# RÉCIT : Zhytomyr, Rivne, Volyn sous les drones — l'Ukraine de l'ouest bombardée grâce aux relais biélorusses

> Il y a une logique géographique dans la guerre qui s'est imposée pendant deux ans comme une certitude tacite : l'est de l'Ukraine brûle, l'ouest respire. Kyiv, Kharkiv, Zaporijjia, Kherson — ce sont les villes qu'on cite dans les bulletins de dommages. Zhytomyr, Rivne, Volyn — de

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Reportage
- Publié: 2026-06-27
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/zhytomyr-rivne-volyn-sous-les-drones-l-ukraine-de-l-ouest-bombardee-grace-aux-re

## Introduction : La nuit où l'ouest a cessé d'être un refuge

### Les premières frappes sur les régions que personne n'attendait

Il y a une logique géographique dans la guerre qui s'est imposée pendant deux ans comme une certitude tacite : l'est de l'**Ukraine** brûle, l'ouest respire. **Kyiv**, **Kharkiv**, **Zaporijjia**, **Kherson** — ce sont les villes qu'on cite dans les bulletins de dommages. **Zhytomyr**, **Rivne**, **Volyn** — des noms qui évoquaient encore la paix relative, les réfugiés qui s'y installaient, les enfants qui y trouvaient des écoles temporaires. Cette certitude-là a été brisée. Les drones russes ont frappé des infrastructures énergétiques, des nœuds ferroviaires, des installations de stockage dans des régions qui pensaient être hors de portée effective des **Shaheds**.

Comment ? Par une innovation tactique que les analystes militaires suivaient depuis **janvier 2026** mais que les gouvernements occidentaux tardaient à nommer publiquement : des **stations relais de signal** installées sur le territoire biélorusse, permettant aux opérateurs russes de maintenir un contrôle actif sur leurs drones bien au-delà des portées habituelles. Ce n'est pas une simple amélioration technique. C'est une transformation stratégique de la guerre des drones — et **Volodomyr Zelensky** a décidé le **19 juin 2026** que ce n'était plus acceptable.

*Quand j'ai vu les premières images de Zhytomyr touchée, j'ai compris que quelque chose avait changé dans la géographie de cette guerre. L'ouest de l'Ukraine n'était pas seulement un couloir logistique — c'était un espace psychologique de relative sécurité pour des millions de déplacés. En bombardant ces régions, la Russie ne frappe pas seulement des infrastructures. Elle frappe cet espace psychologique. Elle dit : nulle part n'est hors de portée.*

## L'anatomie des stations relais biélorusses

### Des antennes camouflées en infrastructure civile

Les **quatre stations relais** identifiées sur le territoire biélorusse — deux dans l'oblast de **Gomel** et deux dans l'oblast de **Brest** — ont une apparence délibérément banale. Selon les analyses de l'**Institut pour l'étude de la guerre** et les témoignages d'experts en télécommunications ukrainiens cités par les médias spécialisés, ces structures ressemblent à des **tours de transmission téléphonique** ou à des **émetteurs de télévision**. Elles se fondent dans le paysage des infrastructures de communication civiles qui parsèment le territoire biélorusse. Les identifier depuis des images satellites ou des drones de reconnaissance exige des capacités d'analyse avancées.

### Comment elles transforment les drones en armes de précision

La technologie mise en œuvre est une modification des drones **Shahed** iraniens — rebaptisés **Gerbera**, **Italmas** et **Parodiya** dans les nomenclatures ukrainiennes selon leurs variantes. Ces drones modifiés sont équipés de systèmes de **communication bidirectionnelle** — pas seulement un système de navigation GPS unidirectionnel, mais un véritable lien vidéo permettant à l'opérateur de voir en temps réel depuis le drone et d'ajuster sa trajectoire. Les stations relais biélorusses amplifiaient ce signal de communication entre l'opérateur en **Russie** et le drone en vol au-dessus de l'**Ukraine** occidentale, maintenant une connexion qui aurait été impossible sans ce relais géographique intermédiaire.

