# Une juge fédérale inflige un revers définitif à Trump sur le tunnel Gateway

> Le 29 juin 2026, la juge fédérale Jeannette A. Vargas, de la Cour de district des États-Unis pour le district sud de

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Reportage
- Publié: 2026-07-05
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/une-juge-federale-inflige-un-revers-definitif-a-trump-sur-le-tunnel-gateway

## Introduction : la bataille du tunnel qui résume l'ère Trump

### Un projet de 16 milliards de dollars pris en otage

Le **29 juin 2026**, la juge fédérale **Jeannette A. Vargas**, de la **Cour de district des États-Unis pour le district sud de New York**, a rendu une **injonction permanente** interdisant à l'administration **Trump** de couper le financement fédéral du **projet Gateway**, un chantier de **16 milliards de dollars** visant à construire de nouveaux tunnels ferroviaires sous la **rivière Hudson**, entre **New York** et le **New Jersey**.

**Dans** sa décision, la juge a écrit que même le gouvernement fédéral ne contestait pas que le gel de financement annoncé en **septembre 2025** violait « de façon flagrante » la loi fédérale, faute d'avoir respecté les procédures requises ou donné à la **Gateway Development Commission** la possibilité de contester la décision.

### Un dossier qui traîne depuis dix mois

**Cette** victoire judiciaire, obtenue par les procureures générales de **New York** et du **New Jersey**, met fin — du moins temporairement — à un feuilleton juridique commencé le **30 septembre 2025**, lorsque le **département des Transports** a brusquement suspendu tous les paiements dus au projet, invoquant un examen de conformité aux nouvelles règles fédérales contre les critères raciaux et de genre dans l'octroi de contrats.

*Il faut le dire simplement: retenir le financement d'un projet d'infrastructure vital pour des millions de navetteurs, sous prétexte bureaucratique, alors que les documents judiciaires eux-mêmes évoquent une punition politique contre des États démocrates, c'est exactement le genre de dérive intérieure que je refuse de banaliser chez cette administration.*

## Le fil des événements: du gel à l'injonction

### Un arrêt de travail qui a mis 1000 emplois en jeu

**Faute** de nouveaux versements fédéraux pendant **quatre mois**, la **Gateway Development Commission** a averti que les chantiers des deux côtés de l'**Hudson** devraient fermer dès le **6 février 2026**. **Selon** les documents déposés en cour, cette interruption menaçait directement près de **1000 emplois** immédiats et, à plus long terme, jusqu'à **11 000 emplois** liés aux chantiers en cours et **95 000 emplois** générés par l'ensemble du projet, pour une activité économique estimée à **19,6 milliards de dollars**.

Le **2 février 2026**, les procureures générales **Letitia James** de **New York** et **Jennifer Davenport** du **New Jersey** ont déposé une poursuite d'urgence, affirmant que le gel « ne reposait sur aucune préoccupation légitime de conformité » mais reflétait plutôt une décision « illégale et politiquement motivée ».

### Une première victoire, puis un yo-yo juridique

Le **6 février 2026**, la juge **Vargas** a accordé une **ordonnance de restriction temporaire**, forçant l'administration à libérer immédiatement plus de **200 millions de dollars** retenus. La **Cour d'appel du deuxième circuit** a refusé de bloquer cette décision, permettant la reprise des travaux dès le **13 février**. Le versement complet a toutefois traîné, provoquant la colère de la gouverneure de **New York**, **Kathy Hochul**, et du sénateur **Chuck Schumer**, qui réclamaient une exécution immédiate de l'ordonnance judiciaire.

*Ce qui m'frappe dans cette chronologie, c'est le mépris presque systématique pour les décisions de justice — obéir seulement quand la cour d'appel confirme, traîner les pieds sur chaque virement, et recommencer le combat ailleurs. C'est une stratégie d'usure, pas une gestion de bonne foi.*

## Le verdict du 29 juin: un langage judiciaire sans appel

### « Flagrant » et « contraire à la loi »

**Dans** son jugement définitif, la juge **Vargas** a statué que l'action de l'administration était « contraire à la loi » dans la mesure où elle avait suspendu les décaissements au projet **Gateway**. **Elle** a souligné que la suspension, annoncée la veille d'une fermeture du gouvernement fédéral à l'automne **2025**, avait été décrétée « sans aucune constatation » que la **Gateway Development Corporation** ait enfreint quelque loi que ce soit.

