# Trump attaque le pétrole qui l'a fait élire, et c'est du théâtre politique

> Introduction : un procureur en chef qui vise ses propres donateurs

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Chronique
- Publié: 2026-07-04
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/trump-attaque-le-petrole-qui-la-fait-elire-et-cest-du-theatre-politique

## Introduction : un procureur en chef qui vise ses propres donateurs

### Le message qui a tout déclenché

Il est **rare** qu'un président américain se retourne publiquement contre les entreprises qui ont financé sa campagne. Pourtant, le **24 juin 2026**, **Donald Trump** a écrit sur **Truth Social** que les **grandes pétrolières** «gougeaient» les automobilistes américains en refusant de baisser leurs prix à la pompe au même rythme que la chute du **baril de brut**. Le message était direct et sans nuance: «Les grandes compagnies pétrolières ne baissent pas leur prix à la pompe en fonction des prix nettement plus bas qu'elles paient pour le pétrole. Ces prix chutent comme une roche!», a-t-il écrit, selon **Reuters**.

Il a immédiatement ajouté qu'il avait **«instruit le DOJ»** — le **département de la Justice** — de se pencher «immédiatement» sur la question. Dans les heures suivantes, il a nommé publiquement **ExxonMobil**, **Chevron**, **Shell** et **BP** comme cibles de cette enquête improvisée, un geste confirmé par une seconde dépêche de **Reuters** le même jour.

### Une ironie qui saute aux yeux

Voici où le récit devient croustillant: selon **Fortune**, l'**industrie pétrolière et gazière** a versé **près de 100 millions de dollars** pour appuyer l'**élection de Trump en 2024**. Le même secteur qui a ouvert son chéquier pour le ramener à la **Maison-Blanche** se retrouve maintenant dans le collimateur du **DOJ** qu'il contrôle désormais directement.

Ce grand écart n'est pas nouveau chez **Trump**, mais il illustre une dynamique plus large et plus inquiétante: celle d'un président qui traite la **Justice fédérale** comme un outil personnel de représailles ou de communication politique, plutôt que comme une institution indépendante.

*Un président qui découvre soudainement la cupidité de ses propres bailleurs de fonds à quelques mois d'élections de mi-mandat, ça sent moins la justice que le calcul électoral.*

## Le contexte économique derrière la colère présidentielle

### Des prix qui refusent de suivre le brut

Le point de départ de la sortie de **Trump** est simple: le prix du **pétrole brut** a nettement chuté depuis l'**accord de cessez-le-feu** entre les **États-Unis** et l'**Iran**, mais les prix à la pompe, eux, n'ont pas suivi la même trajectoire descendante. Selon **Newsmax**, les **automobilistes** payaient encore autour de **3,85 dollars le gallon** à l'échelle nationale au moment de la sortie présidentielle.

L'**Energy Information Administration** américaine projetait, selon **Politico**, un prix moyen de **3,90 dollars** pour l'année **2026** — environ **80 cents de plus** que la moyenne de **2025**. Les **Républicains** abordent les **élections de mi-mandat** de **novembre** avec de l'essence encore **41% plus chère** qu'avant la guerre, un chiffre cité par **Newsmax** qui explique en partie la nervosité de la **Maison-Blanche**.

### Ce que disent les experts sur le fond du dossier

**Karen Young**, chercheuse senior au **Center on Global Energy Policy** de l'**Université Columbia**, a qualifié la sortie présidentielle de «théâtre politique», ajoutant que «ce n'est pas vraiment comme ça que fonctionnent les prix de l'essence aux États-Unis», selon des propos rapportés dans plusieurs médias américains. Elle rappelle que le délai entre la baisse du prix du **brut** et la baisse du prix à la pompe est un **phénomène structurel** bien documenté, lié aux **coûts de raffinage**, de **transport** et de **distribution**.

D'autres analystes cités par **USA Today** vont dans le même sens: «Tout cela peut être justifié par les mouvements du marché, et c'est pourquoi toute enquête échouera probablement.» Le sénateur démocrate **Ed Markey** avait pourtant, lui aussi, demandé en amont une enquête de la **Federal Trade Commission** sur d'éventuelles pratiques de prix abusifs — preuve que la méfiance envers les pétrolières transcende les lignes partisanes.