*Ce détail technique — la communication bidirectionnelle, la vidéo en temps réel depuis le drone — change tout à l'analyse militaire. Ce ne sont plus des munitions rôdeuses autonomes qui suivent des coordonnées GPS fixes. Ce sont des drones pilotés à distance, capables de cibler des objets en mouvement — des locomotives, des camions militaires, des convois logistiques. La différence entre les deux est la différence entre une bombe et un sniper.*

## Zelensky pose son ultimatum : une semaine, pas une de plus

### Le 19 juin : la déclaration qui change les règles du jeu

Le **19 juin 2026**, **Volodomyr Zelensky** fait une déclaration qui sort de l'ordinaire dans sa précision et sa directivité. Il adresse un **ultimatum à Alexandre Loukachenko** : les stations relais de signal russe sur le territoire biélorusse doivent être démantelées dans un délai d'**une semaine**. Zelensky ne menace pas d'une réponse vague — il fixe une échéance calendaire claire. La déclaration est immédiatement couverte par les médias ukrainiens, reprise par le **Kyiv Independent** et amplifiée par les partenaires occidentaux de l'**Ukraine**. C'est une déclaration rare dans la géopolitique de ce conflit : l'**Ukraine** pose une condition à un pays tiers — la **Biélorussie** — et fixe une date limite.

### La logique militaire derrière l'ultimatum

Derrière l'ultimatum de **Zelensky** se cache une analyse militaire précise. Sans les relais biélorusses, les drones russes modifiés sont contraints de revenir à un guidage **GPS-only** — sans communication bidirectionnelle, sans contrôle en temps réel. Cette limitation réduit drastiquement leur capacité à cibler des objets en mouvement et force les opérateurs à utiliser des coordonnées fixes pré-programmées. Concrètement, cela signifie que les locomotives ukrainiennes qui déplacent du matériel militaire et des fournitures humanitaires deviennent beaucoup plus difficiles à cibler. Entre le **16 mai et le 20-21 juin 2026**, les drones guidés depuis les relais avaient frappé **21 fois** des wagons ferroviaires, détruisant plus de **20 locomotives** dans l'oblast de **Zhytomyr** entre le **31 mai et le 6 juin** seulement. Ces chiffres expliquent l'urgence de **Zelensky**.

*Vingt locomotives détruites en une semaine. Pour ceux qui ne voient dans ce chiffre qu'une statistique militaire, je rappelle ce que représente une locomotive : des tonnes d'équipements militaires qui n'arrivent pas au front, des wagons de nourriture et de médicaments qui s'immobilisent, des civils qui ne peuvent pas fuir. Les drones guidés par les relais biélorusses ne frappent pas des abstractions — ils paralysent la logistique de survie d'un pays en guerre.*

## La réponse de Minsk : un silence qui dit tout

### Loukachenko et la rhétorique de la non-responsabilité

**Alexandre Loukachenko** — maintenu au pouvoir depuis **2020** par la Russie après la répression sanglante des manifestations biélorusses — a réagi à l'ultimatum de **Zelensky** avec une rhétorique de non-responsabilité caractéristique. Son régime a nié toute implication directe dans les opérations de drones russes depuis le territoire biélorusse. Le **ministre russe des Affaires étrangères Lavrov** a qualifié l'ultimatum de **Zelensky** d'une tentative d'entraîner la **Biélorussie** dans une confrontation directe avec l'**Ukraine** — une accusation qui vise à inverser la responsabilité et à présenter la **Biélorussie** comme potentielle victime plutôt que comme complicité active.