**Cette** formulation judiciaire retire tout argument de bonne foi à la défense fédérale: il ne s'agissait pas d'un différend de conformité réglementaire légitime, mais d'une décision arbitraire, désormais annulée de façon permanente par la cour.

### Le litige sur les dommages, lui, continue

La décision de la juge **Vargas** ne clôt pas entièrement le dossier judiciaire. La poursuite distincte déposée par la **Gateway Development Commission** elle-même, devant la **Cour fédérale des réclamations**, réclame des dommages pour les coûts encourus durant l'arrêt de travail forcé de février. **Deux** chefs d'accusation restent d'ailleurs actifs devant le juge **Richard Hertling**, notamment sur la question de la bonne foi contractuelle du gouvernement fédéral.

*Un gouvernement qui doit se faire dire deux fois, par deux tribunaux différents, qu'il a agi illégalement, ce n'est pas de la malchance administrative. C'est un pattern, et les navetteurs de la Northeast Corridor méritent qu'on le nomme clairement.*

## Le contexte plus large: pourquoi ce tunnel compte

### Un maillon vital du corridor Washington-Boston

Le **projet Gateway** ne se limite pas à un chantier régional: il constitue l'un des projets d'infrastructure ferroviaire les plus critiques du pays, permettant de moderniser le tronçon le plus congestionné du **corridor Nord-Est**, qui relie **Washington** à **Boston** via **New York**. **Amtrak**, cogestionnaire du projet avec les gouverneurs de **New York** et du **New Jersey**, dépend de ces nouveaux tunnels pour remplacer une infrastructure centenaire en décrépitude.

Le gouvernement fédéral s'était engagé à financer près des trois quarts du coût total du projet, un engagement pris sous la présidence de **Joe Biden**, les **États** de **New York** et du **New Jersey** couvrant le reste.

### Une infrastructure centenaire qui menace la sécurité des passagers

**Les** tunnels actuels sous l'**Hudson**, construits il y a plus d'un siècle, souffrent de dommages structurels accumulés depuis l'ouragan **Sandy en 2012**. Un effondrement partiel ou une fermeture prolongée de ces tunnels vieillissants paralyserait l'ensemble du corridor ferroviaire le plus fréquenté du pays, avec des conséquences économiques majeures pour des millions de navetteurs quotidiens.

*C'est précisément parce que cette infrastructure est vitale, et non négociable, que je trouve le calcul politique derrière ce gel de financement aussi cynique. On ne joue pas avec la sécurité de millions de passagers pour envoyer un message partisan aux États démocrates.*

## Les motivations politiques derrière le gel initial

### Un projet étiqueté « démocrate »

**Selon** la poursuite de la **Gateway Development Commission**, la décision de geler les fonds reposait sur des propos tenus par de « hauts fonctionnaires de l'exécutif » associant le financement du projet à son étiquette de « programme démocrate ». Le directeur du bureau du budget de la **Maison**-**Blanche**, **Russ Vought**, avait pour sa part justifié la mesure en invoquant des inquiétudes liées à des politiques de diversité, d'équité et d'inclusion jugées inconstitutionnelles.

Le président **Trump** avait lui-même affirmé en **octobre 2025** avoir « mis fin » au projet, une déclaration que les tribunaux ont depuis directement contredite par leurs décisions successives.

### Une accusation de représailles politiques

**Dans** sa poursuite, la sénatrice **Chuck Schumer** a résumé la position démocrate: « **Pendant** des mois, **Donald Trump** et ses collaborateurs à **Washington** ont illégalement retenu un financement engagé pour ce projet dans un acte de représailles politiques flagrant destiné à nuire aux **New**-**Yorkais**. » Les tribunaux, en validant à répétition les arguments des procureures générales, ont donné du poids concret à cette accusation.