*Quand des experts de gauche comme de droite s'accordent pour dire qu'une enquête a peu de chances d'aboutir, on est en droit de se demander si son objectif réel n'est pas ailleurs — dans les sondages, par exemple.*

## Le DOJ, un outil de représailles présidentielles?

### Une indépendance historiquement fragile, aujourd'hui érodée

Ce qui frappe dans cet épisode, au-delà de la question pétrolière elle-même, c'est la manière dont **Trump** commande publiquement au **DOJ** de lancer une **enquête**, sans attendre la moindre **analyse préliminaire interne**. Selon **Politico**, ce geste «illustre la tendance de Trump à instruire publiquement le département de la Justice pour lancer des enquêtes, une déviation du principe de longue date d'**indépendance** de l'agence».

Le porte-parole du **DOJ** a été prudent, affirmant que «le prix de l'essence n'est pas seulement une préoccupation de sécurité nationale; il affecte les finances de chaque Américain». Une réponse qui confirme l'enquête sans en préciser la portée, le calendrier ni la méthode.

### Une escalade confirmée une semaine plus tard

Le dossier a pris de l'ampleur: selon **Politico**, le **DOJ** a envoyé le **3 juillet** une lettre demandant aux **États** de se joindre à l'**enquête fédérale** contre les compagnies pétrolières. «Les hausses passées du prix du pétrole brut, qui redescendent maintenant, ne justifient pas les mauvaises conduites», a écrit le **DOJ** dans sa lettre. Des **élus des deux partis** au **Congrès** ont demandé à l'administration de sévir contre l'industrie pétrolière, ce qui donne à ce dossier une **légitimité politique bipartisane** malgré son origine erratique.

*Qu'un dossier légitime en soi — la transparence des prix à la pompe — naisse d'un coup de gueule sur les réseaux sociaux plutôt que d'un processus d'enquête rigoureux, c'est révélateur d'une gouvernance par impulsion plutôt que par méthode.*

## Le précédent des enquêtes anti-cupidité qui n'aboutissent jamais

### Une histoire de fausses pistes

Ce n'est pas la première fois qu'un **gouvernement américain** accuse les pétrolières de «gouging» — de **prix abusifs** — en période de tension géopolitique ou de hausse des coûts. Selon les analystes cités par **Politico**, «historiquement, nous avons vu des réponses politiques aux prix élevés de l'essence en accusant l'industrie de price gouging. De nombreuses enquêtes ont été menées, et aucune n'a découvert de **collusion** ou de **comportement anticoncurrentiel**».

Ce constat n'est pas anodin: il suggère que l'annonce de **Trump**, aussi spectaculaire soit-elle, s'inscrit dans un schéma récurrent où l'indignation publique précède rarement une action juridique concrète et aboutie.

### Le rôle du secrétaire au Trésor dans l'équation

Le **secrétaire au Trésor**, **Scott Bessent**, avait déjà averti en **avril**, lors d'un sommet de **CNBC**, que l'administration surveillerait les **stations-service** qui ne baisseraient pas leurs prix rapidement: «Vous faites ceci à la hausse, vous feriez mieux de le faire à la baisse.» Cette déclaration antérieure montre que la **pression politique** sur le secteur pétrolier était déjà amorcée avant même l'éclat de **Trump** sur **Truth Social**.

*Menacer les stations-service locales, qui n'ont souvent aucun contrôle sur le prix du brut, c'est confondre le symptôme et la cause — une confusion pratique quand on cherche un bouc émissaire visible.*

## Les pétrolières visées: quatre géants sous le radar

### Qui sont Exxon, Chevron, Shell et BP dans cette histoire

**ExxonMobil** et **Chevron**, les deux plus grandes **compagnies pétrolières américaines**, ont été explicitement nommées par **Trump** lors d'un échange avec des journalistes, selon une deuxième dépêche de **Reuters**. Il a ensuite ajouté **Shell** et **BP**, deux **multinationales européennes**, à la liste des entreprises visées par cette investigation informelle.