### Le silence opérationnel du 22 juin

Mais la rhétorique a cédé devant les faits. Le **22 juin 2026** — soit trois jours avant l'expiration de l'ultimatum de **Zelensky** — les **quatre stations relais biélorusses** ont cessé d'émettre. Selon les analyses de l'**Institut pour l'étude de la guerre** publiées le **24 juin**, les capteurs de surveillance ukrainiens n'ont plus détecté les fréquences caractéristiques de ces relais. **Zelensky** lui-même a confirmé l'information : les relais sont **«allés silencieux»**. Ont-ils été physiquement démantelés ou simplement éteints ? La question reste ouverte. Mais pour l'efficacité opérationnelle immédiate, la différence est secondaire.

*Loukachenko a plié — et il l'a fait en trois jours, pas sept. Ce n'est pas anodin. Ça signifie que la pression exercée par Zelensky — et probablement par des canaux diplomatiques occidentaux discrets — a produit un effet concret plus vite qu'attendu. Ce genre de résultat rapide est rare dans cette guerre. Il faut le noter — et se demander ce qu'il révèle sur les vraies lignes rouges de Minsk vis-à-vis de Moscou.*

## Les frappes sur Zhytomyr : la logistique militaire sous les bombes

### Un nœud ferroviaire stratégique dans le viseur

L'oblast de **Zhytomyr** n'est pas frappé au hasard. C'est un nœud logistique crucial dans le système de ravitaillement de l'armée ukrainienne. Les lignes ferroviaires qui traversent **Zhytomyr** relient la frontière avec la **Pologne** — par où arrivent une grande partie des fournitures militaires occidentales — aux zones de combat à l'est. Cibler ces lignes, c'est attaquer le cordon ombilical logistique de l'**Ukraine**. Les **21 frappes sur des wagons ferroviaires** entre le **16 mai et le 21 juin 2026** représentent non pas une série d'incidents dispersés mais une campagne systématique visant à paralyser le flux de matériel vers le front.

### Les infrastructures énergétiques de l'ouest sous pression

Parallèlement aux frappes ferroviaires, les régions de **Zhytomyr**, **Rivne** et **Volyn** ont subi des attaques contre leurs **infrastructures énergétiques**. Des sous-stations électriques, des transformateurs, des lignes de haute tension ont été endommagés. Dans une guerre qui dure depuis plus de quatre ans, l'**Ukraine** a reconstruit une partie de ses capacités énergétiques malgré les destructions répétées — mais chaque nouvelle vague de frappes sur les régions occidentales, historiquement épargnées, pose un problème de capacité de réparation. Les équipes techniques ukrainiennes ne peuvent pas être partout simultanément.

*Je veux souligner ce que signifient des frappes systématiques sur des nœuds ferroviaires dans le contexte de cette guerre. Ce ne sont pas des cibles spectaculaires qui font la première page. Mais une locomotive détruite, c'est un char d'assaut qui ne monte pas au front, c'est de l'artillerie qui reste dans les dépôts polonais. La guerre logistique est aussi décisive que la guerre de terrain — et les relais biélorusses en ont fait une arme redoutable.*

## Les régions de Rivne et Volyn : la vulnérabilité des frontières

### La géographie qui les rendait vulnérables

Les régions de **Rivne** et de **Volyn** partagent des frontières avec la **Biélorussie** au nord. Cette proximité géographique — combinée avec les relais de signal installés dans les oblasts biélorusses de **Gomel** et de **Brest** — explique pourquoi ces régions sont devenues des cibles prioritaires pour les drones guidés depuis les relais. La distance entre les stations relais biélorusses et les cibles dans ces régions est suffisamment courte pour maintenir une communication de haute qualité avec le drone en vol. C'est une géographie de la vulnérabilité que la **Russie** a exploitée avec une précision calculée.

### Les couloirs humanitaires compromis

Ces régions hébergent également des populations de déplacés internes ukrainiens qui ont fui les zones de combat à l'est. **Rivne** et **Volyn** avaient accueilli des dizaines de milliers de réfugiés internes. Les frappes répétées sur leurs infrastructures — électricité, eau, transport — ne touchent pas seulement des objectifs militaires. Elles atteignent directement ces populations déjà vulnérables, coupent les services essentiels, forcent de nouveaux déplacements. C'est la guerre appliquée à sa forme la plus barbare : frapper les civils qui ont déjà fui une fois pour les forcer à fuir encore.

