# Une maladie tropicale négligée frappe 40 millions de femmes dans l'ombre

> Des chercheurs de la Liverpool School of Tropical Medicine viennent de publier un appel clair: il faut élargir le dépistage de la

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-07-05
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/une-maladie-tropicale-negligee-frappe-40-millions-de-femmes-dans-l-ombre

## Introduction : le silence autour d'une infection qui touche des millions de femmes

### Une maladie connue depuis des décennies, mais toujours ignorée

**Des chercheurs** de la **Liverpool School of Tropical Medicine** viennent de publier un appel clair: il faut élargir le dépistage de la **schistosomiase génitale féminine (FGS)**, une infection tropicale négligée qui touche au moins **40 millions de femmes** dans le monde, principalement en **Afrique subsaharienne**. Certaines estimations, notamment celles de l'**OMS** et d'**ONUSIDA**, évoquent même un chiffre pouvant atteindre **56 millions** de femmes et de filles concernées.

**Cette** maladie, causée par le parasite **Schistosoma haematobium** transmis par contact avec de l'**eau douce infestée**, reste largement absente des services de santé reproductive, malgré son ampleur. **Les œufs** du parasite se logent dans les tissus reproducteurs, provoquant inflammation, lésions et cicatrices, souvent sans que la patiente ne sache jamais ce qui l'affecte réellement.

### Une infection trop souvent confondue avec autre chose

**Le problème central**, selon l'étude publiée dans **The Lancet Microbe**, c'est que la **FGS** est fréquemment mal diagnostiquée. Une femme qui présente des symptômes comme des pertes vaginales, des saignements de contact ou des douleurs pelviennes sera d'abord testée pour des **infections sexuellement transmissibles** ou des infections urinaires classiques, jamais pour ce parasite précis, faute de formation adéquate du personnel médical.

**Or**, il faut le préciser avec insistance: la **schistosomiase génitale féminine** n'est PAS une infection sexuellement transmissible, même si son nom porte à confusion. Elle s'attrape par contact avec de l'eau contaminée, souvent dès l'enfance, lors d'activités aussi banales que la lessive ou la baignade en rivière.

*Il y a quelque chose de profondément injuste dans le fait qu'une maladie touchant des dizaines de millions de femmes reste aussi mal comprise en 2026. Ce n'est pas un manque de science, c'est un manque de priorité politique et budgétaire, et ça mérite d'être dit sans détour.*

## Un lien préoccupant avec le VIH et le cancer du col de l'utérus

### Des lésions qui ouvrent la porte à d'autres infections

**L'étude** menée par l'équipe de la professeure **Amaya Bustinduy**, spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques et de l'adolescence à la **Liverpool School of Tropical Medicine**, a examiné comment la **FGS** interagit avec d'autres infections gynécologiques. Les résultats montrent que l'inflammation chronique et les dommages tissulaires causés par la maladie peuvent accroître la vulnérabilité des femmes au **VIH** et au **papillomavirus humain (HPV)**, principale cause du cancer du col de l'utérus.

**Plusieurs études** antérieures menées au **Mozambique**, en **Tanzanie** et au **Zimbabwe** avaient déjà établi que les femmes adultes atteintes de FGS présentaient un risque de trois à quatre fois plus élevé de contracter le VIH que celles qui n'étaient pas infectées, selon des données compilées par **ONUSIDA**.

### Une explication biologique désormais mieux comprise

**Deux mécanismes** expliqueraient cette vulnérabilité accrue: d'abord, un nombre plus élevé de cellules réceptrices du VIH présentes dans les lésions causées par la FGS; ensuite, les dommages physiques infligés à la muqueuse vaginale et cervicale, qui facilitent la transmission virale lors de saignements de contact pendant les rapports sexuels.

**Chez les adolescentes**, cette réalité est encore plus préoccupante: la FGS survient souvent avant même les premiers rapports sexuels dans les régions où le parasite est endémique, ce qui signifie que ces jeunes filles arrivent déjà vulnérabilisées face au VIH avant même d'être exposées à un premier partenaire.