*Utiliser un financement d'infrastructure fédéral comme monnaie d'échange politique contre des États qui n'ont pas voté pour vous, c'est une dérive que même les tribunaux les plus mesurés ont fini par qualifier de flagrante. Ça devrait alarmer bien au-delà de New York et du New Jersey.*

## La réaction des élus locaux et de la Maison-Blanche

### Hochul et Sherrill savourent une victoire tardive

La gouverneure **Kathy Hochul** et la gouverneure du **New Jersey**, **Mikie Sherrill**, ont toutes deux salué la décision du **29 juin** comme une confirmation de ce qu'elles répétaient depuis des mois: le gel de financement n'avait jamais reposé sur une base légale solide. **Sherrill** avait déclaré en février qu'il était « largement passé le temps » que le président libère les fonds, ajoutant qu'il les avait « illégalement arrêtés » et que les tribunaux avaient « parlé ».

La procureure générale **Letitia James**, qui a mené une bonne partie de la bataille juridique, a rappelé que l'administration « n'a jamais eu l'autorité de geler ce financement » dès le départ.

### Un silence révélateur de la Maison-Blanche

**Contrairement** à d'autres dossiers judiciaires où l'administration **Trump** a multiplié les déclarations combatives, la réponse officielle à l'injonction permanente du **29 juin** est restée nettement plus discrète, un contraste qui n'a pas échappé aux observateurs habitués aux sorties médiatiques plus tonitruantes du président sur d'autres dossiers judiciaires.

*Ce silence relatif en dit long. Quand une administration a l'habitude de crier à l'injustice sur tous les fronts, son mutisme face à une défaite judiciaire aussi nette ressemble à un aveu tacite qu'elle savait, depuis le départ, marcher sur un terrain juridique fragile.*

## Les enjeux financiers qui subsistent

### Qui paiera pour les retards causés par le gel?

Au-delà du principe juridique établi par la juge **Vargas**, une question financière demeure en suspens: qui absorbera les coûts supplémentaires générés par l'arrêt de travail forcé de février **2026**? **Selon** les accords existants, tout dépassement du budget de **16 milliards de dollars** devrait normalement être assumé par les contribuables de **New York** et du **New Jersey**, ce qui alimente la contestation des deux **États** devant la **Cour fédérale des réclamations**.

La **Gateway Development Commission** cherche précisément à faire reconnaître que ces coûts additionnels, directement causés par la rupture de contrat fédérale, ne devraient pas retomber sur les épaules des contribuables locaux.

### Un précédent judiciaire pour d'autres projets d'infrastructure

Ce jugement pourrait aussi servir de précédent pour d'autres **États** qui redoutent des gels de financement similaires sur des projets d'infrastructure fédéraux jugés politiquement indésirables par la **Maison**-**Blanche**. Le langage sans équivoque de la juge **Vargas** — « contraire à la loi », « flagrant » — établit une barre claire pour évaluer la légalité de futures suspensions de fonds fédéraux.

*Si ce jugement tient la route en appel, il pourrait bien devenir un bouclier juridique pour d'autres gouverneurs démocrates confrontés au même genre de chantage budgétaire. C'est peut-être la vraie portée durable de cette affaire.*

## Ce que révèle ce dossier sur la gouvernance Trump

### Un pattern qui dépasse le seul tunnel Gateway

Le dossier **Gateway** s'inscrit dans une tendance plus large observée durant le second mandat de **Donald Trump**: l'utilisation de leviers budgétaires fédéraux, souvent sous prétexte de conformité réglementaire, pour exercer une pression politique sur des **États** ou des institutions perçus comme hostiles. **Les** tribunaux, dans ce cas précis comme dans d'autres, ont généralement freiné ces tentatives lorsqu'elles manquaient de fondement légal.