*Je pense aux familles qui avaient trouvé un semblant de stabilité à Rivne, à Volyn, croyant s'être éloignées suffisamment de la ligne de front. Il n'y a pas de distance suffisante dans cette guerre quand la Russie décide d'allonger sa portée par tous les moyens disponibles — y compris en instrumentalisant un pays voisin comme la Biélorussie.*

## La Biélorussie entre deux feux : Loukachenko et ses marges de manœuvre

### Un vassal qui a encore une limite

La réaction rapide de **Minsk** — éteindre les relais en trois jours — révèle quelque chose d'important sur la nature de la relation entre **Loukachenko** et **Moscou**. **Loukachenko** est un vassal de **Poutine** depuis **2020** : il doit sa survie politique à l'intervention russe. Mais il n'est pas sans intérêt propre. Être impliqué directement dans des frappes sur des civils ukrainiens en **Ukraine** occidentale le rendrait personnellement responsable devant la **Cour pénale internationale** et exposerait la **Biélorussie** à une escalade militaire ukrainienne que **Loukachenko** n'a pas les capacités de gérer.

### La limite que Moscou ne peut pas forcer

Il semble donc qu'il existe une limite que **Moscou** ne peut pas forcer sur **Loukachenko** : l'implication directe de la **Biélorussie** dans des opérations offensives actives contre l'**Ukraine**. Fournir un terrain d'invasion en **février 2022** — c'était une chose. Permettre des stations relais sur son sol — la **Biélorussie** a accepté, mais a reculé sous pression. Devenir un co-belligérant actif avec des troupes biélorusses sur le front ukrainien — c'est une ligne que **Loukachenko** refuse de franchir, probablement parce qu'il sait ce que ça signifierait pour son propre régime et pour sa population qui n'a aucun appétit pour cette guerre.

*Il y a une ironie dans le fait que Loukachenko — le dictateur que j'ai vu réprimer des manifestants en 2020, qui a dérouté un avion de ligne pour arrêter un journaliste dissident — soit aussi celui qui a fixé une limite à la coopération militaire avec Poutine. Ce n'est pas de la vertu. C'est du calcul de survie. Mais ce calcul de survie, dans ce contexte précis, a produit un résultat utile pour l'Ukraine. La politique est rarement propre.*

## Les conséquences techniques de l'extinction des relais

### Les Shaheds sans leur œil biélorusse

Depuis le **22 juin 2026**, les drones russes qui attaquent les régions ukrainiennes occidentales sont revenus à un **guidage GPS-only**. Ce changement technique a des conséquences opérationnelles significatives. Sans communication bidirectionnelle, les opérateurs russes ne peuvent plus voir depuis le drone en temps réel. Ils ne peuvent plus ajuster la trajectoire pour cibler un objet en mouvement. Ils ne peuvent plus recueillir des données de reconnaissance depuis la perspective du drone. Selon les analyses ukrainiennes citées par **RBC-Ukraine**, cela signifie concrètement que les locomotives — qui se déplacent et peuvent changer de position — sont devenues beaucoup plus difficiles à cibler.

### La résilience retrouvée de la défense antidrone ukrainienne

Le retour au guidage GPS-only offre également un avantage à la **défense anti-drones ukrainienne**. Les systèmes de brouillage électronique (**jamming**) ukrainiens sont plus efficaces contre des drones à guidage GPS qu'ils ne l'étaient contre des drones avec communication bidirectionnelle. Les **stations relais biélorusses** permettaient en effet au drone de recevoir des corrections de cap même si son signal GPS était brouillé — parce que la communication bidirectionnelle pouvait transmettre des instructions alternatives. Sans ce lien de communication, le drone est beaucoup plus vulnérable aux contre-mesures électroniques ukrainiennes.