**Trump** a même avancé un chiffre précis lors de cet échange: «On devrait être, à mon avis, à 2,25 dollars au pompe en ce moment. Et on est plus haut que ça.» Une estimation qui n'a été appuyée par aucune donnée technique publique, ce qui alimente les critiques sur le caractère improvisé de la démarche.

### Le silence stratégique des entreprises visées

Aucune des quatre **compagnies nommées** n'a publiquement répondu de manière substantielle aux accusations présidentielles au moment de la publication de cet article. Ce silence est cohérent avec la stratégie habituelle des grandes pétrolières face aux attaques politiques: éviter d'alimenter la controverse médiatique tout en laissant leurs **avocats** et **lobbyistes** gérer le dossier en coulisses.

*Le silence des pétrolières n'est pas de l'innocence, mais du calcul: elles savent que répondre à un tweet présidentiel amplifie une controverse qu'elles préfèrent voir s'éteindre d'elle-même.*

## Une administration prise entre populisme économique et fidélité à ses bailleurs

### Le grand écart idéologique de Trump sur l'énergie

Le paradoxe est frappant: **Trump** a construit une bonne partie de son discours de campagne autour du slogan **«drill, baby, drill»**, promettant de libérer l'**industrie pétrolière américaine** de la **régulation environnementale**. Aujourd'hui, ce même président se pose en **défenseur du consommateur** floué contre ces mêmes entreprises.

Ce grand écart n'est pas nécessairement de l'hypocrisie pure: un président populiste peut très bien vouloir déréguler la production tout en punissant publiquement les marges perçues comme excessives. Mais le résultat, pour l'observateur extérieur, reste une politique énergétique erratique, gouvernée par les sondages et les cycles médiatiques plutôt que par une vision cohérente.

### Les midterms comme toile de fond

Il faut resituer cette sortie dans son contexte électoral: avec des **élections de mi-mandat** prévues en **novembre 2026**, chaque hausse du prix de l'essence est un **boulet politique** pour le parti au pouvoir. En s'en prenant publiquement aux pétrolières, **Trump** tente de détourner la colère des électeurs de son propre **bilan économique** vers un adversaire commode: les **grandes entreprises énergétiques**.

*Accuser «big oil» de gouging à six mois d'un scrutin serré, c'est une manœuvre de gestion de la colère populaire aussi vieille que la politique américaine elle-même — mais elle fonctionne rarement sur le fond.*

## Ce que l'enquête peut réellement accomplir

### Les limites juridiques d'une enquête antitrust

Pour qu'une enquête antitrust ou de **«price gouging»** aboutisse à des sanctions, le **DOJ** devrait démontrer une collusion explicite entre les compagnies pétrolières — un accord tacite ou explicite pour maintenir les prix artificiellement élevés. Or, historiquement, ce type de preuve est extrêmement difficile à établir dans un marché aussi fragmenté et mondialisé que celui du raffinage et de la distribution d'essence.

Les analystes cités par plusieurs médias américains soulignent que les écarts de prix entre le brut et l'essence à la pompe s'expliquent généralement par des facteurs structurels: coûts de raffinage, taxes locales, marges de distribution et délais logistiques — pas nécessairement par une entente frauduleuse.

### Le risque d'un dossier vide de conséquences

Si l'histoire se répète, cette enquête pourrait suivre le même chemin que ses précédentes: beaucoup de bruit médiatique, une couverture abondante pendant quelques semaines, puis un enterrement discret faute de preuves suffisantes. Le risque politique, pour **Trump**, est de créer des attentes qu'il ne pourra pas honorer, ce qui alimenterait davantage la perception d'une gouvernance par coup d'éclat plutôt que par résultat concret.

*Une enquête qui s'ouvre en fanfare sur les réseaux sociaux et qui s'éteint six mois plus tard dans l'indifférence générale, c'est un scénario qu'on a déjà vu trop souvent à Washington pour y croire les yeux fermés.*

## Les répercussions sur la crédibilité institutionnelle

### Un DOJ qui répond aux ordres publics du président

Le fait que le **département de la Justice** agisse dans les heures suivant un message sur **Truth Social** — plutôt que sur la base d'une enquête interne préexistante — pose une question institutionnelle fondamentale: le **DOJ** conserve-t-il encore une capacité d'action indépendante du pouvoir exécutif, ou est-il devenu un simple exécutant des impulsions présidentielles?