Ce pattern soulève une question de fond pour la gouvernance américaine: jusqu'où un exécutif peut-il instrumentaliser des fonds déjà approuvés par le **Congrès** pour punir des adversaires politiques, sans provoquer une réponse judiciaire systématique?

### Le rôle stabilisateur du pouvoir judiciaire

**Dans** ce dossier comme dans plusieurs autres touchant l'administration **Trump**, ce sont les tribunaux fédéraux — et non le **Congrès** — qui ont joué le rôle de contrepoids le plus concret face aux décisions exécutives contestées. **Cette** dynamique illustre à la fois la robustesse persistante des institutions judiciaires américaines et la fragilité d'un système où chaque grand projet d'infrastructure peut devenir l'otage d'un cycle électoral.

*Je crédite volontiers cette administration quand elle renforce la posture militaire occidentale face à la Russie ou à la Chine. Mais sur le terrain domestique, ce genre de dossier confirme que la vigilance judiciaire reste indispensable, et que le mot « nécessaire » ne veut jamais dire « incontesté ».*

## Les navetteurs, grands oubliés du bras de fer politique

### Des millions de trajets quotidiens en jeu

**Loin** des salles d'audience et des communiqués de presse, ce sont les navetteurs du **New Jersey** et de **New York** qui ont subi les conséquences concrètes de ce feuilleton juridique: incertitude sur l'avenir du projet, risques accrus liés à une infrastructure vieillissante, et retards potentiels dans la livraison d'un tunnel censé désengorger l'un des axes ferroviaires les plus achalandés d'**Amérique** du **Nord**.

**Pour** les milliers de travailleurs de la construction directement touchés par l'arrêt de février, la reprise des travaux a représenté un soulagement immédiat, mais teinté par l'incertitude quant à la possibilité que l'administration tente une nouvelle manœuvre similaire.

### Une confiance à reconstruire envers Washington

Au-delà des chiffres et des jugements, ce dossier a érodé la confiance des gestionnaires de grands projets d'infrastructure envers la fiabilité des engagements fédéraux à long terme. **Comme** l'a souligné la poursuite initiale de la commission, cette saga « a compromis la réputation des **États**-**Unis** comme partenaire contractuel fiable » — une phrase lourde de sens pour un pays qui aspire à multiplier les grands chantiers d'infrastructure dans les années à venir.

*Une nation qui ne peut plus garantir la stabilité de ses propres engagements financiers envers ses partenaires locaux envoie un signal inquiétant, bien au-delà des frontières du New Jersey et de New York.*

## Comparaison avec d'autres dossiers de financement contesté

### Un mode opératoire qui se répète

Le schéma observé dans le dossier **Gateway** — gel soudain invoquant des motifs de conformité, contestation judiciaire par des **États** démocrates, puis défaite en cour — rappelle d'autres affrontements survenus durant la même période entre l'administration **Trump** et des juridictions perçues comme politiquement hostiles, touchant des domaines allant du financement universitaire à certains programmes sociaux.

**Chaque** fois, le motif invoqué publiquement (conformité réglementaire, audit budgétaire) a fini par céder devant des preuves documentaires suggérant une motivation politique sous-jacente, un schéma que plusieurs juges fédéraux ont désormais explicitement reconnu dans leurs décisions.

### Les limites du pouvoir exécutif face au Congrès

Ce dossier rappelle une règle constitutionnelle fondamentale souvent négligée dans le débat public: une fois qu'un financement a été approuvé par le **Congrès** à travers des accords contractuels en bonne et due forme, l'exécutif ne dispose pas d'un pouvoir discrétionnaire illimité pour le retenir sans justification légale solide. C'est précisément cette limite que la juge **Vargas** a fait respecter.