*La technologie militaire dans cette guerre évolue à une vitesse que les analystes en chambre peinent à suivre. Les Russes adaptent leurs drones pour contourner les défenses ukrainiennes. Les Ukrainiens adaptent leurs défenses pour contrer les nouvelles capacités russes. Les relais biélorusses représentaient une avancée russe temporaire. Leur extinction est une victoire tactique ukrainienne. Le cycle recommencera — la question est de savoir qui adaptera plus vite.*

## L'Atlantic Council et la préparation biélorusse à un rôle élargi

### La Biélorussie comme poste de ravitaillement pétrolier

Les relais de signal ne sont pas la seule façon dont la **Biélorussie** contribue à l'effort de guerre russe. L'**Atlantic Council** a publié le **25 juin 2026** une analyse documentant un rôle émergent de la **Biélorussie** dans la chaîne d'approvisionnement pétrolière russe. Après les frappes ukrainiennes sur des raffineries russes — incluant la **raffinerie de Kapotnya** à **Moscou** — la **Russie** a commencé à utiliser des capacités de raffinage biélorusses pour pallier ses déficits en carburant militaire. Les raffineries biélorusses de **Mozyr** et de **Novopolotsk** traitent du pétrole russe et réexportent les produits raffinés vers des marchés que la **Russie** ne peut plus atteindre directement à cause des sanctions.

### Un double rôle qui aggrave la complicité

Ce double rôle de la **Biélorussie** — relais de signal pour les drones et centre de raffinage de substitution — illustre comment **Loukachenko** contribue à l'effort de guerre russe sans officiellement participer à la guerre. C'est une complicité structurelle qui mérite d'être nommée comme telle par les partenaires occidentaux de l'**Ukraine**. Si les sanctions contre la **Russie** permettent à ses partenaires proches de contourner ces sanctions, leur efficacité est fondamentalement compromise. La question des sanctions sur la **Biélorussie** — déjà en place mais pas toujours pleinement appliquées — devrait être réévaluée à la lumière de cette contribution au contournement de l'économie de guerre russe.

*La Biélorussie joue un rôle de complice systémique dans la guerre de Poutine — même quand elle éteint ses relais sous pression. Les sanctions occidentales doivent intégrer cette réalité. Permettre à Minsk de servir de pont économique et technologique pour Moscou tout en réclamant des comptes à Moscou seul, c'est une politique incohérente qui affaiblit la pression collective sur le système Poutine-Loukachenko.*

## La réaction internationale et le soutien à l'ultimatum ukrainien

### Les alliés occidentaux et la validation de la position ukrainienne

L'ultimatum de **Zelensky** du **19 juin** a reçu un soutien — au moins implicite — des partenaires occidentaux de l'**Ukraine**. Plusieurs capitales européennes ont publiquement validé la position ukrainienne selon laquelle les stations relais biélorusses constituaient une participation active à des frappes sur des civils ukrainiens. Ce soutien diplomatique discret — sans menace explicite mais sans condamnation de l'**Ukraine** non plus — a probablement contribué à la décision de **Loukachenko** d'éteindre rapidement les relais. La pression combinée de **Kyiv** et des capitales occidentales sur **Minsk** a produit un résultat concret en moins de **72 heures**.

### Les limites de la réponse internationale

Mais la réponse internationale a ses limites. Aucun pays occidental n'a explicitement menacé la **Biélorussie** de conséquences nouvelles si les relais n'étaient pas éteints. Les sanctions déjà en place contre **Minsk** depuis la répression de **2020** et la complicité dans l'invasion de **2022** n'ont pas été formellement renforcées dans ce contexte. Et la question de savoir ce qui se passerait si les relais étaient ré-activés après une période de silence — pour tester la réaction occidentale — n'a pas reçu de réponse claire. L'incertitude sur les conséquences reste un problème structurel de la réponse internationale à la complicité biélorusse.