*Quand on comprend que des adolescentes peuvent être rendues vulnérables au VIH par un simple contact avec de l'eau contaminée, bien avant leur premier rapport sexuel, on réalise à quel point les campagnes de prévention actuelles passent complètement à côté du problème.*

## Vers un dépistage combiné, sans promesse de miracle

### Une piste concrète: tester plusieurs infections en même temois

**Les chercheurs** proposent une approche pragmatique plutôt que révolutionnaire: intégrer le dépistage de la **FGS** dans les programmes existants de lutte contre le VIH, le cancer du col de l'utérus et la santé sexuelle. Concrètement, cela signifie utiliser un seul et même prélèvement génital pour tester à la fois le **HPV** et la **FGS**, une méthode qui éviterait de multiplier les visites médicales pour des femmes qui, souvent, vivent loin des centres de santé.

**Des outils** diagnostiques plus modernes, appuyés par l'intelligence artificielle et des tests moléculaires, sont également à l'étude pour faciliter la détection sur le terrain, là où les **colposcopie**s traditionnelles restent difficiles d'accès dans les régions rurales d'**Afrique subsaharienne**.

### Rester prudent face à l'enthousiasme scientifique

**Il faut néanmoins** tempérer l'enthousiasme: ces propositions n'en sont encore qu'au stade de recommandations. Aucun calendrier de déploiement à grande échelle n'a été confirmé, et le financement de ces programmes intégrés dépendra largement de la volonté politique des gouvernements concernés et des bailleurs internationaux, dans un contexte où les budgets de santé mondiale sont déjà sous pression.

**La professeure Bustinduy** elle-même reconnaît que la FGS demeure l'une des conditions gynécologiques les plus négligées touchant les femmes et les filles d'Afrique, malgré l'ampleur du problème, ce qui illustre bien le fossé entre la connaissance scientifique et l'action concrète sur le terrain.

*On peut saluer cette avancée scientifique tout en refusant de tomber dans le miracle facile: identifier un problème et proposer une solution technique, c'est bien, mais sans financement réel et sans volonté politique soutenue, ça restera un rapport de plus qui prend la poussière.*

## Une charge invisible pour les systèmes de santé locaux

### Un manque criant d'outils diagnostiques sur le terrain

**Le diagnostic standard** de la FGS exige une colposcopie et un examen **histopathologique**, des procédures qui nécessitent des installations bien équipées, rares dans les régions endémiques d'**Afrique subsaharienne**. Selon des données compilées par le **Bulletin de l'Organisation mondiale de la santé**, seules quelques dizaines de milliers de femmes ont pu être formellement examinées sur les dizaines de millions potentiellement touchées, un écart vertigineux entre l'ampleur du problème et la capacité réelle de dépistage.

**Cette** pénurie d'outils diagnostiques n'est pas qu'une question technique: elle reflète des décennies de sous-financement chronique des maladies tropicales négligées, une catégorie de pathologies qui affecte principalement des populations pauvres et rurales, loin des priorités de recherche des grandes puissances pharmaceutiques occidentales.

### Des solutions à bas coût commencent à émerger

**Des chercheurs** en **Zambie** testent actuellement des méthodes d'auto-prélèvement à domicile, une approche qui pourrait démocratiser le dépistage sans exiger la présence systématique d'un colposcope ou d'un spécialiste formé. Ces études, comme le projet **Zipime-Weka-Schista**, misent sur l'acceptabilité communautaire pour atteindre des femmes qui, autrement, n'auraient jamais accès à un dépistage gynécologique.

**Les** premiers résultats de ces initiatives montrent une adhésion élevée des participantes, un signe encourageant qui suggère que le principal obstacle n'est pas la volonté des femmes concernées, mais bien l'absence de programmes structurés et financés pour les atteindre.

*Ce qui me frappe le plus dans ce dossier, c'est que la technologie existe déjà, à bas coût, mais qu'elle reste coincée au stade de projet pilote depuis des années. Le problème n'est pas scientifique, il est structurel, et ça devrait nous mettre mal à l'aise collectivement.*

## Le rôle ambigu des grandes institutions internationales

### Des engagements qui existent, mais qui restent insuffisants

**L'OMS** a déjà distribué des centaines de millions de comprimés de **praziquantel**, le traitement standard contre la schistosomiase, à travers des programmes scolaires de déparasitage dans les pays endémiques. Ce médicament, administré tôt, peut prévenir l'apparition de lésions chroniques liées à la FGS, ce qui en fait un outil de prévention à la fois simple et peu coûteux.