Cette dynamique n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans une série plus large de dossiers — dont certains seront abordés plus loin dans ce texte — où l'administration **Trump** a été accusée d'instrumentaliser des institutions censées être neutres à des fins politiques ou personnelles.

### La comparaison avec d'autres pays démocratiques

Dans la plupart des démocraties occidentales, les autorités de la concurrence opèrent avec un degré d'indépendance formelle vis-à-vis du pouvoir exécutif, précisément pour éviter que des enquêtes économiques ne deviennent des outils de règlement de comptes politiques. Le cas américain, sous **Trump**, s'écarte nettement de ce modèle, ce qui inquiète une partie des observateurs juridiques.

*Un DOJ qui bouge au rythme des messages sur Truth Social n'est plus tout à fait une institution de justice — c'est un service de relations publiques avec un pouvoir de subpoena.*

## La réaction du secteur pétrolier et des marchés

### Une industrie habituée aux montagnes russes politiques

Les grandes compagnies pétrolières américaines et européennes ont l'habitude de naviguer entre les cycles politiques, qu'ils soient favorables ou hostiles à leurs intérêts. La réaction des marchés financiers à l'annonce de **Trump** a été relativement modérée, aucune chute significative des actions d'**Exxon**, **Chevron**, **Shell** ou **BP** n'ayant été rapportée dans les jours suivant l'annonce.

Cette absence de réaction boursière marquée renforce l'hypothèse que les investisseurs eux-mêmes ne considèrent pas cette enquête comme une menace sérieuse et immédiate pour la rentabilité du secteur.

### Le poids du lobby pétrolier à Washington

Le secteur de l'énergie dispose d'un des lobbys les plus puissants et les mieux financés de la capitale américaine. Sa capacité à influencer, retarder ou édulcorer des enquêtes réglementaires est bien documentée depuis des décennies, ce qui alimente le scepticisme quant à l'issue réelle de cette nouvelle offensive présidentielle.

*Le lobby pétrolier a survécu à des présidents bien plus déterminés que celui-ci; il survivra probablement aussi à ce coup de sang passager sur les réseaux sociaux.*

## Le contexte géopolitique: la guerre Iran-États-Unis en arrière-plan

### Un cessez-le-feu qui change la donne énergétique

La chute des prix du **brut** évoquée par **Trump** est directement liée à l'accord de cessez-le-feu conclu avec l'**Iran**, qui a réduit les tensions sur les marchés énergétiques mondiaux et permis une détente des cours du pétrole. Cette dynamique géopolitique, largement positive pour la stabilité régionale, se retourne paradoxalement contre l'administration sur le plan intérieur, puisque les consommateurs américains s'attendaient à un allègement immédiat et proportionnel à la pompe.

Ce décalage entre les attentes politiques et la réalité des mécanismes de marché illustre une difficulté récurrente pour les gouvernements: communiquer les bénéfices d'une désescalade géopolitique sans promettre des résultats économiques instantanés impossibles à tenir.

### Une administration qui a besoin de victoires visibles

Après avoir négocié la fin des hostilités avec l'**Iran**, l'administration **Trump** cherche visiblement à capitaliser sur ce succès diplomatique en le traduisant en bénéfices concrets pour les électeurs américains — d'où la pression accrue sur les pétrolières pour qu'elles répercutent la baisse des coûts.

*Vouloir transformer un succès diplomatique en victoire électorale immédiate au pompe à essence, c'est sous-estimer la lenteur structurelle des marchés — et s'exposer à une déception publique programmée.*

## Les précédents de conflits d'intérêts sous cette administration

### Une administration marquée par des tensions similaires

Cette affaire du pétrole s'inscrit dans un schéma plus large observé sous la présidence **Trump**: des interventions publiques directes dans des dossiers qui, historiquement, relevaient de processus administratifs discrets. Que ce soit dans le domaine de l'immigration, de la justice pénale ou de la régulation économique, la marque de fabrique de cette administration reste l'annonce spectaculaire suivie d'une mise en œuvre souvent floue.