*Ce n'est pas de l'activisme judiciaire que de rappeler à un président que le Congrès, et non la Maison-Blanche seule, détient le pouvoir de la bourse. C'est la Constitution qui parle, pas un juge partisan.*

## Ce que cette affaire enseigne sur la résilience institutionnelle américaine

### Des mécanismes de contrepoids qui ont tenu

**Malgré** des mois d'incertitude et un arrêt de travail bien réel en février, le système judiciaire américain a démontré, dans ce dossier précis, sa capacité à corriger une décision exécutive jugée illégale, même face à une administration prête à multiplier les appels et les délais procéduraux. Ce constat, bien que rassurant sur le plan institutionnel, ne doit pas occulter le coût humain et économique réel imposé aux travailleurs et aux contribuables durant la bataille.

La persistance des procureures générales de **New York** et du **New Jersey**, appuyées par des décisions judiciaires répétées en leur faveur, illustre aussi le rôle croissant des **États** comme contrepoids actif face à des décisions fédérales contestées.

### Un signal pour les prochains bras de fer

Ce dossier, désormais en grande partie tranché sur le plan du principe juridique, servira probablement de référence pour d'autres batailles similaires à venir entre **States** démocrates et administration fédérale, notamment si d'autres projets d'infrastructure ou de financement social se retrouvent au centre de tensions politiques comparables.

*Je le redis: applaudir la fermeté de cette administration face à la Russie ou à la Chine ne m'empêche jamais de dénoncer ses dérives chez elle. Les deux jugements peuvent, et doivent, coexister chez un chroniqueur honnête.*

## Les prochaines étapes judiciaires à surveiller

### L'appel possible et le calendrier à venir

**Bien** que l'injonction permanente de la juge **Vargas** constitue une victoire décisive pour les deux **États**, rien n'empêche l'administration fédérale de porter la décision en appel devant la **Cour d'appel du deuxième circuit**, comme elle l'a fait à plusieurs reprises plus tôt dans l'année. **Les** observateurs judiciaires s'attendent à surveiller de près tout mouvement procédural dans les semaines suivant le jugement.

**Parallèlement**, le volet des dommages devant la **Cour fédérale des réclamations**, sous la supervision du juge **Richard Hertling**, continuera de progresser indépendamment de l'injonction, avec un calendrier d'adjudication qui reste à établir.

### L'impact concret sur le calendrier de construction

**Pour** l'instant, la décision du **29 juin** permet au chantier de progresser « sans entrave », selon les termes mêmes du jugement, ce qui représente une nouvelle la plus attendue depuis des mois par les milliers de travailleurs et les millions de navetteurs qui dépendent, à terme, de la modernisation de ce corridor ferroviaire vital.

*Après dix mois de bataille judiciaire, la meilleure nouvelle reste la plus simple: des ouvriers retournent au travail, et un tunnel essentiel à des millions de gens continue d'avancer. Ça devrait toujours passer avant les calculs politiques.*

## Pourquoi ce dossier dépasse largement New York et le New Jersey

### Un test de crédibilité pour l'ensemble du système fédéral

Ce feuilleton judiciaire dépasse largement la seule question du financement d'un tunnel ferroviaire. Il constitue un test grandeur nature de la capacité du système américain à contenir l'usage politisé des leviers budgétaires fédéraux, une question qui touche potentiellement tous les **États**, indépendamment de leur allégeance partisane, dès lors qu'ils dépendent de fonds fédéraux pour des projets d'infrastructure critiques.

Le langage sans équivoque employé par la juge **Vargas** établit un précédent que d'autres tribunaux pourraient invoquer dans des différends similaires à venir, renforçant potentiellement la protection juridique des collectivités locales face à des gels de financement arbitraires.

### Un rappel que la démocratie se joue aussi dans les tribunaux administratifs

**Loin** des projecteurs médiatiques habituels braqués sur les grandes crises géopolitiques, ce dossier rappelle que la vigueur démocratique se mesure aussi dans des salles d'audience obscures, où des juges fédéraux, souvent sans grand éclat médiatique, tranchent des différends techniques aux conséquences bien réelles pour des millions de citoyens.