*Je salue le résultat concret — les relais sont éteints. Mais je suis préoccupé par l'absence de conséquences formelles contre Minsk. Si Loukachenko peut allumer et éteindre des relais selon la pression du moment sans jamais payer de prix réel pour les dommages déjà causés, la prochaine fois il calculera différemment. Les lignes rouges qui n'ont pas de conséquences ne sont pas des lignes rouges — ce sont des suggestions.*

## La doctrine des relais : une innovation que d'autres conflits reprendront

### Un précédent technologique aux implications mondiales

La tactique des stations relais biélorusses utilisées pour étendre la portée et la précision des drones russes en **Ukraine** ne restera pas confinée à ce conflit. C'est une innovation tactique qui démontre qu'un pays tier peut significativement amplifier les capacités offensives d'un agresseur sans envoyer un seul soldat. Les **relais de signal terrestres** peuvent transformer des drones à portée limitée en systèmes d'attaque longue portée guidés en temps réel. Cette doctrine sera étudiée, analysée et probablement reproduite dans de futurs conflits — en **Asie**, au **Moyen-Orient**, en **Afrique** — partout où des acteurs étatiques ou non-étatiques cherchent à étendre leur puissance de frappe à moindre coût.

### Les implications pour les doctrines de défense occidentales

Pour les armées occidentales et leurs alliés, l'expérience ukrainienne avec les relais biélorusses pose une question doctrinale urgente : comment contrer des relais de signal terrestre situés sur le territoire d'un pays tiers non directement belligérant ? Frapper les relais en territoire biélorusse — même si militairement logique — aurait signifié une escalade formelle avec la **Biélorussie**. La solution ukrainienne a été la pression diplomatique — et elle a fonctionné dans ce cas. Mais dans un conflit où un pays tiers refuserait de plier sous la pression diplomatique, les options militaires pour neutraliser des relais sur un territoire souverain seraient infiniment plus compliquées et risquées.

*Je regarde cette innovation russe — les relais biélorusses — et je vois un précédent militaire qui va se répandre. Chaque théâtre de conflit futur où un agresseur aura accès à un pays complice sur son flanc exploitera cette tactique. L'Occident doit développer maintenant des doctrines de réponse — diplomatiques et techniques — pour contrer les relais de signal tiers avant que la prochaine guerre les utilise à grande échelle.*

## L'incertitude qui demeure : relais éteints ou démantèles ?

### La question que personne ne peut trancher

Une incertitude fondamentale demeure sur la situation au **22 juin 2026** : les stations relais ont-elles été physiquement démantelées et détruites, ou simplement éteintes et neutralisées temporairement ? **Euromaidan Press** et l'**Institut pour l'étude de la guerre** ont tous deux souligné cette ambiguïté dans leurs analyses du **24 juin**. Des structures qui ont simplement été éteintes peuvent être rallumées. Des structures qui ont été physiquement démontées le peuvent difficilement. La différence est militairement et diplomatiquement significative — mais sans accès au terrain, aucune source publique ne peut le confirmer avec certitude.

### La surveillance continue comme nécessité stratégique

L'armée ukrainienne et ses partenaires du renseignement occidental maintiennent une surveillance électronique active des fréquences associées aux stations relais biélorusses. Si ces fréquences reprennent de l'activité, cela sera détecté. La question est de savoir quelle réponse ukrainienne et occidentale suivrait une telle réactivation. L'ultimatum de **Zelensky** avait une date limite — le **26 juin**. Les relais ont été éteints avant. Mais l'ultimatum n'a pas prévu ce qui se passerait si les relais étaient ré-activés après leur extinction. Cette lacune dans le cadre de réponse ukrainien est une faiblesse que **Moscou** et **Minsk** pourraient exploiter à l'avenir.