Ce style de gouvernance par déclaration publique, plutôt que par processus institutionnel rigoureux, soulève des questions sur la prévisibilité et la stabilité de la politique réglementaire américaine, un enjeu qui préoccupe autant les entreprises que les citoyens.

### Le rôle des donateurs dans les décisions politiques

Le fait que **Trump** cible aujourd'hui des entreprises qui ont massivement financé sa campagne soulève une question plus large: dans quelle mesure les décisions présidentielles sont-elles guidées par une logique de justice économique réelle, plutôt que par un calcul d'opportunité politique visant à se distancer publiquement de bailleurs de fonds devenus encombrants?

*Se retourner contre ses propres donateurs quand le vent politique tourne, c'est une manœuvre habile pour brouiller les pistes — mais elle ne trompe pas longtemps les électeurs les plus attentifs.*

## Ce que cela révèle sur le style de gouvernance de Trump

### La justice comme outil de communication

Cet épisode illustre une caractéristique constante du second mandat de **Trump**: l'utilisation des institutions fédérales — **DOJ**, **FBI**, agences réglementaires — comme extensions de sa stratégie de communication publique, plutôt que comme des organes indépendants appliquant la loi selon un processus établi.

Que l'enquête sur les pétrolières aboutisse ou non à des résultats concrets, elle aura déjà rempli une fonction politique immédiate: détourner l'attention publique de la hausse des prix vers un bouc émissaire identifiable et impopulaire.

### Le mal nécessaire face aux dérives intérieures

Il faut le dire clairement: sur le plan géopolitique et militaire, la posture ferme de **Trump** — notamment face à l'**Iran** — a pu contribuer à une désescalade bénéfique pour l'**Occident**. Mais cette fermeté à l'international ne doit pas servir d'excuse pour fermer les yeux sur des dérives intérieures inquiétantes: instrumentalisation du **DOJ**, gouvernance par impulsion, absence de rigueur institutionnelle. Le mal nécessaire à l'étranger ne justifie pas le laxisme démocratique chez soi.

*On peut saluer une diplomatie robuste tout en dénonçant fermement une justice intérieure transformée en arme de représailles politiques — les deux jugements ne s'excluent pas, ils se complètent.*

## Les voix critiques au sein même du camp républicain

### Un malaise que certains conservateurs n'osent pas dire tout haut

Si la critique publique de cette manœuvre vient surtout de commentateurs économiques et de médias progressistes, un malaise existe aussi, plus discrètement, chez certains conservateurs attachés au principe de la séparation entre le pouvoir exécutif et la justice. Ce malaise reste largement tu publiquement, par loyauté partisane ou par crainte de représailles politiques internes.

Cette réticence à critiquer ouvertement une dérive institutionnelle, même quand elle est reconnue en privé, illustre la polarisation extrême qui caractérise le paysage politique américain actuel.

### Le silence des élus républicains du Congrès

Aucun sénateur ou représentant républicain de premier plan n'a publiquement remis en question la légitimité de cette intervention présidentielle directe dans les affaires du **DOJ**, ce qui contraste avec les appels bipartisans à une enquête sur les prix de l'essence évoqués plus haut.

*Le silence complice d'un parti qui, en privé, s'inquiète de la concentration du pouvoir exécutif, mais qui refuse de le dire publiquement, en dit long sur l'état de la démocratie interne américaine.*

## Le rôle des médias et de l'opinion publique dans ce dossier

### Une couverture médiatique fragmentée

La couverture de cette affaire varie fortement selon l'orientation politique des médias américains. Les chaînes et sites proches du camp **républicain**, comme **Newsmax**, ont présenté l'annonce de **Trump** comme une victoire pour le consommateur américain, sans questionner la solidité juridique du dossier. À l'inverse, des médias comme **Politico** ou le **Guardian** ont rapidement souligné le paradoxe des donateurs pétroliers visés par leur propre allié politique.

Cette polarisation de la couverture médiatique reflète, une fois de plus, la difficulté du public américain à obtenir une évaluation factuelle et dépolitisée d'une décision présidentielle aux implications économiques concrètes pour des millions de conducteurs.