*On parle souvent de démocratie en pensant aux élections et aux discours. Ce dossier me rappelle qu'elle se joue tout autant dans des jugements techniques sur des virements bancaires fédéraux, loin des caméras, mais tout aussi déterminants pour la vie quotidienne des gens.*

## Le rôle méconnu d'Amtrak dans cette bataille

### Un cogestionnaire pris entre deux feux

**Amtrak**, cogestionnaire officiel du projet aux côtés des gouverneurs de **New York** et du **New Jersey**, s'est retrouvé dans une position délicate tout au long de cette saga: dépendant des décaissements fédéraux pour honorer ses propres obligations contractuelles envers les entrepreneurs, tout en étant lui-même une société sous supervision fédérale. Cette double dépendance a compliqué la gestion quotidienne du chantier durant les mois d'incertitude budgétaire.

Les dirigeants d'**Amtrak** ont généralement évité de commenter publiquement le différend politique sous-jacent, préférant concentrer leurs communications sur l'avancement technique du chantier et la sécurité des infrastructures existantes, elles-mêmes fragilisées par l'âge des tunnels actuels.

### Une pression supplémentaire sur un réseau déjà fragile

Le **corridor Nord-Est**, déjà considéré comme le réseau ferroviaire le plus achalandé et le plus vieillissant du pays, ne pouvait se permettre une interruption prolongée des travaux sans risquer une dégradation accélérée de ses infrastructures existantes. Chaque mois de retard supplémentaire aurait accru la pression sur des tunnels centenaires déjà fragilisés par les dommages de l'ouragan **Sandy**.

C'est cette urgence structurelle, documentée depuis des années par les ingénieurs d'**Amtrak** eux-mêmes, qui rendait le pari politique de l'administration **Trump** d'autant plus risqué pour la sécurité publique à long terme.

*On oublie trop souvent qu'Amtrak, coincé entre obligations fédérales et réalités techniques, n'avait aucun intérêt politique dans cette bataille. Ce sont les vrais opérateurs du système, pas les stratèges de Washington, qui ont porté le poids de cette incertitude.*

## Conclusion : une victoire judiciaire, mais une vigilance qui doit rester entière

### Ce que cette décision change concrètement

La décision de la juge **Jeannette Vargas** rétablit, de façon permanente cette fois, le financement fédéral du **projet Gateway**, mettant fin à près de dix mois d'incertitude pour des milliers de travailleurs et des millions de navetteurs. Le langage judiciaire employé — « flagrant », « contraire à la loi » — ne laisse guère de place à l'ambiguïté sur la nature de la décision initiale de l'administration **Trump**.

### Un dossier à suivre malgré la victoire

Reste que ce type de dossier, aussi favorablement tranché soit-il, illustre une fragilité structurelle: tant qu'un exécutif fédéral pourra invoquer des motifs réglementaires vagues pour geler des fonds déjà approuvés par le **Congrès**, d'autres projets d'infrastructure, ailleurs aux États-Unis, resteront exposés au même risque. La vigilance judiciaire et journalistique, dans ce genre de dossier, ne devrait jamais devenir optionnelle.

*Je termine ce dossier convaincu d'une chose: la victoire des travailleurs du Gateway n'est pas seulement judiciaire, elle est aussi un rappel que la vigilance citoyenne et journalistique reste le dernier rempart contre l'usage politisé de l'argent public.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

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### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- The New York Times, « Judge Orders Trump to End Efforts to Kill Hudson Tunnel Funding » — 29 juin 2026

- The Wall Street Journal, « Judge Permanently Blocks Trump From Withholding Hudson Tunnel Funding » — 29 juin 2026

- E&E News by POLITICO, « Judge rules Trump admin acted 'contrary to law' in freezing Gateway tunnel money » — 30 juin 2026

### Sources secondaires

- The Jersey Vindicator, « Judge permanently restores Gateway tunnel funding after Trump freeze » — 1er juillet 2026

- Bureau du procureur général de New York, communiqué sur la poursuite contre l'administration Trump — 3 février 2026

- Gateway Development Commission, plainte déposée devant la Cour fédérale des réclamations — 2 février 2026

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/une-juge-federale-inflige-un-revers-definitif-a-trump-sur-le-tunnel-gateway