**Cependant**, ces programmes ciblent principalement les enfants d'âge scolaire et négligent souvent les femmes adultes, un angle mort qui laisse une partie importante de la population à risque sans accès régulier au traitement, particulièrement dans les zones rurales isolées où la couverture scolaire elle-même demeure incomplète.

### Le poids des priorités concurrentes en santé mondiale

**Dans un contexte** où les budgets de santé mondiale sont sollicités simultanément par la lutte contre le VIH, la tuberculose, le paludisme et désormais les séquelles de la pandémie de COVID-19, la **schistosomiase génitale féminine** peine à obtenir une place prioritaire dans les agendas des grands bailleurs internationaux, malgré son lien démontré avec plusieurs de ces mêmes maladies.

**C'est** précisément cette absence de priorisation qui pousse aujourd'hui des chercheurs comme la professeure **Bustinduy** à multiplier les publications et les appels publics, dans l'espoir de faire bouger les lignes budgétaires avant que davantage de femmes ne développent des complications évitables.

*Je comprends la logique de priorisation budgétaire en santé mondiale, mais quand une maladie touche 40 millions de femmes et qu'elle reste dans l'angle mort des grands bailleurs, on ne parle plus de gestion rationnelle des ressources, on parle d'un choix politique qui a un coût humain bien réel.*

## Ce que cette étude change concrètement pour les femmes concernées

### Une reconnaissance qui pourrait ouvrir des portes

**La publication** de cette étude dans une revue aussi respectée que **The Lancet Microbe** constitue en soi une forme de reconnaissance institutionnelle qui pourrait faciliter l'obtention de financements futurs. Les grandes revues scientifiques jouent un rôle non négligeable dans la manière dont les bailleurs de fonds priorisent leurs investissements, et une couverture accrue de la FGS dans la littérature médicale pourrait progressivement changer la donne.

**Pour les femmes** vivant avec cette infection sans le savoir, cette reconnaissance scientifique ne change rien à leur situation immédiate, mais elle pose les bases d'un changement à moyen terme, à condition que les recommandations se traduisent en programmes concrets financés sur le terrain.

### L'importance de la sensibilisation communautaire

**Au-delà** des aspects purement médicaux, les chercheurs insistent sur la nécessité d'une sensibilisation communautaire accrue, notamment auprès des agents de santé de première ligne qui sont souvent les premiers, voire les seuls, points de contact médical pour les femmes en zone rurale. Une meilleure formation de ce personnel pourrait, à elle seule, réduire considérablement les délais de diagnostic.

**Cette** dimension humaine du dossier rappelle que la science, aussi solide soit-elle, ne suffit jamais à elle seule: il faut aussi des systèmes de santé fonctionnels, du personnel formé et une volonté politique soutenue pour transformer une découverte en amélioration réelle de la vie des femmes concernées.

*Une étude publiée dans une grande revue scientifique, c'est un pas important, mais ça ne soigne personne. Ce sera la traduction concrète de ces recommandations en programmes financés sur le terrain qui déterminera si cet appel aura vraiment servi à quelque chose.*

## L'impact potentiel sur la lutte mondiale contre le VIH

### Une occasion manquée de prévention croisée

**Les** grandes campagnes mondiales de prévention du **VIH**, portées notamment par **ONUSIDA**, se concentrent traditionnellement sur les préservatifs, les traitements préventifs comme la **PrEP** et le dépistage régulier. Rarement ces campagnes intègrent-elles la question des maladies parasitaires comme facteur de vulnérabilité accrue, ce qui représente, selon les chercheurs, une occasion manquée de prévention croisée particulièrement pertinente en **Afrique subsaharienne**.

**Intégrer** le dépistage de la FGS aux programmes de lutte contre le VIH ne coûterait, selon plusieurs spécialistes, qu'une fraction supplémentaire du budget déjà alloué à ces programmes existants, puisque l'infrastructure de base, cliniques, personnel, systèmes de suivi, est déjà en place pour le VIH dans la plupart des régions concernées.

### Un potentiel de réduction mesurable des nouvelles infections

**Si** l'on se fie aux études réalisées en **Zambie**, au **Mozambique** et au **Zimbabwe**, un dépistage et un traitement précoces de la FGS pourraient contribuer à réduire les nouvelles infections au VIH chez les femmes et les adolescentes dans les zones les plus touchées, même si aucune étude à grande échelle n'a encore quantifié précisément cet impact potentiel.