### L'opinion publique face à la hausse des prix

Pour l'électeur moyen, excédé par la facture à la pompe, peu importe finalement que l'enquête soit motivée par un calcul électoral ou par une réelle volonté de justice économique: ce qui compte, c'est un geste visible de la part du pouvoir exécutif. C'est précisément ce ressort psychologique que **Trump**, fin communicateur, exploite avec constance depuis le début de son second mandat.

Mais cette stratégie comporte un risque politique réel: si l'enquête n'aboutit à aucune sanction visible avant les **midterms** de **novembre**, l'effet d'annonce pourrait se retourner contre l'administration, nourrissant un sentiment de cynisme accru chez les électeurs déjà fatigués des promesses non tenues.

*Promettre une justice économique spectaculaire sans livrer de résultat concret avant les urnes, c'est le pari le plus risqué qu'un président puisse faire à l'approche d'un scrutin serré.*

## Conclusion : un dossier à suivre de près, sans naïveté

### Entre populisme et justice réelle

L'enquête ordonnée par **Trump** contre **Exxon**, **Chevron**, **Shell** et **BP** pourrait, en théorie, révéler des pratiques commerciales abusives méritant d'être sanctionnées. Mais son origine — un message impulsif sur les réseaux sociaux, sans données préalables rendues publiques — et le contexte électoral dans lequel elle s'inscrit invitent à une prudence de rigueur.

L'escalade du **3 juillet**, avec la demande faite aux **États** de se joindre à l'enquête fédérale, montre que le dossier prend une ampleur institutionnelle réelle. Reste à voir si cette mobilisation aboutira à des sanctions concrètes ou si elle s'éteindra, comme tant d'autres avant elle, dans le silence des tribunaux.

### Une vigilance journalistique nécessaire

Ce dossier mérite d'être suivi avec attention, non pas pour défendre les pétrolières — dont les pratiques commerciales méritent effectivement un examen rigoureux — mais pour s'assurer que la justice américaine continue de fonctionner selon des règles de droit prévisibles, et non selon l'humeur du moment de son commandant en chef.

*Au bout du compte, ce dossier sera jugé non pas sur ses intentions affichées, mais sur sa capacité à produire, ou non, une véritable redévabilité pour les automobilistes américains.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Politico — Trump accuse les pétrolières de gouging et ordonne une enquête du DOJ, 24 juin 2026](https://www.politico.com/news/2026/06/24/trump-justice-department-gas-prices-investigation-00973453)

- [Reuters — Trump nomme Exxon et Chevron dans l'enquête sur les prix de l'essence, 24 juin 2026](https://www.reuters.com/business/energy/trump-instructs-doj-probe-oil-companies-over-higher-gasoline-prices-2026-06-24/)

- [The Hill — Trump dirige une enquête du DOJ sur les prix du gaz, 24 juin 2026](https://thehill.com/homenews/administration/5937846-trump-directs-doj-gas-probe/)

- [Politico — Le DOJ appelle les États à se joindre à l'enquête, 3 juillet 2026](https://www.politico.com/news/2026/07/03/justice-department-oil-companies-investigation-00986929)

### Sources secondaires

- [Fortune — Trump se retourne contre ses donateurs pétroliers, 25 juin 2026](https://fortune.com/2026/06/25/trump-accuses-big-oil-of-price-gouging/)

- [New York Post — Trump appelle à une enquête sur le gouging des prix de l'essence, 24 juin 2026](https://nypost.com/2026/06/24/business/trump-calls-for-probe-into-gasoline-price-gouging/)

- [USA Today — Trump demande au DOJ d'enquêter sur les prix de l'essence, 24 juin 2026](https://www.usatoday.com/story/news/politics/2026/06/24/trump-doj-investigation-gas-prices/90673502007/)

- [Newsmax — Trump ordonne une enquête sur les compagnies pétrolières, 24 juin 2026](https://www.newsmax.com/newsfront/trump-oil-gasoline/2026/06/24/id/1260705/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/trump-attaque-le-petrole-qui-la-fait-elire-et-cest-du-theatre-politique
