison avec JPMorgan
Un montant plus faible, une responsabilité similaire
Le règlement de 72,5 millions de dollars versé par Bank of America est nettement inférieur aux 290 millions de dollars payés par JPMorgan Chase en 2023. Cet écart soulève une question légitime: la différence de montant reflète-t-elle une différence réelle de responsabilité, ou simplement un rapport de force juridique différent entre les plaignants et chacune des banques?
Les documents judiciaires ne permettent pas, à ce stade, de trancher cette question avec certitude. Ce qu'on peut affirmer, c'est que les deux banques ont choisi de régler plutôt que d'aller devant un jury, ce qui limite considérablement la transparence publique sur l'ampleur exacte de leur implication respective.
Le poids des avocats et des ressources juridiques
Les plaignantes contre Bank of America étaient représentées par le cabinet Boies Schiller Flexner, un cabinet reconnu pour ses litiges de grande envergure contre des institutions financières. La qualité de la représentation juridique influence directement l'issue de ce type de négociation, un facteur qui échappe souvent à l'attention du public concentré uniquement sur le montant final annoncé.
Comparer les montants entre banques, c'est utile, mais ça ne doit pas nous faire oublier l'essentiel: chaque règlement, peu importe sa taille, reste une négociation privée qui évite un procès public. Et un procès public, c'est souvent la seule façon d'obtenir de vraies réponses sur ce qui s'est réellement passé.
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Bank of America paie 72,5 millions dans l'affaire Epstein
Le 2 avril 2026, le juge fédéral Jed Rakoff, du tribunal du district sud de New York, a accordé son approbation préliminaire
L'impact sur la confiance envers le secteur bancaire
Une industrie qui peine à tirer les leçons
Malgré quatre règlements majeurs en trois ans, rien n'indique qu'une réforme structurelle des mécanismes de conformité bancaire ait été mise en place à la suite de ces affaires. Les régulateurs fédéraux américains n'ont pas imposé de sanctions réglementaires publiques comparables à l'ampleur des règlements civils versés aux victimes.
Cette absence de réforme visible alimente une inquiétude légitime: si le coût financier d'une complicité avérée ou alléguée reste absorbable pour une institution de la taille de Bank of America, l'incitatif à renforcer réellement la surveillance interne demeure faible.
Ce que les clients et actionnaires devraient demander
Les actionnaires de Bank of America ont un intérêt direct à exiger une transparence renforcée sur les procédures de conformité qui ont permis à ce dossier de s'étendre sur plus d'une décennie. Les clients ordinaires, de leur côté, méritent l'assurance que leur institution financière applique les mêmes normes de vigilance à tous ses clients, peu importe leur fortune ou leur influence.
Une banque qui paie 72,5 millions sans jamais admettre sa faute continuera d'opérer exactement comme avant, sauf pression continue de ses propres actionnaires et clients. La responsabilisation ne viendra pas d'en haut si personne ne l'exige d'en bas.
Conclusion : la justice financière n'est pas la justice complète
Un chapitre de plus, pas une fin
Ce règlement de 72,5 millions de dollars ferme un chapitre judiciaire, mais il n'éteint pas les questions plus profondes soulevées par ce dossier. Combien d'autres institutions ont fermé les yeux? Combien de cadres savaient et n'ont rien dit? Ces questions demeurent, pour l'essentiel, sans réponses publiques complètes à ce jour.
Le prochain jalon vérifiable reste l'audience du 2 avril 2026, où le juge Rakoff doit formellement approuver ou ajuster les termes de l'accord.
Ce que le public devrait exiger ensuite
Au minimum, le public est en droit d'exiger une transparence accrue sur les mécanismes internes de conformité bancaire qui ont permis à Epstein d'opérer pendant plus d'une décennie sans être inquiété par ses partenaires financiers. Sans cette transparence, rien ne garantit qu'un schéma similaire ne se reproduise pas ailleurs, avec un autre client, une autre banque, et les mêmes silences complices.
Quatre banques, quatre règlements, zéro procès public, zéro aveu. Si c'est ça la conclusion officielle du scandale financier lié à Epstein, alors le système a déjà gagné contre les victimes, même en payant des centaines de millions de dollars.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
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Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
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Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.
Sources
Sources primaires
- Epstein victims to get $72.5 million from Bank of America in lawsuit settlement — CNBC, 27 mars 2026
- Bank of America settles Epstein accusers' lawsuit — Reuters, 16 mars 2026
- US District Judge Grants Final Settlement Approval for Jeffrey Epstein Survivors — Boies Schiller Flexner
Sources secondaires
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Citer cet article
Maxime Marquette (2026). Bank of America paie 72,5 millions, mais qui paie vraiment. MadMax. https://mad-max.co/fr/article/bank-of-america-paie-725-millions-mais-qui-paie-vraiment
Cet article a été généré avec l'aide de l'IA, avec supervision humaine.






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