**Cette** prudence scientifique est saine: il serait irresponsable de promettre une baisse chiffrée des infections au VIH avant que des essais cliniques rigoureux ne le confirment, mais la logique biologique sous-jacente reste suffisamment solide pour justifier des investissements pilotes supplémentaires.

*Voilà exactement le genre de connexion que les bailleurs internationaux devraient exploiter davantage: utiliser l'infrastructure déjà financée pour le VIH afin de dépister une maladie parasitaire qui aggrave précisément ce même VIH. C'est une logique d'efficacité budgétaire qui devrait séduire même les plus sceptiques.*

## Les leçons à tirer d'autres maladies tropicales négligées

### Des précédents encourageants dans la lutte contre d'autres parasites

**L'histoire** récente de la santé mondiale offre des exemples de maladies tropicales négligées qui ont fini par obtenir l'attention et le financement nécessaires, comme la **dracunculose**, aussi appelée maladie du ver de Guinée, dont les cas ont chuté de plusieurs centaines de milliers dans les années 1980 à quelques dizaines aujourd'hui grâce à des campagnes ciblées et un financement soutenu sur plusieurs décennies.

**Ce** précédent montre qu'une mobilisation internationale cohérente, même pour une maladie qui ne touche pas directement les pays riches, peut produire des résultats concrets et mesurables lorsque la volonté politique et le financement suivent sur la durée.

### Pourquoi la FGS n'a pas encore bénéficié du même élan

**Contrairement** à la **dracunculose**, dont l'éradication était un objectif simple et mesurable, la **schistosomiase génitale féminine** souffre d'un problème de visibilité: ses symptômes touchent des organes intimes rarement discutés publiquement, un tabou culturel qui s'ajoute aux obstacles techniques et financiers déjà mentionnés.

**Briser** ce tabou fait désormais partie intégrante de la stratégie des chercheurs, qui multiplient les publications académiques accessibles et les communiqués vulgarisés pour sortir la FGS de l'ombre médiatique où elle est restée confinée depuis des décennies.

*Si une maladie transmise par un ver aquatique a pu être pratiquement éradiquée grâce à une volonté politique soutenue, il n'y a aucune raison structurelle pour laquelle la FGS ne pourrait pas suivre un chemin similaire, sauf le tabou qui entoure encore la santé génitale des femmes dans trop de sociétés.*

## Conclusion : une négligence qui doit cesser

### Un appel à l'action qui mérite d'être entendu

**Cet appel** des chercheurs de la **Liverpool School of Tropical Medicine** arrive à un moment où les inégalités en santé mondiale restent criantes. Des millions de femmes vivent avec une infection qui augmente leur vulnérabilité au VIH et au cancer, sans même savoir qu'elles en sont porteuses, faute de dépistage adéquat dans leurs systèmes de santé locaux.

### Ce qu'il faut surveiller dans les prochains mois

**La question** qui déterminera l'impact réel de cette étude n'est pas scientifique, mais politique: est-ce que les gouvernements d'**Afrique subsaharienne**, appuyés par des organisations comme l'**OMS** et **ONUSIDA**, vont concrètement intégrer ce dépistage dans leurs programmes de santé publique, ou est-ce que cet appel restera, comme tant d'autres avant lui, une recommandation académique sans suite budgétaire.

*Je garde un espoir mesuré, sans naïveté: la science a fait sa part en identifiant clairement le problème et des pistes concrètes de solution. Maintenant, c'est aux gouvernements et aux bailleurs internationaux de démontrer qu'ils prennent au sérieux la santé de dizaines de millions de femmes trop longtemps laissées pour compte.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

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Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

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Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

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## Sources

### Sources primaires

- Organisation mondiale de la santé, salle de presse — consulté juillet 2026

- Researchers call for increased screening for parasitic disease linked to HIV and cervical cancer risk, Medical Xpress — 2 juillet 2026

- Liverpool School of Tropical Medicine, communiqué officiel — juillet 2026

### Sources secondaires

- Researchers urge expanded testing for neglected female genital schistosomiasis, News-Medical — 2 juillet 2026

- Lancet series highlights schistosomiasis in women and girls, Stanford Global Health — 2026

- No more neglect — Female genital schistosomiasis and HIV, ONUSIDA

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/une-maladie-tropicale-negligee-frappe-40-millions-de-femmes-dans-l-ombre