*Les relais sont silencieux. Pour combien de temps ? Je ne le sais pas. Et c'est précisément ce que je refuse de prétendre savoir. Ce que je sais, c'est que la surveillance continue est indispensable — et que l'Ukraine a montré qu'une pression claire et directe sur Minsk peut produire des résultats concrets. Cette leçon vaut pour l'avenir, quelle que soit l'issue dans les semaines à venir.*

## Zelensky, le protecteur de l'ouest : le leadership dans un moment critique

### Une décision qui dépasse le cadre militaire

L'ultimatum de **Zelensky** du **19 juin** doit être lu non seulement comme une décision militaire — protéger les infrastructures logistiques ukrainiennes — mais aussi comme un message politique adressé à la population ukrainienne elle-même. En osant nommer le problème publiquement, en fixant une échéance claire, en obtenant un résultat concret en moins de **72 heures**, **Zelensky** démontre que son gouvernement est capable d'agir efficacement face à des menaces nouvelles. Dans un pays épuisé par plus de quatre ans de guerre, ce type de victoire tactique — même modeste dans l'ensemble de la guerre — a une valeur morale et psychologique que les chiffres militaires ne capturent pas.

### La continuité de la résistance comme message stratégique

Pour les partenaires occidentaux de l'**Ukraine**, la réaction de **Zelensky** aux relais biélorusses confirme que **Kyiv** continue d'identifier les menaces nouvelles avec précision, d'adapter ses réponses avec créativité, et de maintenir une pression diplomatique cohérente sur tous les acteurs du conflit — y compris les pays tiers complices. Cette capacité d'adaptation est l'une des raisons pour lesquelles l'**Ukraine** continue de résister à l'agression russe avec beaucoup moins de ressources que son agresseur. **Zelensky** ne gagne pas parce qu'il a plus de chars — il tient parce qu'il pense mieux.

*Zelensky est un héros — pas parce qu'il est parfait, pas parce que chaque décision de son gouvernement est irréprochable, mais parce qu'il reste debout. Parce qu'il refuse de partir, de se taire, de courber l'échine. Face aux relais biélorusses, il a agi vite et clairement. C'est ce que font les dirigeants qui méritent ce nom — ils identifient la menace, ils agissent, ils protègent leur peuple.*

## Le prix humain : déplacés, coupures d'électricité et résistance des civils

### Les civils de l'ouest pris dans une guerre qui s'étend

Derrière les chiffres militaires — les **21 frappes ferroviaires**, les **20 locomotives détruites**, les **quatre stations relais** — il y a des vies humaines concrètes. Les habitants de **Zhytomyr**, de **Rivne**, de **Volyn** qui avaient cru s'éloigner de la guerre en s'établissant dans les régions occidentales de l'**Ukraine**. Les familles qui avaient reconstruit un semblant de routine, inscrit leurs enfants dans des écoles locales, trouvé du travail ou des logements temporaires. Ces personnes sont les premières victimes non-militaires de l'extension de la portée des drones russes grâce aux relais biélorusses. Quand l'électricité est coupée après une frappe sur une sous-station, c'est chez elles que les lumières s'éteignent.

### La résilience comme marque identitaire ukrainienne

Mais ce que l'**Ukraine** a aussi montré depuis le **24 février 2022**, c'est une résilience civile remarquable face à des destructions répétées d'infrastructures. Les équipes de réparation ukrainiennes ont développé une capacité exceptionnelle à restaurer l'électricité, l'eau et les communications dans des délais que les experts occidentaux jugent souvent improbables. Les réseaux de solidarité entre régions, entre villes, entre communautés se sont renforcés à mesure que la guerre a duré. Les habitants de **Zhytomyr** ou de **Rivne** frappés par les drones ne se sont pas effondrés — ils ont réparé, reconstruit, résisté. C'est cette résilience que **Poutine** n'avait pas anticipée en **2022**, et qu'il n'a toujours pas brisée en **2026**.

*Je n'oublie jamais, derrière l'analyse géopolitique et militaire, que ce sont des êtres humains qui vivent cette guerre. Pas des statistiques. Pas des actifs stratégiques. Des gens qui voulaient simplement vivre en paix dans leur pays. La résilience ukrainienne face aux drones, aux relais biélorusses, aux destructions d'infrastructures est réelle et admirable. Elle mérite d'être nommée — pas seulement pour les bons chiffres dans les rapports militaires, mais parce que c'est la vérité humaine de ce conflit.*

## Conclusion : Zhytomyr résiste, mais la menace n'est pas effacée

### Une victoire tactique dans une guerre totale

L'extinction des stations relais biélorusses le **22 juin 2026** est une victoire tactique réelle pour l'**Ukraine** et un signal utile à **Minsk** sur les limites de sa complicité avec **Moscou**. Elle réduit immédiatement la capacité des drones russes à cibler efficacement les infrastructures ferroviaires et énergétiques des régions de **Zhytomyr**, **Rivne** et **Volyn**. Elle démontre que la pression diplomatique directe — même d'un pays en guerre contre un pays officiellement neutre — peut produire des résultats concrets. Et elle confirme que **Loukachenko** n'est pas un allié sans limite de **Poutine** — il a ses propres calculs de survie.

### Ce que l'histoire de ces relais nous dit sur la guerre à venir

Mais cette victoire tactique ne doit pas faire oublier les leçons structurelles. La **Russie** a démontré sa capacité à innover techniquement dans l'usage des drones. Elle a montré qu'elle est prête à utiliser des pays tiers comme plateformes opérationnelles. Et elle a prouvé que nulle région ukrainienne n'est définitivement hors de portée tant qu'elle peut accéder à des relais sur des territoires voisins. La réponse à long terme ne peut pas être seulement diplomatique — elle doit inclure des systèmes de défense anti-drones plus efficaces pour les régions occidentales, une surveillance électronique renforcée des territoires biélorusses, et une doctrine claire sur les conséquences pour **Minsk** si les relais sont ré-activés. **Zhytomyr** résiste. Mais les ombres sur l'ouest de l'**Ukraine** ne sont pas complètement dissipées.

*La guerre en Ukraine est un laboratoire technologique et doctrinal brutal. Les leçons que l'Occident en tire — ou ne tire pas — définiront sa capacité à défendre ses propres intérêts dans les conflits à venir. Les relais biélorusses sont une leçon. Que nous l'apprenions maintenant, ou que nous l'apprenions sur un prochain théâtre de guerre, c'est à nous de choisir.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [ISW — Russian Offensive Campaign Assessment, June 23, 2026 — 23 juin 2026](https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-june-23-2026/)

- [ISW — Russian Offensive Campaign Assessment, June 24, 2026 (relays go silent June 22) — 24 juin 2026](https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-june-24-2026/)

- [Euromaidan Press — Kyiv gave Belarus ruler week to pull Russia's drone relays, they went silent in three days — 24 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/24/kyiv-gave-belarus-ruler-week-to-pull-russias-drone-relays-they-went-silent-in-three-days-zelenskyy-says/)

### Sources secondaires

- [Militarnyi — Zelensky: Belarus must remove relay stations — 20 juin 2026](https://militarnyi.com/en/news/zelensky-belarus-must-remove-relay-stations/)

- [RBC-Ukraine — How Belarus relay stations shutdown affects Russian drone operations — 26 juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/how-belarus-relay-stations-shutdown-could-1782494728.html)

- [Radio Free Europe/RL — Belarus relay stations and Ukraine tensions — 26 juin 2026](https://www.rferl.org/a/relay-stations-belarus-ukraine-tensions/33789474.html)

- [Atlantic Council — Belarus quietly preparing larger role in Russia's Ukraine war — 25 juin 2026](https://www.atlanticcouncil.org/blogs/ukrainealert/belarus-is-quietly-preparing-to-play-a-larger-role-in-russias-ukraine-war/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/zhytomyr-rivne-volyn-sous-les-drones-l-ukraine-de-l-ouest-bombardee-grace-aux-re
